Coup de pied au C…orbot

Mentir peut être considéré à plusieurs niveaux. Pour simplifier cet article, je me contenterai d’aborder les mensonges émis par des organismes gouvernementaux, incluant la police, les militaires et les politiciens.

donald_trump_menteur-550x400_c.png

Disons qu’il se produit un ou plusieurs événements incompréhensibles. Les citoyens s’inquiètent, s’interrogent, et leurs craintes finissent sur le bureau d’un quelconque fonctionnaire, d’un policier, d’un colonel, par l’entremise d’un citoyen, d’une personne élue, d’un groupe de pression ou par des représentants des médias.

Cet individu interpellé se fout éperdument des plaintes et des récriminations des citoyens. Sans même s’intéresser au sujet, ou encore il connait la vérité, mais ne veut la révéler, il balaye le dossier sous le tapis en inventant une histoire stupide censée avoir un certain sens. Mais au fond, son profond mépris des gens le pousse à rester médiocre et à consentir très peu d’efforts pour forger un mensonge possible.

236802_1000

Son histoire est reprise par d’autres individus sommés de répondre, par des élus, par le corps policier, bref par tout le monde.

Les médias ou les réseaux sociaux relèvent les incohérences de cette explication bancale. Ça crée un tollé, mais l’explication a été donnée et il faut s’en tenir comme à la prunelle de ses yeux, Plus les gens discutent du sujet, plus l’explication prouve sa stupidité. Jusqu’au point où celle-ci ne peut plus tenir.

Private-Investigator-Course-Online1-e1444009287868

Des experts entrent alors en scène et concoctent un mensonge encore plus gros puisqu’ils doivent eux aussi couvrir la vérité sur les événements décriés ainsi que sauver la face des menteurs. Mais mentir a ses limites. Leur nouvelle explication parvient parfois à répondre aux plus évidentes aberrations, mais du coup, ils rendent les autres incohérences encore plus contestables.

Et après on tergiverse sur la possibilité ou non qu’on nous mente. On devrait plutôt tergiverser sur la possibilité qu’on nous dise parfois la vérité.

Menteur-b9fc4

Est-ce si difficile à comprendre que dans nos sociétés, mentir est la norme absolue et que la vérité est plus rare à trouver que les filles qui pissent bien assises sur la lunette d’une toilette publique sans sortir tout un attirail digne d’un labo de microbiologie de niveau pathogène P4 ?

Certains diront que LeCorbot, en plus d’être noir, est cynique. Mais ce n’est pas du cynisme lorsqu’il n’y a pas tant d’exagération que ça (oubliez ma remarque sur les filles… quoique…).

Aidez-moi à trouver un seul exemple où une entité gouvernementale a immédiatement prouvé sa transparence dans un dossier controversé ou sensible et que celle-ci n’a pas été précédée d’au moins un mensonge éhonté ou d’un mutisme indécent.

Et même si vous me donniez plusieurs exemples, vous seriez encore bien loin du compte qui prouverait que j’exagère, donc que je fais du cynisme.

Mais si je parviens à vous prouver que je ne suis pas cynique, vous devrez alors croire que vous ne méritez pas de vous faire dire la vérité. Ça, c’est plus difficile à accepter puisque cela signifie que vous consentez sciemment à être traité en petit citoyen bonasse.

Entre vous auto-insulter et donner un coup de pied dans un Corbot, le choix est évident, n’est-ce pas ?

16 commentaires sur “Coup de pied au C…orbot

  1. Je voudrais donner immédiatement une étoile pour cet article, et aussi le partager sur mon compte Facebook (en Public, en fait je publie à peu près tout sur Facebook en mode Public), mais je ne peux pas pour le moment. Je ne veux pas allumer mon autre ordinateur de peur de réveiller mon père qui dort. Ce matin il a dû se réveiller à 4:44 du matin parce que son chauffeur ne pouvait pas venir le chercher. Il a alors dû se préparer rapidement pour aller prendre métro et autobus jusqu’à Longueuil. Il n’a même pas pu boire son café du matin.

    J’aimerais partager ma réflexion du moment au sujet des mensonges. Pour moi, un mensonge c’est toute chose exprimée de manière à faire dévier de leur chemin des êtres humains qui marchent dans le but de poursuivre leur maturation. La raison qui justifie ce besoin de poursuivre sa maturation, selon moi, c’est de retrouver son humanité perdue.

    Quand on décide que la vérité c’est le contraire des mensonges, on se met à faire de la logique. C’est bien la logique, mais à condition de la respecter pour ce qu’elle est, pas pour ce qu’elle n’est pas.

    En informatique, les programmeurs médiocres se contentent de s’assurer que leur code fonctionne comme prévu dans l’utilisation normale que le commun des mortels font de ces logiciels. Tandis que les meilleurs programmeurs, eux, s’assurent que leur code fonctionnera dans TOUS les cas de figures, y compris si les utilisateurs utilisent les logiciels de manières tout-à-fait inédites. Les programmeurs médiocres programment bien moins bien, et bien moins rapidement que les meilleurs programmeurs. Cependant, les progrès que font les programmeurs médiocres sont beaucoup plus mesurables par les décideurs (gestionnaires, cadres, etc…). Alors, c’est la manière de travailler des programmeurs médiocres qui est mise en piédestal par le haut de la hiérarchie de l’industrie du « software ». En fait, des phénomènes similaires se produisent dans toutes les industries, toutes les strates de la société. C’est un vrai cancer sociétal!

    Et puis après, le temps c’est de l’argent, qu’ils prétendent. Parce que les meilleurs programmeurs sont très rares, et qu’ils ont amplement le choix parmi les tâches possibles dans les entreprises, parmi les entreprises pour lesquels ils veulent travailler, et dans plusieurs cas s’ils veulent ou non continuer de travailler pour le moment, les salaires que leur statut commande auprès des ressources humaines des grandes entreprises est juste trop élevé pour le haut de la pyramide corporative. Après tout, les gros bonus et les augmentations de salaires décadentes des hauts dirigeants doivent bien venir de quelque part…

    Mais qui engage ces programmeurs? Quelques noms comme ça: la NASA, divers services secrets (dont l’infâme NSA), les constructeurs d’aéronefs (en particulier ceux qui font dans le militaire), les fabricants de satellites, etc…Faut comprendre que puisque les meilleurs programmeurs sont capables d’écrire du code qui fonctionnera dans tous les cas de figures, et parce que ces employeurs font dans la VRAIE technologie qui doit fonctionner POUR DE VRAI, et parce que pour que la vraie technologie fonctionne il faut à tout-le-moins qu’elle soit fiable en tous temps, alors ces entreprises ne se gênent pas du tout pour payer le prix fort pour s’assurer les services de ces programmeurs…

    Mais là aussi, le cancer est en train de se propager. Il y a plusieurs années, avant le lancement du projet, ils ont décidé que le futur avion furtif de combat ultra-moderne F-35 allait voir sa partie logicielle développé en C++ plutôt qu’avec le ADA (qui est un langage plus fiable que le C++). Parce que le ADA est surtout utile dans le cas du développement de technologies militaires, et parce que lorsque d’anciens programmeurs dans ce domaine prennent leur retraite il y a personne pour les remplacer, les programmeurs qui restent et qui excellent dans le ADA sont si rares que ce n’était plus vraiment possible de développer un nouvel avion de chasse en utilisant ce langage. Il y a aussi que le type de bons programmeurs qui peuvent facilement apprendre et maîtriser le ADA passent complètement sous le radar du complexe militaire et industriel. Alors les décideurs, qui ont à peu près tous étudié leurs doctrines économiques dans des écoles du type « hautes études commerciales », ont décidé (c’est leur travail à eux, de décider) que le nouvel avion F-35 allait être programmé en C++. Je suppose qu’ils ont pris leur décision après avoir étudié de nombreuses statistiques, demandé conseil à des consultants grassement payés pour leurs services, et SURTOUT après avoir compris que le C++ est très toujours très populaire. Doctrine économique oblige, ils ont cru qu’ils pourraient ainsi économiser sur les salaires des programmeurs. Et qu’est-ce que cela a donné comme résultat? Le F-35 est la Lada des avions de chasse!

    Où je voulais en venir avec mon commentaire? La logique et la vérité. S’il y a bien un domaine dans l’activité humaine où les mensonges c’est l’exception plutôt que la règle, c’est bien chez les militaires et dans les compagnies de technologies spatiales. Si la vérité se fait exprimer par la logique, et que la vérité c’est le contraire des mensonges, alors comment expliquer que le F-35 est un méchant gros fiasco? Que la NASA n’est plus capable d’envoyer des astronautes seule dans l’espace?

    Je le dis, la vérité c’est quelque chose de beaucoup plus grand et puissant que tout ce qui peut être exprimé avec des symboles. Si nous ne voulons pas devenir les pantins des menteurs, la seule chose à faire à mon avis, c’est d’arranger notre manière de penser, de réfléchir, et d’être avec nous-mêmes pour pouvoir rester dans le droit chemin en tous temps, et de pouvoir retrouver notre chemin lorsque l’on se perd en route.

    Si je pouvais faire cette analogie avec l’informatique, être dans la vérité c’est comme pouvoir programmer de manière à ce que TOUTES les éventualités possibles et imaginables, et même celles qui ne le sont pas, ne puissent pas rendre un logiciel dysfonctionnel.

    Aimé par 1 personne

    1. Je ne suis pas sûr d’avoir bien tout compris. Je vais essayer de résumer, tu me dis si c’est bien ça. Ce que tu veux dire c’est que mentir ce serait par exemple affirmer quelque chose qui n’est vrai que dans la plupart des cas mais pas dans tous les cas et qui peut parfois se révéler faux dans des cas limites ou quand la situation change ? Il me semble que les politiciens ont effectivement tendance à faire exprès de zapper certains cas pour attirer l’attention de la population loin de ce qu’ils ne veulent pas qui soit vu, comme un prestidigitateur qui mettrait en avant sa jolie assistante pour qu’on ne voit pas qu’il à glissé une carte dans sa manche, le tout dans une optique court-termiste, en montrant seulement les résultats à court terme de leur politique (on va faire une politique d’austérité : augmenter les impôts et baisser les salaires pour faire rentrer des sous dans les caisses de l’état) en zappant complètement le long terme (le pouvoir d’achat va baisser, donc la croissance va baisser, donc les caisses de l’état vont être encore plus vides).
      Autre exemple pour l’aspect court-termiste, lorsque les politiciens augmentent les quotas de pêche plutôt que de maintenir une gestion durable des stocks de poissons.

      Aimé par 1 personne

      1. Ton analogie avec le prestidigitateur est très pertinente. De plus, le prestidigitateur n’explique jamais ses stratégies, tout comme les politiciens. Il est facile de trouver des solutions qui auront un impact assez immédiat, mais qui s’avéreront néfastes à long terme. Encore aujourd’hui, l’humain a beaucoup de difficultés à jongler avec des équations à plus d’une variable. Je monte A, B va grimper ou descendre et sa stratégie s’arrête là. Dans des domaines complexes, les interactions sont nombreuses et les situations exigent de l’expertise et pas que du populisme. Puisqu’un politicien ne peut pas expliquer ce qu’il ne comprend pas, il joue à celui qui va « régler le problème », mais au fond, il nous lègue bien souvent un cadeau empoisonné.

        Aimé par 1 personne

  2. Non vous n’êtes pas cynique, vous dénoncez une triste réalité. Mais le point positif, j’ose le dire, est que la citoyenneté se fait de moins en moins berner. Les médias biens contrôlés et sélectifs dans leurs informations se font également chahutés par l’ère de l’information elle-même et qui permet à vous par exemple et comme à tout et chacun de s’exprimer et de bousculer la mentalité mouton, de se remettre en question et de lever le voile sur nos conditions. Ceci n’empêchera pas non plus les fakes et les avis de tous genres, mais ça ma foi, ça fait partie de notre monde de dualités.

    Aimé par 1 personne

    1. Quand la société se laisse moins berner, c’est que récemment elle l’a beaucoup été. Le mensonge institutionel, c’est comme le vol, ça ne s’éradique pas, au miieux ça se minimise. C’est le premier outil utilisé par les services de communications, pas le dernier. Il est le premier recours d’une stratégie visant à contrôler une image. Parler de la réalité, dire la vérité, n’a aucune valeur et, malheureusement, n’en aura jamais. Ce n’est que lorsque le mensonge dessert l’image, lorsqu’il devient un outil contreproductif que les autorités se voient dans « l’oblliigation stratégique » de révéler la vérité. La morale n’a rien à voir dans ce choix.

      Aimé par 1 personne

      1. Je suis d’accord avec vous et je comprends ce que vous dites. Mais vous comme moi, sur la base de ces réalités sommes capables de réagir et de réfléchir à ces situations. À notre échelle, selon nos capacités et notre volonté. Nous pouvons nous indigner et continuer comme si de rien n’était et laisser les choses se faire comme elles se font ou alors nous impliquer pour provoquer un quelconque changement. Cela n’est pas impossible, mais demande une implication. Ce qui, soyons honnêtes, ne sera pas le cas pour beaucoup de gens, moi y compris. On peut râler et s’indigner, c’est facile, et remettre la responsabilité ailleurs, mais agir est aussi possible. Comment ? Selon notre créativité et l’implication de notre volonté de faire bouger les choses. Suis-je trop optimiste Mathis ? Je ne pense pas.

        Aimé par 1 personne

      2. Je suis bien d’accord avec vous, Vénus, sur une obliigation citoyenne essentielle pour réduire les mensonges institutionnels. Si on ne fait rien, c’est du tout cuit pour eux. Le web avait cette qualité autrefois, il est devenu un outil comme les autres principalement contrôlé par les grands. C’est une guerre sans fin, cependant ce n’est pas une raison pour ne pas se battre, bien au contraire.
        En combattant le crime, un policier ne doit pas être optimiste qu’un jour il pourra l’éradiquer ni même le réduire de manière significative. Il le combat parce que s’il ne fait rien, ce sera la pagaille la plus complète. En tant que citoyen face aux mensonges des institutions, c’est le même principe. Lorsque nous restons amorphes, les autorités se permettent n’importe quel mensonge, même si elles savent pertinemment que nous ne les croyons pas. Avec de la vigilance et de la pugnacité, nous parvenons à amoindrir le nombre et l’ampleur des mensonges sans toutefois penser pouvoir les éradiquer.

        Aimé par 1 personne

      3. Oui complètement, et nous rappeler avant tout que la société c’est nous, nous en sommes la composante. Sans vouloir l’utopie de tout éradiquer mais de provoquer, ce qui par le mouvement créé donnera ou ouvrera la voie au changement souhaité. Il suffit de peu parfois.

        Aimé par 1 personne

      4. Les mots de Mère Teresa sont revenus à ma mémoire :  
        « Je n’irai pas à une manifestation contre la guerre, mais si vous faites une manifestation pour la paix, invitez-moi. »

        Aimé par 1 personne

    1. Mentir en créant une fausse nouvelle, en niant la vérité, en inventant une autre cause, en détournant l’attention sur autre chose, en attaquant le poseur de question, en minimisant les causes ou impacts réels, ce sont tous des mensonges. Je ne renie pas l’absolutisme utilisé, car pour une autorité quelconque, c’est un réflexe de mentir lorsqu’elle est prise de court.

      J'aime

      1. Et là, je vous suis.
        Je voulais juste exprimer le fait que malheureusement, le mensonge « s’institutionalise » dans le cadre de la communication de certains gouvernants.

        Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s