Bombe à retardement : la subsidence

L’humain a construit la plupart de ses grandes métropoles à l’embouchure des fleuves, sur ses deltas. Profitant de terres arables riches, de dénivelés nuls, d’eau potable, de ports de mer accessibles et de superficies disponibles importantes et faciles à construire, ces lieux semblaient idéaux pour assurer la prospérité. Mais aujourd’hui, cette solution d’un autre siècle se retourne contre tous ceux qui l’ont privilégiée, c’est-à-dire la moitié de la population urbaine du globe.

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Au Moyen Âge, l’art de la guerre exigeait la construction des agglomérations autour de châteaux eux-mêmes construits la plupart du temps au sommet de pics rocheux. Les cités fortifiées ainsi créées se retrouvaient habituellement loin des océans et le grand défi à relever à l’époque consistait à les approvisionner en eau potable.

Aujourd’hui, les villes modernes ont apparemment résolu le défi de l’eau en se positionnant sur des deltas, mais la réalité les rattrapera toutes bientôt. Cette «bonne idée» a peut-être réglé quelques problèmes liés à l’eau potable et à l’accès à la mer et à ses ressources, mais elle en a engendré bien d’autres qui commencent à devenir évidents pour les 136 agglomérations côtières de plus d’un million d’habitants réparties partout sur les pourtours des continents.

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Le premier constat négatif vient de la subsidence naturelle des deltas. C’est l’affaissement lent du sous-sol sous le poids des sédiments. Cependant, la présence humaine dans les parages des deltas accélère fortement ce phénomène naturel puisque les villes et ses usines pompent les eaux de la nappe phréatique sous-jacente. Le sol s’enfonce partout à vitesse grand V et ce résultat est permanent et irréversible.

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Plusieurs métropoles comme Tokyo, Osaka, Shanghai, La Nouvelle-Orléans et Jakarta ont toutes perdu de trois à quatre mètres de hauteur par rapport à l’océan tout près. La plupart des cités ont limité sinon interdit tout pompage d’eau de leur sous-sol, mais la subsidence naturelle ne cesse tout de même de se poursuivre et un sol affaissé ne retrouvera plus jamais sa hauteur d’origine.

Les sédiments du sous-sol se tassent graduellement sous leur propre poids, mais également sous la masse des gratte-ciels et d’autres méga- constructions bétonnées. À Shanghai, les autorités nient catégoriquement cet effet anthropique, et ce malgré l’avis officiel de son propre centre d’études qui mesure et rapporte les résultats scientifiques sur le phénomène.

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Le danger le plus évident de ces affaissements de terrains à proximité des océans est l’envahissement par l’eau de mer lors de typhons. Partout, les inondations sont rendues inévitables.

Mais voilà que d’autres conséquences d’ordre anthropique se conjugueront pour amplifier les effets des inondations, car non seulement les sols s’enfoncent, mais le niveau des océans grimpe.

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La température plus élevée de l’eau de mer augmente son volume. La fonte des glaciers et des masses de glace en Antarctique et au Groenland fait remonter le seuil océanique. Depuis un siècle, ce niveau s’est déjà accru de 20 cm et le phénomène s’accélère.

À cela, il faut rajouter la violence plus importante des grandes dépressions dont leurs ondes de tempête s’élèvent de plus en plus haut, ravageant les structures humaines toujours plus profondément dans les terres.

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Certaines grandes métropoles disparaitront très certainement et ces événements ne se produiront pas dans un avenir si lointain, car toutes les causes néfastes ne cessent de croitre en importance. L’ouragan Sandy qui a mis New York à genoux n’est qu’un hors-d’œuvre parmi un banquet de catastrophes à survenir. Bien sûr, la mégalopole s’est maintenant remise, mais imaginez d’autres cités plus vulnérables frappées à répétition par des inondations monstrueuses.

Un jour, les autorités décrèteront plusieurs secteurs inaptes à être reconstruits et ces villes perdront leur influence au profit de d’autres, mieux situées, plus sûres à long terme, moins susceptibles d’être victimes des colères océaniques et à d’autres cataclysmes, dont je m’évertue à en faire régulièrement étalage dans ce blogue.

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Reviendrons-nous aux solutions moyenâgeuses? Construire nos nouvelles villes au sommet de collines, de montagnes non volcaniques, de pitons de granit quasiment indestructibles? Les défis reliés à l’eau resteront toujours nombreux, peu importe le lieu choisi. Toutefois, est-il vraiment nécessaire de faire vivre les individus si près des océans? Ça n’a jamais été une nécessité, seulement plus simple, regardée à court terme sur la durée de vie d’une ville.

Reprise des séismes de moyenne importance

Après une longue accalmie, la Terre a recommencé à engendrer des séismes de moyenne ou de grande puissance. Ici, je dois préciser que le nombre de séismes était resté important, il avait même augmenté, mais ceux évalués au-dessus de 6,0 sur l’échelle Richter ont mystérieusement disparu pendant une période de 34 jours. Je m’en inquiétais déjà dans un article paru le 2 juin dernier.

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Certaines études donnent une moyenne un peu différente, mais toutes ont constaté les séismes supérieurs à 6,0 à survenir aux deux à trois jours. Les tremblements de terre ne suivent pas des cycles, mais la déformation continuelle de la croûte terrestre engendrera inévitablement des séismes et leur amplitude dépend du temps pendant lequel les plaques tectoniques n’ont pas décroché. Donc, durant les accalmies, l’énergie s’accumule et plus longtemps durera cette accumulation, plus les futurs séismes s’avéreront puissants. Voilà la raison pour laquelle je m’inquiétais du manque de soubresauts d’importance moyenne et forte. Les prochains risquent malheureusement de se montrer encore plus dévastateurs.

Dernièrement, la Terre a repris ses activités et le nombre de séismes supérieurs à 6,0 augmente. Jusqu’à présent, j’en compte 9 au cours du mois de juillet. La moyenne semble donc se rétablir.

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L’Indonésie reste l’un des endroits les plus susceptibles d’être touchés par des séismes de moyenne ampleur. Il en survint un d’une magnitude 6,4 le 28 juillet dernier sur l’ile de Lombok. Celui-ci a créé d’importants éboulements qui ont bloqué des centaines de touristes sur la principale montagne de l’ile, le mont Rinjani. Celui-ci n’est autre qu’un immense volcan actif culminant à 3725 mètres d’altitude, le deuxième en hauteur en Indonésie. Le séisme a causé 16 décès et fait 160 blessés.

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En général, la sismologie et le volcanisme sont deux conséquences d’un seul et même phénomène, la collision de plaques tectoniques. En Indonésie, la plaque australienne enfonce les plaques eurasiatique et philippine, créant la majorité des iles et des volcans de la région. Cet endroit géologiquement très actif a été le théâtre des pires catastrophes des 100000 dernières années et l’une d’entre elles est survenue en 1991 lorsque le mont Pinatubo aux Philippines a causé une chute dramatique des températures sur Terre durant l’hiver qui a suivi son éruption.

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Éruption massive du Krakatoa en 1883

On compte pas moins de 150 volcans dans cette région du monde. Pensez aux monts Krakatoa, Tambora, Merapi, Tengger, Batur et surtout le Toba, tous situés sur des iles indonésiennes. Ce dernier a bien failli faire disparaitre notre espèce voilà près de 75000 ans lors de sa toute puissante éruption.

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La croûte de notre Terre se meut sans arrêt et les séismes nous le prouvent constamment. À quand le prochain tremblement de magnitude supérieur à 9,0?

Sincérité du questionnement

Quand on pose une question à une personne qu’on connait ou même à un étranger, on doit pouvoir accepter n’importe quelle réponse. Malheureusement, le désir inhérent des humains de tout contrôler pervertit cette supposée liberté donnée à l’autre de disposer de sa réponse, et ce malgré l’apparente ouverture de l’interrogation.

Poser une question n’est souvent qu’une façon de suggérer la réponse voulant être entendue, celle considérée comme représentant la meilleure, la plus pertinente, la plus sage. Remarquez comment certaines personnes s’empressent d’escamoter la réponse qui leur est offerte en coupant la parole de leur interlocuteur pour leur faire part de leur propre opinion sur le sujet discuté.

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Malheureusement, plusieurs croient détenir une solution pour chaque problème comme si chacun d’eux s’était construit dans la simplicité tout en ne possédant aucune variable, ou une seule. Leur question ne sert qu’à camoufler leur intention de contrôler l’argumentation dans l’inexorable direction privilégiée. Toute bifurcation les rendra mal à l’aise puisque leur raisonnement n’est resté que superficiel, sans nuances, absolutiste.

En tant qu’individus interagissant avec d’autres, nous devons nous abstenir de poser des questions dans le but de transmettre notre propre réponse. Questionner une personne n’exige pas d’en posséder une toute prête à lui fournir en complément. Une question ne représente souvent que le début d’un long processus.

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Tomber dans le travers décrit dans cet article constitue un manque flagrant de respect de la personne interrogée. Alors il vaut mieux ne rien lui dire. En revanche, si les rôles s’inversent et que vous reconnaissez cette tentative de manipulation à votre égard, n’ayez aucune pudeur ou gêne à faire savoir à votre interlocuteur que vous comprenez parfaitement ses intentions et qu’il peut mettre fin à son petit manège.

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Vous perdrez probablement une connaissance ou un ami, mais vous vous éviterez une forme d’esclavage intellectuel. Ne craignez pas ces conséquences, quoi qu’il arrive, n’y voyez pas un appauvrissement de votre vie sociale, mais un échange qui restera toujours à votre avantage.

Le choix de ses erreurs

George Bernard Shaw: «La réussite ne consiste pas à ne pas faire d’erreurs, mais à ne jamais refaire la même.»

Albert Einstein: «La folie, c’est de refaire toujours la même erreur et s’attendre à ce que les résultats soient différents.»

Akio Morita: «N’ayez pas peur de faire une erreur, mais faites en sorte de ne pas faire la même erreur deux fois.»

Francis Nicolas: «Tout le monde mérite une deuxième chance, mais pas pour les mêmes erreurs.»

Ces exemples reviennent comme pâquerettes au printemps. En lisant des centaines de blogues, il est fréquent de tomber sur l’une d’entre elles, ou l’une de ses variantes prétendant la même chose.

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Bon, on comprend le principe. Tu commets une erreur, tu saisis le message, tu changes de stratégie, tu ne fais plus cette erreur et tu finis par obtenir ce que tu voulais. C’est la recette la plus simple du succès.

Ce processus en rien compliqué vous semble la seule bonne chose à faire, n’est-ce pas? Comme le prétendait Einstein, seul le fou répète ses erreurs. Vous adhérez allègrement à ce concept d’une logique implacable. L’erreur est compréhensible, nous sommes tous humains, mais la répéter démontre un signe évident qu’un engrenage mental a perdu quelques dents.

Pourtant, aussi vrai que ce processus par lequel l’humain apprend de ses erreurs peut paraitre indiscutable, celui-ci contient un profond problème systémique. Cette belle mécanique ne comporte aucune morale.

Dans toutes ces belles citations, personne ne s’est penché sur la cause et la provenance de l’erreur initiale et lorsqu’on prend le temps de faire cette analyse, on découvre une vérité bien différente. Je vais donner un seul exemple, mais il en existe des centaines qui pourraient illustrer mes propos.

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Prenez une personne particulière dans un groupe de travail. Le projet sur lequel trime l’équipe échoue. Les autres individus utilisent un trait de caractère de cette personne pour lui jouer dans le dos, pour l’isoler, pour lui faire porter le chapeau des gaffes commises, des retards survenus, du chaos que certains ont sciemment entretenu. Cette caractéristique qui l’a rendue vulnérable n’est que sa franchise. En étant honnête, elle s’avère être dangereuse pour tous les autres puisqu’elle ne manquera pas de raconter une version passablement juste des événements réellement survenus au sein du groupe.

Cette personne honnête est jugée par ses supérieurs avant même d’avoir pu donner sa version des faits et même si elle le faisait, on ne la croirait pas puisque les autres l’ont désignée pour s’en servir comme bouc émissaire. Constituant une menace, elle doit disparaitre et elle portera les responsabilités de cet échec. Une pierre, deux coups. Tous ne peuvent mentir, croient alors les autorités. Pourtant elles ont tort, mais la personne honnête est écartée.

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Voilà la situation, voilà l’échec. La cause de celui-ci est d’avoir été une personne intègre vivant dans un monde qui ne l’est pas.

Si la personne est intelligente, d’après les dictons, elle ne refera plus cette erreur. La prochaine fois, elle s’alliera aux menteurs plutôt que de rester honnête et elle parviendra ainsi à éviter l’ostracisme.

Mais si elle choisit en toute conscience de ne pas verser du côté obscur de la Force, alors elle commettra la même erreur encore et encore.

Peut-on toujours considérer comme étant folle une personne faisant ce choix réfléchi et assumé? Folle de garder ses principes d’honnêteté et d’intégrité?

Je vais répondre pour vous. Oui, cette personne est réellement folle, car la vie ne fonctionne pas sur ces principes et il faut être complètement fêlé pour nager volontairement à contre-courant.

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J’étais, je suis et je resterai un de ces fous. J’ignore pourquoi, je sais simplement que je suis conçu ainsi. Les erreurs des autres, je les ai portées et je les porte encore.

La prochaine fois où vous entendrez, où vous lirez une de ces citations qui déclare que commettre plusieurs fois la même erreur est à éviter, est à proscrire de sa vie, rappelez-vous simplement que certains ne le font pas pour répéter une erreur, ils font ce choix parce que leur morale ne peut faire autrement que d’espérer un résultat différent avec des gens qui pourraient s’avérer différents, et ce malgré la répétition ininterrompue des actes de trahison.

E pour excellence

EDans ma série d’articles consacrés à un nom commençant par une lettre précisée, voici venu le tour de la lettre E et d’un mot qui ne rate jamais de me faire grincer des dents, le terme «excellence».

Ce mot fourre-tout sert d’outil d’évaluation, mais surtout d’outil de dénigrement démagogique, car l’excellence n’est jamais définie avec précision. Pour bien évaluer les caractéristiques de quelque chose, on utilise plutôt le mot «qualité» qui possède ses règles propres, ses systèmes, ses standards, ses cadres de références, ses méthodes et ses outils. Mais pour l’excellence, les choses se compliquent, car le terme cultive les flous.

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Tout d’abord, l’excellence suppose un classement sous-jacent et celui-ci exige donc une évaluation préalable. Toute bonne évaluation repose sur des principes précis. Savoir ce qu’on veut exactement évaluer est la première question à se poser. Ensuite viennent les éléments mesurables susceptibles d’apporter une partie de la réponse. Ces mesurables doivent être pondérés pour former un ensemble de critères aux poids relatifs. Une série de questions sera élaborée afin de constituer les sondes qui mesureront ces critères. Enfin, l’analyse des résultats permettra de tirer des conclusions.

Cependant, tous ceux qui parlent d’excellence se moquent des évaluations faites dans les règles de l’art puisque leur but se situe ailleurs, à la frontière d’un discours manipulateur. Ou plutôt, ils prononcent des discours servant à manipuler qu’ils déguisent en discours rationnels, puisque le mot excellence est un vide qui absorbe tout, mais qui ne restitue rien.

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Pourquoi? Parce que personne n’est excellent. Pourquoi personne n’est excellent? Parce que l’excellence n’existe pas. Pourquoi l’excellence n’existe-t-elle pas? Parce que personne ne peut la définir suffisamment précisément selon les contextes pour qu’elle serve d’outil de mesure. Et pourtant elle est utilisée pour mesurer. Mais mesurer quoi?

La seule chose que le mot excellence mesure c’est la capacité à se culpabiliser. Plus on se sentira coupable du travail accompli, plus on tendra à croire qu’on peut offrir de l’excellence.

Ce mot sert uniquement aux dirigeants démagogues à exiger plus en ne donnant rien, à rendre les gens honteux et coupables des problèmes engendrés au sommet de la pyramide, à persécuter moralement des innocents en camouflant les vraies causes et les vrais responsables des échecs ou des piètres performances.

Comprenez le mot «excellence» comme une tentative de manipulation infondée, injustifiée et fort probablement injustifiable. Ne vous laissez pas emberlificoter par un discours mettant en valeur ce terme qui s’apparente grandement à un trou noir.

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J’entends souvent les gens utiliser le mot «excellent» lors d’échanges verbaux et la télévision est particulièrement riche en la matière lors d’entrevues ou durant les bulletins de nouvelles. Voici un exemple.

«La catastrophe a fait plus de cent morts et au moins le double de blessés.» Et le lecteur de nouvelles de répondre au reporter pour clore l’entretien: «Excellent.»

Qu’est-ce qui est si excellent? La catastrophe? Le nombre de victimes? Les images d’horreur? La cravate du reporter? Ah! Peut-être le reportage en lui-même, mais sur quels critères est-il qualifié d’excellent?

Pour les raisons préalablement décrites, rien ne peut être qualifié d’excellent sans évaluation précise et précisée, mais cet exemple démontre la nullité du terme, tout comme la stupidité de son utilisation et sa banalisation, mais ça fait chic en donnant l’impression d’une appréciation rationnelle et juste, alors qu’il n’en est absolument rien.

Alors, comment avez-vous trouvé mon article d’aujourd’hui? Excellent, peut-être? Puisque je vise toujours l’excellence…

Abus de mensonges

L’outil de démocratisation par l’information que fut l’internet s’ébrèche. Comme toujours, la faute revient aux abuseurs du système, mais également aux autorités en place qui y voient, à juste titre, une menace. Les fausses nouvelles pullulent de tous côtés.

Quand elles émanent des gouvernements, la cause est apparemment justifiée par la sacrosainte sécurité nationale. Toutefois, ces actions répressives empêchent les mensonges d’être connus et les gouvernements corrompus de tomber.

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Quand elles proviennent de la population, elles minent la confiance qu’a celle-ci dans les outils indépendants d’informations libres. Les abuseurs idiots embarquent dans le jeu des gouvernements qu’ils croient combattre, chaque fausse nouvelle se retournant contre eux, contre leur apparente cause et en fin de compte contre la population en général.

Dans le terme «liberté d’expression», le mot liberté sous-entend des obligations de la part de celui qui veut s’en prévaloir, car aucune n’est libre de toute exigence préalable.

Dans cette liberté d’expression, la vérité, ou ce qui s’en rapproche le plus, devrait impérativement figurer en tête de liste des obligations. Abuser de ce droit en prétendant simplement utiliser des mêmes outils que ses adversaires ne constitue pas une raison valable et encore moins une défense acceptable.

Devenir identique à ce qu’on dénonce revient à corrompre son idéal et la population ne devrait jamais croire ces leaders autodénaturés. Cela engendre des gouvernements semblables en tout point aux précédents. On passe d’un mal de prémolaire à celui d’une molaire, les nouveaux dirigeants s’avérant seulement jaloux du pouvoir que détenaient les anciens.

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Les gens restent conscients de ce carrousel tournant sur lui-même, causant ce désabusement généralisé envers la question politique. Bonnet blanc, blanc bonnet. Toutefois, totalement se désintéresser à la chose politique à cause de cette apparente inutilité de notre vote à changer quoi que ce soit ne représente pas la bonne stratégie à adopter.

Les systèmes politiques actuels engendrent leurs propres défauts, dont la corruption, le mensonge et la culture du secret. Certains dirigeants en abuseront plus que d’autres. On ne peut choisir qu’entre des niveaux plus ou moins grands de ces excès, car il en existera toujours. Aucun gouvernement n’en sera exempt. Cependant, le changement conserve certains avantages.

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Dans le système démocratique où la population peut renverser un gouvernement en place, cela permet de remettre le compteur à zéro pour un certain temps. Cette action n’est pas totalement inutile, mais elle ne devrait pas constituer une illusion de changement radical. Elle équilibre en quelque sorte le système en donnant alternativement le pouvoir à des factions différentes qui amèneront leurs propres supporters.

Mais une lutte reste prioritaire, peu importe les gouvernements en fonction, c’est la répression du mensonge. Un puissant dirigeant actuel l’a tellement banalisé que sa population considère cette tactique comme étant légitime. Ces déclarations mensongères à l’emporte-pièce s’avèrent non seulement scandaleuses et immorales, elles représentent la déchéance sociale totale de ce peuple autrefois adulé. Ces gens, par l’entremise de ce dirigeant, ont atteint le dernier stade du déclin, de la dégradation et de la décadence.

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Parfois, les luttes ne restent pas des actions inutiles. S’allier contre des menteurs invétérés et des abuseurs hégémoniques permettent de mettre un terme à leurs prétentions infondées.

J’en appelle à la population de ce pays. Ne croyez jamais qu’un menteur vous apportera le bien et le bon, car tout menteur le sera tout autant envers vous et vos aspirations légitimes. Certains individus pensent mieux tirer avantage du chaos que les autres, c’est simplement mal le connaitre. Ces leaders l’apprendront à leur dépens, mais pire encore, vous-mêmes en serez les premières et les plus importantes victimes.

La stratégie consistant à traiter ses ennemis en amis et ses amis en ennemis engendrera de nouvelles alliances et celles-ci excluront ce pays apparemment tout-puissant. Et quand il ne lui restera que ses ennemis auxquels s’allier, ceux-ci lui réserveront les derniers clous dans son cercueil.

Voilà le prix des mensonges, des bris d’alliances et de promesses, des insultes envers ses amis et des piètres illusions lancées à la face de tous.

C’est la faute aux ondes gravitationnelles

Il existe une nouvelle mode depuis quelque temps, celle de placer les mots «ondes gravitationnelles» partout où l’on voit des rides ou des vagues. Les nuages forment des moutons parallèles, c’est l’effet des ondes gravitationnelles. Des rides dans des dunes, les ondes gravitationnelles. Des rides sur l’eau, les ondes gravitationnelles.

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Les ondes gravitationnelles ne sont pas visibles à notre échelle et ne laissent pas de traces apparentes de leur passage. Elles déforment l’espace d’une manière microscopique lorsqu’elles se propagent à la vitesse de la lumière. Depuis peu, on les détecte en faisant voyager un rayon laser entre des miroirs distants de plusieurs dizaines de kilomètres et l’on réussit à peine à mesurer une variation infinitésimale de cette longueur. Si elles faisaient des vagues dans des dunes, soyez certain que nous serions en train d’être pulvérisés par deux trous noirs en coalescence dans la banlieue proche de la Terre.

Alors, non, les ondes gravitationnelles ne font pas rider les dunes ni ne dessinent des rouleaux dans les nuages. De bien grandes bêtises proférées par des gens ignorant tout de ce phénomène qui fut prédit par Albert Einstein un an après avoir complété sa théorie de la relativité générale. Il publia un article à ce sujet dans une revue scientifique en 1916, mais il a quand même toujours fortement douté de leur existence, changeant plusieurs fois d’idée par la suite. Une fois de plus, son instinct ne l’avait pas trompé.

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Les ondes gravitationnelles ne ressemblent pas aux ondes électromagnétiques connues qui utilisent les photons pour transporter l’énergie. Ce sont donc des ondes de gravitation qui déforment l’espace-temps lorsqu’elles irradient à partir de leur lieu d’origine.

Il est raisonnable de penser qu’une particule joue le même rôle que le photon, dans leur propagation, ce serait le graviton. Lui aussi se déplacerait à la même vitesse c que son homologue électromagnétique. Mais si les ondes gravitationnelles ont été récemment détectées et confirmées, il n’en fut pas de même pour le graviton qui reste une particule hypothétique.

Les déformations spatiales exigent de l’énergie, on ne plie pas l’espace gratuitement. Ainsi, deux trous noirs qui se tournent autour avant de fusionner perdront une partie de leur masse transportée sous forme d’énergie par les ondes gravitationnelles.

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La première détection d’ondes gravitationnelles a eu lieu le 14 septembre 2015 par les trois détecteurs LIGO et les scientifiques ont pu le confirmer le 11 février 2016, un siècle après la parution de l’article d’Einstein. Mais ce qui a rendu cette détection si spectaculaire est le fait d’avoir situé dans l’espace le lieu d’où provenait la production de ces ondes.

Couplée à d’autres observations résalisées par des télescopes traditionnels détectant des effets électromagnétiques complémentaires, ensemble, elles ont permis de découvrir la fusion de deux trous noirs de 36 et 29 masses solaires survenue à une distance de 1,3 milliard d’années-lumière. Il en est résulté un trou noir de 62 masses solaires. Ils ont donc perdu 5 % de leur masse, l’équivalent de trois fois la masse de notre Soleil, transformée en énergie qui a déformé l’espace jusqu’à nous. À leur arrivée sur Terre, le train d’ondes a fait osciller nos dimensions spatiales de seulement quelques zeptomètres (10-21 m). C’est tout dire sur la difficulté de mesurer ces variations infinitésimales de compression et dilatation d’espace.

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Depuis, d’autres détections ont eu lieu, confirmant la première tout en donnant du pep à d’autres détecteurs en cours de construction. Bientôt, nous posséderons tout un réseau de détecteurs capables de bien mesurer et localiser les sources de ces émissions.

Mais soyez assuré et rassuré, aucun phénomène visible n’est causé par le passage de ces vagues d’espace-temps et il vous est impossible de les sentir.

Des coordonnées géographiques bien particulières

Les coordonnées géographiques s’avèrent très pratiques lorsqu’on les entre dans une application, comme Google Earth, qui nous retourne la position terrestre en nous la montrant sur le globe.

Toutefois, il est très difficile de retenir ces chiffres subdivisés en degrés, minutes et secondes, tant en latitude qu’en longitude. La base sexagésimale utilisée pour les subdivisions complique beaucoup la capacité de mémorisation. Je ne connais pas par cœur les coordonnées du lieu où j’habite. Le contraire me semble plutôt exceptionnel.

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Longitude et latitude

Cependant, l’avantage de ce système réside dans sa logique. En prenant le premier chiffre, les degrés, de n’importe quelles longitude et latitude, nous pouvons grossièrement situer ce point sur la mappemonde et connaissant préalablement quelques concepts simples.

Les coordonnées fonctionnent comme un graphique à deux axes. La latitude reste la plus facile à comprendre. À l’équateur, sa valeur vaut 0° puisqu’il sert naturellement de référence, d’origine commune entre le Nord et le Sud. Au pôle Nord la latitude vaut 90° N et au pôle Sud 90° S. Toutes les latitudes sont donc des cercles parallèles. Si je donne des valeurs de 30° N ou 45° S, on a vite compris que le 30° N équivaut au tiers de la distance séparant l’équateur du pôle Nord. Quant au cercle 45° S, il se trouve exactement à mi-chemin entre l’équateur et le pôle Sud.

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La longitude donne plus de fil à retordre à comprendre puisque dans l’axe vertical, la Terre est séparée en quartiers d’orange. Chaque séparation entre les quartiers qu’on nomme «méridien» prend également une valeur exprimée en degrés. Mais la référence, le 0° ne se situe naturellement nulle part. Il a donc fallu statuer sur une ligne quelconque et après bien des luttes de pouvoir entre Paris et Londres, la référence 0° fut établie à l’observatoire de Greenwich en banlieue de la capitale anglaise.

À partir de ce zéro degré, la Terre est divisée en deux moitiés. Vers la droite donc vers l’Est, les longitudes vont jusqu’à 180° E. À l’inverse, vers la gauche, elles se déclinent jusqu’à 180° O. Notez que tous les points situés exactement à 180° E et à 180° O sont au même endroit puisque ces coordonnées se rejoignent à l’antipode du méridien de Greenwich.

Ainsi, en maitrisant ces informations fondamentales, il est facile de placer n’importe quel point sur le globe même si on ne retient pratiquement jamais aucune série de coordonnées par cœur.

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Certains ont donc voulu résoudre quelques problèmes des coordonnées numériques actuelles qui s’expriment en base sexagésimale (multiples de 60) en inventant un système qui permettrait de retenir plus facilement certaines localisations et leur solution consista à utiliser le langage naturel, les mots du quotidien. Ce système ne remplace pas les coordonnées géographiques standards puisque sa résolution est limitée par la grille initiale qui subdivise la Terre en 9 m2 (3 m x 3 m).

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Pour chaque parcelle, le système assigne trois mots. La combinaison de ces trois mots engendre l’unicité de la localisation. À première vue, ce système semble intelligent puisque retenir trois mots communs fait partie de nos compétences naturelles, mais à mon avis il possède trop de défauts pour le rendre utilisable.

Mots choisis par (faux) hasard

Tout d’abord, les mots sont choisis par faux hasard qui tient à bonne distance les parcelles partageant un même mot. Ainsi, deux localisations limitrophes ne possèderont pas deux mots semblables pour laisser seulement le troisième générer l’unicité. Alors, pour chaque 9 m2 d’un terrain d’un hectare, il faut retenir une série de 1100 triplets de mots que rien ne relie entre eux.

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La langue

Le système est disponible en plusieurs langues. Il faut 25 000 mots pour établir les adresses de tous les lopins terrestres. Le problème est qu’il faut oublier l’unicité d’identification. Une traduction des mots s’avère impossible puisque certains mots différents en anglais peuvent amener à un même mot en français. D’autre part, quelle définition doit-on prendre pour un mot anglais? Par exemple, «pipe» peut signifier «pipe» ou «tuyau» en français. Lequel des deux choisir pour la traduction? On voit donc que ni une traduction directe ni un nouveau choix de mots dans une autre langue ne solutionne le problème. Chaque lopin a donc autant d’adresses qu’il existe de langues dans le système, soit environ 25 dans un avenir proche.

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Surfaces versus intersection

Le concept d’identifier des surfaces plutôt que des intersections limite grandement l’usage de ce système et influe directement sur d’autres caractéristiques que vous découvrirez en poursuivant votre lecture.

La précision

À cause de l’identification de surfaces, un grand défaut inhérent consiste en son manque de précision, jamais meilleure qu’une délimitation minimale d’une surface de 9 m2. Pour plus de précision, rajouter un quatrième mot? Déjà on comprend la fragilité de ce système.

La bidimensionnalité

Dans une tour, avec le système de 3 mots, tous les étages sont définis par les mêmes coordonnées contrairement au système de positionnement global qui transmet également l’élévation par rapport au niveau moyen de la mer. Il faudrait un quatrième (ou un cinquième) mot pour définir la hauteur.

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Une petite surface couverte par plusieurs subdivisions

Un lopin qui vous appartiendrait ne correspondra jamais parfaitement à une surface de la grille de référence de ce système. Ainsi, pour votre carré de sable, vous ne devrez pas retenir une seule série de trois mots, mais peut-être jusqu’à quatre triplets pour un total de douze mots.

Oui, il est plus facile de retenir trois mots communs que des coordonnées géographiques basées sur les degrés, minutes et secondes, mais c’est valable très localement, par exemple pour votre entrée de maison. C’est d’ailleurs l’une des raisons fondamentales de l’invention de ce système.

Dans des lieux reculés, les adresses civiques n’existent pas toujours. Avec trois mots communs, une personne pourrait se faire localiser sur la surface de la planète. Cependant, avec les défauts précédemment cités, ce système ne peut pas être utilisé universellement alors que sa prétention initiale voulait justement définir une localisation terrestre unique.

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Un système propriétaire

La technologie n’est pas ouverte, elle est détenu par l’entreprise privée What3Words. Tout système privé de ce genre fait lever les oreilles de bien des gens. Dans ce cas-ci, la compagnie What3Words décline toute responsabilité advenant qu’elle retranche un mot pour le remplacer par un autre. On voit assez rapidement le bordel survenir à des systèmes de livraison qui auraient adopté ce standard.

Une idée, mais…

Pour toutes ces raisons et d’autres encore, je qualifie ce système de «fausse bonne idée». Elle émane en principe d’un besoin de trouver une solution à certains problèmes, toutefois, elle crée tellement d’autres inconvénients collatéraux qu’à mon avis, il n’est pas envisageable ni même possible de l’utiliser dans son état actuel.

Attendons plutôt la version 2.0, ou mieux encore, la version 7.4! Cependant, selon moi, ce système finira plutôt par disparaitre.

Connaitre votre position vous coûte quelque chose

Nous utilisons deux façons technologiques de nous localiser à la surface de la planète. La première reste anonyme, la seconde est rendue possible grâce à notre identité inscrite dans les appareils connectés qui nous appartiennent.

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L’utilisation du système de géolocalisation GPS permet de se localiser sans révéler son identité, donc sans rien apprendre à qui que ce soit de l’endroit où l’on se trouve au moment précis de la consultation, car le système GPS diffuse des signaux que l’on capte sans rien émettre en retour. Malgré une hégémonie, ce système n’a pas le monopole absolu. Il existe trois autres systèmes et il est facile de se douter des raisons sous-jacentes. Ils se nomment Glonass (russe), Beidou/Compass (chinois) et Galileo (européen). Ce dernier reste encore à l’étape du déploiement de son armada de satellites qui devrait se terminer en 2020.

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Les quatre systèmes utilisent une série de satellites qui émettent des signaux et le capteur dans vos mains procède par triangulation pour calculer votre position. En fait, ça prend de 4 à 5 signaux de satellites simultanés pour obtenir une position précise. Voilà la raison pour laquelle l’altitude fonctionnelle des satellites s’avère particulièrement grande. Plus ils sont éloignés de la Terre, moins ça prend de satellites pour la couvrir en tous points, mais plus la précision diminue. On trouve donc une altitude optimale pour des résultats précis tout en utilisant un nombre de satellites raisonnable. Le système américain GPS utilise un minimum de 24 satellites orbitant à 20200 km au-dessus de nos têtes.

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Le deuxième moyen de se localiser exige de révéler sa position. Chez vous, votre adresse IP est liée à votre position avec votre consentement. Remarquez que vous connaissez déjà parfaitement votre position, votre consentement permet donc aux services consultés de vous localiser dans l’espace, mais également dans le temps. Ces opérateurs savent précisément que vous étiez chez vous situé à tel endroit tel jour et à telle heure précise.

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Votre téléphone intelligent utilise les signaux GPS pour connaitre votre position, mais ils ne sont pas toujours facilement captés partout. Ainsi, des systèmes alternatifs prennent le relais en toute transparence. Cependant, ceux-ci apprennent votre identité grâce à votre appareil mobile et vous n’êtes donc plus une personne anonyme lorsque vous vous déplacez en utilisant «Plans» ou «Google Maps».

Les ondes terrestres de signaux de radio/télévision ou des tours de transmission des ondes 2G, 3G, 4G utilisées par votre portable se rajoutent aux signaux satellitaires afin de vous trianguler, car le système de positionnement fonctionne en sens inverse du GPS. Le repérage se réalise grâce aux ondes émises par votre appareil.

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Triangulation à partir des tours de signaux de téléphones portables, localisation par connexion wifi, détection de puces RFID, etc., toutes ces options transmettent vos informations d’identité. Vous êtes ainsi suivi à la trace dans l’espace et dans le temps. C’est le prix à payer pour vous déplacer grâce à une assistance technologique autre que celle des ondes satellitaires.

Si vous saviez l’usage que font les opérateurs de vos données personnelles, vous préféreriez certainement vous abstenir d’utiliser ces systèmes.

P pour placide

Ça faisait longtemps que je n’avais pas poursuivi ma série de mots commençant par une lettre précise. Voici des liens vers les mots commençant par les lettres D, Y et C.

Je répète mes règles, je propose mes propres définitions, mes propres sens, pas nécessairement ceux des dictionnaires. Évidemment, ils se rapprochent ou sont semblables, mais j’apporte à l’occasion des nuances d’usager francophone d’Amérique, des inflexions personnelles parfois subtiles que j’utilise dans mes écrits.

Le mot d’aujourd’hui : placide.

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Je l’ai choisi parce que je trouve que sa prononciation laisse déjà sous-entendre son sens. Malgré ses dernières lettres, rien n’est rapide dans le mot placide. Il reste en place. Pourtant, son étymologie ne le relie pas à ce mot, mais à deux autres racines latines encore plus évocatrices : « plaire » et « paix ».

Lorsque « placide » s’adresse à une personne, celle-ci prend des airs flegmatiques, imperturbables sans qu’elle soit bonasse ou attentiste. On pense à un individu patient, compréhensif, un professeur, un éducateur. Même si le dictionnaire parle de candeur, je vois plutôt de la tolérance.

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Un paysage placide baigne dans le calme, la sérénité, il est majestueux et nous montre ses plus beaux attraits. C’est une oasis, un refuge pour se refaire des forces, retrouver sa santé et son moral.

Placide est lié au mot paix et celle-ci ne s’obtient jamais sans compromis. Ainsi, être placide exige de la compromission, de l’accommodation. C’est la raison pour laquelle je l’éloigne de tout sens comportant de la naïveté.

Bien sûr, pour tous les va-t-en-guerre, la paix passant par les compromis est un concept inadmissible. Pour eux, ce comportement doit être associé à de la candeur, de l’ingénuité, de la fraicheur et de la simplicité (d’esprit). Voilà pour moi dans quel contexte certains utilisent le mot placide comme étant une faiblesse.

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Évidemment, ma position s’avère tout autre. Je considère la placidité comme une force utilisée à bon escient, elle s’apparente à de l’indulgence. Elle exige de comprendre les autres sans nécessairement les approuver ni les encourager. Sa puissance est puisée dans l’expérience et dans une compréhension multifacettes des humains.

La placidité est réservée aux sages et puisque j’avance en âge, cet objectif m’interpelle de plus en plus. Ma fougue se transformera-t-elle un jour en placidité ? Deviendrai-je un sage placide ?

Et vous ?

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Le survivalisme

Êtes-vous un ou une survivaliste?

Si vous ignorez ce terme, il y a de fortes chances pour que vous ne le soyez pas, mais ce n’est pas certain. La définition ratisse large et se module d’un pays à l’autre, d’une région à l’autre, toutefois, il existe une constante. Un survivaliste se prépare pour des futurs difficiles avec toutes les variantes qu’il est possible d’imaginer.

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Le survivaliste sédentaire

Pendant la guerre froide aux É.U.A., certaines personnes se sont fait construire des bunkers antinucléaires et les ont équipés de matériel et de vivres pour subvenir à tous les besoins durant quelques mois. Cet exemple représente le summum du survivaliste, un individu convaincu qu’il faut se préparer au pire et prendre tous les moyens modernes pour y faire face: armes et munitions, systèmes multiples de communication, de recyclage de l’air et de l’eau, de chauffage et de climatisation, génératrice, outils, meubles, bouffe, boissons, mazout, vêtements, loisirs, la totale. Tout est prévu pour s’enfermer dans un endroit réduit, mais entièrement autonome durant une période variant en fonction de l’état initial des réserves.

Toutefois, il n’est pas donné à tout le monde de devenir un survivaliste sédentaire opérant dans ces extrêmes puisque ça prend un espace approprié, des moyens financiers importants et des connaissances techniques développées. Il est possible d’être un adepte de cette philosophie de vie tout en restant réaliste et économe en privilégiant certains choix.

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La mentalité de base du survivaliste

Un survivaliste ne fait pas confiance aux autres et surtout pas aux différentes autorités gouvernementales pour lui venir en aide. En cas de petit désastre localisé, il aurait tort. Par contre, si une méga catastrophe survenait, l’avenir lui donnerait raison. Un survivaliste n’est aucunement une personne déconnectée ou extrémiste, pessimiste ou loufoque. Il croit simplement que des cataclysmes engendrant de multiples horreurs sont arrivés dans le passé, qu’il en surviendra d’autres dans le futur, et les chances qu’un d’entre eux survienne de son vivant sont suffisamment grandes pour prendre des dispositions adéquates. On ne trouve donc rien de stupide ou d’illogique dans la mentalité du survivaliste.

Par ailleurs, ces adeptes pensent qu’il est totalement irresponsable de ne pas se préparer au pire. Ils savent pertinemment que les cigales viendront lui quémander aide et soutien lorsque le monde s’effondrera. Cette éventualité est considérée tellement sérieusement que les survivalistes craignent tout autant les attitudes humaines post-apocalyptiques que les désastres eux-mêmes, sinon plus. Et une fois encore, ils ont parfaitement raison. Les non prévoyants iront les voler, ils les attaqueront pour s’emparer de ses réserves et de ses équipements, c’est indéniable.

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Pourquoi ne sommes-nous pas tous des survivalistes?

Pour certains, ce serait exister dans une peur continuelle, mais ces mêmes personnes souscrivent toutes à des assurances qui constituent, en quelque sorte, des mesures survivalistes de première instance. Ils pensent probablement que c’est mieux de vivre dans l’insouciance, de manière irresponsable et surtout en se moquant de ceux qui agissent en fourmi afin de camoufler leur propre attentisme. Les chances de catastrophes restent trop faibles pour en faire une fixation, disent-ils. Mieux vaut se faire plaisir aujourd’hui que de dépenser tout son argent dans un projet qui risque fort de ne jamais servir.

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Préparer sa fuite

Toutefois, rien n’empêche de prendre un minimum de précautions, dont une préparation adéquate pour fuir un lieu devenu dangereux. Réserves de nourriture non périssables pour plusieurs jours, réserve équivalente d’eau potable dans des contenants légers et incassables, vêtements chauds et imperméables, multioutils et lampes de poche, batteries, radio, chandelles, allumettes et briquet, poêle portatif et son carburant, divers contenants et sacs hermétiques, ustensiles et gamelles, bottines de marche, boussole, couteau de survie et hachette, des rouleaux de cordes diverses, des mousquetons, un sifflet, un kit pour purifier l’eau, des masques chirurgicaux et une trousse de premiers soins, un stylo ou un marqueur. Pour les vêtements de rechange, un seul ensemble suffit puisqu’on parle d’un mode survie, pas d’une mode à suivre. Gardez votre tête au chaud sous une casquette ou un béret et apportez deux mouchoirs en tissu pour usages divers.

Pensez à vos lunettes et peut-être à de petites jumelles ou à un monoculaire plus léger. Terminez avec vos essentiels d’hygiène. J’ai dit «essentiels». Remplacez régulièrement vos médicaments pour des produits non périmés. N’oubliez pas vos papiers d’identité, y compris votre passeport. Pour la saison froide, préparez un sac supplémentaire contenant les vêtements chauds appropriés. Rajoutez-le au besoin. Éliminez les pochettes lourdes pour privilégier des filets. Utilisez des sacs plastiques à glissière légers, hermétiques et très polyvalents.

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Tout ceci entre dans le fond et dans les poches d’un sac à dos. Complétez-le avec un sac de couchage et un matelas de sol compacts ainsi qu’une mini tente et votre survie sera bien mieux assurée que celle de la plupart des gens. Si vous possédez une moto, vérifiez son bon état de marche et n’hésitez pas à vous en servir. Maintenez un bidon d’essence plein à proximité. Évitez d’utiliser l’automobile si possible. Si elle reste votre seul moyen de transport, n’y engouffrez-y rien qui risquerait de vous faire hésiter à l’abandonner. Le vélo constitue aussi une excellente option, car il ne requiert aucun carburant. Gardez-le toujours prêt à l’usage.

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Le mot magique: «rapidité»

L’important est de privilégier la rapidité d’exécution. Ramasser un seul sac déjà préparé peut vous sauver la vie. L’équiper coûte peu cher et prend juste un peu de temps pour l’organiser et le remplir. Si vous devez rajouter des éléments de dernière minute, assurez-vous d’en avoir fait une liste en indiquant où les trouver et laissez-la sur le dessus du sac.

En cas de coup dur, et cela peut survenir n’importe où dans le monde puisque aucun endroit n’est à l’abri de tout désastre, vous pourrez vous enfuir un rien de temps afin de vous réfugier là où vous trouverez la sécurité. Vous aurez apporté tout ce dont vous aurez besoin pour survivre quelques jours de manière autonome, un mois si vous savez y faire. Ça vous laissera la possibilité de rejoindre un lieu épargné par la catastrophe.

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Composer un plan d’urgence et s’en tenir

Évitez de tergiverser et de perdre du temps à discuter. Si vous ne vivez pas seul, réglez ces possibles litiges dès à présent. Ne vous demandez pas si vous faites la bonne affaire. Agissez selon votre plan d’urgence et cessez d’en douter. Planifiez différentes destinations vers plusieurs directions et divers itinéraires pour les rejoindre. Les premiers individus à quitter les lieux dangereux seront les plus susceptibles de survivre. Ceux qui devront tout organiser et tout préparer au moment de la catastrophe risqueront de faire les mauvais choix ou de rester prisonniers. Demeurez bien informé jusqu’au moment du départ afin de prendre la meilleure option possible.

User de son intelligence

Survivre, ce n’est pas que dans l’action que ça se passe, car nous ne sommes plus des animaux. Contrairement à eux, nous dépendons de nos outils, de nos vêtements et de notre capacité de nous nourrir et de boire sans trop devoir en chercher. Notre intelligence nous a rendus vulnérables face à la nature. Nous devons donc user de cette même intelligence pour être en mesure de l’affronter le cas échéant.

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Une attitude avant une économie

Tout mouvement finit par trouver des gens cherchant à en profiter, le survivalisme ne fait pas exception. Si survivre exige des outils, dépenser une fortune en gadgets de toutes sortes ne règlera rien si vous ne pouvez pas les transporter sur votre dos. La simplicité reste une des clés du succès. Utilisez le même objet pour effectuer plusieurs fonctions, éliminez la redondance. Réduisez la taille et le poids de vos équipements. Choisissez des matériaux et des matériels légers et performants. Apportez des quantités en conformité avec votre plan d’urgence. Tout gramme excédentaire est à proscrire, alors évitez de sortir votre porte-feuille et utilisez plutôt votre imagination.

Votre téléphone

Quant au fameux téléphone intelligent, si vous l’apportez, gardez-le éteint et ouvrez-le seulement au besoin, c’est-à-dire pour vous informer en rapport avec votre plan d’urgence ou pour laisser de brèves nouvelles par textos à vos proches. Débarrassez-vous de tout objet rendu inutilisable, y compris votre cher téléphone.

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Votre moral

Le moral joue pour beaucoup dans la survie. Alors, munissez-vous d’un petit supplément pas du tout essentiel, pas trop lourd, comme un jeu de cartes, un livret de sudokus ou de mots croisés, quelques photos souvenirs, un grigri. Évitez cependant de porter des bijoux ou tout accessoire de valeur. Plus vous aurez l’air pauvre, plus vous serez en sécurité.

N’hésitez pas à apporter de l’aide selon vos moyens et vos capacités à ceux qui croiseraient votre chemin. Dites-vous que tous vos gestes positifs nourriront votre sentiment de bonté et d’utilité.

Gardez le moral en toutes circonstances, car la vie demeure un jeu dangereux qui se termine toujours mal, alors mieux vaut la prendre avec philosophie, peu importe les événements auxquels elle vous confronte. Même si faire de votre mieux n’aura pas suffi à vous sauver, vous resterez fier de vos accomplissements et terminerez votre séjour avec le sentiment d’avoir utilisé le maximum de vos ressources.

L’effondrement de Hilina

État d’Hawaï, grande ile Hawaï, Kilauea. Vous connaissez les événements actuels. Des coulées gigantesques de lave ne cessent de se déverser du volcan Kilauea, rasant tout sur leur passage. Ce phénomène géologique reste très banal, car toutes les iles hawaïennes se sont formées ainsi. La destruction des maisons et des infrastructures ne montre pas la violence du volcan, mais simplement la stupidité des humains à avoir construit des bâtiments et des routes dans ce lieu hautement à risque.

Vidéo récente du Kilauea (16min)

 

Toutefois, ces épanchements ne se révèlent pas dépourvus de tous dangers catastrophiques, loin de là, mais pas ceux qu’on imagine d’emblée. En se refroidissant, cette lave se solidifie sur un sol déjà ferme créant des strates de roches inhomogènes et disloquées. En prenant de la hauteur, le terrain ne fait qu’accroitre son instabilité et il atteindra un jour son point de rupture. Il se produira quasiment à coup sûr un immense glissement qui enverra par le fond des milliards de tonnes de roches. Cet événement à venir se nomme «l’effondrement de Hilina».

Dans un article récent, je décrivais une catastrophe semblable à survenir aux Canaries sur l’ile de La Palma qui engendrera un monstrueux tsunami dans l’Atlantique. L’effondrement de Hilina aux iles hawaïennes causera un gigantesque raz-de-marée, cette fois dans le Pacifique.

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Pour prouver la validité de ce concept, il suffit de regarder de l’autre côté de cette ile, sur la côte nord-ouest et plus précisément sous l’océan à ses pieds. Des débris ne pouvant avoir été créés que par d’épouvantables glissements de terrain gisent au pied de la grande ile. On estime le volume de roches à s’être détaché des pentes de l’ile à 400 fois celui de l’effondrement survenu au mont Saint Helens en 1980.

Cependant, en raison de sa position centrale dans l’océan Pacifique, cette ancienne catastrophe aurait soulevé des vagues de 300 mètres de hauteur, rasant tous les littoraux des terres péripacifiques. La partie nord-ouest de cette ile s’est détachée voilà environ cent mille ans, raison pour laquelle les scientifiques pensent que ce même phénomène se répètera sur la côte sud-est de cette ile.

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L’effondrement de Hilina ne représente pas une théorie de géologues reclus dans des bureaux puisqu’il existe déjà. Le terrain glisse actuellement d’une dizaine de centimètres par an, prouvant son instabilité. S’il venait à se détacher, il causerait un séisme d’une magnitude approchant 9 sur l’échelle Richter et un tsunami évalué lui aussi à 300 mètres de hauteur à cause de la profondeur des eaux dans les parages.

En 1868 et en 1975, des glissements de moindre importance ont engendré de petits tsunamis d’une vingtaine de mètres et ont détruit une bonne partie de plusieurs villages environnants. Est-ce que le présent événement éruptif survenant au mont Kilauea ne permettra pas d’enclencher ce glissement cataclysmique attendu puisqu’il rajoute du poids et des degrés supplémentaires aux pentes de ce terrain maudit?

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Chose certaine, s’il devait bientôt se produire, la surprise ne serait pas totale. Seuls les gens ignorant tout de l’effondrement de Hilina ainsi que ceux qui se le seraient volontairement caché resteront sans voix devant les ravages qu’il causera.

Mais vous, en tant que lecteur de mon blogue, vous ne pourrez prétendre à l’ignorance, seulement à l’insouciance.