NPD

Le sprint est véritablement commencé. Il est temps de faire un peu chanter mes cervidés, chevreuils, élans, rennes et autres wapitis de ma petite collection du temps des Fêtes. Je les entends vocaliser depuis un certain temps déjà, toujours empilés dans leurs boites, cherchant à attirer mon attention. Je les sors un par un en me demandant s’ils retrouveront le même endroit que l’an passé ou si je vais tenter de leur dénicher un coin qui leur sera plus agréable.

Chacun possède sa personnalité que je me dois de redécouvrir pour ensuite le placer à l’endroit le plus judicieux. J’essaye d’apparier ceux paraissant les plus sensibles à la solitude. Au contraire, je sais que d’autres ne blairent pas beaucoup de présence autour d’eux. C’est le cas d’un orignal un peu bourru et je respecte son asocialité.

Cette année, j’aurai une pensée particulière pour Géraldine qui m’a quittée. Toutefois, je sais qu’elle se trouve entre bonnes mains et elle amènera certainement beaucoup de bonheur à celle qui lui trouvera, je n’en doute pas, une place privilégiée.

Chevreuil-et-chandelles

Chaque année, j’en achète un ou deux, question d’amener un peu de nouveauté dans la maison et de déstabiliser cette joyeuse harde d’animaux d’accompagnement. L’autre jour, je vois sur un présentoir un couple d’élans pas très jolis avec leur jupe et pantalon de couleur délavée rose ou bleu, aux charmes de bonbons sucés devenus trop collants. Ça m’a donné une idée. Avant de partir sans les acquérir, évidemment, je les ai placés en position 69. Au moins, ils seront dégoulinants pour une bonne raison.

Deux de mes chevreuils ont subi des blessures au cours de l’année. Oui, j’en garde toujours quelques-uns, les plus bibelots, en différents lieux de l’appartement. J’en suis venu à la conclusion que l’univers déteste les bibelots. Lui, si dynamique, semble recevoir l’ostension statique comme un affront. Il prend alors les moyens les plus tordus pour renverser mes chevreuils en brisant leur délicat apparat.

J’en ai un qui possède un air de benêt du village. Lorsque je l’ai acheté, je le tenais près de ma face en empruntant un air semblable. La caissière riait tellement qu’elle était devenue incapable de terminer la transaction ! Plus elle retenait son hilarité, plus elle s’enfonçait dedans. Je suis certain que de retour chez elle, sa dure journée de labeur pesait moins lourd sur ses épaules.

Ouais, avec le premier décembre viennent les préparatifs des festivités de fin d’année et plus le temps passe et plus je leur trouve un air obligé. Est-ce le NPD ? Nostalgie-Paresse-Désintérêt. Oui, probablement un peu des trois. Et NPD, ça peut aussi vouloir dire : ne pas déranger.

Une fête païenne re-recyclée

Selon plusieurs études, Jésus ne serait pas né à ce temps-ci de l’année. Si l’on fête sa naissance à ce moment précis, c’est pour retrancher une fête païenne, celle du solstice d’hiver. En empiétant sur cet événement très important chez les peuples de l’époque, petit à petit les gens ont cessé de fêter l’un pour fêter l’autre. La transition a été assurée, car elle s’est produite sans heurts et sans dénigrement.

Et une fois de plus, la société bascule vers une autre célébration, celle de la fin de l’année. Cet événement astronomique qui ramène les saisons constitue en fait un retour aux origines. Bien entendu, on ne doute plus que le Soleil reprendra sa course ascendante dans les cieux, mais dans les faits, c’est bien de cet événement qu’il est question lorsqu’on parle de la fin de l’année. Le retour de l’ascension du Soleil et l’augmentation du temps d’ensoleillement.

Évidemment, cet événement astronomique ne met pas un terme à l’hiver puisque la Terre réagit lentement aux changements. Ça lui prendra bien trois mois avant que ses rayons soient suffisamment puissants pour retrouver les premières fleurs.

Alors, joyeux Solstice à tous les humains de la Terre et aux autres !

Photo : Le Soleil