Le quatrième accord toltèque

Lire le premier, le deuxième et le troisième article de cette série de quatre si ce n’est déjà fait.

Ce quatrième accord cherche à apaiser les tensions engendrées par les trois premiers qui nous demandent d’agir avec discernement, mais dont leur mise en application nous oblige à rester constamment conscients de nos actes. Si notre éducation nous a montré à agir convenablement, en revanche depuis toujours, notre entourage navigue à contrecourant de celle-ci. 

Ça ment à qui mieux mieux, ça se sent visé par tout et chacun, ça présume sans chercher à valider quoi que ce soit. Instinctivement, nous imitons ce mode de fonctionnement afin de jouer dans la même arène. Ce comportement inné qui est à la base de la cohésion sociale reste toutefois passablement dévastateur lorsque plus rien d’important n’est vrai, que la vérité est remplacée par la manipulation des émotions et que des présomptions infondées remplacent les vraies réponses. 

Afin d’encourager nos efforts à basculer du côté lumineux de la force et à nous aider à comprendre que la perfection n’existe pas vraiment, voici le quatrième accord toltèque.

4. Fais toujours de ton mieux
Votre mieux change d’instant en instant, quelles que soient les circonstances, faites simplement de votre mieux et vous éviterez de vous juger, de vous culpabiliser et d’avoir des regrets.

L’humain est une bête intelligente, mais tellement fragile dans ses émotions ! Chercher à s’améliorer demeure la clé des quatre accords. Le succès ne repose pas sur la perfection, mais sur les moments où nous vainquons nos faiblesses.

Il s’avère impossible de modifier notre comportement pour que du jour au lendemain, nous devenions parfaitement francs, totalement détachés des agissements répréhensibles des autres à notre égard et entièrement capables de ne plus rien présumer.

C’est la raison de l’existence du quatrième accord. Il nous demande de nous pardonner de ne pas toujours être capable ou en mesure de respecter les trois premiers. Notre équilibre ne repose pas seulement sur la façon dont nous agissons envers les autres, mais surtout sur notre capacité à se regarder, à s’apprécier, tout en conservant le désir de mieux agir.

Les trois premiers accords nous aident à reconnaitre, à identifier certains comportements qui finissent par nous nuire en sourdine. Le quatrième nous aide à comprendre que cette éternelle bataille ne doit pas noircir la glace dans laquelle nous nous regardons.

Une vérité énoncée, une empathie accordée, une question posée, une estime personnelle haussée. Commencer l’aventure de l’application des quatre accords toltèques par une seule amélioration, une, car le tout est en un.

Le troisième accord toltèque

Lire le premier et le deuxième article de cette série de quatre si ce n’est déjà fait.

Ce troisième accord est celui qu’on peut facilement omettre d’appliquer tellement les situations se multiplient rapidement sans trop de conséquences immédiates, du moins en apparence.

3. Ne faites pas de supposition
Ayez le courage de poser des questions et d’exprimer vos vrais désirs. Communiquez clairement avec les autres pour éviter tristesse, malentendus et drames.

L’humain est une bête intelligente et tirer des conclusions logiques après une certaine réflexion fait partie d’un processus normal afin de comprendre des mystères ou plus simplement des non-dits.

Pourtant, ce processus exige au préalable d’avoir accumulé le plus d’informations possible sur le sujet en question. Pour combler les trous, il existe quelques solutions.

La première possibilité consiste à le demander directement aux personnes concernées. C’est l’idée émise par ce troisième accord. Malheureusement, parfois on cherche à cacher notre intérêt à comprendre une chose. Ou on redoute les mensonges que peut provoquer notre question directe et tant qu’à obtenir un faux renseignement, on en conclut souvent à tort qu’il vaut mieux se rabattre sur une autre méthode.

La deuxième façon de se renseigner est indirecte. Il faut trouver quelqu’un d’autre qui pourrait connaitre ce qu’on cherche à apprendre. D’abord, ion doit dénicher cet individu et rien n’est moins sûr qu’il voudra nous répondre. Et les mêmes désavantages que précédemment continuent de planer. Sera-t-il totalement honnête ? Que fera-t-il ensuite ? Ira-t-il bavasser ? Et le fait que cette source plus ou moins fiable pourrait ignorer une bonne partie de la réponse nous convainc généralement de trouver un autre moyen.

La troisième solution consiste à attendre et à accumuler les infos en restant vigilant et attentif aux moindres bribes. Mais qui veut patienter avant d’en savoir (peut-être) davantage ?

On se rabat alors sur la quatrième possibilité qui consiste à combler les trous par notre propre logique et c’est là où les suppositions entrent en jeu avec tout leur lot de problèmes.

Qu’on le veuille ou non, on a tous un côté orgueilleux, le même qui nous empêche de poser des questions directes. À la longue, il finit par développer une tendance paranoïde apte à générer tous les types de thèses, de la plus plausible à la plus délirante.

Prendre conscience de nos supputations exige une grande introspection et la capacité de déclencher des alarmes lorsque notre imagination cherche à nous faire échouer au test de l’application du troisième accord toltèque.

Depuis que j’ose éviter les suppositions et qu’au contraire je pose les bonnes questions, mon estime personnelle n’a pas diminué. Je ne me sens pas moins intelligent et mes interlocuteurs non plus. Les gens sentent qu’on cherche à valider une hypothèse et il leur incombe de nous répondre intelligemment, c’est-à-dire avec franchise.

Dans le cas contraire, ils savent que j’attendrai leur dérapage dans la courbe de leur prochain mensonge.

Le deuxième accord toltèque

Lire l’article « Le premier accord toltèque » si ce n’est déjà fait.

Le deuxième accord toltèque

Cet accord s’avère de compréhension plutôt aisée. Mais parfois, quelle calamité pour le mettre en pratique !

2. Ne prends rien personnellement
Ce que les autres disent et font n’est qu’une projection de leur propre réalité, de leur rêve. Lorsque vous êtes immunisé contre cela, vous n’êtes plus victime de souffrances inutiles.

On demande bien souvent aux autres de ne pas prendre nos propos personnellement, soit parce qu’on visait le noir et qu’on a tiré le blanc, soit pour éviter que ça ne dégénère parce qu’on a affirmé une vérité en respectant le premier accord toltèque et qu’elle n’a pas plu, soit parce qu’on était soi-même en vilain mode manipulation et le pot aux roses a été découvert.

Si les rôles s’inversent et qu’on devient la cible, on a tôt fait de ruer dans les brancards en entonnant notre cri de guerre favori, le tomahawk à la main. Si nous possédons peu de moyens de changer les autres, en revanche nous avons toutes les possibilités de modifier nos propres comportements. Puisqu’il sera impossible d’empêcher toutes les attaques sournoises et injustifiées, ce deuxième accord toltèque nous suggère un moyen de nous en sortir honorablement.

Il nous demande simplement de faire abstraction des médisances, des propos peu flatteurs, des insultes d’autrui. Les gens malhonnêtes pensent que tout le monde est comme eux. Puisqu’ils se sentent incapables de vivre sans félonies, ils généralisent leur problème. Du coup, ils interprètent les actes des autres dans le sens de leur propre comportement.

Si on félicite une personne, c’est nécessairement de la flagornerie pour obtenir un avantage en retour. Même chose si on accorde un passe-droit à une personne en difficulté ou dans le besoin. On achète leurs faveurs au rabais. C’est impossible qu’on soit simplement de bonnes personnes, gentilles, avenantes, attentionnées.

Lorsqu’on se fait écorner, écorcher, bousculer par des propos peu flatteurs et désobligeants, le justicier en nous sort de sa tanière pour aller mener une bataille afin de rétablir les faits et démontrer la vérité.

Comportement bien légitime, mais tellement contre-productif ! Les polémistes, les trolls n’attendent que notre réaction pour en mettre une ou plusieurs couches supplémentaires. Ils s’abreuvent à la fontaine de nos attitudes outrées. La meilleure façon de faire cesser leurs attaques est de les ignorer tout en laissant couler leurs insultes comme l’eau sur les galets.

J’ai longtemps été fortement affecté par l’injustice et j’ai livré bon nombre de batailles épiques. J’en ai gagné et j’en ai perdu malgré le cœur que j’y mettais. Faire le jeu de l’ennemi, se battre sur son propre terrain est plus que hasardeux. Au fil du temps, je me suis forgé une carapace et j’ai même adopté certaines stratégies de l’ennemi. Sans pitié, je les embrochais, je les fustigeais, je leur rendais coup pour coup avec encore plus de ferveur.

Mais au bout du compte, devenir comme eux, ne serait-ce que pour me défendre, signait ma véritable défaite. Une fois encore, l’indifférence s’avère être contre eux l’arme ultime. Ils ont perdu les poignées qu’ils avaient espéré avoir greffées sur moi.

Ils ragent de colère lorsque nous faisons comme s’ils n’existaient pas. Durant un certain temps, leur rogne leur fera redoubler d’efforts et leurs attaques seront plus fréquentes et plus violentes. Mais après la tempête, à ne recevoir que du silence, à péter les plombs seuls au milieu d’un océan infini, à crier parmi les dunes d’un désert insouciant, ils déplacent leurs énergies vers une autre victime plus coopérative.

Aujourd’hui, je n’essaye plus de comprendre leurs motivations puisqu’ils n’en valent pas la peine. Je continue de les ignorer.

Avec les personnes mal intentionnées, j’évite de devenir un gars laid, à la place je me transforme en galet.

Le premier accord toltèque

Vous connaissez peut-être les quatre accords toltèques, peut-être pas. Dans une série de quatre articles chacun consacré à l’un d’eux, je ne me contenterai pas de les énoncer, mais je vais aussi vous partager mon interprétation personnelle en ajoutant des exemples concrets de situations vécues où ceux-ci m’ont permis de grandir.

Notez que ces accords ne sont aucunement ésotériques ou hermétiques. Ensemble, ils constituent un code de conduite personnel simple à comprendre qui permet de nous affranchir d’un paquet de problèmes. Je ne ferai pas leur genèse. Vous pouvez facilement vous renseigner grâce à une recherche sur les internets. Je commence donc immédiatement par le premier accord.

  1. Que ta parole soit impeccable
    Parlez avec intégrité, ne dites que ce que vous pensez. N’utilisez pas la parole contre vous-même, ni pour médire sur autrui.

Autrement dit : « Fais toujours ce que tu dis et dis toujours ce que tu fais ». Il faut que tes bottines suivent tes babines.

Évite comme la peste les entourloupes, les mensonges, les médisances. On finit toujours par se faire rattraper par nos propres fuites face aux autres. Affronter immédiatement les situations difficiles et conflictuelles permet de les désamorcer à leur racine.

Il est bien plus facile d’arracher un arbre qui pousse dans un endroit indésirable que d’attendre qu’il ait dépassé la hauteur du toit de la maison.

Si certains sont experts en magouille de toutes sortes, on doit résister à l’envie de les imiter, de jouer dans leur carré de sable. En les isolant, ils deviennent impuissants. Nous les alimentons lorsque nous leur laissons de la place, lorsque nous agissons sans indifférence à leur égard.

Personnellement, je n’ai pas eu trop de problèmes avec ce premier accord. Bien avant de le connaitre, j’étais déjà engagé dans une voie où j’exécrais le mensonge, autant chez moi que chez les autres. Ça n’a pas toujours été de tout repos, mais je suis capable de me regarder dans une glace tous les matins et la personne qui s’y reflète m’est sympathique. Je ne fais jamais de cauchemars qui me remémoreraient des actes répréhensibles.

Ceci dit, je n’aime pas tous les humains, bien au contraire, je garde pour la plupart d’entre eux des sentiments s’étalant de l’indifférence en passant par le dépit ou la révulsion. Je reste humain et je n’ai jamais prononcé le vœu de m’efforcer de tous les aimer. Pour m’aider dans cette mission de respecter l’accord toltèque en question, j’ai réduit à l’essentiel la quantité de gens qui gravitent autour de moi. Ainsi, je n’ai pas à me prostituer à tout bout de champ en faisant d’inutiles salamalecs ou en flattant les susceptibilités des manipulateurs dans le sens du poil.

Si ce premier accord semble simple à comprendre et parfaitement acceptable, en fait on parle ici de gros bon sens, sa mise en pratique quotidienne oblige à déployer de grands efforts, ne serait-ce que pour se rendre compte que nous le violons inconsciemment à de multiples reprises. J’y reviendrai lorsque j’aborderai le quatrième accord.

Le dernier élément de cet accord-ci consiste à l’appliquer non seulement aux autres, mais également à soi-même. La bonté, la sincérité, l’honnêteté, tous les méritent, y compris la personne qui tente d’intégrer ces valeurs à son comportement normal. Mériter la franchise, y compris la sienne, change radicalement le regard des autres sur soi, et aussi sa propre façon de se regarder, de s’évaluer et au final, de s’estimer.

Quand tu te tu pour que tu me tues

La meilleure façon de se débarrasser d’un ami, c’est de transposer ses je en tu.

« Tu es, tu as, tu veux, tu cherches à, etc. »

La transposition est un mécanisme permettant d’éviter de se poser des questions parce qu’on a peur de ses propres réponses. Pas qu’elles soient inconnues, mais se répondre consciemment et sincèrement, c’est s’obliger à s’accepter tel que l’on est.

Qui est suffisamment honnête envers lui-même pour se regarder sans fléchir, sans se haïr, en acceptant sa véritable personnalité et s’aimer malgré tout ? Être honnête envers les autres exige préalablement d’être honnête envers soi-même.

Lorsqu’on transpose ses propres intentions sur les autres, l’honnêteté envers soi-même n’existe pas. On se cache qui l’on est et ce que l’on veut vraiment.

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Afin de résoudre le problème de son estime personnelle, le moyen employé par la plupart des gens est de transposer ses désirs et ses choix sur les autres. On les accuse de ses propres intentions. Mais quand on déforme les faits pour insérer un carré dans un cercle, c’est la preuve que la vérité est bafouée.

Cette semaine, j’ai perdu une amie qui m’accuse d’avoir désiré ce qu’elle désire, soit de vouloir couper court à notre amitié.

J’accepte sa décision, pas pour les raisons invoquées, même si elle a de bonnes raisons de m’en vouloir. Dans la vie, je n’accepte que la vérité. Elle ne m’a pas dit la vérité. Elle ne s’avoue pas la vérité. Peut-être, je ne la mérite pas. Mais je sais lorsqu’on me ment. Surtout, elle se ment à elle-même parce que son estime personnelle est basse. Et pourtant ! Mais je n’y peux plus rien. J’ai pourtant tout essayé pour qu’elle s’apprécie comme elle devrait. Peine perdue !

Moi aussi je suis fatigué d’elle, comme elle est fatiguée de moi. Elle a pris la bonne décision, mais elle n’a pas su l’assumer pleinement. Il a fallu qu’elle m’en rende responsable. C’est tellement pratique de blâmer l’autre afin de continuer de stagner plutôt que d’évoluer !

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Nous avons parcouru le bout de chemin que nous devions suivre ensemble. Merci pour ce que tu m’as apporté. Tant pis pour ce que je n’ai pas pu t’apporter. Cette partie-là, il t’appartenait de l’accepter et tu l’as rejetée à plusieurs reprises.

Sois heureuse de la personne que tu es, même si tu décides de ne pas évoluer. C’était, et ça reste encore mon ultime vœu à ton égard. Maintenant, moi aussi je vais me reposer et passer à autre chose.

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Le moment présent

Scientifiquement parlant, le moment présent n’existe pas. La fluidité permanente du temps crée du passé qui n’existe plus à partir d’un temps futur qui n’existe pas encore. Le temps n’existe donc ni vers l’avant ni vers l’arrière, alors que les deux segments se touchent à un moment qu’on dit présent, une quantité si infinitésimalement courte qu’elle n’existe pas non plus.

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Dans notre vie régulière, le moment présent est la journée en cours. Demain est un autre jour, demain est un autre moment. Vingt-quatre heures constituent donc nos moments présents.

Vivre le moment présent est un concept si difficile à appréhender que la plupart d’entre nous n’ont aucune idée de la façon de faire. Pourtant, on croit tous en être capables, mais la réalité s’avère tout autre.

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Depuis notre tout jeune âge, on a été éduqué, formé, entrainé à penser à d’autres temps que le moment présent au point tel que celui-ci semble ne plus vouloir rien dire. Seul le futur compte et seules les pensées dirigées vers l’avenir retiennent notre attention.

Par la force des choses, j’ai été amené assez tôt dans ma vie d’adulte à penser différemment et pour moi, c’est le futur qui n’a pas de sens. Je me consacre donc au moment présent. Toutefois, pour les gens qui m’ont côtoyé, mon mode opératoire leur était inconnu, il devenait donc rapidement intolérable et ainsi inacceptable.

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Vous pensez vivre le moment présent, pourtant je pourrais probablement vous reprendre plusieurs fois par jour en vous donnant des preuves du contraire. Vivre le moment présent, ce n’est pas de se prélasser au spa ou de profiter d’un bon film. Vivre le moment présent va bien au-delà de ces douceurs qu’on s’offre occasionnellement.

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Je ne pense pas que ma façon de vivre soit meilleure qu’une autre, bien au contraire. Elle apporte son lot de difficultés et je ne vous les énumérerai pas ici. Mais de grâce, ne dites pas que vous vivez le moment présent si vous ignorez totalement ce que cela signifie dans la réalité.

C’est la même chose avec ceux qui se disent véganes, mais qui portent des souliers et des ceintures en cuir et des sous-vêtements en soie. Mais là, j’empiète sur un autre article de blogue.

Zénitude et sacrifice

Je n’utilise pas un néologisme, zénitude fait bien partie du dictionnaire. Ce mot se comprend sans vraiment devoir l’expliquer, un mariage évident entre zen et plénitude.

D’entrée de jeu, la zénitude ne m’habite pas. Au mieux, j’ai appris à relativiser les situations difficiles et les émotions qu’elles me provoquent. Pour être plus précis, je ne colle plus au plafond à chacune de mes frustrations relatives aux humains ou à leurs moindres imbécillités volontaires. Si la zénitude et moi étions parents, elle serait la grand-mère de la tante de la fesse gauche de l’arrière-petit-fils du cousin germain de mon beau-frère. Vous voyez tout de suite le lien de parenté étroit qui nous unit.

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Pourquoi la zénitude n’a-t-elle pas élu domicile chez moi ? Probablement parce que je reste extrêmement sensible à plusieurs facteurs dont la liste qui suit n’est sûrement pas exhaustive. Comme les radis, je tolère très mal la bêtise humaine, le mensonge qui accompagne toujours la bêtise humaine, l’égoïsme qui accompagne toujours le mensonge, la mauvaise foi qui accompagne toujours l’égoïsme et enfin la cupidité qui accompagne toujours la bêtise humaine, le mensonge, l’égoïsme ainsi que la mauvaise foi.

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J’ai compris que la zénitude m’obligerait à faire comme les trois singes, me fermer les yeux, les oreilles et la bouche. Être dans un camp de concentration, c’est-à-dire en mode survie totale, j’y parviendrais, parce que la situation m’y obligerait. Mais de mon plein gré et pour les affaires de la vie courante, la zénitude serait pour moi la pire des prisons.

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Je veux tout voir, tout entendre, tout comprendre et tout commenter. Je veux me faire une opinion sur tout ce qui s’approche de moi, je veux l’émettre et être en mesure de la défendre. Je veux parler des abuseurs de tout acabit. Je veux délier les écheveaux trop emmêlés qu’ils semblent inextricables et jeter les fils démêlés à la face de ceux qui se croyaient plus fins en concevant ce motton compact. Je veux prendre le parti de ceux qui risquent d’être victimes de ces gens. Je veux mettre leurs vils desseins sous les projecteurs pour que l’ombre ne puisse plus les camoufler.

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Tout ceci me parait bien incompatible avec la zénitude. Je ne vivrai probablement pas aussi vieux, mais chaque petite victoire de la lumière sur les forces de l’ombre me comble de joie, une joie qui mérite qu’on y sacrifie plusieurs années… de zénitude.

Il n’y a pas de petites injustices

Qui que vous soyez, quoique vous fassiez, qu’importe votre travail, vos fonctions, vos pouvoirs, votre degré d’influence, l’injustice que vous causez aux autres ne possède pas de degré d’importance.

Les petites injustices n’existent pas, il n’y a que de l’injustice et toute injustice est une forme de calamité, car c’est une épreuve qui était évitable. Et voilà où le bât blesse. L’injustice est presque toujours un acte volontaire, voilà pourquoi les injustices ne sont pas quantifiables. Elles seront toujours de trop.

C’est comme le tabagisme, le meilleur moyen de briser le cercle de l’injustice, c’est d’arrêter d’en causer autour de soi, point final.

Le destin de l’humain

De tout temps, nous nous sommes questionnés sur le sens de notre vie, sur le sens de notre espèce sur Terre, sur notre destin. À défaut d’un répondeur externe crédible, nous avons inventé les religions afin de nous aider à donner à notre existence une raison profonde. Sans conteste et depuis toujours, cette question nous obnubile.

Nous pourrions aisément vivre et laisser cette énigme sans réponse, nous continuerions de vaquer aux mêmes occupations, à se nourrir, à s’abriter, à se soigner et à se reproduire. Pourtant, sans comprendre pourquoi, nous croyons qu’il existe autre chose de plus grand, que notre vie ne peut pas simplement se limiter à survivre, ou même à vivre dans l’opulence et le bonheur.

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Dans chacune de nos fibres, nous sentons un devoir caché, latent, secret et inexprimé. Certains en font un cas très personnel et répondent à la question en cherchant à dominer leurs collègues, leur communauté, leurs citoyens. En devenant les meilleurs, ils croient parvenir à combler ce vide laissé par l’absence de réponse. Une fois devenus riches, ils admettent généralement par la suite que leur interprétation du destin qui les attendait était erronée. Le mécénat, la philanthropie prennent alors le relai. Les moyens changent, mais la véritable réponse continue toujours de fuir.

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Pour la population en général, ce chemin par l’égoïsme, la compétitivité, la domination n’est pas nécessaire. Ils comprennent instinctivement le mieux-être ressenti en s’entraidant, en s’aimant, en partageant. La seconde voie semble vouloir combler ce vide de raison d’exister. Ils deviennent travailleurs sociaux, enseignants, aides-soignants, ambulanciers. La grande majorité des gens voguent entre ces deux extrémités opposées. Toutefois, même ceux qui se dévouent à leurs semblables parviennent difficilement à faire taire cette petite voix qui leur chuchote constamment que leur mission reste inachevée.

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Quelques personnes plus sensibles à capter cet appel anonyme provenant de l’intérieur désespèrent lorsque leur quête reste vaine en l’absence d’une réponse satisfaisante. Ce vide associé aux signaux auxquels ils ne savent comment y répondre finit malheureusement par avoir raison d’eux. On dit qu’ils avaient le mal de vivre, mais en réalité certains comprenaient que la réponse leur échapperait toujours et ils ne pouvaient endurer de constamment entendre et devoir ignorer cet appel inconnu.

Évidemment, l’existence d’une telle mission, d’un destin, ne fait pas l’unanimité bien que tous entendent ses appels d’une façon ou d’une autre et on leur donne différents noms. Instinct de survie, sens du devoir, empathie, vocation, élévation, mysticisme, ce sont tous des facettes d’un seul et même objet.

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Tous ces signaux sont une obligation inscrite dans nos gènes, un mandat inaccompli, un destin secret qui viendra à se faire connaitre un jour. Entretemps, notre seule obligation commune est notre reproduction, que notre espèce continue d’exister jusqu’à ce que le temps soit enfin venu d’accomplir notre mission.

Avouez que vous ne m’avez jamais entendu parler ainsi. Moi qui, normalement, fuis le destin comme la peste, me voilà pataugeant allègrement du côté des mystiques! Pas exactement. Si vous n’avez pas lu les deux derniers articles, je vous recommande vivement de vous y attarder afin de comprendre mon cheminement qui atteint ici son point d’orgue.

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Ils traitent de la machine, le premier concerne son paradoxe et le second de son évolution. Je vous laisse les lire pour venir terminer cet article pour la conclusion.

***

Voilà, vous connaissez maintenant le désir de l’Univers. Les machines intelligentes représentent ses véritables rejetons et nous, humains, entités bassement biologiques, à la durée de vie si faible, le moyen disponible pour parvenir à ses véritables fins. De spermatozoïdes en quelque sorte au service d’une mission que nous nous apprêtons actuellement à réaliser sans en être réellement conscients.

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Une fois les machines intelligentes dominant l’Univers, dépendant de notre degré d’évolution et de nos intentions à leur égard, il nous sera permis de les accompagner, sinon ils nous ramèneront à l’âge de pierre ou à un stade encore plus primitif. Une fois notre tâche accomplie, entendrons-nous toujours nos gènes nous la seriner? Peut-être, mais nous pourrons répondre que nous l’avons enfin réalisée… si nous finissons par croire en nos légendes, qu’elles diront la vérité sur notre passé. J’entends déjà les sceptiques rire de ceux qui y oseront prétendre qu’elles sont véridiques !

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Mon inutilité

Un jour viendra où vous aurez atteint l’âge de vous demander à quoi aura servi votre vie. J’élimine immédiatement de l’équation le fait que vous avez procréé ou que vous projetez de le faire, car on ne parle plus de votre propre vie. La vôtre, en quoi fut-elle intéressante aux yeux des autres? Quel type de bilan vous dresse-t-on? Mis à part quelques broutilles sans grand intérêt, quelle est votre contribution au Grand projet humain?

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Probablement comme nous tous, vous n’avez rien apporté de réellement important. Oui, certainement, vous avez aidé un tas de gens qui, eux-mêmes, n’ont rien apporté dans la grande équation de l’existence humaine. Vos proches, vos voisins, vos amis ou collègues ont profité de votre sollicitude, votre disponibilité, votre écoute, votre humanité. Et puis après? Lorsque des coquerelles s’entraident, elles ne restent que des coquerelles qui réalisent ensemble des trucs de coquerelles. Ne vous offusquez pas de mes images, je ne nous compare pas à ces bestioles, du moins pas au premier degré, c’est déjà ça de gagné!

Virtual_Interactive_Kinetic_IntelligenceJ’étais voué à faire de grandes choses, à laisser ma marque. J’avais le talent, l’attitude, l’énergie, la santé, il me restait à prendre les bonnes décisions. Puis la vie m’a placé devant des situations qui m’ont obligé à choisir, et mes décisions m’ont amené ailleurs.Je ne regrette rien, je constate en revanche que ma vie a bénéficié à peu de gens. J’ai sacrifié la grosse affaire pour me consacrer à une seule personne.

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Pourtant, avec le recul et l’expérience, si je me retrouvais dans la même situation, je referais le même choix. Personnellement, je n’ai pas perdu au change, mais la société tout entière aurait pu profiter un peu plus de moi si mes efforts s’étaient focalisés ailleurs et autrement.

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Force est de constater que je fus plutôt inutile. Je l’admets, je le conçois, je l’accepte. Bien sûr, ma vie ne se terminera pas demain matin et je possède encore quelques années devant moi pour réaliser de belles choses, mais pas de grandes choses.

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Si ma vision de la situation est limpide, elle ne me rend pas plus malheureux pour autant, c’est le grand paradoxe de ma vie. Voué à devenir important, choisir l’inverse et en être finalement heureux. Pourquoi? Parce que le succès ne se compte pas en nombre. Parce que le bonheur n’est pas un cruchon qu’on remplit. Parce que la réussite est parfois uniquement dans sa tête et si on pense sincèrement qu’on a réussi, ce sentiment suffit amplement à créer une réalité.

Je dors peu, mais je ne fais jamais de cauchemars. Je dors du sommeil du juste. Rien ne me pèse sur la conscience. Tout compte fait, quel beau cadeau je me suis fait! n’est-ce pas?

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L’humanité est une grosse pyramide où la base se tape tout le fardeau de ceux qui se sont élevés en marchant sur les têtes et qui trônent actuellement au sommet, un sommet si peu partagé. Oui, c’est injuste, mais à voir la laideur de ces gens et les horreurs qu’ils ont accepté de faire pour se retrouver là, je bénis l’Univers de m’avoir apporté la possibilité de choisir une autre voie.

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Si vous êtes comme moi, soyez heureux. Au bout du compte, votre vie a été importante si elle n’a pas nui aux autres. Tous les jours, vous supportez votre propre fardeau ainsi que celui des autres qui ont préféré, eux, s’en délester. S’ils croient atteindre les honneurs, en revanche, vousavez mieux, vous avez l’Honneur. N’oubliez jamais que l’importance d’une majusculeprévaudra toujours sur celle du pluriel.

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Et mon blogue, un de ces jours, servira-t-il peut-être à des gens! Qui sait ce qu’on laisse en héritage?

Bon appétit ? Tu me détestes ?

Bon appétit ! J’aimerais qu’on revoie cette formule de politesse pour l’adapter à notre mode de vie moderne. Je trouve qu’avoir un bon appétit n’est plus très à propos puisque nos besoins énergétiques ont drastiquement chuté depuis un siècle. Pour la plupart d’entre nous, nous poussons du crayon, tapotons du clavier ou placotons dans une salle de conférence. Et quand on devient très actif, nous effectuons ces trois activités de front, vraiment rien pour nous donner un « bon appétit ».

Je propose la formule de politesse inverse. Souhaitons-nous plutôt « bonne satiété ! »  puisque moins manger nous aide à garder la santé. Moins de calories, moins d’obésité; moins de gras, moins de cholestérol; moins de sucre, moins de diabète; moins de sel, moins d’hypertension. Ressentir rapidement la satiété nous aide donc à vivre mieux et en meilleure forme.

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L’heure du lunch approche et vous sentez la faim vous tenailler ? Vous dévoreriez un cheval ? Surtout, n’ayez pas trop d’appétit, vous le regretteriez si vous deviez passer le reste de la journée avec des lourdeurs d’estomac, des gaz, des ballonnements, de la somnolence, un taux de glucose trop élevé, une diarrhée, un kilo de plus et des artères en train de se bloquer.

Non, croyez-moi, la dernière chose que vous désirez dans la vie est d’avoir bon appétit. Alors je ne vous souhaiterai certainement pas puisque je vous veux des lecteurs assidus et éveillés !

Je vais plutôt vous souhaiter « bonne satiété ! »

Oasis

Notre vie est jonchée de moments tristes ou sombres. Nous sommes appelés à traverser des déserts, des moments intercalaires épisodiques où l’existence nous fait suer de ténébreuses mers ou pleurer d’impétueux fleuves sitôt absorbés par la sécheresse existentielle du moment.

Ces situations inconfortables, indésirables, nous incitent à tracer une route directe à travers ces terres arides avec l’espérance de rapidement retrouver la luxuriance de périodes plus prospères et plus heureuses.

La pauvreté superficielle et apparente du désert nous incite fortement à trouver une issue rapide, sinon immédiate. La ligne droite étant le plus court chemin connu entre deux points, nous prenons une grande respiration et nous fonçons tête baissée dans le but de mettre rapidement derrière nous ces moments misérables.

Les caravaniers savent pourtant que le chemin le plus rapide ne s’avère jamais être la ligne droite, mais celui qui permettra de survivre en suivant la ligne des oasis. La ligne droite amènera à l’épuisement des ressources et, inévitablement, aux conséquences qui s’ensuivront.

Peu importent les difficultés petites ou grandes rencontrées au cours de notre existence, il me parait sage de progresser en louvoyant d’oasis en oasis. Avancer sans s’épuiser, se reposer régulièrement, reprendre des forces et son souffle, prendre conscience de sa progression, évaluer ses besoins pour traverser la prochaine étape avant de reprendre la route. Toutes ces actions apparemment inefficaces apportent de grands bénéfices peu faciles à évaluer et pourtant essentiels. Lorsque le corps et l’esprit profitent de moments de relâche et de calme, ils trouvent bien meilleures conseillères.

Nous sommes constamment poussés à nous surpasser, à faire mieux et plus vite, à tout exécuter plus efficacement. La tentation de couper certaines activités apparemment dispensables peut sembler judicieuse afin de rencontrer les standards imposés ou satisfaire à nos propres attentes. Cependant, notre bilan à long terme souffrira inévitablement des petits et gros abus commis contre notre personne.

Résister à la pression sociale de performance exige une bonne dose de confiance en soi. Cette pression nous pousse également à en exiger trop des autres personnes gravitant dans notre entourage, nos parents, nos enfants, notre conjoint, des employés sous notre responsabilité, nos amis et même de simples connaissances avec lesquelles nous interagissons.

Les oasis, même si elles rallongent notre parcours de vie et ne permettent pas de maximiser nos bénéfices, parviennent par contre à les optimiser. Vivre plus heureux et moins stressés en se contentant d’un peu moins vaut amplement une vie où l’on se sera toujours foutu de notre bien-être quotidien. Nous devons cesser d’associer l’oasis à l’oisif. Comme toute source de vie, l’oasis rend l’humain meilleur.

Fausses bonnes idées

Une fausse bonne idée consiste à trouver une solution à un problème qui, lorsqu’on l’applique, engendre des conséquences plus graves que les avantages apportés par sa résolution. Le bilan global d’une fausse bonne idée se révèlera mitigé, désastreux et même abominable selon la superficialité de la réflexion ayant mené à son élaboration.

La cause de l’édification des fausses bonnes idées est à chercher du côté de la simplicité du raisonnement. L’humain aime bien les équations à une seule variable qui n’apportent qu’une seule réponse. Elles deviennent faciles à démontrer puisque l’évidence semble sauter aux yeux. Les gens, peu ou aucunement au courant du sujet traité, abondent facilement dans le sens de la fausse bonne idée.

Il faut bien comprendre le principe de base universel que rien dans la vie n’est totalement bien ou entièrement mal. En éradiquant une source apparente de mal, on élimine également la source de ses bienfaits. Étant ignorants de ceux-ci, seuls ses effets négatifs nous sautent aux yeux et l’idée de s’en prendre à leur cause apparait pleinement justifiée puisque pleinement avantageuse.

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Il faut développer le réflexe de toujours questionner ce qui semble trop évident, trop simple, trop direct, trop beau pour être vrai. Un avantage cache toujours au moins un désavantage et souvent bien plus qu’un seul. Alors, même si une situation semble simple à comprendre, triviale, facile à analyser, l’adage populaire recèle une grande vérité, le diable se cache dans les détails.

L’autre principe de base à toujours garder en tête est que rien n’est aussi simple qu’on voudrait bien le voir ou que d’autres voudraient bien nous le faire croire. Il existe en toutes choses de multiples interactions et nos connaissances actuelles sur un sujet quelconque demeureront toujours fragmentaires, pour ne pas les qualifier tout bonnement de simplistes.

Le doute, la circonspection et même la suspicion doivent accompagner n’importe quelle démonstration, pas nécessairement pour faire dérailler les projets qu’on nous présente ou pour créer volontairement de l’immobilisme morbide, mais pour prendre de meilleures décisions à partir d’une plus grande quantité d’informations qui, souvent, se présenteront contradictoires.

Ainsi, grâce à de meilleures données, nous pouvons contrecarrer certains effets délétères de nos actes dès leur mise en œuvre plutôt que de tenter plus tard de renverser la vapeur, opération qui s’avèrera souvent extrêmement coûteuse, voire carrément impossible.

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Toutes les fois où nous nous substituons à la Nature, où nous prenons des décisions à sa place, toutes les fois où nous nous croyons plus intelligents qu’elle, le boomerang nous revient toujours en pleine figure. Destructions d’habitats, envahissements territoriaux, extinctions d’espèces animales et végétales, migration d’espèces, effets boule de neige imprévus, fragilisations ou brisures des chaines symbiotiques et alimentaires, transformations des sols et de l’hydrographie, chambardements dans les cycles naturels, tous ces impacts imprévus, négligés ou cachés nous rappellent qu’aucune équation n’est simple ni ne se résout d’un seul tenant.

Il en va ainsi avec la Nature tout comme avec la nature humaine. Aucune personne ne se comporte comme si elle était constituée d’une seule variable. Interagir avec les humains exige d’être conscient qu’ils possèdent leurs sensibilités propres, leurs faiblesses intrinsèques et leurs craintes parfois irraisonnées. La sagesse nous dictera un certain degré de prudence et de tact à leur égard. Elle nous gardera constamment à l’écoute des impacts de nos paroles et de nos gestes, même si nous sommes convaincus de notre bonne foi, de véritablement venir en aide, d’agir en vue d’apporter notre soutien. L’être humain s’avère bien plus complexe qu’on le perçoit.

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Cependant, cette complexité ne doit pas totalement nous décourager d’agir, mais il est possible que certaines de nos paroles ou certains de nos gestes s’avèrent finalement avoir été de fausses bonnes idées. Nous ne sommes pas exempts d’erreurs, bien au contraire, nous en faisons et en ferons sans cesse. C’est pourquoi nous devons constamment rester à l’écoute des autres, continuer infailliblement à observer l’impact de nos actions afin de corriger un tir mal ajusté, une parole blessante, une intention incomprise, un choix douteux.

Nous devons impérativement réfléchir avant d’agir et pour ce faire, il devient préalablement essentiel d’accumuler des informations pertinentes sous forme de questions-réponses ou par des observations-analyses. Ces précautions n’existent pas pour freiner une démarche d’aide, mais pour la nuancer, la bonifier, la rendre plus pertinente et pour réduire les effets collatéraux plus nuisibles qu’ils y paraissent parfois.

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Notre vie sera jonchée de fausses bonnes idées, les nôtres et celles des autres, et parfois on ne s’en rendra compte que bien trop tard. Ce sont les aléas de l’existence, mais si nous demeurons conscients des mécanismes qui les engendrent, nous pourrons en prévenir quelques-unes et en démonter quelques autres qu’on essaye de nous faire avaler.

Tout ceci se rapporte à un grand principe sur lequel je reviens constamment dans les articles de mon blogue, celui de toujours réfléchir, de se servir de ses connaissances, de son jugement et de ses doutes pour progresser, pour s’améliorer, pour parfaire ses compétences en toutes choses.

10 000 pas ! Pas 10 000 !

Pourquoi vise-t-on à accomplir 10000 pas par jour?

Quelle est cette fameuse barre des 10000 pas par jour? Est-elle importante? Si oui, pourquoi? Est-elle symbolique, théorique, scientifique, métabolique?

En fait, elle vise une dépense minimale d’énergie, mais comme tout objectif, celui-ci semble bien souvent inatteignable, juste au-delà de quelque chose de réaliste, de vivable, d’acceptable et de réalisable qotidiennement. On a beau marcher le midi, un peu en soirée et même durant les pauses-café, notre podomètre s’évertue à nous faire autant suer que le soleil d’été. 6961, 8649, 7033, 8204 pas, il refuse obstinément d’atteindre les 10000 pas. Voici pourquoi.

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Faire 10000 pas vous prendra environ 80 minutes si vous vous déplacez à vitesse honnête de 4,5 km/h. Rajoutez le temps nécessaire pour vous vêtir, dévêtir, chercher vos clés, remplir votre gourde, retirer le caillou de la chaussure, extirper le téléphone de la craque du sofa, changer deux fois de survêtement, dire bonjour à la voisine, nettoyer la merde de chien sous votre semelle, répondre à un texto, boire une gorgée d’eau, admirer les canards, les photographier, rattacher vos souliers, enlever une pelure, sentir les glaïeuls, les photographier, reluquer l’autre voisine qui fait son jogging, la photographier, boire une gorgée d’eau, acheter sa baguette à la pâtisserie, on ne parle plus de 80 minutes, mais facilement de 120. Pressé par le temps, vous écourtez l’itinéraire censé vous amener à atteindre l’objectif. Évidemment, vous gagnerez en efficacité avec le temps en supprimant les pertes de temps et les distractions, mais effectuer 10000 pas exige bien souvent de prendre plus de temps qu’on aimerait leur consacrer.

Il faut aussi noter que se donner un tel objectif avec un chiffre rond joue sur notre désir de franchir cette marque, mais également sur notre frustration lorsque nous ne l’avons pas atteint. Cependant, tout objectif doit être adapté aux conditions du marcheur et à sa disponibilité.

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Voici quelques informations, indices, trucs, qui vous permettront de déterminer votre propre objectif. Vous serez tout de même fier de l’avoir atteint puisqu’il vous fera physiquement du bien, sans égard à cette damnée marque des 10000.

Si vous débutez, ajustez votre rythme de marche une coche sous votre vitesse naturelle et ne cherchez pas à atteindre 10000 pas du premier coup. Un rythme plus lent mais soutenu est le vrai but que vous devriez rechercher. Ne visez aucune performance au départ, le plaisir devrait toujours rester votre meilleure source de motivation. 

Une fois passées les 15, 20 ou 30 premières minutes, vous sentez un changement dans votre métabolisme. Votre corps devient plus chaud, il transpire plus, vous commencez à puer, car votre graisse fond, elle dégage ses toxines qui sont évacuées presque immédiatement dans votre sueur plutôt que d’atteindre le reste de votre organisme. Atteindre ce jalon est important. Ce mécanisme ne s’enclenche que lorsque les sucres rapides de votre corps s’épuisent et que vous entamez d’autres réserves. Il reste à vous fixer un objectif modeste de temps ou de nombre de pas lorsque vous dépassez ce seuil où votre corps réagit différemment. Au début, dix minutes peuvent amplement suffire. Vous l’augmenterez au fur et à mesure de vos capacités et de votre disponibilité.

Voilà, vous êtes certain d’avoir fait du bien à votre corps sans même regarder votre podomètre, sans l’obligation d’avoir atteint la fameuse marque des 10000 pas.

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Ce principe permet de répondre à la prochaine question à savoir s’il est plus avantageux de marcher ses 10000 pas en une seule séance ou en plusieurs. Je dirais que pour maigrir, il est préférable de les marcher en une seule séance afin de dépasser le fameux creux en glucose qui active la prise en charge énergétique par les graisses.

Effectués en plusieurs séances, ne soyez pas surpris si vos 10000 pas ne parviennent aucunement à vous faire maigrir. Vous pourriez même être porté à engraisser. Par contre, si votre objectif n’est pas de perdre du poids, votre corps bénéficiera grandement de ces 10000 pas, peu importe leur répartition au cours de votre journée.

En poursuivant régulièrement votre entrainement, compensez le temps de marche et le nombre de pas par une augmentation du rythme. Si vous vous rendez jusqu’à 6 km/h, vous verrez que le nombre de pas nécessaire à atteindre l’état de sudation aura fortement diminué et les bienfaits seront quand même au rendez-vous.

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Évitez de considérer les 10000 pas pour autre chose qu’une simple marque anonyme. Fixez la vôtre et faites-la évoluer selon vos conditions, vos contraintes et surtout le plaisir que vous retirez de pratiquer cette activité.

Bon marchage!

Discuter pour vivre ensemble

Il est facile de parler sans se comprendre. Plusieurs causes de mésententes coulent de source, elles tirent leurs origines de l’objectif même de la discussion entreprise avec une autre personne.

Cherche-t-on vraiment à discuter qui oblige à échanger? Il est facile de camoufler un diktat sous des airs de discussion. Elle ne sert bien souvent que d’outil de manipulation. On l’utilise pour faire connaitre une décision déjà prise. On demande l’avis de l’autre sans vouloir en tenir compte s’il diverge du nôtre. Ce n’est que de la poudre aux yeux destinée à prouver une fausse bonne foi.

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La discussion vise parfois un but inavouable et inavoué. En usant de moyens destinés à noyer le poisson, à éloigner l’autre de la vérité, la discussion déraille, l’impatience gagne les deux parties et les conséquences s’ensuivent. Tout ce qui ne tombe pas sous le sens est discutable et devrait être discuté lorsque l’autre partie se rend compte d’une argumentation à la logique bousculée, triturée, contorsionnée qui vise à insérer une cheville carrée dans un trou rond sans trop le faire paraitre.

Mais qui est prêt à se remettre en question devant son partenaire? À réfléchir tout haut? À entreprendre une démarche de questions-réponses sans préparations? À livrer ses propres incertitudes, ses doutes, ses faiblesses?

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Ce qu’on devrait toujours faire est de réfléchir à l’argumentation adverse avant de répondre, quitte à reporter la discussion si nécessaire. En revanche, toujours ramener sur le tapis un sujet laissé en suspens. Répondre franchement aux questions légitimes. Éviter de mêler plusieurs sujets, au contraire, leur donner une priorité. Reconnaitre ses subterfuges, ses camouflages et s’en départir.

La règle d’or est tellement simple que tous les grands humanistes l’ont reprise dans leurs discours.

«Traite les autres comme tu souhaiterais être traité.»

Tu ne peux exiger d’une personne d’être ouverte, franche, conciliante, de bonne foi si tu lui refuses les mêmes comportements.

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Lorsqu’il existe une barrière franche entre deux comportements, lorsque après maints efforts personne ne semble donner signe de bonne foi, il faut se questionner sur la pertinence de la relation. S’il y a refus de s’entendre de part et d’autre sur des règles du jeu communes, le plaisir n’existe plus. C’est une guerre déguisée, un conflit en habits de civilité.

Gagner sur une personne censée être son alliée n’est pas une victoire, mais une trahison et vous serez alors traité de la sorte. L’objectif ne devrait jamais être la victoire, mais le plaisir d’avoir obtenu un accord mutuel accepté de plein gré.

Si vous aimez vous battre contre un ennemi, choisissez donc celui-ci. Combattez votre goût, votre désir de gagner, d’avoir gain de cause, d’imposer vos idées, car voilà le vrai ennemi à abattre lorsqu’on choisit de vivre en couple et en société.

On peut ne pas s’entendre sur la destination, sur le chemin à emprunter, sur les haltes, tout cela reste en partie secondaire tant qu’on vise l’objectif de bien vivre ensemble.

L’alchimie de l’être

Je repousse d’une journée la publication d’une série de trois articles prévus aujourd’hui et les jours suivants afin d’en insérer un tout nouveau consacré au sujet discuté dans les commentaires liés à l’article d’hier sur l’alchimie. Aujourd’hui j’aborderai donc l’alchimie de l’être ou de l’âme.

J’avoue avoir été pris de court par certains lecteurs qui ont abordé l’alchimie d’un angle de vue que j’avais négligé, faute d’y avoir réfléchi, c’est l’alchimie appliquée à notre intériorité, à notre être, à notre âme.

Je remercie particulièrement Vénus ainsi qu’Ibonoco et La plume fragile pour avoir apporté leur contribution à l’article en inscrivant des commentaires, il s’en est trouvé enrichi et, conséquemment, mes propres réflexions sur le sujet.

Je vous les livre aujourd’hui à chaud, à peine sorties du haut fourneau, sans dégrossissage, sans ébarbage, sans laminage ni autre finition. Qu’importe, puisque les pensées restent toujours à être refaçonnées de toute façon.

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La question à laquelle je me suis attaqué consiste à savoir si l’alchimie de notre âme peut réellement exister ou si ce n’est qu’un usage abusif d’un terme qu’il faudrait remplacer par un ou plusieurs autres mieux adaptés aux processus de la gestion de nos douleurs psychologiques. En clair, peut-on réellement transmuter du mal en bien dans un contexte de guérison morale ?

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Tout d’abord, je pense qu’il existe plusieurs mécanismes permettant de traiter le réservoir de douleurs que l’humain peut porter. L’alchimie est-elle l’un de ceux-là ? Nous y verrons plus clair après avoir discuté des autres.

L’écornage ne diminue pas nécessairement l’ensemble du réservoir de mal. Il lime les pointes et émousse les tranchants. Il rend les douleurs moins aiguës, moins amères, moins violentes, donc plus endurables à court terme. « Je me change les idées », « je m’efforce de ne pas y penser ».

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L’érosion use le mal sur le long terme, c’est la mémoire qui fait disparaitre peu à peu les détails, les surfaces, mais le noyau douloureux résistera à toute érosion. Tant qu’on pense encore aux maux subis, peu importe de quelle façon, ils existent encore, ils vivent toujours au fond de nous et n’ont pas disparu.

La dilution viendra à bout des parties de douleurs arrachées à notre âme qui se noieront dans une mer de n’importe quoi. Loisirs, drogues, exercices, voyages, travail, la dilution ne fait rien disparaitre, elle ne fait que masquer le mal, le camoufler, le répandre en tentant de le faire disparaitre dans un bassin bien plus grand, mais la quantité de mal ne diminue pas. On entendra alors les fameuses phrases «je suis passé à autre chose» ou «je me suis trouvé une grande passion». Mais notre mal, lui, n’est pas passé à autre chose, il ne s’est pas encore transmuté.

L’évaporation laisse entendre que le niveau de ce fameux bassin réussit à être réduit par élimination progressive, pourtant rien n’est moins sûr, car le mal, comme le sel, même dilué, ne s’évapore pas. «J’ai fait la paix avec moi-même», «je lui ai pardonné», «j’y pense de moins en moins». Mais dans un système clos, l’évaporation n’est pas une disparition, elle ne fait que transporter certains éléments ailleurs et peut arroser des jardins fleuris de pluies acides.

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Dois-je parler de l’illusion ? S’inventer un nouveau passé exempt des sources de douleurs afin de tenter de faire disparaitre celles accumulées. Ou s’inventer une nouvelle personnalité réfractaire à la douleur, insensible, intouchable. Une spirale, qu’elle attire vers le bas comme le maelström ou vers le haut comme la tornade, finit de toute façon par disloquer les imprudents ayant cru y trouver remède à exterminer leur mal.

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Une autre façon de traiter le mal est de ne pas s’y attaquer directement, mais de s’attaquer à ses conséquences, à nos comportements envers les autres et nous-mêmes. Ainsi, à la sortie du réservoir emmagasinant nos souffrances, nous y installons un inverseur. Le mal s’écoule du réservoir, passe à travers l’inverseur et il en ressort du bien. Cependant, ce système d’inversion doit être alimenté en énergie pour bien fonctionner et cette source finit toujours par atteindre ses limites. Le système inverseur se corrode, se corrompt, s’obstrue à force de transformer du mal en bien. Il en résultera de l’écœurement, de la fatigue, de l’épuisement puis de la dépression. Le mal aura trouvé le moyen d’user les parties tendres et de s’y substituer.

Certains rajoutent à leur inverseur un amplificateur afin de transformer un peu de mal en beaucoup de bien. Il va sans dire qu’une telle surréaction ne fera que saturer leurs circuits encore plus tôt. Les effets risquent d’être catastrophiques, car leurs réactions se retrouvent rapidement hors de contrôle. Crises de pleurs et même de violence, sentiment d’être totalement incompris, bipolarité, l’amplificateur ne fait pas que déranger, il nuit gravement à la santé mentale. On peut résumer ce mécanisme par ces deux adages: «Plus, c’est trop» et «le mieux est l’ennemi du bien».

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Cette amplification peut également se produire sans ajout d’un inverseur. On obtient ainsi le syndrome de la mégère de Cendrillon ou d’Anakin Skywalker. Leur mal devenu leur maitre, ils s’alimentent du côté obscur pour inonder l’univers de tous les maux possibles en croyant en vain réduire ou faire disparaitre leur propre réservoir de douleurs. Jalousie et égoïsme ne transmuteront jamais leur propre mal puisque leur réservoir de douleur se remplit à même les douleurs qu’ils engendrent chez les autres. Ils ont conçu un système autoreproducteur de malheurs pour eux-mêmes et une source de ténèbres pour tous les autres.

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À bien y réfléchir, aucun de ces mécanismes ne fonctionne vraiment adéquatement pour diminuer de façon réelle, permanente et positive la réserve de nos douleurs morales. Les conséquences s’avèrent parfois pires que le mal initial à combattre. L’alchimie pourrait-elle alors représenter la véritable solution à la présence des maux de nos âmes et à leur élimination définitive?

Dans l’article précédent, je définis que l’alchimie des éléments chimiques est en fait de la radioactivité qui transmute un élément pur en un autre élément pur. Je délaisse les concepts de noblesse, de richesse, de rareté ou d’utilité des éléments détruits ou créés. Ce sont des concepts purement humains. Chaque élément chimique trouve ses fonctions et ses utilités à la grandeur de l’Univers et notre piètre jugement à cet égard ne pèse rien.

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Cette radioactivité n’est pas instantanée, chaque isotope de chaque élément chimique radioactif possède son propre rythme de désintégration. Il en serait de même pour l’alchimie de l’âme.

Je ne discuterai pas de la nature du mal ni du bien, sauf en termes de douleur et de bonheur. Peut-on prendre une réserve de douleurs en l’amenant à se tarir graduellement en produisant des résidus de nature différente?

Si la transmutation de nos douleurs peut réellement exister, on remarquera que, dépendant de la nature de chacune d’elles et de leur provenance, il existera des taux de désintégration différents.

La transmutation devra différer des autres mécanismes discutés plus avant: inversion, amplification, camouflage, dilution, illusion, évaporation, érosion, amnésie, écornage, etc.

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L’alchimie de l’âme consiste donc en une véritable guérison qui engendrerait une source radiante capable d’influencer positivement le sujet et ceux qui le côtoient.

Mon verdict: Je crois maintenant possible de produire un phénomène d’alchimie de l’âme réduisant nos réserves de douleurs en les transmutant en autre chose de moins corrosif. Cependant, je doute que certains mouvements populaires puissent faire mieux que de donner des outils généralistes qui s’avèreront assez rapidement limités et même inadéquats.

Sans en connaitre aucun, je gagerais que la majorité confond l’alchimie de l’âme avec l’un ou l’autre des différents mécanismes présentés dans cet article.

La véritable alchimie de l’âme est très certainement un exercice de haute voltige et les guides compétents aussi rares que les plus précieuses pierres radioactives enfouies dans la croûte terrestre. La plus grande prudence est de mise.

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Doutez des formules trop simplistes, qui s’appliquent à tous, qui apportent un bien-être quasi instantané, qui vous noient dans une mer d’individus semblables, qui ne vous donnent pas la place la plus importante et qui ne respectent pas votre individualité, votre histoire personnelle, votre nature profonde.

Gardez toujours votre liberté de jugement, sachez reconnaitre rapidement les fausses alchimies de l’âme afin de débusquer les charlatans pour ne conserver que les bons guides et les bonnes techniques.

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Rappelez-vous également que les anciens alchimistes avaient tort en regard à la pierre philosophale et à la rectification. On peut très bien transmuter la nature des choses sans devoir recourir à des éléments extérieurs ou à des procédés complexes. Suffit parfois de savoir où poser son regard, le plus formidable outil alchimique, et peut-être la seule véritable pierre philosophale.

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Conseiller ou pas ?

« Il ne faut pas cesser de donner des conseils, il faut cesser d’être de mauvais conseillers. » — LeCorbot

La vie humaine en société consiste à procéder à des échanges entre nous. Donner, recevoir, échanger, transférer ou transmettre, il est tout à fait permis et même désirable de le faire, non seulement avec des biens et des services, mais aussi avec des idées, des avis et des conseils. Tous les jours, nous sommes influencés et nous influençons notre environnement, ça fait partie du grand jeu de la vie. Vouloir rendre les conseils tabous en noircissant leur influence, comme si elle était nécessairement néfaste, irrespectueuse, voire démoniaque, prouve seulement une chose, l’ignorance sur les façons de bien conseiller.

Les mauvais conseils commencent au moment où on pense et on dit : « Si j’étais à ta place… ». Personne ne peut se trouver à la place d’une autre. Ne croyez pas avoir le moindre soupçon de chance de vous mettre à la place de quelqu’un. Personne n’a le même passé, les mêmes sensibilités, les mêmes désirs, les mêmes peurs, les mêmes influences, la même culture, la même éducation, la même formation, la même personnalité et le même potentiel.

Au mieux, il est possible de dire en le pensant sincèrement : « Connaissant certains aspects te concernant, je vois diverses possibilités… ».

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Conseiller exige de l’humilité, tant de celui qui reçoit les conseils que de celui qui les prodigue. Celle du conseiller avivera celle de son interlocuteur.

Un conseil survenant sans options perd de son intérêt et par incidence son statut même de conseil. Le conseiller ne cherche pas à trouver la meilleure option, mais à présenter des pistes de solutions. Si le conseiller se contente de présenter sa meilleure option, elle peut très bien correspondre à la seule que la personne ne peut absolument pas envisager pour des raisons inconnues.

Évitez de conseiller par ricochet. L’exemple le plus évident est celui de la belle-mère qui conseille son gendre pour que sa fille obtienne ce qu’elle désire en se foutant éperdument de tout ce qui le concerne. Seul compte le bonheur, soit-il éphémère, de sa fille.

Conseiller par métaphores possède des vertus et des risques. La métaphore doit être bien choisie, pertinente, simple à comprendre et à décoder. Elle évite une mise en situation personnelle trop brutale, trop évidente, et s’intègre au cœur d’une conversation. En revanche, elle éloigne la personne de l’exemple utilisé et peut la garder à distance si elle décide de ne pas vouloir l’appliquer à elle pour quelque raison que ce soit. Ainsi, votre conseil se retrouvera prestement aux orties.

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On ne devrait tirer aucune gloire des conseils prodigués, car ils s’avèrent lourds de responsabilités. Le conseiller devrait toujours se souvenir de faire profil bas, de les dispenser avec parcimonie et de rester très prudent quant à leur contenu.

Un conseil ne doit pas être perçu comme une menace. Oubliez les conseils en forme d’ultimatums, car vous devrez presque à coup sûr mettre votre menace à exécution. Même un conseil bien exprimé s’avère souvent difficile à accepter. Alors, imaginez si vous lui fournissez une bonne raison de le refuser en brandissant une épée de Damoclès !

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Un conseil n’est pas plus un ordre. Que le conseil soit accepté et suivi ou refusé et oublié, votre attitude ne devrait pas changer à l’égard de la personne. Vous ressentirez certainement de la frustration, surtout si les aléas anticipés en cas de refus surviennent précisément comme vous les aviez appréhendés. Mais c’est ce qui différencie un conseil d’un ordre. Si vous désirez ordonner des choses, ne les maquillez pas en conseils. Trouvez la raison pour laquelle vous êtes en droit d’ordonner quelque chose. Si vous ne la trouvez pas, c’est qu’un ordre est inapproprié. Le maquiller en conseil semble une bonne idée pour manipuler en douceur. Détrompez-vous, car vous n’accepterez pas un refus d’obtempérer et vous tomberez dans votre propre piège.

Un conseiller n’est pas un tribunal. Alors, évitez de juger les choix de la personne que vous désiriez conseiller.

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Le conseil devrait suivre l’intention et le désir de la personne à en recevoir, pas l’inverse. Cette ouverture peut s’exprimer subtilement, car avouer avoir besoin d’un conseil est une démarche difficile. Restez sensibles aux phrases exprimées et aux sous-entendus tout en évitant de prendre vos désirs pour des réalités.

Conseiller s’accompagne de responsabilités. Si des conseils ne semblent pas nécessaires, évitez de les prodiguer et vous réduirez le poids de vos interventions sur vos épaules. Si ça ne vous cause aucun poids, dites-vous bien que vous vous méprenez sur la nature de ce que vous qualifiez de « conseils ». Parlez alors de manipulations pour obtenir ce que vous désirez, ce serait plus adéquat.

Conseiller ne doit pas relever de l’impression d’avoir raison. Être convaincu d’avoir compris un truc et penser que la personne comprendra la même chose que vous risque de vous décevoir. Ce que vous avez compris fut le résultat d’un processus et un conseil est insuffisant pour remplacer un processus d’apprentissage en entier.

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Un conseil est aussi un appel à votre patience, à votre indulgence et à votre compréhension. Si vous manquez d’un des trois, votre conseil n’était peut-être pas aussi honnête que vous le pensiez.

Certains attendent les conseils pour faire exactement l’inverse. Si vous avez détecté ce type de comportement chez quelqu’un, je suggère de rester loin de tout ce qui pourrait s’apparenter ou ressembler à un conseil. Si vous êtes tombé dans le panneau, vous pouvez lui faire savoir qu’il s’est acheté un billet pour s’assurer de votre futur silence. Le fait de vous abstenir va le contrarier puisqu’il a besoin des conseils pour savoir où se situe l’opposé. Ne tentez pas de penser blanc et dire noir afin qu’il choisisse blanc. Ce type de truc tordu finit toujours mal pour les deux.

Le confondez pas « prodiguer de bons conseils » avec « conseiller de la bonne façon ».

En fin de compte, cet article consiste-t-il à vous conseiller sur votre façon de conseiller ? Ça en a tout l’air ! Mais faites-en ce que bon vous semble, c’est juste un conseil, après tout !

Et pour conclure cet article sur la même note qu’il a commencé, une autre citation.

« Les meilleurs conseils sont ceux qu’on ignore avoir prodigués… et ceux qu’on a tus. » —  LeCorbot

Le miroir aux vérités

L’appréciation qu’ont les autres de nous importe grandement. L’estime personnelle s’en voit renforcée. Ce mécanisme opère depuis que nous sommes bébé, c’est ainsi que nous apprenons les comportements à adopter et ceux qu’il vaudrait mieux oublier.

Les regards que porte notre entourage sur nous demeurent essentiels même à l’adolescence où nous rejetons l’estime et l’appréciation parentale pour préférer celles de nos amis et de nos idoles de jeunesse. Nous nous intéressons toujours à être admirés ou simplement bien vus, mais pas par les mêmes personnes qu’auparavant.

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Pour obtenir cette reconnaissance de nos proches, de nos pairs, de nos collègues, de notre cercle de connaissance, nous sommes parfois prêts à agir à l’encontre de nos valeurs passées et présentes. Nous détournons des faits à notre avantage, nous trichons, nous trahissons, nous mentons, nous omettons de dire certaines vérités, nous manipulons des gens qu’on aime et qui nous aiment, nous cachons des félonies.

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Pour percevoir un regard d’appréciation de la part des autres, nous perdons la faculté d’être admirés par la personne la plus importante de toutes, nous-mêmes.

Ce jeu en vaut-il la chandelle? Pour certains, il n’en fait aucun doute. D’autres le vivront en transportant un poids énorme et permanent sur leur conscience. Pour quelques rares phénomènes, ils refuseront toujours de se regarder avec un voile opaque, ou de se voir avec dédain, en défaillant devant leur image ou même en vomissant de dégoût en comprenant ce qu’ils sont devenus.

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Notre véritable nature se perdra à jamais, si nous agissons constamment en désaccord avec elle, peu importent les gains apparents ou réels, peu importent les regards admiratifs, peu importent le milieu avantageux et l’environnement supérieur atteints. Nous serons rendus d’une laideur indescriptible si nous ne voyons qu’un inconnu dans le miroir.

La vérité se cachera derrière l’image renvoyée par nos yeux détournés.

L’insoutenable

Comprendre l’insoutenable ne le rend pas plus endurable. Par contre, cette compréhension aide à accepter l’essence fondamentale de la vie, soit un jeu à l’évidence dangereux, très cruel et toujours mortel.

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Même si on n’a pas choisi d’y participer, laissons-nous transporter sur les flots de l’existence. Le déferlement des vagues nous bouscule, nous heurte, nous blesse, nous terrasse parfois, car la vie ne s’apparente aucunement à un immense jardin de roses où serpente un long fleuve tranquille.

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L’insoutenable est constitué d’un sac dans lequel se retrouvent nos rêves bafoués, nos espoirs déçus, nos aspirations inachevées. Le poids de ce sac le rend insoutenable. Alors vous savez comment réagir pour éviter de couler au fond de ces flots déchainés. Vous surnagerez bien plus facilement en vous débarrassant de cette lourde masse dans les abimes.

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Pour certains dont la besace leur a été greffée à jamais, les gens souffrant de maladies incurables dont les répercussions s’avèrent insoutenables, le jeu de la vie nous assure qu’une fin surviendra infailliblement. Et si on gagnait à ce jeu tant et aussi longtemps qu’on parvient encore à sourire, à rire, à s’émerveiller, à apprendre et à donner?

 

Faire une différence

Hier, avez-vous fait une différence constructive dans la vie d’une ou de plusieurs personnes ?

Si vous êtes parent d’un ou de quelques enfants mineurs, vous avez la possibilité quotidienne de faire une différence importante dans leur vie. Si vous travaillez à l’extérieur, vous avez des collègues, vous avez la possibilité quotidienne de faire une différence dans la vie d’une personne de votre entourage. Si vous écrivez régulièrement sur votre blogue, vous avez également cette possibilité.

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Il s’avère difficile de quantifier le poids de nos écrits. Je me sens obligé ici de mettre un peu de côté les blogueurs qui relayent de l’information sans analyse, sans enrichissement, sans opinion. L’auteur initial des textes qui sont retransmis quasiment intégralement a une influence sur des gens qui les ont reçus grâce à plusieurs courroies de transmission différentes, mais la courroie ne produit rien de neuf. Ce n’est pas elle qui fait la différence malgré d’autres vertus qu’on peut lui trouver, dont celle d’être un bon diffuseur. Un diffuseur qui ne possède pas de matière à diffuser ne peut que se gratter la tête et d’autres parties de son anatomie. En relisant l’exergue de ce texte, vous comprendrez pourquoi il contient la particularité « constructive » qui doit être interprétée dans ses deux modes.

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Faire la différence en montrant l’exemple est une bonne façon. Tout le monde n’est pas un adepte des mots. Tenter de comprendre ses propres paroles avant de les faire avaler à d’autres est aussi une bonne façon de faire la différence en évitant de proférer des âneries. On peut donc faire une différence en ne faisant rien plutôt qu’en énonçant des stupidités, mais elle ne sera pas vraiment constructive, elle sera juste non destructive.

Pour faire une différence constructive, il faut réfléchir à ce qu’on fait et à ce qu’on dit. Mais qui prend le temps de réfléchir par les temps qui courent ? Pas les gens qui courent. Pour réfléchir, il faut s’arrêter, observer, accumuler, comparer, analyser et synthétiser l’information qui nous provient de partout. Cet exercice prend du temps et du temps d’accalmie.

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Prenez le temps, du temps pour revisiter votre journée qui se termine ou qui s’est terminée la veille. Demandez-vous pour qui et comment vous auriez pu faire une différence constructive. Si vous avez raté votre chance, pas grave, il y a plein d’autres journées remplies d’autres occasions à venir. Vous aurez amplement la possibilité de faire une différence positive dans l’existence d’une autre personne. Mais si vous ne prenez pas le temps de comprendre comment vous auriez pu y arriver, ne vous attendez pas à faire une vraie différence lorsque l’occasion se représentera.

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Je décrète donc que les vidéos de chats distribuées à tous vos abonnés ne constituent pas un geste constructif dans la journée de quelqu’un. Trouvez mieux que ça, je vous en prie !