Les quatre D

La nouvelle façon de vivre, c’est de mentir impunément. Puisque personne n’est sanctionné, le mensonge devient ainsi la norme sociale. Mentir en niant même les pires évidences, en affirmant exactement le contraire de ce qu’on fait, en jetant les blâmes des conséquences de ses actes sur ses adversaires, en inventant n’importe quels faux événements pour convaincre les autres de se rallier à sa cause, en menaçant les dénonciateurs. Mentir est même devenu tout à fait acceptable. Le mensonge prouve que vous prenez tous les moyens pour gagner et les gens aiment ceux qui gagnent, peu importe comment ils y parviennent.

Autrefois utilisé avec parcimonie puisque se faire prendre à mentir coûtait presque toujours sa carrière, aujourd’hui les menteurs ne cachent même plus. Sachant pertinemment qu’une partie des auditeurs ne sont pas dupes, ils s’en foutent totalement puisqu’ils ne font face à aucune conséquence.

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Mentir permet à ses disciples et admirateurs de reprendre ces aberrations à leur compte et de les semer à tout vent. Lorsque des milliers de personnes crient un même mensonge sur tous les médias sociaux, le mensonge prend des allures de vérité. Surtout que personne (ou presque) ne s’intéresse à faire contrepoids.

Les menteurs imposent leurs règles, car aucune logique ne peut venir à bout des mensonges. La logique doit donc céder le pas à quelque chose de plus puissant et de plus draconien. Mais qui maintenant voudra mettre en place un système qui botterait le derrière aux mythomanes compulsifs lorsqu’ils sont au pouvoir ? Et ce sont des gens comme vous et moi qui les avons placés à ces postes. Vous, moi et aussi d’autres menteurs payés pour falsifier les résultats.

Voilà quelle société nous avons créée et dans laquelle nous vivons actuellement. Une société qu’il sera bien difficile de se défaire… à moins de devenir nous aussi des menteurs invétérés afin de combattre à armes égales. Mais alors, qu’est-ce qui aura changé sinon un nom sur une plaque et dans des documents ?

Une société ayant érigé le mensonge en système sera obligée d’endurer ce mode jusqu’aux quatre D, car cette abominable tolérance est le signe évident de la décadence d’un peuple qui entraine son déclin, engendre sa déchéance et enfin apporte sa destruction.

 

Oasis

Notre vie est jonchée de moments tristes ou sombres. Nous sommes appelés à traverser des déserts, des moments intercalaires épisodiques où l’existence nous fait suer de ténébreuses mers ou pleurer d’impétueux fleuves sitôt absorbés par la sécheresse existentielle du moment.

Ces situations inconfortables, indésirables, nous incitent à tracer une route directe à travers ces terres arides avec l’espérance de rapidement retrouver la luxuriance de périodes plus prospères et plus heureuses.

La pauvreté superficielle et apparente du désert nous incite fortement à trouver une issue rapide, sinon immédiate. La ligne droite étant le plus court chemin connu entre deux points, nous prenons une grande respiration et nous fonçons tête baissée dans le but de mettre rapidement derrière nous ces moments misérables.

Les caravaniers savent pourtant que le chemin le plus rapide ne s’avère jamais être la ligne droite, mais celui qui permettra de survivre en suivant la ligne des oasis. La ligne droite amènera à l’épuisement des ressources et, inévitablement, aux conséquences qui s’ensuivront.

Peu importent les difficultés petites ou grandes rencontrées au cours de notre existence, il me parait sage de progresser en louvoyant d’oasis en oasis. Avancer sans s’épuiser, se reposer régulièrement, reprendre des forces et son souffle, prendre conscience de sa progression, évaluer ses besoins pour traverser la prochaine étape avant de reprendre la route. Toutes ces actions apparemment inefficaces apportent de grands bénéfices peu faciles à évaluer et pourtant essentiels. Lorsque le corps et l’esprit profitent de moments de relâche et de calme, ils trouvent bien meilleures conseillères.

Nous sommes constamment poussés à nous surpasser, à faire mieux et plus vite, à tout exécuter plus efficacement. La tentation de couper certaines activités apparemment dispensables peut sembler judicieuse afin de rencontrer les standards imposés ou satisfaire à nos propres attentes. Cependant, notre bilan à long terme souffrira inévitablement des petits et gros abus commis contre notre personne.

Résister à la pression sociale de performance exige une bonne dose de confiance en soi. Cette pression nous pousse également à en exiger trop des autres personnes gravitant dans notre entourage, nos parents, nos enfants, notre conjoint, des employés sous notre responsabilité, nos amis et même de simples connaissances avec lesquelles nous interagissons.

Les oasis, même si elles rallongent notre parcours de vie et ne permettent pas de maximiser nos bénéfices, parviennent par contre à les optimiser. Vivre plus heureux et moins stressés en se contentant d’un peu moins vaut amplement une vie où l’on se sera toujours foutu de notre bien-être quotidien. Nous devons cesser d’associer l’oasis à l’oisif. Comme toute source de vie, l’oasis rend l’humain meilleur.

Dandelion, un court-métrage exceptionnel

Ma virée hier à Mont-Tremblant m’a amené à visiter la bibliothèque de cette municipalité des Laurentides. Situé à l’intérieur du bâtiment abritant l’hôtel de ville, ce lieu de culture de proximité possède une section spécialement et brillamment conçue pour les enfants. La section pour les adultes offre beaucoup de luminosité naturelle, rendant propice et agréable le plaisir de lire et de découvrir de nouvelles œuvres.

J’ai été accueilli à la bibliothèque par une personne de laquelle il s’avère impossible de rester indifférent. Vous savez, le genre qu’on voudrait instantanément s’en faire une bonne amie et qu’on regrette amèrement de ne pas avoir connu bien avant dans notre vie.

Cette personne se nomme Catherine Fauteux. Vous la connaissez peut-être puisqu’elle a remporté un concours de production de court-métrage en marge du Festival du film de Los Angeles en 2017.

Ce concours consistait à imager l’œuvre musicale Rabbit and Rogue de Danny Elfman. Entièrement réalisé en animation en volume (stop motion), cet étonnant court-métrage issu d’une personne qui en était à sa première expérience en production cinématographique nous transporte dans un univers aux richesses éblouissantes à travers un scénario qui témoigne de ses préoccupations pour la question environnementale, l’apport de l’humain et ses conséquences.

Jugez vous-même du résultat en allant visionner cette œuvre magistrale intitulée « Dandelion» d’une durée légèrement inférieure à dix minutes en cliquant l’hyperlien ci-devant.

La photographe Tremblantoise Catherine Fauteux prépare actuellement sa récidive cinématographique. Il va sans dire que j’ai bien hâte de découvrir les fruits de cet exigeant, mais combien passionnant travail artistique!

Photo : Radio-Canada.ca

Art et proche aidance

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Je reviens tout juste d’un vernissage, une exposition d’œuvres réalisées par des proches aidants de la région des Laurentides au Québec. Cet événement qui se tient jusqu’au 18 novembre 2018 à l’hôtel de ville de Mont-Tremblant regroupe vingt-trois œuvres picturales sur ce seul et même thème de la proche aidance.

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Vous vous doutez qu’il ne s’agit pas d’un curieux hasard si la proche aidance se retrouve dans chaque tableau présenté lors de cet événement riche en couleurs et en émotions. Car malgré tout l’amour, le dévouement, la passion, la disponibilité et la patience qui caractérisent les proches aidants, le ressac surgit sous forme d’épuisement, de découragement, de colère, de culpabilité et de dépression chez les personnes qui ont sciemment décidé d’accompagner un proche dans sa maladie, de faire don d’une importante partie de leur vie à une ou à plusieurs personnes devenues trop vulnérables pour demeurer autonomes.

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Heureusement, depuis maintenant cinq ans, un service d’art-thérapie est offert dans la région des Laurentides à ces personnes dont leur courage admirable n’a d’égal que leur dévouement exceptionnel. Toutefois, ces œuvres n’auraient jamais vu le jour sans la compréhension fine des problématiques liées à la proche aidance que l’art-thérapeute, psychoéducatrice et artiste Annie Bilodeau apporte dans le soutien à ces gens au cœur plus grand que leur poitrine.

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Annie les entraine, les encourage, les supporte dans une démarche artistique visant à exprimer leurs sentiments refoulés au moyen de l’art pictural. Libérés d’une partie de leur fardeau moral, ces gens peuvent ainsi poursuivre leur importante mission de façon plus sereine, plus positive et mieux équilibrée entre les besoins de ceux qui leur sont chers et les leurs.

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Les œuvres ont été réalisées, non pas dans un but de performance artistique, mais plutôt dans une démarche visant à soulager les souffrances. Aucun exposant n’est un professionnel et pourtant, cette vingtaine de tableaux nous atteint au plus profond de notre âme.

Car nous savons tous qu’un jour, nous deviendrons nous-mêmes un proche aidant, si nous ne le sommes pas déjà, ou l’avons déjà été. Et plus tard, nous recevrons nous aussi de l’aide de notre conjoint, d’un ami ou d’un de nos enfants. C’est pourquoi ces toiles concentrées sur trois murs d’une même salle nous font vivre un étonnant maelström d’émotions vives et particulièrement intenses. Ces tableaux ne proviennent pas d’illustres inconnus ayant craché d’incompréhensibles émotions sur des toiles, non, ces œuvres nous décrivent, nous. Elles nous montrent une vision claire et certainement troublante, voire saisissante, de nous-mêmes.

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Chaque œuvre est accompagnée d’un court texte rédigé par l’artiste qui décrit en quelques mots le motif formant la base de sa réalisation. J’ai tenté de les lire les uns à la suite des autres, mais rendu à mi-parcours je me suis accordé une pause. Et c’est exactement le genre de réaction que la proche aidance suscite et il ne faut pas la camoufler. On reçoit un coup de poing au plexus solaire, une bouffée incontrôlée de lourdeur et en même temps un tsunami d’amours sans bornes et de tendresses infinies.

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Une grande amie, Johanne Blanchette, y expose quelques-unes de ses œuvres et s’est directement impliquée dans l’organisation et la réalisation de cet événement que je qualifie de révélateur et de charnière, tant pour les artistes que pour les nombreux visiteurs. De fait, j’ai eu l’occasion et le privilège d’échanger avec certains d’entre eux. J’ai remarqué leur regard au moment qu’ils entraient dans la salle et celui qu’ils portaient à leur sortie. Une indéniable transformation s’était opérée et voilà exactement ce que l’art procure à la population. Nulle obligation d’être un artiste confirmé pour atteindre les gens dans ce qu’ils ont de plus profond et d’intime. Il suffit d’avoir le courage et la générosité de partager ses souffrances, ses peines, ses joies et ses amours et alors, la magie de l’art réussira toujours à opérer.

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Puisque mon lectorat s’étend sur la plupart des continents, je me suis permis de prendre des photos de certaines œuvres et de vous les présenter ici dans mon blogue. Voyez-y une façon de vous encourager à chercher des ressources en art-thérapie dans votre région. Ne niez plus vos douleurs, elles trouveront grâce à l’art, peu importe lequel, une voix pour s’exprimer et une voie pour s’expulser. La proche aidance est tellement demandante, accordez-lui la possibilité de s’exprimer sans contraintes, sans faux-fuyants, en toute liberté et en toute sincérité.

Cet article ne se prétend pas être un communiqué de presse ni une critique de l’exposition. Comme dans tous mes articles, c’est LeCorbot qui s’exprime avec la plus grande sincérité. Si vous désirez plus de renseignements sur l’événement, communiquez avec le service de la ville de Mont-Tremblant.

Je tiens toutefois à souligner l’apport grandement apprécié de deux jeunes flûtistes de talent qui ont accueilli et accompagné les visiteurs tout au long de la soirée. Elles se nomment Élie Lacroix et Élisabeth Bilodeau. Un grand merci à toutes les deux !

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T comme dans tout

Aujourd’hui je poursuis ma série d’articles sur un mot commençant par une lettre précise, le hasard a choisi le t. Me restant ensuite à déterminer le mot dont l’entame est un t, je n’ai pas hésité bien longtemps, en fait, pas du tout. C’est tout.

Vous saurez donc tout sur tout, car aujourd’hui je traite surtout de tout et des t qui le composent. Tout. Tout un mot! Et notez qu’il contient 50 % de t.

Cette lettre t [te] possède, elle, la particularité d’être l’homonyme d’un objet ayant sa forme graphique, du moins dans sa graphie majuscule (T), c’est le té du dessinateur. La majuscule est composée d’un trait vertical et d’un trait horizontal appelé traverse placé à son sommet. Elle se distingue de la minuscule dont on a légèrement rabaissé la traverse en la plaçant plus haut que le centre pour ne pas le confondre avec le signe + de l’addition. Le t minuscule possède généralement une patte vers la droite (t).

Quant au mot «tout», pour tout dire, il me parait plutôt court. Et tout peut tout aussi bien devenir un nom masculin, un adjectif, un pronom ainsi qu’un adverbe de quantité. Aussi bien dire qu’il peut pratiquement tout faire.

La dominance de la lettre t dans son orthographe est atténuée par le fait que le dernier t est muet. Quant au premier t, il se prononce [t], une consonne occlusive dentale sourde. En phonétique, tout s’écrit [tu].

Adjectif

Étrangement, tout ne fait pas partie des adjectifs superlatifs. En adjectif qualificatif, il s’apparente aux mots «complet, entier et intégral», pourtant tout n’en est pas un synonyme. Le Grand Robert précise qu’«il a une valeur moins nette, qu’il doit à sa forme monosyllabique et à ses rôles de mot grammatical». Ainsi, tout n’est pas tout. En tant que subtilité de la langue française, il faut le faire! Tout est également un adjectif indéfini exprimant la totalité, sans exception, la globalité ou la généralité ou une périodicité comme dans «tous les jours». Il se fait généraliste comme dans «à tout coup, en tout état de cause, etc.».

Pronom

En tant que pronom, il prend généralement les formes plurielles «tous ou toutes» et il se prononce [tus, tut]. «Ce sont tous de parfaits idiots. Elles vont toutes mourir.» Toutefois, la forme singulière est utilisée en opposition à rien. «Tout ou rien. Tout est parti en fumée. À tout prendre. Bon à tout faire.» Il résume également une liste prédéfinie. «Alcool, drogue, sexe, tout pour ne plus y penser».

Nom

En tout et partout, ce n’est pas encore tout, car tout est aussi un nom masculin. Le tout qu’on subdivise, qu’on partage. «C’est tout ou ce n’est rien du tout». On renforce une négation avec «pas du tout» qui joue alors à l’adverbe (absolument pas). C’est un nom pris dans un sens binaire, sans compromission, dans «le tout ou rien».

Adverbe

Et enfin, il se fait adverbe de quantité pour désigner la globalité, l’entièreté, synonyme de totalement, complètement, entièrement, exactement. Il devrait donc être invariable, mais ce n’est pas vraiment ou toujours le cas. On écrit «les tout premiers», mais dans une expression présentant un adjectif féminin, il s’écrit au féminin «la toute première».

Avec du féminin pluriel il s’accorde également en genre et en nombre «les toutes premières», mais pas nécessairement si l’adjectif féminin commence par un h muet comme dans «tout hivernale» ou une semi-voyelle «tout oisive». Dans ces cas de figure, la règle devient floue, les auteurs divergent d’opinion et on retrouve de tout. Enfin, l’adverbe tout reste invariable dans d’autres circonstances dont je vous fais grâce.

Le mot de la fin

En introduction, j’ai menti lorsque je vous ai écrit que vous sauriez tout sur tout. Tout est l’un des mots les plus complexes de la langue française et le maitriser relève de l’exploit, sinon de la légende urbaine. Et tout urbaine qu’elle soit, la légende de tout connaitre sur tout est surtout surfaite. Tout en ratisse peut-être trop large pour que nous comprenions tout, même en étant tout ouïe. Un point, c’est tout.

Fausses bonnes idées

Une fausse bonne idée consiste à trouver une solution à un problème qui, lorsqu’on l’applique, engendre des conséquences plus graves que les avantages apportés par sa résolution. Le bilan global d’une fausse bonne idée se révèlera mitigé, désastreux et même abominable selon la superficialité de la réflexion ayant mené à son élaboration.

La cause de l’édification des fausses bonnes idées est à chercher du côté de la simplicité du raisonnement. L’humain aime bien les équations à une seule variable qui n’apportent qu’une seule réponse. Elles deviennent faciles à démontrer puisque l’évidence semble sauter aux yeux. Les gens, peu ou aucunement au courant du sujet traité, abondent facilement dans le sens de la fausse bonne idée.

Il faut bien comprendre le principe de base universel que rien dans la vie n’est totalement bien ou entièrement mal. En éradiquant une source apparente de mal, on élimine également la source de ses bienfaits. Étant ignorants de ceux-ci, seuls ses effets négatifs nous sautent aux yeux et l’idée de s’en prendre à leur cause apparait pleinement justifiée puisque pleinement avantageuse.

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Il faut développer le réflexe de toujours questionner ce qui semble trop évident, trop simple, trop direct, trop beau pour être vrai. Un avantage cache toujours au moins un désavantage et souvent bien plus qu’un seul. Alors, même si une situation semble simple à comprendre, triviale, facile à analyser, l’adage populaire recèle une grande vérité, le diable se cache dans les détails.

L’autre principe de base à toujours garder en tête est que rien n’est aussi simple qu’on voudrait bien le voir ou que d’autres voudraient bien nous le faire croire. Il existe en toutes choses de multiples interactions et nos connaissances actuelles sur un sujet quelconque demeureront toujours fragmentaires, pour ne pas les qualifier tout bonnement de simplistes.

Le doute, la circonspection et même la suspicion doivent accompagner n’importe quelle démonstration, pas nécessairement pour faire dérailler les projets qu’on nous présente ou pour créer volontairement de l’immobilisme morbide, mais pour prendre de meilleures décisions à partir d’une plus grande quantité d’informations qui, souvent, se présenteront contradictoires.

Ainsi, grâce à de meilleures données, nous pouvons contrecarrer certains effets délétères de nos actes dès leur mise en œuvre plutôt que de tenter plus tard de renverser la vapeur, opération qui s’avèrera souvent extrêmement coûteuse, voire carrément impossible.

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Toutes les fois où nous nous substituons à la Nature, où nous prenons des décisions à sa place, toutes les fois où nous nous croyons plus intelligents qu’elle, le boomerang nous revient toujours en pleine figure. Destructions d’habitats, envahissements territoriaux, extinctions d’espèces animales et végétales, migration d’espèces, effets boule de neige imprévus, fragilisations ou brisures des chaines symbiotiques et alimentaires, transformations des sols et de l’hydrographie, chambardements dans les cycles naturels, tous ces impacts imprévus, négligés ou cachés nous rappellent qu’aucune équation n’est simple ni ne se résout d’un seul tenant.

Il en va ainsi avec la Nature tout comme avec la nature humaine. Aucune personne ne se comporte comme si elle était constituée d’une seule variable. Interagir avec les humains exige d’être conscient qu’ils possèdent leurs sensibilités propres, leurs faiblesses intrinsèques et leurs craintes parfois irraisonnées. La sagesse nous dictera un certain degré de prudence et de tact à leur égard. Elle nous gardera constamment à l’écoute des impacts de nos paroles et de nos gestes, même si nous sommes convaincus de notre bonne foi, de véritablement venir en aide, d’agir en vue d’apporter notre soutien. L’être humain s’avère bien plus complexe qu’on le perçoit.

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Cependant, cette complexité ne doit pas totalement nous décourager d’agir, mais il est possible que certaines de nos paroles ou certains de nos gestes s’avèrent finalement avoir été de fausses bonnes idées. Nous ne sommes pas exempts d’erreurs, bien au contraire, nous en faisons et en ferons sans cesse. C’est pourquoi nous devons constamment rester à l’écoute des autres, continuer infailliblement à observer l’impact de nos actions afin de corriger un tir mal ajusté, une parole blessante, une intention incomprise, un choix douteux.

Nous devons impérativement réfléchir avant d’agir et pour ce faire, il devient préalablement essentiel d’accumuler des informations pertinentes sous forme de questions-réponses ou par des observations-analyses. Ces précautions n’existent pas pour freiner une démarche d’aide, mais pour la nuancer, la bonifier, la rendre plus pertinente et pour réduire les effets collatéraux plus nuisibles qu’ils y paraissent parfois.

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Notre vie sera jonchée de fausses bonnes idées, les nôtres et celles des autres, et parfois on ne s’en rendra compte que bien trop tard. Ce sont les aléas de l’existence, mais si nous demeurons conscients des mécanismes qui les engendrent, nous pourrons en prévenir quelques-unes et en démonter quelques autres qu’on essaye de nous faire avaler.

Tout ceci se rapporte à un grand principe sur lequel je reviens constamment dans les articles de mon blogue, celui de toujours réfléchir, de se servir de ses connaissances, de son jugement et de ses doutes pour progresser, pour s’améliorer, pour parfaire ses compétences en toutes choses.

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La liberté est-elle si précieuse qu’elle doit être remisée dans un écrin, sous scellés? Ce faisant, on l’emprisonne en lui défendant de goûter à l’air en toute liberté. Afin de prouver qu’elle existe toujours, on la présente au peuple quelques fois par année sans toutefois la laisser pleinement jouir de ces sorties bien orchestrées. La liberté n’est devenue que figure d’apparat à l’instar d’une triste madone de plâtre défilant parmi une foule de faux dévots exaltés et soûls au cours d’une fête qui n’est religieuse que par la statue décatie aux trois quarts.

Ainsi les gens croient en l’existence de la liberté dans leur vie grâce à quelques pseudo prêtres parlant d’elle au présent, brandissant son effigie en signe de ralliement à une cause commune, agitant son étendard pour dépoussiérer d’ancestraux épouvantails.

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Je ne fais pas porter l’entière culpabilité de ce désastre aux autorités, car bien des gens préfèrent confondre liberté et anarchie, liberté et droit d’abuser, liberté et égocentrisme. Par ces manques de discernement, les autorités en profitent pour rogner les ailes de la liberté et l’enfermer dans un placard fortement gardé.

La liberté s’apparente à une maitresse trop belle pour la laisser sans protections. Elle attire tous les détrousseurs de vertus désireux de se la faire sans égards à sa nature profonde et à ses qualités. Ainsi, pour la prémunir et par ricochet pour nous prémunir contre les actes excessifs ou impropres des sans vergogne, les autorités la kidnappent, rapt parfaitement consenti, car nos craintes deviennent récriminations lorsque la liberté insuffisamment réprimée fait d’innocentes victimes.

Liberté muée en bélitre, une vie de gueuse, une vie de misère, une vie où seules survivent ses pensées d’un passé plus glorieux. Liberté devient lubie, une antique notion présente dans les plus vieux livres de référence. Elle ressemble à l’Atlantide capable d’enflammer l’imagination tout en restant à tout jamais une légende à laquelle on ne pense que lorsqu’on se retrouve autour d’un feu de camp, un verre de rouge à la main.

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Mais voilà surgissant subrepticement dans mon collimateur, un verre de blanc au bec, une femme ayant tout pour naufrager une fois encore mon Atlantide liberté!530_o

Brin de folie, brin de fourmi

Car le peuple n’est pas toujours aussi docile qu’ils aimeraient. Alors pour obtenir sa fidélité malgré leur cause inavouable, les Grands Manipulateurs inventent des causes et exacerbent des craintes afin d’obtenir en retour l’effort de guerre nécessaire et surtout la docilité inconditionnelle des populations qu’ils désirent faire travailler à l’atteinte de leurs objectifs.

Autrefois, les peurs inventées ou exagérées tournaient toutes autour de l’envahissement territorial. Ces craintes comportaient une matérialité dans des équations et des logiques simples à saisir. Si A survient, alors B sera sa conséquence. On pourrait résumer les conflits par le principe qu’il valait mieux envahir les autres en premier plutôt que de se faire envahir plus tard.

Aujourd’hui, ces projections simples sont devenues beaucoup plus complexes, car on parle plus rarement d’envahissement territorial, l’invasion se réalisant sans devoir occuper les lieux. Ainsi, les peurs à engendrer pour obtenir l’assentiment et les efforts de guerre de la population suivent l’évolution stratégique et technologique. Il n’y a pas encore si longtemps, les peurs carburaient aux communistes, aux socialistes, aux gauchistes et autres marxistes censés venir nous envahir. De nos jours, ces anciens ennemis se sont transformés en terroristes, en intégristes, en réfugiés, etc.

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Toutefois, les détenteurs des rênes du pouvoir, qu’ils soient d’hier ou de maintenant, n’ont pas changé leur objectif primordial, celui de poursuivre leur accumulation de richesses personnelles bien au-delà de n’importe quelle décence. Cependant, pour y parvenir, ils ont besoin de l’assentiment tacite des peuples qu’ils tiennent sous leur emprise et qui travaillent souvent à leur insu à les engraisser. La tactique toujours utilisée consiste à faire grandir leurs craintes en les gonflant artificiellement à partir de faits divers réels, mais souvent marginaux.

Demain, les Américains iront aux urnes pour les élections de mi-mandat. La dernière fois, je considère qu’il leur a fallu un brin de folie, pour ne pas dire une bulle au cerveau, pour élire un républicain de la nature de monsieur Trump. Cette fois-ci, ils auront eu deux ans pour réfléchir à leurs actes, nous saurons donc avec plus de précision ce que nos voisins ont vraiment dans la cervelle.

Autrefois un grand peuple, les Américains sont-ils devenus victimes de leur propre hégémonie qu’ils ont fait régner sur la planète? De folles fourmis aveugles au service de leur ploutocratie?

Dans quelques heures, nous en saurons un peu plus.

Pour les corviphiles

Ce matin, je me sens corbot paresseux. Lobotomisé en manque de café, je n’écris rien de consistant. Je pratiquerai donc le farniente et l’oisiveté sans remords.

En revanche, je ne vous donne pas totalement congé dominical. Je vous propose une lecture instructive et réellement passionnante sur un sujet qui me tient beaucoup à cœur, les individus de mon espèce, évidemment celle des corbeaux. Cliquez sur le lien suivant.

Cet article est paru dans La Presse Plus et montre, faut-il encore le prouver, qu’animaux et humains partagent de grandes compétences.

Allez! J’enfouis mon bec sous mes plumes et je vous retrouve demain.

 

‘Oumuamua, le mystère s’épaissit

Je vous ai parlé à quelques reprises de cet objet spatial repéré le 19 octobre 2017 qui a été officiellement classé dans la catégorie des objets interstellaires, c’est-à-dire que sa provenance est extérieure à notre système solaire. Il est le premier de son genre à être répertorié.

Vous trouverez les liens vers mes autres articles traitant de cet objet au bas du présent texte.

Qu’il soit astéroïde ou comète, sa forme très inhabituelle de cigare dix fois plus long que large, sa métallicité très élevée et son revêtement mou de couleur rouge foncé le rendent des plus bizarre. Mais il y a plus. Des études fines de sa trajectoire viennent rajouter une couche de mystère supplémentaire à son sujet.

Lors de son passage à proximité du Soleil, ‘Oumuamua suivait sur une trajectoire hyperbolique qui le fait s’éloigner définitivement de nous. Des astronomes ont toutefois noté une augmentation supplémentaire de sa vitesse, suggérant un dégazage semblable à ce qui survient aux comètes et qui crée leur chevelure si caractéristique. Notez qu’aucune queue de gaz n’a toutefois été repérée et seule son accélération l’a été.

Ce phénomène bien connu des astronomes est censé occasionner certains changements comportementaux à l’astre. La rotation de l’objet sur lui-même devrait se modifier. Or à ce chapitre ‘Oumuamua n’a pas semblé se comporter différemment. De plus, l’astrophysicien Roman Rafikov de l’Université Cambridge conclut que les effets du dégazage auraient dû causer sa dislocation. Pourtant, notre visiteur extrasolaire est bien resté en un seul morceau.

Une théorie alternative laisse entendre que cet objet semble trop peu naturel pour ne pas être artificiel. Certains le voient donc comme une sorte de sonde spatiale envoyée par une autre civilisation. Il récolterait des informations sur les différents systèmes planétaires qu’il croiserait en chemin. Cependant, il n’émet aucune onde électromagnétique, ni pour sonder son entourage ni pour transmettre les informations recueillies au cours de son périple. Mais cette technologie équipant nos propres sondes pourrait être ringarde et remplacée à bord d’Oumuamua par quelque chose de plus performant que nous ne connaissons pas.

Objet céleste naturel atypique ou engin spatial extraterrestre ? On ne connaitra peut-être jamais la vérité à son sujet.

Référence : L-express.ca via Agence Science-Presse

 

Mes autres articles traitant de ‘Oumuamua

La Californie s’affaisse

Quatre cultures par année, la Californie est la championne de la production de légumes aux États-Unis. Elle est aussi la championne de la consommation d’eau. Elle en consomme ßtellement que le sol s’affaisse de plusieurs centimètres par année, surtout dans la vallée San Joaquin, là où les terres et le climat semblent idéaux.

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Des relevés radar fournis à la Nasa par le satellite Sentinel-1A de l’ESA ont montré qu’en seize mois en 2015 et 2016, la vallée s’est enfoncée de 40 cm à 56 cm sur une longueur de 97 km. Vous voyez sur la carte suivante l’importance de l’affaisement (en pouces).

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Plusieurs problèmes majeurs se profilent bientôt à l’horizon. La surconsommation d’eau vide les nappes phréatiques et rendra bientôt les terres stériles par manque d’irrigation. Pire encore, les vallées centrales de la Californie courent devant des inondations monstres lorsque les terres intérieures seront potentiellement envahies par l’océan au cours d’une tempête, d’un raz-de-marée, d’un tsunami ou d’une série de séismes qui créeront une brèche entre la côte et les cuvettes.

Étant inondées par de l’eau salée, même une fois asséchées, les terres agricoles perdront leur capacité de culture et bien sûr leur valeur. Le prix des fruits et des légumes décuplera, obligeant les ménages à réduire drastiquement leur consommation.

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Peu d’informations filtrent sur cet autre effet négatif anthropique. Comme toujours, tout le monde s’étonnera lorsqu’une catastrophe surviendra, surtout les autorités qui feindront la surprise et l’inattendu. N’étant plus à un mensonge près, ça en fera juste un autre de plus.

Une fois de plus, les données scientifiques en rapport avec les effets dévastateurs des humains sur la planète restent peu populaires sinon ignorées et même occultées. Toutes nos exactions, soyez assuré, nous reviendront comme un boomerang. Et le jour se rapproche où une kyrielle de catastrophes dont les causes sont de nature anthropique s’abattront incessamment sur nos têtes.

Notre réaction sera alors de blâmer tout le monde sauf nous-mêmes, de reprocher l’inaction d’Alice et Bertrand, de nous dire qu’on aurait pu empêcher tout cela si on nous en avait parlé. Foutaise. On le sait pertinemment et on continue d’élire des gens qui nous promettent de rester les bras croisés.

Savoirs anciens, les dimensions de la Lune

Si vous n’avez pas suivi mes précédents articles sur les savoirs anciens, sachez simplement que j’ai travaillé pour le pharaon Khoufou (Khéops) et je lui ai prouvé à l’aide de moyens extrêmement simples que la Terre était ronde et qu’elle mesurait 40000 km de circonférence, valeur que je lui ai traduite en coudées égyptiennes afin qu’il comprenne correctement. Le système métrique n’étant pas encore en vigueur à cette époque.

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Maintenant, grâce à la rotondité et aux dimensions connues de la Terre, je l’entretiens sur l’astre de la Nuit, la Lune, et je lui montre comment mesurer ses dimensions et la façon de connaitre la distance qui la sépare de nous.

 

— Cher rusé Corbot, vous voulez me faire croire que vous connaissez la distance qui sépare notre belle Lune de nous?

— Parfaitement, chère Majestueuse Hypercholestérolémie, je peux même vous montrer comment trouver ses dimensions grâce à l’éclipse de Lune qui commence à l’instant.

— Comment ferez-vous? Apprenez-moi votre méthode.

— Maintenant que nous connaissons la forme et les dimensions de notre Terre, nous les utiliserons pour mesurer celles de la Lune. Regardez, l’ombre de la Terre commence à se projeter sur la Lune. Puisque la Terre est ronde, son ombre l’est tout autant.

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— Oui, je vois un croissant noir apparaitre et lentement grandir à la surface de la Lune.

— Parfaitement et le côté extérieur de ce croissant ne nous présente rien d’autre que le bord extérieur de notre chère Terre.

— Quel étonnement de voir l’ombre de notre planète se profiler sur la Lune! Mais que ferez-vous maintenant que nous voyons ce croissant sombre?

Maintenant qu’il occulte environ la moitié de la Lune. Je reproduis sur un papier le dessin que forment les deux cercles, celui de la Lune et la portion du cercle de la Terre représenté par ce croissant. Je complète ensuite cet arc de cercle afin de montrer la Terre en entier.

Terre-Lune-Eclipse

— Je comprends, astucieux volatile. Il reste ensuite à comparer les dimensions des deux cercles. Puisque nous connaissons combien la Terre mesure de coudées, les proportions entre les deux astres nous permettent de trouver les dimensions de la Lune.

— Exact. Voilà le dessin des deux astres alors que l’éclipse montre bien une partie des deux. Avec une règle je mesure que le diamètre de la Terre est environ 3,66 fois plus grand que celui de la Lune.

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— Et puisque vous avez déjà déterminé le diamètre de la Terre en mesurant sa rotondité, il est aisé d’en déduire celui de la Lune.

— Oui. Puisque le diamètre de la Terre vaut 30580000 coudées populaires, celui de la Lune vaut 3,66 fois moins, donc près de 8338000 coudées populaires.

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— Et si mon précepteur a bien fait son travail, je devrais pouvoir calculer la circonférence de notre astre de la Nuit en multipliant par le nombre magique des cercles que vous appelez pi, cher emplumé ami. En faire le tour représente environ 26200000 coudées, si nous pouvions nous y rendre, évidemment.

— La prochaine fois que nous nous verrons, nous calculerons la distance nous séparant de notre chère Lune, cher Illustrissime Pharaon.