L’eau qui marque

Lorsqu’on remonte les annales de la Terre, l’on s’aperçoit qu’elle a connu et connait encore de nombreux tsunamis. Les occasions de générer ces vagues meurtrières ne manquent pas, car notre planète peut compter sur une panoplie de moyens différents. Météorites, éboulements, glissements, affaissements de montagnes, élévations subites du plancher océanique, volcanismes sous-marins, détentes de plaques continentales, déplacements horizontaux subits de plaques océaniques, les océans ourdissent en profondeur de bien grandes catastrophes qui se dérouleront à des milliers de kilomètres de leur lieu d’origine.

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Pourtant les tsunamis ont longtemps constitué un mythe, car on ne leur trouvait aucune cause proche des lieux de désastres. Les scientifiques ne doutent jamais de leurs théories, ils préfèrent douter des récits et des légendes, ça leur évite de chercher et ça préserve leur sentiment de supériorité.

Malgré l’invraisemblance des histoires rapportées, ces événements exceptionnels ont réellement existé et aujourd’hui nous avons parfaitement compris leurs différents mécanismes. Nous savons également reconnaitre les traces géologiques de leur passage permettant de figer les lieux, époques et ampleurs exacts de ces phénomènes récurrents non cycliques.

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Parmi les tsunamis les plus célèbres, le plus important n’a jamais été aperçu d’aucun homme. En tombant partiellement dans la mer, la météorite de Chicxulub qui dévora les dinosaures non aviaires il y a de cela 66 millions d’années a engendré une vague planétaire dont la crête en plein océan devait mesurer près de 150 mètres. En comparaison, le tsunami de 2004 en Indonésie mesurait environ 15 centimètres lorsqu’il se baladait en plein océan, mille fois moins haut que son ancêtre du Crétacé.

Le mot «tsunami» est d’origine japonaise. Ça se comprend, parce que ce chapelet d’iles est parfaitement situé pour recevoir des bombardements de vagues monstrueuses. Non seulement ce pays doit composer avec ceux engendrés près de ses côtes et ils sont pléthore, il reçoit également les vagues créées de l’autre côté du Pacifique en provenance des états de l’Alaska, de Washington, de l’Oregon, de la Californie, du Canada et même d’Amérique du Sud.

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Dans un article précédent, je fais état d’un mégatsunami américain survenu en l’an 1700 dont la date exacte est connue puisque le Japon a subi une attaque océane le lendemain et a répertorié cet événement dans ses annales.

Un autre tsunami bien connu fut celui engendré par l’explosion de l’ile de Santorin en Méditerranée voilà 3600 ans qui mit fin à la civilisation minoenne.

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La Norvège et l’Écosse ont connu un tsunami de grande ampleur en provenance d’un éboulement en mer de Norvège il y a de cela 8100 ans. Cet endroit est toujours propice à subir d’autres événements semblables à celui-ci qu’on nomme «Glissements de terrain de Storegga». Des strates géologiques en font état encore aujourd’hui.

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L’un des plus monstrueux de tous n’a pourtant pas eu comme origine un lieu situé sur la ceinture de feu du Pacifique, là où l’on s’attend à les rencontrer généralement, mais dans l’Atlantique. Voilà 73000 ans, un flanc du volcan Pico do Fogo au Cap-Vert s’étale dans l’océan, provoquant un mégatsunami qui se répercute sur toutes les côtes atlantiques.

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Nous connaitrons une situation similaire avec le Cumbre Vieja dans un avenir pas si éloigné. Lire mon article «La menace du Cumbre Vieja» sur le sujet.

J’écrivais précédemment que les tsunamis ne sont pas cycliques (certains pourtant le sont), ça n’empêche pas de tenir des statistiques. Une dizaine d’années en moyenne séparent des tsunamis relativement importants dans le monde, mais on peut vivre un siècle sans subir de graves dégâts.

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Même si aujourd’hui nous sommes plus sensibilisés qu’autrefois à ce phénomène, il n’en demeure pas moins que nous restons très vulnérables face aux tsunamis puisque l’humain s’est fait un malin plaisir de bâtir partout au pied des océans. Nous subirons donc des pertes incommensurables, c’est garanti.

Quand? Ayez crainte! C’est pour bientôt.

Les statistiques de la comète de Noé

Cet article clôt cette série de quatre dont font partie: «La comète de Noé», «Survivre à la comète de Noé» et enfin «La saga de Noé».

Le système solaire regorge d’astéroïdes et de comètes. Si leur composition diffère, quelque chose cependant les réunit et c’est leur taille.

Les uns comme les autres ont subi deux types d’effets, l’agrégation et la dislocation. Tous ces corps tournent de manière ordonnée, leur vitesse de révolution autour du Soleil est semblable s’ils partagent la même orbite. Comme des automobiles avançant sur une autoroute, les collisions restent donc peu nombreuses, mais elles surviennent tout de même.

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Deux effets peuvent survenir lors de ces embrassades cosmiques. Si la vitesse relative entre les deux corps en collision est faible, ils auront tendance à s’agréger l’un à l’autre. Si au contraire leur vitesse différentielle est trop importante, le choc sera brutal et ils se disloqueront, créant une multitude de corps plus petits.

Ces deux phénomènes amènent une distribution des masses des astéroïdes et des comètes d’ordre logarithmique. Ne fuyez pas, je vais expliquer simplement ce terme mathématique. Une distribution logarithmique des masses signifie qu’il existe 100 fois plus d’astéroïdes de 1 mètre de diamètre que ceux de 10 mètres, ceux-ci étant 100 fois moins nombreux que ceux de 100 mètres et ces derniers 100 fois moins présents que ceux de 1 kilomètre et heureusement, les astéroïdes de 10 km de diamètre restent très rares, car ils sont 100 fois moins nombreux que ceux de 1 km.

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Il tombe plus de cent millions de cailloux célestes (météores) par jour dans l’atmosphère terrestre pour un total de cent à mille tonnes. La plupart ne sont heureusement que des poussières qui se consument entièrement durant leur chute. De 0,5 % à 5 % de cette masse totale atteint le sol. On parle alors de météorites à partir du moment où elles touchent terre.

La météorite de Chicxulub ayant décimé les dinosaures, tombée voilà 66 millions d’années, faisait approximativement 10 km de diamètre, ce qui ne survient en moyenne qu’une seule fois par 100 millions d’années. En revanche, une météorite d’un kilomètre de diamètre a une probabilité cent fois plus grande de nous frapper, soit une par million d’années. Lire mon récent article sur la «Comète de Noé» pour obtenir un exemple d’une telle collision survenue voilà 13000 ans.

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Tous ces chiffres restent spéculatifs, car nous ignorons combien la Terre a reçu de météorites depuis sa formation. Nous devons nous référer aux impacts visibles sur la Lune et sur les autres corps dont la croûte n’est pas érodée pour évaluer très grossièrement leur nombre. Les océans et l’érosion des sols ont fait disparaitre tous les astroblèmes de peu d’importance. Les seuls encore visibles, les plus importants ou les plus récents demeurent peu nombreux.

Au-delà des statistiques, des probabilités, la réalité peut s’avérer tout autre. Peu importe les événements du passé, rien n’interdit une comète de plus de 10 km de diamètre de nous visiter demain matin même si la dernière ne date que de 66 millions d’années.

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Heureusement, nous possédons aujourd’hui tout un réseau de surveillance nous permettant de repérer précocement les corps les plus dangereux. Si un monstre de cette dimension se rapprochait dangereusement de la Terre, nous l’aurions fort probablement déjà aperçu. Pour les cailloux de moindre importance, plusieurs d’entre eux réussissent à nous passer sous le nez. Ce fut le cas le 15 février 2013 lorsque dans la ville russe de Tcheliabinsk une météorite a fracassé nombre de vitres et fait tomber des murs de briques lors de son passage remarqué. Pourtant, son diamètre ne faisait que 15 mètres et sa masse d’environ 10000 tonnes. Mais à cause de sa grande vitesse, l’énergie dégagée correspondait à environ 30 bombes atomiques d’Hiroshima.

On peut se rendre compte de l’énorme potentiel destructeur de ces visiteurs de l’espace malgré leurs dimensions réduites. Minimiser l’impact sur la Nature et sur l’humain de la comète de Noé qui devait faire près d’un kilomètre de diamètre démontre l’incompréhension de ceux qui croient impossible un si grand rôle joué sur l’état de la planète entière.

La comète de Noé

Cet article compose la première partie d’un triptyque.

Les scientifiques sérieux, je parle de ceux qui se foutent de déplaire à leurs prédécesseurs trop séniles, bornés et têtus pour accepter des preuves allant à l’encontre de leur idéologie, s’entendent pour situer un événement climatologique planétaire aux environs de 13 000 ans dans le passé.

Un cataclysme aurait bouleversé de façon radicale le climat et les conditions régnant sur Terre à ce moment. Dans la foulée, un nombre incommensurable d’humains auraient péri, sans compter l’extinction subite de nombreuses espèces animales, mammouths, tigres à dents de sabre, ours à face plate, etc., la faune géante de l’époque s’est mystérieusement et radicalement éteinte.

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Les humains survivant à cet événement sans précédent ont voulu transmettre le récit de cette catastrophe exceptionnelle, mais son ampleur épouvantable dépassait l’entendement humain et sa cause véritable demeurait totalement inconnue. Pour comprendre ce qui survint voilà treize millénaires, reportons-nous à cette époque reculée.

La Terre traverse une période glaciaire, ce n’est pas sa première et ce ne sera pas sa dernière. Différentes causes astronomiques cycliques déclenchent ces épisodes où la Terre se refroidit de façon importante. Il ressort clairement des graphiques un cycle d’environ 100000 ans où la Terre passe du froid au chaud pour revenir au froid.

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Pour les fins de cet article, je n’aborderai pas les causes probables de ces périodes glaciaires, elles surviennent et voilà 12 900 ans, nous étions au cœur de l’une d’entre elles. Le niveau de l’océan se situait 120 mètres plus bas, car toute cette eau s’était accumulée sous forme de glaciers sur une grande partie de l’hémisphère nord de la planète. 2 à 3 kilomètres de glace recouvraient le Canada en entier, l’Europe jusqu’à Berlin et une bonne portion de l’Asie. Les plateaux continentaux aujourd’hui submergés se retrouvaient à l’air libre et peuplés d’on ignore combien d’humains et d’animaux.

Puis quelque chose de cataclysmique et subit est survenu. Une comète s’est écrasée sur la Terre. J’utilise le mot comète, mais le terme astéroïde pourrait aussi bien faire l’affaire, car on n’en est pas vraiment certain. Un corps céleste quelconque s’est abattu quelque part dans le Nord et a causé un ravage incommensurable.

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On aurait récemment découvert sous le glacier groenlandais Hiawatha situé à l’extrême nord-ouest de ces terres un astroblème datant de 12900 ans, prouvant hors de tout doute cette hypothèse. Une cicatrice de 31 km de diamètre et de 300 mètres de profondeur, caractéristique d’un impact avec un corps céleste, a été mise au jour par une équipe de chercheurs allemands de l’institut Alfred Wegener.

Tiens donc! Ce non vous dit-il quelque chose? N’est-ce pas ce météorologue qui a inventé l’hypothèse de la dérive des continents et qui a été la risée de la communauté des géologues durant plus de 50 ans alors qu’il avait tout bon? Hé oui! Curieux hasard!

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La forme caractéristique du terrain à cet endroit ne laisse aucun doute sur sa nature, surtout que voilà plusieurs décennies on a retrouvé une météorite non loin de là, probablement un fragment détaché de celle qui a causé la dépression ayant mesuré au minimum un kilomètre de diamètre.

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Dans cette région, la glace est très jeune et aussi très différente des autres glaces environnantes. De minuscules cailloux transportés par des cours d’eau sous-glaciaires montrent clairement des traces d’un important impact qui les ont fait fondre puis recristalliser.

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La datation du site porte encore à controverse, mais celle-ci devrait bientôt se raffiner. Selon certaines données, il n’aurait que 12900 ans, un moment charnière dans la saga humaine, car à ce moment précis, la Terre aurait vécu un subit refroidissement connu sous le nom de Dryas récent. Celui-ci proviendrait d’une importante et subite arrivée d’eau froide dans l’Atlantique-Nord qui aurait causé un dérèglement des courants marins et un gel encore plus prononcé des régions nordiques.

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Mais toute cette eau froide devait provenir d’un cataclysme et voilà comment une équipe internationale du musée d’histoire naturelle de Copenhague en a déduit l’hypothèse de la météorite tombée au Groenland et aujourd’hui confirmée par l’équipe allemande.

Et où est le lien avec Noé dans toute cette histoire? J’y arrive. Demain, vous saurez.

Bons baisers de Zélandie

Zélandie est ma traduction française personnelle du mot Zealandia, un terme inventé en 1995 par un certain Luyendyk pour désigner un autre continent sur Terre.

Oui, vous avez bien lu. Après l’Afrique, les deux Amériques, l’Asie, l’Europe, l’Océanie et l’Antarctique, voilà que la Terre possède un huitième continent, je vous le donne en mille, la Zélandie.

Le terme tire évidemment ses origines de la Nouvelle-Zélande, des terres émergées au sud-est de l’Australie qui font encore officiellement partie, avec le royaume des marsupiaux, de ce vaste continent appelé l’Océanie.

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Si plusieurs continents suivent les contours de plaques tectoniques tels les Amériques, l’Afrique et l’Antarctique, il n’en va pas de même avec l’Europe et l’Asie. Les continents sont donc une conception de l’esprit plutôt que géographique. C’est toutefois à cause de ses caractéristiques géohistoriques que la Zélandie est en passe de devenir un véritable continent.

Si vous observez la carte, à l’évidence, les fonds océaniques entourant l’ile de la Nouvelle-Zélande constituent un plateau continental immergé à faible profondeur. Ce vaste territoire représente les deux tiers de la superficie de l’Australie, suffisamment pour parler d’un continent. Toutefois, il faut regarder la géologie et l’histoire passée de ce morceau de la croûte terrestre pour en faire un véritable continent.

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Si la lithosphère à cet endroit avait été de la même épaisseur que celle des autres plaques continentales, nous n’aurions jamais hésité à parler d’un continent puisque toutes ces terres seraient émergées. Mais la plaque continentale de la Zélandie fait seulement 20 km d’épaisseur et repose principalement sous le niveau océanique, ne laissant voir qu’un très faible pourcentage de sa superficie totale. Ce continent bien réel est presque totalement invisible, sauf pour sa partie très volcanique qui déverse de la lave permettant à la croûte de s’épaissir suffisamment à cet endroit pour émerger des flots, c’est ce que nous voyons de ce continent: la Nouvelle-Zélande.

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Lorsque le supercontinent Gondwana s’est entièrement fracturé voilà de cela 130 millions d’années, sa partie Antarctique a migré au Sud, l’Australie vers l’Est, l’Afrique au Nord, l’Amérique du Sud au Nord-Ouest et l’Inde au Nord-Nord-Est. Mais il manque une pièce au puzzle pour recomposer l’entièreté de ce supercontinent ayant réuni près de la moitié de toutes les terres continentales de la planète à l’époque et c’est la Zélandie.

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En Nouvelle-Zélande, les séismes pleuvent, car ces terres sont traversées par deux failles géologiques majeures quasiment parallèles, raison expliquant également le volcanisme élevé de la région.

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La Zélandie n’est pas officiellement reconnue comme étant le huitième continent et ne le sera probablement jamais puisque la géologie n’a pas préséance sur la géographie politique. En contrepartie, cela ne nous empêche pas de le considérer ainsi, car c’est bien un continent au sens géologique du terme.

Mort sur Mars

La NASA a rendu la nouvelle officielle. Mars est devenue une fois encore le cercueil d’un non-humain. Vous vous dites qu’ils ont peut-être vu un autre écrasement d’ovni à sa surface? Hum! Pas certain. Lisez la suite.

En 2004 atterrissaient sur la planète rouge deux robots mobiles de 185 kg aux noms prometteurs de Spirit et Opportunity. Leur mission de trois mois visait principalement à déterminer l’histoire de l’eau sur Mars. Trouver des traces de la présence ancienne de cet élément à l’état liquide permettrait de comprendre l’évolution de la planète, dont la façon et le moment où cet élément essentiel à l’apparition et au maintien de la vie aurait disparu.

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Un programme de 90 jours qui s’est vu maintes fois rallongé, car les robots continuaient de bien fonctionner, et ce malgré la dégradation de leur source d’alimentation, leurs panneaux solaires. Le vent martien charrie de fines particules de roche qui se collent et s’insinuent partout, réduisant d’autant la capacité des cellules voltaïques à transformer les photons solaires en énergie électrique.

Prévu pour parcourir une distance de 600 mètres, Spirit est tombé au combat en 2010 après avoir avalé 7,7 kilomètres durant six années de dur labeur. Jusqu’à tout récemment, Opportunity fonctionnait encore très bien et avait parcouru plus de 45 kilomètres. Mais ce qui devait arriver voilà quatorze ans est finalement survenu. Le petit robot n’a pu trouver suffisamment d’énergie pour remettre en route ses ordinateurs et ses équipements de travail.

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Durant l’hiver martien, les robots privés du soleil sont obligés de se placer en mode « sommeil » jusqu’à ce que leurs panneaux solaires viennent recharger les accumulateurs. Mais cette procédure n’est pas sans risques. Le froid abime les composantes et chaque réveil s’avère complexe et plus qu’incertain. C’est pourquoi les revers n’étaient pas censés traverser leur premier hiver malgré une conception qui n’avait pas négligé cette éventualité.

Opportunity en a traversé quatorze avant de succomber à son quinzième hiver. C’est un exploit peu commun qui démontre notre capacité de bien faire les choses lorsqu’on s’en donne sincèrement la peine. Concevoir et mettre au point des appareils de qualité en de courts laps de temps et surtout avec des budgets modestes, la NASA en a fait une vocation et avec ces deux baladeurs martiens, elle a pleinement rempli sa mission.

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Après plusieurs mois d’échecs à réanimer le robot, les opérateurs ont baissé les bras et finalement déclaré Opportunity définitivement inopérant. Il reste évidemment toutes les données recueillies qui continueront d’alimenter les scientifiques durant des décennies, mais la mission MER (Mars Exploration Rover) se termine sur un sentiment pleinement mérité d’avoir dépassé tous les espoirs en ayant fait progresser nos connaissances en planétologie de manière exceptionnelle.

Bravo à toute l’équipe de MER! À l’instar de vos deux scouts, vous méritez amplement de vous reposer enfin.

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Et si cette mort n’était qu’un très long et profond sommeil? Se pourrait-il qu’un jour, Opportunity redonne signe de vie?

Si cela devait survenir dans peu de temps, nous serions certainement surpris, étonnés, mais pas ahuris. Tandis que si le réveil s’effectuait alors que l’humanité ne possède plus la trace de cette mission passée, penserions-nous qu’un engin extraterrestre tente de communiquer avec nous?

Je souhaite qu’une telle chose survienne, ne serait-ce que pour nous déstabiliser, car l’humain n’est jamais meilleur que lorsqu’il est confronté à l’étrange.

Kawah Ijen, paradis vert, enfer bleu et jaune

En javanais, le nom de cet endroit très particulier signifie cratère Vert. On l’aura deviné, il s’agit d’un volcan situé sur l’ile de Java. Pour plus de précision, on parle du volcan Ijen qui se trouve à l’extrémité est de cette immense ile indonésienne formée par la subduction de la plaque tectonique australienne sous l’eurasienne. Kawah Ijen n’est que l’un des multiples cratères formés depuis l’explosion titanesque de la caldeira de Kendeng survenue voilà 50000 ans qui a totalement détruit son sommet de 3500 m pour ne laisser qu’une cuvette d’où émergent aujourd’hui quatre bouches fumantes distinctes.

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Le qualificatif vert provient de la couleur sublime de son lac sis au fond de la caldeira. Ce plan d’eau est juché à une altitude de 2200 m et fait environ 900 x 600 m. Il possède l’étonnante particularité d’être le plus acide de tous les lacs de la planète avec un pH de 0,2.

Le monstre éruptif est toujours en activité et est classé parmi les volcans gris, c’est-à-dire qu’il est de nature explosive, mais actuellement peu inquiétante avec un indice VEI de 1 ou 2. Les lèvres du cratère atteignent une altitude de 2800 m.

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Les touristes viennent spécifiquement visiter l’intérieur du cratère pour effectuer une virée de nuit où ils peuvent admirer des brasiers bleus, combustions du dioxyde de soufre (SO2) s’échappant du volcan. Le jour, le spectacle féérique de cet enfer bleu relativement contrôlé devient invisible.

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Les fumeroles rejettent d’importantes quantités de SO2 près d’une des rives du lac, forment une solfatare, un dépôt de soufre pur au jaune caractéristique. Malgré la toxicité élevée de ce gaz et sa grande irritabilité cutanée, une armée de travailleurs javanais vient quotidiennement prélever de gros blocs de soufre qu’ils chargent dans deux paniers reliés par une planche. Ils grimpent les pentes abruptes de la cuvette du volcan avec leur lourd chargement avant de redescendre la montagne vers leur village.

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Ce travail de paria leur brûle les poumons et la peau pour en ne leur laissant que des broutilles avec lesquelles ils parviennent à peine à nourrir leur famille. Certains réussissent à économiser durant de longues années afin de se payer un chariot pour se décharger de leur précieux soufre lors du trajet de retour. 75 malheureux euros et la plupart des travailleurs sont incapables de parvenir à se le procurer. Il faudrait qu’ils commencent par porter un masque à gaz et là encore, c’est trop cher pour leurs moyens. Un simple foulard leur sert de protection rudimentaire, pour ne pas dire futile.

Une âme charitable a voulu lever des fonds pour leur permettre de se procurer les équipements de protection et de travail plus adéquats. Elle a dû faire avorter son projet, car la mafia locale aurait détourné tous les dons à leurs profits.

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Une des seules solutions envisageables reste probablement de donner directement de l’argent aux travailleurs lorsque nous allons visiter ce lieu très particulier. En main propre et en monnaie locale uniquement, le risque reste qu’ils s’en servent pour subvenir à d’autres besoins plus pressants et qu’ils continuent de négliger leur santé et sécurité au travail.

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Aucune solution n’est simple sans une intervention gouvernementale exigeant des compagnies achetant le soufre de ces travailleurs qu’ils les payent mieux. Les autorités pourraient également mettre une coop sur pied ou permettre un syndicat légal et que ces organismes veillent aux conditions des travailleurs.

Inutile de chercher très loin pourquoi rien n’est fait pour leur venir en aide.

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Les foudres de Gaïa

Je n’en demandais pas tant ! Dans mon article d’hier, je demandais à la Terre de me faire un signe en m’envoyant un léger séisme. Puis, survinrent vingt-quatre séismes de magnitude plus élevée que 5,0 qui ont subitement frappé la Nouvelle-Calédonie en moins de six heures. Bon, vous direz que ce pays est aux antipodes du Québec et vous avez parfaitement raison. Mais puisque le Québec ne peut pas vraiment trembler pour la peine, je considère cette pétarade impromptue comme m’étant destinée.

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Ouais, vous aimeriez me croire, mais ça vous parait passablement impossible ! Je comprends votre scepticisme, et même je voudrais le partager, mais les faits me laissent croire que la Terre m’a effectivement envoyé le signe que j’espérais recevoir d’elle. Allez lire mon article d’hier et je vous attends.

Je vous parais prétentieux, c’est pas grave, un Corbot a l’habitude des mauvaises réputations. Un caractère négatif de plus ne peut peser bien lourd dans l’ensemble de la balance. En bonus, ma réputation d’oiseau de malheur croît davantage, car si je peux faire générer 24 séismes simplement en demandant à la Terre de me faire un petit signe. Que puis-je engendrer si j’osais lui demander quelque chose de vraiment important ?

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Et dans l’état où je suis actuellement par rapport aux exactions des humains, un état de colère assez prononcé, je devrais me redouter, et vous, plus encore. D’autre part, je pourrais utiliser ce pouvoir pour demander à la Terre d’engloutir suffisamment d’humains pour que le peu qui resterait finisse enfin par comprendre qu’ils ne peuvent continuer à se foutre de notre planète.

Cependant, le plus grand pouvoir est celui qu’on s’abstient d’exercer — dixit un gourou célèbre. Je suis donc porté à me retenir malgré l’envie folle de voir engloutis tous les oligarques et les technocrates à leur solde dans un raz-de-marée planétaire.

Je sais pertinemment qu’il y aurait des tas de victimes collatérales parmi le bon peuple soumis. Je ne suis pas parfait, et ce malgré tous mes efforts consentis pour y parvenir. Quant à moi, sachant voler, je pourrai éviter les éboulis, les crevasses, les affaissements, les tsunamis, les déferlantes et les débris en planant au-dessus de vos têtes durant les épisodes où les catastrophes vous anéantiront.

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Je vous inviterais bien au Québec, mais notre cher PM vient de diminuer de 20 % les quotas à l’immigration. Alors si vous n’êtes pas un de ses amis personnels, vous n’avez aucune chance de vous réfugier ici avant que ne s’abattent ailleurs les pires cataclysmes.

À votre place, je me dépêcherais de venir au Québec même sous un prétexte parce que ma patience commence à atteindre sa limite et j’ignore encore combien de temps je vais pouvoir me retenir de demander à la Terre de procéder au Grand Décrassage. Vous pourriez en profiter pour partir à ma recherche, si vous parvenez à me dénicher, je vous offrirai un verre d’un excellent alcool québécois, un gin Ungava par exemple. Ça vous ferait peut-être voir LeCorbot sous un jour plus sympathique !

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Meunon ! Vous savez bien ! Il y a longtemps que je n’aspire plus à entendre cette épithète me concernant. Heureusement, sinon j’hésiterais peut-être à vouloir déclencher les foudres de Gaïa.

Allez, Terre, dis-le-moi !

Il existe quelques endroits au monde qui se partagent, s’échangent, se disputent le titre du plus vieux terrain de la Terre.

On a tout d’abord un craton en Afrique du Sud, l’Australie défend aussi chèrement sa vieillesse, tout comme le Groenland qui détenait la palme jusqu’à tout dernièrement avec un prélèvement âgé de 3,8 milliards d’années. Mais récemment, des géologues québécois ont rendu les trois autres pays jaloux.

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Je me souviens lorsque j’étais plus jeune et je croisais ce genre de rochers qui me semblaient bien étranges avec leurs veines ou taches blanchâtres circulant au travers d’une gangue d’un gris neutre, terne, triste, patiné. Instinctivement, je semblais déjà comprendre que cette roche était très vieille. Elle ne possédait à peu près aucun attrait, semblait fatiguée d’exister, elle avait cédé ses trésors primordiaux pour ne garder que l’ennui. Par contre, ce substrat paraissait extrêmement solide, dur, dense, inaltérable, et pourquoi pas éternel !

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Des prélèvements effectués au Nunavik dans le nord du Québec ont révélé un âge jamais atteint par aucun autre caillou sur Terre. Il serait âgé de 4,2 milliards, voire 4,3 milliards d’années alors que l’âge de la planète est estimé à 4,54 milliards d’années. C’est dire comment ces roches furent parmi les premières à apparaitre à la surface et à n’avoir jamais été recyclées ou totalement érodées.

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J’en ai parlé dans d’autres articles, au Québec le sol fait presque totalement partie du Bouclier canadien, une vaste étendue de roc solidaire issu du magma remonté près de la surface puis solidifié par lent refroidissement. C’est essentiellement du granit, une roche plutonique, c’est-à-dire qu’il ne s’est jamais produit d’effusion de lave. Le refroidissement du magma s’est effectué en profondeur, gardant ainsi une forme cristalline à plus haute densité.

Une datation précise et comparative avec les autres sites ailleurs dans le monde reste difficile. Dans le cas des roches du Nunavik, on y est allé avec la désintégration du samarium 146 aujourd’hui entièrement transformé en néodyme 142, un isotope stable.

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Cette découverte confirme quelques hypothèses comme l’âge de la Terre ou une autre suggérant qu’elle était à ses débuts une immense boule en fusion, que les continents ont émergé du magma bien plus tôt qu’imaginé autrefois et que des croûtes toujours visibles ont résisté à toutes les conditions ayant mené à la disparition des autres continents. On peut donc étudier la composition chimique de ces roches maintes fois milliardaires afin de mieux comprendre les origines de la formation de notre globe et les mécanismes naturels qui l’ont alors façonné.

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Étrange qu’un si jeune pays soit si vieux et qu’émergeant tout récemment de la dernière période glaciaire, il laisse maintenant apparaitre son âge vénérable. Nous, habitants de ce lieu, sommes-nous influencés par le sol sous nos pieds ? Percevons-nous sa solidité à toute épreuve ? Nous inspire-t-il son calme, son assurance, sa patience ? J’aimerais croire qu’il en soit ainsi, que nous, humains vivant à sa surface, devenons plus solides et plus sages à son contact. Une force tranquille que rien ne peut faire disparaitre. Une assise maintes fois éprouvée, mais toujours bien ancrée. Est-il possible qu’on devienne de meilleurs humains si l’on vit sur un meilleur sol ? Nous imprègne-t-il de ses qualités intrinsèques ?

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Le meilleur moyen de le savoir serait de lui poser la question. Il est probablement dur… d’oreille, mais je suis certain qu’il pourrait me répondre… à sa façon. Un rare petit séisme de faible amplitude pourrait constituer une bonne façon de me le confirmer.

Allez, Terre, dis-le-moi !

Géologie

La recherche de pétrole et autres hydrocarbures reste l’une des occupations les plus populaires des géologues. Apprendre les couches géologiques dans cet unique but m’a toujours très peu intéressé, pour ne pas dire rebuté.

Je n’ai jamais étudié dans ce champ d’expertise et pourtant ce sujet m’habite énormément pour d’autres raisons que d’y découvrir des pseudo-richesses aux dessous catastrophiques. Le plus intéressant est de remonter le cours du temps, de jouer au détective, de chercher des indices, des preuves d’un passé disparu depuis des millénaires, des millions voire des milliards d’années.

Retrouver l’histoire de notre planète, de ses différents continents et de ses régions après tant de temps peut paraitre impossible tellement tout a bougé, tout s’est érodé et a finalement disparu au plus profond du manteau terrestre ou sous le pic des excavateurs. Mais il reste encore beaucoup de lieux préservés, encore vierges, où des yeux exercés et des analyses poussées parviennent à faire parler certains témoins de ces temps immémoriaux.

À l’instar des strates qu’ils étudient, les géologues sont parvenus à subdiviser l’histoire de notre planète en une série de couches temporelles distinctes appelées âges, eux-mêmes groupés en époques, puis en périodes, en ères, éons et superéon. Chaque groupe possède des éléments communs et distinctifs. C’est ainsi que le turbulent passé de notre planète nous est révélé depuis ses origines hadéennes jusqu’au Meghalayen actuel.

Des surprises de taille ont émergé des études du sol et du sous-sol terrestre. Tout d’abord, l’âge de notre Terre. Décrété par les interprètes des saintes Écritures à environ 6000 ans, celui-ci a bondi pour atteindre une fourchette entre 24 et 400 millions d’années grâce aux travaux de Lord Kelvin. Mais ce dernier ignorait alors le rôle et donc l’importance de la radioactivité souterraine dans son échauffement. La Terre a atteint son âge actuel estimé à 4,54 milliards d’années lorsque les géologues ont analysé et recoupé les résultats des désintégrations d’uranium, de thorium, de potassium et d’iode.

La géologie met en lumière et explique l’apparition et la disparition d’espèces végétales et animales. Elle établit une carte précise des climats locaux et global du passé. Elle explique tous les désastres naturels et les raisons pour lesquelles les volcans, les séismes et les tsunamis ont sévi et continuent constamment de le faire.

Elle donne un sens et un âge aux grandes chaines de montagnes et jusqu’aux plus petites formations terrestres. Elle explique la formation des roches sédimentaires, des cristaux de tous genres, y compris toutes les gemmes. Elle retrouve la latitude des continents à travers les âges, leurs télescopages et leurs séparations. Elle établit la chronologie de la série d’inversions des pôles magnétiques à travers le temps.

Elle retrouve les traces de cataclysmes sidéraux, de notre Soleil, mais aussi de supernovæ et autres tempêtes venues des confins de notre Univers. Elle met en évidence les astroblèmes créés par des météorites dont certaines ont changé de façon définitive l’avenir de notre monde et par incidence le nôtre.

La géologie s’intéresse aux cycles de l’eau et des vents, elle retrace les érosions, les périodes glaciaires, les retraits des glaciers, les rebonds glaciaires, les inondations monstrueuses et les sécheresses. Elle confirme des légendes qui, sans elle, ne seraient restées que des histoires mythiques.

Elle explique les vallées, les falaises, les mornes, les moraines, les veines de métaux dans la roche, les chapelets d’iles ou de collines, les canyons, les fosses abyssales, les dérives des continents, la subduction et les failles géologiques.

La géologie continue pourtant de transporter des cadavres dans ses placards. Elle garde de lourds secrets, dont certains impacts de l’humain sur sa planète. L’exploitation des gaz de schistes à partir de la fracturation hydraulique engendre des effets géologiques qui sont systématiquement dissimulés. Des apparitions subites de dolines et de cénotes (sinkholes) obtiennent des explications bancales qui puent la dissimulation des vraies raisons pour des considérations économiques et politiques.

Carte-geologique

La géologie est fortement subventionnée par le public. Quant au privé, il enferme ses propres conclusions défavorables dans des voûtes bien gardées. Lorsque le pouvoir possède également celui de taire la vérité, la science obtient le même traitement que les fausses nouvelles.

Faire de la géologie constitue une superbe aventure qui permet également de profiter de la nature, de se promener dans des lieux jamais explorés, de voyager à travers le monde, de trouver des beautés naturelles inconnues. Pour les amoureux de plein air, de la Nature, des énigmes à la CSI et des voyages exotiques, la géologie est l’une des plus belles branches scientifiques à laquelle des jeunes peuvent s’adonner.

Épisode pluvial du Carnien

Le Carnien est un étage géologique datant entre -237 et -227 millions d’années. Il fait partie du Trias, un système géologique faisant lui-même partie de l’ère Mésozoïque. Petit avertissement, les datations varient énormément au fur et à mesure que les techniques s’affinent. J’utilise la datation de la Geological Society of America v5.0 mise à jour en 2018. Ne vous surprenez pas si des références plus anciennes situent le Carnien à des moments différents.

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Durant cette période, un événement climatologique inhabituel s’est produit aux environs de -230 millions d’années, on le nomme « l’épisode pluvial du Carnien » (il porte également plusieurs autres noms).

Cet événement fut précédé d’une longue période de sécheresse qui se termina avec un réchauffement climatique de +3 ou +4°C. La pluviométrie, l’érosion et les sédiments se sont grandement accrus. Toutefois, ce phénomène fut régulièrement interrompu par de courts épisodes d’aridité plus prononcée.

Cependant, ces variations climatiques apportèrent des changements majeurs à la biodiversité, la Terre vécut des d’importantes extinctions ou raréfactions. Parmi les extinctions les plus notables, notons plusieurs types d’algues vertes, de multiples coraux ainsi que les plus anciens dinosaures connus, les eoraptors, une bête de seulement une dizaine de kilogrammes. On peut constater que le gigantisme n’avait pas encore atteint ces futurs dominateurs du règne animal.

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Comme c’est souvent le cas, on attribue ces importants changements à une période de volcanisme intense. Cette fois-ci, il est question du Wrangellia, une très abondante effusion de basalte survenue en Alaska, au Yukon et en Colombie-Britannique exactement à cette époque où l’on vit les taux de CO2 et SO2 grimper en flèche. Cet épisode contribua à l’avènement des dinosaures géants.

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Les émissions actuelles des gaz à effets de serre se rapprochent beaucoup du dégazage des volcans en période de forte intensité. Les extinctions actuelles dont celles des coraux, le réchauffement de l’atmosphère et des océans, la pluviométrie en hausse, cela ressemble presque en tous points à cette période charnière du passé de la Terre. On peut donc anticiper quelques effets sur notre écosystème actuel en constatant comment celui du Carnien a évolué. En résumé, ça ne présage vraiment rien de bon pour l’humain !

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Atlantide, une nouvelle hypothèse ?

Certains ne croient pas que l’Atlantide ait réellement existé. Les références de Platon à cette région mythique dans deux de ses œuvres, le Critias et le Timée, ne suffisent pas à les convaincre. Toutes les tentatives pour découvrir des preuves de l’existence passée de ces terres mythiques et de les localiser n’ont jamais été concluantes, et ce malgré quelques ressemblances avec le récit de Platon perçues ça et là.

La disparition de l’Atlantide serait survenue voilà 11600 ans. À la même époque, on sait que la calotte polaire dégelait et aurait occasionné le grand Déluge. L’Atlantide aurait probablement été engloutie à ce moment-là. Oui, les récits de Noé et de l’Atlantide seraient bel et bien corrélés.

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Située par Platon au-delà des colonnes d’Hercule considérées comme étant le détroit de Gibraltar, on a cherché l’Atlantide au cœur de l’océan Atlantique, au Portugal, dans les Açores, aux iles Palmas, aux Bahamas et même en Antarctique. Et je ne parle pas des sites méditerranéens qui ne satisfont pas à ce critère comme l’ile de Santorin, l’ile de Crète, Malte ou même en Espagne.

Une autre importante particularité de l’Atlantide décrite par Platon consistait en sa forme annelée. Des terres et des voies navigables en cercles concentriques auraient formé ce pays où vivaient les Atlantes, un peuple apparemment hautement avancé.

Dernièrement, un nouveau lieu a su tirer l’attention de la communauté scientifique et des férus de cette légende. À première vue, cette hypothèse ressemble à une blague, mais en observant le site proposé, on ne peut faire autrement que de le trouver des plus étranges.

Richat

Cette région se situe en Mauritanie. Le pays jouxtant l’océan Atlantique à l’ouest du continent africain, l’hypothèse d’une Atlantide à cet endroit semble plausible. En regardant les photos satellites, on aperçoit très clairement une terre où apparaissent plusieurs cercles concentriques, conformes à la description de Platon.

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Cependant, l’hypothèse Atlantide se met fortement à battre de l’aile lorsque l’on se rend compte de la distance séparant ces terres de l’océan. Elles se trouvent à plus de 500 km de la côte, en plein Sahara et à 400 m d’altitude.

Surnommé l’œil de l’Afrique, le dôme de Richat constitue une formation géologique rare et très particulière. Elle daterait de cent millions d’années où du magma serait remonté en surface sans toutefois percer la croûte terrestre. L’érosion subséquente aurait donné cet aspect annulaire de près de 50 km de diamètre. Elle ne proviendrait pas d’une chute de météorite comme on le croyait à l’origine.

Quant à l’hypothèse de l’Atlantide à cet endroit, je pense qu’il faut vraiment oublier ça. Les cercles concentriques ne suffisent vraiment pas à me convaincre lorsque tout le reste la discrédite.

Pont d’Adam

On connait bien la pomme d’Adam, la côte d’Adam, le péché d’Adam, l’épouse d’Adam (au fait, qui donc les a mariés ces deux-là?) et l’adamantium pour les férus de Marvel, mais le pont d’Adam? De kessé?

Je ne crois pas que notre ancêtre commun se promenait avec un partiel dans la bouche. Par contre, il aurait pu construire un pont en lianes pour traverser un ravin à la demande expresse de sa femme possiblement enceinte de son premier rejeton et qui ne voulait prendre aucun risque. Elle aurait dû être plus téméraire puisque Caïn finira par tuer son frère cadet. Comme quoi toutes les demandes faites à son mari ne valurent pas toujours la peine, certaines s’étant même avérées néfastes. Alors, rappelez-vous en la prochaine fois que vous, madame, voudrez demander à votre mari de construire des choses censées vous faciliter l’existence. Qui sait quel désastre se cache derrière tout caprice. Mon message étant maintenant passé auprès des Ève de la Terre, je reviens au pont d’Adam.

Pont-Adam

Il existe un endroit sur Terre portant ce nom. Il en porte également une bonne dizaine d’autres dont celui du «pont de Rāma». Ce prétendu pont se situe partiellement sous l’eau entre le sud du continent indien et le Sri Lanka. On peut facilement remarquer sur Google Earth une sorte de chemin sablonneux ou sédimentaire qui semble relier les deux terres. Plusieurs légendes existent à son sujet et personne n’a vraiment pu établir si ce cordon ombilical s’est formé naturellement ou s’il est l’œuvre d’Adam… ou quelqu’un de sa très nombreuse descendance.

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Chose certaine, l’ile du Sri Lanka était reliée au continent indien jusqu’en 1480, des preuves géologiques et des textes le prouvent. Une violente tempête aurait disloqué l’isthme pour ne laisser qu’un chapelet d’ilots de sable. On voit aisément sur la carte que toute cette région fait partie du même plateau continental. Durant les temps glaciaires où le niveau des océans était beaucoup plus bas, le Sri Lanka ne se distinguait plus de l’Inde.

Une théorie vue le jour après des études de la NASA laisse croire que des humains auraient construit une structure rocheuse par-dessus les bancs de sable voilà 1,7 million d’années, mais elle fait l’objet de nombreuses critiques des géologues ainsi que des théologiens indiens.

Au temps de la colonisation britannique, un pont ferroviaire reliant l’ile au continent fut construit, mais il ne fut jamais complété. En 2001, le gouvernement indien a voulu faire économiser 400 km de détour aux bateaux naviguant dans la région en draguant un chenal aux environs de Danushkodi. Ce projet est décrié comme une atteinte à l’œuvre du roi-dieu Rāma.