Je suis

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Je suis le vent glacé automnal, le ciel ombrageux, les feuilles tombées

Je suis l’étranger indésirable, l’inverse de l’an droit, l’épine dans la chair

Je suis l’oiseau rabattu, le corbeau aux ailes d’Échyrée, la menace tue

Je suis l’arbre sauvage épargné des haches et du feu, fier, risible, esseulé

Je suis le mascaret remontant le fleuve des préjugés, le ras-le-bol-de-marée

Je suis l’ile aux falaises tranchantes, inabordable, peuplée d’oiseaux exotiques

Je suis le pieu du prétentieux, le dénonciateur du menteur, l’ail du vampire

Je suis la pluie sournoise, le verglas briseur, la pesanteur indésirable

Je suis l’épopée oubliée, le héros méconnu, la quête avortée

Je suis l’enfer inondé, le ciel silencieux, la terre en jachère

Je suis l’innommable, l’inqualifiable, l’épouvantail

Je suis la marmite débordante, la rébellion sous couvert, l’incompréhensible

Je suis la défervescence, l’extincteur des idioties, le réaliste indésirable

Je suis les nuées noires, le symbole de la furie, le silence annonciateur

Je suis l’univers atomisé, l’immensité ratatinée, le peu anéanti

Je suis mon indomptable roi, mon irréprochable loi, ma juste foi

Je suis moi… qui suis-je

L’effondrement de Hilina

État d’Hawaï, grande ile Hawaï, Kilauea. Vous connaissez les événements actuels. Des coulées gigantesques de lave ne cessent de se déverser du volcan Kilauea, rasant tout sur leur passage. Ce phénomène géologique reste très banal, car toutes les iles hawaïennes se sont formées ainsi. La destruction des maisons et des infrastructures ne montre pas la violence du volcan, mais simplement la stupidité des humains à avoir construit des bâtiments et des routes dans ce lieu hautement à risque.

Vidéo récente du Kilauea (16min)

 

Toutefois, ces épanchements ne se révèlent pas dépourvus de tous dangers catastrophiques, loin de là, mais pas ceux qu’on imagine d’emblée. En se refroidissant, cette lave se solidifie sur un sol déjà ferme créant des strates de roches inhomogènes et disloquées. En prenant de la hauteur, le terrain ne fait qu’accroitre son instabilité et il atteindra un jour son point de rupture. Il se produira quasiment à coup sûr un immense glissement qui enverra par le fond des milliards de tonnes de roches. Cet événement à venir se nomme «l’effondrement de Hilina».

Dans un article récent, je décrivais une catastrophe semblable à survenir aux Canaries sur l’ile de La Palma qui engendrera un monstrueux tsunami dans l’Atlantique. L’effondrement de Hilina aux iles hawaïennes causera un gigantesque raz-de-marée, cette fois dans le Pacifique.

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Pour prouver la validité de ce concept, il suffit de regarder de l’autre côté de cette ile, sur la côte nord-ouest et plus précisément sous l’océan à ses pieds. Des débris ne pouvant avoir été créés que par d’épouvantables glissements de terrain gisent au pied de la grande ile. On estime le volume de roches à s’être détaché des pentes de l’ile à 400 fois celui de l’effondrement survenu au mont Saint Helens en 1980.

Cependant, en raison de sa position centrale dans l’océan Pacifique, cette ancienne catastrophe aurait soulevé des vagues de 300 mètres de hauteur, rasant tous les littoraux des terres péripacifiques. La partie nord-ouest de cette ile s’est détachée voilà environ cent mille ans, raison pour laquelle les scientifiques pensent que ce même phénomène se répètera sur la côte sud-est de cette ile.

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L’effondrement de Hilina ne représente pas une théorie de géologues reclus dans des bureaux puisqu’il existe déjà. Le terrain glisse actuellement d’une dizaine de centimètres par an, prouvant son instabilité. S’il venait à se détacher, il causerait un séisme d’une magnitude approchant 9 sur l’échelle Richter et un tsunami évalué lui aussi à 300 mètres de hauteur à cause de la profondeur des eaux dans les parages.

En 1868 et en 1975, des glissements de moindre importance ont engendré de petits tsunamis d’une vingtaine de mètres et ont détruit une bonne partie de plusieurs villages environnants. Est-ce que le présent événement éruptif survenant au mont Kilauea ne permettra pas d’enclencher ce glissement cataclysmique attendu puisqu’il rajoute du poids et des degrés supplémentaires aux pentes de ce terrain maudit?

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Chose certaine, s’il devait bientôt se produire, la surprise ne serait pas totale. Seuls les gens ignorant tout de l’effondrement de Hilina ainsi que ceux qui se le seraient volontairement caché resteront sans voix devant les ravages qu’il causera.

Mais vous, en tant que lecteur de mon blogue, vous ne pourrez prétendre à l’ignorance, seulement à l’insouciance.

Manitou

Pour les Amérindiens Anishinaabe-Ojibwés, Manitou est l’énergie vitale de toute entité vivante, humaine, animale ou végétale. L’énergie individuelle est la part de manitou qu’assume en dedans de lui chaque être vivant. Grand Manitou, Gitche Manitou est donc l’ensemble des être vivants formant l’Un, l’Être suprême qui anime toute création.

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Selon ce peuple vivant près des Grands Lacs d’Amérique, Grand Manitou résiderait sur l’ile Mackinac sur le lac Huron à la frontière du lac Michigan. Des cérémonies annuelles amenaient ces Amérindiens en pèlerinage sur cette ile.

Ile Mackinac

Grand Manitou est synonyme de Grand Esprit, Père le Ciel, Maître de la Vie, le Grand Mystère, Wakonda.

C’est l’Être mystérieux, ou tout simplement «Le Mystère». C’est l’équivalent d’Orenda pour les tribus iroquoiennes, dans les deux cas, un Esprit bienfaiteur, mais qui peut se fâcher si on lui est irrévérencieux.

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Comme on peut le constater, le thème d’une part du Dieu Créateur faisant partie de nous et auquel nous nous identifions n’est pas unique et se retrouve dans une grande quantité de cultures sur le Globe.

Images : saturdayeveningpost.comdaylahneedanangel.skyrock.com

Le Mauna Loa tremble

Les iles Hawaï se sont formées par un volcanisme dit de « point chaud ». C’est une sorte de chalumeau qui fait remonter la chaleur du manteau terrestre en surface en transperçant la croûte terrestre. La dérive de la plaque continentale Pacifique fait en sorte que de nouvelles iles se sont créées, formant un chapelet d’iles.

Le Mauna Loa est un volcan en activité sur ces iles. Il vient de fortement trembler, 6,9 sur l’échelle Richter d’après mon application qui les répertorie. Ceci n’annonce rien de bon. D’ailleurs, des centaines de petites secousses se sont fait sentir depuis plusieurs jours.

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Le Mauna Loa est une montage qui, lorsque mesurée depuis sa base au fond de l’océan, fait 17 kilomètres de haut. C’est le plus haut volcan du monde. Sa superficie couvre la moitié de son ile. Il fait partie de la catégorie des volcans rouges, c’est-à-dire que sa lave pauvre en silice coule de manière fluide. Ainsi, les éruptions cataclysmiques ne font pas vraiment partie de son registre. Ce sont ses coulées de lave qui le rendent dangereux, car elles menacent les populations avoisinantes lorsqu’elles s’écoulent rapidement.

L’augmentation accrue des petites secousses et cette dernière à 6,9 sont annonciatrices d’épanchements en hausse. Bonne chance à tous les habitants se trouvant à proximité.

Photo : fineartamerica.com ;

Devon

L’ile Devon n’est pas une nouvelle destination vacances. Bien peu de gens la connaissent parce qu’elle se situe tout au nord du Canada dans les territoires du Nunavut. C’est la plus grande ile inhabitée de la planète. Alors que peut bien receler cette ile pour qu’on en parle ces temps-ci ?

En réalité, elle fait parler d’elle depuis 1999 dans certains milieux scientifiques. C’est là que la NASA effectue certaines expériences lorsqu’elle a besoin de simuler l’environnement de Mars. Lorsqu’on effectue un survol de ces terres désolées, on voit très bien la ressemblance avec la petite sœur de la Terre.

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Mais actuellement, il existe une autre raison pour laquelle ce milieu désertique est populaire. Des scientifiques ont par hasard découvert le premier lac sous-glaciaire canadien. Il existe dans le monde près de 400 de ces lacs dont le plus célèbre est probablement le lac Vostok en Antarctique, mais celui de l’ile Devon est très particulier.

Il est fait d’eau hyper chargée en sels minéraux, ce qui pourrait la faire ressembler à l’eau contenue sous la croûte glacée d’Europe, l’énigmatique lune de Jupiter. En étudiant cette eau, elle pourrait peut-être nous donner des indices sur la faune vivant sous la glace d’Europe.

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Due à la pression de la glace, la température de l’eau du lac de l’ile Devon avoisinerait les -10 °C même si elle reste à l’état liquide. Ce deuxième critère de ressemblance possible avec les eaux d’Europe encourage et excite les exobiologistes.

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Cela fera pour l’ile Devon une raison supplémentaire pour recevoir en été de nouveaux scientifiques. Comme quoi les terres désolées ne sont pas si inutiles qu’elles peuvent sembler.

Les conspirationnistes affirment que jamais personne n’a envoyé de rovers sur Mars et que toutes les images proviennent de l’ile Devon. Je leur répondrais qu’ils ne sont certainement pas des rocket scientists (intellos, nerds) pour oser avancer de telles affirmations sans aucune preuve, constat ou observation autres que leur scepticisme. Qu’importe, puisque ce sont les mêmes qui prétendent que la Terre est plate. La seule chose qui est plate est l’étendue infinie de leur désolante ignorance.

L’ile aux bas perdus

Qu’arrive-t-il à nos chaussettes perdues entre le tiroir et le tiroir en passant par mes pieds, le panier à linge sale, la laveuse puis la sécheuse ?

Pourtant je ne jette aucune chaussette dépareillée afin de leur permettre de recouvrer leur conjoint un jour ou l’autre.

Malgré cette précaution élémentaire, mes chaussettes veuves ne retrouvent jamais leurs maris.

J’accrois les statistiques en leur faveur en achetant plusieurs paires identiques et pourtant, ça finit toujours à tomber sur un nombre impair alors qu’en perdre deux du coup, je n’y verrais que du feu.

Déduction, elles sont allergiques ou ont horreur des nombres pairs. Peut-être alors que les chaussettes sont faites pour habiter dans mon tiroir en nombres premiers puisque ceux-ci sont tous impairs (évidemment sauf le 2). Ce serait le premier cas connu où les nombres premiers contrôlent des objets physiques.

Je plains mes chaussettes devenues célibataires. Toutefois, sachant qu’aucune énergie n’est perdue au sein de l’Univers, les chaussettes doivent donc à tout prix émerger quelque part ailleurs.

Je pense qu’il existe une ile magique sise dans les immensités de l’océan ou une planète accueillante où toutes les chaussettes perdues se retrouvent afin de s’apparier entre elles. N’ayant pu retrouver leur partenaire d’origine, elles accroissent ainsi leurs chances de trouver chaussette à leur pied. « L’ile aux bas perdus ».

De Hochelaga à Montréal

Mes ancêtres Iroquoiens occupaient l’ile de Montréal bien avant l’arrivée des colons Français. Une bourgade portant le nom d’Hochelaga, accueillit Jacques Cartier en 1535, mais son emplacement précis reste aujourd’hui incertain. Même si un quartier de la ville porte encore ce nom, la communauté amérindienne avait son campement sur les flancs du Mont-Royal, passablement éloigné du quartier Hochelaga actuel.

Si Jacques Cartier aperçois le campement amérindien en 1535, il n’est pas revu par Samuel de Champlain lors de son passage en 1603. Toutefois, si le campement se trouvait sur le flanc sud-est du Mont-Royal et que Champlain emprunta l’embranchement de la Rivière-des prairies au nord de l’ile plutôt que de passer par le fleuve Saint-Laurent au sud, la montagne se serait interposée entre les deux. D’autre part, beaucoup d’eau s’est écoulé entre les expéditions des deux voyageurs Français. Les amérindiens avaient pour habitude de se déplacer durant l’année. Il aurait suffit de qu’ils se soient rendus ailleurs pour chasser ou pêcher pour rendre invisible la bourgade visitée par Jacques Cartier soixante-huit ans auparavant.

En l’année 1642, Paul de Chomedey de Maisonneuve et Jeanne Mance instaurent une colonie permanente sur l’ile, sur les rives du Saint-Laurent aux abords d’une petite rivière, un lieu aujourd’hui appelé Pointe-à-Callière qui se situe dans le Vieux-Montréal. Le lieu prend le nom de Ville-Marie. Plus tard, ce nom sera cédé pour adopter celui de son mont Mons Realis (Mont-Royal), Montréal.

De par mes racines mohawks et françaises, je suis doublement Montréalais, aujourd’hui une agglomération urbaine de plus de 4 millions d’habitants, soit un peu moins de la moitié de la population entière de la province de Québec.

La particularité de Montréal est d’être un ile au cœur du fleuve Saint-Laurent tout en possédant un mont de 111 mètres en son centre. Ce mont fait partie des Montérégiennes, une série de 11 élévations toutes alignées, signe d’un point chaud se déplaçant avec la dérive du continent. Ces montagnes se sont formées par une remontée de magma qui n’a jamais atteint la surface. L’érosion dues aux glaciers a grugé la roche plus tendre aux alentours, laissant apparaitre cette chaine formée de roches magmatiques beaucoup plus dures.

Si autrefois habiter une ile pouvait s’avérer avantageux, l’obligation actuelle d’emprunter un pont pour s’y rendre complique la circulation routière, parfois à toutes heures du jour et d’autant plus depuis que le camionnage a remplacé une bonne partie du trafic ferroviaire.

La rive sud de l’ile de Montréal est occupée par le Port de Montréal qui utilise 24 km de ses berges, le cinquième port en importance à l’Est de l’Amérique du Nord. Il accueille également de plus en plus des passagers en croisière grâce à un réseau d’attractions touristiques bien développé autour du Vieux-Port et du Vieux-Montréal.

La ville de Montréal occupe aujourd’hui 360 km2, les trois-quarts de la superficie totale de l’ile.

Photo : Par Limage95 — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=61252656

Tasmanie, l’ile distincte

La faune tasmanienne

Qui n’a pas entendu parler du diable de Tasmanie ? Cette petite créature marsupiale de moins de 10 kg est une véritable machine à bouffer de la viande. Les dessins animés en montraient une version tournoyante et presque sympathique. La réalité de ce carnivore est qu’il pue, est plutôt mal engueulé et endure mal ses congénères lorsqu’il mange. Mais un grave problème décime sa population et c’est passablement troublant. Il développe des tumeurs cancéreuses… contagieuses… par morsure. Et puisque ce charmant démon a un caractère très peu pacifique, les diables infectés sont en forte hausse et les survivants, eux, sont en chute libre. Il se porte toutefois un peu mieux que son cousin, le tigre de Tasmanie, un autre marsupial carnivore qui a été exterminé par le gentil humain durant les années 1930. Il se pourrait qu’il en reste une meute au centre du pays, mais cette hypothèse n’a reçu aucune confirmation scientifique. Notre culpabilité adorerait cela. Les wallabys et kangourous qu’on trouve sur le territoire tasmanien sont devenus des espèces distinctes des autres espèces continentales adjacentes depuis la fin de la dernière glaciation uqi avait rattaché temporairement ces iles au continent. Ne pas oublier dans notre liste d’y rajouter l’opossum, le wombat et l’ornithorynque, toutes des créatures un peu ou très spéciales.

On trouve au sud-ouest de l’ile principale un bassin d’eau qu’on atteint en remontant un chenal de dix kilomètres qui l’isole sans le couper entièrement de l’océan. Ce plan d’eau est donc rempli d’eau de mer et de créatures marines ayant remonté le chenal. De l’eau douce flotte au-dessus de l’eau saline, alimentée par le ruissellement abondant de l’eau de pluie qui délave les sols environnants. Une coloration rouge provenant des plantes locales teinte fortement cette eau douce, formant un important écran empêchant toute lumière d’atteindre une profondeur au-delà d’à peine cinq mètres. Oui, il fait noir à seulement cinq mètres de profondeur. Et devinez quelle faune on y trouve. Une faune des profondeurs océaniques vivant normalement à 200, 300, voire 600 mètres. Et tout ça parfaitement accessible à tout juste cinq mètres sous la surface !

Décidément, la Tasmanie est une ile vraiment distincte. À suivre.

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Tasmanie, l’ile oubliée

Situation géographique, géologie et surprises.

Le nom de Tasmanie évoque une terre éloignée, sauvage et vierge, mais à part ça, je n’aurais pas pu situer ce pays avec précision. Pour moi, nord-américain, je la plaçais à l’autre bout de la planète. J’avais raison sur ce point. Par contre, la Tasmanie n’est pas un pays, mais un état de l’Australie. C’est un groupe d’iles du plateau continental australien situé à 200 km au sud-est de l’ile-continent au niveau des quarantièmes rugissants (les 40e parallèles de l’hémisphère Sud). Cette position fait en sorte que la plus proche terre située à l’ouest aux mêmes lattitudes est l’Amérique du Sud. Ainsi, les vents d’ouest qui frappent sa côte ne subissent aucune entrave sur près de 20 000 kilomètres. Enfin, en canotant sur 1 900 km en direction opposée, vers l’Est, on atteint la Nouvelle-Zélande.

Il y a 200 millions d’années, la Tasmanie et sa grande sœur, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Nouvelle-Guinée, l’Amérique du Sud, l’Afrique, l’Arabie et Madagascar, l’Afghanistan, l’Inde et l’Antarctique formaient le Gondwana, un supercontinent dont ses parties sont aujourd’hui dispersées sur une grande superficie de la Planète. À cette époque reculée, l’Antarctique était verdoyant et touchait à la Tasmanie, partageant ainsi une flore commune.

La majeure partie de la Tasmanie est composée de dolérite, une roche dure et dense. On la trouve au centre et à l’est de l’ile. Au nord-est, c’est surtout du granite. À l’Ouest, le sol est plus varié, malgré une abondance de quartzite, une autre roche très dure. Il va sans dire que la Tasmanie possède un sol passablement pauvre. C’est peut-être la raison pour laquelle certaines plantes et arbres sont des fossiles vivants. On peut effectivement trouver dans certaines régions sauvages une flore datant d’avant la fracture du Gondwana. Des espèces végétales vieilles de 250 millions d’années ! D’ailleurs, le tiers de sa superficie est une « zone de nature sauvage » protégée et reconnue par l’UNESCO comme faisant partie du patrimoine mondial.

Ne serait-ce que, pour cette raison, la Tasmanie est un endroit vraiment exceptionnel oublié par le temps et l’évolution. Toutefois, elle recèle d’autres secrets et étrangetés comme on peut s’en douter en évoquant… son diable, par exemple.

À suivre.

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Des canots, une ile, du vent, une nuit

Le lac Ouareau dans Lanaudière. Un plan d’eau de 15 km2 enclavé entre plusieurs montagnes. Son nom voudrait dire « vents tournants » en amérindien. J’ignore si l’origine de son appellation est véridique, mais le vent n’a pas usurpé ce qualificatif. Difficile d’y pratiquer des activités nautiques, surtout lorsque le grain survient sans avertissement.

Le lac est suffisamment vaste et profond pour soulever des vagues de plus de deux mètres lorsque l’air s’engouffre entre les montagnes dans le sens de sa longueur. Il suffit alors de quelques bourrasques pour coucher n’importe quelle embarcation menée par des gens moyennement expérimentés, ce qui est généralement le cas sur ce type de plan d’eau situé en zone de villégiature. Ayant vécu plusieurs années sur ses berges, j’ai quelques anecdotes à raconter. En voici une.

À l’ouest du lac s’élève le mont La Réserve. Le soleil s’y couche et lorsqu’on est à l’ombre de ce massif rocheux, pour mieux admirer le crépuscule, il est préférable de se déplacer. Le centre du lac est un excellent endroit et justement il s’adonne qu’une ile s’y trouve. Ainsi, j’amenais occasionnellement des vacanciers sur cette ile après le repas du soir pour admirer le coucher du soleil et terminer la journée autour d’un feu de camp avant de revenir à l’auberge ou de passer la nuit à la belle étoile, selon le désir de chacun. Un soir, la météo a voulu décider pour nous. Alors que nous étions tous occupés à chanter des airs autour du feu de camp, le vent s’est mis à croitre et le bruit qu’il faisait dans la cime des arbres, pour moi, annonçait l’état du plan d’eau. Je connais suffisamment le lac et ses vents pour savoir que celui-ci ne tomberait pas avant plusieurs heures. J’annonce donc aux gens que le retour en canot est compromis et que, par précaution, nous devrons tous rester sur l’ile pour la nuit. Sur la vingtaine de personnes, une dizaine avaient apporté leur sac de couchage tandis que le reste avait planifié retourner à l’auberge.

Dire à des adultes qu’ils doivent changer leur projet, il y aura toujours un individu dans un groupe qui voudra s’en tenir à son plan d’origine, peu importe le contexte, et c’est exactement ce qui arriva. Un gars plus décidé que les autres cherchait un coéquipier pour retourner à l’auberge. Malgré des apparences pas totalement défavorables lorsqu’on était sur la plage, je savais pertinemment que ce n’était qu’apparences et qu’au large, le vent soulevait de fortes vagues. Mais pour certaines personnes, ce qui est hors de leur champ de vision devient hors du champ de la réalité. J’anticipais réellement une catastrophe, car personne parmi les vacanciers n’avait suffisamment d’expérience pour affronter cette météo. Et la volonté du protestataire semblait inébranlable malgré ma description plutôt précise de ce qui l’attendait. De plus, il cherchait à entrainer une autre personne dans son aventure puisqu’il était au moins conscient qu’il ne pouvait pas manœuvrer seul l’embarcation. Mais était-ce mieux ? Il ne me laissait donc pas le choix. Le raisonner par une description par anticipation s’avérait impossible, je devais lui démontrer clairement ce qu’il refusait de croire.

Chez certains individus, moins ils ont de l’expérience dans un domaine et plus ils refusent les conseils de gens plus expérimentés. Ce sont ceux-là mêmes qu’on récupère en morceaux, ou ballonnant à la surface de l’eau quelques jours plus tard. Mais malgré le caractère provocateur et suffisant de ce personnage, je n’avais aucunement intention de le laisser se donner en pâture aux brochets. J’ai donc décidé d’utiliser son entêtement pour servir ma cause, mais pour ce faire je devais d’abord remporter un pari. Je me suis proposé d’être son coéquipier pour faire un essai d’une centaine de mètres sur le lac. Au retour, s’il considère la traversée suffisamment sûre, il en informera le groupe. Dans le cas contraire, nous resterons tous ici en nous débrouillant pour passer la nuit avec les sacs de couchage, les canots, les gilets de sauvetage et les serviettes de plage que nous possédions. Le marché fut accepté pourvu qu’il me laisse la gouverne à l’arrière du canot. Il accepta, sachant bien qu’il n’avait aucune expérience pour diriger l’embarcation par temps fort.

La nuit était d’un noir d’encre puisque les lourds nuages qui occasionnaient ces rafales obscurcissaient également tout le ciel. Alors une fois que nous nous fûmes éloignés des lueurs de notre feu, la réalité s’est soudainement abattue sur lui comme une chape de plomb. Des vagues de plus en plus impressionnantes se mirent à assaillir notre frêle embarcation, et pourtant je savais que nous étions encore loin d’avoir rencontré les plus grosses qui sévissaient un peu plus au large. Même en plein jour, ce n’aurait pas été un temps pour mettre les canots à l’eau, mais la noirceur dissimule bien les vils desseins du temps en laissant entrevoir un degré de félonie beaucoup moins important que la réalité. C’est ce qu’a finalement compris mon partenaire canotier qui a pu ressentir ce que je décrivais précédemment, soit le fait de se retrouver seul, en totale noirceur, dans une minuscule embarcation instable sur un vaste plan d’eau composé de furieuses vagues invisibles qui frappent la proue sans relâche et causent tangage, roulis et lacet, tout en éclaboussant à répétition le malheureux avironneur amateur en perte de confiance et de ses moyens.

Lorsque je l’ai vu tenir son aviron au-dessus de sa tête en signe d’impuissance, j’ai alors saisi l’occasion pour lui demander si on continuait ou si on faisait demi-tour. Je connaissais d’avance sa réponse puisque ce geste dénotait un état proche de la panique. De retour parmi le groupe, il fut mon meilleur ambassadeur pour convaincre tous les indécis de rester bien sagement sur l’ile.

Les gens se sont partagé les commodités pour le plaisir de certains tourtereaux et la résignation des autres. Quant à moi, je me suis couché sur la plage à l’abri du vent sous un canot pour m’assurer qu’aucun ne disparaisse durant la nuit. Le lendemain matin, je suis parti tôt chercher le déjeuner à l’auberge pour la gang de dormeurs à la belle étoile. Le vent s’étant calmé, tout le monde a pu ensuite regagner l’auberge à la clarté et en toute sécurité, y compris le protestataire qui était tout sourire.

Dans ce type d’aventure, on peut croire que les adultes sont responsables, à tout le moins d’eux mêmes, mais c’est faux. Avec des enfants, il existe une relation naturelle d’autorité  alors qu’avec certains adultes, toute irritation peut devenir sujet de conflit, même s’ils se savent incompétents pour juger d’une situation. Fierté mal placée ? Répulsion naturelle face à une quelconque forme d’autorité ? Ou quoi d’autre ? Protéger des personnes adultes contre elles-mêmes alors qu’elles sont en possession de leurs moyens, c’est le genre de situation qui prend au dépourvu. C’est d’autant plus vrai lorsque le danger semble évident à appréhender.

Dans chaque histoire qui se termine bien, il existe souvent un secret. Celle-ci ne fait pas exception. En canot durant une tempête, la position à l’arrière est plus technique, mais le coéquipier à l’avant endure les pires conditions. Il est ballotté en tous sens et se fait passablement arroser. J’ai misé sur ce fait et cela a fonctionné. Quoi qu’il en soit, ce n’était pas un temps à laisser un canot partir sur l’eau. Alors, quand le destin nous joue des tours, il ne faut pas hésiter à lui en jouer nous aussi.

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