Sense 8

Les Wachowski, au cœur de la trilogie de la Matrix, autrefois frères et maintenant sœurs, ont coréalisé la série télévisée Sense 8 produite par Netflix. J’ai terminé la deuxième et dernière saison de ce tour de force cinématographique absolument démentiel.

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Pour ceux qui ne connaissent pas cette série, un seul avertissement. Si vous êtes homophobe, contre le mouvement LGBTQ, possédez une idée relativement conservatrice des mœurs et pratiques sexuelles, il serait préférable de vous abstenir. On y retrouve une (vraie) transsexuelle, du lesbianisme, de l’homosexualité, du triolisme, etc.

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Netflix a mis fin à cette aventure à cause des coûts astronomiques de production. Le scénario coupe donc court en certains endroits où l’aventure devait se poursuivre au-delà de la deuxième saison. Vous comprendrez aisément et rapidement les raisons de ces coûts hors normes dès la première émission.

Ceci étant dit, le plaisir qu’on éprouve à regarder cette série intelligente bardée d’une foule de personnages très attachants qui doivent affronter des dangers communs autant qu’individuels ne se dément pas tout au long de la série.

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La musique omniprésente joue un rôle clé dans la facture globale, mais l’une des plus belles qualités de cette œuvre cinématographique est le temps. La réalisatrice prend le temps de développer certaines scènes en laissant tomber toute urgence d’agir et ça fonctionne à merveille. On redécouvre le plaisir des longues scènes aux dialogues riches, sensés et justifiés ou aux paysages magnifiquement exploités par le directeur photo. Certains moments deviendront des pièces d’anthologie, gardez donc des papiers-mouchoirs à portée de main.

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La distribution a certainement posé d’immenses défis qui ont été brillamment relevés par l’équipe chargée de trouver les perles rares. Certains d’entre vous retrouveront probablement avec plaisir Daryl Hannah dans un étonnant contre-emploi.

Je ne vous en dirai pas plus, sinon qu’à mon avis cette série restera unique, et ce pour des générations. Ne la ratez donc pas. Et si vous la regardez accompagné d’une autre personne, vous aurez en boni des heures de discussions après chaque épisode visionné. La dernière émission d’une durée de 2h30 vous en fera voir de toutes les couleurs !

Ma cote : chef-d’œuvre.

L’essoufflement des séries télévisées

Tiens, pour changer de registre, un sujet léger pour le week-end. Je regarde quelques séries télévisées et après un certain nombre d’épisodes, je sens que la série a manqué ou va manquer de souffle.

L’intrigue principale a déjà souffert de rebondissements trop nombreux pour qu’elle reste crédible. Les personnages principaux ont eu des comportements contradictoires, illogiques par rapport à leur psychologie. Les personnages secondaires deviennent des bons, des méchants, encore des bons et encore des méchants, tout ce méli-mélo ayant pour but de larder la série d’événements multiples aux incroyables revirements. Ici j’utilise le mot «incroyables» dans son sens littéral.

Tout d’abord, 22, 23 ou 24 émissions par saison ça me semble une quantité exagérée pour la plupart des séries. Je suis certain que le scénario initial se terminait après 12 ou 13 émissions et que le reste a été écrit durant le tournage des premiers épisodes. Il existe souvent des démarcations franches entre les deux parties de la saison, la partie homogène et la partie «faut respecter le contrat».

Toutefois, certaines séries télévisées ne souffrent pas de ce défaut. J’ai déjà parlé de la série «Stranger Things». On remarque aussi un nombre réduit d’épisodes pour les deux premières saisons, soit 8 et ensuite 9.

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Quant à Sense 8, on retrouve 12 épisodes lors de la première saison et ensuite 11 pour la seconde. Un nombre permettant aux scénarios une rigueur époustouflante et des histoires parallèles totalement imbriquées entre les huit personnages principaux. Cette série est un tour de force cinématographique absolument ahurissant. Si vous ne l’avez pas encore regardée, sautez immédiatement sur votre téléviseur pour l’acheter, la louer ou la voler à votre meilleur ami… ex-meilleur ami.

USA - "Non-Stop" Premiere - Los Angeles

Même la série «24: Legacy», une sorte de suite aux 8 saisons de Jack Bauer n’en comporte que 12, tout comme l’a été la série intermédiaire «24: Live another day». Il y a des limites à passer des nuits blanches, pourrait-on y commenter.

Je me suis aussi tapé les deux saisons de «Quantico». Toutes les deux affichent 22 émissions au compteur saisonnier et l’essoufflement est parfaitement visible, surtout dans la deuxième saison où l’intrigue principale se termine aux environs du 15e épisode. Quant à moi, il y avait déjà 12 à 14 épisodes de trop puisque l’intrigue ne cesse de rebondir n’importe comment dès les premiers moments de la saison 2. Les producteurs poursuivent le reste de la saison avec une autre intrigue principale et l’arrimage est tiré par les cheveux. Bon, il y a de jolies filles dont une avec de grosses babines à faire pâlir d’envie Angelina Jolie, mais ça en prend plus, et je ne parle pas des babines, évidemment, le téléviseur a une largeur maximale. Tous les acteurs s’efforcent de bien faire leur boulot, mais le rendu est parfois à la hauteur du scénario.

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Je m’en voudrais de ne dire que des vacheries sur la série Quantico puisque les scénarios reposent sur un concept très intéressant. Il existe deux histoires parallèles tout le long des saisons. Durant la première saison, on voit des recrues à Quantico, le lieu de formation d’une nouvelle cohorte d’agents du FBI et on assiste à leur formation point par point. L’histoire parallèle consiste en l’intrigue principale qui se déroule à partir de ce qu’on a vu dans la partie formation des agents. C’est intelligemment ficelé, mais 22 épisodes font qu’ils étirent l’intrigue principale au-delà de l’intelligence de tout le monde.

La deuxième saison répète ce même concept, mais cette fois ça se passe sur la Ferme, lieu de formation des nouveaux agents de la CIA. On revoit  leur entrainement point par point et comment elle diverge de la formation des agents du FBI. Malheureusement, l’intrigue principale n’est qu’un ramassis de stupides rebondissements tous plus incohérents les uns que les autres.

La troisième saison de Quantico est confirmée. J’espère qu’ils vont la raccourcir et mieux lécher les histoires. Verra-t-on la formation des agents de la NSA ou d’une autre agence encore plus secrète?

Photos : Netflix