Fausses nouvelles, apprendre du passé pour bâtir l’avenir

Non, les fausses nouvelles au rayonnement mondial ne sont pas nées avec l’arrivée au pouvoir d’un certain président américain. Elles ne sont pas nées du désir de certains trolls de manipuler la toile. Bien avant le web 3.0, bien avant notre société connectée, une époque de fausses nouvelles a déferlé sur le monde et ses conséquences auraient été encore plus terribles que les ravages causés par cette poignée d’individus qui avaient une opinion bien précise de leur peuple et qui déjà sévissaient pour asservir tous les autres peuples de la planète.

Pour ce faire, une société de recherche s’était donné le mandat de recueillir des preuves, mais surtout de publier des présomptions infondées, afin de confirmer que leurs ancêtres n’étaient rien de moins que les Atlantes.

Ici et maintenant, cette affirmation gratuite semble tout à fait ridicule, mais à cette époque, ces individus possédaient le pouvoir de baser leur prétendue supériorité sur tout un tas de fausses nouvelles dont celle-là.

Leur objectif ultime était de dominer le monde en assoyant leur pouvoir sur de fausses croyances. Ils visaient à nous faire accepter leurs prétentions à faire partie d’une race supérieure. Ils justifiaient toutes leurs exactions au nom de leur supériorité présumée. Vous avez certainement deviné de qui je parle, des Allemands de la décennie 1935-1945.

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Ils mirent en place une société chargée de promouvoir ces croyances. Elle se nommait Das Ahnenerbe, un diminutif de son nom d’origine signifiant : « Société pour la recherche et l’enseignement sur l’héritage ancestral ».

Leurs prétentions n’étaient qu’un ramassis d’idées préconçues dont aucune n’a jamais été réellement prouvée ni à cette époque ni plus tard. Das Ahnenerbe faisait partie de la grande machine de propagande nazie cherchant à se positionner au-dessus de tous les autres peuples et visant à justifier leurs génocides.

L’un des fondateurs et le personnage le plus influent de cet institut fut Heinrich Himmler, le chef suprême des SS.

Cette fausse nouvelle de la filiation Allemands-Atlantes fait aujourd’hui sourire mais attendez. Nous avons le même comportement face aux fausses nouvelles aujourd’hui que les gens de l’époque nazie. Ils laissaient faire, nous laissons faire.

Les dangers liés aux fausses nouvelles sont multiples et inversement, eux sont bien réels. Cependant, quelque chose semble avoir changé entre cette époque et la nôtre. Maintenant, tricher est bien vu même quand cela est de notoriété publique. N’y voit-on pas le signe d’un individu prenant tous les moyens pour gagner ? Et quoi de plus important que gagner ? Et voilà. La façon de le faire n’a plus aucune importance, donc le mensonge devient simplement une stratégie comme une autre. Et nous acceptons ce fait avéré sans broncher, sans nous offusquer, sans même nous sentir mal à l’aise. Déchéance totale de la société en général, mais aussi des individus qui la composent.

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C’est pourquoi je demande à tous ceux qui placent la sincérité et la transmission des faits réels au faîte de leurs valeurs morales d’embarquer avec moi dans le prochain transport intersidéral en direction d’une planète habitable mais inhabitée. Nous construirons une société basée sur la franchise.

Nous prospérerons, ferons des enfants auxquels nous transmettrons nos valeurs et notre histoire. Nous érigerons des instituts de recherche et d’enseignement sur notre héritage ancestral, nous leur apprendrons d’où nous venons et quelles sont nos racines. Nous parlerons de nos lointains ancêtres, ce qu’ils étaient, comment ils vivaient. Et nous leur dévoilerons que nous venons d’une race très spéciale, une race… de vauriens.

Stranger Things 3 et une certaine controverse

Je viens de terminer de regarder la troisième saison de Stranger Things. J’avais fait la critique de la première saison qui, sans être dithyrambique, était à tout le moins élogieuse.

N’ayez crainte de lire la suite de cet article, je ne vous dévoilerai aucun punch ni aucune partie de l’histoire qui risquerait de gâcher votre plaisir de la découvrir. C’est la raison pour laquelle cet article ne fracassera aucun record de longueur ni de nombre de lectures.

D’abord et avant tout, cette nouvelle saison garde le cap sur un point essentiel qui est en partie à l’origine de son succès, je parle de l’amitié. Ensuite, on a toujours droit à la même qualité du scénario. Une histoire solidement ficelée, beaucoup de personnages complexes et très bien dirigés, ces qualités ne se démentent pas tout au long des 8 épisodes. On peut parler d’une saison très courte, mais, justement, on n’étire pas la sauce. Cette nécessité disparait maintenant que les séries produites pour la diffusion en continu ne se vendent pas en coffret.

Personnellement, je déteste les films d’horreur, et encore plus s’ils s’adressent à un public en boutons. Alors pourquoi j’aime cette série télévisée là? Parce que les frères Duffer nous racontent des histoires comme si elles avaient réellement existé. L’horreur n’est jamais prise comme excuse pour nous faire sursauter ou angoisser. Les monstres ne sont pas horribles, ce sont les situations qui le sont.

Cette série nous raconte également l’histoire d’une époque, y compris en musique, y compris avec les beautés et les travers du moment et ça comprend la cigarette. On en a beaucoup parlé du fait que cette série fait rage chez les jeunes et que le tube blanc, sans être omniprésent, c’est vrai qu’il fait partie d’un pourcentage important des scènes.

Personnellement, ça ne m’a pas véritablement dérangé puisque je considère la cigarette comme un fléau vécu par la population mondiale dans son entièreté et qu’il aurait été inapproprié de l’éluder alors qu’on s’efforce de nous plonger dans cet univers de manière la plus fidèle possible.

Mais il existera toujours des gens qui voudront cacher les faits réels pour toutes sortes de raisons plutôt que de tenter de les expliquer. S’ils utilisaient les mêmes énergies en éducation plutôt qu’à s’offusquer de ce que l’histoire fut, les jeunes seraient bien mieux préparés à affronter la vie telle qu’elle est et non telle qu’ils voudraient qu’elle soit.

Regardez Stranger Things avec vos ados. Vous replongerez dans votre jeunesse, vos jeunes verront votre époque et vous partagerez de bons moments de loisir ensemble, fait rarissime lorsqu’ils atteignent l’âge où ils perdent leurs illusions sur l’héroïsme de leurs parents.

Expliquez-leur cette époque telle que vous l’avez vécue. Rajoutez-y vos propres expériences et votre progéniture continuera de garder de vous une image bien plus positive que si vous décriez la série parce qu’elle ose vous montrer jeune avec vos travers. Prenez le temps nécessaire pour leur parler de la cigarette et de votre opinion sur le fait d’en avoir beaucoup montré au cours de cette série. Parlez du combat de votre génération contre cette drogue dite douce. Expliquez ce qui doit être expliqué plutôt qu’enterré.

Collapsologue

J’ai appris que j’étais collapsologue. Rassurez-vous, je ne souffre pas de collapsite ou pire, de collapsose.

Être collapsologue, c’est tout d’abord croire que le monde tel qu’on le connait va s’effondrer. Ah! Là, vous me reconnaissez. Ouais, pour un gars qui a écrit des dizaines de nouvelles sur la fin du monde, il ne pourrait en être autrement.

En théologie, il existe le terme « eschatologie » pour signifier l’étude de la fin des humains et du monde. Il serait synonyme à collapsologie s’il ne regardait pas tout à travers des lunettes où un quelconque dieu nous punit pour nos actes. L’humain n’a pas besoin d’une entité bien-mal-veillante pour être puni, il le fait très bien tout seul. Mais parce qu’il applique son châtiment à ses voisins, il ignore sciemment qu’eux-mêmes font claquer leur fouet sur son propre dos. Et c’est la ronde stupide des châtieurs châtiés.

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Le collapsologue croit à l’effondrement de notre mode de vie et s’il s’y prépare adéquatement, il devient un survivaliste. J’ai déjà abordé le sujet ici même. Il s’y prépare, tout d’abord, psychologiquement. S’il possède des tendances de pédagogue, il en parle autour de lui, et si en plus il s’avère être un blogueur, il parvient peut-être à sensibiliser un public éloigné et élargi.

Ensuite, il acquiert des kits de survie, des vêtements appropriés et du matériel facilitant son autonomie. Il se monte des plans d’urgence. Comme outil, il ignore toute forme de technologie au-delà de celle intégrée dans une bonne vieille hache. Bon, ici j’exagère un peu, des allumettes, c’est sacrément pratique, mais vous comprenez le principe. Et d’ailleurs, je possède aussi du matériel pour allumer un feu sans allumette. Faque (ça fait que)…

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Le collapsologue est le dernier à vouloir l’effondrement de la civilisation, mais il le sait inévitable et surtout, il ne (se) le cache pas. Pour ceux qui en sont tout aussi convaincus et qui agissent comme si l’implosion ne surviendrait jamais, on a déjà inventé les mots autruche, jovialiste et niais dépendant de leur degré de négation et de la pauvreté de leur argumentation.

Pour les autres, les optimistes, ceux qui sont convaincus du contraire, il existe plusieurs catégories. J’en connais qui croient en l’humain, qui pensent sincèrement qu’il va finir par prendre les choses en main afin d’éviter les pires crises. Ils sont convaincus que les gens finiront par se lever et s’élever au-dessus de leur état bestial actuel. Que l’amour, la compassion, le partage, la sincérité et la bonté finiront par rassembler les humains autour d’un projet sérieux et réaliste. À eux, je lève mon chapeau, car mes facultés ne me permettent pas de penser ainsi, et j’espère de tout cœur qu’ils aient raison, même si je suis convaincu du contraire.

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Une autre catégorie est celle du genre monsieur Jemefousdetout, les dépensiers compulsifs, les pollueurs invétérés, les gaspilleurs éhontés, ceux pour qui le recyclage n’est qu’une perte de temps, la parcimonie un signe de pauvreté, qui croient que tout leur est dû, qu’ils possèdent tout en étant en manque de tout, que les autres personnes valent juste d’être à leur service, qui vivent sans remords de leurs abus les plus intolérables.

Vous les connaissez, ce sont eux qui nous ont amenés au bord du précipice et qui vous demanderont de vous y précipiter avant eux afin d’amortir leur chute. Ce sont eux qui ne veulent rien changer. Ils se reconnaissent facilement puisqu’ils se montrent comme des paons. On les retrouve dans chaque famille, dans chaque rue, dans chaque cercle d’amis, dans chaque bureau et usine et surtout, on les retrouve au sommet puisque ce sont des gens de pouvoir, ce sont nos dirigeants.

Mon inutilité

Un jour viendra où vous aurez atteint l’âge de vous demander à quoi aura servi votre vie. J’élimine immédiatement de l’équation le fait que vous avez procréé ou que vous projetez de le faire, car on ne parle plus de votre propre vie. La vôtre, en quoi fut-elle intéressante aux yeux des autres? Quel type de bilan vous dresse-t-on? Mis à part quelques broutilles sans grand intérêt, quelle est votre contribution au Grand projet humain?

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Probablement comme nous tous, vous n’avez rien apporté de réellement important. Oui, certainement, vous avez aidé un tas de gens qui, eux-mêmes, n’ont rien apporté dans la grande équation de l’existence humaine. Vos proches, vos voisins, vos amis ou collègues ont profité de votre sollicitude, votre disponibilité, votre écoute, votre humanité. Et puis après? Lorsque des coquerelles s’entraident, elles ne restent que des coquerelles qui réalisent ensemble des trucs de coquerelles. Ne vous offusquez pas de mes images, je ne nous compare pas à ces bestioles, du moins pas au premier degré, c’est déjà ça de gagné!

Virtual_Interactive_Kinetic_IntelligenceJ’étais voué à faire de grandes choses, à laisser ma marque. J’avais le talent, l’attitude, l’énergie, la santé, il me restait à prendre les bonnes décisions. Puis la vie m’a placé devant des situations qui m’ont obligé à choisir, et mes décisions m’ont amené ailleurs.Je ne regrette rien, je constate en revanche que ma vie a bénéficié à peu de gens. J’ai sacrifié la grosse affaire pour me consacrer à une seule personne.

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Pourtant, avec le recul et l’expérience, si je me retrouvais dans la même situation, je referais le même choix. Personnellement, je n’ai pas perdu au change, mais la société tout entière aurait pu profiter un peu plus de moi si mes efforts s’étaient focalisés ailleurs et autrement.

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Force est de constater que je fus plutôt inutile. Je l’admets, je le conçois, je l’accepte. Bien sûr, ma vie ne se terminera pas demain matin et je possède encore quelques années devant moi pour réaliser de belles choses, mais pas de grandes choses.

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Si ma vision de la situation est limpide, elle ne me rend pas plus malheureux pour autant, c’est le grand paradoxe de ma vie. Voué à devenir important, choisir l’inverse et en être finalement heureux. Pourquoi? Parce que le succès ne se compte pas en nombre. Parce que le bonheur n’est pas un cruchon qu’on remplit. Parce que la réussite est parfois uniquement dans sa tête et si on pense sincèrement qu’on a réussi, ce sentiment suffit amplement à créer une réalité.

Je dors peu, mais je ne fais jamais de cauchemars. Je dors du sommeil du juste. Rien ne me pèse sur la conscience. Tout compte fait, quel beau cadeau je me suis fait! n’est-ce pas?

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L’humanité est une grosse pyramide où la base se tape tout le fardeau de ceux qui se sont élevés en marchant sur les têtes et qui trônent actuellement au sommet, un sommet si peu partagé. Oui, c’est injuste, mais à voir la laideur de ces gens et les horreurs qu’ils ont accepté de faire pour se retrouver là, je bénis l’Univers de m’avoir apporté la possibilité de choisir une autre voie.

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Si vous êtes comme moi, soyez heureux. Au bout du compte, votre vie a été importante si elle n’a pas nui aux autres. Tous les jours, vous supportez votre propre fardeau ainsi que celui des autres qui ont préféré, eux, s’en délester. S’ils croient atteindre les honneurs, en revanche, vousavez mieux, vous avez l’Honneur. N’oubliez jamais que l’importance d’une majusculeprévaudra toujours sur celle du pluriel.

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Et mon blogue, un de ces jours, servira-t-il peut-être à des gens! Qui sait ce qu’on laisse en héritage?

Coup de pied au C…orbot

Mentir peut être considéré à plusieurs niveaux. Pour simplifier cet article, je me contenterai d’aborder les mensonges émis par des organismes gouvernementaux, incluant la police, les militaires et les politiciens.

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Disons qu’il se produit un ou plusieurs événements incompréhensibles. Les citoyens s’inquiètent, s’interrogent, et leurs craintes finissent sur le bureau d’un quelconque fonctionnaire, d’un policier, d’un colonel, par l’entremise d’un citoyen, d’une personne élue, d’un groupe de pression ou par des représentants des médias.

Cet individu interpellé se fout éperdument des plaintes et des récriminations des citoyens. Sans même s’intéresser au sujet, ou encore il connait la vérité, mais ne veut la révéler, il balaye le dossier sous le tapis en inventant une histoire stupide censée avoir un certain sens. Mais au fond, son profond mépris des gens le pousse à rester médiocre et à consentir très peu d’efforts pour forger un mensonge possible.

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Son histoire est reprise par d’autres individus sommés de répondre, par des élus, par le corps policier, bref par tout le monde.

Les médias ou les réseaux sociaux relèvent les incohérences de cette explication bancale. Ça crée un tollé, mais l’explication a été donnée et il faut s’en tenir comme à la prunelle de ses yeux, Plus les gens discutent du sujet, plus l’explication prouve sa stupidité. Jusqu’au point où celle-ci ne peut plus tenir.

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Des experts entrent alors en scène et concoctent un mensonge encore plus gros puisqu’ils doivent eux aussi couvrir la vérité sur les événements décriés ainsi que sauver la face des menteurs. Mais mentir a ses limites. Leur nouvelle explication parvient parfois à répondre aux plus évidentes aberrations, mais du coup, ils rendent les autres incohérences encore plus contestables.

Et après on tergiverse sur la possibilité ou non qu’on nous mente. On devrait plutôt tergiverser sur la possibilité qu’on nous dise parfois la vérité.

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Est-ce si difficile à comprendre que dans nos sociétés, mentir est la norme absolue et que la vérité est plus rare à trouver que les filles qui pissent bien assises sur la lunette d’une toilette publique sans sortir tout un attirail digne d’un labo de microbiologie de niveau pathogène P4 ?

Certains diront que LeCorbot, en plus d’être noir, est cynique. Mais ce n’est pas du cynisme lorsqu’il n’y a pas tant d’exagération que ça (oubliez ma remarque sur les filles… quoique…).

Aidez-moi à trouver un seul exemple où une entité gouvernementale a immédiatement prouvé sa transparence dans un dossier controversé ou sensible et que celle-ci n’a pas été précédée d’au moins un mensonge éhonté ou d’un mutisme indécent.

Et même si vous me donniez plusieurs exemples, vous seriez encore bien loin du compte qui prouverait que j’exagère, donc que je fais du cynisme.

Mais si je parviens à vous prouver que je ne suis pas cynique, vous devrez alors croire que vous ne méritez pas de vous faire dire la vérité. Ça, c’est plus difficile à accepter puisque cela signifie que vous consentez sciemment à être traité en petit citoyen bonasse.

Entre vous auto-insulter et donner un coup de pied dans un Corbot, le choix est évident, n’est-ce pas ?

Gamines pensées, société puérile

La pensée humaine moderne reste tributaire de celle de nos ancêtres, c’est-à-dire les chasseurs-cueilleurs, puis des agriculteurs-éleveurs. Malgré toute notre évolution technologique et scientifique, nous continuons de penser comme eux, de placer nos priorités aux mêmes endroits et de prendre les mêmes moyens qu’eux pour réaliser nos projets. Voilà probablement la raison profonde de nos échecs actuels.

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La société a technologiquement évolué sans progresser dans ses paradigmes. Ceux-ci se sont avérés valables à d’autres époques et pour d’autres conditions, mais maintenant ils plombent nos projets d’avenir en nous ramenant constamment à ne regarder qu’à court terme, jusqu’au prochain repas, jusqu’à la prochaine chasse, jusqu’à la prochaine saison des semailles ou des récoltes.

Aujourd’hui, nous devons nous donner des défis indépendants des politiciens et de leurs considérations presque uniquement centrées sur leur réélection. La société a besoin de projets vus, prévus, planifiés et réalisés sur le long terme.

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Tous les quatre ans, on change la couleur des fusées et leur destination, bien plus pour des considérations d’héritage politique que pour atteindre des objectifs scientifiques et sociologiques.

Les oligarques imposent leurs vues et leurs objectifs à l’ensemble des citoyens. S’ils détestent l’épeautre, gagez que nous ne verrons jamais de pains composés d’épeautre sur les rayons des marchés. S’ils détestent l’énergie solaire, il végètera au fond des labos désœuvrés. S’ils aiment les armes, le monde vivra en guerre permanente, peu importe les efforts adverses. S’ils se foutent de l’environnement parce qu’ils se montrent incapables de comprendre comment ils peuvent en tirer profit, nous resterons tous et toujours des pollueurs exemplaires.

Force est de constater que nos vrais dirigeants, les oligarques, nous prouvent jour après jour leur incapacité à regarder au-delà du prochain trimestre et nous les laissons nous diriger, nous dire ce que nous devons faire, nous dire quoi penser, nous dire quoi aimer, nous dire comment vivre et comment mourir. Nous pensons et agissons comme des gamins, alors nous en sommes.

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Voilà où en est rendue la société humaine. En fait, elle est rendue nulle part puisqu’elle n’a pas progressé d’un seul pas depuis l’Antiquité, depuis les grottes et même depuis les savanes. Nous avons donné nos sociétés sans rien recevoir en échange à une bande d’enfants gâtés, égoïstes, totalement imbus de leur rang, incapables de la moindre empathie, du moindre projet rassembleur, des moindres pensées progressistes et nous les suivons comme s’ils pouvaient nous apporter le bonheur alors qu’ils nous enlisent dans la mouise la plus débilitante et la noirceur la plus totale.

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Nous ne reconnaitrons jamais nos erreurs, tout d’abord celle qui consiste à se laisser diriger par une bande de junkies à l’argent, et ensuite celle de continuer à les suivre docilement jusqu’au précipice où ils nous laisseront nous bousculer jusqu’à tous s’y précipiter de gré ou de force.

Ce dernier constat est pour moi le pire à accepter. Reconnaitre ses erreurs, ses gaffes, ses faiblesses est une étape essentielle dans un processus d’évolution et la société humaine actuelle reste totalement imperméable à l’autocritique et absolument incapable de choisir de nouvelles directions.

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Bien que les dinosaures aient dominé sur Terre pendant 165 millions d’années, ils n’ont pas pu s’adapter suffisamment rapidement aux nouvelles conditions, sauf une petite branche pourtant bien plus fragile, les espèces aviaires qui nous ont donné tous nos oiseaux actuels.

L’humain agit en prédateur suprême. Toutes les espèces ayant porté cette étiquette, leurs os ont terminé entre deux couches géologiques, sauf le requin ! Nous sommes les prochains sur la liste. L’Anthropocène, ou si l’on préfère le Meghalayen, aura été de très courte durée, quelques centaines d’années tout au plus.

À moins que nos sociétés se dotent d’outils pour briser leur dépendance absolue face à cette bande de caïds juste bonne à répéter la même recette ad nauseam. Cette recette, évidemment, est celle qui les avantage tout particulièrement, raison de leur collage à l’époxy sur leur siège rembourré au papier-monnaie. Que croyez-vous réellement? Qu’ils décolleront d’eux-mêmes de leur confortable siège? Qu’ils amèneront la société quelque part ailleurs où il fait meilleur? Qu’ils possèdent une vision cohérente et perspicace du futur? Votre réveil s’avérera méchamment brutal si vous croyez à ces âneries.

Notre naïveté ne peut pas durer éternellement. Notre dépendance aux décisions d’une minorité confirme notre statut de gamins. Agissons en vrais adultes, relevons nos manches et attaquons les problèmes à la racine. Enfin, donnons-nous des objectifs clairs et indépendants des classes politiques et oligarchiques. Déterminons ensemble des objectifs de société et réalisons-les, pour le bien de notre société et de tous ses citoyens.

Lorsque nous renverserons la vapeur et que ce sera la société qui dira aux oligarques et aux politiciens quoi faire et comment le faire, nous commencerons à vivre dans une société adulte. En attendant, nous ne faisons que jouer aux billes !

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Spécialisation et fragilité

La société humaine a franchi une étape charnière de son évolution le jour où elle a commencé à chasser en groupe. Ces sociétés de chasseurs-cueilleurs l’ignoraient, mais ils venaient d’inventer la fragilité individuelle.

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Cueillir sa nourriture reste un acte solitaire et semblable pour tous les cueilleurs. À ce niveau d’évolution, un acte sociétal est tout de même faisable, celui de mettre les denrées en commun pour les distribuer selon une équité ou selon un mérite quelconque.

On peut se comporter de la même façon à la chasse. Tuer une perdrix ou un lièvre s’effectue individuellement. Toutefois, tuer un bison ou un mammouth est une autre paire de manches. Sans spécialisations, certaines pour attirer la bête, l’isoler, pour la rabattre en enfin pour l’abattre, la chasse aux gros gibiers resterait inefficace. Chacun s’occupant d’une tâche distincte, elles sont mises en commun dans un processus global permettant au bout du compte d’attraper la proie et de gagner, ce faisant, le droit de recevoir une part du gibier.

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D’une chasse à l’autre, les individus amélioraient leur technique, savaient choisir et appliquer les meilleures méthodes lorsque les conditions changeaient. Ils acquéraient ainsi un rôle pratiquement indispensable, mais en contrepartie ils devenaient quelconques sinon médiocres dans les autres spécialités.

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Chaque humain étant différent, l’efficacité d’un groupe augmente avec celle de chaque spécialisation. Accomplir certaines tâches précises parmi un ensemble possible devient un atout non négligeable pour la communauté. Les besoins globaux ainsi que les talents naturels des nouveaux membres définissaient leur futur rôle.

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Maintenant, il est devenu impensable de vivre de manière autonome, nous devons tous nous fier aux autres. Même les ermites ayant décidé de vivre retirés et de ne se nourrir que de leurs chasses, pêches, cultures et cueillettes utilisent des tas d’outils fabriqués par notre société, des graines provenant d’elle et des vêtements issus des métiers à tisser. Ils échangent leurs surplus contre d’autres denrées ou équipements impossibles à obtenir ou fabriquer dans leur milieu.

La spécialisation n’a cessé de grandir avec le nombre d’humains peuplant la Terre. On peut dire que le niveau technologique croit en fonction du nombre d’individus. Acquérir autant de compétences variées aussi complexes et si rapidement avec le dixième de notre population n’aurait pas été possible. Le temps nécessaire à atteindre le même niveau d’achèvement aurait été multiplié par un facteur bien plus grand que dix. Imparfaitement imagé par le concept du tas de sable, pour qu’il croisse, une base de plus en plus vaste s’avère nécessaire. L’imperfection de cette image provient de l’angle de la pente, environ 30° pour le sable, variable pour les connaissances accumulées.

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Plus les spécialisations deviennent grandes, plus elles fragilisent les individus, car des disparitions soudaines de leurs besoins engendrent l’inutilité et l’improductivité immédiates des citoyens s’étant dédiés à les combler. L’impossibilité de se parfaire rapidement dans d’autres spécialités qui prennent parfois plusieurs années à acquérir engendre ce qu’on nomme le chômage systémique et ses dangers croissent au fur et à mesure de la surspécialisation des métiers.

La formation continue s’avère alors la seule planche de salut pour réduire les risques d’obsolescence. Elle ne constitue pas un luxe, mais devient une nécessité dans la plupart des domaines de spécialisation.

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Le temps est révolu depuis longtemps où nous passions nos années de jeunesse à apprendre un métier qui nous suivrait ensuite toute notre vie. Dès notre sortie de l’école, nous devons immédiatement penser à y retourner. Ce perfectionnement constant doit s’inscrire dans une planification régulière, au même titre que la famille, les amis et les loisirs. Ceux qui y adhèrent garderont toute leur pertinence au cours de leur vie active de travailleur au sein d’une société hyper technologique. Les autres, la chance déterminera leur sort en fonction d’aléas totalement hors de leur contrôle.

Votre pensée est marginale ? Lisez ceci

Il est tentant de lier les esprits marginaux à des esprits de contradiction. Ne sont-ils pas toujours en train de tout critiquer? De tout virer à l’envers? De transformer les plus sûres valeurs en défauts qui, selon eux, devraient être éradiqués?

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Pour ceux qui empruntent et se font transporter par le courant principal – mainstream en swahili – sans même nager, ce rapprochement facile leur est naturel. Habitués de ne pas se poser de questions sur la valeur de leurs propres agissements pourvu que la société ne les critique pas, ne les défende pas, ne les marginalise pas, ils appartiennent au clan des bons et ceux qui osent penser différemment se retrouvent automatiquement dans celui des mauvais.

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Les suiveurs ne pensent pas, ils laissent d’autres gens penser à leur place et ils adoptent d’emblée leurs opinions, du moins celles rendues publiques. C’est là où réside l’astuce de l’élite, des élus. Leurs opinions personnelles restent un secret bien gardé. Celles qu’ils publient, qu’ils laissent filtrer dans la sphère publique sont des instruments utilisés pour orienter le flux de pensées commun dans une seule direction.

Ce processus est aussi vieux que les élections. En soi, il regorge de qualités, mais également de défauts. Que tout le peuple marche d’un même pas s’avère un objectif essentiel pour générer et conserver la cohésion des actions. Que tous les gens avancent toujours à l’unisson deviendra une stratégie très néfaste, car une fois la cadence et la direction adoptées, la nation s’échouera sur n’importe quel obstacle sans même se douter des dangers environnants.

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C’est dans ce contexte où les vertus de la marginalité doivent entrer en ligne de compte. Comparons les marginaux à des vigies. Elles ne tiendront jamais la barre, elles ne commanderont jamais l’équipage, mais elles possèdent un pouvoir immense, celui de voir au loin et ainsi d’aider à éviter les naufrages.

Mais la tentation de les traiter d’oiseaux de malheur s’avère trop grande. On préfère ignorer leurs avertissements, on brouille leurs transmissions, on les dépouille de leurs jumelles, on cherche à les ramener au niveau du pont et parfois même on les enferme dans la cale, un bâillon dans la bouche et un bandeau sur les yeux sous celui bienveillant du capitaine, certainement plus heureux et fier de commander une bande de marionnettes qu’à éviter les échecs. Après tout, c’est lui qui est au pouvoir, pas ce foutu prétendant prétentieux croyant tout savoir de ce qu’on trouve au loin!

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Le marginal n’est pas une menace, sauf envers les aveugles idiots désireux par-dessus tout de s’en passer. Décidément, ça fait pas mal de gens au compteur.

Mais d’où vient le problème avec les marginaux? Pourquoi les personnes les détestent-elles tant?

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Le problème réside toujours aux deux mêmes endroits, dans l’usurpation et dans l’abus. Un marginal ne possède pas un titre régi par l’Ordre des professionnels en marginalité. Ainsi, ce rôle essentiel de vigie est laissé sans surveillance. Des tas de zigotos grimpent alors au grand mât afin d’occuper la minuscule plateforme. Dépourvus de tout instrument d’observation et d’analyse fiable, ils n’utilisent pas cette position pour mieux voir les alentours, mais plutôt pour mieux faire entendre leurs opinions, déjà toutes bien ficelées, sans égards aux réalités de la mer environnante, au plus grand nombre de gens possible.

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Ainsi, départager les vraies vigies des usurpateurs s’avère souvent une tâche délicate et difficile à accomplir avec justesse. La solution la plus simple consiste alors à entasser tous les prétendants à ce poste dans un coffre, à bien le lester avec du plomb et à le laisser couler au fond de l’océan. Puisque se fier à de fausses ou à de mauvaises vigies comporte autant de risques que de s’en passer, la stratégie commandée et utilisée par l’élite dirigeante revient à tous les dénigrer en bloc.

Et voici la preuve que cette élite peut également se montrer idiote, car il existe un moyen de résoudre ce dilemme des fausses vigies, mais elle entraine certaines contraintes essentielles qui sont généralement rejetées d’emblée par ignorance.trouver-electricien-web-solution.jpg

Pour trier le grain de l’ivraie, ça prend un tamis et une technique appropriés. Il faut passer au crible les assertions des marginaux afin d’en analyser la teneur et la valeur. Mais pour ce faire, l’élite doit vouloir y consacrer des ressources en temps et en matière grise, ce que très peu acceptent, imbues de leurs pouvoirs et convaincues de leur infaillibilité.

Et voilà comment les libres penseurs avant-gardistes visionnaires se retrouvent dans la même marmite que les gens munis d’un simple esprit de contradiction. Parce que ceux qui gouvernent ne prennent pas le temps et l’énergie nécessaires pour accomplir ce tri, préférant se passer de conseils avisés.

Voici le destin quasi certain de tous les marginaux, celui d’être comparés à des simplets illuminés criant bien trop souvent au loup. Ils seront ainsi traités en conséquence.

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Faire connaitre sa marginalité n’amène aucun confort, ne comporte aucun avantage et n’apportera aucune reconnaissance des élites au pouvoir. Bien au contraire, l’ostracisme attendra toute personne suffisamment inconsciente pour monter au grand mât afin d’exécuter minutieusement les tâches dévolues à une vigie dans la société. Car le peuple a décidé qu’il est trop compliqué de prendre quelques moyens simples et efficaces pour reconnaitre les vraies vigies des fausses.

Mais quels sont ces moyens simples dont je parle? Ce sont des analyses professionnelles réalisées en bonne et due forme. Préparer des questions pertinentes et les utiliser adéquatement. Analyser correctement les réponses et en tirer les conclusions qui s’imposent. Enfin et surtout, s’y fier afin de prendre les dispositions nécessaires. Mais plus personne ne se donne la peine d’apprendre ces techniques essentielles.

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Peu importe le sujet, son ignorance engendre presque toujours la même réaction. On considérera qu’il n’a donc aucun intérêt. Et voilà comment les nations préfèrent voguer sans vigies sur les flots agités et remplis d’écueils plutôt que se prémunir des dangers en recrutant des gens marginaux compétents afin de leur servir de vigie.

2449223399_1Un rôle de marginal vous tient-il toujours à cœur? Si oui, alors vous en avez, mais on fera tout pour vous l’écraser. Sachez-le.

 

Temps de qualité

Le monde change et le langage par le fait même. Auparavant, on n’utilisait jamais l’expression « se donner du temps de qualité ». Se donner du temps suffisait et par la suite on savait quoi faire. La qualité était intrinsèquement incluse dans le temps qu’on se donnait, parce qu’on avait peu de temps libre. On le planifiait comme une chose précieuse, et justement, il l’était.

On n’a peut-être pas la société de loisirs qu’on prédisait pour tous, mais plusieurs personnes l’ont très certainement et osons imaginer qu’ils sont à l’origine de l’expression « se donner du temps de qualité ».

IA et le manuscrit Voynich

Le manuscrit Voynich est un livre de 234 pages écrit dans une langue inconnue et montrant principalement des illustrations de plantes. Le fait que le vélin utilisé date du début du XVe siècle pose un sérieux problème puisque l’écriture devrait être connue. Mais on ignore tout de l’alphabet utilisé et a fortiori les mots faisant probablement la description des plantes dessinées avec grands détails. Ce livre est à ce jour la plus importante œuvre cryptée résistant à toutes nos tentatives de décodage.

Toutes ? Peut-être pas. Dernièrement, des chercheurs de l’université de l’Alberta au Canada auraient réussi à découvrir dans quelle langue il aurait été écrit avant qu’il ne soit codé avec des symboles étranges. Ils y seraient parvenus en programmant des algorithmes d’intelligence artificielle, ainsi qu’en utilisant le traducteur de Google.

L’hébreu serait à la base de ce charabia. Cependant, les lettres des mots auraient été réagencées comme on fait lorsqu’on joue au Scrabble. L’étape suivante aurait consisté à transformer les lettres de l’alphabet hébreu en d’autres symboles.

Mais il reste malgré tout une autre énigme qui sera peut-être résolue lorsque le texte aura été entièrement décodé et elle concerne les plantes décrites dans le codex. Beaucoup d’entre elles nous sont totalement inconnues. Si certaines sont facilement reconnaissables, d’où proviennent les autres ?

À moins que ce livre ne soit qu’une gigantesque farce, ces plantes inconnues sous-entendaient que son auteur n’était pas d’origine terrestre. Il aurait étudié les différentes plantes pour en faire un traité de botanique comparatif.

Mais l’hypothèse de l’origine extraterrestre ne meurt pas nécessairement avec la découverte de l’alphabet et du lexique utilisé avant le cryptage. L’hébreu est une très vieille langue. Si un peuple extraterrestre avait été en contact avec le peuple hébreu dans un lointain passé, cette langue aurait pu devenir le moyen de communication privilégié entre les deux peuples. Il est certainement plus facile à un peuple très avancé d’apprendre un langage comme l’hébreu qu’au peuple hébreu d’apprendre le langage très avancé d’une société extraterrestre.

Et si le manuscrit Voynich était une sorte de testeur ? Un moyen de mesurer le niveau intellectuel atteint par notre société ? Tant qu’il aurait résisté à nos assauts de décryptage, nous n’aurions pas atteint le seuil d’intelligence recherché. Mais la grande question dans tout cela est de savoir pourquoi ils voudraient nous tester. En supposant que nous terminions de décrypter le manuscrit et que le peuple extraterrestre l’apprenne d’une façon ou d’une autre, qu’auraient-ils prévu de faire ensuite ? Nous contacter officiellement ? Sortir de l’ombre pour que tous les humains puissent enfin connaitre leur existence ?

Je leur rappelle bien amicalement ma prédiction pour l’année 2018 sur le sujet. Faisant un Nostradamus de moi-même, j’ai prédit qu’on découvrira que la vie extraterrestre existe effectivement soit sous une forme simple et archaïque comme des bactéries, soit sous une forme évoluée grâce à nos télescopes qui détectent les exoplanètes, soit très évoluée grâce à une visite officielle de représentants d’une communauté extraterrestre.

J’aimerais bien avoir raison dans ma prédiction, alors grouillez-vous de vous faire voir ! Oui, je sais, je fais comme s’ils lisaient mon blogue. Normal, on les dit intelligents !

Une boite d’un nouveau genre pour un Boxing Day plus inspirant

Hier, c’était la fête de la boite ou de la taloche, selon le sens donné au mot « boxing ». Il invite les gens à ne pas oublier qu’ils sont d’abord et avant tout des consommateurs. Ici les magasins ouvrent leurs portes à 13 h. Afin de profiter des meilleures offres, certains individus font la file durant plusieurs heures, allant même jusqu’à apporter chaise pliante, doudou et thermos rempli d’on ne sait quel liquide ayant la fabuleuse propriété de rendre idiot.

Il fait actuellement -12 °C et -22 °C si on tient compte du facteur éolien. Ce n’est pas très froid pour cette période de l’année. Demain, le mercure frisera le -35 °C et le facteur éolien va donner l’impression que notre peau est soumise à un -45 °C. Mais ce -12 °C ne semble pas encore suffisamment froid pour briser la volonté ou l’entêtement ou la stupidité de ceux faisant le pied de grue devant les portes d’un magasin de bébelles.

En tant qu’humain, j’ai honte du comportement de mes semblables. Je ne saurai quoi dire aux extraterrestres lorsqu’ils me questionneront sur le sujet. Mettre ses orteils et ses lobes d’oreilles en gage dans le but de dépenser de l’argent pour un objet qu’on revendra peut-être immédiatement sur internet est, selon moi, le comble de ce que la société de consommation nous apporte. Évidemment, si on essayait de se procurer ces articles pour ensuite les donner aux moins bien nantis, ce serait un geste courageux et vertueux. Évidemment, aucun de ces consommateurs n’est empreint de cette bienveillante intention.

Nous avons accueilli durant ces derniers mois plus que notre part de réfugiés. Des gens qui, souvent, ont utilisé leurs derniers sous pour payer un taxi les amenant à l’un ou l’autre de nos postes frontaliers, pour fuir les purges du gouvernement étasunien qui veut retourner dans leur pays les gens accueillis durant ces dernières années.

Ce serait un beau geste de la part des propriétaires de magasins s’ils préparaient pour le Boxing Day un tas de boites remplies d’articles à l’attention des réfugiés nouvellement arrivés. Ce faisant, le Jour de la Boite prendrait un tout autre sens, un sens alliant charité et hospitalité, amour et entraide.

Les citoyens pourraient eux aussi contribuer en déposant leurs surplus de cadeaux dans ces commerces. Les boites se multiplieraient et enfin, le Boxing Day deviendrait aussi bien le jour des boites que celui de la taloche. Des taloches dispensées à la pauvreté, à la surconsommation et à l’égoïsme.

Si vous aimez l’idée, partagez ce lien.

Compter jusqu’à trois.

Ou comment a commencé la quête de la complexité mathématique

Trois, three, tres, tre, três, trei, Drei, drie, voici huit façons différentes d’écrire le nombre trois en huit langues: français, anglais, espagnol, italien, portugais, roumain, allemand et néerlandais.

Une caractéristique saute immédiatement aux yeux et aux oreilles. Les sons très similaires «tʀ» ou «dʀ» se retrouvent au début de tous les chiffres 3. Le langage est un formidable véhicule de la culture. Certains éléments culturels persistent aisément durant des dizaines de millénaires et le mot «trois» est l’un d’eux.

C’est plutôt facile à comprendre, croirait-on. Il a dû exister un mot commun à toutes ces langues avant qu’elles ne divergent. C’est probablement exact puisque aujourd’hui, la linguistique considère que toutes les langues ont eu un même ancêtre, probablement remontant aux environs de 75000 ans. Lire l’article Adam, Ève et un certain Toba.

La langue parlée à cette époque devait nécessairement utiliser l’un des phonèmes, soit «tʀ», soit «dʀ» ou peut-être même simplement «ʀ» pour désigner le chiffre 3, mais il y a plus.

À l’époque où la communauté humaine vivait sans aucune mathématique, les sons utilisés devaient être indicatifs plutôt que formels. Ainsi, le son roulé «ʀ» précédé d’une consonne dentale «t» ou «d» devait avoir un certain sens pratique même s’il ne signifiait pas précisément le chiffre 3.

On suppose qu’à cette époque, l’humain ne comptait pas vraiment dans le sens qu’on donne aujourd’hui à ce mot. On n’a aucunement besoin de savoir compter pour séparer équitablement des fruits cueillis d’un arbre. On distribue une unité à chacun à tour de rôle jusqu’à épuisement des stocks. Évidemment, on commence la distribution par le chef. Ainsi, sans jamais savoir compter, chaque membre du clan ou de la tribu se voyait remettre sa juste part.

Ce lointain ancêtre comprenait par contre le sens d’être seul. Ainsi, le nombre 1 signifiait quelque chose de bien concret. Le nombre 2 devait également avoir droit à une réalité compréhensible. Quand «un» n’était plus seul, il avait de la compagnie, que ce fût pour partir à la chasse ou pour utiliser une section de la grotte pour faire des trucs louches avec une nana. Lorsque «un» n’est plus «unique», il fait «deux» avec un autre. Mais après 2, les chiffres commençaient à ne plus avoir de sens strict puisqu’on ne comptait pas. Après 2, il y avait quoi? Il y en avait plus, il y en avait beaucoup, il y en avait trop, très, trois. Ainsi, le son «tʀ» ou «dʀ» devait représenter non pas un nombre précis, mais simplement un état signifiant «au-delà de 2» ou «plusieurs».

Lorsque nos ancêtres ont ensuite eu besoin de créer une suite de nombres entiers pour distinguer 3 de 4, etc., par exemple pour compter des têtes de bétail, très, trop, trois est devenu le nombre bien réel qui suivait le 2 et pas seulement quelque chose signifiant «plus de 2».

Ainsi, le dicton «deux c’est un couple, trois c’est une foule» était parfaitement exact, puisque c’était le sens qu’on donnait à «trois» dans la préhistoire. C’est tout de même étrange de savoir que le tout petit nombre 3 créait une frontière conceptuelle difficile à outrepasser. Une frontière qui, lorsque nos aïeux l’ont franchie, ouvrit toutes grandes les portes du savoir par les mathématiques. Cette frontière ne cesse d’être repoussée et encore aujourd’hui, nos connaissances mathématiques s’enrichissent de nouveaux théorèmes toujours plus complexes. La quête du «trois» à partir du «très» s’est révélée une étape cruciale. Un tout petit pas, en apparence parfaitement anodin, occasionnera les plus grands bouleversements si l’on se donne la peine de pousser le concept tout juste un peu plus loin, mais ce, sans relâche, gravissant un à un les échelons menant à l’hyper complexité.