Les Petits-Gris — 1 — Origines

Je réfléchis beaucoup à l’éventualité que des extraterrestres puissent venir nous visiter. D’après moi, il est inconcevable que nous soyons seuls dans notre Galaxie. Nous sommes à un cheveu de découvrir des exoplanètes abritant des êtres intelligents. Alors, pour une civilisation intelligente beaucoup plus vieille que la nôtre, ce doit être devenu un jeu d’enfant d’en trouver et ainsi, de nous trouver. Si par hasard, ils visitent notre coin de la Galaxie, on les a peut-être déjà aperçus. À ce sujet, une apparence revient constamment dans les récits de ceux prétendant en avoir déjà rencontré, ce sont les Petits-Gris, des êtres de la grandeur d’un enfant de six ou sept ans, de couleur grise, aux longs membres fins, une grosse tête chauve avec de gros yeux obliques noirs, une petite bouche, une absence apparente de nez, des pavillons d’oreille inexistants et enfin, quatre longs doigts par main.

Les sceptiques, quant à eux, disent que la population s’imagine les extraterrestres tels qu’ils ont été décrits dans des films populaires, et plus particulièrement dans la fameuse «Rencontre du troisième type». Ils ne feraient que reprendre à leur compte ce même concept encore et encore. Mais la présentation que Spielberg en a faite dans son long métrage existait bien avant ce film.

En 1901, H.G. Wells aurait été le premier écrivain à décrire des sélènes — des habitants de la Lune — de petits êtres gris, avec un large front, de gros yeux protubérants et sans nez. La question, évidemment, est à savoir si cet auteur de science-fiction a tout inventé, s’est servi de descriptions préexistantes puisque les extraterrestres sont censés venir nous visiter depuis des millénaires, ou aurait lui-même été témoin de leur apparence lors d’une rencontre du troisième type.

Il fut question de petites entités maigrichonnes lors de l’écrasement d’un véhicule aérien à Roswell en 1947. Toutefois, cette histoire fut profondément enterrée par les autorités militaires états-uniennes et ne redevint populaire que durant les années 1970. Entre-temps, en 1965, les journaux décrivent la mésaventure d’un couple ayant apparemment été enlevé par des extraterrestres. Lors d’une séance d’hypnose régressive, Betty et Barney Hill décrivent leurs ravisseurs à l’image des Petits-Gris. Entre les histoires de Roswell et des Hill, les films d’extraterrestres sont très populaires durant les années 1950. Toutefois, le maccartisme régnant à cette époque préfère les entités envahissantes et agressives plutôt que de chétives créatures désarmées et plutôt inoffensives. Dans l’inconscient collectif, les extraterrestres représentent les vilains communistes envahissant l’Occident.

Au moment de réaliser l’énorme succès cinématographique «Rencontre du troisième type», Spielberg retient les services d’un consultant scientifique spécialiste de la question, un certain J. Allen Hynek. Celui-ci a travaillé pour l’US Air Force afin d’étudier les phénomènes aériens non identifiés qui devenaient de plus en plus fréquents et dérangeants pour ceux qui étaient censés contrôler l’espace aérien des USA. Au début, ultra sceptique sur le sujet, il devient beaucoup plus nuancé après avoir entendu une multitude de témoignages de gens fiables, des pilotes d’aéronefs civils ou militaires, des policiers, des scientifiques, des contrôleurs radar et toute une brochette de personnes lambda, sans antécédents excentriques ou psychiatriques. Ce que Hynek ignorait, c’est qu’il avait été embauché par l’armée pour démolir à l’aide d’arguments scientifiques les témoignages de ceux venus raconter leur expérience entourant certains phénomènes aériens non identifiés, pas pour y croire, et encore moins pour en apporter des preuves concrètes.

Les doutes qu’entretenait ce cartésien étaient qu’il ne voyait pas quel intérêt les Petits-Gris peuvent avoir à traverser des distances incommensurables pour venir nous effrayer. Le second argument concerne la possibilité technologique qu’ils puissent réaliser ces voyages cosmiques au long cours. Pour un scientifique de renom, ses deux indices militant contre leur existence réelle ressemblent plutôt à des échappatoires. Les humains parcourent la terre entière, les profondeurs océanes, les jungles les plus inhospitalières, les déserts les plus arides pour en apprendre davantage sur des espèces animales rares ou inconnues et, conséquemment, effrayer parfois leurs sujets d’étude, alors que Hynek émet des doutes sur les motivations des Petits-Gris à venir ici nous effrayer sans parler de la pertinence de nous étudier. Cette apparente dérobade prouve plutôt qu’il croyait l’inverse. Son deuxième argument nage dans les mêmes eaux. On ne peut connaitre ni comprendre la technologie utilisée par les extraterrestres pour voyager dans l’espace si on ne la connait ni la comprend. Plus simplement formulé, il disait donc penser que l’incompris n’existe pas. Avec ce type de propos inscrits dans ses thèses universitaires, il aurait été recalé, ça ne pouvait pas lui échapper. C’était sans aucun doute sa façon de nous dire qu’il croyait aux extraterrestres tout en sauvegardant sa réputation puisque toute sa vie, il a milité pour une étude scientifique des ovnis et des extraterrestres, sans a priori. L’échelle utilisée pour classer les rencontres possibles avec eux — premier, deuxième, troisième type — est justement de son cru. Étrange pour quelqu’un qui dit ne pas vraiment croire en leur présence.

Ce sont donc plusieurs témoins qui seraient à l’origine de la description des Petits-Gris et qui auraient inspiré Spielberg par l’entremise de Hynek. Évidemment, ce succès de 1977 eût tôt fait de disséminer leur apparence sur l’ensemble de la planète. Aujourd’hui, il n’est plus possible de différencier le mythe de la réalité sans apporter de solides évidences, ce qui, malheureusement, semble terriblement manquer à tous les témoins. D’ailleurs, les trucages de photos et de vidéos sont tellement fréquents et faciles à produire maintenant que la solidité des preuves s’en voit irrémédiablement compromise.

Un élément troublant concerne la raison pour laquelle ce type d’extraterrestre en particulier est devenu si populaire contrairement aux autres descriptions restées plus marginales. Le cinéma a inventé des centaines de formes et d’apparences diverses. Pourtant, les Petits-Gris semblent demeurer la plus crédible de toutes. Ce constat servira de point de départ du deuxième article leur étant consacré et qui traitera plus particulièrement de leur nature et leur apparence.

– Photo extraite du film «Paul»

Voir des étoiles à neutrons produire des métaux lourds

La presse scientifique se déchaine et les autres médias emboitent le pas. Pourtant, pour le commun des mortels, cette nouvelle ne l’intéressera que très peu, puisqu’elle ne parle ni de sports ni de potins de stars. Elle confirme plusieurs hypothèses sur les mécanismes qui créent les éléments les plus lourds, dont l’or, le platine et l’uranium. Deux étoiles à neutrons se sont livrées à une danse mortelle en révolutionnant l’une autour de l’autre jusqu’à fusionner. Mais que sont ces étoiles à neutrons?

On connait tous l’image classique d’un atome avec son noyau composé de protons et de neutrons et un paquet d’électrons gravitant autour de lui. Malgré l’imprécision de cette image, elle est suffisante pour comprendre ce qu’est une étoile à neutrons. Une étoile classique est un délicat équilibre entre deux pressions antagonistes. Tout d’abord, une pression d’expansion issue de l’explosion thermonucléaire de son noyau lorsque quatre atomes d’hydrogène fusionnent pour former un atome d’hélium. La deuxième est une pression de compression provenant de la force gravitationnelle tendant à écraser les atomes. De ces deux forces inverses résulte une étoile stable.

Mais le carburant nucléaire n’est pas infini et lorsque meurt tout espoir de fusionner suffisamment d’atomes pour préserver cet équilibre, la gravitation gagne son combat et écrase sans pitié les atomes devenus vulnérables. Les électrons des différents atomes voisins ne parviennent plus à se repousser mutuellement et sont écrasés sur les noyaux. Protons et électrons n’ont d’autre choix que de fusionner pour produire des neutrons. Ne reste plus des atomes originaux qu’un tas de neutrons empilés, un état dégénéré de la matière. L’espace autrefois utilisé par les électrons pour révolutionner autour des noyaux et maintenir les atomes à distance entre eux n’existe plus. Quasiment toute la masse de l’étoile est devenue un bloc extrêmement compact de neutrons, si compact que le diamètre de l’étoile tout entière ne dépasse pas la trentaine de kilomètres. Voilà ce qu’est en peu de mots une étoile à neutrons.

Ce qui est survenu très récemment, c’est la fusion de deux de ces étoiles à neutrons et nous étions prêts à les observer. Je parlerai dans un autre article du mécanisme qui nous a permis de répondre: «présent!»  Lors de cette fusion cataclysmique, une bonne partie des neutrons réussissent à se libérer du champ gravitationnel lorsqu’ils sont violemment éjectés. Durant ce processus, une partie des neutrons redeviennent des protons et des électrons, car la pression les retenant dans cet état dégénéré est disparue. Le résultat est que des noyaux d’atomes normaux se créent tout comme leur cortège d’électrons. Puisque la matière première de ces nouveaux atomes n’est qu’un tas de neutrons, ce sont des atomes de préférence très lourds qui se créent. C’est ainsi que se fabriquent les plus lourds atomes du tableau périodique des éléments chimiques dont l’or, le platine, l’uranium, le mercure, le plomb, et autres métaux lourds.

C’est la première fois que nous voyons et enregistrons une foule de données tirées directement de ce phénomène autrefois uniquement présumées. Elles serviront à affiner les modèles théoriques et peut-être à découvrir d’autres phénomènes sous-jacents.

Même si on peut très bien vivre sans vraiment comprendre l’origine de ces éléments chimiques aujourd’hui indispensables à notre mode de vie profondément ancrée dans la technologie moderne, une fois de plus, l’humain a décodé une autre curiosité de la Nature, et ce n’est pas rien. Maitriser ces phénomènes nous aide à grandir, à progresser vers de nouvelles connaissances fondamentales.

Un vaisseau spatial est l’assemblage cohérent d’une quantité incroyable de connaissances qui, prises individuellement, nous sembleraient probablement inutiles si nous nous reportions à l’époque de leurs découvertes. Notre existence sur Terre finira un jour par atteindre son terme. Ce n’est pas une prédiction, mais une conséquence de la fin inexorable de notre étoile, le Soleil. Même s’il nous reste encore bien du temps devant nous, chaque nouvelle compétence nous rapproche un peu plus du moment où il nous sera possible de migrer avec succès vers d’autres mondes aujourd’hui inconnus.

Oui, je vous avais promis un article sur les extraterrestres. Il sera bientôt publié, c’est promis. J’ai toutefois considéré devoir passer cette extraordinaire nouvelle en priorité.

Photo: Huffington Post

Essai sur les voyages temporels, visiter le passé

Je passe en revue les suggestions que m’envoie Netflix et qui sont censées correspondre à mon profil. Beaucoup de science-fiction, je ne peux nier mes goûts. Parmi les titres, je suis surpris du nombre de séries et de films utilisant le thème du voyage dans le temps et plus spécifiquement vers le passé.

— Ouais, tout le monde sait que pour changer le futur il suffit de manipuler le présent, on n’a pas besoin de voyage temporel pour ça.

— Mathis, tais-toi et laisse parler l’auteur!

— Mais je suis l’auteur!

— C’est bien trop vrai, on n’est pas sorti de l’auberge! Bon, je poursuis. Je disais donc? Ah oui, les voyages temporels.

Sommes-nous si nostalgiques du passé pour sentir autant le besoin d’y retourner? Somme-nous si déçus du présent qu’on voudrait tout recommencer en faisant ce que les anglophones appellent du «second guessing» traduisible par «une deuxième chance…

—… de tout rater.»

— Mathis, si tu ne te la fermes pas, je te prive d’écriture!

— Bon, bon, ça va, n’en fais pas tout un plat! Je voulais juste t’aider.

Cette dernière interruption est l’expression évidente de son esprit tordu, n’y faites pas attention. Moi aussi, je tente régulièrement de l’ignorer. Alors, je disais. Oui. Voici donc une liste non exhaustive des films et séries télé utilisant comme ingrédient principal les voyages temporaux tirés des titres sur Netflix ou sur AppleTV.

Continuum, Frequency, Looper, Timeless, Les voyageurs du temps, Star Trek premier contact, Star Trek vers les ténèbres, Men in Black 3, Outlander, ARQ, Retour vers le Futur, Terminator, Twelve Monkeys, Code source, The Man from the Future, La machine à explorer le temps, Interstellar, et la liste s’allonge à chaque année.

Je suis surpris, car les voyages vers le passé présentent un défaut majeur impossible à corriger. Ils violent le principe de causalité. Oui, vous connaissez, c’est la clause grand-père. Vous retournez dans le passé tuer votre grand-père avant qu’il n’engendre votre père. Vous ne pouvez donc pas naitre et ne pourriez donc pas revenir tuer votre grand-père. Ce paradoxe est insoluble, car il y a violation du principe de causalité qui stipule que la cause précède toujours l’effet alors que dans mon exemple, il y a interversion de la cause et de l’effet lorsque le petit-fils revient dans le passé tuer son propre aïeul.

Einstein a établi la limite à partir de laquelle, on a violation du principe de causalité. C’est la vitesse de la lumière dans le vide, représentée dans les équations par un c minuscule, oui comme dans E = mc2. Tout objet qui voyagerait plus vite que cette vitesse limite violerait le principe de causalité et créerait des paradoxes du genre de celui que je décris plus avant. Un autre effet paradoxal aussi alarmant est la duplication du personnage qui retourne dans le passé. Un jeune homme rencontre une copie plus vieille de lui-même lui rendant une visite de courtoisie. Spock rencontrant Spock. Une alternative a été présentée dans certains films où le personnage plus âgé habite son propre corps plus jeune afin de contrecarrer la duplication.

Pourtant, Hollywood et ses semblables ne sentent aucun malaise à jouer du paradoxe à la pelletée. Malheureusement, étant du genre particulièrement sensible aux idioties dans les scénarios, les bafouages répétitifs de la causalité me rendent cynique.

— Ce ne sont que des films, ce ne sont pas de vraies histoires survenues à ta tante ou qui pourraient lui arriver! Bon sang que tu es pointilleux!

— Je sais, Mathis, ce n’est que du divertissement. Je ne suis quand même pas fêlé au point de vouloir y croire sérieusement, mais je ne me divertis pas du tout quand je me gratte jusqu’au bon sang.

Alors, la vitesse limite c, est-elle vraiment infranchissable, afin de préserver le principe de causalité et d’éviter ainsi de générer des paradoxes insolubles? Beaucoup de scientifiques le pensent.

L’autre solution possible serait que lorsque nous voyagerions plus vite que la lumière, nous serions incapables de revenir sur nos propres pas. Nous changerions d’Univers. Ainsi notre propre passé resterait inatteignable. Il pourrait exister une panoplie d’Univers parallèles qui se chevauchent sans interagir, sauf lorsque la vitesse est supérieure à celle de la lumière dans le vide. Le dépassement de cette vitesse limite nous ferait alors sauter d’un à l’autre. Cet effet préviendrait les paradoxes. La Nature nous ferait payer ce prix pour éviter de la prendre en flagrant délit d’aberration.

Tentons toutefois d’analyser la possibilité que nous puissions réaliser ces voyages régressifs dans un hypothétique avenir. Tentons une preuve par l’absurde. Affirmons donc que dans notre futur, il est devenu possible de visiter le passé qui s’adonne à correspondre, pour nous, au temps actuel. On imagine très bien un individu de notre futur maitrisant cette technologie revenir à notre époque pour miser sur les numéros gagnants de la loterie. L’humain étant ce qu’il est, il ne se contenterait pas de gagner une seule fois, mais il gagnerait certainement plusieurs fois. Les chances sont très fortes qu’on repère une anomalie statistique grave. Qui plus est, une technologie fonctionnelle se limite rarement à être utilisée par un seul individu. Il y aurait donc une foule de voyageurs temporels qui viendraient régulièrement faire le plein d’argent, tuer le futur amant de leur femme, sauver leur amoureux d’une mort certaine et faire toutes sortes de trucs dingues incompréhensibles pour nous, mais parfaitement logiques pour ces voyageurs. Les gestes aberrants pulluleraient. À ma connaissance, ce scénario dantesque n’a pas encore été entrevu. C’est donc que dans notre futur les gens n’utilisent pas les régressions temporelles. Et si notre futur en est exempt, cette technologie n’existera tout simplement pas. Ni dans un futur immédiat ni dans un futur lointain. Supposer que des voyages temporaux dans le passé existeront engendre un effet imprévu relativement peu connu. Nous pouvons dès maintenant affirmer avec un bon niveau de certitude, à partir d’observations du présent, si cet avenir sera réel ou non. Et tout porte à croire que nous pouvons dormir sur nos deux oreilles. Notre descendance ne viendra pas nous zigouiller simplement pour le plaisir de générer un paradoxe temporel.

Certains scientifiques sont prêts à prétendre qu’ils pourraient exister. Par contre, ils croient que ces voyageurs seraient incapables d’interagir avec le passé. Ils seraient comme des fantômes, incapables de déplacer un objet, encore moins de tuer leur aïeul. Par contre, ils pourraient prouver que Trump s’est servi des Russes pour gagner ses élections. Ce serait un formidable outil d’investigation.

Un autre argument militant contre les voyages temporels est la loi de conservation de l’énergie. On sait qu’on ne peut pas en créer ni en détruire, seulement en transformer. Un voyage dans le passé violerait également la loi de conservation de l’énergie. En remontant le temps, de l’énergie se crée en amont (dans le passé) et disparait en aval (dans le futur). Un voyage temporel déplace de l’énergie. Donc, à un moment précis, une certaine quantité d’énergie disparaitrait pour apparaitre dans un autre espace-temps. L’énergie n’est donc plus égale en tout temps. La question reste à savoir si l’univers pourrait maintenir le bon compte par un procédé quelconque. À ce que je sache, les atomes ne sont pas identifiés. En matérialisant dans le passé une certaine quantité d’énergie supplémentaire, l’univers pourrait détruire une masse équivalente d’atomes. Mais lesquels? Le choix se ferait de quelle façon?

On peut, bien entendu, bafouer toutes les règles de physique lorsqu’il est question d’un film ou d’une série télévisée. Mais dans la vraie vie, l’Univers possède certainement des lois incontournables. La conservation de l’énergie et le principe de causalité en sont peut-être deux qui résisteront toujours à notre désir et à notre volonté de les tordre à notre avantage.

Alors, profitez bien des films et des séries télé sur ce sujet s’ils ne vous causent aucun désagrément, car on n’est pas prêt d’en expérimenter ses effets de sitôt. Je vous déconseille toutefois de regarder le premier Superman qui, pour voyager dans le passé afin de sauver sa copine, a eu la fabuleuse idée de faire tourner la Terre en sens contraire ! Quand je parlais d’idioties, celle-là remporte la palme. 

Dans le prochain article, je m’attaque à un autre monstre sacré du cinéma: les extraterrestres. Mais pas n’importe lesquels. Ne le ratez pas et surtout, prévoyez une lecture d’une dizaine de minutes.

« Je mens »

En seulement deux mots et six lettres, je parviens à poser à l’univers un problème insoluble. Ouais, les anglophones font mieux que nous. Ils n’ont besoin que de quatre lettres. I lie. Tant pis, on a toujours été plus volubiles qu’eux.

Mais revenons-en au titre. Cette affirmation n’est pas sans conséquence. Elle représente un paradoxe véritable. Si je mens, ce que je dis est faux. Donc, si je dis que je mens et que c’est faux, je ne mens pas. Mais si je ne mens pas et que j’affirme que je mens, c’est un mensonge, donc je mens…

Et on peut poursuivre ce raisonnement à l’infini. En électronique ou en informatique, on crée le même paradoxe en plaçant un inverseur dont sa sortie est indexée à l’entrée du même inverseur. Ça crée une boucle infinie. Il faut couper le courant pour réussir à y mettre fin. Avec un humain qui affirme qu’il ment, on est obligé de le trucider pour obtenir le même résultat, soit de mettre fin à son paradoxe. C’est salissant. Et surtout, surtout, ne considérez pas le titre de cet article comme une réelle affirmation de ma part. Sa présence ne sert qu’un but didactique ou ludique selon votre état d’esprit.

Kurt Gödel a mis ce concept sous forme mathématique et depuis ce jour, il est formellement prouvé que certains problèmes n’ont aucune solution. Les paradoxes ne sont donc pas que des abstractions, ou des apparences trompeuses, ils peuvent revendiquer une existence réelle.

Ceci m’amènera à introduire le prochain article qui mettra en lumière un autre paradoxe qui, cette fois, pourrait bien ne revendiquer aucune réalité.

Je traiterai du voyage temporel dans le passé. Alors, à bientôt! Ou, devrais-je vous dire, à hier!

RuSmEu

Certaines personnes soutenant avoir été enlevées par des extraterrestres se sont souvent retrouvées avec des petites incrustations sous-cutanées qu’ils relient temporellement à leur «abduction». Cet anglicisme ne possède pas le sens d’«enlèvement» en français, mais il est récurrent dans le vocabulaire des ovnistes.

Une chirurgie mineure leur a permis d’extraire ce qui ressemble à de minuscules cailloux métalliques. Cependant, la chair s’était fortement liée à ceux-ci, occasionnant l’obligation d’en retrancher une certaine quantité autour du caillou. On peut donc affirmer que les implants ont la propriété d’être biocompatibles. Jusqu’ici, c’est un peu bizarre, car les incrustations minérales que l’on rencontre normalement ne se lient jamais aussi bien aux tissus charnels à moins d’être en titane.

Une analyse de leur composition chimique a été exécutée afin de vérifier leur teneur. Et c’est là que la bizarrerie reprend. Le titane en est absent. Par contre, on retrouve du ruthénium (44 Ru), du samarium (62 Sm) et de l’europium (63 Eu). Eh non, l’europium n’est pas de l’opium venant d’Europe. Vous constatez, comme moi, que ces trois éléments chimiques ne sont pas ceux qu’on retrouve couramment dans notre assiette ou sur notre établi, une exception, à l’occasion, dans des mots croisés.

De fait, ils sont tous les trois très rares à la surface de la Terre. Le ruthénium est souvent allié à de l’iridium. Ces deux éléments se retrouvent habituellement dans des météorites. Quant au samarium et à l’europium, deux lanthanides créés au moment de l’explosion de supernovæ, ils se retrouvent, eux aussi, dans des météorites.

Mais que font ces gens avec des morceaux métalliques aussi étranges dans leur organisme? Ils n’ont tout de même pas été mordus par une météorite colérique! Faut-il alors prendre leur histoire d’abduction au sérieux?

Lorsqu’il étudie certains animaux, on sait que l’humain en échantillonne une certaine quantité pour les équiper d’une bague ou d’une balise afin de les repérer plus facilement et de suivre leur périple avec précision. Les extraterrestres font-ils de même avec nous? Ce serait très logique et compréhensible. Si c’est le cas, on est loin de comprendre la technologie utilisée dans ces implants.

Chose certaine, toutes les créatures vivant dans notre univers sont obligées d’utiliser les mêmes 118 éléments chimiques que nous connaissons. Ce qui change, c’est la façon de les utiliser. Voilà moins de cent ans, on ne connaissait nullement l’usage qu’on pouvait faire de certains éléments chimiques qu’on utilise aujourd’hui fréquemment dans les circuits intégrés. Si les extraterrestres nous avaient équipés à l’époque de tels dispositifs, nous n’aurions reconnu qu’un grain de sable.

Alors que dire de ces étranges implants? Force est de constater qu’il est impossible que des gens se soient intentionnellement ou involontairement planté ce genre de caillou ayant cette composition chimique sous la peau. Ce qui semble plutôt improbable, c’est que ce soit d’origine extraterrestre. Mais comme dirait Sherlock Holmes: «Quand on a éliminé l’impossible, ce qui reste, aussi improbable soit-il, se doit d’être la vérité».

Donne-moi l’échelle !

J’ai toujours aimé regarder des émissions et des films de science-fiction. C’était vrai lorsque étant jeune et plus encore depuis que les trucages sont devenus époustouflants. Je me voyais parcourant la Galaxie à la rencontre d’autres civilisations et, bien entendu, sauver une jolie Zetanienne en détresse. Mon côté chevaleresque s’est ensuite quelque peu émoussé depuis qu’ils ont commencé à montrer les filles démolir, seules, le portrait des vilains.

Je ne me souviens plus dans quelle émission télé, peut-être « Cosmos 1999 » avec Barbara Bain et Martin Landau ou était-ce un film, peu importe, une sonde avait photographié la surface d’une planète et était de retour avec de fantastiques images montrant des constructions géométriques diverses. Le responsable de cette équipe jubilait alors que le scientifique, lui, restait de glace devant ces images tendant à prouver hors de tout doute l’existence d’une civilisation avancée. Surpris par ce manque d’enthousiasme, il lui demanda la raison qui le poussait à demeurer si stoïque. Le scientifique lui expliqua que les coupes budgétaires avaient fragilisé cette mission. De plus en plus intrigué par cette raison sibylline, le responsable fit un retour sur certaines photos montrant explicitement, selon lui, des constructions réalisées par des êtres intelligents. Le scientifique s’expliqua enfin en présentant une autre série de photos tout aussi explicites que celles provenant de la sonde. On y voyait différentes constructions géométriques aussi jolies que les autres et souvent presque identiques.

« D’où proviennent ces clichés ? », demanda instamment le responsable. Et le scientifique de lui répondre : « Voyez-vous, ces photographies nous montrent différentes constructions végétales ou minérales. On ne trouve, parmi elles, aucune construction réalisée par une civilisation intelligente et pourtant, elles sont incroyablement semblables aux photos de la sonde. Les coupes budgétaires ont entrainé la panne du système devant inscrire sur les photographies le taux d’agrandissement et l’altitude auxquels elles ont été prises. Sans ces informations cruciales nous permettant d’évaluer l’échelle des dimensions, on ne peut absolument rien tirer comme conclusion sur les dimensions réelles de ces objets ».

Plusieurs reportages font état de formes étranges à la surface de la Lune ou de Mars. Très rarement, on voit une échelle de comparaison nous permettant de juger des dimensions de ces objets. Il n’y a rien d’anormal à trouver une pierre parfaitement rectangulaire de 2 millimètres de haut. Il en va tout autrement si ce rectangle parfait mesure 2 mètres de haut, et encore plus s’il fait 20 mètres. Et que dire s’il s’élève à 200 mètres !

L’échelle des dimensions n’est pas seulement importante, elle est essentielle pour juger de la normalité ou non des objets qu’on photographie. Les géologues, anthropologues et paléontologues prennent toujours leurs clichés accompagnés d’une règle graduée ou de leur maillet afin de « bien juger » de la nature dudit objet. Sans échelle de comparaison, aucune conclusion n’est possible, absolument aucune. Alors, avant de s’extasier sur la forme d’un caillou quelconque pris en photo sur le sol martien, il faut toujours connaitre, à défaut de ses dimensions exactes, au moins son échelle de grandeur.

En fin de compte, on verrait souvent de la pure banalité de la plupart de ces objets rapportés par ces enthousiastes internautes, s’ils avaient pris la peine d’en connaitre les dimensions. Et puisque nous ne pourrons probablement jamais obtenir cette information, nous avons au moins le contrôle de nos propres opinions et réactions face à ces canulars, parfois involontaires, mais des canulars quand même.

Adam, Ève et un certain Toba

Plusieurs cultures parlent d’un premier humain, un Adam duquel descendraient tous les autres humains. Jusqu’à tout récemment, la science considérait cette histoire comme un mythe, une façon de décrire nos origines en rembobinant le film disparu de notre histoire à partir de l’observation de la croissance démographique à différentes époques. De nos jours, on utilise ce même processus de rétrogradation pour décrire la théorie du Big Bang.

On comprend aisément comment cette technique associée à une autre coutume pratiquée à cette époque permettait de remonter le cours du temps. De fait, les enfants apprenaient le nom de tous leurs ancêtres (mâles) jusqu’au premier de leur lignée (!). Évidemment, cette liste ne peut être qu’incomplète. Si on calcule en moyenne cinq ancêtres du côté paternel par siècle, cinquante par millénaire, cinq cents par dix mille ans et cinq mille ancêtres par cent mille ans, la liste apprise de leurs aïeux ne remontait qu’à environs un ou deux millénaires tout au plus. Pourtant, l’apparition d’homo sapiens serait survenue voilà environ 200000 ans et il se serait même reproduit avec d’autres espèces que la sienne, dont les néandertaliens. Qui plus est, homo sapiens a eu des ancêtres pas si bêtes. Ainsi, la liste de nos ancêtres du genre homo s’étire dans le passé jusqu’à environ 2,5 millions d’années.

Les progrès de la génétique tracent un nouveau portrait plus rigoureux des origines de l’espèce humaine. Entre autres, il y aurait eu une sorte de goulot d’étranglement génétique datant d’environ 70000 ans. Il se serait produit un événement majeur durant lequel l’espèce humaine serait passée à un cheveu de l’extinction totale. Nous connaissons depuis peu l’existence d’un cataclysme planétaire survenu voilà -73000 ans ± 4000 ans. Il s’agit de l’éruption d’un supervolcan indonésien dont ses effets se sont fait sentir sur Terre durant près d’un millénaire. Aujourd’hui, ce volcan est une caldeira remplie d’eau et forme le lac Toba sur l’ile de Sumatra. C’est le plus grand lac volcanique du monde. Sa profondeur maximale atteint les 500 mètres et son cratère atteint les dimensions de la ville de New York.

Les deux dates concordent trop bien. On sait que l’éruption du Toba créa un hiver permanent sur la quasi-totalité de la planète avec des refroidissements dépassant les 15 degrés dans les régions tempérées de la planète. Une éruption semblable aujourd’hui décimerait également la population mondiale. À peine moins d’un pour cent de nos semblables pourraient probablement y survivre, sûrement moins. Seulement quelques milliers d’individus de notre espèce ont survécu à Toba quelque part dans le sud de l’Afrique.

L’analyse génétique de l’ensemble des peuples de la Terre tend à confirmer que tous les humains sont issus des mêmes ancêtres et ceux-ci seraient les seuls rescapés de cette épouvantable catastrophe. Malgré leurs apparentes différences physiques, les êtres humains sont quasiment frères et sœurs lorsqu’on compare les ADN de tous les peuples vivant à notre époque.

Ainsi, la théorie du couple mythique Adam et Ève ne relève pas nécessairement d’une bulle au cerveau. Toutefois, les scientifiques ne s’entendent pas encore sur ce point, malgré leur unanimité sur le faible nombre de nos ancêtres. Certains disent que l’analyse génétique mitochondriale (gènes transmis uniquement par la mère) prouve que toutes nos aïeules étaient des sœurs, qu’elles provenaient donc de la même Ève. Certains vont même jusqu’à affirmer que nous aurions également tous le même père, les rejetons des autres survivants s’étant éteints au fil du temps.

À la lumière des faits confirmant cette grande catastrophe mondiale qui fut de survivre à mille ans de changements climatiques drastiques qui éprouvèrent notre espèce et qui firent disparaitre tous nos cousins (ou presque), la plausibilité scientifique de la légende d’Adam et Ève devient forte.

Quoi qu’il en soit, nous ne pouvons plus douter de la ressemblance génétique de tous les humains et cette dernière confirme nos origines communes. De plus, l’étude de la linguistique est également formelle sur le fait que toutes les langues du monde découlent d’une seule et même langue archaïque. Dans les deux cas, le calcul approximatif, mais non dépourvu de sens, des mutations génétiques et linguistiques visent un point de convergence comparable dans notre passé.

Ainsi, l’humain se serait pratiquement éteint, il aurait vivoté durant presque mille ans avant que la Nature ne redevienne suffisamment clémente pour qu’il recommence à se répandre un peu partout sur la planète pour atteindre aujourd’hui 7,3 milliards de semblables.

Alors, si vous haïssez votre belle-mère envahissante, votre ex infidèle, votre patron injuste ou votre voisine écornifleuse, soyez conciliant(e), car vous appartenez à la même sororité ou fraternité. Ça n’excuse peut-être pas ses comportements injustifiés à votre égard ou envers ceux qui vous sont chers, mais les membres d’une même famille se tolèrent toujours mieux, et ce même si le nom de votre ancêtre commun est à tout jamais perdu parmi les cendres du volcan Toba.