L’OM, une finale de feu !

L’Orcherstre Métropolitain de Montréal présentait hier soir un concert mettant en avant-scène deux pièces de Stravinski. En premier, on a du droit au Divertimento du Baiser de la fée et pour clore la soirée l’Oiseau de feu. Les deux pièces intermédiaires mettaient en vedette la mezzo-soprano Sasha Cooke dans des pièces de Respighi et de Jalbert.

La direction d’orchestre a été confiée au chef invité Cristian Măcelaru, un maestro énergique. La musique russe de cette époque, début du XXe siècle, est d’une grande richesse et les instruments de l’orchestre sont souvent utilisés de toutes sortes de façons originales.

Si le Divertimento était correct, l’Oiseau de feu a fait sauter la baraque. L’orchestre et leur maestro savaient où ils allaient et tous les instruments étaient parfaitement alignés. Le quatrième et dernier mouvement s’est terminé dans une apothéose endiablée et très émouvante.

La précision des musiciens n’a malheureusement pas toujours été de la partie et spécifiquement les premiers violons dans Il Tramonto de Respighi, la deuxième pièce de la soirée, où certains ont erré à deux reprises.

Ce fut, malgré ces très légers accrocs, une soirée vraiment réussie où les musiciens semblent adorer trimer dur. Plusieurs d’entre eux passent l’entracte à peaufiner un passage qu’ils auront à jouer au retour des spectateurs. Ils semblent illuminés par un feu sacré et leur jeu s’élève de plusieurs crans.

Il faut dire que certains d’entre eux sont des musiciens hors pair. J’en ai nommé quelques-uns dans ma critique précédente. Ils doivent certainement aider à insuffler cette énergie qui transparait profondément.

Malheureusement, toute bonne chose a une fin et mon abonnement à la saison  2017-2018 a rendu l’âme hier soir.

Image : jesterv2.deviantart.com 

Le Messie de Haendel, c’est Noël !

Durant le temps des Fêtes de fin d’année, les gens amènent leurs enfants voir Casse-Noisettes et les adultes vont écouter le Messie de Haendel. Cet oratorio monumental composé en 1741 a été achevé en seulement 24 jours. Hier soir, l’Orchestre Métropolitain de Montréal délivrait sa version devant une salle archibondée. De retour d’une tournée retentissante en Europe, l’orchestre dirigé par Yannick Nézet-Séguin et le Cœur Métropolitain se sont illustrés par une interprétation empreinte d’une grande sensibilité. Les quatre choristes férus de cette œuvre comme en témoignait leur livret maintes fois manipulé ont offert une excellente performance.

Je dois avouer un travers. J’ai un problème en rapport avec le chant. Beaucoup de voix de sopranos m’énervent. J’ai une sensibilité extrême à tout ce qui ressemble de près ou de loin à un cri de détresse, dont plus particulièrement les cris des jeunes enfants et quelques sopranos qui poussent la note un peu trop richement. Une lumière rouge « danger » clignote dans ma tête et je me mets instinctivement en mode « trouve la menace et règle-lui son cas ». C’est passablement désagréable de vivre ce type d’émotion probablement héritée de mes ancêtres pour qui tout rapprochement avec des cris d’alarme représentait une question de survie. La voix de la soprano Carolyn Sampson est heureusement exempte de cet aspect plutôt désagréable même lorsqu’elle projette sa voix jusque dans les corridors. J’ai donc pu apprécier l’œuvre dans toute sa splendeur, tant mieux pour moi et pour l’entourage qui n’a pas eu à souffrir de mon tomahawk laissé sagement sous mon veston. Ça me réconcilie avec les voix féminines haut juchées.

Cette œuvre possède une sinfonia suivie de cinquante-et-un récitatifs regroupés en trois parties. Seulement deux récitatifs faisant partie de la dernière partie sont restés dans les coulisses, fait plutôt rare, puisque la longueur totale de l’œuvre, près de trois heures, décourage bien des maestros à tous les inscrire au programme. En faisant disparaitre plusieurs récitatifs, ou même en éliminant totalement la troisième partie, ils réduisent l’œuvre et son impact global. Heureusement, Nézet-Séguin n’est pas du genre à simplifier son travail derrière le pupitre.

La deuxième partie se termine sur le populaire alléluia qui aurait fait frissonner un ours polaire. Cependant, la moitié de la salle s’est levée durant l’exécution de ce récitatif. Sur le lot, j’aurais été bien curieux de compter le nombre de gens qui en saisissait la réelle signification. À l’église, l’alléluia appelle l’assemblée à se lever, mais c’est durant une messe, pas durant un concert. Ce genre de dérangement inutile m’agace grandement. Oui, je l’avoue, j’ai un caractère bourru à l’occasion (!) et surtout lorsqu’on gâche mon plaisir avec de fausses bonnes idées.

Je profite du 24 et du 25 décembre pour faire jouer des chansons de Noël à la maison. Ce sera amplement suffisant.

Alors, Joyeux Noël à tous les Terriens ! Les autres, laissez les humains tranquilles jusqu’aux Rois.