« Je mens »

En seulement deux mots et six lettres, je parviens à poser à l’univers un problème insoluble. Ouais, les anglophones font mieux que nous. Ils n’ont besoin que de quatre lettres. I lie. Tant pis, on a toujours été plus volubiles qu’eux.

Mais revenons-en au titre. Cette affirmation n’est pas sans conséquence. Elle représente un paradoxe véritable. Si je mens, ce que je dis est faux. Donc, si je dis que je mens et que c’est faux, je ne mens pas. Mais si je ne mens pas et que j’affirme que je mens, c’est un mensonge, donc je mens…

Et on peut poursuivre ce raisonnement à l’infini. En électronique ou en informatique, on crée le même paradoxe en plaçant un inverseur dont sa sortie est indexée à l’entrée du même inverseur. Ça crée une boucle infinie. Il faut couper le courant pour réussir à y mettre fin. Avec un humain qui affirme qu’il ment, on est obligé de le trucider pour obtenir le même résultat, soit de mettre fin à son paradoxe. C’est salissant. Et surtout, surtout, ne considérez pas le titre de cet article comme une réelle affirmation de ma part. Sa présence ne sert qu’un but didactique ou ludique selon votre état d’esprit.

Kurt Gödel a mis ce concept sous forme mathématique et depuis ce jour, il est formellement prouvé que certains problèmes n’ont aucune solution. Les paradoxes ne sont donc pas que des abstractions, ou des apparences trompeuses, ils peuvent revendiquer une existence réelle.

Ceci m’amènera à introduire le prochain article qui mettra en lumière un autre paradoxe qui, cette fois, pourrait bien ne revendiquer aucune réalité.

Je traiterai du voyage temporel dans le passé. Alors, à bientôt! Ou, devrais-je vous dire, à hier!

Publier ou péter ?

Je commentais récemment un article sur le blog des gaous qui posait une question    concernant l’imposition d’un rythme d’écriture lorsqu’on tient un blogue. Pertinente, surtout si la très grande majorité des blogueurs transmettent des opinions, des coups de cœur ou des coups de gueule. Il n’est donc pas question d’écrire n’importe quoi et surtout, pas n’importe comment. Ainsi, alimenter un journal public devient parfois une tâche, une corvée difficile, énergivore et coupable de surconsommation de temps.

Faut-il se laisser séduire par les gens qui voudraient nous lire plus souvent et plus régulièrement ? Nous sommes déjà immergés dans un océan d’obligations, doit-on vraiment en rajouter une nouvelle ? C’est censé être un journal personnel, un journal dont l’auteur en contrôle le contenu. Doit-on le transformer en plaque tournante juste bonne à rediriger les lecteurs vers d’autres blogueurs plus prolixes afin d’atteindre un objectif de publication ? Oubliez l’idée d’y déposer des vidéos de chatons, elle est éculée depuis les tout débuts d’Internet. Les peintres ne nous inondent pas de toiles de chats, pourquoi le ferait-on avec des vidéos ? Hum, je m’excuse de ma digression, mais chupucapabe* de voir des clips de chats trainer partout dans les Internet !

Bon, reprenons le cours de mes idées. Je disais donc… ah oui, que toute liberté a un prix. Le prix imposé au blogueur est le risque de décevoir. Décevoir par ce qu’il écrit ou décevoir parce qu’il n’écrit pas. Étrange paradoxe d’effets similaires pour des causes inverses. Heureusement, certains lecteurs oublient nos éclipses d’écriture pour se régaler lorsque parait un nouvel article. Finalement, ce sont pour eux que nous tenons un journal public.

*  chupucapabe : Princesse amérindienne qui aurait étripé son mari parce qu’il ne cessait de péter dans le tipi.

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