Au fond, c’est de la démagogie

Existe-t-il un point critique au-delà duquel il n’existe plus de retour possible ?

La Nature nous en propose plusieurs au cours de notre vie. Du moins, ce fut mon cas. Elle nous expose à des dangers qui peuvent être évités, gérés ou impossibles à éviter et alors il nous reste à nous mesurer à ses furies, à y survivre ou à périr.

La Nature est excusée d’emblée puisqu’elle est notre maitre absolue. Mais qu’en est-il des individus ? Existe-t-il une limite infranchissable au-delà de laquelle l’acceptation devient impossible ? Ou est-ce que le point critique peut-il toujours être repoussé ?

Parfois, la bonne foi n’est plus suffisante, par exemple quand on est confronté à ne dialoguer que dans une structure à géométrie asymétrique variable, c’est le signe que le point de non-retour amenant inexorablement à un cul-de-sac a probablement déjà été franchi.

La déformation des paroles de l’autre pour lui prêter des intentions inexistantes est le scénario classique. Oublier les paroles que l’autre a prononcées parce qu’elles détruiraient notre thèse est l’autre technique. Refuser de reconnaitre les paroles qu’on vient de prononcer parce qu’elles faisaient partie d’une technique de manipulation qui a avorté ou qui a été détectée est la troisième méthode qu’utilisent ceux qui cherchent par la démagogie à détruire l’argumentation dans un dialogue qui se voudrait à la base réfléchi.

J’ai passé l’âge de jouer à ces jeux. Ils me sont devenus si évidents que cette mauvaise foi est vite détectée et automatiquement renvoyée à la face de son instigateur.

Je remercie tous les gens que j’ai côtoyés durant ma vie. Ils m’ont tous appris quelque chose d’essentiel et cette richesse n’est pas la leur, mais celle qui me revient de droit parce que j’ai fini par comprendre les vérités par moi-même. Aujourd’hui, je suis riche des expériences vécues qui m’ont demandé de réfléchir et j’ai accepté ces défis de vouloir les comprendre.

Avec les années, les diverses situations que j’ai vécues et auxquelles j’ai réfléchi me permettent de reconnaitre plus aisément, entre autres, la démagogie. Vous connaissez, c’est l’art de torturer les événements en les transformant par des arguments fallacieux pour en arriver à créer une réalité qui n’existe que dans la tête de ceux qui la désirent en maniant cet art sublime du faufilage entre les vérités et l’injection propice de mensonges.

Voilà. Ne me testez pas, ou ne me testez plus. J’ai trop vécu pour que vous puissiez escompter me prendre en défaut de compréhension. J’observe, je collige les observations, je les analyse, j’établis une théorie cohérente avec les observations, je la mets à l’épreuve, je ramasse des résultats, je les compare à ma théorie, je vérifie si je dois accumuler encore plus de résultats, dans l’affirmative je rajoute d’autres résultats et j’établis un niveau de confiance entre ma théorie et les résultats obtenus par l’expérience.

Contrairement à ce que plusieurs pensent, l’intuition n’est pas absente de ce processus, mais elle ne s’applique pas partout à toutes les étapes et surtout, elle ne remplace jamais l’ensemble d’un processus analytique. L’intuition s’applique parfaitement lorsqu’il est temps d’élaborer des théories ainsi qu’au niveau d’imaginer des expériences qui pourraient les confirmer ou les infirmer. Bien souvent, sans intuition, tout le monde tourne en rond. Mais dans les étapes de ce processus où on doit laisser la place à la méthode, l’intuition n’a plus sa place. C’est une tentative de court-circuiter la méthode et ça, je ne puis l’accepter, le tolérer et encore moins le cautionner.

Lorsque je sens que ce discours déplait, dérange et finit par déraper avec des gens incapables d’accepter la place nécessairement contingentée et pondérée (je n’ai jamais dit inexistante) que peut et que doit jouer l’intuition dans des processus décisionnels globaux et sérieux, j’ai fini de me battre. Je démissionne, parce que la discussion finit toujours par dévier comme une boule de quilles vers l’un ou l’autre des deux dalots qui, inévitablement, se rapprochent de plus en plus au fur et à mesure que mes arguments prennent de l’importance et deviennent inattaquables. Même un champion aux quilles ne peut obtenir un abat lorsque les dalots finissent par se toucher. C’est ce qu’on appelle un dialogue de sourds. Plus précisément, utiliser des dalots à géométrie variable, c’est exactement ça user de démagogie.

Mon point critique est atteint lorsque des gens se réclamant faire partie des gens intuitifs abusent plutôt de démagogie – étrangement, cette technique n’est pas du tout intuitive, mais pleinement délibérée, comprise et sciemment utilisée –  pour tenter de court-circuiter des méthodes en les remplaçant par des décisions ad hoc dénuées de tout fondement.

L’intangible

On appelait ça du hardware et du software. On n’utilise plus beaucoup ces termes aujourd’hui à l’ère de l’internet et du nuagique. On a toujours un outil matériel qui s’interface avec nous, du moins pour l’instant, mais il s’amincit de plus en plus, au sens propre comme au sens figuré.

 

Pourtant, le hardware vraiment solide existe toujours bel et bien, toutefois, on ne le voit plus vraiment. Il se compose de millions de serveurs répartis dans des fermes possédant entre elles des liens à très haut débit. La redondance est multipliée, alors on ne subit plus jamais de pannes, enfin presque.

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Ces immenses parcs à serveurs nous permettent de partager des données dans nos groupes de travail, de stocker nos photos souvenirs, de conserver les factures de nos achats, etc. Mais tout ce contenu n’est que de l’abstrait. Ce ne sont que des zéros et des uns conservés sous des formes diverses, soit par des domaines magnétiques, soit par un effet capacitif, soit par gravure.

Autrefois, on conservait nos possessions chez soi et elles disparaissaient lors d’un sinistre, d’un vol ou d’une étourderie. Le numérique nous protège de ces problèmes, mais nous en cause de nouveaux.

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Nos systèmes se font pirater, et pas seulement ceux qu’on gère, mais également ceux des grandes entreprises censées s’être prémunies contre les risques de vol de données. Bien loin de chez nous, des gens s’emparent de nos données, les tiennent en otage et nous exigent des rançons. Autrement, ils accèdent à nos mots de passe et à nos données personnelles, fragilisant du coup nos avoirs financiers eux aussi stockés virtuellement dans quelques endroits obscurs. C’est tout de même extraordinaire quand on y pense ! Tous ces actes criminels perpétrés sans avoir eu à lever le cul de leur chaise ! Le monde a bien changé ! Du moins le croit-on !

Autrefois, les seuls intangibles auxquels l’humain s’intéressait étaient les dieux. Prières, incantations, sacrifices, rituels, fêtes, offrandes, toutes ces formes avaient pour but de créer une interface entre lui et plus grand que lui, entre l’intangible et le matériel.

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Les temps ont bien changés, tout comme les dieux qu’on prie et ceux qu’on abhorre lorsque notre ordi et notre tablette sont atteints de sénilité, lorsque notre téléphone tombe dans le coma ou lorsque notre nuage personnel a été vandalisé et pillé parce qu’on a par inadvertance donné nos clés à la mauvaise personne en s’étant fait hameçonner comme une perchaude au printemps.

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La prochaine révolution informatique concernera les implants, les orthèses et prothèses intelligentes, ainsi que les aidants robots. L’humain subira des transformations dès sa naissance. Il sera connecté non seulement au sein de sa mère, mais également aux stimuli transmis à son cerveau par des connexions neuronales. On choisira le programme selon nos humeurs ou celles de notre bébé. Et puisque les pirates informatiques continueront de sévir, certains de nos enfants mal protégés ou malchanceux seront transformés à notre insu en psychopathes ou en guerriers ou en adorateurs par des programmes illicites implantés ou transmis par une autorité quelconque désireuse de conserver le pouvoir ou de créer son armée personnelle, ou encore par des zigotos qui s’amuseront sans prêter attention aux conséquences de leurs actes.

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Sera-ce pire ou mieux qu’hier, qu’aujourd’hui ? Ce sera la même chose puisque l’humain en tant qu’espèce n’aura pas réellement évolué. Il restera belliqueux, assoiffé de pouvoir, d’argent, de possessions. Il continuera de voler, de mentir et de tricher. Il cherchera toujours à percer les coffres-forts, à s’immiscer dans des endroits interdits, à détourner des fonds, à braquer des banques. Il continuera à avoir soif de sexes et de psychotropes. Certains se noieront tandis que d’autres s’enrichiront. Et la vie continuera comme elle l’était auparavant, comme on la connaissait autrefois, parce que l’humain reste un humain. Seuls ses armes et son armure se transforment au fil du temps, seul son trousseau de clés se perfectionne, seule sa bourse s’allège, mais son esprit ne se transforme pas à cause des changements technologiques. Ses multiples vices d’hier et d’aujourd’hui continueront de se transmettre de génération en génération, malgré ses implants, malgré ses assistants cérébraux, malgré son éducation programmée assujettissante, malgré nos précautions.

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Puis quand l’humain se sentira, une fois de plus, vide de l’essentiel, il agira comme il a toujours fait. Il se tournera vers des entités intangibles en exécutant des prières, des incantations, des sacrifices, des rituels, des fêtes et des offrandes dans le but de créer une interface entre lui et plus grand que lui, mais alors ce sera entre l’intangible et l’immatériel.

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Photos :
theconflictjourney.com ;
smarthealth.nl ;
huffingtonpost.ca ;
mythologica.fr ;
iatranshumanisme.com ;
scienceetavenir.fr

L’art et l’âme

Lorsque des gens s’attaquent à l’art, ils ne s’attaquent pas qu’aux artistes, ils visent à détruire l’intelligence de l’humanité en supprimant son âme à travers celles et ceux qui l’incarnent.

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L’art, fruit de l’âme. Son importance ne se mesure ni en billets ni en applaudissements, mais en larmes fugacement essuyées. Alors, comment l’expliquer à ses pourfendeurs s’ils ne savent pleurer ?

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Peinture entête : de Paul Klee : publikart.net ;
Livres : sam-network.org ;
Gravure rupestre : Gravures d’Abourma : afriquemilar.blogspot.ca.

 

D comme désordre

Aujourd’hui, je commence une nouvelle série d’articles sur des mots commençant par une lettre. Oui, tous les mots commencent par une lettre, je sais cela! Mais pas n’importe laquelle!

Ah! Je vous vois penser! Vous vous dites: «Mais si c’est son premier article, pourquoi ne choisit-il pas un mot commençant par la lettre “A” comme dans toutes les bonnes listes mises en ordre alphabétique?»

C’est que le premier mot auquel je m’attaque est «désordre» et ça aurait été paradoxal, avouez-le, de parler du désordre en plaçant ce mot dans une liste en ordre alphabétique!

Alors voilà, le désordre s’oppose évidemment à l’ordre. On doit donc comprendre ce que signifie le mot «ordre» pour saisir son contraire. En règle générale, le désordre a plutôt une sale réputation. Un fouillis, un capharnaüm, un chaos, un fatras, un bordel, un bazar, voilà ce à quoi on associe le désordre. Pauvre mot, il déprime déjà et je ne fais que commencer!

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Pourtant, je vais prouver que bien souvent, le mot désordre souffre d’une mauvaise réputation infondée. À l’école, on apprend l’ordre alphabétique. Cet ordre n’est pas plus justifié qu’un autre puisque les lettres ne sont pas classées par degré d’importance ou même par récurrence dans la langue française ou par l’ordre dans lequel les lettres sont apparues dans l’histoire, enfin pas toutes. «Ordre alphabétique» devrait plutôt se nommer «convention alphabétique» puisqu’il n’y a aucun réel ordre selon un critère précis, justifiable et vérifiable. La lettre «d» précède la lettre «t» sans raison. Ce sont deux lettres phonétiquement apparentées, dentales toutes les deux et probablement apparues à peu près en même temps dans le langage humain. Il n’y a aucune raison logique d’avoir donné l’ordre 4 au «d» et le 20 au «t». On peut tenir à peu près le même discours pour les 24 autres lettres de notre alphabet, sauf exception.

Alors pourquoi le mot «désordre» nous embête-t-il tant? Est-ce parce qu’il est l’antonyme d’un mot considéré pertinent, juste, logique? Pourtant, ce cher «ordre» qu’on chérit tant est un mot bien plus souvent utilisé improprement ou plutôt dans un sens qui s’est un peu trop étendu avec le temps.

Petit aparté, je ne conserve que le sens premier de ce mot. Voici donc la définition principale du mot «ordre» dans mon dictionnaire: «Relation intelligible qui peut être saisie entre une pluralité de termes».

L’ordre est donc une relation qu’on peut comprendre. Pourtant, il n’y a aucune intelligence qu’on peut déployer pour comprendre l’ordre alphabétique! Ainsi, l’ordre de l’alphabet n’existe tout simplement pas. Au mieux pourrait-on parler d’ordonnancement, mais le terme le plus juste à utiliser devrait être «convention» puisque ce qu’on appelle «ordre alphabétique» est un ensemble de lettres mises les unes à la suite des autres de façon convenue, un arrangement de lettres placées d’une certaine manière, dans un certain ordonnancement qu’on doit apprendre par cœur, sans explications.

Il est donc normal que le mot désordre fasse… désordre puisqu’on s’attend du mot «ordre» qu’il ait un sens qu’il n’a tout simplement pas dans bien des circonstances.

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Alors, avant de crier au désordre, posez-vous la question si l’ordre qu’il est censé tailler en pièce est compréhensible. Dans le sens, en émane-t-il une raison intrinsèque qu’on peut retrouver et expliquer, ou si au contraire, ce n’est qu’une pure convention extrinsèque définie par l’usage ou par une quelconque sommité qu’on doit continuer de vénérer en acceptant aveuglément son diktat archaïque. Ouais, bon, cette phrase atteste de mon tempérament un peu rebelle et même anar sur les bords. Mais que je ne vous vois pas utiliser cet argument fallacieux pour discréditer ma thèse! Un rebelle ne se retrouve pas obligatoirement dans les pommes de terre dauphinoises. Et il a un orgueil, vous saurez!

L’ordonnancement des lettres alphabétiques est utile, il n’y a aucun doute, mais prouver une utilité à une convention est nettement insuffisant pour la qualifier d’ordre. Plutôt que d’utiliser l’expression «en désordre», le mot «mélangé» pourrait bien mieux faire l’affaire la plupart du temps. L’aspect péjoratif est esquivé et il conviendrait souvent mieux aux objets et aux situations qu’on cherche à décrire. Quand on joue aux cartes, les placer en ordre est un défaut innommable. L’apparent désordre qu’on leur inflige en les brassant, c’est là où on voit la subtilité de plutôt choisir le terme «mélanger les cartes», est non seulement recherché, mais essentiel.

Cependant, le mot «désordre» plait aux gens qui cherchent à imposer des règles sans devoir les expliquer. Pour eux, ça tombe sous le sens. Pas besoin d’explications puisqu’on a l’ordre et ses inverses, c’est-à-dire tous les désordres. Si ce n’est pas dans l’ordre tel que défini, c’est nécessairement en désordre, donc n’importe comment, tout croche (dit à la québécoise).

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Prenons un exemple différent, parlons des décimales de la valeur de pi (π). Ici, on peut considérer qu’il existe un ordre et un désordre. Placer ces décimales dans le désordre change la valeur de π. L’ordre des décimales est compréhensible et même calculable. Il existe donc effectivement un vrai ordre et son contraire. Un désordre dans les décimales de π influence inévitablement sa valeur. Voilà un ordre qui a un vrai sens, qui s’explique et qui a des conséquences graves, voire dramatiques, si on ose intervertir certaines décimales, surtout les premières, évidemment.

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Voilà pourquoi l’art est si important. Il fait souvent sauter ce genre de barrières constituées d’absurdités, construites autour de conventions souvent illogiques ou totalement inutiles, surannées, mais tellement présentes qu’elles constituent des carcans dans un anachronisme indéboulonnable autrement. Plus simplement, dans les arts comme partout ailleurs, soit dit en passant, s’attaquer aux faux ordres galvaudés par toutes sortes de préciosités, ça s’appelle de l’originalité et celle-ci est souvent reconnue comme étant à la base de tout talent.

Petite étrangeté pour terminer, dans la définition du verbe «galvauder», on peut y trouver le sens suivant: «mettre en désordre». Ainsi, un ordre infondé qu’on hisse à tout vent serait une définition particulière du désordre! Ça tient la route. En forçant trop la note sans raison valable, on obtient bien souvent le résultat contraire de celui qu’on espérait.

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P.S. Je n’accepte aucun blâme en rapport avec l’état de la chambre de vos ados à la suite de leur lecture de cet article de blogue. Utilisez donc à leur endroit une formule exempte du mot ordre, ça doit bien exister! … en y réfléchissant bien!

Photo entête : gabray31.over-blog.com ;
Alphabet : estelledocs.eklablog.com ;
Cri : mamanpourlavie.com ;
Pi : www.shakespearegeek.com ;
Picasso : remaimodern.org ;
Chambre : pictonale.net  ;

La cumengéite

Une maladie inflammatoire ? Un champignon vénéneux ? Un mélange d’épices ? Non, la cumengéite n’est rien de tout cela, c’est un minéral.

Nommé ainsi en l’honneur d’Édouard Cumenge, ce minéral naturel bleu indigo intense est probablement le plus rare au monde.

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L’Institut Pierre en Marie Curie en possède quelques échantillons en vitrine. Découverts par des mineurs dans une mine de cuivre mexicaine en 1890, on n’en a plus jamais retrouvé depuis. D’une forme unique en étoile, ce sont six cristaux tétraédriques (pyramidaux) qui sont assemblés sur un autre de forme cubique pour former cet extraordinaire assemblage naturel improbable.

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Sa composition chimique est la suivante : Pb21Cu20Cl42(OH)40·6H2O.

Photos : Didier Descouens ;

Je sais

Le sot dit « je sais »
L’érudit dit « je crois savoir »
L’intelligent dit « je veux savoir »
Le rusé ne dit rien

Le sot dit « je sais »
L’érudit dit « j’étais sensé le savoir »
L’intelligent dit « maintenant je sais »
Le rusé ne dit rien

Le sot dit « je sais »
L’érudit dit « je sais »
L’intelligent dit « je sais »
Le rusé ne dit rien

Photon noir

Le CERN reprend ses activités, mais pas avec le LHC, avec le SPS. Bon, d’accord, je vais continuer en français. Le Centre européen pour la recherche nucléaire recommence ses expériences en utilisant le Super Synchrotron à Protons, un accélérateur circulaire plus petit que le fameux Large Hadron Collider utilisé dans la traque du boson de Higgs.

Cette fois-ci, les scientifiques du CERN cherchent des traces du photon noir, une particule hypothétique qui serait responsable d’interactions entre la matière ordinaire et la matière noire. Cette expérience est nommée par le sigle NA64.

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D’après la théorie actuelle, l’Univers serait composé de 15 % de matière telle qu’on la connait et de 85 % de matière dite noire puisqu’elle est invisible, n’interagissant pas avec les photons. Cette fameuse matière noire permet de consolider les galaxies qui, sinon, se disloqueraient tellement leur vitesse de rotation est grande. Mais grâce à ce surplus de masse, elles forment leurs belles spirales sans que leurs étoiles s’éparpillent.

Seules des observations gravitationnelles de ce genre, ainsi que les effets de lentilles gravitationnelles nous laissent croire que la matière noire existe réellement. Toutefois, elle n’est jamais apparue dans les expériences au CERN ou ailleurs. On pense être en mesure de confirmer son existence en s’attaquant à son transmetteur de force qui serait un type de photon différent des grains de lumière que l’on connait, qui n’émet aucune lumière (onde électromagnétique) et qui par conséquent est invisible, de là son qualificatif «noir».

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Tout ceci n’est qu’hypothétique, mais si on ne parvient pas à découvrir ce photon noir et d’y associer une cinquième force, la théorie de l’existence de la matière noire va prendre du plomb dans l’aile. S’ensuivrait une remise en question de la théorie de la gravitation énoncée par Einstein en 1915, sa fameuse relativité générale.

Puisque cette théorie n’a jamais été prise en défaut, dans aucune expérience, soit elle est juste et la matière noire existe réellement, soit la matière noire n’existe pas et la relativité générale est fausse malgré nos résultats expérimentaux actuels qui atteignent des niveaux de précision extrêmes.

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Le questionnement est majeur puisqu’il touche à 85 % du contenu de l’Univers en fait de matière ou à l’avènement d’une théorie de la gravitation interagissant différemment aux petites et aux distances moyennes et grandes, c’est-à-dire de la dimension des galaxies et plus encore.

On a toutes les preuves que nos théories coincent quelque part, pourtant l’Univers a très bien su dissimuler la façon dont il fonctionne. Présumer l’existence du photon noir et de sa matière noire est une tentative théorique qui nous permettrait de nous dépêtrer de ce bourbier dans lequel la physique des particules et de la gravitation est enfoncée depuis plus de 85 ans.

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Oui, déjà en 1933, un astronome du nom de Fritz Zwicky avait présumé de l’existence d’une matière invisible en mesurant la vitesse de rotation des galaxies. Ce dernier s’est mis la communauté des astronomes à dos lorsqu’il les a tous traités de «bâtards, peu importe dans quel sens on les regarde», mais il avait raison puisqu’ils s’étaient alors totalement désintéressés de ses résultats d’observation qui jetaient un très lourd pavé dans leur mare à canards.

Mais eux qui voyaient Zwicky comme leur vilain petit canard ont dû admettre, bien plus tard, malheureusement, qu’il avait parfaitement raison. Un scientifique de plus à rejoindre le plateau de la balance des génies désavoués qui ont osé dire différemment de la majorité, voire de la totalité des gens de leur profession.

Perdus dans l’espace

Faut-il toujours tout voir? La nature nous a fait d’une certaine façon, notre famille nous a éduqués et nos études nous ont poussés plus loin. Le souci du détail rend-il de mauvais services aux cinéphiles ?

Lorsque je regarde des films, des séries télé, je vois des choses qui passent inaperçues à la majorité des gens. Malheureusement, ce n’est pas mon cas. Je vois la plupart des coins tournés trop ronds, des aberrations, des stupidités et ça mine mon plaisir.

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Fatigué de voir des conneries, je décroche ou je m’en fiche. Ça dépend si l’œuvre possède d’autres qualités qui peuvent compenser ces horribles défauts difficiles à passer outre.

Je réussis parfois. J’ignore si c’est bien. J’aurais peut-être dû garder mon esprit critique acéré et ma critique virulente. Par contre, j’aime un film quand le scénariste ou le spécialiste des effets spéciaux ne s’est pas emmêlé dans les fils et livre un résultat de qualité. J’ai partiellement réussi avec cette série de Netflix qui ne manque pas d’actions parallèles et de rebondissements, mais la méchante Dre Smith fait des vacheries parfois inconséquentes. Quant aux éléments scientifiques, beaucoup trop de libertés minent mon plaisir malgré, j’en suis certain, un ou deux experts consultés à l’occasion, mais pas sur tout et ça parait à plusieurs endroits dans la série.

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J’ai bien aimé le remodelage de Don West en contrebandier au grand cœur qui tente de récupérer sa cargaison de scotch Lagavulin 16 ans. Toutefois, dans ce genre de crash d’un aéronef, il n’aurait eu aucune chance de retrouver cette délicieuse boisson intacte. Ça fait partie des multiples improbabilités techniques qu’on doit, semble-t-il, éviter de s’en préoccuper au nom du plaisir. Malheureusement, mon cerveau ne fonctionne pas ainsi et malgré mes sentiments favorables pour ce nectar doré, je l’aurais déclaré mort et répandu sans possibilité de récupération.

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Si vous n’êtes pas à cheval sur les détails, cette série pourra vous plaire. Le casting est bon, le robot presque crédible et la méchante Dre Smith très machiavélique, au point même de déranger certaines personnes qui ont eu dans leur passé à se frotter à ce genre de mythomane capable de ruiner leur vie dès qu’ils s’en approchent.

Photos : Netflix

Mont Rainier

La ville de Seattle est facilement reconnaissable sur des photos ou des prises de vues par sa proximité de l’eau et par sa tour d’observation et de télécommunications très caractéristique.

Contrairement à ce que plusieurs pensent, Seattle n’est pas située sur les rives du Pacifique, mais d’un bras de mer intérieur nommé Puget Sound. Ainsi, la ville est séparée de l’océan par une chaine montagneuse.milkovi-334541.jpg

Un autre élément typique de la plus importante ville de l’état de Washington est la proximité du mont Rainier qui donne un aspect vraiment spectaculaire à cette ville. La montagne culmine à 4392 mètres au-dessus de l’océan. Étant située à environ 90 kilomètres de distance l’une de l’autre, la superbe montagne se découpe parfaitement en arrière-scène comme on peut le remarquer sur la photo précédente.

Aux sommets éternellement enneigés, le mont Rainier est en fait un volcan en dormance, mais bien actif. Il pourrait surgir à tout moment. Sa dernière éruption remonte à l’année 1894. Il est considéré comme le troisième volcan le plus potentiellement dangereux des É.U.A. Lorsqu’il entrera en éruption, les premières effusions feront fondre toute cette neige et cette glace des glaciers et transformeront ses flancs en coulées de boues monstrueuses. Elles dévaleront dans la vallée en contrebas et prendront le chemin de quelques petites villes vivant à ses pieds.

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La première localité à être touchée par les lahars (coulées de boues de nature volcanique) sera probablement Tacoma. Peu de choses de la ville seront préservées malgré les 65 kilomètres qui la séparent du cratère d’où s’échappera la lave. Seattle ne se situe pas bien loin au nord de cette localité et l’on prévoit que plusieurs quartiers seront dévastés par la boue advenant une éruption.

Mais la boue n’est que l’une des calamités qui attendent les résidents des environs. Le stratovolcan laisse présager pire calamité. Il fait partie de la même chaine des Cascades que le tristement célèbre mont St Helens qui, en 1980, entra en éruption dite pyroclastique. C’est en fait une façon de dire que le volcan explose en une ou en plusieurs nuées ardentes de plus de 500°C qui dévalent les flancs à des vitesses ahurissantes en brûlant tout sur leur passage.

D’autres volcans ravageurs bien connus sont du même type que le mont Rainier : le Vésuve, le Krakatoa, la montagne Pelée, le Santorin, tous de sympathiques voisins qui ont déjà fait table rase dans le passé en réglant leurs différends avec les humains en les effaçant de la surface de la Terre. Oui, le mont Rainier est un candidat pour être pris des mêmes sautes d’humeur que ces tristement célèbres volcans explosifs.

Bon d’accord. Rien pour le moment ne laisse présager le pire. La montagne est bien tranquille malgré quelques fumerolles occasionnelles, mais elle laisse tout de même planer un danger sur plus de 1,5 millions de personnes aux alentours !

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Ce n’est que l’un des volcans dans le monde où la population s’est agglutinée autour d’eux. La ville de Tacoma est même construite sur la dernière coulée de boues à avoir dévalé ses flancs. On sait ce qui en adviendra lors de la prochaine.

Mes questions restent les mêmes, que ce soit pour ce mont ou pour un autre du même acabit. Aura-t-on le temps d’évacuer tout le monde lorsque la montagne montrera un début de colère ? Le verra-t-on seulement s’y préparer ?

La dernière grande tragédie mondiale fut le tsunami de 2004. Un quart de millions de gens sont morts. Je redoute une tragédie qui fauchera un million ou même plusieurs millions d’individus. Malgré tous nos systèmes de communication, les gens resteront piégés sur les routes et autoroutes transformées en énormes parcs de stationnement par les gens en panne d’essence.

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Et la mort viendra les faucher, là, incapables de fuir, pris comme des rats dans leurs belles bagnoles qui deviendront leurs tombeaux. Achetez-vous des motos, laissez tout derrière vous et surtout, n’y jetez plus aucun coup d’œil, sinon vous partagerez le sort de la femme de Loth, mais au lieu du sel, votre corps se couvrira de cendres après avoir été brûlé jusqu’aux os.

Devon

L’ile Devon n’est pas une nouvelle destination vacances. Bien peu de gens la connaissent parce qu’elle se situe tout au nord du Canada dans les territoires du Nunavut. C’est la plus grande ile inhabitée de la planète. Alors que peut bien receler cette ile pour qu’on en parle ces temps-ci ?

En réalité, elle fait parler d’elle depuis 1999 dans certains milieux scientifiques. C’est là que la NASA effectue certaines expériences lorsqu’elle a besoin de simuler l’environnement de Mars. Lorsqu’on effectue un survol de ces terres désolées, on voit très bien la ressemblance avec la petite sœur de la Terre.

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Mais actuellement, il existe une autre raison pour laquelle ce milieu désertique est populaire. Des scientifiques ont par hasard découvert le premier lac sous-glaciaire canadien. Il existe dans le monde près de 400 de ces lacs dont le plus célèbre est probablement le lac Vostok en Antarctique, mais celui de l’ile Devon est très particulier.

Il est fait d’eau hyper chargée en sels minéraux, ce qui pourrait la faire ressembler à l’eau contenue sous la croûte glacée d’Europe, l’énigmatique lune de Jupiter. En étudiant cette eau, elle pourrait peut-être nous donner des indices sur la faune vivant sous la glace d’Europe.

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Due à la pression de la glace, la température de l’eau du lac de l’ile Devon avoisinerait les -10 °C même si elle reste à l’état liquide. Ce deuxième critère de ressemblance possible avec les eaux d’Europe encourage et excite les exobiologistes.

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Cela fera pour l’ile Devon une raison supplémentaire pour recevoir en été de nouveaux scientifiques. Comme quoi les terres désolées ne sont pas si inutiles qu’elles peuvent sembler.

Les conspirationnistes affirment que jamais personne n’a envoyé de rovers sur Mars et que toutes les images proviennent de l’ile Devon. Je leur répondrais qu’ils ne sont certainement pas des rocket scientists (intellos, nerds) pour oser avancer de telles affirmations sans aucune preuve, constat ou observation autres que leur scepticisme. Qu’importe, puisque ce sont les mêmes qui prétendent que la Terre est plate. La seule chose qui est plate est l’étendue infinie de leur désolante ignorance.