Mexico et les séismes

La ville de Mexico est une mégalopole sacrément mal foutue. Bien sûr, je n’entre dans l’équation ni le soleil brûlant, ni les sites archéologiques exceptionnels, ni les piña coladas glacés et encore moins les chicas bombées. Par contre, j’y inclus les plaques tectoniques, les volcans et le type de sol.

Mexico se trouve à la jonction de quatre plaques tectoniques : les Plaques pacifique, nord-américaine, des Cocos et des Caraïbes, en plus d’être influencée par la plaque sud-américaine pas très loin. Il va sans dire que les séismes y sont fréquents et particulièrement violents. Nous en avons eu un aperçu cette semaine avec une secousse sismique évaluée à 7,1 sur l’échelle Richter.

Le tamponnage ininterrompu de ces diverses parties de l’écorce terrestre engendre la Cordillère néovolcanique, une chaine de volcans actifs dont plusieurs entourent la cité. C’est le cas du célèbre Popocatepetl situé à seulement 70 km de la grande ville. Si le panorama qu’offrent ces montagnes environnantes est particulièrement grandiose, les images des buildings effondrés, des infrastructures pulvérisées, mais surtout des gens morts, blessés ou sans-abris, nous rappellent tristement que Mexico ne sera jamais une ville sécuritaire. Et ici, rien à voir avec les risques occasionnés par les gangs de malfrats de toutes allégeances.

Mexico n’est pas la seule ville au monde à avoir été construite en zone dangereuse, d’ailleurs j’ai déjà consacré un article à Naples, mais ce qui caractérise Mexico par rapport aux autres, c’est la nature de son sol. Du sable. Instinctivement, on aurait tendance à croire que les séismes seraient moins ravageurs dans ce type de sol semblable à un coussin absorbant que sur du roc solide qui vibre très facilement à la moindre secousse. Il faut comprendre que les ondes sismiques transportent l’énergie du séisme en partant de l’épicentre vers les zones environnantes. Cette énergie se dissipe comme les ondes d’une antenne émettrice. Un sol rigide comme le roc absorbe très peu l’énergie d’un séisme. C’est pourquoi l’onde de choc est ressentie à de très longues distances, mais très faiblement en chaque point du territoire affecté.

Un séisme d’intensité équivalente se propage difficilement dans un sol meuble. Ainsi, toute l’énergie du séisme se dissipe sur une très petite surface du territoire. Les ondes de choc sont stoppées net par le sable, causant une accumulation de l’énergie à cet endroit. Autour et proche de l’épicentre, le sol se liquéfie. Il ne devient pas liquide, mais le sable acquiert un comportement comparable à du liquide. Et tout le monde sait que des bâtiments ayant leurs assises sur un liquide ne resteront pas debout bien longtemps.

Le récent séisme de Mexico nous rappelle de façon tragique que l’humain d’aujourd’hui est incapable de réfléchir à long terme. Les peuples « primitifs » de la région ont, eux, construit des édifices capables de résister aux mêmes séismes, comme le prouve le site archéologique de Teotihuacan situé à moins de 40 km de la grande ville. Il nous faudra beaucoup d’autres preuves pour que nous finissions par admettre notre bêtise et celles de nos œuvres, si jamais on en arrive là. Peu d’individus survivront aux tares de l’humanité. Ne me traitez pas de pessimiste, je suis simplement un oiseau de malheur. Personne n’oserait prendre au sérieux ce satané volatile noir ! Personne ?

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