Les mots me manquent

Vous avez été amoureux. Vous l’êtes présentement. Un soir ordinaire de janvier, vous regardez votre belle et vous voudriez lui exprimer tout votre amour, mais au moment de le lui crier, vos lèvres restent closes. Les mots vous manquent.

Pourtant, la puissance de vos émotions vous étourdit, vous chavire. Vous ne comprenez rien à ce qui vous arrive. Vous ne connaissez aucun mot pour décrire ce que vous ressentez. Les mots vous manquent.

Un sentiment d’incomplétude vous envahit, vous frustre, vous agresse. Pourquoi ? Pourquoi suis-je incapable d’exprimer l’ampleur de mes émotions ? De lui dire au moins une fois combien je l’aime vraiment ! De lui exprimer à quel point je suis fou d’elle ! Combien je meurs à chacune de ses respirations ! Les mots me manquent. Ils fuient, ils s’évaporent, ils me laissent tomber au moment où j’en ai le plus besoin. Les mots me manquent et me font terriblement, affreusement souffrir.

Dès que je tente d’aligner plus de deux mots d’amour, le résultat ressemble à une mauvaise blague. Les mots me manquent. Pourtant, ils vivent dans mon cœur. Un chirurgien les recevrait en pleine figure s’il me transperçait et pourtant, ils demeurent bloqués quelque part entre la trachée et mes lèvres. Les mots les plus importants sont ceux que je connais le moins. À l’école, ces mots nous étaient interdits, comme s’ils étaient la pire des drogues à laquelle on succombe à la moindre utilisation. On nous les a cachés comme on nous cache les vices et les crimes. L’amour est le plus grand des tabous.

On m’a permis de m’en approcher virtuellement, vertueusement. Les films romantiques, les chansons d’amour, jamais de plus près. Les mots me manquent parce qu’on ne me les a jamais enseignés. On m’a préservé de l’amour parce que son pouvoir est infini. On s’y perd trop facilement. Les mots me manquent et cette souffrance vaut bien celle d’une peine d’amour puisque dans les deux cas, les mots me manquent.

Les mots me manquent, l’héroïne des amoureux. L’amoureux face à son héroïne, démuni, atterré, épuisé, décati. En manque de mots. Les mots me manquent. Les mots… Lire la suite « Les mots me manquent »

Je ne veux plus souffrir

Le Monde se divise toujours en deux clans. En ce qui concerne les souffrances post-amoureuses, il y a ceux qui disent et pensent sincèrement qu’ils ne veulent plus souffrir, et les autres qui ne disent rien ou qui disent des machins pas vraiment réfléchis. Personnellement, je me situe  ailleurs (comme d’habitude mon Mathis !). Je fais partie d’une minorité de gens qui empoignent un tisonnier à chaque fois qu’ils entendent cette ritournelle si, trop, souvent serinée.

J’ai l’impression de le dire pour la neuf-mille-trois-cent-quatre-vingt-dix-septième fois (c’était un chiffre aussi long que mon ennui) ce que je dis toujours dans ces circonstances. « Tu ne souffriras plus le jour où on te retrouvera en compagnie d’une boite à six planches  ».

Je me soulève immédiatement (Prudence est la mère de tous mes enfants) contre ceux qui veulent monter aux barricades en espérant faire croire que j’encourage une solution qui commence par un «s» et se termine par un «e». Je le dit sans ambages, vous avez parfaitement raison, ça vaut certainement une soûlerie avec une bonne bouteille de scotch qu’on trouve dans sa belle boite en bois à six planches.

Haro ! criè-je. Défendez-moi kékun ! Depuis quand une vérité de La Palice est une incitation à autre chose qu’à rire ou à prendre un bon scotch ?

La vie est remplie de souffrances. C’est impossible de s’imaginer vivre totalement sans elles. Mais, bonne nouvelle, la vie est aussi remplie de joies et c’est également impossible de s’imaginer vivre sans elles.

Oui, c’est vrai, les peines d’amour font mal. Très mal. Épouvantablement mal. (…) mal (remplir avec votre superlatif préféré). Et vous vous faites violence pour ne pas vivre une autre peine d’amour qui fait mal (!). Pourtant, c’est ce que vous faites lorsque vous répétez un modèle, fois après fois, avec le même foutu résultat poche ! En réalité, quand vous dites « je ne veux plus souffrir », il faut l’interpréter ainsi : « Je veux continuer à fricoter avec des TdC, mais je ne veux pas qu’ils me fassent souffrir ». Désolé, madame, monsieur et les autres, si vous ne le saviez pas encore, je vous le dis pour la neuf-mille-trois-cent-quatre-vingt-dix-septième fois, un TdC, ça reste un TdC même si tu travailles fort fort pour le changer, même si tu pries fort fort pour le changer (ouais, c’est moins populaire qu’avant, mais qui sait ?) et même si tu lui fais des gâteries fort fort pour le changer (ça, c’est plus populaire qu’avant et ça ne semble pas mieux fonctionner que les prières, pourtant, dans les deux cas on s’agenouille, mais là Mathis tu dérailles, reviens au propos principal et ne pense plus aux génuflexions) .

Il ne reste qu’une seule solution et elle se décline en quatre volets.

  • Uno : oublie une vie sans souffrances sans rien changer d’important dans tes critères du prospect idéal.
  • Deuzio : oublie une vie sans souffrances sans lobotomie. Et encore, arrange-toi pour être bien gelé parce que, ça aussi, ça fait vraiment mal.
  • Troisio : oublie une vie sans souffrances entre 6 planches. Tu ne pourras plus lire mon blogue et tu ne veux vraiment pas vivre cette atroce souffrance.
  • Quatriozo :  oublie une vie sans souffrance parce que ce sont les mêmes personnes qui souffrent et qui vivent les plus belles histoires d’amour et ça, tu ne veux absolument pas t’en passer, sauf si tu es déjà lobotomisé.

En conclusion : quand tu regardes un film qui contient une histoire d’amour (ce n’est pas bien compliqué, il y en a au moins une dans chaque film (foutu bon placement média)) qui se termine mal, tu pleures. Et si elle se termine bien, tu pleures. Fèque, commence par dire à tes yeux comment réagir parce que, à l’évidence, ils l’ignorent totalement. Et quand ce sera plus clair dans ta tête et pour tes yeux qui en font partie, tu comprendras enfin que… touche surtout pas à ma blonde !

Lire la suite « Je ne veux plus souffrir »