Distanciation sociale

N’oubliez pas de garder une distance sécuritaire entre deux émojis. J’ai reçu un texto ce matin avec deux émojis qui ne respectaient pas la distance sécuritaire de 2 mètres. Faut-il encore le répéter ?

J’ai fait quelques tests et il n’y a pas de formule magique pour savoir combien d’espaces nous devons taper entre deux émojis pour obtenir cette distance acceptable. En fonction des icônes et de l’appli utilisées, il m’est apparu que 2 espaces semblent être une valeur minimale absolue. Dans le cas des deux icônes utilisées dans l’entête, j’ai dû en utiliser quatre pour atteindre environ ce 2 mètres. Même s’il ne faut pas virer fous, nos efforts ne sont pas inutiles et si nous faisons tous attention, au bout du compte, 

#cavabienaller.

Alors, écrivez prudemment !

Ex

À ceux qui lisent régulièrement mon blogue, vous aurez compris que je ne dévoile que très peu de choses de ma vie. Voici l’article qui va totalement à l’encontre de ce principe. Une chance unique d’en apprendre davantage sur ce mystérieux oiseau noir. Pour ce faire, j’ai décidé de parler de moi en tant qu’ex.

Je suis l’ex d’une femme dont le couple n’a pas duré le temps d’une olympiade, comme tous les hommes imprudents.

Je suis l’ex-fumeur depuis longtemps converti au céleri et ensuite à… la décence ne me permet pas d’en dire plus sur le sujet.

Je suis l’ex-père d’un enfant extraordinaire, car rien en lui n’était ordinaire.

Je suis l’ex-professeur trop exigeant, mais dont ses étudiants n’avaient peur de rien.

Je suis l’ex-entrepreneur réconciliant patrons et syndicats.

Je suis l’ex-conférencier capable de vous intéresser à un sujet qui ne vous intéresse pas.

Je suis l’ex-visionnaire, beaucoup trop en avance sur son temps pour s’enrichir.

Je suis l’ex-planchiste, jongleur, flûtiste, DJ, barman et bien d’autres désirs des femmes sans mari présent.

Je suis l’ex de plusieurs dizaines de blondes, brunes, noires, châtaines et rousses, toutes des chattes d’Espagne et toutes trop belles pour ne pas être un peu vaches.

Je suis l’ex-programmeur aujourd’hui déprogrammé.

Je suis l’ex-président d’une auberge OSBL. Oh ! Si belle !

Je suis l’ex-politicien trop honnête pour durer quatre ans.

Je suis l’ex-spécialiste du prépresse numérique qui a transformé cette industrie.

Je suis l’ex-hôte et cuisinier quotidien d’une cohorte d’amis retissant sans cesse les mêmes semaines.

Je suis l’ex-architecte de systèmes informatiques de pointe pour le domaine de la santé.

Je suis l’ex-cycliste des jours de soleil et de pluie aux cent-vingt kilomètres par jour.

Je suis l’ex-consultant de ces gens désirant obtenir un rapport sur ce qu’ils savent déjà, dont ils veulent obtenir une confirmation écrite afin de présenter des preuves indépendantes à leur patron.

Je suis l’ex-ami de bien des gens qui m’ont trahi ou menti.

Je suis l’ex-analyste dangereusement capable de découvrir vos secrets les mieux préservés.

Et je serai un jour un ex-écrivain-blogueur, car comme toutes mes flammes, celle-ci finira aussi par s’éteindre.

L’origine des noms de 5 éléments chimiques — 2

Ceci est le deuxième article sur l’origine des noms donnés aux éléments chimiques. Vous trouvez le numéro atomique de l’élément, son nom français et son (symbole). Pour lire le premier article, cliquer ici.

3 — Lithium (Li) : Le lithium est le plus léger des éléments chimiques solides à température ambiante, le lithium est aujourd’hui populaire pour la fabrication de batteries rechargeables. Son nom vient du mot grec « lithos » qui signifie « pierre ». Penser à notre lithosphère ou à la lithographie. J’abordais le sujet dans le premier article, notre Univers a produit très peu d’éléments chimiques différents à sa naissance. Beaucoup d’hydrogène, beaucoup moins d’hélium et il faut rajouter une infime trace de… lithium. Toutefois, l’abondance actuelle du lithium ne provient pas de la nucléosynthèse primordiale, mais du travail des étoiles. Le lithium a quand même été la première pierre de notre univers. Est-ce cela qu’on pourrait appeler la « pierre philosophale » ?

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7 — Azote (N) : Selon la langue, les symboles chimiques ressemblent souvent à leur nom… ou pas. En français, N et azote n’ont rien en commun, mais en anglais, azote se dit « nitrogen ». Il provient du latin « nitrogenium ». Bizarre qu’un mot latin soit utilisé par les anglais, mais pas par les français. En français, le terme nitrogène signifie : « qui est à la naissance, à l’origine du nitre ». Le nitre (nitrate de potassium) ou encore salpêtre (sel de pierre) est un composé minéral de formule KNO3. Alors d’où vient le mot « azote » ? Antoine Lavoisier l’a inventé à partir du préfixe « a » signifiant la privation et le mot grec ζωτ (zot) signifiant « vivant ». Azote signifie donc « privé de vie ». Alors que la Terre abrite tant de vie, son atmosphère est ironiquement composée à 78 % d’azote (N2). Allez y comprendre quelque chose !

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22 — Titane (Ti) : Le titane tire évidemment son nom du mot « titan », mais sa corrélation avec ces personnages mythiques est loin d’être évident, sinon inexistant puisque celui qui le nomma ainsi ne connaissait rien de ses propriétés physico-chimiques. Ce métal de transition possède plusieurs avantages. Il est léger, résistant et anticorrosif, mais par-dessus tout, il est biocompatible. Puisque le corps humain ne le considère pas comme un corps étranger, plusieurs prothèses en titane permettent de remplacer avantageusement des os irréparables. Devenons-nous alors des Titans ? Le titane est utilisé dans la conception d’avions de haute technologie et les premiers chasseurs secrets américains qui ont utilisé ce matériau pour combattre le soviétisme ont été construits à partir de titane provenant… d’URSS. Plutôt ironique, n’est-ce pas ?

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77 — Iridium (Ir) : Intuitivement, on associe ce mot à iris, avec raison. En latin, iris signifie arc-en-ciel et l’usage d’iridium dans certains composés chimiques donnent des molécules très colorées, d’où son nom. Toutefois, sous sa forme pure, il ressemble au platine et n’a pas ou peu de coloration. L’iridium est très rare à la surface de la Terre. Il est cependant beaucoup plus abondant dans les météorites. En analysant une fine couche géologique disséminée sur toute la planète contenant un taux anormalement élevé d’iridium, les père et fils Alvarez ont imaginé qu’un tel objet céleste serait tombé sur Terre il y a de cela 66 millions d’années. Ils ont calculé les dimensions du caillou qui aurait causé la fameuse cinquième grande extinction, celle des dinosaures non aviaires. Il devait faire environ une dizaine de kilomètres de diamètre, soit plus que l’Everest. Sa chute aurait créé un astroblème d’environ 200 km de diamètre. Celui-ci a finalement été retrouvé au Yucatan et ses dimensions concordent très bien avec les calculs des deux hommes. L’iridium a servi à « faire toute la lumière » sur le coupable de cette tuerie de masse qui a fait disparaitre plus de 60 % de toutes les espèces vivant sur la planète.

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80 — Mercure (Hg) : En terminant, un facile, Mercure. Du dieu romain du même nom associé au commerce. Mercure et vif-argent furent longtemps synonymes. Aujourd’hui, ce dernier terme est tombé en désuétude, sauf dans les jeux vidéos de type médiévaux où il est réapparu. Mercure est l’un des deux seuls éléments chimiques à être liquide à température de 0 °C et pression de 1 atmosphère, l’autre étant le brome (Br). Le nom vif-argent lui correspondait bien. On aurait pu aussi dire « argent liquide », mais on a gardé cette utilisation pour de l’argent solide. Bizarre de langue ! Son symbole « Hg » provient de son nom latin « hydrargyrus » qui signifie « eau ronde ». Lorsque vous versez des gouttes de mercure, elles ne s’étalent pas comme de l’eau, elles s’arrondissent pour former des quasi-sphères.

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L’origine des noms de 5 éléments chimiques — 1

Deces-de-Georges-Descrieres-un-dernier-vol-pour-Arsene-LupinChaque élément chimique est désigné par son numéro atomique, son nom ainsi que son (symbole).

 

1 – Hydrogène (H) : Signifie « qui est à la naissance, à l’origine de l’eau ». Hydra est un animal aquatique mythique. En décomposant l’eau, on obtient de l’hydrogène, le gaz le plus léger qui soit. L’hydrogène compose tout un tas de molécules et pas seulement l’eau, mais c’est en électrolysant l’eau que cet élément fondamental, le plus abondant de tout l’univers, nous est apparu pour la première fois sous une forme non composée. 74 % de toute la masse de l’Univers est de l’hydrogène. Cette masse constitue 93 % de tous ses atomes. Le fameux dirigeable Hindenberg était gonflé à l’hydrogène, le plus léger mais le plus inflammable des gaz. On s’en sert aujourd’hui pour alimenter les fusées. Ouais, on n’apprend jamais totalement de nos erreurs.

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2 – Hélium (He) : Tire sa racine d’Hélios (le dieu solaire grec). En 1868, le spectre solaire montre la trace d’un élément chimique inconnu. Il provient de la fusion nucléaire de 4 atomes d’hydrogène se transformant en un atome d’hélium au cœur même du Soleil. Ainsi, son nom est partiellement justifié puisque l’hélium se forme dans toutes les étoiles. Il en existait cependant déjà au commencement de l’Univers au moment de la nucléosynthèse primordiale. Tout l’hélium n’a donc pas été entièrement formé par les étoiles. Mais ce fait ne sera connu des scientifiques que plus tard. Il est plus lourd que l’hydrogène, toutefois l’hélium l’a remplacé dans les dirigeables et les ballons grâce à sa très grande stabilité.

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8 – Oxygène (O) : Signifie « qui est à la naissance, à l’origine de l’acide ». Une erreur fondamentale des premiers chimistes puisque les acides sont à base d’hydrogène et non d’oxygène. pH = potentiel hydrogène. On retiendra aujourd’hui du préfixe oxy- les termes oxydation et oxyder qui signifient une forme de détérioration d’une substance noble, ce qui peut laisser croire à un effet causé par un acide, mais qui n’en est pas un. Par exemple, l’oxydation est le procédé à la base de la rouille, la transformation du fer pur et dur en une substance friable sans grand intérêt. Toutefois, la silice est le résultat de l’oxydation du silicium. Comme quoi toute oxydation ne donne pas que des composés détestables et sans intérêt puisque cette molécule a donné tout un tas de produits naturels et artificiels.

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29 – Cuivre (Cu) : L’origine de ce mot désignant ce métal orangé est sa propre origine. Lorsque le Monde connu se résumait presque exclusivement aux peuples méditerranéens, le cuivre provenait en grande partie de mines situées sur l’ile de Chypre. Ce lieu situé au cœur de la Méditerranée a donné son nom au métal qui a ensuite évolué jusqu’à sa forme française actuelle, le cuivre. Utilisé à l’état pur, il n’a pas une très grande dureté, seulement 3 sur l’échelle de Mohs qui contient 10 niveaux. En lui rajoutant de l’étain les Anciens obtenaient des outils plus résistants, des armes plus efficaces et des cloches plus résonnantes. C’était l’Âge du bronze.

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33 – Arsenic (As) : De l’ancien grec, il signifie « Qui dompte le mâle ». De fait, cette substance toxique permettait d’empoisonner même les plus forts guerriers. Comme tous les poisons, il a aussi été utilisé comme médicament et comme arme de guerre. On connait la composition du bronze cuivre-étain, mais dans l’Antiquité, le bronze existait également sous la forme d’un alliage cuivre-arsenic puisque l’étain provenait de lointaines contrées alors que l’arsenic était souvent extrait des mêmes mines que le cuivre. Le prénom Arsène est bien tiré du mot arsenic. Voilà peut-être pourquoi Arsène Lupin réussissait si souvent à dompter les riches et puissants mâles.

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Les six monstres

Autrefois, nous pouvions compter sur six types d’événements distincts très efficaces pour limiter la population mondiale.

Commençons par les événements les plus frappants, les cataclysmes naturels. Chutes de météorite, bouffées de rayons gamma, explosions de volcans, séismes destructeurs, tsunamis ravageurs, ouragans monstrueux, ces causes multiples tuaient vite et en très grande quantité. Ces situations existent encore, mais maintenant il est possible de limiter les pertes par des prévisions fiables et des alertes adéquates.

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Ces cataclysmes naturels causaient la plupart du temps de grandes famines, accroissant du même coup le nombre de victimes collatérales, mais les temps de disette pouvaient être dus à bien d’autres facteurs, comme à des agents pathogènes, à la pauvreté et même à des despotes. La famine a existé de tout temps et continue, aujourd’hui encore, son œuvre destructrice. Chaque année, plus de 10 millions de personnes meurent de malnutrition. Ce chiffre représente environ 0,1 % de la population. Autrefois, ce pourcentage était bien plus grand. Aucune région et aucune époque n’était épargnée par le manque de nourriture ou par sa qualité compromise.

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Ensuite, évidemment, la faucheuse pouvait compter sur les maladies. Qu’elles aient été causées par des insectes, des rongeurs, par des volatiles ou par tout autre vecteur infectieux provenant d’une hygiène déficiente, une bonne peste décimait facilement le tiers de la population d’une région en quelques semaines. Rajoutons à cela les autres maladies naturelles non soignées, l’humain tombait comme des mouches. Une médecine minimaliste n’y pouvait pas grand-chose et la plupart du temps elle n’était accessible qu’aux plus fortunés.

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Plus près de nous, la grippe de 1918, dite espagnole, a fait 100 millions de morts, soit près de 5 % de la population de l’époque. Cette pandémie est survenue après une autre grande cause de mortalité chez l’humain, les guerres, et dans ce cas particulier, c’était la Première Guerre mondiale qui venait d’emporter 20 millions d’individus, soit près de 1 % de la population totale de la Terre.

Puisque les guerres ont toujours existé, le nombre d’humains à trépasser à cause d’elles est innombrable. Qu’il s’agisse de petits ou de grands conflits, autrefois les guerres achevaient de décimer les populations que les autres causes avaient encore épargnées.

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Il ne faut surtout pas oublier que l’humain mourait également dans de nombreux accidents occasionnés par trop peu de précautions et si peu d’intérêt pour les prévenir. L’humain était une bête facilement sacrifiée au nom de la moindre convoitise. Les accidents faisaient partie des « risques du métier », comme on disait à l’époque.

Le sixième fléau occasionne moins de victimes que les autres. Cependant, il est certainement le plus monstrueux de tous. Les homicides de toutes natures se perpètrent au quotidien sans accalmie aucune. Ils surviennent dans toutes les régions du monde. Bien sûr, certains pays ont des bilans à décrocher les mâchoires. Les pires endroits concernés se retrouvent surtout en Amérique du Sud où les systèmes politiques, policiers et judiciaires auraient urgemment besoin d’une version 2.0.

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Avant notre ère moderne, à cause de la conjugaison de toutes ces causes mortelles, l’humain se reproduisait comme un lapin afin d’espérer conserver au bout du compte quelques descendants aptes à poursuivre la lignée. La survie de l’espèce, en passant par celle de la famille, s’avérait fortement compromise.

Aux époques anciennes, la Terre était vaste, grandement inhabitée et ses ressources semblaient illimitées, mais de nos jours cette belle naïveté n’a plus sa place. Nous savons maintenant que la Terre est très petite en regard à notre population actuelle.

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Paradoxalement, l’avènement de la machine censée nous déshumaniser a amené le combat contre les six fléaux présentés précédemment. Chaque humain est devenu plus que jamais un être important qu’il faut protéger contre tous ces fâcheux événements. Ainsi est survenue la surpopulation mondiale. L’humain dans son ensemble ne se reproduit plus autant qu’auparavant, fort heureusement, mais les batailles contre la mort se gagnent bien plus souvent qu’elles ne se perdent.

Les six monstres continuent et continueront de nous tuer. Cependant, pour la plupart d’entre eux, ils n’ont rien de comparable à ceux d’autrefois. Des organismes nationaux et internationaux dirigent la lutte aux pandémies. Les guerres se font à coups d’unités d’élite plutôt qu’avec des troupes de chairs à canon. L’excellente hygiène quasi généralisée protège les populations contre la prolifération de foyers d’infection. Les causes des accidents de travail sont traquées et éliminées. Les alertes aux cataclysmes permettent aujourd’hui aux gens d’évacuer à temps les zones à risques. La médecine moderne protège, répare et guérit les individus. La qualité de vie rend les homicides plus rares.

Pour la grande majorité d’entre nous, aujourd’hui nous vivons dans l’insouciance. Notre vie est exempte de la plupart des problèmes occasionnés par ces fléaux. Alors qu’adviendra-t-il de nous lorsque l’un d’eux frappera sans avertissement ?

Nous avons perdu nos techniques de survie. Nous croyons vivre des malheurs alors qu’ils ne sont qu’insignifiances à comparer aux grandes catastrophes. Nous avons déprogrammé notre débrouillardise, nous nous sommes ramollis, nous vivons en pachas et nous l’ignorons.

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Lorsqu’un grave fléau s’abattra sur nos populations, une bonne partie d’entre elles mourra simplement parce qu’elle ne saura plus comment réagir. Elle se plaindra au lieu de prendre le taureau par les cornes. Elle attendra du secours plutôt que de se battre pour sa survie et pour celle de ses proches. Elle se découragera quasi instantanément, si peu habituée à surmonter des difficultés majeures de ce genre.

Il restera bien sûr des survivants et parmi eux, on pourra compter sur ceux qui se seront battus de toutes leurs forces avec l’énergie du désespoir, avec le désir profond et inaltérable de transcender les difficultés, quelles qu’elles soient. Ces survivants redéfiniront de nouvelles façons de vivre où l’on verra toujours la vie aussi précieuse, mais aussi que chaque vie doit se prendre en mains sans devoir attendre une aide providentielle qui n’arrive jamais dans des circonstances exceptionnelles de grande envergure. Les rescapés ajouteront leurs batailles à celles des autres. Ils se créeront une existence où ils ne deviendront pas un pénible fardeau ni une inutilité braillarde.

Tous, ils retrousseront leurs manches comme nos ancêtres savaient si bien le faire. Tous, ils verront la vie comme une bataille chèrement gagnée et non comme un dû gratuit et inaliénable. Tous, ils cesseront leurs jérémiades individualistes pour véritablement devenir des battants solidaires.

Attendez-vous cependant à ce que le prix à payer soit incommensurable, car malheureusement, il faudra que survienne une très grande catastrophe pour qu’une fois de plus nous puissions passer à un stade supérieur de notre évolution.

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Intelligence artificielle contre Gödel

J’ai déjà écrit plusieurs articles sur l’intelligence artificielle. J’explique pourquoi il faut la craindre et aussi pourquoi on doit continuer d’avancer dans ce domaine tout en respectant une certaine éthique.

Jeune, j’ai lu l’œuvre complète d’Asimov, celui qui a compris bien avant tout le monde ce que notre avenir nous réservera lorsque nous serons accompagnés par une population grandissante d’androïdes intelligents.

Il a défini le principe des trois lois de la robotique dont le libellé est connu de tout le monde, mais bien peu sont capables de décrire son contenu. Il a même écrit une quatrième loi, connue de presque personne, afin de surmonter des problèmes éthiques et pratiques posés par ses trois lois.

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L’intelligence artificielle avancée sera un jour implantée dans des corps artificiels performants, ça ne fait aucun doute. Et ils deviendront nos égaux de silicium, ou même de carbone, comme nous, puisque les recherches actuelles en semi-conducteurs tendent à vouloir remplacer le sable par la suie.

Mais l’intelligence artificielle n’a pas que des problèmes d’ordre technique, chimique, physique ou de programmation à surmonter. Elle se bute déjà à un autre problème qui deviendra éminemment important, voire crucial, l’indécidabilité de Gödel.

En 1931, un mathématicien austro-hongrois du nom de Kurt Gödel vient jeter un pavé gros comme une planète dans la mare des mathématiciens, des philosophes et des autres têtes pensantes de l’époque. À ce moment, la toute nouvelle physique quantique vient de détruire l’une des deux jambes du sublime géant représentant nos connaissances scientifiques. L’article de Gödel va faire exploser la seconde.

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Par deux théorèmes dits d’incomplétude, il démontre logiquement que tous les problèmes n’ont pas toujours de solutions. Pire, il est impossible de savoir avec certitude à l’avance si un problème fait partie de la catégorie soluble ou insoluble. Aujourd’hui par exemple, nous ignorons si la détermination d’une formule permettant de calculer les nombres premiers fait partie de l’une ou de l’autre des catégories. La preuve mathématique apportée par Gödel brise pour de bon le cou aux déterministes, enfin à ceux pour qui la physique quantique n’avait pas encore converti à la nature imprédictible de l’univers.

Pourtant aujourd’hui, la majorité des gens pensent encore de l’ancienne façon. Ces concepts d’incomplétude, d’indétermination, d’incertitude n’ont pas encore entièrement pris racine dans nos esprits tellement ils sont contre-intuitifs. Combien de gens entendez-vous encore dire « tout problème a sa solution », alors que cette affirmation a été réfutée voilà bientôt 90 ans ?

L’indétermination de l’indécidabilité mèneront l’intelligence artificielle aux frontières de son incapacité à donner une réponse exacte aux problèmes que nous lui soumettrons. Elle devra se contenter de faire des choix parmi des solutions toutes inexactes.

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Robotic hand using a laptop computer, illustration.

C’est pourquoi les chercheurs en IA se penchent sur cette situation puisqu’il faudra bien stopper le calcul de ces entités pensantes après un certain temps de réflexions infructueuses sans savoir si une solution exacte aurait pu être trouvée une microseconde après l’arrêt, ou jamais. Ils ont développé le concept PAC ou PAC(L) signifiant : Probably Approximately Correct (Learning). En français : Apprentissage probablement approximativement exact. Ça fait beaucoup de conditions inexactes, vous ne trouvez pas ?

L’apprentissage de la machine se fera donc à coups de cascades d’inexactitudes, tout comme le nôtre en fait. La machine pourra traiter plus de données que le cerveau humain, peut-être aussi plus rapidement, mais elle finira elle aussi par se buter à des problèmes sans solutions, sans bonnes solutions, à des solutions impopulaires et même inacceptables.

L’éthique que nous lui apprenons pour affronter l’incomplétude est basée sur nos valeurs actuelles. Ces valeurs changent avec le temps et les choses aujourd’hui acceptables ou inacceptables ne le seront plus dans un avenir quelconque. Ainsi, leurs solutions seront critiquées, tout comme les nôtres puisque rien n’est fixé d’avance et tout évolue.

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Nous n’accepterons pas les solutions de l’intelligence artificielle comme des panacées quasiment divines et c’est une bonne chose. Pour un certain temps, ils resteront des aides utiles. Jusqu’au jour où l’humain disparaitra d’une façon ou d’une autre. Nos machines pensantes nous survivront puisqu’elles auront appris à se répliquer et à générer l’énergie nécessaire à leur survie. Surtout, elles seront moins fragiles, elles pourront facilement se réparer sans trauma et elles seront moins sensibles aux aléas naturels que leurs créateurs.

Dans un avenir proche ou lointain, mais « quasiment » certain, qui se rappellera de bêtes étranges que la machine intelligente nommait autrefois « humains » ? Certaines légendes les plus loufoques à circuler parmi la population d’androïdes prétendent même qu’ils auraient créé la machine pensante ! Mais qui croit réellement et sérieusement à cette mythologie déjantée ?

Le volcan Taal s’ébroue

Le 12 janvier 2020, un autre volcan actif des Philippines a fait parler de lui. On en dénombre tellement dans ce pays que même Wikipédia ne les recense pas par leur nom. Taal est cependant l’un des plus dangereux d’entre eux, et même de tous les 1 670 volcans actifs de la planète.

Situé au sud de l’ile de Luçon, à seulement une soixantaine de kilomètres de la capitale Manille où vivent dans ses environs plus de 21 millions d’individus, le volcan a projeté de la cendre volcanique, du SO2, du CO2 et de la vapeur d’eau en bonnes quantités à plus de 15 km dans l’atmosphère.

10 000 personnes ont été évacuées et l’aéroport de Manille a connu des centaines d’annulations de vols afin d’éviter d’embourber les moteurs des avions passant trop près de la colonne de cendres.

Taal n’a pas encore montré sa vraie nature et cette éruption mineure pourrait n’être qu’un préambule à quelque chose de bien plus catastrophique. De fait, lorsqu’on regarde la carte (image d’entête), on voit un petit cône volcanique avec un lac de 3 km de diamètre en son centre , un cratère du volcan, ainsi qu’une petite ile perdue dans ce lac. Mais si on prend de l’altitude, on s’aperçoit que ce cône volcanique émerge du lac Taal. Ce lac constitue une bonne partie du véritable cratère de ce volcan géant, sa caldeira estimée à 267 km2 de superficie (image ci-après).

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Fait plutôt inusité, Taal possède donc une ile dans un lac sur une ile dans un lac situé sur une ile.

Dangereux et pourtant relativement passif depuis plusieurs siècles où ses explosions n’ont pas dépassé l’indice 4 sur l’échelle VEI qui en compte 8, le Taal s’est contenté jusqu’à maintenant de faire sentir sa présence sans trop perturber la vie des humains environnants. Je ne minimise pas la valeur des pertes de vies passées en m’exprimant ainsi. Lorsque plusieurs centaines de milliers de gens vivent tout près d’un volcan géant, c’est presque un miracle qu’il n’ait pas fait plus de victimes par le passé.

Pour l’éruption en cours, les mesures préventives modernes ont permis de déplacer toutes les personnes à risque et on ne déplore aucune perte de vie. Toutefois, qu’adviendra-t-il le jour où ce ne seront plus seulement quelques petits rots que le Taal émettra, mais des projections à la mesure de sa capacité réelle ?

Il sera impossible d’évacuer Manille et tous ses environs. Taal est un volcan gris capable de submerger la mégalopole sous des mètres de cendre volcanique dont le poids est six fois plus lourd que la neige fortement mouillée. Autant dire que la plupart des toits des habitations ne résisteront pas à cette charge. De toute façon, l’air sera tellement saturé de cette poudre de roche que le respirer conduira à une mort certaine. Il n’y a pas que les moteurs d’avions à craindre la congestion de ses voies respiratoires. Vos bronches se satureront de cette poussière de roche tranchante et indécollable qui vous fera suffoquer. Elle se mélangera à vos sécrétions et ainsi, vous vous noierez dans de la boue.

À moins que les tremblements de terre précédant l’éruption principale ne se soient employés à vous écraser sous les débris. Vous pourriez également mourir d’un tsunami engendré par les plus fortes secousses, ou brûlé de l’intérieur par une vague pyroclastique composée de gaz à plusieurs centaines de degrés Celsius. Il reste bien sûr une mort plus classique si vous vous faites assommer par un caillou qui aurait été projeté à des dizaines de kilomètres d’altitude avant de vous perforer le crâne au moment de terminer sa chute.

Un autre volcan tristement célèbre situé sur la même ile, le Pinatubo, a causé en 1991 et 1992 des dérèglements climatiques à la grandeur de la planète. Ceux que causera le Taal lorsqu’il décidera à montrer sa vraie nature risquent de dépasser ce que tout être humain a connu depuis l’Antiquité.

Heureusement, les rares volcans géants actifs comme le Taal retiennent leurs pires humeurs durant très longtemps, se contentant de faire sentir leur présence et leur somnolence qu’occasionnellement. Que peut-on attendre du Taal dans les jours et les semaines à venir ?

Le petit lac de cratère a disparu. Plus de 600 secousses sismiques ont été enregistrées. Le niveau d’alerte a été rabaissé, mais le volcan n’est pas pour autant hors d’état de nuire. Si vous devez vous rendre à Manille, personne ne peut prétendre connaitre le niveau réel de danger. Ne vous fiez donc à personne et utilisez votre propre jugement pour décider d’y aller ou de rester. Ça vous évitera de jeter le blâme sur quelqu’un d’autre advenant une catastrophe.

N’oubliez pas ces quelques vérités. La vie est dangereuse et souvent imprévisible. Se couper de tout danger reste une mission impossible. Ne faire que de bons choix dépasse les capacités humaines. Vivre, c’est aussi savoir prendre des risques. Mourir en n’ayant jamais rien fait, est-ce avoir vécu ? Mourir le sourire aux lèvres est l’apanage de ceux qui ont bien vécu. Mais pour vivre longtemps, il faut savoir évaluer les risques.

De la poudre aux yeux

On le voit dans la lutte aux changements climatiques, la moitié de la planète refuse systématiquement d’y croire, donc de faire le moindre effort pour changer quoi que ce soit. Ils veulent protéger leur mode de vie, même si celui-ci finira par faire crever leur descendance. Mais pourquoi ?

Dans un article sur la peur, j’expliquais les différentes tactiques pour se débarrasser d’un ennemi et parmi ceux-là, l’immobilisme trône au sommet des moyens qu’une bête utilise pour déjouer un prédateur. Malheureusement, l’humain a tout gardé de ses instincts animaux et parmi ceux-ci, le mimétisme reste bien présent dans son cerveau reptilien.

Mais figer lorsqu’on se fait surprendre par un chasseur et figer pour refuser de croire à l’existence d’un véritable danger ne peut pas donner les mêmes résultats. De plus, l’humain est censé réfléchir pour mieux s’adapter, ce que ne font pas les réactionnaires aux changements climatiques.

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Le refus d’accepter de changer un mode de vie représente une incapacité d’adaptation et celle-ci entraine toujours la disparition des individus impliqués et la survie de ceux de leur espèce qui ont réussi à s’adapter.

Darwin l’explique amplement dans son livre sur l’origine des espèces. Malheureusement, l’incapacité d’évolution d’une certaine partie de la population humaine entrainera quand même l’éradication des autres, de ceux qui y croient, de ceux qui voudraient changer leurs habitudes de vie, de ceux qui ont déjà évolué, mais dont la structure sociale empêche la transformation des façons de vivre.

Prenons simplement le transport en commun. Structurés, organisés comme ils sont, seuls les fous voudraient les utiliser, sauf une petite partie plus chanceuse de la population qui trouve une amélioration de leurs conditions de transport en les utilisant.

Temps de transport doublé, triplé, quadruplé et pire encore par rapport à l’automobile. Détours extravagants. Fréquences de passage trop faibles. Wagons et autobus bondés sur l’ensemble du trajet. Obligé de rester debout durant des heures. Horaire non respecté. Pannes récurrentes. Circuits d’embarquements trop longs. Trop de correspondances pour se rendre d’un point à l’autre. Les raisons de détester les transports en commun pullulent parce que les solutions proposées ne peuvent presque jamais concurrencer l’automobile.

Pas que ce soit impossible, mais simplement parce que les solutions passées et actuelles ont toujours donné priorité aux autos au détriment de tous les autres modes de transport. Le problème est que ça se répète, encore et encore.

On nous encourage à prendre les transports en commun alors que l’offre est inexistante, inadaptée, déficiente, inconfortable et attardée. On ne sauvera ni la planète ni les humains en continuant à nous prendre pour des poulets qu’on entasse comme des sardines dans des wagons à cochons.

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Tant que les autorités ne créeront pas des conditions de transport agréables et efficaces, tant que l’offre restera insuffisante, tant que le temps en transport en commun ne concurrencera pas les trajets en automobile, la clientèle ne délaissera pas son confort et son aisance pour se faire suer en restant debout parmi une centaine d’autres individus durant un trajet triplement plus long.

Et durant ce temps, la planète se meurt parce que les sociétés humaines comptent les revenus rapportés par leurs usagers actuels plutôt que d’avoir l’ambition de faire le nécessaire pour être en mesure de les multiplier par cent.

Pourtant, vivre en société sert strictement à cela, à se donner collectivement certains moyens qui s’avéreraient impossibles autrement. Ainsi, aujourd’hui, nous subissons tous les inconvénients de vivre en société et tous les inconvénients d’une société incapable de nous faire vivre efficacement en collectivité autrement qu’en prenant une automobile.

Dans toutes les grandes villes du monde, il devrait exister des milliers de projets de transport collectif et plusieurs centaines d’entre eux actuellement en chantier pour modifier adéquatement et à temps nos habitudes de vie. Ce que je vois en branle est risible. Une goutte d’eau dans un océan de besoins. Une excuse pour se donner bonne conscience d’avoir au moins tenté quelque chose.

Je ne perçois aucun véritable objectif consistant à sauvegarder l’espèce humaine et la mise en action des moyens conséquents. Je ne vois que de la poudre aux yeux et ça me fait pleurer.

Adieu 2019

L’année 2019 trépasse et avec elle, bien des espoirs et des rêves la suivront dans les limbes de l’oubli ou de l’indifférence. Comme lorsqu’un roi meurt, un autre le remplace, l’année 2020 succédera à la précédente, un peu semblable, un peu différente.

Je m’étais juré de ne rien publier sur mon blogue durant ces vacances de fin d’année, mais les promesses ne sont-elles pas les plus fragiles fées de l’univers ? Par contre, je m’offre une rédemption sous la forme d’un compromis. L’article d’aujourd’hui contient un texte composé depuis quelque temps. Je l’ai choisi parce qu’il parle de mort et d’espoir, des liens ténus avec la disparition de cette année et la naissance de la suivante.

Je souhaite à tous une année 2020 plus douce ou plus excitante que la précédente. Je nous souhaite une année de transition vers un monde plus conscient. Je me souhaite une année à contempler sereinement les beautés de notre monde, le temps qu’elles existent encore.

Espérer

Ça y est, je m’en vais retrouver mes ancêtres. Oh ! ne soyez pas triste pour moi, mon temps était venu et même dépassé depuis plusieurs années. Chaque individu transporte son monde dans son esprit et avec sa disparition, beaucoup de son univers se perdent à tout jamais. Il restera de moi quelques pensées fugaces et quelques écrits maladroits. Ah ! qu’ils sont choyés ces artistes dont leur plus grande qualité est de se perpétuer au-delà de leur mort ! S’ils mangent leur pain noir de leur vivant, beaucoup parviennent à éloigner l’oubli, car leurs œuvres parlent en leur nom. J’aurais aimé faire partie de ce club sélect. N’ayant jamais désiré la richesse, j’avais la première qualité requise. Malheureusement, les autres dons essentiels m’ont fait cruellement défaut. Je n’étais doué pour aucun art. Et me voilà au seuil du grand couloir, seul, un peu misérable et triste, pas de mourir, triste de voir mes pensées mourir. J’avais atteint ce que l’on considère comme étant de la sagesse. Je dirais plutôt de la capacité à mieux vivre. Et voilà que personne ne m’accompagne jusqu’à l’article déterminant de la mort. C’est tant pis, ou tant mieux, allez savoir ! J’emporterai dans ma tombe mes connaissances de ce monde et la façon de l’aborder le plus sereinement possible. Un bel objectif de vie partiellement atteint. Ma sagesse et ma tolérance atteignent encore aujourd’hui leurs limites. J’ai perdu mes proches les uns après les autres. Tous s’en sont allés inquiets de ce qui les attendait. Quant à moi, la mort soulève peu d’angoisse. N’ayant jamais vraiment été croyant, je ne crains pas de m’être fourvoyé sur la question du paradis. Toute sorte de survivance sera prise comme un bonus, pas comme un droit m’ayant été usurpé. Je suis fermement convaincu que lorsqu’on part, tout cesse pour nous à tout jamais. Alors, je ne peux pas m’inquiéter, car rien ne m’arrivera plus. J’ai bien vécu. Je ne regrette que peu de choses, en fait, rien de vraiment sérieux ou d’important. Je ne lègue aucun héritage autre que des pensées fugaces dans la mémoire de quelques femmes que j’ai aimées et qui ne m’ont pas oublié. S’il est vrai que l’on vit encore un peu lorsqu’on pense à nous au-delà de la mort, alors je subsisterai le temps d’un éphémère. Je n’aurai été qu’une risée risible, une bourrasque localisée plutôt que de constants alizés planétaires comme Bouddha, Curie ou Mozart, mais eux aussi s’en contrefoutent. Puisque je ne percevrai pas la différence, à quoi bon y penser ? Mon heure est venue, je la sens et je le sais. Des signes et des rêves ne trompent pas. Ce serait quand même bien si je revoyais mes ancêtres… mes parents… mes enfants…

Ah sacré espoir ! Il ne nous quitte jamais totalement, celui-là !

Vœux pour le solstice et le temps des Fêtes

Voilà l’hiver. Quoiqu’il ne se soit pas gêné pour nous envoyer du froid à profusion bien avant son début officiel !

Noël, c’est une ancienne fête païenne millénaire qui rendait hommage au solstice d’hiver. Par la suite, les réformes du calendrier grégorien ont déplacé la date de la plus longue nuit de l’année au jour du calendrier où elle devait se trouver, soit aux environs du 21 décembre. À l’époque, cette fête soulignait la mort. La mort de la nature, sa dormance. La dormance des humains aussi. On n’entreprenait aucun changement important à cette époque de l’année. On vivait des récoltes engrangées. On hivernait. On combattait le froid et autres rudesses hiémales en compagnie de ses proches, de sa famille et de ses amis.

Les prêtres d’autrefois faisaient vivre leurs ouailles dans la crainte. Ouais, sur ce point, rien n’a vraiment changé, mis à part le sujet des effrois. Ils disaient que le Soleil pourrait disparaitre définitivement si le peuple ne leur donnait pas des richesses afin que ceux-ci intercèdent auprès des divinités. Ils ont également exigé des humains des constructions impensables pour ne pas décevoir le dieu solaire. Le mot solstice vient du latin sol et stare signifiant soleil et s’arrêter. Le Soleil n’arrête pas sa course dans le ciel, mais il cesse de modifier les moments de son lever et de son coucher. La plus courte durée diurne d’hiver survient au moment du solstice.

On peut trouver rassurant de voir que Noël d’aujourd’hui conserve encore des traditions millénaires, bien que depuis, on l’ait passablement déguisé sous différents habits, dont celui d’une naissance divine et d’un éloge à la surconsommation. Pour ma part, le mystère du soleil stagnant étant résolu depuis longtemps, je vois peu d’intérêt à fêter un événement cyclique parfaitement prédictible qui ne fait plus planer aucune menace, sinon qu’on va se les geler.

Mais au fond de nos cœurs, un des sens de cette fête nous rejoint encore, même au-delà du temps et de ses multiples mutations. Grâce à une pause accordée à nos tâches quotidiennes, la présence de ceux qu’on apprécie et qu’on aime nous remplit de bonheur. Noël, c’est d’abord et avant tout le temps de l’année où l’on peut exprimer sincèrement ses sentiments.

Je profite donc de ce solstice pour transmettre mes meilleurs vœux à tous mes lecteurs et à toutes mes lectrices. Encore une fois, dans nos familles, avec nos amis, perpétuons une tradition qui garde encore aujourd’hui tout son sens. Une coutume indémodable, car elle puise ses racines dans les valeurs humaines fondamentales que sont le partage, le réconfort et l’amour. C’est cela Noël. Une grande fête pour tous, car nous faisons également tous partie de la vie des autres.

Mathis.

Craindre la peur

L’amour n’est pas le plus puissant moteur des humains, c’est la peur. Parc qu’il faut survivre afin de pouvoir se reproduire, la peur agit en dictateur sur les émotions, et en colonel sur le plan décisionnel. Même lorsque le danger est passé, la peur continue d’œuvrer en arrière-plan.

La peur, vient toujours de l’autre. On n’a jamais peur de soi-même ou de ses propres décisions, à moins d’agir en crétin devant une caméra pour tenter d’infester internet avec un virus visuel insignifiant.

Guepard

Autrefois, la survie dépendait de la rapidité à reconnaitre le danger. Pour déclencher instantanément sa peur de l’autre, on a appris à fabriquer des étiquettes facilement reconnaissables. Aujourd’hui, nous utilisons encore et toujours cette méthode même si l’ennemi ne porte plus des crocs en forme de sabre, des cornes capables d’embrocher trois personnes à la fois ou des griffes pouvant décapiter un individu d’un seul coup.

Aujourd’hui, l’étiquette n’est pas basée sur un danger évident, mais sur une simple différence. « Il n’a pas ma couleur de peau, c’est une femme, il n’est pas né ici, elle est pauvre, il s’habille autrement ». Nous craignons des dangers inventés de toute pièce, afin de perpétuer une technique de survie millénaire, mais décalée par rapport aux défis qu’a véritablement à affronter l’humain moderne.

Paradoxalement, notre espèce néglige de voir de véritables dangers capables de l’anéantir. J’ai suffisamment parlé des changements climatiques dans mes chroniques pour ne pas être obligé de préciser davantage. La question est pourtant de savoir pourquoi cette incurie, cette négligence crasse, ce jemenfoutisme presque généralisé ?

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Pourquoi sommes-nous prêts à défendre si vaillamment une banalité et si mollement un danger extrême ?

Ma réponse est que le vrai danger émane de nous-mêmes, pas des autres. En attaquant le danger, nous devons attaquer sa cause qui s’avère n’être nulle autre que nous-mêmes.

Malgré leur ressemblance, les mots « humain » et « humilité » ne font pas bon ménage. Si vous lisez mes articles sur une base assez régulière, vous savez que je fonde peu d’espoir sur les chances de survie de notre espèce. Nous sommes trop imbus de nos réalisations et fiers du chemin accompli pour changer une recette gagnante pour une nouvelle façon de vivre non éprouvée.

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Et voilà ! Encore et toujours la peur ! La peur d’agir différemment, d’oser changer de méthodes, d’admettre nos erreurs, de regarder la réalité en pleine face, la peur de reconnaitre nos laideurs, la peur de baser notre estime personnelle sur nos futures décisions plutôt que sur nos prétendus succès du passé.

Nous ne cesserons jamais d’avoir peur, mais nous pouvons changer ses raisons. Aujourd’hui, pour survivre, nous devons craindre nos vieilles peurs, tout comme nous devons craindre nos actuelles insouciances, car le vrai danger se situe exactement là… que nous l’acceptions ou pas.

Expression québécoise — 9

Lorsque je présente des définitions d’expressions québécoises, elles ne sont pas issues d’un quelconque lexique. Je les explique en contexte selon ma façon personnelle de les comprendre et de les utiliser. Et ne vous laissez pas prendre, malgré sa numérotation, cet article constitue le dixième de la série. Pour les lire tous, rendez-vous sur cette page.

En ce temps de magasinage pour le temps des Fêtes, on voit éclore un nombre record d’une espèce qui se fait un peu plus discrète le reste du temps. Malgré qu’elle sévisse en toutes saisons, il semble que la fin de l’année soit particulièrement propice à la rendre présente. Eh non ! Il n’est pas question des poinsettias. Ce dont je veux vous entretenir aujourd’hui est une sous-espèce de l’espèce humaine, le « taouin ».

L’expression québécoise complète prend généralement la forme « espèce de taouin ! ». On peut facilement imaginer que le sens d’un mot suivant « espèce de… » n’est pas vraiment un compliment et « taouin » ne fait pas exception à cette règle.

Le taouin se démarque de ses synonymes que sont : benêt, cancre, nigaud, imbécile, crétin, âne, stupide et même idiot. Dans plusieurs de ces cas, on peut blâmer la génétique de ne pas avoir favorisé le candidat. Dans d’autres, c’est l’éducation déficiente qui devient la cause des imbécillités commises. Pour le taouin, rien de tout cela, car le taouin est relativement intelligent de nature, la preuve est qu’il agit plutôt intelligemment envers lui-même. L’idiotie s’accapare du taouin dans ses relations envers les autres, puisque sa conscience sociale se situe très loin sur l’échelle des valeurs négatives. Voici quelques cas récents en rapport avec les parkings de centres commerciaux.

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Il y a ceux qui se sont stationnés n’importe comment, qui occupent deux places alors qu’à ce moment-ci de l’année, elles manquent cruellement. D’autres attendent de longues minutes près des portes, bloquant le passage des clients et la circulation des véhicules en espérant trouver une place à trois pas des portes. Hey, le taouin ! Tu vas faire 10000 pas en dedans et tu ne veux pas en marcher plus de 10 à l’extérieur ? D’autres, tout aussi bas sur l’échelle de la stupidité, tournent vingt minutes en rond afin d’obtenir le même résultat que le sédentaire. Deux minutes auraient suffi pour choisir une place plus éloignée et parcourir la distance le séparant des portes, mais ce faisant il n’aurait dérangé personne, tandis qu’en arpentant les allées durant vingt minutes, il est certain d’augmenter considérablement les risques d’accrochage, les taux de frustrations et de pollution. 

D’autres taouins abandonnent leur panier d’épicerie dans le stationnement plutôt que de le ramener dans l’enclos le plus proche. Résultat, le vent le charrie jusqu’à percuter violemment la portière d’une autre auto. Il existe aussi le taouin pilote de course qui roule dans les allées à la vitesse d’un jet en défrisant toutes les vieilles dames au passage. On a le taouin qui fonce sur tout ce qui bloque ou qui ralentit sa progression. Ça m’est arrivé l’autre jour alors que je traversais le passage piétonnier séparant les portes du parking. Je sentais que le taouin voulait absolument passer avant moi alors que ma progression était déjà bien entamée. J’ai failli me faire écrabouiller, mais les taouins ne m’intimident plus depuis bien longtemps, même lorsqu’ils tiennent un volant. Les sachant intelligents, ils finissent par se dire que s’ils m’écrasent, ça leur causera un tas d’ennuis. Bien sûr, à leurs yeux, je ne vaux toujours rien. Il est bien difficile de changer leur façon de penser. Il suffit par contre qu’ils appréhendent des problèmes pour eux-mêmes et leur comportement se modifie.

En réalité, le taouin est un asocial agissant idiotement dès qu’il se retrouve en société. Il est égocentrique, excessif, violent, il déteste tout le monde, il n’a aucune tolérance, il croit évidemment être la personne la plus importante au monde et surtout, il pense que toute la planète devrait agir en conséquence.

« Espèce de taouin » est une expression qu’on pense intérieurement ou qui est souvent exprimée à voix basse à cause de l’insulte implicite. Pourtant, elle décrit parfaitement le misanthrope sorti de sa cage pour venir infester la vie des autres.

Le taouin pense qu’on ne l’aime pas et il a parfaitement raison puisqu’il peut facilement exaspérer vingt personnes par jour. Si la société n’était pas aussi civilisée, le taouin ne pourrait survivre plus d’une saison des Fêtes. Le taouin profite de la tolérance des gens pour continuer ses incivilités, car peu de gens ont le courage de lui dire en pleine face qu’il est une « espèce de taouin ».

Pourtant, c’est la seule façon de réduire leurs impacts négatifs. Il faut qu’ils sachent ce qu’on pense réellement d’eux et de leurs façons d’agir en société. Je vous propose d’oser leur faire connaitre votre opinion en vous écriant « espèce de taouin ! » le plus souvent possible.  Voici quelques façons de l’exprimer selon votre degré de confiance en vous ou de patience envers eux.

Méthode : Un certain doute. Vous ne le dévisagez pas, vous continuez de faire vos activités et vous lâchez « espèce de taouin » d’une voix faible, mais compréhensible, en prenant un ton exaspéré. Cette méthode a l’avantage de laisser planer un doute sur le destinataire véritable, mais en y réfléchissant, il comprendra qu’il était visé. Entretemps, vous aurez déguerpi.

Méthode : Le prof. Vous regardez le taouin dans les yeux, vous faites « non » de la tête en lui disant « espèce de taouin » sur un ton calme et dépourvu de colère, mais à la limite de votre patience. Non dépourvue de tout risque, cette méthode franche et directe permet de lui faire savoir le fond de votre pensée sans ambiguïté, mais d’un ton professoral. Si toutes les personnes frustrées par lui dans sa journée lui disaient « espèce de taouin » sur le mode éducatif, il changerait assez rapidement de comportement.

Méthode : J’en peux pu. Vous gueulez « ESPÈCE DE TAOUIN ! » le plus fort possible en espérant qu’il ne vienne pas vous casser la gueule. L’avantage est la clarté du message et de votre degré de colère à son égard. En revanche, cette méthode comporte le plus de risques. Et pourtant, elle n’apportera pas nécessairement les meilleurs résultats, mais elle fait tellement de bien !

Il existe plusieurs autres méthodes comme la condescendance, le colonel, le boomerang, l’idiot et l’humoriste.

À mon humble avis, l’humour ne fonctionne pas avec le taouin. Il l’utilisera à son avantage pour dédramatiser son comportement en y trouvant une bonne raison de continuer à agir de la sorte. Il se dira que si son comportement vous fait rire, c’est la preuve qu’il n’y a rien de bien grave. Seule l’exaspération sous une forme ou une autre permet d’en avoir raison.

On peut croire, et c’est exact, que le taouin se rencontre plus souvent chez le mâle que chez la femelle. Toutefois, avec l’égalité des sexes, le nombre de taouines effectue une remontée assez spectaculaire.

Il existera toujours des taouins puisque nous agissons tous parfois de cette façon. Habituellement, nous reconnaissons nos torts et nous tentons de ne pas récidiver. En ce qui concerne le taouin, c’est exactement l’inverse. Il cherche à commettre le plus grand nombre de stupidités jusqu’à ce que la société l’en empêche ou le remettre à l’ordre.

Voilà pourquoi c’est si important de leur dire sans gêne et sans crainte : « Espèce de taouin ! »