Le Déluge – réalité ou fiction ?

On ne peut pas douter de la véracité du Déluge. Trop de peuples de l’Antiquité répartis sur toute la planète le décrivent et il représente certainement l’un des premiers mythes persistants de l’humanité. Considérer que ce n’est qu’une histoire inventée de toute pièce n’est pas sérieux. Les légendes de ce genre existent justement pour que les générations futures sachent ce qui est survenu et le transmettent à leur tour. Elles ont parfaitement fait leur boulot. Ce serait injurier nos ancêtres que d’en douter. Évidemment, les allégories entourant l’événement diffèrent d’un peuple à l’autre puisqu’elles avaient pour but de rendre le récit intéressant en plus de faire la leçon. Cependant, nous ne devons jamais douter des fondements de cette histoire. Par contre, les inondations suivant un simple orage ou même un ouragan ont toujours existé. Ce n’était certainement pas sujet à en faire un mythe de la classe du Déluge. Il a donc fallu que ce Déluge soit une inondation vraiment exceptionnelle.

Dans certains mythes, il est question de pluies incessantes causant un déluge exceptionnel. Dans l’histoire de Noé, il est question de pluie durant 40 jours et 40 nuits. Dans d’autres récits, on parle plutôt de 6 à 7 journées entières, ce qui est plus réaliste du point de vue climatique, mais cela n’aurait sûrement pas créé un déluge planétaire.

J’explique les 40 jours de pluie ininterrompue de la façon suivante. La seule cause connue des inondations survenant à cette époque était des pluies torrentielles. Mais aucune inondation connue n’avait eu l’ampleur du Déluge. Il fallait donc que des pluies exceptionnelles quasiment inimaginables aient eu lieu quelque part, et pas nécessairement au même endroit où ce Déluge survint. Quarante est un ombre récurrent dans les écritures bibliques. À chaque fois, il représente un nombre immense et il faut le comprendre ainsi, pas littéralement, mais littérairement. L’ampleur du Déluge n’aurait pas pu survenir s’il avait plu seulement quelques jours. Ce Déluge démentiel exigeait une cause tout aussi démentielle et 40 jours de pluie ininterrompue correspondaient à une cause insensée, mais encore probable et compréhensible par le commun des mortels de l’époque.

Et si le Déluge était survenu sans qu’il pleuve des cordes durant une éternité ? Un tel scénario existe bel et bien. Un scénario scientifiquement réaliste. Une histoire avant l’Histoire. Une histoire qui, aujourd’hui, permet de réécrire de la bonne façon en conservant la résultante, mais en révisant la raison pour laquelle il survint. La cause réelle du Déluge ne pouvait pas être connue des peuples de l’époque puisqu’elle survint à des milliers de kilomètres de leurs positions géographiques. Alors, où et comment le Déluge s’est-il concrétisé ? Lire la suite.

Aiguebelle – le fond océanique

On s’étonne toujours de trouver des fossiles de coquillages à des altitudes élevées. On oublie souvent que les continents terrestres ont connu plusieurs périodes géologiques différentes comprenant des collisions titanesques et de formidables écartèlements pour ensuite s’agglomérer de nouveau dans des configurations différentes des centaines de millions d’années plus tard et puis tout recommencer.

À chaque période, des océans s’ouvrent ou disparaissent. De ces collisions entre les continents naissent des chaines de montagnes comme l’Himalaya et les Alpes aujourd’hui. Ces deux chaines de montagnes furent d’anciens fonds océaniques. Il est donc normal d’y trouver des preuves d’anciennes faunes sous-marines à des milliers de mètres d’altitude.

Dans un affleurement rocheux du parc Aiguebelle, on peut voir les restes d’une ancienne séparation continentale. C’est le même phénomène qui, actuellement, écartèle les continents européen et africain des continents américains à partir de la dorsale médio-atlantique. Cette ligne volcanique laisse échapper de la lave en fusion qui se solidifie assez rapidement au contact de l’eau. Le lit océanique se constitue ainsi en repoussant le lit océanique plus ancien vers l’ouest et l’est. En se solidifiant, cette lave adopte une forme caractéristique de bulles qui se chevauchent en repoussant vers le haut les bulles tout juste plus anciennes et pas encore totalement solidifiées (dessin).

Au parc Aiguebelle, la fracturation d’un rocher par le gel a permis de découvrir la façon dont il s’était formé plusieurs centaines de millions d’années auparavant. C’était la lave d’un volcan et les formes caractéristiques prouvent qu’au moment de sa formation, il était submergé au fond d’une ancienne mer aujourd’hui totalement disparue.

Aujourd’hui, il n’existe aucun volcan dans l’est de l’Amérique du Nord. Au Québec, nous vivons sur un roc très stable et très vieux, le Bouclier canadien. Vieux comment ? Lire dans le prochain article.

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Les plus vieilles roches sur Terre

L’Univers existe depuis 13,8 milliards d’années. Le système solaire s’est formé à partir de résidus d’anciennes étoiles ayant antérieurement explosé en supernovæ. Le processus d’agglutinement à la base de la formation du Soleil se serait enclenché voilà 4,567 milliards d’années. La formation de la Terre et des autres planètes du système solaire aurait suivi de près voilà 4,543 milliards d’années.

Nos continents ne se sont pas tous formés à la même époque. Ils résultent du renfoncement vers le centre des éléments les plus lourds, laissant à la surface des éléments plus légers qui flottent donc à la surface d’un manteau semi-liquide qu’on nomme magma. Mais les premières croûtes ont pratiquement toutes disparues dans le manteau terrestre.

Toutefois, une partie des vieux cratons a pu s’intégrer aux croûtes plus nouvelles et qui datent d’environ 2,7 milliards d’années. Par des analyses isotopiques d’éléments radioactifs, il est possible de dénicher les résidus des croûtes originelles. Certains endroits se disputent cette palme dont en Australie, en Afrique du Sud et au Canada et plus particulièrement au Québec.

Mis à part une bande rocheuse au sud du fleuve Saint-Laurent qui fait partie des Appalaches, presque tout le reste du territoire québécois est compris dans le Bouclier canadien, un roc dur, stable et très ancien. Plusieurs périodes glaciaires ont mis la roche-mère à nue. Il est donc possible de trouver des roches extrêmement vieilles dans lesquelles se trouvent des roches encore plus vieilles sans devoir creuser. Et c’est ce que certains chercheurs ont découvert dans l’extrême nord du Québec. Un affleurement rocheux datant de 4,3 milliards d’années qui serait un ancien fond océanique.

Photo : Rick Carlson