Le premier accord toltèque

Vous connaissez peut-être les quatre accords toltèques, peut-être pas. Dans une série de quatre articles chacun consacré à l’un d’eux, je ne me contenterai pas de les énoncer, mais je vais aussi vous partager mon interprétation personnelle en ajoutant des exemples concrets de situations vécues où ceux-ci m’ont permis de grandir.

Notez que ces accords ne sont aucunement ésotériques ou hermétiques. Ensemble, ils constituent un code de conduite personnel simple à comprendre qui permet de nous affranchir d’un paquet de problèmes. Je ne ferai pas leur genèse. Vous pouvez facilement vous renseigner grâce à une recherche sur les internets. Je commence donc immédiatement par le premier accord.

  1. Que ta parole soit impeccable
    Parlez avec intégrité, ne dites que ce que vous pensez. N’utilisez pas la parole contre vous-même, ni pour médire sur autrui.

Autrement dit : « Fais toujours ce que tu dis et dis toujours ce que tu fais ». Il faut que tes bottines suivent tes babines.

Évite comme la peste les entourloupes, les mensonges, les médisances. On finit toujours par se faire rattraper par nos propres fuites face aux autres. Affronter immédiatement les situations difficiles et conflictuelles permet de les désamorcer à leur racine.

Il est bien plus facile d’arracher un arbre qui pousse dans un endroit indésirable que d’attendre qu’il ait dépassé la hauteur du toit de la maison.

Si certains sont experts en magouille de toutes sortes, on doit résister à l’envie de les imiter, de jouer dans leur carré de sable. En les isolant, ils deviennent impuissants. Nous les alimentons lorsque nous leur laissons de la place, lorsque nous agissons sans indifférence à leur égard.

Personnellement, je n’ai pas eu trop de problèmes avec ce premier accord. Bien avant de le connaitre, j’étais déjà engagé dans une voie où j’exécrais le mensonge, autant chez moi que chez les autres. Ça n’a pas toujours été de tout repos, mais je suis capable de me regarder dans une glace tous les matins et la personne qui s’y reflète m’est sympathique. Je ne fais jamais de cauchemars qui me remémoreraient des actes répréhensibles.

Ceci dit, je n’aime pas tous les humains, bien au contraire, je garde pour la plupart d’entre eux des sentiments s’étalant de l’indifférence en passant par le dépit ou la révulsion. Je reste humain et je n’ai jamais prononcé le vœu de m’efforcer de tous les aimer. Pour m’aider dans cette mission de respecter l’accord toltèque en question, j’ai réduit à l’essentiel la quantité de gens qui gravitent autour de moi. Ainsi, je n’ai pas à me prostituer à tout bout de champ en faisant d’inutiles salamalecs ou en flattant les susceptibilités des manipulateurs dans le sens du poil.

Si ce premier accord semble simple à comprendre et parfaitement acceptable, en fait on parle ici de gros bon sens, sa mise en pratique quotidienne oblige à déployer de grands efforts, ne serait-ce que pour se rendre compte que nous le violons inconsciemment à de multiples reprises. J’y reviendrai lorsque j’aborderai le quatrième accord.

Le dernier élément de cet accord-ci consiste à l’appliquer non seulement aux autres, mais également à soi-même. La bonté, la sincérité, l’honnêteté, tous les méritent, y compris la personne qui tente d’intégrer ces valeurs à son comportement normal. Mériter la franchise, y compris la sienne, change radicalement le regard des autres sur soi, et aussi sa propre façon de se regarder, de s’évaluer et au final, de s’estimer.

Le choix de ses erreurs

George Bernard Shaw: «La réussite ne consiste pas à ne pas faire d’erreurs, mais à ne jamais refaire la même.»

Albert Einstein: «La folie, c’est de refaire toujours la même erreur et s’attendre à ce que les résultats soient différents.»

Akio Morita: «N’ayez pas peur de faire une erreur, mais faites en sorte de ne pas faire la même erreur deux fois.»

Francis Nicolas: «Tout le monde mérite une deuxième chance, mais pas pour les mêmes erreurs.»

Ces exemples reviennent comme pâquerettes au printemps. En lisant des centaines de blogues, il est fréquent de tomber sur l’une d’entre elles, ou l’une de ses variantes prétendant la même chose.

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Bon, on comprend le principe. Tu commets une erreur, tu saisis le message, tu changes de stratégie, tu ne fais plus cette erreur et tu finis par obtenir ce que tu voulais. C’est la recette la plus simple du succès.

Ce processus en rien compliqué vous semble la seule bonne chose à faire, n’est-ce pas? Comme le prétendait Einstein, seul le fou répète ses erreurs. Vous adhérez allègrement à ce concept d’une logique implacable. L’erreur est compréhensible, nous sommes tous humains, mais la répéter démontre un signe évident qu’un engrenage mental a perdu quelques dents.

Pourtant, aussi vrai que ce processus par lequel l’humain apprend de ses erreurs peut paraitre indiscutable, celui-ci contient un profond problème systémique. Cette belle mécanique ne comporte aucune morale.

Dans toutes ces belles citations, personne ne s’est penché sur la cause et la provenance de l’erreur initiale et lorsqu’on prend le temps de faire cette analyse, on découvre une vérité bien différente. Je vais donner un seul exemple, mais il en existe des centaines qui pourraient illustrer mes propos.

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Prenez une personne particulière dans un groupe de travail. Le projet sur lequel trime l’équipe échoue. Les autres individus utilisent un trait de caractère de cette personne pour lui jouer dans le dos, pour l’isoler, pour lui faire porter le chapeau des gaffes commises, des retards survenus, du chaos que certains ont sciemment entretenu. Cette caractéristique qui l’a rendue vulnérable n’est que sa franchise. En étant honnête, elle s’avère être dangereuse pour tous les autres puisqu’elle ne manquera pas de raconter une version passablement juste des événements réellement survenus au sein du groupe.

Cette personne honnête est jugée par ses supérieurs avant même d’avoir pu donner sa version des faits et même si elle le faisait, on ne la croirait pas puisque les autres l’ont désignée pour s’en servir comme bouc émissaire. Constituant une menace, elle doit disparaitre et elle portera les responsabilités de cet échec. Une pierre, deux coups. Tous ne peuvent mentir, croient alors les autorités. Pourtant elles ont tort, mais la personne honnête est écartée.

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Voilà la situation, voilà l’échec. La cause de celui-ci est d’avoir été une personne intègre vivant dans un monde qui ne l’est pas.

Si la personne est intelligente, d’après les dictons, elle ne refera plus cette erreur. La prochaine fois, elle s’alliera aux menteurs plutôt que de rester honnête et elle parviendra ainsi à éviter l’ostracisme.

Mais si elle choisit en toute conscience de ne pas verser du côté obscur de la Force, alors elle commettra la même erreur encore et encore.

Peut-on toujours considérer comme étant folle une personne faisant ce choix réfléchi et assumé? Folle de garder ses principes d’honnêteté et d’intégrité?

Je vais répondre pour vous. Oui, cette personne est réellement folle, car la vie ne fonctionne pas sur ces principes et il faut être complètement fêlé pour nager volontairement à contre-courant.

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J’étais, je suis et je resterai un de ces fous. J’ignore pourquoi, je sais simplement que je suis conçu ainsi. Les erreurs des autres, je les ai portées et je les porte encore.

La prochaine fois où vous entendrez, où vous lirez une de ces citations qui déclare que commettre plusieurs fois la même erreur est à éviter, est à proscrire de sa vie, rappelez-vous simplement que certains ne le font pas pour répéter une erreur, ils font ce choix parce que leur morale ne peut faire autrement que d’espérer un résultat différent avec des gens qui pourraient s’avérer différents, et ce malgré la répétition ininterrompue des actes de trahison.