Ragoût de novembre

Les dérèglements climatiques nous apportent des inversions de mois, des déplacements des saisons. Depuis une trentaine d’années, je constate que le climat oscille, pour ne pas dire vacille. La Terre ne semble plus trop savoir comment se comporter. Bien sûr, on a déjà vu des mois plus froids, plus chauds, plus secs, plus pluvieux, plus neigeux, etc., mais les dérèglements sont rendus maintenant la norme plutôt que l’exception. On bat des records de ci ou de ça au quotidien alors qu’avec le temps passant, statistiquement, nous devrions rencontrer des extrêmes de moins en moins fréquemment.

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Je suis en train de marcher dans l’arrondissement Rosemont en direction nord-ouest. Je dois parcourir quelques pâtés de maisons, deux ou trois kilomètres, pour me rendre à un rendez-vous au Café Lézard. La température extérieure est passablement plus froide que la normale de saison, mais le pire c’est le vent. Un noroît glacial, cinglant, me fouette le visage sans ménagement. Lorsque j’attends à un feu de circulation, je tourne le dos à ce vent abominablement frigorifiant. Désagrément inapproprié pour ce temps de l’année, mes vêtements frisent la limite de leur capacité à me protéger.

Les noroîts ont la fabuleuse et détestable propriété de transporter de l’air directement pompé de l’Arctique lorsque le courant-jet plonge très au Sud. Cet air glacial envahit à l’heure actuelle tout le Québec ainsi que les états de la Nouvelle-Angleterre aux É.U.A., mais aussi des états bien plus au Sud tels le Michigan, la Pennsylvanie et même l’Illinois. Bref, on gèle en novembre comme si on était au cœur de février.

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Bon, j’exagère un peu, c’est un peu la marque de commerce du Corbot. Cependant, en ce mi-automne, mon corps et mon esprit ne sont pas encore prêts à accepter les joues gelées et les oreilles battues par les grands vents boréaux. Heureusement, l’autre jour j’avais enfoui mes cache-oreilles au fond de mon sac. Je les extirpe avec fierté en me congratulant pour avoir été si prévenant. Je cesse toutefois mes bravos en me rappelant d’avoir sciemment abandonné mon foulard sur la patère avant de quitter le domicile ce matin alors qu’il me serait actuellement d’une superbe utilité.

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J’entre dans le resto avec la face gelée et les gouttes au nez. La serveuse me tend un menu et un sourire oscillant entre la bienséance et l’hilarité. Je lui quémande un sèche-cheveu afin d’aider ma face à reprendre vie, elle revient avec un café brûlant. Soumis à la chaleur intérieure, mes gouttes de morve se transforment en pendouillis. Mon paquet de papiers-mouchoirs refuse de s’ouvrir. Mon téléphone rend l’âme. Mon rendez-vous attend sa bise. Ma vessie malmenée par le froid réclame son soulagement. Mes deux mains gauches et mon cerveau pétrifié hésitent à choisir une priorité. Je déteste me sentir morveux, à la limite de l’incontinence et partiellement demeuré lorsque mon corps dégèle. Ce temps est parfait pour me faire signer un contrat de préarrangements funéraires pour une perruche que je n’ai pas ou l’achat d’une assurance contre les invasions de kangourous.

Et lorsque février décide de débarquer en novembre sans avis préalable, lorsque l’antigel n’a pas encore remplacé l’eau dans mes tissus organiques, lorsque le soleil devient si timoré que je peux le regarder en pleine face et qu’il se met à rougir de honte, LeCorbot se renfrogne, noircit et devient irascible. Eh non, ce n’est pas mon état naturel! Un peu… pas toujours!

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Mais lorsque je repense au ragoût fumant qui m’attendra à mon retour, ma rogne, ma noirceur et mon irascibilité s’estompent un peu, preuve que je vieillis. Foutu ragoût de novembre!

Les origines du bien et du mal

Mon point de vue sur cette question risque de vous surprendre puisque ma réponse fouillera là où on oublie souvent de regarder.

Personnellement, je préfère éviter de cataloguer les manifestations de notre Univers en usant de cette bipolarité. Toutefois, ce bel objectif se bute à une panoplie de générations de penseurs qui ont constamment cherché à classer les événements et les gens en deux catégories distinctes. Je m’accroche alors plus souvent que je l’espérais. Je m’enfarge, pour utiliser un verbe québécois.

Transcender ma culture s’avère difficile, mais nécessaire, car je sais d’où émane cette bipolarité, comment elle se manifeste et combien elle peut nous induire en erreur.

Instinctivement, nous comprenons que notre jugement est biaisé pour tout un tas de raisons. «Qui suis-je pour déclarer qu’une chose est bonne ou mauvaise, belle ou laide?» Nous nous posons souvent cette question sans toutefois y répondre, car celle-ci serait: «Je ne suis rien ni personne».

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Au mieux, nous restreignons notre évaluation sommaire à ce qui nous entoure, à nous-mêmes, à nos proches, à notre environnement immédiat. En tant qu’entité individuelle, nous possédons ce droit de juger à notre échelle de ce qui nous parait bien ou mal. Choisir entre différentes possibilités devient plus aisé si on les qualifie, la plus simple façon d’y parvenir consistant à les séparer en deux groupes.

Cette incapacité à inventer des nuances remonte aux tout premiers hominidés pour qui le nombre 2 représentait la limite de leurs compétences mathématiques. Les origines de la notion du bien et du mal datent de ce temps où tracer une ligne séparant en deux un ensemble d’éléments et de les étiqueter par ambivalence a constitué un pas de géant.

Encore aujourd’hui, notre tendance naturelle à simplifier notre jugement à l’extrême, comme nos lointains ancêtres, reste bien présente. Cependant, tout a évolué. Notre monde, même à notre niveau bien personnel, ne peut plus se permettre d’une technique d’évaluation archaïque basée sur l’ambivalence, c’est-à-dire entre deux contraires.

Ces notions bipolaires si chères aux penseurs de tout temps n’ont de sens que si on ne regarde qu’un seul pixel d’une grande œuvre. Ce petit éclat de lumière peut être analysé en utilisant les termes blanc ou noir, rouge ou vert, bleu ou jaune. Mais déjà, on note l’absence de teintes intermédiaires et une œuvre complète composée uniquement de pixels noirs et blancs détruit toute la richesse perceptible avec des éléments présentant un éventail de teintes.

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Ainsi, la bichromie du bien et du mal, du beau et du laid, provient d’une insensibilité (programmée) aux teintes intermédiaires. On ne voit que deux possibilités alors qu’il en existe une quantité phénoménale.

L’évaluation ambivalente consiste également et surtout à ne jamais observer une image dans son ensemble, seulement un pixel à la fois. Admettons que vous me récitiez les valeurs noire ou blanche de chaque pixel d’une image, pourrai-je me faire une idée juste de ce qu’elles peuvent représenter sans les regarder toutes ensemble dans un certain ordonnancement précis?

Le monde dans lequel nous vivons actuellement ne ressemble plus aucunement aux univers quasi statiques de nos lointains ancêtres. L’image, si difficile à se représenter qu’il fallait en observer un seul pixel à la fois, s’est mise à s’accumuler en une vaste série possédant chacune des différences avec sa précédente. Notre vie n’est plus pixel bichromatique, n’est plus pixel polychromatique, n’est plus une image fixe montrant ou non des teintes et des couleurs. Notre monde moderne, à l’instar de son cinéma, est constitué d’une panoplie d’images à haute définition défilant de façon ininterrompue.

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Recourir encore aux évaluations ambivalentes opposant le bien et le mal, le beau et le laid consiste à faire abstraction du contexte, de l’histoire, des richesses, de la complexité, de l’image complète, des images complètes et de la dynamique s’étant instaurée entre elles.

Le bien, le mal. En utilisant ces termes, nous perpétuons une notion aussi vieille que la plus petite et la plus ancienne forme de vie sur Terre, celle d’une mathématique limitée à un bit d’information. Combien de bits le disque dur de votre ordi comporte-t-il?

Apollo 20, une leçon à tirer

Officiellement, le programme spatial américain Apollo s’est terminé en 1972 par le décollage d’une fusée Saturn V et le retour de la Lune de la cabine Apollo 17. Toutefois en avril 2007, une série de vidéos apparait sur le web laissant croire qu’il y aurait eu une mission Apollo 20 envoyée sur la face cachée de la Lune.

Le fait qu’à la fin officielle du programme Apollo il soit resté plusieurs étages fonctionnels de fusées Saturn V pourrait laisser croire à cette possibilité. L’équipage de la prétendue mission était composé de deux astronautes américains, une femme et un homme répondant aux noms de Snyder et Rutledge, ainsi que d’un cosmonaute russe du nom de Leonov.

Le nodule lunaire aurait atterri près d’un vaisseau spatial aperçu lors d’une mission précédente et les astronautes auraient ramené le corps momifié ou en hibernation d’une extraterrestre aux traits humanoïdes. Les vidéos sont plutôt bien conçues, montrant l’intérieur réaliste de la capsule spatiale ainsi que la figure et le corps de l’extraterrestre.

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On peut même trouver l’insigne de la mission (photo entête).

Le sculpteur et vidéaste français Thierry Speth a reconnu être à l’origine du canular le 9 juillet 2007, soit seulement trois mois après la sortie des vidéos. Mais encore aujourd’hui, les vidéos continuent d’être régulièrement consultées malgré les démystifications prouvant hors de tout doute que les vidéos provenant de la NASA aient été tournées durant des missions Apollo antérieures et rendues publiques bien avant 1976. Quant à la fusée Saturn V qui aurait été utilisée, elle l’a plutôt été pour lancer Skylab. Les autres sont exposées dans divers musées.

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Je trouve cette histoire plutôt comique. D’un côté, il existe une série d’individus prétendant haut et fort que nous n’avons jamais mis les pieds sur la Lune et de l’autre on trouve une mission Apollo supplémentaire faisant grimper le total à sept alunissages.

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Plus de onze ans après la divulgation du canular, il continue de faire des adeptes et des victimes. Y croire peut paraitre sans grandes conséquences puisque aucun individu hameçonné ne verra son existence chamboulée par ce faux récit. Pourtant, créer ce genre d’histoire irréelle ne serait pas un geste tout à fait anodin.

Si vous avez lu mon blogue d’hier traitant du mensonge institutionnalisé, vous comprenez que cet acte banalisé s’avère bien plus pernicieux qu’il n’ose paraitre. En tant que citoyen, notre devoir est de bien s’informer et alors de dénoncer et autrement combattre les fausses nouvelles institutionnelles.

Mais si, en tant que citoyens, nous nous auto-empoisonnons en inventant n’importe quelle histoire, nous devenons les complices des leaders menteurs cherchant à tout prix à nous faire avaler leurs prochains gazouillis.

Nous devrions partager une même idéologie lorsqu’il est question de créer ou de partager de l’information, celle d’adopter une attitude irréprochable et de s’assurer que nos informations demeurent impeccables. Personne n’aime se faire berner. Nous méritons tous d’obtenir l’information la plus juste et la plus précise possible. Efforçons-nous donc de produire ou de relayer une information de qualité, une information comme nous aimons l’obtenir.

Et cessez de croire que seulement relayer des informations de sources étrangères vous déresponsabilise de leurs exactitudes. En jouant à la courroie d’engrenage, en devenant un diffuseur, vous encouragez autant les auteurs sérieux que les menteurs.

Si une information vous semble douteuse, pourquoi ne pas simplement l’oublier ? Aujourd’hui, vous trouverez de multiples références pour une seule fausse rumeur et vous en deviendrez une de plus. Recouper l’information n’est plus une technique suffisante pour garantir sa véracité. Il faut en faire bien plus si vous voulez faire un travail sérieux, mais surtout utile pour vos concitoyens.

Oasis

Notre vie est jonchée de moments tristes ou sombres. Nous sommes appelés à traverser des déserts, des moments intercalaires épisodiques où l’existence nous fait suer de ténébreuses mers ou pleurer d’impétueux fleuves sitôt absorbés par la sécheresse existentielle du moment.

Ces situations inconfortables, indésirables, nous incitent à tracer une route directe à travers ces terres arides avec l’espérance de rapidement retrouver la luxuriance de périodes plus prospères et plus heureuses.

La pauvreté superficielle et apparente du désert nous incite fortement à trouver une issue rapide, sinon immédiate. La ligne droite étant le plus court chemin connu entre deux points, nous prenons une grande respiration et nous fonçons tête baissée dans le but de mettre rapidement derrière nous ces moments misérables.

Les caravaniers savent pourtant que le chemin le plus rapide ne s’avère jamais être la ligne droite, mais celui qui permettra de survivre en suivant la ligne des oasis. La ligne droite amènera à l’épuisement des ressources et, inévitablement, aux conséquences qui s’ensuivront.

Peu importent les difficultés petites ou grandes rencontrées au cours de notre existence, il me parait sage de progresser en louvoyant d’oasis en oasis. Avancer sans s’épuiser, se reposer régulièrement, reprendre des forces et son souffle, prendre conscience de sa progression, évaluer ses besoins pour traverser la prochaine étape avant de reprendre la route. Toutes ces actions apparemment inefficaces apportent de grands bénéfices peu faciles à évaluer et pourtant essentiels. Lorsque le corps et l’esprit profitent de moments de relâche et de calme, ils trouvent bien meilleures conseillères.

Nous sommes constamment poussés à nous surpasser, à faire mieux et plus vite, à tout exécuter plus efficacement. La tentation de couper certaines activités apparemment dispensables peut sembler judicieuse afin de rencontrer les standards imposés ou satisfaire à nos propres attentes. Cependant, notre bilan à long terme souffrira inévitablement des petits et gros abus commis contre notre personne.

Résister à la pression sociale de performance exige une bonne dose de confiance en soi. Cette pression nous pousse également à en exiger trop des autres personnes gravitant dans notre entourage, nos parents, nos enfants, notre conjoint, des employés sous notre responsabilité, nos amis et même de simples connaissances avec lesquelles nous interagissons.

Les oasis, même si elles rallongent notre parcours de vie et ne permettent pas de maximiser nos bénéfices, parviennent par contre à les optimiser. Vivre plus heureux et moins stressés en se contentant d’un peu moins vaut amplement une vie où l’on se sera toujours foutu de notre bien-être quotidien. Nous devons cesser d’associer l’oasis à l’oisif. Comme toute source de vie, l’oasis rend l’humain meilleur.

Fausses bonnes idées

Une fausse bonne idée consiste à trouver une solution à un problème qui, lorsqu’on l’applique, engendre des conséquences plus graves que les avantages apportés par sa résolution. Le bilan global d’une fausse bonne idée se révèlera mitigé, désastreux et même abominable selon la superficialité de la réflexion ayant mené à son élaboration.

La cause de l’édification des fausses bonnes idées est à chercher du côté de la simplicité du raisonnement. L’humain aime bien les équations à une seule variable qui n’apportent qu’une seule réponse. Elles deviennent faciles à démontrer puisque l’évidence semble sauter aux yeux. Les gens, peu ou aucunement au courant du sujet traité, abondent facilement dans le sens de la fausse bonne idée.

Il faut bien comprendre le principe de base universel que rien dans la vie n’est totalement bien ou entièrement mal. En éradiquant une source apparente de mal, on élimine également la source de ses bienfaits. Étant ignorants de ceux-ci, seuls ses effets négatifs nous sautent aux yeux et l’idée de s’en prendre à leur cause apparait pleinement justifiée puisque pleinement avantageuse.

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Il faut développer le réflexe de toujours questionner ce qui semble trop évident, trop simple, trop direct, trop beau pour être vrai. Un avantage cache toujours au moins un désavantage et souvent bien plus qu’un seul. Alors, même si une situation semble simple à comprendre, triviale, facile à analyser, l’adage populaire recèle une grande vérité, le diable se cache dans les détails.

L’autre principe de base à toujours garder en tête est que rien n’est aussi simple qu’on voudrait bien le voir ou que d’autres voudraient bien nous le faire croire. Il existe en toutes choses de multiples interactions et nos connaissances actuelles sur un sujet quelconque demeureront toujours fragmentaires, pour ne pas les qualifier tout bonnement de simplistes.

Le doute, la circonspection et même la suspicion doivent accompagner n’importe quelle démonstration, pas nécessairement pour faire dérailler les projets qu’on nous présente ou pour créer volontairement de l’immobilisme morbide, mais pour prendre de meilleures décisions à partir d’une plus grande quantité d’informations qui, souvent, se présenteront contradictoires.

Ainsi, grâce à de meilleures données, nous pouvons contrecarrer certains effets délétères de nos actes dès leur mise en œuvre plutôt que de tenter plus tard de renverser la vapeur, opération qui s’avèrera souvent extrêmement coûteuse, voire carrément impossible.

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Toutes les fois où nous nous substituons à la Nature, où nous prenons des décisions à sa place, toutes les fois où nous nous croyons plus intelligents qu’elle, le boomerang nous revient toujours en pleine figure. Destructions d’habitats, envahissements territoriaux, extinctions d’espèces animales et végétales, migration d’espèces, effets boule de neige imprévus, fragilisations ou brisures des chaines symbiotiques et alimentaires, transformations des sols et de l’hydrographie, chambardements dans les cycles naturels, tous ces impacts imprévus, négligés ou cachés nous rappellent qu’aucune équation n’est simple ni ne se résout d’un seul tenant.

Il en va ainsi avec la Nature tout comme avec la nature humaine. Aucune personne ne se comporte comme si elle était constituée d’une seule variable. Interagir avec les humains exige d’être conscient qu’ils possèdent leurs sensibilités propres, leurs faiblesses intrinsèques et leurs craintes parfois irraisonnées. La sagesse nous dictera un certain degré de prudence et de tact à leur égard. Elle nous gardera constamment à l’écoute des impacts de nos paroles et de nos gestes, même si nous sommes convaincus de notre bonne foi, de véritablement venir en aide, d’agir en vue d’apporter notre soutien. L’être humain s’avère bien plus complexe qu’on le perçoit.

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Cependant, cette complexité ne doit pas totalement nous décourager d’agir, mais il est possible que certaines de nos paroles ou certains de nos gestes s’avèrent finalement avoir été de fausses bonnes idées. Nous ne sommes pas exempts d’erreurs, bien au contraire, nous en faisons et en ferons sans cesse. C’est pourquoi nous devons constamment rester à l’écoute des autres, continuer infailliblement à observer l’impact de nos actions afin de corriger un tir mal ajusté, une parole blessante, une intention incomprise, un choix douteux.

Nous devons impérativement réfléchir avant d’agir et pour ce faire, il devient préalablement essentiel d’accumuler des informations pertinentes sous forme de questions-réponses ou par des observations-analyses. Ces précautions n’existent pas pour freiner une démarche d’aide, mais pour la nuancer, la bonifier, la rendre plus pertinente et pour réduire les effets collatéraux plus nuisibles qu’ils y paraissent parfois.

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Notre vie sera jonchée de fausses bonnes idées, les nôtres et celles des autres, et parfois on ne s’en rendra compte que bien trop tard. Ce sont les aléas de l’existence, mais si nous demeurons conscients des mécanismes qui les engendrent, nous pourrons en prévenir quelques-unes et en démonter quelques autres qu’on essaye de nous faire avaler.

Tout ceci se rapporte à un grand principe sur lequel je reviens constamment dans les articles de mon blogue, celui de toujours réfléchir, de se servir de ses connaissances, de son jugement et de ses doutes pour progresser, pour s’améliorer, pour parfaire ses compétences en toutes choses.

Atlantide liberté

La liberté est-elle si précieuse qu’elle doit être remisée dans un écrin, sous scellés? Ce faisant, on l’emprisonne en lui défendant de goûter à l’air en toute liberté. Afin de prouver qu’elle existe toujours, on la présente au peuple quelques fois par année sans toutefois la laisser pleinement jouir de ces sorties bien orchestrées. La liberté n’est devenue que figure d’apparat à l’instar d’une triste madone de plâtre défilant parmi une foule de faux dévots exaltés et soûls au cours d’une fête qui n’est religieuse que par la statue décatie aux trois quarts.

Ainsi les gens croient en l’existence de la liberté dans leur vie grâce à quelques pseudo prêtres parlant d’elle au présent, brandissant son effigie en signe de ralliement à une cause commune, agitant son étendard pour dépoussiérer d’ancestraux épouvantails.

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Je ne fais pas porter l’entière culpabilité de ce désastre aux autorités, car bien des gens préfèrent confondre liberté et anarchie, liberté et droit d’abuser, liberté et égocentrisme. Par ces manques de discernement, les autorités en profitent pour rogner les ailes de la liberté et l’enfermer dans un placard fortement gardé.

La liberté s’apparente à une maitresse trop belle pour la laisser sans protections. Elle attire tous les détrousseurs de vertus désireux de se la faire sans égards à sa nature profonde et à ses qualités. Ainsi, pour la prémunir et par ricochet pour nous prémunir contre les actes excessifs ou impropres des sans vergogne, les autorités la kidnappent, rapt parfaitement consenti, car nos craintes deviennent récriminations lorsque la liberté insuffisamment réprimée fait d’innocentes victimes.

Liberté muée en bélitre, une vie de gueuse, une vie de misère, une vie où seules survivent ses pensées d’un passé plus glorieux. Liberté devient lubie, une antique notion présente dans les plus vieux livres de référence. Elle ressemble à l’Atlantide capable d’enflammer l’imagination tout en restant à tout jamais une légende à laquelle on ne pense que lorsqu’on se retrouve autour d’un feu de camp, un verre de rouge à la main.

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Mais voilà surgissant subrepticement dans mon collimateur, un verre de blanc au bec, une femme ayant tout pour naufrager une fois encore mon Atlantide liberté!530_o

‘Oumuamua, le mystère s’épaissit

Je vous ai parlé à quelques reprises de cet objet spatial repéré le 19 octobre 2017 qui a été officiellement classé dans la catégorie des objets interstellaires, c’est-à-dire que sa provenance est extérieure à notre système solaire. Il est le premier de son genre à être répertorié.

Vous trouverez les liens vers mes autres articles traitant de cet objet au bas du présent texte.

Qu’il soit astéroïde ou comète, sa forme très inhabituelle de cigare dix fois plus long que large, sa métallicité très élevée et son revêtement mou de couleur rouge foncé le rendent des plus bizarre. Mais il y a plus. Des études fines de sa trajectoire viennent rajouter une couche de mystère supplémentaire à son sujet.

Lors de son passage à proximité du Soleil, ‘Oumuamua suivait sur une trajectoire hyperbolique qui le fait s’éloigner définitivement de nous. Des astronomes ont toutefois noté une augmentation supplémentaire de sa vitesse, suggérant un dégazage semblable à ce qui survient aux comètes et qui crée leur chevelure si caractéristique. Notez qu’aucune queue de gaz n’a toutefois été repérée et seule son accélération l’a été.

Ce phénomène bien connu des astronomes est censé occasionner certains changements comportementaux à l’astre. La rotation de l’objet sur lui-même devrait se modifier. Or à ce chapitre ‘Oumuamua n’a pas semblé se comporter différemment. De plus, l’astrophysicien Roman Rafikov de l’Université Cambridge conclut que les effets du dégazage auraient dû causer sa dislocation. Pourtant, notre visiteur extrasolaire est bien resté en un seul morceau.

Une théorie alternative laisse entendre que cet objet semble trop peu naturel pour ne pas être artificiel. Certains le voient donc comme une sorte de sonde spatiale envoyée par une autre civilisation. Il récolterait des informations sur les différents systèmes planétaires qu’il croiserait en chemin. Cependant, il n’émet aucune onde électromagnétique, ni pour sonder son entourage ni pour transmettre les informations recueillies au cours de son périple. Mais cette technologie équipant nos propres sondes pourrait être ringarde et remplacée à bord d’Oumuamua par quelque chose de plus performant que nous ne connaissons pas.

Objet céleste naturel atypique ou engin spatial extraterrestre ? On ne connaitra peut-être jamais la vérité à son sujet.

Référence : L-express.ca via Agence Science-Presse

 

Mes autres articles traitant de ‘Oumuamua

Savoirs anciens, les dimensions de la Lune

Si vous n’avez pas suivi mes précédents articles sur les savoirs anciens, sachez simplement que j’ai travaillé pour le pharaon Khoufou (Khéops) et je lui ai prouvé à l’aide de moyens extrêmement simples que la Terre était ronde et qu’elle mesurait 40000 km de circonférence, valeur que je lui ai traduite en coudées égyptiennes afin qu’il comprenne correctement. Le système métrique n’étant pas encore en vigueur à cette époque.

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Maintenant, grâce à la rotondité et aux dimensions connues de la Terre, je l’entretiens sur l’astre de la Nuit, la Lune, et je lui montre comment mesurer ses dimensions et la façon de connaitre la distance qui la sépare de nous.

 

— Cher rusé Corbot, vous voulez me faire croire que vous connaissez la distance qui sépare notre belle Lune de nous?

— Parfaitement, chère Majestueuse Hypercholestérolémie, je peux même vous montrer comment trouver ses dimensions grâce à l’éclipse de Lune qui commence à l’instant.

— Comment ferez-vous? Apprenez-moi votre méthode.

— Maintenant que nous connaissons la forme et les dimensions de notre Terre, nous les utiliserons pour mesurer celles de la Lune. Regardez, l’ombre de la Terre commence à se projeter sur la Lune. Puisque la Terre est ronde, son ombre l’est tout autant.

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— Oui, je vois un croissant noir apparaitre et lentement grandir à la surface de la Lune.

— Parfaitement et le côté extérieur de ce croissant ne nous présente rien d’autre que le bord extérieur de notre chère Terre.

— Quel étonnement de voir l’ombre de notre planète se profiler sur la Lune! Mais que ferez-vous maintenant que nous voyons ce croissant sombre?

Maintenant qu’il occulte environ la moitié de la Lune. Je reproduis sur un papier le dessin que forment les deux cercles, celui de la Lune et la portion du cercle de la Terre représenté par ce croissant. Je complète ensuite cet arc de cercle afin de montrer la Terre en entier.

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— Je comprends, astucieux volatile. Il reste ensuite à comparer les dimensions des deux cercles. Puisque nous connaissons combien la Terre mesure de coudées, les proportions entre les deux astres nous permettent de trouver les dimensions de la Lune.

— Exact. Voilà le dessin des deux astres alors que l’éclipse montre bien une partie des deux. Avec une règle je mesure que le diamètre de la Terre est environ 3,66 fois plus grand que celui de la Lune.

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— Et puisque vous avez déjà déterminé le diamètre de la Terre en mesurant sa rotondité, il est aisé d’en déduire celui de la Lune.

— Oui. Puisque le diamètre de la Terre vaut 30580000 coudées populaires, celui de la Lune vaut 3,66 fois moins, donc près de 8338000 coudées populaires.

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— Et si mon précepteur a bien fait son travail, je devrais pouvoir calculer la circonférence de notre astre de la Nuit en multipliant par le nombre magique des cercles que vous appelez pi, cher emplumé ami. En faire le tour représente environ 26200000 coudées, si nous pouvions nous y rendre, évidemment.

— La prochaine fois que nous nous verrons, nous calculerons la distance nous séparant de notre chère Lune, cher Illustrissime Pharaon.

Peuples galactiques

En raison de l’exploration de notre seul système solaire, nous savons que les exoplanètes telluriques ne sont pas toutes susceptibles d’abriter la vie. Tout d’abord, les planètes doivent se retrouver dans l’anneau d’habitabilité, là où la température de l’eau à la surface peut se maintenir autour des 25 °C.

Il existe aussi une question de gravité. Une planète trop petite et trop peu dense ne pourra pas retenir son atmosphère et sans elle, l’eau s’évapore. De plus, les rayons cosmiques et stellaires bombardent sa surface, la rendant carrément stérile.

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Mais une planète trop grosse possède d’autres désavantages qui se rapportent à sa vitesse de libération ou, autrement dit, sa vitesse d’échappement. Cela correspond à la vitesse d’un véhicule spatial se libérant de l’attraction gravitationnelle de son astre. Cette vitesse dépend de la masse et du rayon de la planète.

La Terre possède une vitesse de libération d’environ 40 000 km/h. Pour une densité comparable à celle de la Terre, mais d’un rayon deux fois plus important, la vitesse de libération double également. Si l’exoplanète possède une plus forte densité, soit un rapport plus important de sa masse sur son volume, sa vitesse de libération augmentera d’autant.

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Pour atteindre la vitesse de libération, cela exige de consommer du carburant. Plus cette vitesse est importante, plus le carburant à embarquer à bord de la fusée doit être important. Le problème est qu’avec du poids supplémentaire, ça prend encore plus de carburant et la fusée pèsera encore plus lourd.

Ce cercle vicieux occasionne qu’avec une propulsion chimique, il existe une limite de vitesse de libération au-delà de laquelle, il devient impossible de lancer une fusée dans l’espace.

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Cela signifie que les peuples extraterrestres ne sont pas tous en mesure de visiter l’espace. Certains restent prisonniers de leur planète jusqu’à ce qu’ils puissent bénéficier d’une propulsion beaucoup plus efficace que les réactions chimiques.

On pourrait penser à des réactions nucléaires ou de la production d’énergie grâce à l’interaction matière-antimatière. Toutefois, le temps permettant de contrôler ces énergies plus exotiques empêcherait ces peuples d’envoyer des satellites et des sondes en orbite comme les humains le font depuis soixante ans uniquement grâce à des réactions chimiques bien ordinaires.

La planète Mars fait partie de celles ayant des dimensions trop petites pour préserver leur atmosphère. Dans l’autre extrême, les superterres actuellement connues risquent de piéger leurs habitants à leur surface tellement la vitesse de libération risque d’être trop importante.

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Le graphique montre les masses des exoplanètes connues par rapport à leur distance à leur étoile, le tout par rapport à la masse et à la distance de la Terre au Soleil. Les points bleus représentent les planètes de notre système solaire. Les points rouges, les exoplanètes connues à ce jour. Comme on peut le constater, la Terre, sa sœur Vénus et Mars semblent des exceptions dans la Galaxie, mais c’est seulement parce que détecter des planètes leur ressemblant s’avère bien plus difficile que de trouver des géantes gazeuses comme Jupiter ou Saturne. Nos moyens se raffinant et nos instruments scientifiques gagnant en précision et en acuité, bientôt les points rouges inonderont la région de ce graphique où les planètes rocheuses de notre système solaire se situent.

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Nous pouvons néanmoins nous féliciter de vivre sur une Terre suffisamment grosse pour retenir son atmosphère et ses océans sans toutefois souffrir d’embonpoint, une Terre au cœur de la zone habitable du Soleil, une Terre permettant aux fusées à propulsion chimique de lancer des satellites et des sondes partout dans son système solaire, une Terre à la mesure de notre curiosité et de nos ambitions présentes.

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Lorsque nous maitriserons d’autres types de propulsions beaucoup plus efficaces, nous aurons déjà plus d’un siècle d’expérience spatiale, d’envois de télescopes scrutateurs, de robots fouineurs, de sondes détectrices et d’humains déterminés. Nous serons prêts à entamer une nouvelle phase de notre parcours spatial, devenir un peuple galactique.

 

 

Des promesses !

Lu dans un blogue: «Dieu est fidèle à ses promesses». Ouf! Quelle affirmation lourde de conséquences! En théorie, puisque l’Univers entier est la création de Dieu, la fidélité à ses promesses signifie la façon dont le monde fonctionne dans ce qu’il a de plus élégant, mais aussi dans ce qu’il a de plus hideux et cruel.

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Cependant, cette citation ne provient pas d’un quelconque dieu, mais seulement d’un disciple un peu trop enthousiaste qui écrit et signe en son nom sans sa permission. Dieu entérinerait-il la paternité de la liste des prétendues promesses que certains humains lui attribuent?

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D’autre part, Dieu remplirait ses promesses de façon inégale. Certaines personnes obtiendraient ses préférences alors qu’il renierait ses promesses sans aucune vergogne envers d’autres de ses créatures, et ce indistinctement qu’ils soient croyants ou athées, pieux ou indifférents, vertueux ou bandits.

En supposant que je crois en un quelconque dieu, je serais prêt à lui attribuer la paternité d’une seule promesse, celle qu’on finira tous par crever. Au moins, voilà une vérité qu’il aurait pu nous promettre et à laquelle il tiendrait effectivement parole envers tous ses sujets, bêtes et humains, dévots et impies.

Niels Bohr répondait à Albert Einstein: «Cessez de dire à Dieu ce qu’il est censé faire» quand ce dernier affirmait que «Dieu ne joue pas aux dés».

Cette phrase devrait également concerner tous les disciples de quelconques religions ou sectes qui s’attribuent le droit d’écrire ce que Dieu est censé penser, faire et promettre. Ils pourraient se contenter de se rappeler les promesses qu’eux ont fait à leur Dieu. Ce serait déjà beaucoup.

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Certains ont peut-être besoin de croire en un Dieu récompensant ou vengeur pour décider de faire le bien plutôt que le mal autour d’eux. Pourtant, il suffit de remplir les cœurs de bonheurs autour de soi et la récompense absolue survient immédiatement. Nul besoin d’attendre une prétendue promesse à survenir dans l’au-delà pour atteindre l’extase.

Les physiciens et le mysticisme

Les physiciens sont considérés comme des mordus de logique, d’indécrottables bouffeurs de formules, des ordinateurs sur deux pattes. Pourtant, l’humain ne se tient jamais loin et il reste susceptible de laisser parfois paraitre son côté mystique.

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Isaac Newton avait un côté ésotérique plutôt fort, une sorte de balancier pour son côté scientifique hypertrophié. Malgré les interdictions gouvernementales anglaises de l’époque, il s’intéressait de près à la transmutation des métaux et à la religion. Newton penchait résolument vers le mysticisme au point où il a même prédit la fin du monde. Selon lui, elle surviendrait en 2060, soit 1260 ans après le sacre de Charlemagne de l’an 800. Soyez certain que cette année fera tache, tout comme l’an 2012 vit une pétarade ininterrompue d’annonces catastrophiques.

On peut reprocher au père de la gravitation universelle ses penchants pour des sujets en dehors des sciences, mais l’époque était bien différente de celle d’aujourd’hui. Et il ne fut pas le seul scientifique, et de loin, à reluquer du côté du mysticisme à des époques bien plus récentes.

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Paul Dirac, lauréat du prix Nobel, l’un des pères de la physique quantique, l’inventeur de l’équation relativiste de l’électron, celui qui a prédit l’antimatière, l’auteur de la notation bra-ket, faisait également une fixation sur le nombre 137, allant même jusqu’à reprocher à Douglas Adams, l’auteur du Guide du voyageur galactique, d’avoir choisi le mauvais nombre, que 137 aurait bien plus pertinent que la fameuse réponse 42 donnée par le super calculateur à la question sur le sens de la vie. Il dit: «Dieu a créé le monde en utilisant de superbes mathématiques.» Pour lui, seules de belles formules devaient composer la Nature.

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Albert Einstein croyait fermement en Dieu et pendant un certain temps à un Univers statique et éternel sans faire reposer cette assertion sur quoi que ce soit de tangible. D’ailleurs, la formule dérivée de sa propre théorie de la relativité générale interdit un Univers statique et éternel. «Dieu ne joue pas aux dés» reste sa boutade la plus célèbre et la moins convaincante contre les principes de la physique quantique alors naissante.

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Le grand physicien surnommé le «pape», Wolfgang Pauli, considérait que la physique quantique transcende la science et elle pourrait avoir une fonction religieuse dans l’expérience humaine.

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Le physicien Fritjof Capra, l’auteur du livre «Le Tao de la physique» publié en 1970, est considéré comme le père du mysticisme quantique.

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John Hagelin, un spécialiste de la théorie supersymétrique du champ unifié, a déclaré que 4000 pratiquants de la méditation transcendantale avaient réduit la criminalité de 18 % à Washington.

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Le vietnamien Trinh Xuan Thuan spécialisé en astronomie extragalactique promeut un principe anthropique fort et son confucianisme assumé fait partie de son quotidien de physicien.

Le mysticisme ne semble pas nécessairement quitter les physiciens bien qu’ils se nourrissent abondamment de formules mathématiques toutes plus indigestes les unes que les autres. Pourtant, la base de la science est de tenter d’expliquer les phénomènes observables en usant uniquement d’hypothèses potentiellement démontrables. Le mysticisme a été à la base de beaucoup de corruptions d’hypothèses qui se sont quasiment toutes expliquées logiquement par la suite.

Comme quoi le mysticisme réside très profondément en tout être humain, parfois en nuisant à sa compréhension profonde des phénomènes naturels, parfois en l’aidant à traverser ses propres difficultés, y compris lorsqu’il tente de saisir la façon dont l’Univers fonctionne et que le courage de continuer lui vient à manquer.

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Mines spatiales

La Terre nous offre une panoplie de minéraux que nous trouvons en creusant des mines. Certains éléments chimiques réputés pour posséder des propriétés rares et utiles font l’objet d’une exploitation intense dont les prix sur le marché reflètent généralement les coûts reliés à leur extraction, leur purification et leur conditionnement.

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Qui plus est, beaucoup d’éléments à haute valeur sont des éléments chimiques dits lourds comme l’or, le ruthénium, le platine, le tantale, le tungstène, l’argent, le cadmium, le palladium, etc. Depuis la naissance de la Terre voilà 4,567 milliards d’années, la grande majorité de ces éléments lourds ont migré vers le centre de la Terre, en laissant bien peu remonter par quelques fissures jusqu’à la surface.

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Notre utilisation irréfrénée des métaux rares épuise les ressources présentes dans la croûte terrestre et nous n’avons aucun moyen de récupérer celles qui se trouvent à grande profondeur. Cependant, la Terre a été formée à partir d’astéroïdes et de comètes présentes dans le système solaire originel. Ces briques ayant constitué la Terre contiennent des concentrations très importantes de ces mêmes éléments chimiques, cent fois et même plus que dans la croûte terrestre.

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Voilà pourquoi certains gens d’affaires reluquent de plus en plus ces rochers dérivant dans l’espace afin d’en exploiter les ressources minérales. Le cinéaste canadien James Cameron a même investi une petite fortune dans une entreprise en démarrage dédiée à développer des technologies d’exploitation de mines sur des astéroïdes.

Le problème majeur reste le coût pour amener de la machinerie dans l’espace. Chaque kilo coûte une fortune et il reste encore suffisamment de mines sur Terre pour rendre l’aventure minière spatiale inintéressante d’ici les prochaines décennies. Toutefois, soyons certains que les astéroïdes deviendront un jour le nouvel eldorado grâce aux fortes concentrations de métaux rares et chers. Cela aussi, c’est écrit dans le ciel.