Éclipse de quoi ?

C’est la super Lune bleue de sang.

« Super », parce que notre copine céleste est presque à son périhélie (au plus près de la Terre), donc nous la voyons plus grosse que la normale. Oui, la distance dans notre couple n’est pas constante. Parfois elle nous fait la gueule, parfois elle nous câline. « Lune bleue », car on a 2 pleines lunes ce mois-ci. En fait, ça ne veut absolument rien dire en terme astronomique, puisque la construction des mois tels que nous les connaissons relève de la mégalomanie des humains, pas d’un phénomène céleste. Et enfin, la « Lune de sang » se rapporte à sa couleur lorsque la Terre éclipse le Soleil et que la Lune se trouve à passer dans notre ombre, elle se teinte d’une couleur rouge sombre.

On dit « éclipse de Lune », mais la Lune n’est pas du tout éclipsée. C’est toujours le Soleil qui est éclipsé dans notre trip à trois puisque c’est le seul astre des trois à émettre de la lumière. Toutes les vraies éclipses sont donc des éclipses de Soleil. La différence est lorsque la Lune passe entre le Soleil et la Terre ou lorsque la Terre passe entre le Soleil et la Lune.

On devrait plutôt dire « éclipse de Soleil par la Lune » et « éclipse de Soleil par la Terre » pour être exact. Ce qu’on appelle « éclipse de Lune » est en fait une éclipse apparente de Lune, pas une vraie éclipse.

L’autre élément d’importance est la position de l’observateur. Puisque nous restons toujours sur Terre, peu importe le type d’éclipse, nous ne voyons jamais la Terre éclipser le Soleil lorsque c’est elle qui s’invite entre le Soleil et la Lune comme actuellement.

C’est pourquoi, pour plus de précision, nous devrions rajouter le corps céleste d’où l’on observe l’éclipse, car si nous étions actuellement sur Mars, nous ne verrions aucune éclipse puisque l’observateur doit se trouver dans la même ligne de visée que les deux autres corps célestes.

Ainsi, la terminologie exacte de l’éclipse actuelle devrait être « éclipse de Soleil par la Terre vue de la Lune ». Et enfin, ce que nous appelons « éclipse de Soleil » dans notre discours de tous les jours devrait se dire « éclipse de Soleil par la Lune vue de la Terre ».

Puisque les éclipses mettent toujours en jeu trois corps célestes, cette façon de nommer le type d’éclipse ne prête plus à aucune confusion. Le fait que presque tous les humains vivent sur Terre, nous éliminons le corps céleste d’où l’observation a lieu, mais dans un avenir rapproché, lorsque nous aurons colonisé Mars, cette précision deviendra importante.

Là, j’espère avoir réussi à bien vous mêler, mais ce n’était pas mon but. Si nous étions plus précis, plus rigoureux dans notre terminologie, les phénomènes s’expliqueraient mieux et se comprendraient mieux, car nous pourrions nous fier à la terminologie pour comprendre et retenir les explications puisqu’une vraie éclipse de Lune au sens astronomique du terme, ça n’existe tout simplement pas.

Un génie haï et ostracisé

L’histoire nous a fait connaitre des génies peu communs. Toutefois, certains d’entre eux n’ont pas été reconnus comme tels de leur vivant, ou trop peu. Je qualifie quelqu’un de génie lorsqu’un individu a réussi à sortir des sentiers battus, à imaginer autre chose, au-delà des dogmes de son époque. Malheureusement, très souvent, leur existence fut difficile. Elle a été peuplée de railleries, d’insultes de toutes sortes et surtout de dénigrements.

L’un d’entre eux est un génie hors du commun et encore si peu connu. Son nom est Ludwig Boltzmann. Il est né en Autriche en 1844 et est mort en Italie en 1906 lorsqu’il a commis une deuxième tentative de suicide. Elle fut précipitée par ses échanges virulents avec d’autres physiciens. De son vivant, ses travaux n’ont jamais été reconnus.

À son époque, l’existence de l’atome n’était pas encore admise. Elle faisait partie des théories antiques grecques totalement dépassées. On connait la suite. Boltzmann en a été l’un des grands défenseurs. Sa plus grande contribution aux sciences fut certainement d’avoir introduit la physique statistique pour décrire le comportement des gaz. Il offre une nouvelle équation pour décrire l’entropie.

S = k ln Ω. Sur sa tombe est gravée une variante signifiant la même chose, S = k log W

S est l’entropie, le niveau de désordre d’un système ayant une grande quantité d’atomes ou de molécules. Il montre que l’entropie d’un tel système croît de façon permanente et monotone.

Aujourd’hui, la constante k dans ses équations est appelée « constante de Boltzmann » et est l’une des quatre constantes fondamentales de notre Univers. Elle est considérée comme étant la constante de l’information.

En allant voir sur Wikipédia, il est le seul physicien important à n’avoir toujours pas de description de ses travaux, ou si peu ! C’est une honte que plus de cent années après ses travaux, on le néglige encore à ce point. La communauté des physiciens nous prouve une fois de plus que lorsqu’elle décide de détester quelqu’un, elle ne le fait pas à moitié. Boltzmann s’est suicidé à cause d’eux et probablement qu’il en aurait encore envie aujourd’hui.

Déplacer le problème

En politique, l’image est importante et même essentielle. Pour donner une image positive à tout, on utilise à outrance la transposition comme arme de destruction massive de la réalité. La première réalité à éliminer des discours et des déclarations publiques est le mot « problème ».

Ce mot ne me rebute pas comme bien d’autres qui tentent de rayer ce mot de leur dictionnaire. Généralement, j’appelle un chat un chat et je m’oppose à toute tentative de changer les mots dans le but d’édulcorer une situation. Apporter de bonnes solutions commence par prendre le pouls exact et pour ce faire, on ne peut appeler un problème autrement. Toutefois, ce qui constitue un problème pour certains n’en fait pas un pour tout le monde.

La définition première d’un problème dans le Grand Robert est la suivante. « Question à résoudre, point obscur que l’on se propose d’éclaircir, qui prête à discussion, dans un domaine quelconque de la connaissance. » À bien y regarder, je ne vois aucun aspect négatif dans cette définition.

Lisons donc la deuxième définition du mot problème. « Difficulté qu’il faut résoudre pour obtenir un résultat ; situation instable ou dangereuse exigeant une décision. » Ce qui me frappe dans celle-ci est que dans les deux parties de la phrase, le problème exige une solution, une résolution, une décision. Et c’est certainement pourquoi on cherche à faire disparaitre le mot « problème » lorsqu’on ne veut rien déplacer, rien changer.

D’autre part, en inversant la lorgnette, je suis parfaitement conscient que ce mot serve parfois l’opposition ou la presse en engendrant un problème là où l’on veut en faire surgir un. L’usage d’un mot crée une réalité s’il n’est pas corrigé et remplacé par un autre plus « précis » et plus « conforme » à la réalité.

Voici quelques synonymes du mot « problème » : affaire, complication, difficulté, ennui, histoire, incident, os, question, situation, souci, sujet.

Cependant, un vrai problème vécu par un individu n’est pas nécessairement un problème exigeant une résolution par la classe politique. Celle-ci ne peut prendre à sa charge toutes les situations, tous les problèmes de tout le monde. Dans la deuxième définition, un problème est une question à résoudre, mais par qui ?

En politique, compatir ne suffit pas toujours à garder une image propre et positive. Les politiciens doivent constamment faire des choix déchirants puisque leur portefeuille global reste limité et bien souvent leur marge de manœuvre réelle s’avère très mince. Alors, faire disparaitre le problème en faisant disparaitre ce mot semble une approche plus avantageuse que d’expliquer pourquoi le gouvernement ne peut s’attaquer à celui-ci, soit parce qu’il ne lui appartient pas de s’en occuper, soit parce qu’il doit s’en tenir à utiliser ses ressources pour réaliser ses promesses électorales. Je m’oppose à cette suppression afin d’éviter l’explication.

L’inaction politique engendre parfois des situations de crise dont leur résolution coûte une fortune à la société. On se demande alors pourquoi nos politiciens n’ont rien fait pour éviter cette crise. Poser la question à savoir si la situation était évitable ne suffit pas. Il faut aussi se demander si elle était du ressort du gouvernement, si elle était prévisible, raisonnablement plausible, si son existence avait été portée à la connaissance des décideurs avec clarté et précision, si la société avait les moyens de l’éviter et si des ressources étaient disponibles. La négligence, c’est d’avoir répondu par l’affirmative à ces six questions et de n’avoir jamais rien fait. Chaque politicien devrait comprendre ce principe et également tous les citoyens. On devrait juger nos élus sur ce genre de bilan.

Il existera toujours des zones d’ombres où ni le oui ni le non n’aurait été la meilleure réponse, car rien n’est jamais entièrement tranché. Cela fait partie du sel de la vie et de la complexité des problèmes que nous avons tous à résoudre.

Pensée dominicale

Nulle personne normalement constituée ne prononce le mot « dyslexique » sans bafouiller.

Est-ce dire que le dyslexique le prononce correctement ?

L’avoir de l’être

Qui dit : « je suis le père de tel enfant » ? Bien peu de gens. On entend : « j’ai un enfant » ou « cet enfant est le mien » ou encore « c’est mon enfant ». La possession. Posséder. Les adjectifs possessifs, les pronoms possessifs. L’avoir de l’être.

Tout ne se résume qu’à posséder. La réussite sociale est pour celui qui en possède le plus. Les avoirs de l’être. On est encore à un cheveu de l’esclavagisme. L’avoir de l’être.

J’ai, donc je suis. La philosophie du possesseur. L’avoir de l’être.

Malheureux de naitre avec dix doigts

Si j’écris 10, et que je vous dis que ce n’est pas un dix, vous me prendriez pour un illuminé. À l’instar de la pipe de Magritte dans son célèbre tableau « La trahison des images » qui n’est pas une pipe, mais la représentation d’une pipe, 10 n’est pas un dix, mais une représentation de plusieurs nombres possibles dont l’une est un dix.

J’étais en sixième année du primaire lorsqu’on m’a enseigné pour la première fois le principe mathématique des bases. Nous partions de la prémisse que nous rencontrions des extraterrestres à huit doigts et qu’ainsi, eux ne comptaient pas dix symboles différents pour écrire les nombres, mais seulement huit en incluant le zéro. Donc, au-delà de sept, il fallait comprendre que nous devions travailler à deux chiffres, comme lorsqu’on arrive au-delà de neuf dans le système décimal. En écrivant 10 (lire un, zéro), ça ne valait plus dix, mais bien huit. Et on poursuivait sur cette lancée, 11 (lire un, un) valait neuf, 12 (lire un, deux) valait dix, etc. En changeant de la base 10 à la base 8, on réapprenait comment on écrit symboliquement les nombres. J’étais loin de me douter que je retrouverais cette base 8 bien plus tard en informatique et que 10 (lire un, zéro) serait effectivement la représentation octonumérique du nombre huit.

L’humain est né désavantagé. Il a été conçu avec dix doigts plutôt que huit. Ainsi, la base décimale (base 10) est devenue sa principale façon de compter. Nous utilisons dix chiffres différents, dix symboles distincts en commençant par le 0 jusqu’au 9. Pour compter au-delà de neuf, on doit utiliser deux symboles dont la position de chacun par rapport à l’autre définit une valeur différente. On sait tous que l’écriture décimale du nombre dix s’écrit 10. Le 1 ne vaut plus un, mais dix, et le 0 signifie qu’on additionne zéro à dix. Et une fois ce concept compris et maitrisé, nous sommes en mesure d’écrire n’importe quelle valeur numérique à partir de seulement dix symboles différents.

Si l’humain était né avec huit doigts, il aurait été avantagé au moment de traiter l’information sous forme binaire, car huit est une puissance du chiffre deux, deux étant la quantité maximale de symboles différents utilisés dans un compte binaire que traite un ordinateur conventionnel, soit le zéro et le un.

Si nous avions eu seulement huit doigts, symboliquement, 10 vaudrait huit plutôt que dix. Ainsi, le système octal à huit symboles ou le système hexadécimal à seize symboles utilisés en électronique de l’information nous auraient posé moins de problèmes de compréhension puisque huit et seize sont tous deux des puissances de deux. 2 x 2 x 2 = huit et 2 x 2 x 2 x 2 = seize, mais dix n’est pas une puissance de deux.

Ainsi 10 (un un suivi d’un zéro) vaut deux en binaire (base deux), vaut huit en octal (base huit), vaut seize en hexadécimal (base seize) et il vaut dix lorsque les créatures naissent malheureusement avec dix doigts.

Boucles

Je ne suis pas un adepte des nœuds papillon. Ça me donne un air d’architecte. Je n’ai rien contre ces gens, je les trouve juste un peu coincés. C’est normal, les boucles servent à serrer, à emballer les cadeaux, les boites de chocolat par exemple, mais autour du cou, je me demande pour qui je suis censé être un présent. Un présent du passé, un présent périmé. Du chocolat avec du blanc sur le dessus, durci et rance. Je ressemble à un pingouin. Est-ce qu’on dit aux pingouins qu’ils ressemblent aux architectes en costard ?

Je me regarde dans la glace sans vraiment me voir. La boucle de ma vie est bouclée autour de mon cou, bien serrée. J’étouffe un brin, mais on s’habitue à se sentir étouffé. Je me regarde sans vraiment me voir. L’histoire de ma vie. Les revers en satin, ça a de la classe. On les remarquera plus que moi ce soir. Une bonne chose, les revers. J’en sais un brin sur le sujet.

Je choisis mes mouchoirs. Je les place stratégiquement dans les poches de mon habit. Celui-ci, en pure soie, pour une éventuelle dame en pleurs, en pleurs pour quelqu’un d’autre que moi. Il va dans la poche intérieure du veston pour l’élégance du geste lorsque je le tire pour le tendre, à la tendre, avec tendresse, à défaut d’autre chose. Le second, en coton, dans la poche gauche du pantalon, il jouera son rôle à la perfection. Le troisième, dans l’autre poche à droite. Vous saurez bientôt. Enfin le dernier, pour rehausser la pochette à bristols vide de bristols. Je le laisse dépasser un peu négligemment, ma seule excentricité de la soirée. Il se marie à la boucle, évidemment. La boucle et son mouchoir, le couple ringard du costard.

Je vais serrer des mains. Elles seront froides ou tièdes, molles ou énergiques, moites ou sèches, dédaigneuses ou franches. J’essuie toujours ma main avec le mouchoir dans la poche droite du pantalon avant de la présenter. Je la veux chaude, sèche et énergique, relents de mon passé. Je l’essuie également après l’échange, sans rien laisser paraitre, caprice de mon hypocondrie.

Je garderai mon air un brin renfrogné. Les gens m’ont toujours connu ainsi. Pour les autres, ils me connaitront toujours ainsi. Calme, sérieux, renfrogné et observateur. Quand j’observe, les gens le ressentent. Ils se retournent, cherchent, questionnent du regard. Je détourne alors le mien pour qu’ils ignorent la source de leur malaise, pour qu’ils m’ignorent. Quant à moi, j’ignore, j’ignore pourquoi mon regard se matérialise sur leur cou. Le mien reste protégé sous ma boucle. Aucune chance que le regard des autres me fasse le même effet. C’est bien de se sentir un peu étouffé, à l’étroit. Une bonne préparation pour rencontrer les spécialistes de l’étouffement et de l’étroitesse d’esprit.

J’enfile mes souliers vernis, eux aussi veulent leur boucle bien bouclée, bien serrée, qui restera bouclée toute la soirée, à l’instar de ma bouche. Je ne porterai aucun commentaire. Toute la soirée, je la garderai bouclée. Plus jeune, j’avais le commentaire facile. J’étais jeune et j’ignorais les avantages de la garder bouclée. Je sais maintenant qu’il faut parler seulement sous la torture. Et encore, seulement si la torture porte une jolie robe.

La faiblesse d’un homme, une robe de la grandeur de mon mouchoir de poche avec une belle boucle au dos. Comment faire pour la déboucler ? Je n’ai pas le choix, je ne peux la garder bouclée. Je devrais au moins lui faire un petit compliment. Que vous avez de jolies boucles ! Et la façon dont vous les portez, avec tant de naturel et d’élégance ! Que je la boucle ? Facile, vous n’avez qu’à tirer sur la boucle. Sur la mienne ? Commencez par tirer sur la vôtre, je saurai bien m’occuper ensuite de la mienne.

De l’hiver, de nids de poule et d’automobile

Cet hiver à Montréal, la température joue aux montagnes russes. Un jour il gèle à pierre fendre, le lendemain il pleut des cordes et le surlendemain le froid polaire rebute jusqu’au plus inuit de mes frères. Le mercure a besoin de lithium et moi d’antidépresseurs. L’eau de fonte s’infiltre dans les moindres interstices, puis la nuit venue elle congèle, faisant craquer le fondement des rues. La ville a les hémorroïdes et moi j’ai les blues.

On m’a déjà dit qu’il faut voir le positif dans toute chose. J’ai donc cherché à savoir comment je pouvais être heureux de faire réparer ma suspension d’auto qui a couvé dans un nid de brontosaure, qui a fait une indigestion et a renvoyé tout un tas de boulons au beau milieu du stationnement, bloquant ainsi la voie à l’auto de mon voisin en furie de ne pas entrer sa voiture dans le garage, qui demain devra gratter comme un dingue pour retirer le centimètre de verglas collé à la grandeur de sa carrosserie.

Je le vois là, par la fenêtre, appeler son avocat ou bien son cousin videur de bar. D’après les expressions faciales, le doigt en l’air et l’honorable bras qu’il m’adresse, je mise sur le cousin. Eh! merde! Mon assurance dentaire est échue! Y a pas quelqu’un qui voudrait une Honda Civic? Je vous la laisse, pas cher, pour le prix des pièces qui sont déjà détachées. Mais faites vite, vous avez jusqu’à 3 h du matin pour la récupérer. Après, ne vous présentez pas chez moi ni à la fourrière municipale. Si vous êtes toujours intéressé, rendez-vous plutôt à l’urgence de l’hôpital le plus proche et demandez à voir le patient avec une portière prise en travers de la gorge. Pour le reste, il faudra attendre que les suppositoires fassent effet.

Et le positif dans tout cela ? Je l’ai trouvé. Pas très loin du négatif sur la batterie qui refuse obstinément de faire démarrer ma casserole. Je vous recommande d’apporter une bouteille d’acide sulfurique parce que l’urine ne semble pas suffisamment acide pour lui redonner le pep d’antan.

Mais le vrai positif dans tout cela, c’est que je vais vous faire bénéficier d’un bon deal. Quant à moi, je vais cesser de m’esquinter à réparer ce tas de ferraille. Avec l’argent de la vente, je pense m’acheter un petit Cessna usagé. Ça vous dirait de faire un tour ?

Extinctions et cycles

Il y a environ 252 millions d’années survenait la pire extinction de masse de l’histoire de la Terre, l’extinction Permien-Trias (P-Tr). Non, ce n’est pas celle correspondant à la disparition des dinosaures survenue voilà 66 millions d’années. C’est une autre et elle fut pire encore.

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Si la cause de l’extinction Crétacé-Tertiaire (K-T), celle des dinosaures, est bien connue et généralement acceptée de la plupart des scientifiques, la bougie d’allumage de l’extinction du Permien-Trias (P-Tr) est beaucoup moins consensuelle. La chute d’une météorite est également évoquée pour expliquer pourquoi 95 % des espèces marines et 70 % des espèces terrestres ont disparu de la surface de la Terre puisque cette cause restera toujours la plus facile à démontrer.

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On dénombre six extinctions massives incluant celle sévissant actuellement qui est causée par les activités humaines. Mis à part cette dernière dont la cause est unique, on dénombre 25 extinctions importantes ou massives depuis les 540 derniers millions d’années.

Les effets occasionnés par une météorite géante tombant sur la Terre sont assez bien connus. Des simulations numériques nous montrent la puissance d’un tel événement et l’étendue planétaire des dégâts. Des tremblements de terre de force 11 et des tsunamis géants ravagent la planète. Ensuite, la flore s’embrase puis disparait lorsque les retombées incandescentes font le tour de la terre. Puis l’hiver permanent prend la relève lorsque des centaines de volcans éperonnés par les séismes crachent sans relâche leurs éjecta de poussière durant des décennies. Ils saturent l’atmosphère d’acide sulfurique qui change drastiquement le pH des cours d’eau et des océans, tuant pratiquement toute vie sur Terre.

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Cependant pour valider l’hypothèse d’une météorite, il faut retrouver le lieu d’où la catastrophe s’est produite. On doit donc chercher un astroblème pouvant être daté de cette époque et suffisamment grand pour correspondre à la taille d’une cicatrice laissée par un caillou céleste ayant causé cette hécatombe. Selon la nature du sol, un astroblème fait de 10 à 20 fois les dimensions de la météorite.

Le diamètre minimal de l’astéroïde tueur devrait au moins être l’équivalent de celui ayant fait disparaitre les dinosaures, c’est-à-dire 10 km. Cependant, puisque l’ampleur de l’extinction est bien plus importante, cette estimation est jugée minimale par plusieurs scientifiques. Certains parlent plutôt d’une météorite faisant 45 kilomètres de diamètre. Elle pourrait être tombée en Antarctique où une anomalie gravitationnelle de 600 km de diamètre a été décelée.

AntarctiqueAnomalie

Si l’hypothèse de la météorite s’avère probable et plutôt pratique pour expliquer l’extinction Permien-Trias, on ne peut exclure d’autres causes dont certaines peuvent être cycliques. Par exemple, une autre extinction de masse, la deuxième en importance, s’est produite voilà 485 millions d’années. C’est l’extinction de l’Ordovicien-Silurien (O-S). La différence est de 233 millions d’années avec la suivante, moins de 10 % par rapport à 252 millions d’années. Et fait troublant, notre Soleil se déplace dans la Galaxie. Il tourne autour de son noyau en 220 ou 250 millions d’années. Ce chiffre est difficile à préciser, mais il correspond au 233 millions à 252 millions d’années.

J’ai ensuite calculé la différence moyenne de temps entre deux extinctions en utilisant la liste des 25 plus importantes disparitions recensées jusqu’à maintenant. Un cataclysme planétaire survient en moyenne à tous les 26 millions d’années. Il semble donc qu’un cycle existe réellement pour expliquer la majorité des extinctions survenues sur Terre.

SoleilPlanGalactique

Je me suis rappelé avoir appris que le Soleil oscille de haut en bas autour du plan galactique, passant en dessous puis revenant au-dessus selon un cycle d’environ 30 millions d’années. Toutefois, ce chiffre est entaché d’une marge d’erreur importante. En admettant que ce mouvement oscillatoire prenne 26 millions d’années plutôt que 30 millions, ce chiffre correspondrait très bien à la moyenne des extinctions importantes survenant sur Terre.

Ainsi, quelque chose se produirait lorsque la Terre passe à une certaine hauteur par rapport au plan galactique. Ce pourrait être une bouffée de rayons gamma, car l’atmosphère terrestre est fortement perturbée lorsqu’elle est attaquée par ces rayons énergétiques. La couche d’ozone disparait et sans elle, les rayons gamma attaquent tous les êtres vivants de la planète, causant des extinctions massives. Malheureusement, si les rayons gamma en sont la cause, il n’en reste plus aucune trace. Cette hypothèse ne pourra être validée que lors de la prochaine catastrophe !

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Voilà donc une autre menace à rajouter à notre calendrier des événements catastrophiques à survenir. Comme quoi il est dangereux de vivre dans notre Galaxie. Pourtant, elle semble bien plus sûre que d’autres univers-iles ayant un noyau très actif alors que le nôtre est en dormance.

La météo actuarielle

Enfin ! Les actuaires canadiens se sont jetés à l’eau dans le débat sur les changements climatiques. Ils espèrent montrer une image neutre et factuelle des tendances. En utilisant les données de la NOAA, ils ont tout particulièrement remarqué que depuis 1990 le climat a une tendance marquée à excéder les normales. Ils ont développé un indice qu’ils nomment « indice actuariel climatique » et depuis 2016, celui-ci démontre clairement une augmentation graduelle de la météo extrême.

Je vous en parlais dans deux de mes articles précédents, « Dérèglement climatique – vers le pire » et « Le silence pour contrer les dérèglements climatiques ». On ne peut pas constamment battre des records de températures, même si les normales restent à peu près les mêmes sans qu’il y ait dérèglement du climat. Les actuaires me donnent enfin raison et je les encourage vivement à poursuivre leurs études puisque leur expertise avec les chiffres finira peut-être enfin à enfoncer le dernier clou dans le cercueil des climatosceptiques.

Photo : ici-radio-canada.ca

Dégustation de scotches

Hier, j’ai été invité à une dégustation de scotches au restaurant Les Cavistes dans le quartier Ahuntsic à Montréal. Nous avons eu droit à sept scotches différents, la plupart agrémentés de bouchées d’accompagnement s’accordant avec les flaveurs du scotch. Fumé, iodé, fruité, floral, terreux, boisé ou goudronné, la sélection de scotches était variée ainsi que les bouchées d’accompagnement. Chaque scotch était servi pur comme il se doit dans un glencairn et les portions étaient plutôt généreuses pour une dégustation. On peut rajouter une larme d’eau (2 à 3 gouttes) à certains scotches afin de faire éclater les odeurs et les saveurs lorsqu’elles refusent de se livrer à l’état pur. Cependant, je déconseille ce procédé pour les scotches plus éthérés, car l’eau les tuera.

Nous étions environ une trentaine et l’atmosphère était agréable, conviviale, sans guindage. Pourtant, tout au long de la dégustation, notre hôte nous a abreuvés d’informations pertinentes sur l’histoire des scotches, des régions, des procédés de fabrication et des particularités de chacun des alcools en vedette.

Ayant un assez long historique avec le scotch, je me suis pourtant fait surprendre à cinq reprises par des bouteilles qui m’étaient inconnues. Je recommande cette dégustation pour ceux et celles qui aiment déjà cette boisson, pas nécessairement aux néophytes en la matière qui chercheraient à savoir s’ils peuvent aimer le scotch. Mais ce qui compte réellement, c’est votre degré d’ouverture et votre plaisir gustatif face aux alcools forts.

Merci à ma partenaire de scotch pour cette très belle expérience.

Retour des animaux géants ?

Lorsque les proportions de la faune étaient gigantesques, entre autres comme dans le temps des dinosaures, les températures extérieures étaient nettement supérieures à celles d’aujourd’hui. Avec le réchauffement du climat, peut-on s’imaginer que la sélection naturelle privilégiera les animaux plus volumineux ? Sans l’influence de l’humain, il est fort probable que les dimensions s’accroitraient. Le problème est que les animaux géants ont besoin d’une plus grande quantité quotidienne de nourriture. Avec la déforestation généralisée, les herbivores n’y trouveraient pas leur compte. Et sans herbivores énormes, point de carnivores géants.

Sans nécessairement retrouver les monstres d’antan, il est toutefois possible que les dimensions des animaux s’accroissent. Pourquoi ? Pour évacuer la chaleur corporelle. Lorsque le différentiel entre la température corporelle interne et la température ambiante diminue, les animaux à sang chaud ont besoin d’une plus grande surface de peau pour réguler efficacement leur métabolisme. Et qui dit surface de peau accrue, dit proportions accrues.

Le problème est que si la nourriture supplémentaire vient à manquer, et elle va manquer, il y aura un déséquilibre qui entrainera la disparition des animaux. On peut donc s’attendre à une autre hécatombe occasionnée par la hausse des températures globales et l’impossibilité d’équilibrer la surface corporelle à cette nouvelle réalité.

On est en droit de se demander ce qu’il adviendra de l’humain. Serons-nous obligés de croitre pour les mêmes raisons ? C’est possible, mais pas certain. Avec tous nos climatiseurs, la pression pour augmenter notre surface corporelle sera amoindrie, sinon éliminée. L’inverse serait même possible puisqu’une personne de moindre taille a besoin de moins de nourriture, moins de protéines pour survivre.

Pourquoi je parle de notre survie ? Parce qu’il y a beaucoup trop d’humains sur la planète et la population ne cesse de croitre. L’apex n’est pas très loin et lorsqu’il sera atteint, on verra une dégringolade. Comment ? J’ai ma petite idée, mais ce sera le sujet d’un prochain article.

De bien étranges choses

Aujourd’hui, mon bavardage sera court puisque je travaille sur plusieurs articles de front sans qu’aucun soit en mesure d’être publié. Je parle très rarement de mon appréciation sur une série télévisée puisque très peu valent la peine d’en faire un tabac. Mais il existe quelques exceptions et celle dont je veux vous parler regorge de qualités rarement concentrées dans une seule série. Même si le style fantastique vous horripile, même si vous détestez voir des enfants à l’écran, même si vous hurlez lorsqu’une actrice se tape une crise de nerfs devant vos yeux, même si vous avez horreur de l’horreur, même si vous croyez que les Américains ne font que des navets grossiers, caricaturaux et superficiels, même si vous croyez que les scénarios sont en général d’une tristesse, d’une pauvreté et d’une redondance sans fin, tapez-vous quand même cette série. Je parle de l’émission « Stranger Things ».

J’ai voulu vous en parler depuis longtemps, mais d’une fois à l’autre je l’oubliais. J’ai vu les deux premières saisons et fait surprenant, les deux séries m’ont autant émerveillé. Vous n’aurez aucun autre commentaire de ma part. C’est simplement à ne pas manquer.

Alors, bon visionnement. Et n’hésitez surtout pas à me faire part de vos commentaires.

L’utilité véritable d’un trou noir

On se souvient tous de cette trilogie cinématographique particulièrement ingénieuse des frères Wachowski où un héros nommé Thomas Anderson (Neo) est éjecté de la Matrice lorsqu’il décide d’avaler la pilule rouge plutôt que la bleue. La scène montrant les millions sinon les milliards de cellules contenant chacune un être humain utilisé pour calculer les données de la Matrice, cette séquence est particulièrement dérangeante. À partir de ce moment charnière dans le film, on commence réellement à tracer des parallèles entre la vie des personnages à l’écran et notre propre vie pour finalement se poser la même question que Neo. Vivons-nous dans une sorte de Matrice où tout ce qui existe n’existe pas réellement ?

Les mathématiques décrivent si bien la Nature qu’elle pourrait très bien avoir été créée par un supercalculateur à partir d’une série d’équations accessibles selon le type d’objet. Les spirales sur les fleurs de tournesol et sur la peau des ananas, les taches sur celle d’un léopard, les zébrures des zèbres, les mouvements des galaxies, l’écoulement des fluides, la radioactivité, tous ces phénomènes naturels peuvent se réduire à des fonctions mathématiques plus ou moins complexes.

Certaines expériences comme la décorporation ou les expériences de mort imminente semblent nous amener ailleurs, hors de la Matrice dans laquelle nous vivrions. Comment peut-on expliquer que notre esprit voit des choses, des gens, des détails que nos yeux ne voient pas et n’ont jamais vus ?

Il existe des humains capables de voir à des distances phénoménales en se projetant hors de leur corps. Ils dessinent ce qu’ils ont vu. On compare ensuite leurs dessins à la réalité et dans certains cas, la ressemblance est troublante.

Et que dire de ces médiums qui voient ou qui ressentent les esprits ? On peut y croire ou non, mais les esprits, les fantômes, seraient probablement des gens séparés de leur matrice. Ce monde au-delà du nôtre pourrait bien être celui où l’on est vraiment né, celui auquel nous appartenons et celui dans lequel nous retournons après notre périple dans l’Univers que nous connaissons maintenant.

Ce qui me dérange, ce sont les coïncidences, les similitudes dans les témoignages dans les faits rapportés. Les hasards existent, mais quand ils s’accumulent, ça devient un complot. Ou autrement dit, c’est un système organisé, un processus en action, un programme informatique. Les mathématiques sont à la base de tout ce que l’on connait. Aujourd’hui, on reproduit presque tous les phénomènes naturels à partir du moment où l’on a trouvé des séries de formules adéquates et que l’on possède suffisamment de puissance de calcul pour les exécuter. On n’a qu’à regarder tous ces films d’action où l’on distingue de moins en moins les trucages.

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Plusieurs scientifiques moins coincés que d’autres croient en cette possibilité. Évidemment, ils n’affirment rien sans exiger des preuves, mais ils acceptent le concept, l’hypothèse que nous vivons dans un monde fabriqué. Notre ego terrestre ne serait qu’une partie de notre entité globale. Notre mort serait la déconnexion du cordon ombilical de la matrice, la pilule rouge, la pilule de cyanure. Bon, je ne tenterai pas l’expérience pour vous le prouver puisque je ne peux pas me reconnecter à notre matrice après ma mort afin d’en témoigner. Cette impossibilité du retour semble correspondre à une des règles fortes du monde de l’au-delà, une règle forte, mais peut-être pas impossible à contourner. Mais retournons maintenant à la trilogie de la Matrice pour aborder un dernier point important.

Neo vit deux existences séparées. Tout d’abord, sa vraie vie à bord du vaisseau Nabuchodonosor où il ne possède aucune qualité surnaturelle. Ensuite, il vit sa vie virtuelle lorsqu’il est connecté à la matrice où ses compétences s’accroissent et se développent au fil du temps. Tout commence par des séances de kung-fu, mais ce n’est que l’apéritif. On le voit ensuite devenir plus vite que l’éclair, stopper des lames d’acier, ensuite ce sont les balles de fusil qu’il plie à sa volonté. Il parvient à récupérer de blessures fatales, il sauve des vies virtuelles et il peut même littéralement voler au secours de ses amis.

Bon, sachant que cette vie est un fake, une simulation, on le comprend et on l’accepte. L’esprit de Neo s’adapte de plus en plus à la matrice, il l’oblige à calculer en utilisant des équations existantes, mais très peu employées. L’agent Smith en fait tout autant et ce qui est possible pour l’un est également possible pour l’autre. Ce ne sont, après tout, que des équations programmées à l’intérieur d’un ordinateur. La particularité des deux ennemis est de connaitre la façon d’accéder à ces programmes bien dissimulés dans la Matrice.

Il existe toutefois une scène dans le troisième film qu’il faut se rappeler. C’est celle où Neo et ses amis quittent leur vaisseau avant qu’il n’explose sous les bombes des pieuvres mécaniques. Mais ces monstres métalliques continuent de les poursuivre. Puis Neo ressent quelque chose qu’il comprend bien mieux maintenant. C’est la façon d’accéder à des programmes dissimulés. Mais il n’est plus raccordé à la Matrice, cette scène se passe dans la réalité. Pourtant, il parvient à stopper les pieuvres de la même façon qu’il stoppe les balles dans sa vie virtuelle.

Ma conclusion est donc une question. Neo vient-il d’accéder à une autre Matrice, plus puissante, plus grande, qui englobe la Matrice qu’il est en train de combattre ? Une matrice gigogne, une poupée russe qui ferait que sa vie réelle est en tout point comparable à sa vie virtuelle, mais à un niveau supérieur.

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Pour prouver que notre vie est une simulation, les scientifiques nous proposent un moyen. Il faut repérer des anomalies systémiques, des ratées du système, des bogues informatiques. Dans notre vie de tous les jours, il est fort probable que nous soyons incapables de les remarquer. Mais les anomalies au niveau subatomique ou, à l’inverse, au niveau cosmologique pourraient être observées plus facilement.

Par exemple, on se pose bien des questions sur les trous noirs, car ils sont ce qu’on appelle une singularité. C’est une anomalie dans les équations mathématiques qui les créent. Ces dernières engendrent des infinis dans les calculs et ces infinis pourraient bien correspondre à un bogue du système informatique.

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Selon moi, un trou noir, c’est comme la touche d’échappement (escape) sur notre clavier. Un moyen de sortir du programme informatique dans lequel nous sommes tous plongés.

Explosion d’un météore

Le 15 janvier dernier, un météore s’est invité dans notre atmosphère au-dessus de certains états du centre-nord des USA et plus particulièrement du Michigan ainsi qu’en Ontario au Canada. Il aurait explosé avant de toucher terre en créant une onde de choc et un tremblement de terre de faible amplitude. Il serait surprenant qu’on retrouve des météorites au sol. Il s’est récemment produit le même phénomène en Russie. Ce sont en soi des événements plutôt anodins même s’il existe un danger réel de bris de vitres pouvant nous causer des blessures, mais là n’est pas le vrai problème.

L’International Astronomical Union (IAU) répertorie les cailloux célestes pouvant potentiellement devenir une menace, les Potentially Hasardous Asteroids (PHA). Voici l’adresse vous permettant de voir cette liste. Par contre, les vraies menaces sont rares et actuellement, aucun des astéroïdes recensés ne représente une réelle menace pour nous. C’est-à-dire qu’aucun n’a plus de cent mètres de diamètre et en même temps une trajectoire qui l’amènera à moins 7,5 millions de km de la Terre.

Cependant, des astéroïdes non répertoriés continuent de nous pleuvoir sur la tête sans n’avoir jamais été détectés. Le plus médiatisé est certainement le météore de Tcheliabinsk qui a explosé dans le ciel de la Russie le 15 février 2013, faisant plusieurs blessés. Ainsi, la liste des 1 882 astéroïdes potentiellement dangereux actuels n’est rien à comparer à la vraie quantité rôdant au-dessus de nos têtes et risquant une incursion dans notre atmosphère.

Il s’est produit un événement de ce genre en 1908 en Russie (coudonc !) appelé « l’événement de la Toungouska ». Un astéroïde aurait explosé à haute altitude au-dessus de ce territoire, couchant d’un seul souffle soixante millions d’arbres sur une superficie de 1 200 kilomètres carrés et causant des dégâts sur plus de 30 000 kmfaisant de cet événement la pire catastrophe recensée impliquant un météore. Heureusement, ce territoire était inhabité et à ce que l’on sait il n’y eut aucune perte de vie. Le souffle de cette explosion équivaut à plusieurs centaines de fois le souffle des bombes nucléaires d’Hiroshima et de Nagasaki. Une telle catastrophe survenant aujourd’hui au-dessus d’une grande ville ferait des centaines de milliers de victimes.

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L’origine météorique est contestée à cause de l’absence d’astroblème et de résidus d’origine cométaire ou d’astéroïde. Plus récemment, des résidus auraient été retrouvés piégés dans la résine des arbres et dans la tourbe bien qu’aucune météorite n’ait été retrouvée au sol. Les autres possibilités impliquent des objets plus exotiques, donc bien plus hypothétiques, tels un trou noir, une boule de matière noire ou d’antimatière. Étant un adepte du rasoir d’Occam, je penche pour la raison la plus probable et la plus probante, soit un météore.

Aujourd’hui, on doit rajouter une autre possibilité qui n’existait pas en 1908, la chute d’un débris spatial.

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Ce phénomène est bien plus courant qu’il n’y parait et certaines parties de fusées conçues pour être d’une solidité à toute épreuve réussissent à tomber sur terre sans se désagréger. Sachant combien ces débris sont nombreux, attendez-vous à entendre parler régulièrement d’explosions de ce genre.

 

Astroblème de 600 km de diamètre au Québec

L’astroblème (cratère d’impact) a un diamètre deux fois plus grand que la plus grosse cicatrice météoritique terrestre visible connue à ce jour, soit l’astroblème de Vredefort en Afrique du Sud.

Le diamètre de la météorite géante à l’origine de l’astroblème de 600 km mesurait entre 50 et 70 km. En comparaison, l’astéroïde responsable de la disparition des dinosaures mesurait 10 km de diamètre.

Il nous faut des comparaisons pour bien saisir l’ampleur de l’empreinte laissée par ce caillou spatial démesuré. Le diamètre de son cratère d’impact équivaut à la distance Paris – Toulouse à vol d’oiseau ou à celle de Montréal – New York. Il a causé une cicatrice d’une superficie équivalente à celle de la moitié de la France métropolitaine ou de l’état entier du Nevada aux USA.

L’astroblème est situé au cœur du territoire québécois. Il serait vieux de 2,2 milliards d’années, si vieux que presque toutes les preuves se sont envolées, effacées par l’érosion, raison du scepticisme de la plupart des géologues. Mais voilà le problème, les méthodes utilisées normalement pour confirmer l’existence d’une cicatrice d’origine météoritique ne valent pas cher lorsqu’il est question d’une météorite de cette taille, lorsqu’il faut remonter aussi loin dans le temps sur un territoire aussi érodé que celui du Québec. 2,2 milliards d’années, c’est la moitié de l’âge de la Terre. C’est 33 fois l’âge de l’astroblème de Chicxulub au Mexique, lieu d’atterrissage de la météorite tueuse de dinosaures.

Toutefois, certains signes restent visibles à commencer par la forme de plusieurs lacs, dont le triple arc des lacs Mistassini et Albanel qui décrivent une partie d’un astroblème à anneaux multiples se formant lorsque certaines conditions sont réunies, dont les dimensions exceptionnelles de la météorite en cause. Les monts Otish au Nord et la ville de Québec au Sud délimitent l’astroblème.

Le géologue derrière cette affirmation extraordinaire est Dominique Forget. Il n’en est pas à ses premiers faits d’armes puisqu’il est à l’origine de la découverte des mines d’uranium au Québec. Il n’est pas le seul ni le premier québécois à croire en ce cratère d’impact, mais il fait certainement partie de ceux qui peuvent le prouver hors de tout doute.

Mis à part cet astroblème, le territoire québécois en compte neuf autres officiellement répertoriés. Toutefois, je me suis amusé à étudier la carte du Québec. On peut facilement apercevoir de nombreuses cicatrices circulaires qui pourraient très bien correspondre à d’autres astroblèmes. J’en ai dessiné une bonne douzaine non répertoriés. Nous oublions parfois que la croûte terrestre a été bombardée au moins aussi souvent que celle de la Lune, toutes proportions gardées. Nous n’avons qu’à regarder notre satellite naturel sur Google Moon pour voir comment cette surface est grenelée. Celle de la Terre présenterait au moins autant de cicatrices si le surfaçage permanent dont elle a été victime n’avait pas été à l’œuvre depuis ces temps immémoriaux.

À cause de l’âge exceptionnel et des dimensions importantes du territoire québécois, il est peut-être le seul endroit au monde où l’on pourra encore trouver des traces multiples de la chute de météorites. Mais pour ce faire, les mêmes géologues qui nient tous les astroblèmes terrestres sans nier pour autant ceux existant sur la Lune devraient cesser de se rebuter et commencent plutôt à chercher sérieusement les preuves dont ils ont besoin. Les signes leur parlent et ne mentent pas. Il serait temps qu’ils cessent de prétendre à leur mutisme et usent enfin d’imagination et de sueur au lieu de dénégation et de paresse.

Nuit blanche

J’arrive chez moi, il est 4 h du mat. Je dépose mes doigts sur les touches congelées de l’ordi. Je reviens de chez une amie, un trajet de douze minutes en été. Ce même temps n’a eu aucun effet sur le givre dans les fenêtres de l’auto. Je reconnais ce dépôt qui colle à toute surface. On a beau passer le grattoir, rien à faire, le givre se dépose plus vite qu’on peut le gratter. Je pars, tanné d’attendre sans effet visible sur la visibilité.

Je roule sur l’autoroute à trois voies. Suis-je au milieu ou est-ce que je frôle les garde-fous ? Tout est blanc, partout, y compris dans l’auto. L’air dans l’habitacle refuse obstinément de se réchauffer. Les lampadaires sur le pont ne fonctionnent pas, victimes du froid. Je me croirais en zone de combat. Où sont les lignes au sol ? Disparues sous une couche de givre. Malgré mes gants, mes doigts sont gelés. Je reste concentré sur la route où les voies sont indiscernables. Ce n’est pas mon premier hiver, je roule comme si j’étais en couple, avec espérance et aveuglement. L’heure avancée joue en ma faveur, les idiots sont rentrés. Ne restent seulement sur la route que LeCorbot et un ou deux loups solitaires.

Je stationne enfin l’auto. La clé de l’appartement est si froide qu’elle fuit entre mes doigts. Une opération de trois secondes m’en prend trente. Finalement, la porte cède devant mon insistance.

Je regarde par la fenêtre. C’est le brouillard de mer. On se croirait en pleine tempête de neige alors qu’aucun flocon ne tombe du ciel. L’univers est laiteux. Une vision de langes et de désarrois me convie à me réfugier sous la couette.

Je regarde une dernière fois par la fenêtre. Il fait de plus en plus blanc dehors. Je perds les autos dans le parking, ensevelies sous une couche d’ouate de frimas. L’humidité se transforme en glaçons microscopiques formant un rideau translucide comme une vitre de douche sous les jets brûlants, sauf que la température est à l’antipode.

Les lampadaires diffusent une auréole digne des saints représentés sur les vitraux de l’église au bas de la côte. Je me sens dans un film d’épouvante, pourtant je ne crains rien. Aucun monstre ne serait suffisamment idiot pour sortir par un temps pareil.

Je regarde le froid épaissir l’air, l’ère du frimas. L’hiver est froid, l’hiver est rude, l’hiver est québécois.

Pensée [épithète de votre choix] – 1

Dimanche est la journée idéale pour relaxer et s’amuser et cela s’avère également pour un blogueur et ses lecteurs. L’article d’aujourd’hui sera donc court. Cependant, on a beau vouloir se la couler douce, on n’est pas obligé de faire dans la facilité. Je vous propose donc une série dominicale où vous pourrez choisir l’épithète que vous voudrez pour qualifier une pensée de mon cru. L’idée est que vous accoliez celle vous venant naturellement à l’esprit. Ces pensées émanent d’un cerveau dérangé et iront dans toutes les directions, des plus idiotes aux plus débiles en passant parfois par des sérieuses. Mon but n’est pas d’émuler Aristote ou Alexandre Jardin. En cas de doute, relire la première phrase.

Contrastes

Pour la plupart d’entre nous, un paysage de rêve ressemble à l’ile de Bora-Bora. Pour ces habitants Polynésiens, leur paysage de rêve ressemble sûrement au Québec en hiver.

Papillon terroriste

Si vous n’avez pas lu l’article d’hier, il vous manquera une partie importante, quoique pas essentielle, pour bien comprendre celui-ci. Hier, je badinais, mais aujourd’hui je suis sérieux.

Passons maintenant directement au cœur du sujet qui est ce qu’on appelle « l’effet papillon ». Vous connaissez ? Vous en avez entendu parler quelques fois ? Vous ignorez de quoi il s’agit ? Vous le savez et vous aimez ? Non, vous pensez aimer l’effet papillon, mais c’est faux. Vous le détestez, mais vous l’ignorez. Je m’explique.

Nous étions autrefois totalement incapables d’utiliser la loi de Newton pour expliquer certains phénomènes communs, mais étranges comme les vortex, la turbidité, l’écoulement des fluides et plusieurs autres phénomènes bien réels, mais chaotiques, imprévisibles. Le problème était que certains phénomènes physiques étaient hypersensibles aux conditions initiales, ce qui nous empêchait de les prévoir, donc de calculer des éventualités.

Une façon simple de comprendre ce que sont les conditions initiales hypersensibles, c’est avec les bandes sur une table de billard. Étant bien droite, la bande nous aide à faire des rebonds et ainsi à empocher des boules qu’un tir direct nous empêcherait d’obtenir. Ce n’est pas facile, mais on peut améliorer nos prédictions sur la trajectoire de la boule avec beaucoup de pratique.

Imaginez maintenant que votre bande est pliée et forme une concavité. Dans certaines conditions, votre boule de billard reviendra presque toujours sur le bout de votre baguette. Il est alors bien plus facile de prévoir le comportement de la boule qui ne cesse de revenir presque à la même place. La prédiction de la trajectoire de la boule devient beaucoup plus précise.

Maintenant, inversons le sens de la courbure de la bande pour la rendre convexe. Là, c’est exactement le contraire qui se produit. Avec des trajectoires initiales presque pareilles, la boule ne cesse d’aller n’importe où. Nous sommes rendus incapables de prévoir la trajectoire précise de la boule après le rebond sur la bande convexe. Notre système est rendu trop sensible aux conditions initiales pour oser prédire avec précision sa trajectoire.

Autrefois, les prévisions météo professionnelles étaient faites empiriquement, en se servant uniquement de l’historique. Mêmes conditions initiales, même résultat attendu. Le problème est vite apparu, ces prévisions étaient bien plus souvent erronées que justes. Pourquoi ? Parce que les systèmes météorologiques réagissent comme notre bande convexe, mais en bien pire. Les paramètres suivent des courbes exponentielles. De petits changements initiaux occasionnent de très gros changements finaux, mais aussi, le nombre de ces paramètres à tenir en compte est ahurissant. C’est pourquoi les systèmes météo, comme bien d’autres d’ailleurs, sont qualifiés « d’instables », de « chaotiques ». Mais ces chaos ne sont pas incompréhensibles et de nombreux spécialistes s’attaquèrent aux systèmes instables, dont le météorologue Edward Lorenz.

Et c’est là que pour donner une « image » des grandes instabilités, Lorenz posa une question sur la forme d’une métaphore lors d’une conférence qu’il donnait en 1972 que je qualifierais de regrettable et dont la réponse, en admettant qu’il faille y répondre sérieusement, aurait évidemment été « non ».

Sa métaphore est : « Le battement d’ailes d’un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? ».

Ce n’est pas tant la métaphore qui est idiote puisque c’est une métaphore, ni Lorenz lui-même, l’auteur de cette métaphore, ni même le commun des mortels, mais bien la panoplie de scientifiques qui ont commencé à répandre cette question comme si c’était une affirmation scientifique véridique, reconnue et avérée et qui l’utilisaient de la sorte à toutes les sauces, en étant probablement incapables de comprendre que ce n’était qu’une métaphore.

Jamais un papillon en battant des ailes n’a engendré la moindre tempête sur la planète. Pas plus qu’un oiseau (un Corbot, peut-être), ni même un avion. Pourquoi ? C’est bien simple. Si ça avait été le cas, avec le calcul des probabilités, nous vivrions dans une tornade permanente et à l’évidence, vous le constatez, ce n’est pas le cas.

Alors j’exhorte tous les scientifiques et aussi ceux qui croient l’être devenus pour avoir réussi un jour à passer des examens, mais qui n’ont pas la moindre parcelle de jugeote, je les exhorte tous, non seulement à cesser d’affirmer la métaphore du papillon, mais également à expliquer à ceux qui, par leur faute, ont cru que c’était possible, de donner la vraie et la seule réponse possible à la question de Lorenz : non. Il n’est pas possible que le battement d’ailes d’un papillon au Brésil puisse provoquer une tornade au Texas ni dans aucun autre état d’ailleurs. Trouvez des exemples plus probants et véridiques comme mes bandes de tables de billard pour expliquer ce qu’est l’instabilité et l’hypersensibilité aux conditions initiales.

Ce n’est pas seulement par les statistiques qu’on prouve que la métaphore du papillon est inexacte. La science de la météorologie s’est énormément améliorée depuis 1972 et nos connaissances sur le chaos, les systèmes chaotiques, se sont grandement raffinées. Toutefois, nul besoin de ces connaissances modernes pour prouver que la réponse à la question de Lorenz est non. La friction des molécules d’air entre elles empêche d’avoir un effet amplificateur, exponentiel, à boucle de rétroaction positive. Rien ne peut résulter d’un tel mouvement d’air dont l’énergie est immédiatement atténuée et dispersée. Des causes des trillions de fois plus intenses que le battement d’ailes d’un papillon ne parviennent même pas à créer des tornades. Alors peut-on changer de métaphore et laisser les papillons voler en paix ou va-t-il falloir les ficher comme terroristes pour avoir fabriqué des armes de destruction massive ?

Le débat est clos. La cause a été entendue et jugée. Maintenant, passons à autre chose et parlons du chaos correctement en utilisant enfin des exemples adéquats. Laissez donc les papillons en paix. Ou laissez-les seulement causer une tornade dans votre estomac quand vous rencontrerez l’amour de votre vie ! Vous posséderez un contre-argument valable à me présenter pour prouver que l’effet papillon… dans l’estomac c’est possible en fin de compte.

Un si détestable papillon !

Oui, je sais, nous ne sommes pas dans la saison des papillons. Vous ne m’apprenez rien, je suis sorti dehors pas plus tard qu’aujourd’hui et la pluie verglaçante, les bancs de neige et le bal des déneigeuses me l’ont clairement montré. Alors pourquoi un papillon me ferait-il rager en plein cœur de l’hiver ? C’est que je parle d’un foutu papillon coriace, une teigne indécrottable, un papillon de calibre himalayen. Vous le voyez ? Non ? Attendez un peu et vous comprendrez tout.

Ouais, je vois votre petit sourire en coin, votre œil condescendant et votre main me tapotant le dos en me disant que tout ira mieux demain tout en sachant pertinemment que demain, rien n’aura changé. LeCorbot fait de la fièvre à l’année, il pète des bulles que lui seul voit, il saute une coche ou des coches sans préalablement préparer convenablement ses lecteurs ahuris.

Bon, j’avoue, être LeCorbot à longueur d’année, ça joue sur les nerfs, les vôtres, mais surtout les miens. Je suis quand même assis dans la première rangée, je vous le signale et s’il réussit à m’énerver, je vous imagine stressés et je vous plains. Mais vous ne connaissez pas ce putain de papillon, sinon vous seriez vous aussi en train de mordre les sangles de la chemise blanche à très longues manches qu’on vient de me passer ! Comment fais-je pour écrire ? J’ai du nez, ça aide, il ne faut pas se presser. Et puisqu’on vient tout juste de me signifier que je passerai un méchant bout de temps en dedans, j’ai tout mon temps.

Je pousse des jurons que très rarement, mais là, franchement, je n’en peux plus. Le prochain qui me parle de cet enfoiré de papillon, je lui ferai subir les affres de mes incantations vaudou, version 2.0. Oui, je viens de les améliorer en égorgeant, en étripant, en écartelant et en faisant brûler la fameuse marmotte censée prédire sous peu l’arrivée du printemps. Oui, oui, j’avoue, certains animaux me tournent en bourrique. Hé ! Bourrique, c’est un âne, alors le compte est maintenant rendu à 3. Un papillon, une marmotte et maintenant un âne. Ne manque plus qu’un poisson pour compléter ma collection des animaux peuplant tous les écosystèmes de mon intolérance.

Mais avant, juste avant de me considérer irrémédiablement cinglé pour oser m’en prendre à une créature aussi inoffensive que le gentil papillon gnan ! gnan !, donnez-moi la chance de prouver mon point et vous direz comme moi, quoique j’en doute, vade retro papilio satana.

Bon, voilà que mon nez coule à cause de la grippe. Il m’est impossible pour l’instant de vous écrire sans faire risquer la noyade à mon clavier. Vous devrez attendre demain pour enfin savoir pourquoi cette infernale bestiole me rend aussi fou. Non, c’est vrai, j’étais fou bien avant de la rencontrer, mais elle n’a absolument rien arrangé. Demain, je vous le promets, vous saurez pourquoi ce papillon me tape autant sur le système.

Ne soyez pas triste de cette attente forcée. Dites-vous au contraire que vous aurez vécu un jour de plus dans votre vie sans avoir connu ce détestable fléau qui vous poursuivra par la suite, sans relâche, pour le reste de votre existence soudainement devenue misérable, pour ne pas dire minable, pour les siècles à venir.

Demain, je vous promets de me forcer à ne pas donner des noms d’oiseaux au vilain papillon et à passer directement au propos principal. Tiens, ça me fait penser, je vais déposer une plainte à l’Académie de la langue française pour qu’on cesse d’associer les noms d’oiseaux à des jurons pour les remplacer par des noms de papillons, bien plus signifiants à mon avis. Entre ces deux espèces volantes, vous verrez, une vilenie sans aucune commune mesure émane du papillon.

Il faut bien que je défende ma propre espèce ! Sinon, qui le fera ? Certainement pas le papillon ! Avec toutes mes insultes, sa complicité avec ceux-là mêmes qui m’ont enfilé une camisole au style très peu tendance est fortement suspecte.

Je vous laisse, je dois me moucher… mais comment vais-je bien m’y prendre ?

Photo : planete.qc.ca