De Hochelaga à Montréal

Mes ancêtres Iroquoiens occupaient l’ile de Montréal bien avant l’arrivée des colons Français. Une bourgade portant le nom d’Hochelaga, accueillit Jacques Cartier en 1535, mais son emplacement précis reste aujourd’hui incertain. Même si un quartier de la ville porte encore ce nom, la communauté amérindienne avait son campement sur les flancs du Mont-Royal, passablement éloigné du quartier Hochelaga actuel.

Si Jacques Cartier aperçois le campement amérindien en 1535, il n’est pas revu par Samuel de Champlain lors de son passage en 1603. Toutefois, si le campement se trouvait sur le flanc sud-est du Mont-Royal et que Champlain emprunta l’embranchement de la Rivière-des prairies au nord de l’ile plutôt que de passer par le fleuve Saint-Laurent au sud, la montagne se serait interposée entre les deux. D’autre part, beaucoup d’eau s’est écoulé entre les expéditions des deux voyageurs Français. Les amérindiens avaient pour habitude de se déplacer durant l’année. Il aurait suffit de qu’ils se soient rendus ailleurs pour chasser ou pêcher pour rendre invisible la bourgade visitée par Jacques Cartier soixante-huit ans auparavant.

En l’année 1642, Paul de Chomedey de Maisonneuve et Jeanne Mance instaurent une colonie permanente sur l’ile, sur les rives du Saint-Laurent aux abords d’une petite rivière, un lieu aujourd’hui appelé Pointe-à-Callière qui se situe dans le Vieux-Montréal. Le lieu prend le nom de Ville-Marie. Plus tard, ce nom sera cédé pour adopter celui de son mont Mons Realis (Mont-Royal), Montréal.

De par mes racines mohawks et françaises, je suis doublement Montréalais, aujourd’hui une agglomération urbaine de plus de 4 millions d’habitants, soit un peu moins de la moitié de la population entière de la province de Québec.

La particularité de Montréal est d’être un ile au cœur du fleuve Saint-Laurent tout en possédant un mont de 111 mètres en son centre. Ce mont fait partie des Montérégiennes, une série de 11 élévations toutes alignées, signe d’un point chaud se déplaçant avec la dérive du continent. Ces montagnes se sont formées par une remontée de magma qui n’a jamais atteint la surface. L’érosion dues aux glaciers a grugé la roche plus tendre aux alentours, laissant apparaitre cette chaine formée de roches magmatiques beaucoup plus dures.

Si autrefois habiter une ile pouvait s’avérer avantageux, l’obligation actuelle d’emprunter un pont pour s’y rendre complique la circulation routière, parfois à toutes heures du jour et d’autant plus depuis que le camionnage a remplacé une bonne partie du trafic ferroviaire.

La rive sud de l’ile de Montréal est occupée par le Port de Montréal qui utilise 24 km de ses berges, le cinquième port en importance à l’Est de l’Amérique du Nord. Il accueille également de plus en plus des passagers en croisière grâce à un réseau d’attractions touristiques bien développé autour du Vieux-Port et du Vieux-Montréal.

La ville de Montréal occupe aujourd’hui 360 km2, les trois-quarts de la superficie totale de l’ile.

Photo : Par Limage95 — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=61252656

Montréal a 375 ans

Montréal a 375 ans, mais elle a un vécu bien plus grand.

Les festivités entourant le 375e anniversaire de fondation de Montréal se terminent bientôt et je n’en ai pas encore touché un mot.

Étant Montréalais de naissance et citoyen de cette ville, mon patriotisme serait-il en panne ? Possible. Disons que j’avais perdu beaucoup de fierté depuis une bonne vingtaine d’années alors que les scandales de corruption avérés et soupçonnés étaient les seules nouvelles qui parlaient de notre ville.

Selon moi, les Montréalais avaient peu de bonnes raisons de fêter leur ville sapée de toutes parts, gangrénée et sucée de son sang, chacun se servant comme dans un buffet ouvert jusqu’à se faire exploser la panse. Malgré toute cette grisaille, la ville a malgré tout réussi à organiser et à tenir une panoplie d’événements répartis tout au long de l’année 2017.

L’un des plus éblouissants succès est sans contredit l’illumination du pont Jacques-Cartier. Nos artisans illuminent déjà des centaines de spectacles partout sur la Planète et pas les moindres. Les mettre à contribution pour léguer à la ville un héritage témoignant de notre talent, de nos saisons et de nos énergies fut l’un des faits marquants de l’année.

La firme Moment Factory fut le maitre d’œuvre de cette colossale réalisation. Elle fit appel à toutes les autres entreprises montréalaises spécialisées en éclairage et en multimédia dans un formidable esprit de coopération.

Jour après jour, l’éclairage change selon la saison, mais également en fonction des événements survenant dans la ville et de l’humeur de ses citoyens. Que ce soit durant le Grand Prix de Montréal de Formule 1 ou lors d’une tempête de neige et de blizzard, le pont adapte sa personnalité aux conditions environnantes. Véritable baromètre de l’activité montréalaise, le pont de dentelles d’acier juché très haut au-dessus de la voie navigable du fleuve Saint-Laurent en met plein la vue à tous ceux qui l’aperçoivent, même à des distances impressionnantes. Ne serait-ce que pour cette seule réalisation, le 375e anniversaire de la ville a valu la peine d’être souligné.