Intrication et télépathie

En français, intrication signifie un enchevêtrement de choses, un fouillis complexe et difficile à démêler. En physique quantique, l’intrication est un état particulier que peuvent prendre des particules et elle représente certainement l’une des plus étonnantes particularités contre-intuitives de cette physique de l’élémentaire.

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Prenons deux électrons et faisons-les interagir de telle sorte qu’une des particularités de l’un soit liée à celle de l’autre. C’est plutôt facile à obtenir. Deux électrons sur une même orbitale «s» autour d’un noyau ne peuvent pas posséder un même moment cinétique orbital (spin) à cause du principe d’exclusion de Pauli.

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Si le spin du premier va dans un certain sens, celui du second sera nécessairement dans le sens contraire. Ces deux électrons sont maintenant intriqués l’un à l’autre et tout changement du spin de l’un va nécessairement entrainer le changement du spin de l’autre. C’est normal, direz-vous, puisqu’ils partagent la même orbitale et vous vous souvenez que le principe d’exclusion de Pauli le défend.

Jusqu’ici, rien de compliqué à comprendre. Mais voilà où la physique quantique devient franchement bizarre. Séparons les deux électrons et envoyons-les à très grande distance l’un de l’autre, la distance que vous voulez. Faites-les s’associer à des noyaux, créez des liens chimiques, bref donnez-leur une existence propre.

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Puis mesurez le spin du premier électron. Vous saurez alors que le spin du second sera nécessairement son inverse, peu importe là où il se retrouvera par rapport au premier. Ils sont à jamais intimement intriqués.

Il ne faut pas confondre l’intrication avec la complémentarité. Si vous possédez une paire de gants et que vous envoyez séparément dans des valises n’importe où dans le monde, si vous en ouvrez une et découvrez le gant gauche, vous saurez immédiatement que l’autre est celui de droite. Mais l’intrication est totalement autre chose puisqu’elle permet de changer un gant pour son contraire et l’autre se transformera lui aussi et instantanément, indépendamment de la distance entre les deux.

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Cela semble défier la vitesse limite de la lumière et Einstein a bien tenté de trouver une cause cachée à cet «effet fantomatique à distance», disait-il. Le grand homme avait tort. Des expériences menées après sa mort, dont celle du physicien français Alain Aspect en 1983, ont prouvé qu’il n’existait aucune cause cachée. L’intrication quantique existe bel et bien.

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Comment peut-on comprendre ce phénomène franchement bizarre? Une façon de donner à l’esprit une explication rationnelle est de se remémorer le fait qu’une particule élémentaire est également une onde. Celle-ci n’a aucune limite de distance puisqu’elle n’est pas localisée dans un lieu précis. Les deux électrons intriqués partagent cette même onde. En transformant les propriétés de l’un d’eux, l’autre ne peut faire autrement que de s’y conformer et de modifier sa même propriété pour que l’onde globale reste inchangée (fonction d’onde).

Cet effet quantique pourrait avoir une manifestation macroscopique. On sait qu’une mère et son bébé ont partagé une intimité qui aurait possiblement permis d’intriquer de la matière d’un à l’autre. Une fois l’intrication existante, des changements d’état chez l’un peuvent se transmettre instantanément chez l’autre, engendrant une transformation partagée. Cette intrication ne serait pas limitée aux mères et à leur enfant, mais à toute interaction humaine. Et voilà comment une physique moderne pourrait expliquer certains phénomènes ésotériques que cette même science décriait comme étant du pur charlatanisme.

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Toutefois, aucune preuve formelle n’a encore été apportée à cet effet, mais l’intrication quantique a donné aux physiciens une bonne raison de cesser de rire des théories autrefois considérées comme totalement absurdes puisqu’elles auraient violées toutes les lois de la Nature, oubliant au passage que cette dernière ne se pliait pas à leurs désirs et à leurs croyances. Toutefois, la télépathie ne serait pas une transmission entre deux esprits comme on est habitué à se l’imaginer, mais à un partage préexistant d’états quantiques.

Dans le prochain article, j’aborderai une théorie étonnante découlant de ce principe.

Publier ou péter ?

Je commentais récemment un article sur le blog des gaous qui posait une question    concernant l’imposition d’un rythme d’écriture lorsqu’on tient un blogue. Pertinente, surtout si la très grande majorité des blogueurs transmettent des opinions, des coups de cœur ou des coups de gueule. Il n’est donc pas question d’écrire n’importe quoi et surtout, pas n’importe comment. Ainsi, alimenter un journal public devient parfois une tâche, une corvée difficile, énergivore et coupable de surconsommation de temps.

Faut-il se laisser séduire par les gens qui voudraient nous lire plus souvent et plus régulièrement ? Nous sommes déjà immergés dans un océan d’obligations, doit-on vraiment en rajouter une nouvelle ? C’est censé être un journal personnel, un journal dont l’auteur en contrôle le contenu. Doit-on le transformer en plaque tournante juste bonne à rediriger les lecteurs vers d’autres blogueurs plus prolixes afin d’atteindre un objectif de publication ? Oubliez l’idée d’y déposer des vidéos de chatons, elle est éculée depuis les tout débuts d’Internet. Les peintres ne nous inondent pas de toiles de chats, pourquoi le ferait-on avec des vidéos ? Hum, je m’excuse de ma digression, mais chupucapabe* de voir des clips de chats trainer partout dans les Internet !

Bon, reprenons le cours de mes idées. Je disais donc… ah oui, que toute liberté a un prix. Le prix imposé au blogueur est le risque de décevoir. Décevoir par ce qu’il écrit ou décevoir parce qu’il n’écrit pas. Étrange paradoxe d’effets similaires pour des causes inverses. Heureusement, certains lecteurs oublient nos éclipses d’écriture pour se régaler lorsque parait un nouvel article. Finalement, ce sont pour eux que nous tenons un journal public.

*  chupucapabe : Princesse amérindienne qui aurait étripé son mari parce qu’il ne cessait de péter dans le tipi.

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C’est la guigne… olé !

On établit le degré d’avancement d’une société aux moyens mis en oeuvre pour soutenir ses personnes les plus démunies. Je ne parle pas seulement des programmes de l’État, j’inclus également les gestes posés par ses citoyens. Mis à part l’argent de nos impôts dont une partie sert à combler le strict minimum des plus nécessiteux, nous posons parfois des gestes de bonté, de charité ou de soutien auprès de personnes totalement anonymes, comme lors de la guignolée annuelle. Dans ce genre d’activité, l’anonymat est bilatéral. Je doute de l’interprétation voulant que, dans l’ensemble, les gens se fichent éperdument de connaitre ceux à qui profite leur générosité passagère. Ce faisant, ils ne font que s’acheter une bonne conscience au rabais grâce à un don de quelques pièces déposées à des intersections prises d’assaut par une brigade de bénévoles sollicitant leurs offrandes. Il existe une autre interprétation possible au désir d’anonymat. Ce pourrait être parce que les gens veulent éviter de commettre des indiscrétions qui risqueraient d’entacher la dignité de ceux dont la guigne s’acharne à leur ravir le peu qu’il leur reste. Le donateur moyen se fait discret en laissant le soin à quelques individus d’intervenir auprès des familles éprouvées sans éventer ni partager leur secret. Mais voilà, il y a un tribut à payer pour toute chose et l’adage « loin des yeux, loin du coeur » s’applique bien dans ce contexte. L’anonymat des uns pour les autres élimine le lien de proximité devant exister entre les individus d’une même communauté. Ainsi, le sentiment de compassion reste dans la marge. Seules la charité ainsi qu’un peu de culpabilité semblent les éléments requis en de telles circonstances alors qu’il devrait surtout être question de partage et de chaleur humaine. Ainsi, une fois l’an, nous glissons quelques boites métalliques ou cartonnées remplies de victuailles non périssables sous un faux sapin afin qu’elles soient distribuées à des familles inconnues, mais bien réelles. Nous lançons prestement quelques piécettes au fond d’une boite de conserve tapageuse avec l’étrange impression d’en donner trop et trop peu, tout à la fois. Notez, je ne cherche d’aucune façon à diminuer, à mitiger ou à dénigrer le rôle important joué par des activités comme la guignolée, bien au contraire. Par contre, nos efforts resteront toujours circonstanciels tant que nous n’adopterons pas également d’autres modes opératoires. Oui, la guignolée annuelle est là pour nous rappeler que nous avons tous droit à un bonheur minimum, surtout durant le temps des Fêtes, mais la guignolée à elle seule ne fera pas disparaitre la misère. Il existera toujours des gens qui resteront aux prises avec de furieux taureaux montés d’une part par la pauvreté et de l’autre par la guigne. Alors, au lieu de simplement les encourager de nos olé une fois l’an, oserons-nous un jour descendre avec eux dans l’arène pour porter un coup fatal à la déshumanisante pauvreté ?

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