Bon appétit ? Tu me détestes ?

Bon appétit ! J’aimerais qu’on revoie cette formule de politesse pour l’adapter à notre mode de vie moderne. Je trouve qu’avoir un bon appétit n’est plus très à propos puisque nos besoins énergétiques ont drastiquement chuté depuis un siècle. Pour la plupart d’entre nous, nous poussons du crayon, tapotons du clavier ou placotons dans une salle de conférence. Et quand on devient très actif, nous effectuons ces trois activités de front, vraiment rien pour nous donner un « bon appétit ».

Je propose la formule de politesse inverse. Souhaitons-nous plutôt « bonne satiété ! »  puisque moins manger nous aide à garder la santé. Moins de calories, moins d’obésité; moins de gras, moins de cholestérol; moins de sucre, moins de diabète; moins de sel, moins d’hypertension. Ressentir rapidement la satiété nous aide donc à vivre mieux et en meilleure forme.

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L’heure du lunch approche et vous sentez la faim vous tenailler ? Vous dévoreriez un cheval ? Surtout, n’ayez pas trop d’appétit, vous le regretteriez si vous deviez passer le reste de la journée avec des lourdeurs d’estomac, des gaz, des ballonnements, de la somnolence, un taux de glucose trop élevé, une diarrhée, un kilo de plus et des artères en train de se bloquer.

Non, croyez-moi, la dernière chose que vous désirez dans la vie est d’avoir bon appétit. Alors je ne vous souhaiterai certainement pas puisque je vous veux des lecteurs assidus et éveillés !

Je vais plutôt vous souhaiter « bonne satiété ! »

L’estomac, en vieillissant, c’est pas drôle

Jeune, on a un estomac d’enfer. Vieux on a l’enfer dans l’estomac.

Jeune, on sent qu’on a toujours l’estomac dans les talons. Vieux on sent qu’on a toujours un talon sur l’estomac.

Jeune, on revient tellement rapidement d’une cuite ! Vieux, la cuite revient tellement rapidement !

Jeune, une baguette de pain, c’est rien de moins qu’un cure-dent ! Vieux, si au moins la baguette de pain n’avait pas été plus grosse qu’un cure-dent !

Jeune, on voudrait dévorer un ours pour déjeuner. Vieux, l’ours ne voudrait même pas nous dévorer pour déjeuner.

Jeune, on croque des pommes à pleine dent. Vieux, sa dernière dent peine à manger de la compote de pommes.

Jeune, on fait disparaitre les problèmes intestinaux avec un rot, un pet, et voilà, c’est fini. Vieux, on rote et on pète à l’infini, mais voilà, sans faire disparaitre ses problèmes intestinaux.

Jeune, on s’enferme, on boit seul toute une bouteille de fort et là on se sent bien. Vieux, on sent si fort qu’ils veulent nous enfermer seul dans une bouteille pour ne plus rien sentir.

Photo : www.farmaciata.ro