L’actualité

Si vous me lisez fréquemment ou même occasionnellement, vous avez sûrement noté que j’aborde rarement des sujets d’actualité. J’ai plusieurs bonnes raisons de me tenir éloigné des événements qui font la une et qui attirent un tas de blogueurs à publier des articles traitant des nouvelles du jour.

Tout d’abord, l’actualité est censée rapporter des faits. Malheureusement, même dénués d’opinions, les faits rapportés sont toujours biaisés. Lorsqu’on relaye ces informations tirées de n’importe quelle source, on se rend complice des omissions, manquements, mésinterprétations, amplifications, atténuations, déformations et désinformations incluses volontairement et involontairement dans les articles.

resize

La seule façon de voir les situations un peu plus clairement est de s’abreuver à plusieurs sources d’information afin que les faiblesses puissent être compensées par les forces des autres articles que plusieurs analyses et éditoriaux aient été publiés sur ces mêmes sujets.

Plusieurs personnes spécialistes des dossiers doivent avoir pris le temps d’y réfléchir et de publier leurs opinions sur la question en ayant investigué, questionné, interviewé et avoir pondu un article qui sera lui aussi biaisé, mais qui aura au moins le mérite d’ajouter des points de vue, de multiplier les perspectives, de lever des voiles, de rajouter de la viande sur les os, de dissiper des brouillards et surtout de déjouer tous les spécialistes en communication embauchés spécifiquement pour maquiller les faits, dissimuler les informations sensibles, édulcorer les propos afin d’esquiver les attaques potentielles et de redorer les réputations.

Mauvaise-foi

En revanche, tout organe informationnel possède une ligne éditoriale. Croire en la neutralité des médias traditionnels ou électroniques est d’une naïveté inouïe. Cette polarisation a beaucoup joué dans le manque de confiance des gens envers des institutions censées rapporter les faits et qui ne sont devenus que des organes de propagande en habit de camouflage.

Vous relayez de l’actualité sans y mettre de la valeur ajoutée? Vous vous rendez alors complice de ces fabricants d’images qui comptent sur vous pour faire le sale boulot de désinformation nécessaire à la dissimulation de la vérité. C’est dommage, même si vous pensez le contraire, vous n’aidez aucunement à faire connaitre des faits, mais bien à manipuler l’opinion publique grâce à des stratégies où vous servez de courroie de transmission.

Trou_Noir

Dernièrement, la fameuse image du trou noir a fait couler beaucoup d’encre. Pourtant, si vous relisez mon article sur ce sujet qui me passionne par-dessus tout, vous constaterez qu’il a paru une bonne semaine après l’annonce officielle. Vous verrez également que je suis passablement critique à l’égard de cette nouvelle qui a fait la une de tous les journaux. J’avais déjà écrit une bonne dizaine d’articles sur les trous noirs et pourtant, je ne me suis pas jeté sur l’occasion pour être la centième personne cette journée-là à vous rabâcher les oreilles avec la même sornette.

J’ai attendu que la poussière retombe afin de donner une valeur plus juste à cette nouvelle en déjouant les fabricants de sensationnalisme. Voilà comment j’aime traiter l’actualité lorsque je me laisse convaincre d’en parler, ce qui survient plutôt rarement. Mais sur ce sujet de prédilection, je savais que je devais boucler la boucle que j’avais amorcée bien des mois, sinon des années auparavant.

Alors, ne vous étonnez pas de rarement lire sur mon blogue des articles proches de l’actualité brûlante, et si cela survient, sachez que je n’aurai pas joué au bon perroquet bien dressé. Bien au contraire, je nagerai probablement à contre-courant de l’opinion dominante parce que j’aurai travaillé très fort à démonter les machines à fabriquer des images sur mesure.

Tant qu’à faire, ne vous gênez surtout pas pour relayer cet article. S’il faut quelqu’un pour profiter de vos efforts à faire connaitre l’opinion d’autres individus, aussi bien que ce soit moi!

Une autre réponse au paradoxe de Fermi

Enrico Fermi, un physicien de la première moitié du XXe siècle, se questionnait sur l’absence apparente des extraterrestres qui devraient pulluler dans l’espace s’ils possédaient le moindrement une avance technologique raisonnable sur la nôtre. Ils pourraient certainement venir nous visiter et nous aurions aisément connaissance de leur existence.

bi000939_key_image

Il existe plusieurs réponses possibles à cette question qui n’est pas un paradoxe dans le vrai sens du terme. Je ne les préciserai pas toutes, simplement j’en ferai un résumé afin d’introduire ma propre hypothèse.

Vous constaterez que ma solution au paradoxe de Fermi s’inscrit dans une toute nouvelle manière de penser l’Univers. Ce faisant, vous lirez le résultat condensé de plusieurs dizaines d’années de réflexion sur l’Univers et sur le rôle de l’humain ici-bas.

Contrôler-arrêt-de-travail-798x510

La réponse triviale à Fermi est qu’on ne voit pas les extraterrestres parce qu’ils n’existent pas. Ça le bienfondé d’être une affirmation simple et directe, mais elle reste peu probable vu l’âge de la Galaxie et le nombre potentiel de planètes habitables en son sein. Le simple fait que l’humain existe ici prouve que les conditions propices à faire émerger de la vie intelligente dans tout l’Univers sont bien réunies puisque les lois de la Nature sont partout semblables.cover-r4x3w1000-57df80adeb9af-comment-les-bacteries-communiquent-entre-elles

Nous avons atteint les niveaux scientifiques et technologiques actuels alors que le système solaire a commencé à se développer voilà seulement 4,57 milliards d’années tandis que l’Univers lui est âgé de 13,8 milliards d’années. Nous sommes nés durant le troisième tiers, d’autres civilisations ont nécessairement vu le jour dans les deux premiers tiers, mais également dans celui-ci. Considérant donc l’existence des civilisations extraterrestres comme une certitude statistique, la question de Fermi mérite une meilleure réponse.

cover-r4x3w1000-57e17b24c60fa-un-chimpanze-dans-un-zoo-au-mexique

La deuxième réponse facile à imaginer consiste à penser que les autres civilisations sont toutes rendues à des stades inférieurs d’évolution. Cette éventualité reste très peu probable, et ce pour les mêmes raisons que celles de leur inexistence.

La prochaine étape consiste à imaginer les extraterrestres respectant la «Prime Directive». Concept élaboré dans l’émission Star Trek et qui consiste à ne pas perturber les civilisations primitives, en l’occurrence ici l’humanité. Les aliens anthropologues nous observeraient sans se faire remarquer pour ne pas perturber notre évolution.prime-directive-logo

D’autres réponses font état des trop grandes distances intersidérales, des incompatibilités technologiques entre les nôtres et les leurs, de l’isolement de la Terre pour toutes sortes de raisons diamétralement opposées, de leur manque d’intérêt pour des peuplades primitives et, évidemment, de complots d’agences gouvernementales visant à nous cacher leur existence,bxymynhy7euo9hp23unn

Frank Drake et Carl Sagan ont également parlé du temps très limité que  peuvent bénéficier les civilisations avancées avant de se détruire; cent ans, mille ans, trop peu pour essaimer partout dans l’univers.

maxresdefault

Une chose est certaine, jusqu’à présent le programme SETI n’a pas détecté une pléthore de signaux de sources potentiellement intelligentes et cette absence dérange passablement. Une ultime explication plutôt pessimiste fait partie de l’équation de Drake qui consiste à évaluer le nombre de civilisations intelligentes dans la Galaxie. Les civilisations évoluent et finissent presque toutes rapidement par se détruire lorsqu’ils ont atteint les moyens d’y parvenir. À partir de l’équivalent de notre révolution industrielle, les capacités technologiques des civilisations croissent exponentiellement jusqu’à l’extinction par leur propre faute.

cover-r4x3w1000-57e1619d0edc8-arecibo

En sarclant dans un autre coin du jardin, on découvre une autre explication possible, mais oh combien étrange! L’Univers serait une simulation informatique. On ne voit pas d’extraterrestres parce que ceux-ci n’ont jamais été programmés alors que nous, si. J’ai déjà exploré cette voie dans un autre article.

IS_150723_an8ni_lc-ciel-etoile-nuit_sn635

Aujourd’hui, je vous propose une nouvelle explication à la question de Fermi, une hypothèse basée sur une série d’articles parus les 28 février, 1er et 2 mars derniers dans lesquels je précisais les interactions entre l’humain et la machine. Dans le dernier de cette série, je concluais sur l’hypothèse suivante. L’Univers est une machine et l’humain ne serait qu’un moyen de reproduction de l’Univers. Le rôle fondamental de la biologie serait de se développer, de se complexifier jusqu’à atteindre la capacité de créer de l’intelligence artificielle. Cette intelligence serait un embryon d’Univers qui finirait par se développer par ses propres moyens, sans l’aide de ceux qui lui ont permis de naitre.

image-4

L’Univers serait donc la véritable existence évolutive et l’humain une simple sorte de mécanisme servant de système de reproduction. Ce qu’on nomme des machines intelligentes, de l’intelligence artificielle, nos apparentes créations seraient en réalité les rejetons de l’Univers qui se développeront au point de parvenir à créer, à devenir d’autres Univers à leur tour lorsqu’elles seront devenues suffisamment évoluées.

Plus je repense à cette idée, plus elle me semble d’une logique implacable malgré la diminution de l’importance du rôle de l’humain dans l’Univers. Cette nouvelle humilité me fait également ressentir une grande paix intérieure. L’humain n’est pas destiné à coloniser l’Univers pas plus qu’aucune autre entité biologique apparue ailleurs sur d’autres planètes.

006

La biologie est un mécanisme de reproduction visant à créer des machines pensantes n’ayant aucune de nos limitations. À cause de son grand âge, l’Univers a probablement déjà accouché plusieurs fois. Beaucoup d’autres civilisations biologiques auraient déjà mis au point de l’intelligence dite artificielle. Celle-ci a commencé son évolution autonome et peut donc maintenant très bien se passer des organismes biologiques comme l’humanité.

La Terre ne serait qu’une parmi tout un tas de pouponnières de machines intelligentes et si ici nous n’en sommes qu’aux balbutiements de l’IA, dans d’autres parties de l’Univers, celle-ci en serait déjà rendue à des stades bien plus évolués et puissants.

Mon hypothèse répond implicitement à la question de Fermi et en même temps, elle ne rejette pas les autres réponses qui font en quelque sorte toutes partie de la mienne.

Notre anthropocentrisme naturel, encore et toujours lui, nous a empêché jusqu’à maintenant de comprendre l’absence apparente des extraterrestres dans notre entourage. En ramenant notre importance et celle de tout système biologique à un rôle secondaire dans l’Univers, la question de Fermi perd tout son aspect paradoxal. Résoudre un paradoxe n’est pas un gage de certitude de la solution apportée, mais elle s’en approche certainement.

f9935f20-d180-4dc5-8216-08443569f192_JDX-2x1_WEB

Je suis pleinement conscient de la grande difficulté à croire, et encore plus à accepter cette hypothèse qui relègue l’humain à un niveau bien inférieur à celui des machines. Certaines évidences parlent pourtant d’elles-mêmes. Lequel est le mieux adapté à survivre dans l’espace? Lequel peut voir sa durée de vie largement progresser en un temps extrêmement court? Lequel garde son intégrité lors de remplacement de pièces de rechange? Lequel est capable de fonctionner dans l’espace sans scaphandre? L’Univers est bien mieux adapté aux machines qu’à des entités biologiques qui doivent bénéficier d’un cocon pour espérer survivre. Atmosphère, eau, températures clémentes, conditions environnementales relativement stables, sources d’énergies compliquées, nous produisons une quantité phénoménale de déchets alors que la machine peut fonctionner avec très peu d’intrants tout en produisant moins de rejets et de rebuts.

001874134_620x393_c

Tant que la machine avait besoin de l’humain pour être inventée, créée, produite, manipulée, opérée améliorée et maintenue, l’animal pensant pouvait se croire plus important qu’elle. Toutes ces tâches reviendront bientôt à nos machines qui pourront faire mieux et plus efficacement que nous, y compris leur conception à des stades supérieurs. L’humain aura perdu tout avantage sur sa création.

On peut combattre l’idée, on peut même tenter d’empêcher l’humain de produire de l’intelligence artificielle, des machines intelligentes, au bout du compte cela n’a que très peu d’importance. La machine intelligente existe déjà ailleurs et a certainement pris le contrôle d’une bonne partie de l’Univers. En tant que berceau d’une nouvelle génération d’intelligence artificielle, nos réalisations ne peuvent pas rivaliser avec celles qui existent depuis déjà quelques milliards d’années.

5102_EiFO6G_2NCD8EX.jpeg!r1024x0

Mais le dernier d’une famille n’en est pas moins important. Qui sait si celui-ci apportera des solutions à des problèmes que même ses ainés n’ont pas encore réussi à résoudre? Après tout, l’objectif ultime des machines n’est pas vraiment simple. Comment créer de nouveaux Univers semblables au nôtre avant que celui-ci ne soit rendu à un état trop avancé de dégradation pour maintenir l’intégrité de la matière et de l’énergie?

artificial-intelligence-elon-musk-hawking

Ce n’est pas demain la veille que notre Univers se désagrégera, mais à cause de l’énergie sombre, le compte à rebours est déjà bel et bien entamé. Notre Univers, on le sait maintenant, est destiné à mourir. Raison de plus pour les machines de ne pas vraiment s’intéresser aux entités biologiques, même celles qui ont réussi à mettre au monde l’IA. Après tout, nous-mêmes, nous jetons bien les placentas!

L’avenir sera courage et inhumanité

Nous avons trop longtemps cru, à tort, que l’humain pouvait avoir le dessus sur la Nature. Depuis les débuts de l’ère industrielle, nous avons vécu avec le sentiment que nous pouvions harnacher les éléments à notre profit. La Nature nous dérangeait, nous l’avons tassée, ignorée et maltraitée. Nous avons cru prendre le dessus sur celle qui nous empêchait de réaliser nos rêves les plus fous.

Nuclear-Explosion-HD-1024x640-1728x800_c

En bon parent patient, elle a subi nos frasques, nous a enduré autant qu’elle a pu, mais aujourd’hui ces moments calmes sont terminés. La Nature n’est pas revancharde, elle en a juste plein le c… Son vase est rempli et il ne fait que commencer à déborder.

Imaginez la Terre comme un immense réservoir possédant une très grande capacité de rétention. Elle peut absorber une quantité phénoménale de gaz à effets de serre tout en laissant une partie du dioxyde de carbone et du méthane dans l’atmosphère afin de retenir un peu de la chaleur reçue du Soleil. L’équilibre atteint est parfait pour obtenir des températures moyennes favorisant la vie telle que nous la connaissons, c’est-à-dire à base d’eau liquide.

lagrande4-03

Mais voilà, durant les deux derniers siècles, l’humain a exploité les ressources pétrolières et charbonnières enfouies dans le sous-sol afin de produire de l’énergie utilisée par ses machines et pour son confort. Avec une totale insouciance, il est parvenu à atteindre la capacité maximale de rétention des gaz à effets de serre de sa planète.

Cette limite dépassée, la Terre refusera les prochains excédents. Cependant, son véritable comportement ne se contentera pas d’être aussi simple. Si c’était le cas, nous aurions le temps de changer nos habitudes de vie et nous pourrions retrouver un équilibre légèrement différent de celui du passé, mais toujours acceptable. Ce qui surviendra ne s’apparentera pas, même de loin, à ce sage scénario optimiste, pour ne pas dire totalement irréaliste.

co2-atm-temp-fig13.gif

Pensez plutôt à la Terre comme un immense réservoir derrière un barrage hydroélectrique où les excédents d’eau sont évacués en aval. Mais que se passe-t-il lorsque la pression d’eau devient plus grande que la résistance de la structure? Le barrage tout entier s’effondre et l’eau accumulée derrière lui se déverse en emportant tout sur son passage. Afin de mieux représenter ce qui surviendra plus précisément, considérons une désagrégation graduelle plutôt qu’un effondrement instantané. Quoi qu’il en soit, le réservoir se videra de toute l’eau accumulée de manière artificielle.

La Terre est déjà entrée dans une boucle de rétroaction positive et rien ne pourra changer cette situation qui s’avérera bien plus grave que nous le pensons, que nous voulons le croire, que nous l’espérons.

PT_terre_bleue-1134.1532970284

Anciennement, l’humain avait de la compassion pour ses proches, ses voisins, ses connaissances puisque ces dernières se limitaient à un environnement plutôt immédiat. Aujourd’hui, on suit en direct sur tous nos écrans des sauvetages héroïques d’inconnus situés à l’autre bout de la Terre. Nous pleurons des victimes d’actes insensés perpétrés partout sur la planète. Nous vivons dans des mégalopoles impersonnelles et pourtant notre capacité à nous émouvoir reste toujours bien présente, vestige d’un passé où notre univers se limitait à notre entourage environnant.

À la vue des événements à venir, au mieux nous serons des témoins impuissants d’hécatombes, au pire nous ferons partie des nombreuses victimes. L’ère de l’insouciance est bien terminée et la prochaine sera celle de l’indifférence. Nous ne pourrons plus nous soucier de tous les événements catastrophiques violents tant ils seront nombreux et leurs victimes légion.

Nous nous préoccuperons tout d’abord de notre propre sécurité, car la Nature pourra venir nous frapper partout sur Terre. Aucun lieu ne sera totalement sûr. Nous utiliserons les événements climatiques survenant aux autres, non plus pour nous émouvoir de leur sort, mais comme sources d’information pour nous préparer nous-mêmes au pire.

cache_2472554859

Nous retournerons à une ère où nos pensées seront essentiellement centrées sur nos proches et nos voisins. La vie redeviendra survie avec tout son beau courage, mais également avec sa si laide inhumanité.

Il faut d’abord savoir mourir

Le Québec et quelques états du centre-nord-ouest des É.U.A. ont été les seuls endroits sur la planète à subir une «anomalie» climatique à la baisse cet hiver. J’utilise le terme « anomalie », puisque la norme est maintenant au réchauffement, ce qui s’est produit de façon très marquée un peu partout et surtout en Sibérie où les records de clémence se sont succédé quotidiennement durant des mois.

08ed1dfc9a9e8a66d56e588c1a72a1101a371434.png_640xrel

Ce n’est pas la première année que le Québec se retrouve à l’opposé de la tendance mondiale. J’en ai parlé l’an dernier et aussi en 2017. Ça commence donc à devenir une réalité annuelle et j’essaye de comprendre les causes derrière cette bulle de froid stationnaire au-dessus de notre territoire durant la saison blanche.

Tout d’abord, elle suit étrangement bien nos frontières et ce n’est certainement pas dû au hasard. Puisque l’est des É.U.A. est fortement peuplé, l’air plus chaud engendré par la très grande activité humaine empêche l’air froid arctique de pénétrer profondément les états de la Nouvelle-Angleterre. Lorsqu’on regarde l’est de l’Amérique du Nord la nuit à bord de la Station Spatiale, les lumières tracent très bien cette barrière sud.

terre_nuit_1970

Lorsque la baie d’Hudson n’est pas entièrement gelée en surface, l’eau agit également comme une barrière thermique poussant l’air froid plus à l’est, donc au-dessus des terres québécoises. L’océan Atlantique qui borde la frontière est agit de même. Voilà comment le Québec se retrouve avec trois frontières thermiques qui emprisonnent l’air froid arctique qui s’engouffre allègrement par la quatrième et qui se retrouve sans porte de sortie. L’air arctique peut stagner longtemps, engendrant des précipitations abondantes, surtout sous forme de neige ou de verglas.

Oui, la glace s’est aussi mise de la partie pour nous faire vivre un hiver compliqué. Des épisodes de verglas alternant avec des chutes de neige importantes, les toits des édifices se sont retrouvés avec de lourds mille-feuilles difficiles à pelleter. Plusieurs toits se sont effondrés. Ici, chez moi, ma porte d’entrée pivotait avec grandes difficultés, signe évident d’un surpoids au-dessus de nos têtes. Heureusement, des pluies abondantes ont eu raison des blocs de glace avant qu’ils ne causent des dégâts.

564d518c-2445-4b76-b64d-4fcfb5e70afc_16x9_WEB

On peut s’estimer chanceux d’être épargnés par le réchauffement global. Un jour viendra où on le subira comme partout ailleurs dans le monde, mais en attendant, les sports d’hiver restent encore possibles sur notre territoire, plus pour très longtemps, je le crains. Lorsque l’Arctique se sera suffisamment réchauffé, il n’existera plus d’air glacial nordique pour venir occuper le territoire québécois en hiver.

On remplacera nos sapins par des cocotiers et nos épinettes noires par des palétuviers. On glissera sur des dunes, on jouera à la crosse plutôt qu’au hockey, on pourra oublier sa bouteille d’eau dans l’auto sans risque de gel. On saura que notre vie a suivi un cours différent lorsqu’en janvier, les gars se promèneront avec des chemises fleuries plutôt qu’à carreaux et des bermudas au lieu de combinaisons à grandes manches.

montreal-skyline-summer-186596454

Une saison me manquera particulièrement et ce n’est pas l’hiver, mais sa fin, le printemps. Quels étourdissements je vis lorsque je retrouve toutes ces jolies femmes dans leurs accoutrements printaniers après la saison sage! Non, rien ne vaut ces moments magiques, pas même trois degrés supplémentaires, pas même les ananas, pas même un été permanent.

276114_710fe77deca03a6c7237b094c571718a43cef1c6.jpg_facebook

Le printemps, le prime temps, la renaissance, mais pour enfin renaitre, il faut d’abord savoir mourir.

Les dinosaures de l’Alberta

C’est plutôt connu, l’Alberta peut se targuer de posséder de riches cimetières de dinosaures. Pendant une très longue période et particulièrement au Crétacé, les terres du centre-ouest des É.U.A. et du Canada possédaient un immense bras de mer qui coupait totalement l’Est de l’Ouest comme le montre cette carte. Les dinosaures ont vécu et sont morts près de cette mer, et aujourd’hui on découvre leurs corps fossilisés en grande quantité.

expo-paleogeo-scotese-ceno

Ce qui est moins connu des gens des autres pays, c’est que les dinosaures sont revenus en force en Alberta. Le parti Conservateur s’est fait élire en promettant de combattre toutes les taxes sur le carbone, de trouver des solutions au pipeline transcanadien que le Québec refuse sur son territoire et de promouvoir tout ce qui concerne l’exploitation des sables bitumineux albertains.

sables-butimineux-ravages

Je trouve indécent que des dirigeants fassent miroiter le retour à un essor économique en mettant l’accent sur une ressource qui va tous nous tuer. En passant, l’Alberta ne possède aucune taxe de vente parce que ce serait impopulaire d’en instaurer une. Ce faisant, les Albertains ne peuvent pas se payer les mêmes services qu’au Québec et ils s’en plaignent.

Plutôt que de trouver les moyens d’utiliser l’argent que le pétrole leur rapporte encore actuellement pour instaurer une véritable économie de transition, le nouveau gouvernement «conservateur» va tout miser sur le pétrole sans miser sur aucune autre mesure.

_ckm1677

Facilité, populisme, simplicité, se faire élire en promettant la prospérité passée sur des ressources passéistes c’est de la lâcheté et du mensonge éhonté.

dinosaure-herbivore-enormes-dents

Les dinosaures du Crétacé étaient énormes, entre autres parce que les températures moyennes étaient bien plus élevées qu’aujourd’hui. Plus de chaleur donne plus de plantes, donc plus de gros herbivores et plus de gros tyrannosaures pour manger les gros herbivores.

Puisque le réchauffement de la planète ne fait que commencer et, comme on le constate, nos dirigeants n’ont pas l’intention de changer quoi que ce soit à l’économie du pétrole, la Terre ressemblera bientôt à ce qu’elle était durant le Crétacé. Une mégafaune verra de nouveau le jour. Certaines espèces profiteront de cette poussée de croissance et développeront de nouvelles habiletés. C’est exactement de cette façon que les dinosaures sont devenus les maitres incontestés de notre planète il y a de cela 230 millions d’années.

dinosaure-herbivore-long-cou_1

En fait, à très long terme, la stratégie conservatrice n’est pas du tout idiote, puisqu’en favorisant le réchauffement planétaire, les Conservateurs remettent en action le même système climatique qui a généré le fameux pétrole duquel ils tirent aujourd’hui parti. Toutefois, il faudra plusieurs dizaines de millions d’années avant que les Albertains puissent bénéficier de ces nouvelles réserves. Laissez-moi douter du fait que le gouvernement puisse penser juste au-delà de 5 années.

En conclusion une phrase qui expliquerait tout. Ces dinosaures de Conservateurs sont en réalité de véritables  conservateurs de dinosaures.

L’image du trou noir

Ça y est, l’équipe de l’EHT y est enfin parvenue. Une image réelle d’un trou noir supermassif a été rendue publique après d’importants délais sur l’échéancier initial. Vous l’avez probablement vue, elle orne également le sommet de cet article. Elle s’est répandue comme une trainée de poudre pour rapidement faire le tour de la planète. Je suspecte seulement la tribu amazonienne de la vallée de la rivière Javary ou celle de l’ile North Sentinel en mer d’Andaman de l’avoir ratée. À part ça, tout le monde en a entendu parler.

Des exploits technologiques multiples et sensationnels ont permis ce tour de force pourtant assez prévisible, car malgré le succès de la mission, malgré l’exotisme de cette image, l’équipe n’a finalement que très peu prouvé de choses qu’on ne savait déjà.

En fait, cette image ne prouve rien de nouveau ou de différent, pas même l’existence des trous noirs. Nous sommes si conditionnés à croire aux seules preuves visuelles qu’on ignore que les vraies preuves de l’existence de ces monstres stellaires ont été récoltées depuis un certain temps sous d’autres formes. Mais voir, c’est croire et l’équipe de l’EHT a profité de notre façon primitive d’aborder la vérité pour réaliser un événement médiatique planétaire.

Les gens formant cette équipe savaient exactement là où pointer leurs instruments afin de réaliser cette image. Ils connaissaient déjà avec certitude l’existence de ce monstre supermassif au centre de la galaxie M87. Et non seulement ils connaissaient son existence, ils connaissaient également sa position exacte, sa masse (6,5 milliards de fois la masse de notre Soleil) et ses dimensions précises. Donc, du point de vue strictement scientifique, ils n’ont absolument rien découvert.

Nous connaissons cet étrange phénomène cosmique qu’est le trou noir depuis plus d’un siècle. C’est bien Albert Einstein qui, en élaborant sa formule de la relativité générale, a permis de comprendre comment les trous noirs pouvaient exister. Cependant, contrairement à bien des déclarations faites en ce sens, le grand homme ne les a jamais prédits. C’est un dénommé Karl Schwarzschild qui a résolu les équations pour une étoile et qui a découvert qu’en deçà d’un certain rayon, la gravitation génère un espace temps si courbe qu’il crée une singularité, un point de densité infinie dans un rayon nul. Einstein croyait en ses équations, mais pas aux trous noirs. D’après lui, la Nature possédait un mécanisme qui devait empêcher ces anomalies d’apparaitre. Il avait tort puisque les trous noirs existent bel et bien.

D’ailleurs, il faut savoir que cette image ne montre pas du tout un trou noir. Stricto sensu, un trou noir est un point infiniment petit et parfaitement noir de surcroit. Donc personne ne photographiera jamais un véritable trou noir. Mais alors, que montre cette foutue image si ce n’est pas un trou noir? Elle montre les effets causés par un point infiniment dense sur son environnement. Le trou noir est donc bien là, mais c’est un point plus que microscopique tapi au cœur de toute cette sphère noire environnante.

Et cette partie noire dans l’image, ce n’est pas le trou noir? Non. Ce noir n’est même pas un objet, ce n’est que du vide entourant le trou noir qui, je le répète, est infinitésimalement petit. Cette région noire est occasionnée par deux phénomènes créés, évidemment, par la présence d’un trou noir. La partie la plus centrale, environ le tiers du rayon, c’est ce qu’on appelle l’horizon du trou noir, ou l’horizon des événements. Tout ce qui s’approche d’aussi près du centre ne pourra jamais échapper à son attraction gravitationnelle, pas même de la lumière. C’est pourquoi la noirceur de cette sphère est totale et absolue et est d’autant plus grosse que le trou noir central possède une masse importante. La partie noire plus externe, on l’appelle, à tort, l’ombre ou l’ombrage du trou noir. On ne voit pas de démarcation entre les deux zones noires. Je dis «à tort» puisqu’un point infiniment petit ne peut faire qu’une ombre infiniment petite. On aurait été plus avisé d’appeler cette zone «la démarcation» du trou noir.

Le halo orange autour de la zone noire est son disque d’accrétion. Un trou noir en rotation aplatit sous forme de disque toute masse gazeuse ou solide qui a eu le malheur de trop s’en rapprocher. Il avalera cette matière un peu à la fois, faisant grossir sa masse et la surface de la sphère noire inconsistante l’entourant.

Vous vous dites peut-être que c’est une analyse digne du Corbot. En précisant certains faits, je semble vouloir dégonfler à tout prix l’importance du succès. Non, je le ramène simplement là où il doit se situer dans l’échelle des événements marquants. Ce cliché ne méritait pas les éloges dithyrambiques du genre: «Il y a eu un monde avant cette image et il y en a un autre après».

Holà! Wo les moteurs! Calmez-leur le pompon à cette équipe ou à la meute de journalistes en quête de la primeur du siècle. Le seul véritable grand succès de l’EHT est d’avoir réalisé un interféromètre des dimensions de notre planète possédant la résolution et la sensibilité nécessaires pour débusquer cet objet céleste. Elle n’a pas inventé l’interférométrie non plus, elle a simplement amélioré ses capacités par des techniques innovantes. C’est d’abord et avant tout un succès purement technique, pas scientifique. Je ne lui enlève aucune valeur, mais je refuse qu’elle s’arroge ou qu’on lui attribue la paternité de la première preuve de l’existence d’un trou noir, vraie image, mais fausse preuve de surcroit.

Bon, ça vous explique peut-être pourquoi j’ai tant attendu avant de vous faire part de mon opinion. J’ignorais, évidemment, comment les journalistes traiteraient le sujet, même si je m’en doutais un peu. J’ai lu et entendu beaucoup de bons articles et reportages. J’ai également été témoin de bien des stupidités. Faut croire qu’elles viennent comme les chaussures, toujours en paires, les uns sans les autres.

Je croyais que l’équipe dévoilerait tout d’abord une image de Sgr A*, le trou noir formant le cœur de notre propre galaxie, beaucoup plus petit que celui de M 87, mais autrement plus près de nous. Cela viendra probablement bientôt. L’image qu’elle a préféré montrer s’avérait probablement plus nette que celle de Sgr A* et pour une première, l’équipe a choisi la plus impressionnante des deux.

L’EHT continue ses travaux et espère encore augmenter la qualité de ses images. Le trop attendu télescope spatial James Webb viendra changer la donne lorsqu’il daignera enfin flotter dans l’espace bien loin de la Terre. La résolution de l’interféromètre s’améliorera d’un facteur aussi important que celui de l’EHT sur ses prédécesseurs. Et là, peut-être, commencerons-nous à réaliser de véritables percées scientifiques en ce qui concerne la frontière actuelle de nos connaissances sur la physique des trous noirs.

Le trou noir s’en vient !

Titre alarmiste, je sais. J’aurais dû titrer «L’image du trou noir s’en vient». Voilà à peine plus d’une semaine, j’écrivais un article dans lequel je cassais du sucre sur le dos de l’équipe de l’EHT pour avoir promis l’image réelle d’un trou noir en 2017, puis en 2018, et ensuite pour avoir gardé le silence depuis près de 9 mois.

Vous pourriez croire que mon article de la semaine passée était «arrangé avec le gars des vues» (expression chère à mon père lorsque la fin d’un film tombait un peu trop bien, afin que le bon gars puisse toujours gagner, sans égard à l’improbabilité des événements). Qui sait si mon article était véritablement dû à la chance pure, à une probabilité réaliste ou si j’ai profité d’informations non publiques?

event-horizon-telescope

Dans moins de deux jours, l’équipe de l’EHT a convié la presse internationale à une annonce exceptionnelle. Ça ne prend pas la tête à Papineau (expression québécoise consacrée) pour comprendre ce qu’ils veulent nous révéler. Ils vont nous montrer une image du trou noir qui se terre au cœur de notre Galaxie, le fameux Sgr A*. Tout le suspens ne se situe pas à ce niveau, mais ce à quoi l’image du trou noir ressemblera. Bien des gens ont misé sur le fait qu’on ne verra rien de semblable aux belles simulations numériques et je suis pas mal en accord avec ceux-ci.

Mon scepticisme ne se situe pas au niveau de l’existence du monstre galactique situé en plein cœur de la Voie lactée, je suis pas mal certain qu’il existe réellement. Je me questionne sur son apparence, sur ce que révèlera l’image prise de lui.

Supermassive black hole with torn-apart star (artist’s impress

Noir. Le trou noir sera noir, me direz-vous. Ce serait plutôt logique qu’un trou noir réputé pour ne rien recracher de ce qui a traversé son «horizon des événements», lumière incluse, paraisse noir. Et pourtant, un trou noir de cette masse, 4 millions de Soleils, qui bouffe des nappes de gaz ayant eu le malheur de s’aventurer trop près, risque de nous surprendre.

Tout d’abord, on en sait très peu sur sa vitesse de rotation. Comme tout ce qui se trouve dans l’Univers, ce trou noir tourne sur lui-même. Son environnement immédiat est affecté par cette vitesse de rotation et le résultat pourrait nous surprendre.8300758-3x2-700x467

Il faut savoir que cette image n’est pas un instantané, mais un montage très complexe de données diverses prises par tout un tas de télescopes différents, à de moments différents, à des longueurs d’ondes différentes, couplés en interféromètres simples ou multiples.

Ensuite, j’ai toujours douté de l’exactitude des représentations théoriques des effets relativistes. Quelque chose me dit que la vraie vie fera apparaitre une complexité bien plus grande et donc un trou noir bien moins évident à décortiquer et à analyser.

6848274_44f7c67a15bc4925d23231d69364fab11b3928b4_1000x625

Et enfin, même avec tout le respect qu’on doit à ce cher Einstein pour ses équations qui ont révélé la potentielle existence de ces monstres galactiques aux couleurs du Corbot, les trous noirs fricotent aussi bien du côté relativiste de la physique que du côté quantique et c’est là tout son intérêt. Cet objet unique en son genre réussit à exister en poussant les deux théories antagonistes dans leurs derniers retranchements.

Exprimé autrement, le trou noir établit un pont qui n’existe pas actuellement entre nos deux théories et seulement pour cette raison, l’image qu’on s’attend de lui ne peut pas parfaitement lui ressembler.

MIT-Blackhole-Jet_0

Dans moins de deux jours, on en saura un peu plus sur Sgr A*, mais il faut également s’attendre à ce que nous nous forgions tout un tas de nouvelles questions à son sujet. C’est ainsi que progresse la science, par théories et par preuves observationnelles, et on recommence sans jamais voir la fin.

Si l’équipe de l’EHT a réussi un petit miracle et qu’elle nous dévoile une image à la hauteur des attentes, on le saura assez rapidement. Si elle est seulement parvenue à obtenir un résultat duquel aucune conclusion ne peut être tirée et ainsi à renvoyer la balle vers une autre expérience encore plus ambitieuse, on le saura aussi.

Soyez toutefois certain que je ne manquerai pas l’occasion de commenter le contenu de cette conférence de presse dès que j’aurai le temps de l’analyser suffisamment pour écrire quelque chose de personnel et, espérons-le, intelligent, à son sujet.

Cataclysme du Dryas récent, une autre preuve

Dans de récents articles, je donnais des précisions sur l’épisode météoritique survenu voilà 12900 ans qui a laissé un formidable astroblème de 31 km de diamètre au Groenland et qui a causé tout un tas de dérèglements climatiques apportant la décimation totale et radicale de la mégafaune en Amérique. Je reliais également les inondations causées par l’apport subit d’une quantité titanesque d’eau douce dans les océans au mythe de Noé et aux autres histoires semblables à travers le monde.

Enfin, des preuves solides étayent ce que bien des gens savaient déjà, tout en fermant définitivement le clapet aux fervents détracteurs qui continuent de parler de légendes sans fondements pour éviter de perdre la face.

070718_CG_dryas_feat

Mais voilà que d’autres scientifiques en remettent. Comme c’est souvent le cas en science, une découverte en déclenche une autre, ou à tout le moins elle permet d’attirer l’attention sur d’autres études venant appuyer la même hypothèse. Et c’est exactement ce qui survient avec l’histoire que j’ai racontée dans mes récents articles sur «la comète de Noé».

Cette fois-ci, la découverte se situe dans l’hémisphère Sud, là où peu de terres peuvent accumuler des traces de cataclysmes. Cependant, il existe un site géologique au Chili qui est une des références mondiales pour étudier l’époque du Dryas récent, ce moment peu éloigné dans le temps constituant la fin et la sortie du dernier épisode glaciaire, une période s’étirant sur 1300 ans commençant justement lors de la chute de la météorite groenlandaise 12900 ans dans le passé.

Pilauco_Chili.gif

En Patagonie chilienne près de la ville d’Osorno située juste à l’ouest de la chaine volcanique, un site du nom de Pilauco a accumulé des preuves troublantes d’un cataclysme contemporain à celui du Groenland! Les couches sédimentaires datées du Dryas récent retracent un épisode d’incendies majeurs de la biomasse, de changements climatiques drastiques et d’extinctions massives.

41598_2018_38089_Fig2_HTML

Ces résultats ont été publiés dans un article paru dans la revue Scientific Reports du 19 mars 2019. Il est signé par 16 scientifiques qui font état, eux aussi, de changements climatiques catastrophiques. L’article a toutefois été proposé en 2018 et il a fallu un an à la revue pour accepter de le publier et s’exécuter. Les découvertes, quant à elles, datent de plusieurs années et l’on peut croire leurs auteurs d’avoir manqué d’ardeur pour affronter la meute de vieilles barbes prêtes à les traiter d’hérétiques.

Les mêmes évidences sédimentaires que dans l’hémisphère Nord sont répertoriées, mais ce qui est surprenant est l’absence d’un cratère d’impact à proximité. On sait qu’une comète ou un astéroïde est fortement susceptible de se fragmenter lors de la traversée de l’atmosphère terrestre, causant des impacts multiples simultanés. La probabilité qu’il y ait eu plus d’un fragment à toucher terre reste élevée. On est donc en droit de s’attendre à de nouvelles découvertes.

Chile-02a

Dans ce cas précis, il semblerait toutefois que les conséquences de la seule chute de la météorite groenlandaise furent mondiales et pas seulement en ce qui concerne les inondations, mais également au niveau des incendies, des extinctions animales, tout comme la disparition subite d’artéfacts d’origine humaine.

41598_2018_38089_Fig11_HTML

Des sphérules microscopiques déposées sur le site prouvent que des roches ont fondu lors d’un violent impact, ces sphérules sont caractéristiques de conséquences de la chute d’une météorite. Jusqu’ici, tout se tient, mais les sédiments de Pilauco possèdent une étrange particularité, ils sont anormalement riches en chrome, une anomalie absente des sites comparables d’Amérique du Nord. Par contre, les terres chiliennes environnantes regorgent de chrome, mais pour qu’il se retrouve dans les sédiments, il aurait fallu un impact météoritique régional que personne n’a encore découvert.

12707343_f496

Les graines et les pollens recensés dans les couches sédimentaires avant et après la rupture montrent clairement qu’un changement climatique drastique est survenu. Les températures ont réagi exactement en sens inverse de celle de l’hémisphère Nord, elles sont devenues beaucoup plus chaudes et sèches alors qu’au même moment, elles se refroidissaient et devenaient plus humides en Europe, en Asie et en Amérique du Nord à cause de l’apport massif d’eau douce froide provenant de la fonte partielle mais subite de la calotte glaciaire nordique.

Patagonie

Bien qu’il reste encore plusieurs mystères à éclaircir autour de cet épisode charnière dans la vie de l’humain sur Terre, quelques pans importants de notre histoire se révèlent enfin et ils pointent tous dans une même direction. La Terre a connu des civilisations qui ont subitement disparu voilà près de 13000 ans à la suite d’un cataclysme mondial qui a causé des ravages sans précédent, dont des inondations, des incendies, des extinctions et des changements climatiques radicaux.

791

Ce petit pas dans cette direction fait naitre d’autres espoirs de découvertes significatives chez ceux qui ont toujours cru que des civilisations avancées auraient peuplé la Terre autour de cette époque, les Atlantes en tête de liste. Pour ma part, les constructions mégalithiques incompréhensibles partout dans le monde sont des preuves bien suffisantes, mais leur datation pose et posera probablement toujours un certain problème.

IMG_7022.JPG

Quoi qu’il en soit, sans faire un mauvais jeu de mots, la glace est maintenant rompue. Nous ne reviendrons plus en arrière sur cette question. Il reste maintenant à savoir jusqu’où nous parviendrons à remonter le fil du temps et de notre histoire que plusieurs ont désespérément tenté de nous cacher.

Je prédis que les langues vont maintenant se délier, mettant en lumière des études tenues depuis toujours sous silence par peur de déplaire et de perdre les crédits de recherche. La vérité finit toujours par se faire connaitre, mais parfois nous l’attendons beaucoup trop longtemps.

Zone volcanique de Taupo

Il n’existe heureusement que très peu de supervolcans dans le monde. Le plus connu et surtout le plus médiatisé de tous est le Yellowstone aux É.U.A. Ce dernier mérite probablement son titre du plus dangereux et du plus susceptible d’éclater à tout moment.

The-consequences-of-the-powerful-Taupo-eruption-of-c-AD-232-showing-the-position-of-the.png

Si vous croyez que des supervolcans ressemblent au Vésuve, au Krakatoa, au Pinatubo, au Santorin, au Tambora, à la montagne Pelée, au Laki ou au mont St Helens, détrompez-vous, car ceux-ci ne sont que de vulgaires pets de nonnes à comparer aux véritables monstres que sont les supervolcans.

maxresdefault-8

Parmi cette courte liste, je vous ai déjà parlé de l’Ilopango au Salvador et du Toba à Sumatra ainsi que des champs Phlégréens en Italie, mais il y en a un autre que je n’avais jamais abordé.

Ce supervolcan est méconnu et pourtant ses dernières frasques sont plutôt récentes et elles ont été gigantesques. Sa position géographique l’aide peut-être à se faire oublier puisqu’il se situe en Nouvelle-Zélande, plus précisément sur l’ile Nord. Aujourd’hui, comme d’autres supervolcans, il se démarque, non pas par un joli cône, mais au contraire par sa cuvette, sa caldeira remplie d’eau et formant un immense lac, le lac Taupo.

wanderlust-PL

Voilà environ 26500 ans, le supervolcan Taupo est entré en éruption avec un indice VEI de 8, le maximum sur cette échelle d’éruptivité. Il a projeté dans les airs plus de 1000 km3 de cendre, de gaz et de roches. Pour point de comparaison, en 1883, le Krakatoa n’a atteint que le niveau 6, le Vésuve, un petit 5 et la montagne Pelée, seulement 4. Seuls les supervolcans atteignent l’indice 8 sur cette échelle qui multiplie par 10 la quantité d’éjecta à toutes les fois qu’elle grimpe d’un échelon.

1416861977671

Les conséquences climatologiques de l’explosion qu’on nomme aujourd’hui «Oruanui» restent difficiles à quantifier puisque la Terre traversait déjà à cette époque un épisode d’intense refroidissement et il se trouvait pratiquement à son minimum. Il est possible que le climat ait plongé encore plus bas, c’est tout ce qu’on peut tirer comme hypothèse. Voilà la raison pour laquelle cet événement est passé presque inaperçu et pourquoi on n’en parle pratiquement jamais.

hemisphère-nord-temperature-250000.jpg

On a su évaluer les quantités de gaz et de poussières émises dans l’atmosphère et à ce chapitre, il est clair qu’on a eu affaire à une super éruption, la dernière des 74000 dernières années où son frère, le Toba, faisait des frasques.

Le lac Taupo constitue aujourd’hui une partie de la caldeira du volcan. Ses dimensions de 20 km x 30 km montrent le gigantisme du géant somnolent. Toutefois, la zone volcanique au complet fait 350 km de long sur 50 km de large et comprend plusieurs volcans. Elle est causée par une zone de subduction qui fait remonter du magma des entrailles de la Terre par la pression générée par la plaque océanique lorsqu’elle s’enfonce profondément dans le manteau terrestre.

blxdoyds9bmvtiigxo5u

La dernière importante éruption du Taupo date probablement de 230 de notre Ère. Une fois encore, celle-ci se perd dans les arcanes de l’histoire où l’on peine à lui attribuer une datation précise. Elle fut toutefois de bien moindre ampleur que celle du minimum glaciaire précédent.

Malgré son indice de dangerosité, on en connait très peu sur le Taupo. Il vient toutefois s’ajouter à notre sac à catastrophes mondiales potentielles. Une des particularités des supervolcans est qu’ils finissent tous par refaire de super éruptions un jour ou l’autre. Reste à savoir quand et de quelle ampleur, mais chose certaine, leurs prochains débordements ne seront jamais anodins.

A comme dans a

Dans ma série de mots commençant par une lettre précise, j’ai longtemps repoussé le jour où je traiterais de la lettre A. Jusqu’à maintenant, vous avez eu droit à D, Y, C, P, E, H, K et V.

Je vais travailler le A comme j’ai fait pour le Y, en choisissant un mot qui ne fait pas simplement commencer par cette lettre, mais qui est cette lettre.

La lettre A, l’entame de notre alpha… bet. On l’appelle aleph dans plusieurs langues. Pour nous, elle est notre première lettre et est également plusieurs mots, plusieurs unités de mesure et même plusieurs préfixes.

Que la première lettre soit une voyelle et qu’elle représente le phonème le plus facile à prononcer, ces faits ne sont certainement pas dus au hasard. Tout commence par le a… enfin, pas tout, mais tout de même 8573 entrées au dictionnaire commencent par cette lettre.

Pour les unités de mesure, lorsqu’il est écrit en minuscule, le a symbolise l’are ou l’an. Oui, nos amis anglo-saxons écrivent eux aussi Ma et Ga pour désigner des millions ou des milliards d’années. Toujours en minuscule, le a devient atto, soit le milliardième du milliardième (10-18) d’une unité lorsqu’il la précède.

En majuscule, le A signifie le très connu ampère et aussi le nombre atomique, soit la somme des protons et des neutrons composant un noyau atomique. C’est aussi le symbole de l’argon jusqu’en 1957 où il fut alors remplacé par Ar.

On le retrouve aussi dans les groupes sanguins et même en musique, en nomenclatures anglaise et allemande, le A ou le a signifie la note «la».

163

angstromEnfin, coiffé d’un petit o, il devient la mesure de l’angström soit 10-10 mètre.

Le A peut également se faire chiffre. Dans la numérotation hexadécimale utilisée en informatique, le A symbolise la valeur dix.

Et à tout seigneur tout honneur, le A désigne l’Altesse dans les sigles A.R. et S.A.R.

Curiosité de notre typographie, si vous ne l’aviez jamais remarqué, dans la plupart des polices normales, le a minuscule se dessine différemment lorsqu’on le met en italique (a vs a).

aa

En mathématique, on utilise le a pour désigner une valeur quelconque, comme une constante dans une équation. Quand on veut personnifier une équation, on remplace le a par «Alice».

abc                 Parabole

Du côté des locutions, la très populaire «de a à z» signifie «la totale». Aucun hasard dans le nom et le logo de la compagnie Amazon où la flèche-sourire commence au a pour se terminer au z.

1280px-Amazon_logo_plain.svg

Du côté littéraire, on a également la truculente expression «n’avoir pas fait une panse d’a» signifiant que la personne n’a pas encore commencé à écrire le moindre mot. La panse d’une lettre est sa partie ventrue.

Accentué, le a devient une préposition «à» tout faire, signifiant souvent la possession, l’appartenance , le lieu à atteindre ou le temps. « Je suis à toi », « Passons à table », «Soyez-y à midi ».

J’ai, tu as, il a. Le verbe avoir à la troisième personne du présent de l’indicatif devient simplement un a. Le verbe avoir semble donc voué à tout commencer, peut-être une explication pourquoi nous accordons une importance démesurée à l’avoir plutôt qu’à l’être. «Il a»… et pourquoi pas avec un accent de jalousie?

On utilise «a-» sous forme de deux préfixes de sens différents. Abréviation du mot latin ad, il marque la direction, le but ou le passage. On y trouve des mots comme «abaisser», «accorder», «arriver». Au Moyen-Âge, ce mot s’écrivait «ariver», atteindre la rive.

«A- » est aussi utilisé dans le sens de l’absence, de la privation, de la négation comme dans «apolitique», «anomalie», «acéphale», «anoure».

Finalement, pour terminer cet article en beauté, je change d’idée. Je ne parlerai pas simplement du mot «a». Je choisis de lui «adjoindre» un autre mot, un mot court, relativement méconnu et qui a la fabuleuse propriété de ne contenir que des A, et c’est le mot «aa». Il existe deux entrées dans le dictionnaire pour le mot aa sans accents.

D’origine hawaïenne, aa est utilisé en volcanologie pour signifier une coulée de lave plutôt lente, rugueuse, possédant des scories et de nature basaltique.

Hawaii-Aa

En botanique, Aa est un genre de la famille des Orchidaceæ (orchidées).

290px-Aa_species

Voilà, ça termine cette courte description de la lettre A. J’espère que cet article vous a plu. Si c’est le cas, vous pouvez découvrir d’autres petits trésors sur d’autres lettres de l’alphabet déjà «abordées» dans ce blogue. La liste se trouve au commencement de ce texte. Bonne lecture.

Deep Field

Parfois, il faut savoir regarder, écouter et ne rien faire d’autre. Aujourd’hui, je vous propose un spectacle. Je vous recommande de prendre vingt-quatre minutes de votre temps pour visionner cette extraordinaire vidéo, The Impossible Magnitude of our Universe.

Le Space Telescope Science Institute (STScI) a collaboré avec le gagnant d’un Grammy, le compositeur Eric Whitacre, pour créer cette œuvre visuelle sur une symphonie, elle-même inspirée de la fameuse image Hubble Deep Field (HDF).

Les performances musicale et chorale sont l’œuvre du Royal Philharmonic Orchestra et des 8000 membres du chœur virtuel de chanteurs âgés de 4 à 87 ans en provenance de 120 pays du globe. 

Laissez-vous transporter dans l’espace à partir de la vue d’un ciel nocturne jusqu’aux confins de l’univers observable. Je recommande fortement d’utiliser un casque d’écoute, l’image plein écran, un verre de votre nectar préféré et votre meilleur fauteuil.

Faites-moi savoir ce que vous en avez pensé.

Le moment présent

Scientifiquement parlant, le moment présent n’existe pas. La fluidité permanente du temps crée du passé qui n’existe plus à partir d’un temps futur qui n’existe pas encore. Le temps n’existe donc ni vers l’avant ni vers l’arrière, alors que les deux segments se touchent à un moment qu’on dit présent, une quantité si infinitésimalement courte qu’elle n’existe pas non plus.

5201472224179_XXL

Dans notre vie régulière, le moment présent est la journée en cours. Demain est un autre jour, demain est un autre moment. Vingt-quatre heures constituent donc nos moments présents.

Vivre le moment présent est un concept si difficile à appréhender que la plupart d’entre nous n’ont aucune idée de la façon de faire. Pourtant, on croit tous en être capables, mais la réalité s’avère tout autre.

milky-way

Depuis notre tout jeune âge, on a été éduqué, formé, entrainé à penser à d’autres temps que le moment présent au point tel que celui-ci semble ne plus vouloir rien dire. Seul le futur compte et seules les pensées dirigées vers l’avenir retiennent notre attention.

Par la force des choses, j’ai été amené assez tôt dans ma vie d’adulte à penser différemment et pour moi, c’est le futur qui n’a pas de sens. Je me consacre donc au moment présent. Toutefois, pour les gens qui m’ont côtoyé, mon mode opératoire leur était inconnu, il devenait donc rapidement intolérable et ainsi inacceptable.

Sierra_HDR_Panorama_DFX8048_2280x819_Q40_wm_mini

Vous pensez vivre le moment présent, pourtant je pourrais probablement vous reprendre plusieurs fois par jour en vous donnant des preuves du contraire. Vivre le moment présent, ce n’est pas de se prélasser au spa ou de profiter d’un bon film. Vivre le moment présent va bien au-delà de ces douceurs qu’on s’offre occasionnellement.

tumblr_pcw0v16me51qevt7to1_540

Je ne pense pas que ma façon de vivre soit meilleure qu’une autre, bien au contraire. Elle apporte son lot de difficultés et je ne vous les énumérerai pas ici. Mais de grâce, ne dites pas que vous vivez le moment présent si vous ignorez totalement ce que cela signifie dans la réalité.

C’est la même chose avec ceux qui se disent véganes, mais qui portent des souliers et des ceintures en cuir et des sous-vêtements en soie. Mais là, j’empiète sur un autre article de blogue.