Temps de qualité

Le monde change et le langage par le fait même. Auparavant, on n’utilisait jamais l’expression « se donner du temps de qualité ». Se donner du temps suffisait et par la suite on savait quoi faire. La qualité était intrinsèquement incluse dans le temps qu’on se donnait, parce qu’on avait peu de temps libre. On le planifiait comme une chose précieuse, et justement, il l’était.

On n’a peut-être pas la société de loisirs qu’on prédisait pour tous, mais plusieurs personnes l’ont très certainement et osons imaginer qu’ils sont à l’origine de l’expression « se donner du temps de qualité ».

Voici pourquoi la Terre n’est pas creuse

Certains conspirationnistes en mal de sensations, mais surtout d’attention crient haut et fort que la Terre est creuse. Une fois encore, ces individus auraient eu intérêt à rester en classe et à écouter leurs profs plutôt que de sécher leurs cours. Ils auraient dit moins d’âneries.

Évidemment, la Terre recèle des grottes, mais ces petites cavités tout juste sous la surface ne font pas une Terre creuse, tout comme nos pores de peau ne font pas de notre corps un objet creux.

Nous savons avec certitude que la Terre n’est pas creuse et nous n’avons pas eu besoin de creuser pour le prouver. Les tremblements de Terre permettent de le savoir avec grande précision. Les ondes sismiques se déplacent à des vitesses différentes dans l’air, dans le magma et dans un corps métallique solide.

En mesurant les temps qu’un séisme met à traverser la Terre dans différentes directions, on peut connaitre la nature de son contenu. Et devinez? Les ondes ne traversent pas de vastes régions vides de matière solide sinon les temps de propagation auraient été plus importants.

Cette méthode nous a même permis de savoir qu’au cœur de la Terre se trouve une graine solide (noyau interne) et on a même mesuré ses dimensions, 1278 km. Personne n’a eu besoin de creuser à la pelle pour découvrir comment la Terre est constituée.

Les autres couches de la Terre sont le noyau externe, le manteau inférieur, le manteau supérieur et enfin la croûte, toutes avec des propriétés de propagation sonore différentes. Ces connaissances ne sont pas des délires de géologues qui se sont levés un beau matin en se disant: «Tiens, aujourd’hui, pourquoi on n’inventerait pas un contenu à la Terre?» Ce sont des faits avérés par des méthodes scientifiques éprouvées.

Chaque fois qu’un tremblement de terre secoue notre planète, les sismographes disséminés partout sur la surface solide de la Terre permettent de nous faire connaitre son contenu interne et ses dimensions avec grande précision. À chaque séisme, encore et encore et encore et enc…

Forget Hortensia

Mon article de ce matin se veut un peu particulier, car je veux souligner l’anniversaire de naissance de mon agente et amie Johanne. Je ne vous révèlerai pas son âge, mais je peux vous dire que ça rime avec « agente ». Oui, elle change de décennie pour adopter la même que la mienne. Elle a fini de me faire suer avec ma …taine.

Je ne vous ai pas encore dit qu’en plus de m’endurer comme écrivain, elle parvient même à le faire lors d’activités sans rapport avec l’écriture, comme le cinéma, la dégustation de scotches, la musique classique et quelques autres passions que nous sommes capables de partager sans nous entretuer.

Oui, vous vous dites qu’avec mon excellent caractère, ce n’est pas le mien qui causerait de telles étincelles et je vous remercie d’aussi mal me connaitre. Qu’importe, elle m’est chère et c’est la raison pour laquelle je tenais à souligner sa toute nouvelle vieillesse.

exquis-sur-la-route-Baie-Saint-Paul-LaMalbaie.jpgPuisque son travail exige qu’elle lise tout ce que j’écris afin d’intercepter mes niaiseries avant qu’elles n’aient fait trop de dommages, elle devrait être en train de lire cet article. Tant mieux pour elle si j’ai raison, et tant pis si elle a décidé que le jour de son anniversaire, elle prenait congé de son écrivain favori et le plus talentueux, car je vais vous expliquer la raison du titre de cet article.

Il ne s’agit pas du titre d’un film en anglais, quoi que je trouve que ça sonne plutôt bien. Je devrais le mettre en banque pour un autre projet. Une marque de scotch ? Une prononciation pas vraiment gaélique, pensons à autre chose. Un titre de musique classique alors. Hum, ça commence à s’échauffer un peu plus.

Il existe un endroit étonnant au Québec où paysages bucoliques et musique classique sont réunis de façon vraiment exceptionnelle. Un tout petit village en suspension entre ciel et mer, entre la montagne et le fleuve Saint-Laurent, son nom est Saint-Irénée. Dans ce magnifique lieu champêtre existe une académie internationale pour jeunes musiciens de talents désirant se perfectionner auprès de maitres de grande renommée. Pour leur permettre de démontrer leur brio, une superbe salle de spectacle à l’acoustique irréprochable se dresse sur les terres du domaine Forget.

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Nous irons nous promener cet été dans cette magnifique région de Charlevoix afin de profiter des multiples douceurs que nous offrent les différents lieux d’intérêt et, bien évidemment, assister à un concert. Je connais aussi un couple dont l’un est artiste-peintre et l’autre potière qui réalisent des œuvres magnifiques. J’ai bien hâte de les revoir.

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Et pourquoi Hortensia dans le titre ? C’est le nom d’une auberge où nous passerons une nuit pour l’occasion.

Alors, bon anniversaire, ma chère Johanne, profite bien de ta journée. Ah, t’ai-je avisé que je t’invite chez moi pour souper ? Hé, maudite mémoire ! Ça ressemble à ça quand on a mon âge. Ha ! Ha ! Ha ! Ton âge, maintenant.

Vivre à l’envers

Jeune, je voulais vivre ma vie à l’envers des autres. Quand ma mère m’a demandé ce que je voulais dire, je lui ai répondu :

« Je veux commencer par mourir jusqu’à ma naissance, puis rester vivant tout le reste du temps. »

Bloguer, twitter, de kessé ?

En ce qui concerne le média, j’utilise l’orthographe « blogue » acceptée dans le Grand Robert. Rendre français un terme d’une autre langue avec une orthographe plus proche de l’orthographe des mots français se fait depuis toujours.

Quant au verbe, lorsque j’écris un roman, je ne romance pas,  j’écris. Le verbe existe, mais sa signification est différente. Quand j’écris des poèmes, je ne poétise pas, j’écris. Quand j’écris des essais, je n’essaye pas, j’écris. Quand j’écris dans un journal, je ne journalise pas, j’écris. Quand j’écris des pièces de théâtre, vous aurez compris que je ne piècedethéâtrise pas. Et quand j’écris un article de blogue, j’écris aussi. C’est tellement plus simple. Je publie un article sur mon blogue. Évidemment, avant de le publier, je le compose, je le révise, je le corrige. Ces mots existent et je ne vois aucune utilité à trouver d’autres termes à chaque fois qu’un nouveau média fait son apparition dans nos vies. Un néologisme francisé pour les noms communs définissant le média utilisé, c’est parfait. Mais les verbes d’action, de grâce, retenons nos ardeurs ! Ça reste toujours un travail d’écriture, rien de plus. On peut aussi coder, crypter et encoder si on écrit en morse ou en java ou en TSQL ou en hiéroglyphes. Cependant, on n’a jamais morsé, javanisé, tsqlisé  ou hiéoréglyphisé.

La même confusion s’est produite avec les « alunissages ». Quand on va sur Mars, sur Vénus, sur Phobos ou sur la Lune, on atterrit. On ne marsit pas, on ne vénusit, comme on ne devrait pas plus phobosir. Le verbe alunir et son nom commun alunissage peuvent se comprendre, car c’était la première fois que l’humanité atterrissait sur un autre astre. Mais si on est obligé d’inventer un nouveau verbe et tous ses dérivés et conjugaisons à chaque astre sur lequel on va poser un objet ou nos pieds, on n’a pas fini d’inventer des mots inutiles.

Donc, j’écris toujours dans ou sur quelque chose. Il ne me reste plus qu’à nommer le média. Nouveau média ? Nouveau nom commun, that’s it. Pas nécessaire d’inventer des verbes avec toutes ses conjugaisons et dérivés.

Je ne twit, twite, twitte, tweet, tweete, ou touitte pas. J’écris sur mon fil Twitter. Et puisque Twitter est une marque de commerce, pas un nom commun ni un verbe, aucune traduction n’est nécessaire. On peut aussi gazouiller, faire des gazouillis si on est un gazouilleur. Ces mots existants peuvent parfaitement s’appliquer au fait d’écrire sur un fil Twitter.

Donc, puisque je tiens un blogue, suis-je un blogueur ? Le Grand Robert le reconnait, car  il n’existait aucun équivalent. C’est comme dire que je suis un rocker parce que je joue de la musique rock. Cependant, il n’existe pas des mots pour chaque style musical. Reggaeur, classiqueur, r&beur, souleur, musiquedascenseureur ou jesaispasdansquelcatégorieclasserceluilaeur n’ont jamais existé. Je ne suis donc pas obligé d’inventer une profession à chaque média différent.

Il ne faut pas se tromper, je suis le premier à demander des néologismes en français dans le monde de la technologie, mais pas au détriment des règles de la composition des mots en français. Cependant, on cherche à imiter les anglos qui rendent commun la moindre marque de commerce et de dériver tous les adjectifs et verbes, comme si écrire n’existait plus à partir du moment où on le fait sur son compte Twitter, ou sur la FaceDeBouc ou lorsqu’on envoie un texto.

Alors, calmons nos ardeurs sur les verbes néologiques inutiles et continuons simplement d’écrire puisque c’est exactement ce qu’on fait et qu’il n’existe pas de verbe plus précis qu’« écrire » pour désigner ce qu’on fait quand on « écrit ». Par contre, enrichissons notre vocabulaire en ajoutant des mots français pour désigner les différents médias.

Je termine sur l’horreur suivante, le verbe « googler » pour montrer l’imbécillité de la chose en ce qui concerne les mauvais et inutiles verbes. Je garde pour moi la marque de papier que j’utilise lorsque je vais au petit coin et j’évite surtout d’en faire un verbe. Je continue toujours à me tor…dre en deux quand j’entends « j’ai googlé ».

L’estomac, en vieillissant, c’est pas drôle

Jeune, on a un estomac d’enfer. Vieux on a l’enfer dans l’estomac.

Jeune, on sent qu’on a toujours l’estomac dans les talons. Vieux on sent qu’on a toujours un talon sur l’estomac.

Jeune, on revient tellement rapidement d’une cuite ! Vieux, la cuite revient tellement rapidement !

Jeune, une baguette de pain, c’est rien de moins qu’un cure-dent ! Vieux, si au moins la baguette de pain n’avait pas été plus grosse qu’un cure-dent !

Jeune, on voudrait dévorer un ours pour déjeuner. Vieux, l’ours ne voudrait même pas nous dévorer pour déjeuner.

Jeune, on croque des pommes à pleine dent. Vieux, sa dernière dent peine à manger de la compote de pommes.

Jeune, on fait disparaitre les problèmes intestinaux avec un rot, un pet, et voilà, c’est fini. Vieux, on rote et on pète à l’infini, mais voilà, sans faire disparaitre ses problèmes intestinaux.

Jeune, on s’enferme, on boit seul toute une bouteille de fort et là on se sent bien. Vieux, on sent si fort qu’ils veulent nous enfermer seul dans une bouteille pour ne plus rien sentir.

Photo : www.farmaciata.ro

Nommer les nombres jusqu’à 1000 decilliards

Dans l’article précédent, nous avons vu comment le mot billion s’est créé à partir de la valeur million de million (bi-llion), ainsi que le mot milliard qui se situe entre million et billion et qui vaut 1000 millions.

La règle est claire et peut s’étendre aux valeurs plus grandes. Millier de million de million se nommera billiard tandis que million de millions de millions se nommera trillion (tri-llion).

Cette façon de construire des noms de quantités se poursuit aussi loin que nécessaire avec trilliard, quadrillion, quadrilliard, quintillion, quintilliard, sextillion, sextilliard, septillion, septilliard, octillion, octilliard, nonillion, nonilliard, decillion, decilliard…

En changeant de mot à chaque fois qu’une valeur est plus grande ou égale à 1000 on évite de trainer un nombre de plus de 3 chiffres. Donc, une fois rendu à 999, on évitera de dire 1000 en changeant les termes se terminant par -llion par -lliard ou ceux se terminant en -lliard en -llion de l’échelon supérieur.

Maintenant, on peut connaitre précisément le nom d’un nombre sans recourir au dictionnaire en connaissant les échelons définis par le préfixe et le multiplicateur en utilisant le suffixe.

1er échelon mi + llion vaut 1000 milliers ou 106
                      mi + lliard vaut 1000 millions ou 109
2e échelon bi + llion vaut 1000 milliards ou 1012
                    bi + lliard vaut 1000 billions ou 1015
3e échelon tri + llion vaut 1000 billiards ou 1018
                    tri + lliard vaut 1000 trillions ou 1021
4e échelon quadri + llion vaut 1000 trilliards ou 1024
                    quadri + lliard vaut 1000 quatrillions ou 1027
5e échelon quinti + llion vaut 1000 quatrilliards ou 1030
                    quinti + lliard vaut 1000 quintillions ou 1033
6e échelon sexti + llion vaut 1000 quintilliards ou 1036
                    sexti + lliard vaut 1000 sextillions ou 1039
et ainsi de suite.

On remarque que chaque échelon a 2 suffixes possibles, -llion et -lliard
Chaque préfixe en caractères italiques correspond à son échelon :
bi pour 2e; tri pour 3e;… septi pour 7e; octi pour 8e; noni pour 9e; deci pour 10e

Voilà, vous savez maintenant nommer tous les nombres en français de un jusqu’à mille decilliards ou 1066. C’est le nombre 1 suivi de 66 zéros. Pas mal, non?

Du billion et du capitaine Haddock

Que vaut un billion? En français, le mot «billion» souffre d’une étrange maladie. Il s’est déjà dégonflé de mille fois sa valeur initiale. Dans mon dictionnaire, 1 billion peut donc valoir 1000 milliards, mais aussi 1000 millions. C’est 1000 fois plus petit. Quelle chose extraordinaire pour un mot désignant une valeur censée être parfaitement précise! Toutefois, le problème vient d’un usage abusif de ce mot. Voici l’explication de cette étonnante aberration.

Au XVe siècle, un certain Jehan ADAM est le premier (un autre! décidément!) à donner un nom à la valeur 1 million de millions. Puisque le mot million revient deux fois, il nomme ce nombre «bymillion» qui donnera par la suite le mot «billion». Il en profite donc pour pousser le concept plus loin en donnant des noms différents chaque fois qu’on multiplie 1 million aux précédents. La valeur 1 million de millions de millions s’appelle 1 trimillion qui donnera le mot trillion et ainsi de suite. La logique est excellente et parfaitement compréhensible.

Mais certains scientifiques des siècles ultérieurs ont un problème à résoudre que cette nomenclature laisse en plan. Ils ont besoin d’un nouveau mot, non pas seulement pour des multiples de 1 million, mais aussi pour des multiples de 1000. Ainsi, entre 1 million et 1 billion, ils veulent un mot pour la valeur 1000 millions. Et c’est là où tout part en vrille. Plutôt que d’inventer un nouveau terme, ils recyclent un mot déjà existant, mais très peu utilisé, je vous le donne en mille (wow!), eh oui! c’est le mot «billion».

Et voilà comment un mot inventé parfaitement bien construit désignant une valeur numérique précise a vu sa valeur coupée par mille.

Cette fois-là, la langue française garde ses culottes bien attachées et refuse le changement malgré l’usage et considère celui-ci comme étant de mauvais aloi. Billion continuera de valoir 1 million de millions. De toute façon, au XVIe siècle, un certain Peletier avait déjà inventé le terme «milliart», aujourd’hui «milliard», pour désigner le millier de millions.

Cependant, les anglophones continuent d’utiliser le terme chapardé «billion» pour nommer le milliard. Et c’est pourquoi aujourd’hui, 1 billion francophone est 1000 fois plus grand qu’un billion anglophone. Donc, ne vous fiez jamais à un anglophone s’il dit vous devoir «one billion dollars» et qu’il vous doit en réalité «un billion de dollars».

En résumé, en français, la bonne façon de dire «mille millions», c’est «un milliard ». Et «un million de millions », c’est «un billion »… ça équivaut aussi à «mille milliards».

Le capitaine Haddock le savait parfaitement lorsqu’il jurait en disant «mille milliards de mille millions de mille sabords». Il aurait pu écourter son juron en disant «mille milliards d’un billion de sabords».

Andromède, une galaxie perturbée

La galaxie d’Andromède est un objet intéressant à plus d’un titre. Tout d’abord, c’est l’objet le plus éloigné que nous pouvons voir à l’œil nu, soit 2,5 millions d’années-lumière. C’est aussi la seule galaxie visible à l’œil nu, si nous excluons, bien entendu, la Voie lactée, notre Galaxie.

L’autre point intéressant est que les deux galaxies, la Voie lactée et Andromède, se percuteront dans environ 4 milliards d’années. Lorsqu’on sait que la Terre s’est formée voilà 4,5 milliards d’années, ça semble loin, mais le résultat de cette collision sera plutôt impressionnant.

Andromède contient un peu plus d’étoiles que notre Galaxie. Toutefois, les astronomes ont noté un fait étrange concernant les étoiles plus vieilles de 2 milliards d’années dans la galaxie d’Andromède. Leur mouvement individuel est chaotique contrairement aux étoiles de la Voie lactée qui tournent bien sagement toutes ensemble autour du noyau. L’explication de ce chaos vient du fait qu’Andromède a subi une collision avec une autre galaxie et pour le prouver, quoi de mieux qu’une bonne simulation numérique.

Dans cette vidéo, vous voyez le résultat simulé de cette collision. On peut s’imaginer qu’un scénario semblable nous attend dans 4 milliards d’années. Chaque petit point jaune est une étoile. Notre Soleil serait éventuellement l’un d’eux.

Place au ballet cosmique !

Parsifal au Met de NY

Ce mois-ci, le Metropolitan Opera de New York a présenté Parsifal de Wagner. Cet opéra marathon de six heures incluant les entractes était conduit par le maestro québécois Yannick Nézet-Séguin dont je vous ai parlé à quelques occasions sur ce blogue. La mise en scène a été confiée à un autre Québécois, François Girard, le réalisateur du film «Le violon rouge».

Le Met Opera est réputé être une institution rodée au quart de tour capable de produire des spectacles grandioses. La critique new-yorkaise se réclame aussi de cet acabit. Dans le journal Times de New York, le réputé critique Anthony Tommasini écrivait sur le travail de Nézet-Séguin, je traduis, « Le maestro livre un Parsifal d’une grande magnificence. La démonstration de sa capacité artistique à soutirer le meilleur d’un orchestre et d’un chœur est un signe encourageant des choses à venir. »

De fait, le maestro québécois a été choisi pour être le directeur attitré du Met Opera à partir de la saison 2020. La récente suspension fracassante du directeur émérite James Levine pour allégations de harcèlement sexuel ainsi que la mort de son remplaçant Robert Rattray à la fin janvier ont laissé vacant le siège du directeur, à la grande frustration du critique qui aurait bien aimé que Nézet-Séguin puisse combler immédiatement le poste inoccupé.

De l’acte II, M. Tommasini parle d’une prestation déchirante entre la musique poignante et la ferveur aiguë. Qu’il n’a jamais entendu ce passage avec autant de tension et de dangerosité.

François Girard signait la complexe mise en scène de cet opéra. Il n’en était pas à ses premières armes puisqu’il avait déjà monté le même opéra au Met en 2013.  L’originalité et la sensibilité du metteur en scène se sont parfaitement harmonisées à la couleur très personnelle que peut insuffler Nézet-Séguin à son orchestre. Le critique new-yorkais parle « d’une sombreur poignante » lorsqu’il parle de la mise en scène de M. Girard. Les deux Québécois ont grandement aimé leur collaboration qualifiée de toujours  constructive et respectueuse.

Pensée dominicale profonde

«Les pensées profondes sont toujours à un cheveu des pensées creuses.»

Je devrais peut-être faire plus attention avant d’écrire la prochaine. J’aurais dû prendre congé. Ma grand-mère avait raison.

— Arrête de dire des niaiseries devant la télé, tout le monde t’entend.

— Je fais mieux, je les écris. Et ce n’est pas une télé, c’est un ordi, mamie.

— Il réussit à voir leur différence de sexe! Dépravé! Jette ça tout de suite!

— Mamie, ça coûte une fortune.

— Justement, les pires vices coûtent la peau des fesses, comme on dit. Notre âme. Entre autres choses.

— Mamie, prends tes pilules et va te coucher. Tu ne connais rien à la technologie.

— Tu sauras mon p’tit gars que dans mon temps…

— Dans ton temps, les seuls boutons qui existaient étaient ceux que vous aviez dans la face… ou… ailleurs et vous les grattiez.

— Quarante-deux.

— Wow! Mamie a lu le «Guide du voyageur galactique»! Et tu l’as aimé?

— C’était le nombre de boutons sur ma robe de mariée. Bien sûr, je l’ai aimée. Par contre, ton grand-père, lui, je l’ai aimé un peu moins. Il faisait comme toi, il parlait tout seul.

— Je ne parle pas seul, j’ai des amis partout sur la planète.

— Ton grand-père faisait exactement comme toi. Il restait toujours en dedans et il parlait à un tas d’amis, surtout quand il buvait. Et il buvait tout le temps. Alors lui aussi, il se faisait une flopée d’amis tout en restant écrasé dans son fauteuil.

*****

Tout cela pour dire que le dimanche, ce n’est pas une journée pour écrire des articles de blogue.

Nibiru existerait vraiment

Planète X, 9, Nibiru, peu importe le nom qu’on lui donne, il semblerait qu’il existe bel et bien dans notre système solaire une autre planète que celles déjà connues.

Et ce n’est pas un délire de conspirationniste. Ce sont deux astronomes très sérieux du Caltech qui font cette constatation à partir du comportement, inexplicable autrement, de certains corps célestes transneptuniens comme la planète naine Sedna. Et ces astronomes ne sont pas les seuls à y croire puisque plusieurs scientifiques avant eux ont ouvert la voie vers cette hypothèse non dénuée de fondements.

Les astronomes du Caltech ont commencé à calculer ses paramètres, sa masse, ses dimensions, sa constitution, sa période de révolution, son inclinaison par rapport à l’écliptique, son orbite ainsi que sa position actuelle. Toutefois, les marges d’erreur sont très importantes dans l’état actuel des choses.

D’une masse comprise entre 5 et 20 fois celle de la Terre, elle ferait le tour du Soleil entre 10000 à 20000 ans et ressemblerait plus à la planète Neptune ou à Uranus qu’à la Terre. Elle serait actuellement à son aphélie, soit à sa plus grande distance de notre étoile. Voilà une des raisons pourquoi elle n’a pas encore été découverte, car elle est très loin, très sombre et se déplace très lentement. Difficile ou impossible de l’observer directement avec nos télescopes actuels. Toutefois, une nouvelle génération de télescopes géants est en construction et verra bientôt le jour. Alors nous aurons peut-être la possibilité de lui tirer le portrait pour la première fois.

Entre temps, les calculs s’affinent et nous saurons probablement dans quelle direction regarder pour la découvrir. En ce moment, les astronomes pensent qu’elle pourrait se situer actuellement dans la constellation d’Orion, de la Baleine ou du Taureau. Ça couvre une méchante grande partie de notre ciel.

Toutefois, tous ceux qui crient que Nibiru va bientôt entrer en collision avec la Terre, qu’on la voit même en plein jour ou qu’on la voit dans le ciel aussi grosse qu’un pamplemousse tenu à bout de bras, ce ne sont que des stupidités d’ignares. Malheureusement, la future confirmation de l’existence de cette planète va enflammer le web sur lequel seront multipliées toutes les âneries possibles et impossibles.

Si la période de révolution de cette neuvième planète est si importante, la Terre et elle se sont toutefois rapprochées beaucoup plus qu’une seule fois sans jamais se percuter. Sans pouvoir l’affirmer avec certitude, il est raisonnable de penser que dans 5000 à 10000 ans, lorsqu’elle reviendra au plus près du Soleil, plus près étant relatif, à son périhélie, la Terre et Nibiru resteront à très grande distance l’une de l’autre.

C’est toutefois un dossier à suivre avec grand intérêt même si notre vie n’en dépend pas.

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