Éclipse de quoi ?

C’est la super Lune bleue de sang.

« Super », parce que notre copine céleste est presque à son périhélie (au plus près de la Terre), donc nous la voyons plus grosse que la normale. Oui, la distance dans notre couple n’est pas constante. Parfois elle nous fait la gueule, parfois elle nous câline. « Lune bleue », car on a 2 pleines lunes ce mois-ci. En fait, ça ne veut absolument rien dire en terme astronomique, puisque la construction des mois tels que nous les connaissons relève de la mégalomanie des humains, pas d’un phénomène céleste. Et enfin, la « Lune de sang » se rapporte à sa couleur lorsque la Terre éclipse le Soleil et que la Lune se trouve à passer dans notre ombre, elle se teinte d’une couleur rouge sombre.

On dit « éclipse de Lune », mais la Lune n’est pas du tout éclipsée. C’est toujours le Soleil qui est éclipsé dans notre trip à trois puisque c’est le seul astre des trois à émettre de la lumière. Toutes les vraies éclipses sont donc des éclipses de Soleil. La différence est lorsque la Lune passe entre le Soleil et la Terre ou lorsque la Terre passe entre le Soleil et la Lune.

On devrait plutôt dire « éclipse de Soleil par la Lune » et « éclipse de Soleil par la Terre » pour être exact. Ce qu’on appelle « éclipse de Lune » est en fait une éclipse apparente de Lune, pas une vraie éclipse.

L’autre élément d’importance est la position de l’observateur. Puisque nous restons toujours sur Terre, peu importe le type d’éclipse, nous ne voyons jamais la Terre éclipser le Soleil lorsque c’est elle qui s’invite entre le Soleil et la Lune comme actuellement.

C’est pourquoi, pour plus de précision, nous devrions rajouter le corps céleste d’où l’on observe l’éclipse, car si nous étions actuellement sur Mars, nous ne verrions aucune éclipse puisque l’observateur doit se trouver dans la même ligne de visée que les deux autres corps célestes.

Ainsi, la terminologie exacte de l’éclipse actuelle devrait être « éclipse de Soleil par la Terre vue de la Lune ». Et enfin, ce que nous appelons « éclipse de Soleil » dans notre discours de tous les jours devrait se dire « éclipse de Soleil par la Lune vue de la Terre ».

Puisque les éclipses mettent toujours en jeu trois corps célestes, cette façon de nommer le type d’éclipse ne prête plus à aucune confusion. Le fait que presque tous les humains vivent sur Terre, nous éliminons le corps céleste d’où l’observation a lieu, mais dans un avenir rapproché, lorsque nous aurons colonisé Mars, cette précision deviendra importante.

Là, j’espère avoir réussi à bien vous mêler, mais ce n’était pas mon but. Si nous étions plus précis, plus rigoureux dans notre terminologie, les phénomènes s’expliqueraient mieux et se comprendraient mieux, car nous pourrions nous fier à la terminologie pour comprendre et retenir les explications puisqu’une vraie éclipse de Lune au sens astronomique du terme, ça n’existe tout simplement pas.

Un génie haï et ostracisé

L’histoire nous a fait connaitre des génies peu communs. Toutefois, certains d’entre eux n’ont pas été reconnus comme tels de leur vivant, ou trop peu. Je qualifie quelqu’un de génie lorsqu’un individu a réussi à sortir des sentiers battus, à imaginer autre chose, au-delà des dogmes de son époque. Malheureusement, très souvent, leur existence fut difficile. Elle a été peuplée de railleries, d’insultes de toutes sortes et surtout de dénigrements.

L’un d’entre eux est un génie hors du commun et encore si peu connu. Son nom est Ludwig Boltzmann. Il est né en Autriche en 1844 et est mort en Italie en 1906 lorsqu’il a commis une deuxième tentative de suicide. Elle fut précipitée par ses échanges virulents avec d’autres physiciens. De son vivant, ses travaux n’ont jamais été reconnus.

À son époque, l’existence de l’atome n’était pas encore admise. Elle faisait partie des théories antiques grecques totalement dépassées. On connait la suite. Boltzmann en a été l’un des grands défenseurs. Sa plus grande contribution aux sciences fut certainement d’avoir introduit la physique statistique pour décrire le comportement des gaz. Il offre une nouvelle équation pour décrire l’entropie.

S = k ln Ω. Sur sa tombe est gravée une variante signifiant la même chose, S = k log W

S est l’entropie, le niveau de désordre d’un système ayant une grande quantité d’atomes ou de molécules. Il montre que l’entropie d’un tel système croît de façon permanente et monotone.

Aujourd’hui, la constante k dans ses équations est appelée « constante de Boltzmann » et est l’une des quatre constantes fondamentales de notre Univers. Elle est considérée comme étant la constante de l’information.

En allant voir sur Wikipédia, il est le seul physicien important à n’avoir toujours pas de description de ses travaux, ou si peu ! C’est une honte que plus de cent années après ses travaux, on le néglige encore à ce point. La communauté des physiciens nous prouve une fois de plus que lorsqu’elle décide de détester quelqu’un, elle ne le fait pas à moitié. Boltzmann s’est suicidé à cause d’eux et probablement qu’il en aurait encore envie aujourd’hui.

Déplacer le problème

En politique, l’image est importante et même essentielle. Pour donner une image positive à tout, on utilise à outrance la transposition comme arme de destruction massive de la réalité. La première réalité à éliminer des discours et des déclarations publiques est le mot « problème ».

Ce mot ne me rebute pas comme bien d’autres qui tentent de rayer ce mot de leur dictionnaire. Généralement, j’appelle un chat un chat et je m’oppose à toute tentative de changer les mots dans le but d’édulcorer une situation. Apporter de bonnes solutions commence par prendre le pouls exact et pour ce faire, on ne peut appeler un problème autrement. Toutefois, ce qui constitue un problème pour certains n’en fait pas un pour tout le monde.

La définition première d’un problème dans le Grand Robert est la suivante. « Question à résoudre, point obscur que l’on se propose d’éclaircir, qui prête à discussion, dans un domaine quelconque de la connaissance. » À bien y regarder, je ne vois aucun aspect négatif dans cette définition.

Lisons donc la deuxième définition du mot problème. « Difficulté qu’il faut résoudre pour obtenir un résultat ; situation instable ou dangereuse exigeant une décision. » Ce qui me frappe dans celle-ci est que dans les deux parties de la phrase, le problème exige une solution, une résolution, une décision. Et c’est certainement pourquoi on cherche à faire disparaitre le mot « problème » lorsqu’on ne veut rien déplacer, rien changer.

D’autre part, en inversant la lorgnette, je suis parfaitement conscient que ce mot serve parfois l’opposition ou la presse en engendrant un problème là où l’on veut en faire surgir un. L’usage d’un mot crée une réalité s’il n’est pas corrigé et remplacé par un autre plus « précis » et plus « conforme » à la réalité.

Voici quelques synonymes du mot « problème » : affaire, complication, difficulté, ennui, histoire, incident, os, question, situation, souci, sujet.

Cependant, un vrai problème vécu par un individu n’est pas nécessairement un problème exigeant une résolution par la classe politique. Celle-ci ne peut prendre à sa charge toutes les situations, tous les problèmes de tout le monde. Dans la deuxième définition, un problème est une question à résoudre, mais par qui ?

En politique, compatir ne suffit pas toujours à garder une image propre et positive. Les politiciens doivent constamment faire des choix déchirants puisque leur portefeuille global reste limité et bien souvent leur marge de manœuvre réelle s’avère très mince. Alors, faire disparaitre le problème en faisant disparaitre ce mot semble une approche plus avantageuse que d’expliquer pourquoi le gouvernement ne peut s’attaquer à celui-ci, soit parce qu’il ne lui appartient pas de s’en occuper, soit parce qu’il doit s’en tenir à utiliser ses ressources pour réaliser ses promesses électorales. Je m’oppose à cette suppression afin d’éviter l’explication.

L’inaction politique engendre parfois des situations de crise dont leur résolution coûte une fortune à la société. On se demande alors pourquoi nos politiciens n’ont rien fait pour éviter cette crise. Poser la question à savoir si la situation était évitable ne suffit pas. Il faut aussi se demander si elle était du ressort du gouvernement, si elle était prévisible, raisonnablement plausible, si son existence avait été portée à la connaissance des décideurs avec clarté et précision, si la société avait les moyens de l’éviter et si des ressources étaient disponibles. La négligence, c’est d’avoir répondu par l’affirmative à ces six questions et de n’avoir jamais rien fait. Chaque politicien devrait comprendre ce principe et également tous les citoyens. On devrait juger nos élus sur ce genre de bilan.

Il existera toujours des zones d’ombres où ni le oui ni le non n’aurait été la meilleure réponse, car rien n’est jamais entièrement tranché. Cela fait partie du sel de la vie et de la complexité des problèmes que nous avons tous à résoudre.

Pensée dominicale

Nulle personne normalement constituée ne prononce le mot « dyslexique » sans bafouiller.

Est-ce dire que le dyslexique le prononce correctement ?

L’avoir de l’être

Qui dit : « je suis le père de tel enfant » ? Bien peu de gens. On entend : « j’ai un enfant » ou « cet enfant est le mien » ou encore « c’est mon enfant ». La possession. Posséder. Les adjectifs possessifs, les pronoms possessifs. L’avoir de l’être.

Tout ne se résume qu’à posséder. La réussite sociale est pour celui qui en possède le plus. Les avoirs de l’être. On est encore à un cheveu de l’esclavagisme. L’avoir de l’être.

J’ai, donc je suis. La philosophie du possesseur. L’avoir de l’être.

Malheureux de naitre avec dix doigts

Si j’écris 10, et que je vous dis que ce n’est pas un dix, vous me prendriez pour un illuminé. À l’instar de la pipe de Magritte dans son célèbre tableau « La trahison des images » qui n’est pas une pipe, mais la représentation d’une pipe, 10 n’est pas un dix, mais une représentation de plusieurs nombres possibles dont l’une est un dix.

J’étais en sixième année du primaire lorsqu’on m’a enseigné pour la première fois le principe mathématique des bases. Nous partions de la prémisse que nous rencontrions des extraterrestres à huit doigts et qu’ainsi, eux ne comptaient pas dix symboles différents pour écrire les nombres, mais seulement huit en incluant le zéro. Donc, au-delà de sept, il fallait comprendre que nous devions travailler à deux chiffres, comme lorsqu’on arrive au-delà de neuf dans le système décimal. En écrivant 10 (lire un, zéro), ça ne valait plus dix, mais bien huit. Et on poursuivait sur cette lancée, 11 (lire un, un) valait neuf, 12 (lire un, deux) valait dix, etc. En changeant de la base 10 à la base 8, on réapprenait comment on écrit symboliquement les nombres. J’étais loin de me douter que je retrouverais cette base 8 bien plus tard en informatique et que 10 (lire un, zéro) serait effectivement la représentation octonumérique du nombre huit.

L’humain est né désavantagé. Il a été conçu avec dix doigts plutôt que huit. Ainsi, la base décimale (base 10) est devenue sa principale façon de compter. Nous utilisons dix chiffres différents, dix symboles distincts en commençant par le 0 jusqu’au 9. Pour compter au-delà de neuf, on doit utiliser deux symboles dont la position de chacun par rapport à l’autre définit une valeur différente. On sait tous que l’écriture décimale du nombre dix s’écrit 10. Le 1 ne vaut plus un, mais dix, et le 0 signifie qu’on additionne zéro à dix. Et une fois ce concept compris et maitrisé, nous sommes en mesure d’écrire n’importe quelle valeur numérique à partir de seulement dix symboles différents.

Si l’humain était né avec huit doigts, il aurait été avantagé au moment de traiter l’information sous forme binaire, car huit est une puissance du chiffre deux, deux étant la quantité maximale de symboles différents utilisés dans un compte binaire que traite un ordinateur conventionnel, soit le zéro et le un.

Si nous avions eu seulement huit doigts, symboliquement, 10 vaudrait huit plutôt que dix. Ainsi, le système octal à huit symboles ou le système hexadécimal à seize symboles utilisés en électronique de l’information nous auraient posé moins de problèmes de compréhension puisque huit et seize sont tous deux des puissances de deux. 2 x 2 x 2 = huit et 2 x 2 x 2 x 2 = seize, mais dix n’est pas une puissance de deux.

Ainsi 10 (un un suivi d’un zéro) vaut deux en binaire (base deux), vaut huit en octal (base huit), vaut seize en hexadécimal (base seize) et il vaut dix lorsque les créatures naissent malheureusement avec dix doigts.

Boucles

Je ne suis pas un adepte des nœuds papillon. Ça me donne un air d’architecte. Je n’ai rien contre ces gens, je les trouve juste un peu coincés. C’est normal, les boucles servent à serrer, à emballer les cadeaux, les boites de chocolat par exemple, mais autour du cou, je me demande pour qui je suis censé être un présent. Un présent du passé, un présent périmé. Du chocolat avec du blanc sur le dessus, durci et rance. Je ressemble à un pingouin. Est-ce qu’on dit aux pingouins qu’ils ressemblent aux architectes en costard ?

Je me regarde dans la glace sans vraiment me voir. La boucle de ma vie est bouclée autour de mon cou, bien serrée. J’étouffe un brin, mais on s’habitue à se sentir étouffé. Je me regarde sans vraiment me voir. L’histoire de ma vie. Les revers en satin, ça a de la classe. On les remarquera plus que moi ce soir. Une bonne chose, les revers. J’en sais un brin sur le sujet.

Je choisis mes mouchoirs. Je les place stratégiquement dans les poches de mon habit. Celui-ci, en pure soie, pour une éventuelle dame en pleurs, en pleurs pour quelqu’un d’autre que moi. Il va dans la poche intérieure du veston pour l’élégance du geste lorsque je le tire pour le tendre, à la tendre, avec tendresse, à défaut d’autre chose. Le second, en coton, dans la poche gauche du pantalon, il jouera son rôle à la perfection. Le troisième, dans l’autre poche à droite. Vous saurez bientôt. Enfin le dernier, pour rehausser la pochette à bristols vide de bristols. Je le laisse dépasser un peu négligemment, ma seule excentricité de la soirée. Il se marie à la boucle, évidemment. La boucle et son mouchoir, le couple ringard du costard.

Je vais serrer des mains. Elles seront froides ou tièdes, molles ou énergiques, moites ou sèches, dédaigneuses ou franches. J’essuie toujours ma main avec le mouchoir dans la poche droite du pantalon avant de la présenter. Je la veux chaude, sèche et énergique, relents de mon passé. Je l’essuie également après l’échange, sans rien laisser paraitre, caprice de mon hypocondrie.

Je garderai mon air un brin renfrogné. Les gens m’ont toujours connu ainsi. Pour les autres, ils me connaitront toujours ainsi. Calme, sérieux, renfrogné et observateur. Quand j’observe, les gens le ressentent. Ils se retournent, cherchent, questionnent du regard. Je détourne alors le mien pour qu’ils ignorent la source de leur malaise, pour qu’ils m’ignorent. Quant à moi, j’ignore, j’ignore pourquoi mon regard se matérialise sur leur cou. Le mien reste protégé sous ma boucle. Aucune chance que le regard des autres me fasse le même effet. C’est bien de se sentir un peu étouffé, à l’étroit. Une bonne préparation pour rencontrer les spécialistes de l’étouffement et de l’étroitesse d’esprit.

J’enfile mes souliers vernis, eux aussi veulent leur boucle bien bouclée, bien serrée, qui restera bouclée toute la soirée, à l’instar de ma bouche. Je ne porterai aucun commentaire. Toute la soirée, je la garderai bouclée. Plus jeune, j’avais le commentaire facile. J’étais jeune et j’ignorais les avantages de la garder bouclée. Je sais maintenant qu’il faut parler seulement sous la torture. Et encore, seulement si la torture porte une jolie robe.

La faiblesse d’un homme, une robe de la grandeur de mon mouchoir de poche avec une belle boucle au dos. Comment faire pour la déboucler ? Je n’ai pas le choix, je ne peux la garder bouclée. Je devrais au moins lui faire un petit compliment. Que vous avez de jolies boucles ! Et la façon dont vous les portez, avec tant de naturel et d’élégance ! Que je la boucle ? Facile, vous n’avez qu’à tirer sur la boucle. Sur la mienne ? Commencez par tirer sur la vôtre, je saurai bien m’occuper ensuite de la mienne.

De l’hiver, de nids de poule et d’automobile

Cet hiver à Montréal, la température joue aux montagnes russes. Un jour il gèle à pierre fendre, le lendemain il pleut des cordes et le surlendemain le froid polaire rebute jusqu’au plus inuit de mes frères. Le mercure a besoin de lithium et moi d’antidépresseurs. L’eau de fonte s’infiltre dans les moindres interstices, puis la nuit venue elle congèle, faisant craquer le fondement des rues. La ville a les hémorroïdes et moi j’ai les blues.

On m’a déjà dit qu’il faut voir le positif dans toute chose. J’ai donc cherché à savoir comment je pouvais être heureux de faire réparer ma suspension d’auto qui a couvé dans un nid de brontosaure, qui a fait une indigestion et a renvoyé tout un tas de boulons au beau milieu du stationnement, bloquant ainsi la voie à l’auto de mon voisin en furie de ne pas entrer sa voiture dans le garage, qui demain devra gratter comme un dingue pour retirer le centimètre de verglas collé à la grandeur de sa carrosserie.

Je le vois là, par la fenêtre, appeler son avocat ou bien son cousin videur de bar. D’après les expressions faciales, le doigt en l’air et l’honorable bras qu’il m’adresse, je mise sur le cousin. Eh! merde! Mon assurance dentaire est échue! Y a pas quelqu’un qui voudrait une Honda Civic? Je vous la laisse, pas cher, pour le prix des pièces qui sont déjà détachées. Mais faites vite, vous avez jusqu’à 3 h du matin pour la récupérer. Après, ne vous présentez pas chez moi ni à la fourrière municipale. Si vous êtes toujours intéressé, rendez-vous plutôt à l’urgence de l’hôpital le plus proche et demandez à voir le patient avec une portière prise en travers de la gorge. Pour le reste, il faudra attendre que les suppositoires fassent effet.

Et le positif dans tout cela ? Je l’ai trouvé. Pas très loin du négatif sur la batterie qui refuse obstinément de faire démarrer ma casserole. Je vous recommande d’apporter une bouteille d’acide sulfurique parce que l’urine ne semble pas suffisamment acide pour lui redonner le pep d’antan.

Mais le vrai positif dans tout cela, c’est que je vais vous faire bénéficier d’un bon deal. Quant à moi, je vais cesser de m’esquinter à réparer ce tas de ferraille. Avec l’argent de la vente, je pense m’acheter un petit Cessna usagé. Ça vous dirait de faire un tour ?

Extinctions et cycles

Il y a environ 252 millions d’années survenait la pire extinction de masse de l’histoire de la Terre, l’extinction Permien-Trias (P-Tr). Non, ce n’est pas celle correspondant à la disparition des dinosaures survenue voilà 66 millions d’années. C’est une autre et elle fut pire encore.

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Si la cause de l’extinction Crétacé-Tertiaire (K-T), celle des dinosaures, est bien connue et généralement acceptée de la plupart des scientifiques, la bougie d’allumage de l’extinction du Permien-Trias (P-Tr) est beaucoup moins consensuelle. La chute d’une météorite est également évoquée pour expliquer pourquoi 95 % des espèces marines et 70 % des espèces terrestres ont disparu de la surface de la Terre puisque cette cause restera toujours la plus facile à démontrer.

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On dénombre six extinctions massives incluant celle sévissant actuellement qui est causée par les activités humaines. Mis à part cette dernière dont la cause est unique, on dénombre 25 extinctions importantes ou massives depuis les 540 derniers millions d’années.

Les effets occasionnés par une météorite géante tombant sur la Terre sont assez bien connus. Des simulations numériques nous montrent la puissance d’un tel événement et l’étendue planétaire des dégâts. Des tremblements de terre de force 11 et des tsunamis géants ravagent la planète. Ensuite, la flore s’embrase puis disparait lorsque les retombées incandescentes font le tour de la terre. Puis l’hiver permanent prend la relève lorsque des centaines de volcans éperonnés par les séismes crachent sans relâche leurs éjecta de poussière durant des décennies. Ils saturent l’atmosphère d’acide sulfurique qui change drastiquement le pH des cours d’eau et des océans, tuant pratiquement toute vie sur Terre.

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Cependant pour valider l’hypothèse d’une météorite, il faut retrouver le lieu d’où la catastrophe s’est produite. On doit donc chercher un astroblème pouvant être daté de cette époque et suffisamment grand pour correspondre à la taille d’une cicatrice laissée par un caillou céleste ayant causé cette hécatombe. Selon la nature du sol, un astroblème fait de 10 à 20 fois les dimensions de la météorite.

Le diamètre minimal de l’astéroïde tueur devrait au moins être l’équivalent de celui ayant fait disparaitre les dinosaures, c’est-à-dire 10 km. Cependant, puisque l’ampleur de l’extinction est bien plus importante, cette estimation est jugée minimale par plusieurs scientifiques. Certains parlent plutôt d’une météorite faisant 45 kilomètres de diamètre. Elle pourrait être tombée en Antarctique où une anomalie gravitationnelle de 600 km de diamètre a été décelée.

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Si l’hypothèse de la météorite s’avère probable et plutôt pratique pour expliquer l’extinction Permien-Trias, on ne peut exclure d’autres causes dont certaines peuvent être cycliques. Par exemple, une autre extinction de masse, la deuxième en importance, s’est produite voilà 485 millions d’années. C’est l’extinction de l’Ordovicien-Silurien (O-S). La différence est de 233 millions d’années avec la suivante, moins de 10 % par rapport à 252 millions d’années. Et fait troublant, notre Soleil se déplace dans la Galaxie. Il tourne autour de son noyau en 220 ou 250 millions d’années. Ce chiffre est difficile à préciser, mais il correspond au 233 millions à 252 millions d’années.

J’ai ensuite calculé la différence moyenne de temps entre deux extinctions en utilisant la liste des 25 plus importantes disparitions recensées jusqu’à maintenant. Un cataclysme planétaire survient en moyenne à tous les 26 millions d’années. Il semble donc qu’un cycle existe réellement pour expliquer la majorité des extinctions survenues sur Terre.

SoleilPlanGalactique

Je me suis rappelé avoir appris que le Soleil oscille de haut en bas autour du plan galactique, passant en dessous puis revenant au-dessus selon un cycle d’environ 30 millions d’années. Toutefois, ce chiffre est entaché d’une marge d’erreur importante. En admettant que ce mouvement oscillatoire prenne 26 millions d’années plutôt que 30 millions, ce chiffre correspondrait très bien à la moyenne des extinctions importantes survenant sur Terre.

Ainsi, quelque chose se produirait lorsque la Terre passe à une certaine hauteur par rapport au plan galactique. Ce pourrait être une bouffée de rayons gamma, car l’atmosphère terrestre est fortement perturbée lorsqu’elle est attaquée par ces rayons énergétiques. La couche d’ozone disparait et sans elle, les rayons gamma attaquent tous les êtres vivants de la planète, causant des extinctions massives. Malheureusement, si les rayons gamma en sont la cause, il n’en reste plus aucune trace. Cette hypothèse ne pourra être validée que lors de la prochaine catastrophe !

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Voilà donc une autre menace à rajouter à notre calendrier des événements catastrophiques à survenir. Comme quoi il est dangereux de vivre dans notre Galaxie. Pourtant, elle semble bien plus sûre que d’autres univers-iles ayant un noyau très actif alors que le nôtre est en dormance.

La météo actuarielle

Enfin ! Les actuaires canadiens se sont jetés à l’eau dans le débat sur les changements climatiques. Ils espèrent montrer une image neutre et factuelle des tendances. En utilisant les données de la NOAA, ils ont tout particulièrement remarqué que depuis 1990 le climat a une tendance marquée à excéder les normales. Ils ont développé un indice qu’ils nomment « indice actuariel climatique » et depuis 2016, celui-ci démontre clairement une augmentation graduelle de la météo extrême.

Je vous en parlais dans deux de mes articles précédents, « Dérèglement climatique – vers le pire » et « Le silence pour contrer les dérèglements climatiques ». On ne peut pas constamment battre des records de températures, même si les normales restent à peu près les mêmes sans qu’il y ait dérèglement du climat. Les actuaires me donnent enfin raison et je les encourage vivement à poursuivre leurs études puisque leur expertise avec les chiffres finira peut-être enfin à enfoncer le dernier clou dans le cercueil des climatosceptiques.

Photo : ici-radio-canada.ca

Dégustation de scotches

Hier, j’ai été invité à une dégustation de scotches au restaurant Les Cavistes dans le quartier Ahuntsic à Montréal. Nous avons eu droit à sept scotches différents, la plupart agrémentés de bouchées d’accompagnement s’accordant avec les flaveurs du scotch. Fumé, iodé, fruité, floral, terreux, boisé ou goudronné, la sélection de scotches était variée ainsi que les bouchées d’accompagnement. Chaque scotch était servi pur comme il se doit dans un glencairn et les portions étaient plutôt généreuses pour une dégustation. On peut rajouter une larme d’eau (2 à 3 gouttes) à certains scotches afin de faire éclater les odeurs et les saveurs lorsqu’elles refusent de se livrer à l’état pur. Cependant, je déconseille ce procédé pour les scotches plus éthérés, car l’eau les tuera.

Nous étions environ une trentaine et l’atmosphère était agréable, conviviale, sans guindage. Pourtant, tout au long de la dégustation, notre hôte nous a abreuvés d’informations pertinentes sur l’histoire des scotches, des régions, des procédés de fabrication et des particularités de chacun des alcools en vedette.

Ayant un assez long historique avec le scotch, je me suis pourtant fait surprendre à cinq reprises par des bouteilles qui m’étaient inconnues. Je recommande cette dégustation pour ceux et celles qui aiment déjà cette boisson, pas nécessairement aux néophytes en la matière qui chercheraient à savoir s’ils peuvent aimer le scotch. Mais ce qui compte réellement, c’est votre degré d’ouverture et votre plaisir gustatif face aux alcools forts.

Merci à ma partenaire de scotch pour cette très belle expérience.

Retour des animaux géants ?

Lorsque les proportions de la faune étaient gigantesques, entre autres comme dans le temps des dinosaures, les températures extérieures étaient nettement supérieures à celles d’aujourd’hui. Avec le réchauffement du climat, peut-on s’imaginer que la sélection naturelle privilégiera les animaux plus volumineux ? Sans l’influence de l’humain, il est fort probable que les dimensions s’accroitraient. Le problème est que les animaux géants ont besoin d’une plus grande quantité quotidienne de nourriture. Avec la déforestation généralisée, les herbivores n’y trouveraient pas leur compte. Et sans herbivores énormes, point de carnivores géants.

Sans nécessairement retrouver les monstres d’antan, il est toutefois possible que les dimensions des animaux s’accroissent. Pourquoi ? Pour évacuer la chaleur corporelle. Lorsque le différentiel entre la température corporelle interne et la température ambiante diminue, les animaux à sang chaud ont besoin d’une plus grande surface de peau pour réguler efficacement leur métabolisme. Et qui dit surface de peau accrue, dit proportions accrues.

Le problème est que si la nourriture supplémentaire vient à manquer, et elle va manquer, il y aura un déséquilibre qui entrainera la disparition des animaux. On peut donc s’attendre à une autre hécatombe occasionnée par la hausse des températures globales et l’impossibilité d’équilibrer la surface corporelle à cette nouvelle réalité.

On est en droit de se demander ce qu’il adviendra de l’humain. Serons-nous obligés de croitre pour les mêmes raisons ? C’est possible, mais pas certain. Avec tous nos climatiseurs, la pression pour augmenter notre surface corporelle sera amoindrie, sinon éliminée. L’inverse serait même possible puisqu’une personne de moindre taille a besoin de moins de nourriture, moins de protéines pour survivre.

Pourquoi je parle de notre survie ? Parce qu’il y a beaucoup trop d’humains sur la planète et la population ne cesse de croitre. L’apex n’est pas très loin et lorsqu’il sera atteint, on verra une dégringolade. Comment ? J’ai ma petite idée, mais ce sera le sujet d’un prochain article.