Médecin et ingénieur

Toutes les professions ont une importance certaine et requièrent de grandes compétences. Choisir de faire carrière dans l’un ou l’autre de ces champs d’étude et de travail exige bien des efforts et une fois le diplôme obtenu, les personnes en retirent une fierté de bon aloi.

Aucune profession n’est semblable aux autres. Aux antipodes, on retrouve certainement la médecine et l’ingénierie, ce qui amène parfois les professionnels de ces disciplines à se tirer la pipe.

L’ingénieur au médecin

« Je n’aurais voulu être médecin pour rien au monde. Nous, les ingénieurs, construisons des ponts magnifiques, des gratte-ciels grandioses, des bâtiments majestueux, des palais monumentaux, des routes panoramiques, alors que vous, les médecins, êtes incapables de guérir la plupart de vos patients. »

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Le médecin à l’ingénieur

« C’est vrai, la nature humaine est complexe et la médecine ne peut venir à bout de tous les maux, mais lorsque nous commettons une erreur, nous avons la décence de l’enterrer, tandis que vous, les ingénieurs, vous vous empressez de l’ériger. »

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Blague du dimanche et expression québécoise – 6

Ouais, bon, je n’en ferai pas une tradition. Du deux pour un, c’est pas mon style depuis que j’ai perdu mon fromage. Je suis devenu économe et même lésineux. Et pour un Corbot, les blagues, c’est contre-nature. Après tout, je dois préserver ma réputation d’oiseau de malheur. Et les sourires me font mal aux commissures. L’humeur massacrante, ça se cultive. Mais ce matin, je me sens généreux et d’assez bonne humeur. J’ai besoin d’un médecin, ça presse !

Une blague convient à ma résolution de garder légers et surtout courts les articles dominicaux, objectif rarement atteint d’ailleurs. C’est qu’il croasse en vinyenne ce Corbot !

Ne cherchez pas le mot vinyenne dans un dico français. Au Québec, on l’utilise parfois pour remplacer un juron. Il est utilisé dans des phrases exclamatives. Malheureusement, ce joli mot tend à disparaitre. J’apporte donc ma contribution pour sa préservation.

Oui, la blague maintenant. Comme vous voyez, mon inconscient ne cesse de détourner mes idées de ces actes un peu barbares et primitifs que sont les sourires et surtout les rires.

C’est donc un médecin qui rencontre un ingénieur, chacun faisant grand étalage de ses connaissances.

Au cours de la discussion, l’ingénieur dit au médecin : « Que vous fassiez n’importe quoi, vos patients finiront tous par mourir au bas mot avant la centaine d’années. Nous, nos bâtiments peuvent durer parfois des millénaires. »

Et le médecin de rétorquer : « Lorsque nous commettons des erreurs, nous avons la décence de les enterrer, alors que les vôtres, vous vous empressez de les ériger. »

IA et soins de santé

L’intelligence artificielle (IA) permettra-t-elle de démocratiser les soins de santé de qualité?

On a déjà développé des algorithmes pour déterminer des diagnostics de certains cancers avec une fiabilité de 99 % sans l’apport d’oncologues. Pour les diagnostics de maladies, l’IA deviendra un outil incontournable qu’utiliseront tous les médecins, ne serait-ce que pour se couvrir au niveau de leurs assurances qui finiront par exiger qu’ils utilisent ces assistants.

Tout le monde aura donc la possibilité de recevoir un diagnostic fiable sans recourir à une sommité tout aussi talentueuse qu’inaccessible. Mais le diagnostic n’est que l’une des étapes des soins de santé. La médication entre également dans le champ d’intervention de l’IA.

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Les médecins pourront peut-être retourner à une pratique plus humaine si leur travail devient un peu moins technique. Tout en validant les résultats des diagnostics et le choix des médications choisis par les algorithmes, ils pourront mieux utiliser leur temps en le consacrant aux patients eux-mêmes.

Ces algorithmes ne sont pas magiques. Ils découlent d’experts dans leur domaine qui mettent leurs expériences et compétences au profit de tous. Sans eux, pas d’algorithmes. Toutefois, lorsqu’ils sont développés, ils deviennent bien plus accessibles qu’un expert.

Il est évident que l’IA permettra de standardiser certaines pratiques en nivelant par le haut. Sans déborder dans l’optimisme démesuré, il n’est pas déraisonnable de penser que 95 % des gens pourront obtenir dans certaines disciplines un diagnostic fiable et une médication adaptée à leurs maladies sans devoir recourir à des spécialistes de haut niveau. Les 5 % restants représentent les cas plus complexes que les algorithmes ne pourront pas couvrir avec acuité et précision.

Le danger est que ce pourcentage restant ne fasse plus l’objet d’une évaluation par un médecin compétent et que les diagnostics et les médications soient totalement erronés, voire stupides. On rencontrera donc des erreurs médicales où tous les gens impliqués s’en laveront les mains en remettant les fautes sur l’IA.

Ces outils s’amélioreront avec le temps, mais la perfection n’est pas de ce monde.

Image : iq.intel.fr ; huffingtunpost.fr