Stranger Things 3 et une certaine controverse

Je viens de terminer de regarder la troisième saison de Stranger Things. J’avais fait la critique de la première saison qui, sans être dithyrambique, était à tout le moins élogieuse.

N’ayez crainte de lire la suite de cet article, je ne vous dévoilerai aucun punch ni aucune partie de l’histoire qui risquerait de gâcher votre plaisir de la découvrir. C’est la raison pour laquelle cet article ne fracassera aucun record de longueur ni de nombre de lectures.

D’abord et avant tout, cette nouvelle saison garde le cap sur un point essentiel qui est en partie à l’origine de son succès, je parle de l’amitié. Ensuite, on a toujours droit à la même qualité du scénario. Une histoire solidement ficelée, beaucoup de personnages complexes et très bien dirigés, ces qualités ne se démentent pas tout au long des 8 épisodes. On peut parler d’une saison très courte, mais, justement, on n’étire pas la sauce. Cette nécessité disparait maintenant que les séries produites pour la diffusion en continu ne se vendent pas en coffret.

Personnellement, je déteste les films d’horreur, et encore plus s’ils s’adressent à un public en boutons. Alors pourquoi j’aime cette série télévisée là? Parce que les frères Duffer nous racontent des histoires comme si elles avaient réellement existé. L’horreur n’est jamais prise comme excuse pour nous faire sursauter ou angoisser. Les monstres ne sont pas horribles, ce sont les situations qui le sont.

Cette série nous raconte également l’histoire d’une époque, y compris en musique, y compris avec les beautés et les travers du moment et ça comprend la cigarette. On en a beaucoup parlé du fait que cette série fait rage chez les jeunes et que le tube blanc, sans être omniprésent, c’est vrai qu’il fait partie d’un pourcentage important des scènes.

Personnellement, ça ne m’a pas véritablement dérangé puisque je considère la cigarette comme un fléau vécu par la population mondiale dans son entièreté et qu’il aurait été inapproprié de l’éluder alors qu’on s’efforce de nous plonger dans cet univers de manière la plus fidèle possible.

Mais il existera toujours des gens qui voudront cacher les faits réels pour toutes sortes de raisons plutôt que de tenter de les expliquer. S’ils utilisaient les mêmes énergies en éducation plutôt qu’à s’offusquer de ce que l’histoire fut, les jeunes seraient bien mieux préparés à affronter la vie telle qu’elle est et non telle qu’ils voudraient qu’elle soit.

Regardez Stranger Things avec vos ados. Vous replongerez dans votre jeunesse, vos jeunes verront votre époque et vous partagerez de bons moments de loisir ensemble, fait rarissime lorsqu’ils atteignent l’âge où ils perdent leurs illusions sur l’héroïsme de leurs parents.

Expliquez-leur cette époque telle que vous l’avez vécue. Rajoutez-y vos propres expériences et votre progéniture continuera de garder de vous une image bien plus positive que si vous décriez la série parce qu’elle ose vous montrer jeune avec vos travers. Prenez le temps nécessaire pour leur parler de la cigarette et de votre opinion sur le fait d’en avoir beaucoup montré au cours de cette série. Parlez du combat de votre génération contre cette drogue dite douce. Expliquez ce qui doit être expliqué plutôt qu’enterré.

Sense 8

Les Wachowski, au cœur de la trilogie de la Matrix, autrefois frères et maintenant sœurs, ont coréalisé la série télévisée Sense 8 produite par Netflix. J’ai terminé la deuxième et dernière saison de ce tour de force cinématographique absolument démentiel.

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Pour ceux qui ne connaissent pas cette série, un seul avertissement. Si vous êtes homophobe, contre le mouvement LGBTQ, possédez une idée relativement conservatrice des mœurs et pratiques sexuelles, il serait préférable de vous abstenir. On y retrouve une (vraie) transsexuelle, du lesbianisme, de l’homosexualité, du triolisme, etc.

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Netflix a mis fin à cette aventure à cause des coûts astronomiques de production. Le scénario coupe donc court en certains endroits où l’aventure devait se poursuivre au-delà de la deuxième saison. Vous comprendrez aisément et rapidement les raisons de ces coûts hors normes dès la première émission.

Ceci étant dit, le plaisir qu’on éprouve à regarder cette série intelligente bardée d’une foule de personnages très attachants qui doivent affronter des dangers communs autant qu’individuels ne se dément pas tout au long de la série.

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La musique omniprésente joue un rôle clé dans la facture globale, mais l’une des plus belles qualités de cette œuvre cinématographique est le temps. La réalisatrice prend le temps de développer certaines scènes en laissant tomber toute urgence d’agir et ça fonctionne à merveille. On redécouvre le plaisir des longues scènes aux dialogues riches, sensés et justifiés ou aux paysages magnifiquement exploités par le directeur photo. Certains moments deviendront des pièces d’anthologie, gardez donc des papiers-mouchoirs à portée de main.

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La distribution a certainement posé d’immenses défis qui ont été brillamment relevés par l’équipe chargée de trouver les perles rares. Certains d’entre vous retrouveront probablement avec plaisir Daryl Hannah dans un étonnant contre-emploi.

Je ne vous en dirai pas plus, sinon qu’à mon avis cette série restera unique, et ce pour des générations. Ne la ratez donc pas. Et si vous la regardez accompagné d’une autre personne, vous aurez en boni des heures de discussions après chaque épisode visionné. La dernière émission d’une durée de 2h30 vous en fera voir de toutes les couleurs !

Ma cote : chef-d’œuvre.