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Ouais, voilà mon cinq-centième article.

Pour l’occasion, rien du tout. Je vous donne congé de lecture et de réflexions.

Mais n’en prenez pas l’habitude! On se retrouve très bientôt et soyez en forme!

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Les absolus

– Les livres ne sont pas dangereux, un seul livre, oui.

Cette citation dont j’ai oublié l’auteur comporte en elle le mal et son remède. S’abreuver à une seule source ne peut que mener à en devenir esclave. Diversifier ses lectures, multiplier les points de vue apporte la capacité de relativiser, l’opportunité de saisir les subtilités et la culture pour comprendre les autres. Et souvent, ce seul exercice de lecture attentive et variée finit parfois par nous démontrer l’inexistence dudit problème.

L’endoctrinement se cache dans les absolus et les superlatifs absolus. Toujours, jamais, entier, aucun, tout, rien, le meilleur, le pire, l’ultime.

Ces termes pullulent dans les écrits visant à convaincre et à endoctriner. Pourquoi ? Parce qu’un superlatif prétend des choses sans les prouver. En abreuvant les gens d’absolus, ceux-ci pensent avoir touché à une vérité essentielle. Les gens aiment bien les convictions, elles permettent de ne pas dépenser le temps et les énergies nécessaires pour comprendre par soi-même. Ne laissant aucune place aux nuances, les absolus cherchent à réfréner tout questionnement. Calquer les absolus des autres semble être une attitude raisonnable lorsqu’on croit en quelqu’un de plus intelligent que soi, qui a pris le temps de réfléchir et qui est parvenu à trouver des solutions. Et pourtant, on devrait vite s’éloigner des gens trop confiants pour être dans l’erreur, trop convaincus pour être passés à côté du problème.

Il n’existe pas de remède simple à des problèmes complexes. Quand Alexandre le Grand s’est confronté au nœud gordien, il ne l’a pas défait, il l’a tranché, rendant la corde par le fait même inutilisable. Ce n’était pas une solution au problème proposé. C’est souvent le cas avec l’intégrisme. Les solutions sont simples, simplistes même, et ne résolvent aucun soi-disant problème. Elles en créent. Il ne faut jamais oublier que les manipulateurs ont trouvé la solution bien avant de réfléchir au problème qu’il serait censé résoudre.

On ne résout pas un problème complexe en un seul traitement. Il faut planifier des phases, établir des objectifs clairs et mesurables pour chacune d’elles. Il faut constamment réviser ses processus selon les résultats obtenus. En résumé, il faut réfléchir, ne pas craindre de poser les bonnes questions et de trouver des réponses qui, parfois, ne sont pas celles qui auraient eu notre préférence.

Certains points de vue semblent parfois irréconciliables lorsqu’ils puisent leur source dans des dogmes antagonistes. De même que satisfaire l’individu et le collectif sur un point précis relève parfois du miracle. Recourir à des référendums et à des sondages permet de statuer sur l’opinion de la majorité avec une marge d’erreur plus ou moins importante. Ces deux outils présentent un portrait qui, comme tout instantané, est parfois flatteur, parfois grimaçant. L’outil idéal n’existe pas puisque « idéal » fait partie des superlatifs. Il est tout aussi dangereux de gouverner uniquement à partir des sondages et des référendums que de gouverner en les ignorant.

Les pensées individuelles et collectives évoluent. Lorsque j’ai obtenu mon permis de conduire, bien des automobilistes plaçaient encore une bouteille de bière entre leurs cuisses. Cette action ne consistait pas à rafraichir l’entrejambe à cause d’une petite amie trop entreprenante. Personne ne portait la ceinture de sécurité, y compris les enfants. Et la cigarette était bien vue, même en hiver, même avec les vitres closes. Changer les mentalités s’accompagne d’études, de statistiques et d’exemples, et pas n’importe lesquels. La méthode scientifique donne un cadre de travail. Elle ne garantit pas de découvrir la vérité, mais elle permet de comprendre les limites d’interprétation des informations ainsi obtenues. Voici mes trois phrases résumant les étapes importantes permettant de résoudre un problème.

  1. Lire suffisamment pour apprendre adéquatement
  2. Réfléchir librement pour comprendre subtilement
  3. Agir judicieusement pour se déprendre intelligemment

Le Déluge – réalité ou fiction ?

On ne peut pas douter de la véracité du Déluge. Trop de peuples de l’Antiquité répartis sur toute la planète le décrivent et il représente certainement l’un des premiers mythes persistants de l’humanité. Considérer que ce n’est qu’une histoire inventée de toute pièce n’est pas sérieux. Les légendes de ce genre existent justement pour que les générations futures sachent ce qui est survenu et le transmettent à leur tour. Elles ont parfaitement fait leur boulot. Ce serait injurier nos ancêtres que d’en douter. Évidemment, les allégories entourant l’événement diffèrent d’un peuple à l’autre puisqu’elles avaient pour but de rendre le récit intéressant en plus de faire la leçon. Cependant, nous ne devons jamais douter des fondements de cette histoire. Par contre, les inondations suivant un simple orage ou même un ouragan ont toujours existé. Ce n’était certainement pas sujet à en faire un mythe de la classe du Déluge. Il a donc fallu que ce Déluge soit une inondation vraiment exceptionnelle.

Dans certains mythes, il est question de pluies incessantes causant un déluge exceptionnel. Dans l’histoire de Noé, il est question de pluie durant 40 jours et 40 nuits. Dans d’autres récits, on parle plutôt de 6 à 7 journées entières, ce qui est plus réaliste du point de vue climatique, mais cela n’aurait sûrement pas créé un déluge planétaire.

J’explique les 40 jours de pluie ininterrompue de la façon suivante. La seule cause connue des inondations survenant à cette époque était des pluies torrentielles. Mais aucune inondation connue n’avait eu l’ampleur du Déluge. Il fallait donc que des pluies exceptionnelles quasiment inimaginables aient eu lieu quelque part, et pas nécessairement au même endroit où ce Déluge survint. Quarante est un ombre récurrent dans les écritures bibliques. À chaque fois, il représente un nombre immense et il faut le comprendre ainsi, pas littéralement, mais littérairement. L’ampleur du Déluge n’aurait pas pu survenir s’il avait plu seulement quelques jours. Ce Déluge démentiel exigeait une cause tout aussi démentielle et 40 jours de pluie ininterrompue correspondaient à une cause insensée, mais encore probable et compréhensible par le commun des mortels de l’époque.

Et si le Déluge était survenu sans qu’il pleuve des cordes durant une éternité ? Un tel scénario existe bel et bien. Un scénario scientifiquement réaliste. Une histoire avant l’Histoire. Une histoire qui, aujourd’hui, permet de réécrire de la bonne façon en conservant la résultante, mais en révisant la raison pour laquelle il survint. La cause réelle du Déluge ne pouvait pas être connue des peuples de l’époque puisqu’elle survint à des milliers de kilomètres de leurs positions géographiques. Alors, où et comment le Déluge s’est-il concrétisé ? Lire la suite.

Réchauffement ou refroidissement ?

Je ne veux surtout pas ouvrir ou alimenter un débat sur notre futur proche concernant la température moyenne à la surface de la Terre à savoir si elle croitra, baissera ou restera stable. Je me fie aux rapports du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) qui a pour tâche de rassembler et de colliger toutes les études scientifiques concernant ce sujet effectuées à travers le monde.

Plusieurs ignorent toutefois que ce groupe est fortement influencé pour que leurs conclusions soient mitigées. En résumé, ce groupe revoit systématiquement à la baisse la tendance au réchauffement observée et analysée par la très grande majorité de scientifiques dans tous les domaines touchés par les changements climatiques afin de ne pas alarmer la population. En résumé, la hausse des températures sera très certainement pire que leurs pires pronostics publiés par le GIEC.

Cependant, il se pourrait bien que les climatosceptiques obtiennent un allié de taille dans cette bataille. Cet allié, c’est la prochaine période glaciaire prévue pour la Terre. De fait, des cycles de réchauffement et refroidissement se succèdent sur une base régulière. Ceci est causé par la précession des équinoxes, un changement d’orientation de l’axe de rotation de la Terre. Ce mouvement circulaire dure un peu moins de 26 000 ans, puis recommence. Ainsi, les continents situés dans l’hémisphère Nord reçoivent moins d’ensoleillement, engendrant la croissance de glaciers gigantesques. Plusieurs milliers d’années plus tard, l’axe de rotation entame la seconde partie de son cycle, les températures moyennes se réchauffent peu à peu, faisant fondre les calottes glacées.

Nous sommes actuellement à peu près au sommet de la courbe des températures moyennes, laissant présager que ces températures recommenceront à décroitre dans un avenir pas si lointain. Voilà pourquoi certains pensent que le fameux réchauffement climatique pourrait être freiné ou à tout le moins passablement atténué.

Toutefois, cet allié opère très lentement et risque d’arriver beaucoup trop tard puisque nous sommes probablement au seuil d’un emballement thermique. Un emballement est causé par un effet de rétroaction trop faible (capture insuffisante du CO2 et du méthane) par rapport au gain, c’est-à-dire à la quantité de ces mêmes gaz émis dans l’atmosphère terrestre par le dégazage du pergélisol, des arbres et des fonds océaniques. L’emballement se produit lorsqu’un point de rupture est atteint et que la libération des gaz stockés est suffisamment importante pour libérer encore plus de gaz stockés, malgré l’arrêt complet de l’apport anthropique (causé par l’humain).

Oui, il est fort probable que la prochaine période glaciaire n’ait pas lieu grâce aux rejets dans l’atmosphère de nos gaz à effet de serre. Dit ainsi, ce résultat semble positif. Ce qu’il faut y comprendre, toutefois, c’est qu’à cause de l’emballement thermique, nous ne vivrions pas dans un congélateur, mais dans un four crématoire.

Nous savons que l’humain a déjà survécu à plusieurs cycles de glaciation en migrant à des latitudes plus basses. Mais si un emballement thermique devait survenir, nous n’aurions nulle place sur terre où se cacher. Il nous resterait peut-être sous terre ou quelque part dans l’immensité de l’espace. Et nous ignorons totalement comment survivre longtemps dans ces deux milieux inhospitaliers.

En ce qui me concerne, je mise tout sur un réchauffement brutal et catastrophique. Il faut bien assumer la réputation d’oiseau de malheur rattaché à mon nom.

Tasmanie, l’ile oubliée

Situation géographique, géologie et surprises.

Le nom de Tasmanie évoque une terre éloignée, sauvage et vierge, mais à part ça, je n’aurais pas pu situer ce pays avec précision. Pour moi, nord-américain, je la plaçais à l’autre bout de la planète. J’avais raison sur ce point. Par contre, la Tasmanie n’est pas un pays, mais un état de l’Australie. C’est un groupe d’iles du plateau continental australien situé à 200 km au sud-est de l’ile-continent au niveau des quarantièmes rugissants (les 40e parallèles de l’hémisphère Sud). Cette position fait en sorte que la plus proche terre située à l’ouest aux mêmes lattitudes est l’Amérique du Sud. Ainsi, les vents d’ouest qui frappent sa côte ne subissent aucune entrave sur près de 20 000 kilomètres. Enfin, en canotant sur 1 900 km en direction opposée, vers l’Est, on atteint la Nouvelle-Zélande.

Il y a 200 millions d’années, la Tasmanie et sa grande sœur, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Nouvelle-Guinée, l’Amérique du Sud, l’Afrique, l’Arabie et Madagascar, l’Afghanistan, l’Inde et l’Antarctique formaient le Gondwana, un supercontinent dont ses parties sont aujourd’hui dispersées sur une grande superficie de la Planète. À cette époque reculée, l’Antarctique était verdoyant et touchait à la Tasmanie, partageant ainsi une flore commune.

La majeure partie de la Tasmanie est composée de dolérite, une roche dure et dense. On la trouve au centre et à l’est de l’ile. Au nord-est, c’est surtout du granite. À l’Ouest, le sol est plus varié, malgré une abondance de quartzite, une autre roche très dure. Il va sans dire que la Tasmanie possède un sol passablement pauvre. C’est peut-être la raison pour laquelle certaines plantes et arbres sont des fossiles vivants. On peut effectivement trouver dans certaines régions sauvages une flore datant d’avant la fracture du Gondwana. Des espèces végétales vieilles de 250 millions d’années ! D’ailleurs, le tiers de sa superficie est une « zone de nature sauvage » protégée et reconnue par l’UNESCO comme faisant partie du patrimoine mondial.

Ne serait-ce que, pour cette raison, la Tasmanie est un endroit vraiment exceptionnel oublié par le temps et l’évolution. Toutefois, elle recèle d’autres secrets et étrangetés comme on peut s’en douter en évoquant… son diable, par exemple.

À suivre.

Lire la suite « Tasmanie, l’ile oubliée »

Pauvre Charles Darwin !

Les détracteurs de la théorie de l’origine et de l’évolution des espèces de Darwin sont nombreux. Les créationnistes sont probablement les mieux connus, mais il en existe plein d’autres, dont plusieurs théologiens et les néo-évhéméristes qui considèrent les progrès fulgurants de l’espèce humaine comme étant dus à des manipulations génétiques opérées par des extraterrestres en vue d’accélérer notre évolution plutôt qu’à des changements dus uniquement à la façon dont la Nature fonctionne et à nos activités parmi celle-ci.

On tente également de réfuter Darwin à partir de l’évolution de notre pilosité. D’après ces penseurs, perdre sa fourrure ne constitue pas une évolution puisqu’elle nous aurait obligé à nous vêtir, ce qui constitue une mésadaptation dans le cadre d’une nature où règnent généralement le trop froid ou le trop chaud. Les poils isolent bien la peau des sévices causés par ces deux extrêmes. Un autre exemple bien connu est le fait que le grand naturaliste aurait dit que l’humain descend du singe.

Je dois dire à tous ces gens qu’ils auraient dû lire « L’origine des espèces » et le lire en entier, et le lire pour le comprendre, parce que Darwin n’a jamais dit l’une ou l’autre de ces faussetés. Je suis certain qu’ils ne se basent pas sur leur propre lecture, mais sur des interprétations de gens désirant à tout prix démolir cette théorie à coups d’arguments fallacieux et de propos tirés de leur seule imagination plutôt que des écrits réels de Darwin.

Pour ceux qui croient que la vitesse de l’évolution de l’humain ne peut pas avoir été naturelle, j’aimerais qu’ils me fournissent une liste des autres espèces aussi évoluées que nous, ou plus, qui habitent sur d’autres planètes et qui ont connu une évolution beaucoup plus lente que la nôtre, prouvant que nous n’aurions pas pu évoluer aussi rapidement sans un coup de pouce (ou peu importe le nom que les extraterrestres lui donne) de créatures extra planétaires. Il me faudrait également la liste des espèces ayant reçu ce coup de pouce pour comparer les vitesses d’évolution des deux groupes témoins à la nôtre. Nous pourrions ainsi douter, sans encore toutefois en être totalement certains, que notre évolution ressemble plus à celle du premier ou du second groupe témoin et ainsi en tirer une hypothèse réaliste. Malheureusement, seules des archives permettraient de déterminer, sans conteste possible, si nous avons évolué seuls ou en étant aidés d’une quelconque façon. Conclusion, sans posséder aucun point de comparaison scientifique réellement comparable et dénué d’arguments démagogiques, on ne peut absolument rien déclarer sur la vitesse de notre évolution, peu importe qu’on la trouve rapide ou même époustouflante.

En ce qui concerne notre pilosité ainsi que d’autres exemples du même acabit, Darwin a insisté plusieurs fois dans son livre sur le fait qu’évoluer ne signifie en rien s’améliorer. L’évolution est aléatoire. Certaines espèces en bénéficient, d’autres y perdent au change et plusieurs en sont indépendantes. Perdre nos poils n’a pas été un avantage face à une nature inclémente. Il peut toutefois avoir accéléré nos besoins de trouver rapidement une parade et notre recouvrement par la peau d’un animal mort aurait été notre réponse. Ce faisant, l’obligation de se promener avec une fourrure naturelle serait devenue moins importante, ce qui aurait permis aux partiellement glabres et ensuite aux glabres de continuer à se reproduire et ainsi de transmettre ce caractère génétique à leur descendance. Les détracteurs omettent également le fait que l’humain a pratiquement été exterminé de la surface de la terre à quelques reprises. Mais ça ferait tache parmi leurs arguments déjà pauvres en quantité et nuls en qualité.

Et enfin, pour en finir avec le fait que Darwin nous aurait comparés à des singes en nous plaçant dans leur filiation, c’est un autre mensonge éhonté. Les singes et l’humain sont des branches bien distinctes dans un immense arbre dont le tronc est un organisme unicellulaire vivant il y a 4 milliards d’années. Alors, tant qu’à faire, en utilisant leur même logique défaillante, je les compare à une éponge, à une amibe ainsi qu’à une algue puisque ces trois organismes partagent également des ancêtres communs avec nous. Peut-être trouveront-ils ainsi le singe plus acceptable après tout. Quoique le plaisir que je ressens à les associer à une éponge ou à une algue est trop grand. Je pense que je vais écrire un livre pour parler d’eux. Je l’intitulerai « L’origine des espèces… ignares et fières de le rester ».

Dans un autre article, j’aborderai une erreur commise par Darwin et elle ne concerne pas ce dont je viens de parler. Une erreur qui semble lui avoir passé sous le nez. C’est tout de même encourageant pour nous. Elle permet de constater que personne n’est à l’abri d’en commettre.

 

Univers et simulation

Notre Univers est-il simplement une simulation produite par un ordinateur, un programme destiné à inventer des lieux, des caractères et du temps ? Bien que ce genre de questionnement semble ridicule au premier abord, de plus en plus de scientifiques ont commencé à se poser sérieusement la question.

Certains éléments troublants tendraient à démontrer que nous ne sommes que des entités créées par un fabuleux système de simulation. Dans la trilogie Matrix, les gens vivent deux vies. L’une est créée artificiellement tandis que la vraie est utilisée comme unité de calcul pour générer la précédente. Même si l’on élimine ce concept de duplication, il se pourrait fort bien que notre monde soit entièrement créé par un système destiné à inventer la vie telle qu’on la connait.

Le premier argument en faveur de cette hypothèse repose sur le fait que l’Univers répond trop bien à des formules mathématiques et l’on sait que tout ce qui est mathématique est généralement calculable par un ordinateur. Un autre indice repose sur les valeurs des constantes de la Nature. Elles correspondent trop précisément à celles qui sont absolument requises pour créer un Univers non stérile. Un iota de différence et l’Univers n’aurait jamais pu produire des étoiles, des galaxies, des éléments chimiques variés et encore moins des molécules complexes pouvant engendrer la vie.

D’autre part, la difficulté de marier la physique quantique avec la physique relativiste apporte de l’eau au moulin, tout comme les singularités liées aux trous noirs et au big bang. Un autre argument vient de la théorie de l’information. On serait capable de faire tenir toute l’information liée à un objet tridimensionnel sur une surface bidimensionnelle. C’est ce qu’on nomme le principe holographique. Ainsi, certaines dimensions semblent dotées d’une curieuse propension à être quelque peu évanescentes ou qu’apparentes. Et si une dimension peut n’être qu’illusion, alors pourquoi pas toutes ?

Le fait que notre Univers semble fini, qu’il contient une quantité relativement compréhensible de matière tend également à prouver qu’il est issu d’un programme informatique prenant en charge toutes les interactions s’y déroulant. D’autres bizarreries issues de la physique quantique pourraient s’expliquer par le concept de simulation. Par exemple, l’intrication quantique qui permet à un électron d’adopter instantanément un spin selon celui d’un second électron pouvant être situé à l’autre bout de l’Univers semble défier les lois du bon sens et de la causalité, sauf si on considère que ces deux électrons sont gérés par un système externe ayant toutes les capacités requises pour simuler deux objets virtuellement liés.

Alors, comment pourrait-on s’y prendre pour confirmer ou démentir cette hypothèse ? Bien que les éventuels concepteurs de ce méga système n’ont certainement pas les mêmes propensions que Microsoft pour générer des bogues, leur système d’exploitation pourrait quand même être affecté par des ratés occasionnels. Toutefois, la longueur d’une vie humaine est certainement microscopique par rapport au temps moyen où une anomalie ou une panne risque de survenir. Alors, ce faisant, nous n’aurions que très peu de chance de nous en apercevoir. D’autre part, il est très difficile de connaitre quels seraient les effets de ces pannes de système sur nos vies. Pourraient-elles passer totalement inaperçues ? Peut-être, mais peut-être pas, on n’en sait évidemment rien.

L’histoire est cependant à suivre puisque les télescopes modernes fouillent de plus en plus loin dans le passé et regardent de plus en plus d’objets simultanément avec une précision inégalée. Alors, peut-être verrons-nous un jour un événement astronomique impossible à expliquer autrement que par une théorie mettant en œuvre une simulation effectuée à l’aide d’un ordinateur chapeautant tout notre Univers.

Ainsi, la réalité de nos existences se résumerait peut-être à des formules mathématiques calculées par un ordinateur existant dans une autre réalité que la nôtre. À cet effet, la nouvelle intitulée « L’audience » dans mon livre « Scénarios de fins du monde – 1 » donne un aperçu de ce que pourrait être notre Créateur.

Utérus et société.

Y a-t-il un avantage évolutif à être vivipare plutôt qu’ovipare ? Si on se pose la question en regardant le passé, on serait porté à croire que l’utérus a supplanté l’œuf. Fait indéniable, les dinosaures ont disparu alors que les mammifères, eux, ont prospéré depuis qu’un mont Everest filant à 30 000 kilomètres à l’heure est tombé sur la Terre voilà 66 millions d’années.

Pragmatiquement, l’utérus a un sérieux avantage durant la première partie de la gestation. Un œuf se fait voler puis manger par une foule de prédateurs cherchant une prise facile. Suffit que maman et papa soient suffisamment éloignés du nid. Puisque papa préfère se taper une autre milf que de surveiller de futurs rejetons et que maman est bien obligée d’aller bouffer d’autres ovipares, les œufs restent souvent sans défense. Tandis qu’un utérus garde le ou les bébés avec sa mère lorsqu’elle part se nourrir. Alors les affamés n’ont qu’à bien se tenir puisque être chapardeur ne suffit plus. Ça prend maintenant des qualités de chasseur carnivore et être équipé conséquemment pour affronter une future maman bien déterminée à rendre son embryon à terme.

Mais une mère en fin de gestation, alourdie par le poids de ses bébés, devient plus vulnérable. Ensuite, pour aider à mettre bas, certains placentaires mettent au monde des bébés passablement immatures. C’est le cas de l’humain dont la position verticale a eu pour effet de rétrécir le bassin. Ses rejetons vivent donc longtemps aux crochets de leur mère, ce qui a tendance à créer un environnement fragilisé pendant aussi longtemps que ses bébés restent dépendants.

Pour solutionner le problème de fragilisation des mères et de ses rejetons, les placentaires n’ont pas eu d’autre choix que de créer des sociétés permettant aux petits et à leur mère d’être protégés par d’autres membres de leur communauté. Ainsi, de nécessité en nécessité, les sociétés ont évolué et se sont renforcées, permettant aux petits de grandir à l’abri des prédateurs.

Les œufs par contre ont une hygiène naturelle. Ces coquilles renferment le garde-manger des petits pour toute la durée de la couvaison et quand ils en sortent, la maman est en possession de tous ses moyens. Au contraire, la maman placentaire doit bien souvent recouvrer les forces après avoir passé un temps relativement long à supporter la dernière phase de sa grossesse et surtout l’accouchement.

Ainsi, la viviparité humaine a exigé la création de sociétés, ce qui a permis la spécialisation de ses individus et par le fait même, la croissance de ces groupes dont chaque membre est dépendant de l’ensemble. L’obligation de sédentarité occasionnelle ou permanente a par la suite engendré l’agriculture et l’élevage qui ont accru les besoins de recourir à des métiers spécialisés et par conséquent, notre dépendance mutuelle.

Aurions-nous pu évoluer jusqu’à notre état actuel si nous étions restés ovipares ? Il faudrait connaitre tout un tas de sociétés extraterrestres pour en tirer une conclusion en ce sens, ce qui nous échappe encore. Cependant, le succès d’une recette n’interdit pas d’en avoir plus d’une qui puisse fonctionner. Surtout que notre viviparité a exigé une modification génétique majeure de notre système immunitaire. Un corps étranger est censé être repéré, tué puis évacué par notre organisme. Les mères ont donc vu leur ADN modifié pour permettre la conservation intra-utérine de certains aliens que sont leurs bébés. C’est un changement majeur, car dans un certain sens, il nous affaiblit face à d’autres corps étrangers dangereux, ce que l’oviparité permet d’éviter totalement.

Il est toutefois certain que je ne serais pas en train d’écrire sur un ordinateur si chacun de nous étions restés des chasseurs-cueilleurs. Cela a nécessité des millions, voire des milliards d’individus surspécialisés pour en arriver à inventer et fabriquer ces outils de haute technologie. Des gens qui, bien au-delà de leur maturité sexuelle, sont restés improductifs pour la société jusque dans la vingtaine avancée (et bien plus dans certains cas).

Ainsi, l’utérus et la chute d’une météorite géante ont favorisé l’apparition d’un grand primate un peu plus malin que la moyenne. Un animal qui finira par acquérir la connaissance nécessaire pour faire disparaitre toute forme de vie plus évoluée que les bactéries.

L’Antarctique, terre de glaces et de mystères

Paradoxalement, ce septième continent éloigné de tout fascine de plus en plus de gens. C’est tout de même étrange puisque ce pays de glace s’étendant sur une superficie de 14 millions de kilomètres carrés est plutôt monotone. Presque aucune flore, que des manchots, des phoques et des sternes, on fait vite le tour de la question. Par contre, certains scientifiques y trouvent leur compte pour d’autres considérations. Puisque c’est un désert, l’air y est très sec, il n’existe aucune pollution lumineuse, la nuit y est totale pendant plusieurs mois, des conditions idéales pour y installer des observatoires astronomiques.

Ces recherches scientifiques pourraient peut-être expliquer la présence au début décembre 2016 de Buzz Aldrin, le second homme à avoir marché sur la Lune. Peut-être. Certains semblent avoir d’autres théories plus exotiques. Presque au même instant, le secrétaire d’État des USA, Jim Kerry, y faisait un saut lui aussi. Pourquoi ? C’est également un mystère puisque le numéro 2 de la Politique américaine n’a rien d’officiel à y faire. Et il y a plus étrange encore. Le Patriarche Cyrille (Kirill) de l’Église Orthodoxe moscovite a, lui aussi, débarqué sur cette terre de désolation au lendemain de son tête-à-tête historique avec le pape François en février 2016. Plutôt étrange, car à ma connaissance, les phoques sont toujours athées et les sternes n’en ont que pour la sardine. Bien peu d’âmes à convertir et bien peu de fidèles à rencontrer. Mais alors, quelles raisons peuvent bien attirer tous ces gens atypiques de ce milieu jusqu’au bout du monde ? Est-ce la même raison qui attirait les sympathiques nazis en 1938 ? Depuis un certain temps, des rumeurs persistantes de bases secrètes d’extraterrestres ou d’intraterrestres circulent parmi les adeptes des théories du complot et autres penseurs alternatifs. D’autres parlent des nazis qui y auraient pris pied juste à la fin de la Seconde Guerre mondiale, emportant là-bas des trésors et peut-être Hitler lui-même. Cette théorie est beaucoup moins folle qu’il n’y parait lorsqu’on sait que la dépouille reconnaissable de l’ancien führer n’a jamais réellement été présentée au public.

Quoi qu’il en soit, ce continent est suffisamment vaste pour receler bien plus d’un mystère. Certains nous seront progressivement révélés, ils font partie des énigmes scientifiques qui trouveront réponse un jour ou l’autre. Quant aux extraterrestres, aux intraterrestres ou aux nazis, gageons qu’ils resteront pour longtemps encore des conjectures irrésolues ou des vérités tues.

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Du zéro, de la température et des chemins glacés… des prédictions

Zéro est un chiffre et un nombre. Une valeur nulle, mais zéro, ce n’est pas rien. Zéro est important, surtout lorsqu’il est situé dans un nombre composé de chiffres dont leur position relative leur confère une valeur différent du chiffre en soi. L’habitude d’écrire des nombres en base 10 est tellement ancrée qu’on en finit par oublier que dans le nombre 2847, le 4 vaut 40 et le 2 vaut 2 000, car les zéros ne valent pas rien.

Remarquez, le zéro n’apparait pas dans la suite des chiffres romains ? Même si leur base de calcul est également 10, le zéro est tout de même inexistant, et pour cause. À cette époque, les nombres servaient seulement… à compter. Ils comptaient des jours, des soldats, des sesterces, des acres, bref des choses comptabilisables. Lorsqu’ils n’avaient rien à compter, ils ne comptaient pas. Ainsi, puisque le zéro n’avait aucune utilité pratique, les Romains n’ont pas vu l’intérêt de donner une réalité à ce chiffre plutôt particulier.

La valeur zéro revêt une signification bien étonnante lorsqu’on l’utilise pour évaluer une température. Longtemps l’humain s’est demandé ce qu’était vraiment la température. Sachant même la mesurer, il ignorait toutefois ce qu’il mesurait exactement. Puis la température s’est progressivement laissé saisir. Aujourd’hui, on sait exactement ce qu’on mesure lorsqu’on plonge un thermomètre dans un milieu quelconque. On mesure l’agitation des atomes ou des molécules de ce milieu. Plus ils sont mobiles, plus la température est élevée. En revanche, plus ils sont figés, plus on se rapproche du zéro de température. Pas le zéro degré Celsius, mais le zéro kelvin, également appelé le zéro absolu. À zéro kelvin, les briques élémentaires de notre monde ont cessé de s’agiter. Cette température valant -273,15 °C, le zéro kelvin est une limite improbable à atteindre à cause des lois quantiques. Aujourd’hui, le record de froid atteint lors d’expérimentations scientifiques très sophistiquées est 450 pK (picokelvin) ou 0,000 000 000 450 kelvin.

L’unité de température kelvin a été donnée en l’honneur de William Thomson, Lord Kelvin qui en élabora le principe. Pour ceux dont ce physicien reste méconnu, il était l’une des plus importantes figures scientifiques de la fin du XIXe siècle, principalement en thermodynamique. Lors d’un exposé à la Royal Institution de Londres en 1900, il déclara qu’à part deux petits nuages, la physique arrivait au bout de son parcours. Ces deux nuages devinrent quelques années plus tard la physique relativiste et la physique quantique, les deux pans fondamentaux de la physique actuelle. Comme quoi, on a beau avoir inventé le zéro absolu, il est fort possible d’obtenir une note de zéro lorsqu’on s’attaque à faire des prédictions, même dans son propre champ d’expertise, y compris pour le plus grand spécialiste de son domaine.

Nous devons à tout prix garder une attitude suspicieuse lorsqu’une sommité veut nous éblouir avec des prédictions basées sur des faits et des calculs indéniables. Malgré que ces huiles puissent être admirables, ils deviennent faillibles comme nous tous lorsque, imbus, les impudents s’aventurent imprudemment sur les chemins glacés des prédictions.

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La langue des Gaulois d’Amérique

Je suis d’origine québécoise, mes ancêtres sont français et amérindiens. Quand j’étais jeune, tous les gens ordinaires parlaient joual. Ce mot provient de la déformation du mot « cheval ». À l’instar du créole, le joual est un mélange de langues. Dans ce cas précis, le joual louvoie entre le français, le vieux français et l’anglais. Rajoutez-y une grammaire bicéphale, une prononciation lâche sur un fort accent breton moyenâgeux et vous obtenez un résultat plutôt incompréhensible pour les gens d’autres origines.

Durant les décennies 1960 et 1970, la révolution tranquille, c’est le nom qu’on a donné à notre affirmation comme peuple distinct libéré des jougs de l’Église catholique et de la domination anglaise, nous a rapprochés de nos origines françaises. Nous avons peu à peu épuré notre langue des mots et des expressions anglaises de mauvais aloi. Ce travail se poursuit encore aujourd’hui, car la culture a de la mémoire. Qui plus est, nous sommes 8 millions d’individus rassemblés sur un territoire entouré d’un océan de 400 millions d’anglophones. L’on constate bien évidemment que l’anglais est fortement prisé, il permet mieux que d’autres langues, dont le français, d’inventer des néologismes. À une époque où la technologie avance à un train d’enfer, le français peine à suivre le rythme de création des mots-valises et des acronymes composés à partir de mots techniques.

Tâche difficile pour un peuple géographiquement isolé de protéger sa langue face à une autre langue dont ses hégémonies tant géographique que technologique la rendent si attractive. Nous avons créé des institutions et avons voté des lois pour soutenir notre langue. Nous encourageons les immigrants à parler français. Nous le mettons en valeur, nous l’embellissons, nous y apportons notre contribution et nous travaillons sans relâche à contrer la puissance d’assimilation de l’anglais. Ainsi, nous nous empressons à créer des néologismes lorsqu’un mot anglais, souvent technique, cherche à s’imposer. Nous forçons l’usage des bons mots français ou des bonnes expressions françaises lorsqu’ils existent. Nous produisons nos propres émissions de radios, de télé, nos propres films, notre propre théâtre. Nous écrivons et éditons des tas de livres, malgré leur faible rentabilité. Nous nous efforçons d’être à l’affût des pièges linguistiques qui finissent par dénaturer une langue. Bien sûr, l’anglais reste incontournable qu’on soit Chinois, Russe, Argentin, Finlandais ou Québécois. Paradoxalement, le pourcentage de Québécois parlant couramment l’anglais est en forte hausse depuis notre révolution tranquille, car nous ne combattons pas le bilinguisme, nous combattons l’absence du français. Nous combattons l’anglicisation des allophones au détriment de leur francisation. Nous exigeons de travailler en français, de nous servir en français dans les boutiques, les restaurants et nos institutions logeant sur notre territoire. Plus qu’ailleurs, l’image de l’irréductible village gaulois convient très bien au peuple québécois faisant face à l’envahisseur anglophone omniprésent. Nos caricaturistes montrent d’ailleurs régulièrement nos dirigeants portant les habits de l’un ou de l’autre des personnages de la fameuse bande dessinée. Dans le prochain article, j’aborderai l’évolution de la langue française et son avenir.

Le poids des …ages (les solutions)

Notre bagage génétique déficient nous a rendus bien mal outillés pour vous assister lorsque, le samedi matin, vos yeux assassins nous fusillent sans possible riposte parce que nous restons étendus, amorphes, décatis devant la télé diffusant un interminable tournoi de golf. Vous voyez bien que quelque chose ne tourne pas rond dans notre tête ! Si les …ages auquels vous nous conviez si expressément étaient rédempteurs, nous serions les premiers à les accepter dans la joie et l’allégresse. Au contraire, nous préférons suivre d’un regard vide, hagard et hypnotique une minuscule petite balle blanche refuser obstinément de disparaitre au fond d’une coupe située à l’autre bout du pays. Le poids des …ages nous vieillit prématurément, a un effet néfaste bien connu sur notre libido et malgré tout, vous insistez quand même pour nous atteler comme si nous étions devenus de vieux canassons juste bons à exécuter ces travaux qu’une grand-mère peut encore très bien accomplir sans aide, malgré une démarche et une dentition vacillantes.

Mais il y a pire. Lorsque votre torture psychologique parvient finalement à vaincre notre courageuse résistance, lorsque, grâce à des ruses qu’aucun sioux ne s’abaisserait à utiliser, vous parvenez à faire de nous des conscrits, que nous crawlons de reculons jusqu’au gibet en vous implorant de nous laisser la liberté, votre âme insensible de tortionnaire ne démontrant aucune empathie pour votre victime, vous poussez la cruauté jusqu’à exiger de nos malheureuses personnes d’exécuter ces ignobles travaux selon vos règles et standards qui ont, avouez-le, la fabuleuse propension à se moduler aléatoirement de semaine en semaine.

Ainsi, malgré notre important apport à vos travaux forcés, vous avez toujours des reproches à nous adresser sur la façon dont nous nous sommes débrouillés pour compléter l’interminable liste des …ages du week-end. Vous n’hésitez jamais à nous obliger à recommencer le travail pour lequel nous avons dépensé tant d’énergie sous peine de nous priver de gâteries la prochaine nuit venue. Évidemment, toutes nos maladresses parfaitement compréhensibles iront grossir la pile des railleries à notre sujet lorsque vous vous réunirez avec vos amies pour partager vos atrocités et faire part de nos performances inévitablement inférieures à votre niveau de satisfaction, fut-il aussi irréaliste que jouer une ronde de 65 au golf. Si vous l’ignorez, ceux qui réussissent ce fabuleux score sont payés des millions et n’ont probablement jamais touché à un …age de leur vie.

J’en appelle ardemment à votre humanisme, le même mis de l’avant lorsqu’il est question d’animaux blessés, et je vous prie, je vous supplie de mettre fin à vos exactions à notre égard, car si les …ages sont pour vous d’une importance supérieure à celle de notre bien-être, si vous traitez mieux votre chat que votre chum en ne le privant jamais, lui, de ses gâteries quotidiennes préférées même s’il ne plie jamais des pyramides de linge, sachez que vous jouez dangereusement avec le destin de l’humanité. Devenez plus conciliante, et plutôt que d’aller au spa avec vos amies de filles, faites des partys d’… ages ensembles. Ainsi, vous cesserez de nous torturer, de nous humilier, et obtiendrez en retour des résultats supérieurs en tous points. Si vous acceptez ma proposition, au nom de tous les hommes, je vous promet solennellement de vous vouer une reconnaissance éternelle jusqu’au week-end prochain et de jeter aux ordures les vieilleries de votre mère qui encombrent tant le lieu le plus stratégique de la maison, c’est-à-dire le garage. Et surtout, surtout, tout homme sur la Terre vous jurera sans faillir à cette promesse de faire le ménage dans vos paires de souliers. Ainsi, ça vous aidera à vous débarrasser de cette fâcheuse tendance à les disséminer partout dans la maison. De plus, vous comprendrez enfin la différence entre souliers de montagne et montagne de souliers. Un seul geste, trois résultats positifs, c’est ça l’efficacité masculine à son meilleur lorsqu’il est question de réaliser des tâches ménagères. Il faut simplement nous demander d’effectuer les bons …ages. Comme vous voyez, les solutions se trouvent juste au bout de vos doigts. Vous nous excuserez, mais en attendant de recevoir enfin les bonnes tâches à accomplir, la dernière ronde du prestigieux tournoi de golf vient tout juste de commencer.

Le poids des …ages (suite)

Génétiquement, nous sommes désavantagés face à l’accomplissement de ces damnés travaux domestiques. Pour ceux qui en douteraient encore, relisez Darwin et vous comprendrez que c’est non seulement possible, mais très réaliste. On ne peut accomplir efficacement une fonction qui nous a toujours échappée. Car pendant que nous retroussions les babines du tigre à dents de sabre, que nous tentions d’acculer le mammouth laineux au bord du précipice sans se faire embrocher comme un lapin, nourriture de fortune les jours où le foutu mastodonte nous tenait malheureusement tête, vous vaquiez aux tâches importantes consistant à gérer tous les aspects du quotidien et plus particulièrement les fameux …ages, sauf le repassage qui viendra beaucoup plus tard, car c’est bien connu, à l’époque vous connaissiez l’art et la technique de confectionner nos habits en tissus infroissables. En parlant de repassage, tapez ce mot dans votre moteur de recherche préféré et vérifiez le nombre d’images montrant un gars attelé au fer et à la planche. Je dirais 2 % de toutes les illustrations et photos nous montrent face à notre calvaire. D’ailleurs, on parle constamment de femme de ménage et d’homme à tout faire, les tâches attendues de l’homme à tout faire étant toutes celles non dévolues à la femme de ménage. Oui mesdames, croyez-en mon expérience, vous avez un œil d’aigle pour voir la poussière microscopique, le petit pli revêche, la tache invisible qui vous agacent tant et pour lesquels, vous nous montrez de façon tout à fait excessive votre plus sale caractère. Mais cette saleté-là, pas question d’y toucher, ni vous, et encore moins votre victime favorite. Ça fait partie du merveilleux paradoxe féminin.

Dans le prochain épisode, je vous parlerai, entre autres, des effets psychologiques dévastateurs des …ages sur l’homme.

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Le poids des …ages

C’est un secret de gang de filles, nous, les gars, avons depuis longtemps développé au sein de notre code génétique une intolérance aiguë pour tous les travaux dont la prononciation se termine en « … age » : ménage, lavage, repassage, pliage, dépoussiérage, sage et plus encore. Seuls patinage et garage ne nous donnent pas d’urticaire et c’est normal puisque ce ne sont pas des tâches, ce sont des refuges pour hommes maltraités. Et mesdames, vous aurez beau mettre un accent circonflexe sur le mot tâche, pour nous ça constitue toujours des taches dans l’existence de l’homme moyen. Pensez-y quelques instants et l’évidence vous sautera au visage comme un barbecue que vous essayez d’allumer pour la première fois au printemps. Vous aurez bientôt l’occasion de lire la suite de mon argumentation. N’ayez crainte, elle sera à la hauteur de mon dédain pour tous ces …ages qui pèsent si lourd sur notre existence de mâles. Lire la suite « Le poids des …ages »

Avenir à venir

Combien de livres, combien de films, combien d’histoires parlent du destin, de la fatalité ? Comme si notre vie était toute tracée d’avance et que nous n’avions qu’à nous laisser porter par notre destinée jusqu’à un but tenu secret, mais bien réel. Plusieurs scénarios viennent instantanément à notre esprit où l’on voit des gens de toutes origines accepter de devenir meilleurs pour sauver des personnes ou des mondes dévastés par une calamité humaine ou autre. Malgré la fiction entourant ces personnages et leurs histoires, même si on est voué à jouer un rôle beaucoup plus secondaire et humble dans la vie, il est presque rassurant d’imaginer notre existence entre les mains d’un Grand Architecte.

Ainsi, plutôt que de forger notre place dans le monde, il suffirait de s’intégrer au moule préformé et d’en accepter les conséquences, positives ou affreuses. Personnellement, cette conception de la façon dont l’univers fonctionnerait, d’un Grand Patron omnipotent ayant écrit toutes nos existences avant même notre naissance, me rejoint très peu. Bien entendu, je passerai pour un mauvais croyant aux yeux des gens ayant foi en ce genre d’entité régentant nos actions, nos épreuves et nos destinées. La plupart d’entre eux croient également à l’existence d’une certaine part de liberté puisqu’il serait d’une infinie tristesse si nous n’étions que des marionnettes inconscientes de notre situation réelle. Mais voilà, ces deux conditions réunies se mêlent aussi bien que l’huile et le vinaigre. Notre existence ne peut pas être écrite et notre entité posséder un degré de liberté quelconque. Nous sommes l’écrivain d’une partie de notre biographie. L’écriture de certains passages ou chapitres de notre existence nous appartient alors que d’autres ont été ou seront rédigés par des gens de notre entourage ou par des rencontres fortuites. C’est normal, naturel et moins beaucoup moins attristant ainsi. L’écriture de notre avenir reste encore… à venir.

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Des canots, une ile, du vent, une nuit

Le lac Ouareau dans Lanaudière. Un plan d’eau de 15 km2 enclavé entre plusieurs montagnes. Son nom voudrait dire « vents tournants » en amérindien. J’ignore si l’origine de son appellation est véridique, mais le vent n’a pas usurpé ce qualificatif. Difficile d’y pratiquer des activités nautiques, surtout lorsque le grain survient sans avertissement.

Le lac est suffisamment vaste et profond pour soulever des vagues de plus de deux mètres lorsque l’air s’engouffre entre les montagnes dans le sens de sa longueur. Il suffit alors de quelques bourrasques pour coucher n’importe quelle embarcation menée par des gens moyennement expérimentés, ce qui est généralement le cas sur ce type de plan d’eau situé en zone de villégiature. Ayant vécu plusieurs années sur ses berges, j’ai quelques anecdotes à raconter. En voici une.

À l’ouest du lac s’élève le mont La Réserve. Le soleil s’y couche et lorsqu’on est à l’ombre de ce massif rocheux, pour mieux admirer le crépuscule, il est préférable de se déplacer. Le centre du lac est un excellent endroit et justement il s’adonne qu’une ile s’y trouve. Ainsi, j’amenais occasionnellement des vacanciers sur cette ile après le repas du soir pour admirer le coucher du soleil et terminer la journée autour d’un feu de camp avant de revenir à l’auberge ou de passer la nuit à la belle étoile, selon le désir de chacun. Un soir, la météo a voulu décider pour nous. Alors que nous étions tous occupés à chanter des airs autour du feu de camp, le vent s’est mis à croitre et le bruit qu’il faisait dans la cime des arbres, pour moi, annonçait l’état du plan d’eau. Je connais suffisamment le lac et ses vents pour savoir que celui-ci ne tomberait pas avant plusieurs heures. J’annonce donc aux gens que le retour en canot est compromis et que, par précaution, nous devrons tous rester sur l’ile pour la nuit. Sur la vingtaine de personnes, une dizaine avaient apporté leur sac de couchage tandis que le reste avait planifié retourner à l’auberge.

Dire à des adultes qu’ils doivent changer leur projet, il y aura toujours un individu dans un groupe qui voudra s’en tenir à son plan d’origine, peu importe le contexte, et c’est exactement ce qui arriva. Un gars plus décidé que les autres cherchait un coéquipier pour retourner à l’auberge. Malgré des apparences pas totalement défavorables lorsqu’on était sur la plage, je savais pertinemment que ce n’était qu’apparences et qu’au large, le vent soulevait de fortes vagues. Mais pour certaines personnes, ce qui est hors de leur champ de vision devient hors du champ de la réalité. J’anticipais réellement une catastrophe, car personne parmi les vacanciers n’avait suffisamment d’expérience pour affronter cette météo. Et la volonté du protestataire semblait inébranlable malgré ma description plutôt précise de ce qui l’attendait. De plus, il cherchait à entrainer une autre personne dans son aventure puisqu’il était au moins conscient qu’il ne pouvait pas manœuvrer seul l’embarcation. Mais était-ce mieux ? Il ne me laissait donc pas le choix. Le raisonner par une description par anticipation s’avérait impossible, je devais lui démontrer clairement ce qu’il refusait de croire.

Chez certains individus, moins ils ont de l’expérience dans un domaine et plus ils refusent les conseils de gens plus expérimentés. Ce sont ceux-là mêmes qu’on récupère en morceaux, ou ballonnant à la surface de l’eau quelques jours plus tard. Mais malgré le caractère provocateur et suffisant de ce personnage, je n’avais aucunement intention de le laisser se donner en pâture aux brochets. J’ai donc décidé d’utiliser son entêtement pour servir ma cause, mais pour ce faire je devais d’abord remporter un pari. Je me suis proposé d’être son coéquipier pour faire un essai d’une centaine de mètres sur le lac. Au retour, s’il considère la traversée suffisamment sûre, il en informera le groupe. Dans le cas contraire, nous resterons tous ici en nous débrouillant pour passer la nuit avec les sacs de couchage, les canots, les gilets de sauvetage et les serviettes de plage que nous possédions. Le marché fut accepté pourvu qu’il me laisse la gouverne à l’arrière du canot. Il accepta, sachant bien qu’il n’avait aucune expérience pour diriger l’embarcation par temps fort.

La nuit était d’un noir d’encre puisque les lourds nuages qui occasionnaient ces rafales obscurcissaient également tout le ciel. Alors une fois que nous nous fûmes éloignés des lueurs de notre feu, la réalité s’est soudainement abattue sur lui comme une chape de plomb. Des vagues de plus en plus impressionnantes se mirent à assaillir notre frêle embarcation, et pourtant je savais que nous étions encore loin d’avoir rencontré les plus grosses qui sévissaient un peu plus au large. Même en plein jour, ce n’aurait pas été un temps pour mettre les canots à l’eau, mais la noirceur dissimule bien les vils desseins du temps en laissant entrevoir un degré de félonie beaucoup moins important que la réalité. C’est ce qu’a finalement compris mon partenaire canotier qui a pu ressentir ce que je décrivais précédemment, soit le fait de se retrouver seul, en totale noirceur, dans une minuscule embarcation instable sur un vaste plan d’eau composé de furieuses vagues invisibles qui frappent la proue sans relâche et causent tangage, roulis et lacet, tout en éclaboussant à répétition le malheureux avironneur amateur en perte de confiance et de ses moyens.

Lorsque je l’ai vu tenir son aviron au-dessus de sa tête en signe d’impuissance, j’ai alors saisi l’occasion pour lui demander si on continuait ou si on faisait demi-tour. Je connaissais d’avance sa réponse puisque ce geste dénotait un état proche de la panique. De retour parmi le groupe, il fut mon meilleur ambassadeur pour convaincre tous les indécis de rester bien sagement sur l’ile.

Les gens se sont partagé les commodités pour le plaisir de certains tourtereaux et la résignation des autres. Quant à moi, je me suis couché sur la plage à l’abri du vent sous un canot pour m’assurer qu’aucun ne disparaisse durant la nuit. Le lendemain matin, je suis parti tôt chercher le déjeuner à l’auberge pour la gang de dormeurs à la belle étoile. Le vent s’étant calmé, tout le monde a pu ensuite regagner l’auberge à la clarté et en toute sécurité, y compris le protestataire qui était tout sourire.

Dans ce type d’aventure, on peut croire que les adultes sont responsables, à tout le moins d’eux mêmes, mais c’est faux. Avec des enfants, il existe une relation naturelle d’autorité  alors qu’avec certains adultes, toute irritation peut devenir sujet de conflit, même s’ils se savent incompétents pour juger d’une situation. Fierté mal placée ? Répulsion naturelle face à une quelconque forme d’autorité ? Ou quoi d’autre ? Protéger des personnes adultes contre elles-mêmes alors qu’elles sont en possession de leurs moyens, c’est le genre de situation qui prend au dépourvu. C’est d’autant plus vrai lorsque le danger semble évident à appréhender.

Dans chaque histoire qui se termine bien, il existe souvent un secret. Celle-ci ne fait pas exception. En canot durant une tempête, la position à l’arrière est plus technique, mais le coéquipier à l’avant endure les pires conditions. Il est ballotté en tous sens et se fait passablement arroser. J’ai misé sur ce fait et cela a fonctionné. Quoi qu’il en soit, ce n’était pas un temps à laisser un canot partir sur l’eau. Alors, quand le destin nous joue des tours, il ne faut pas hésiter à lui en jouer nous aussi.

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Ange gardien

Il y a quelques années, je prenais le métro pour aller travailler. Je devais me rendre jusqu’au terminus pour ensuite marcher une dizaine de minutes. À l’inverse, le soir, je me rendais au terminus et j’attendais là patiemment dans un wagon que le train parte enfin entreprendre la tournée des stations. Un certain soir, en regardant à travers les vitres séparant l’autre wagon du mien, j’aperçois un portefeuille de femme gisant sur un banc. Je me précipite hors de mon wagon pour rentrer dans l’autre afin de me saisir de l’objet orphelin avant que la convoitise ne mette la main dessus et avant que la rame n’entame sa course dans le tunnel. Heureusement, je réussis tout juste à m’extirper du wagon avant que les portes se referment et que le métro disparaisse.

Une guérite avec une guichetière se trouve presque sur le quai. J’en profite pour lui remettre le portefeuille obèse qui doit contenir au moins une vie de ramassage de papiers et de cartes de toutes sortes. Une fois ma BA effectuée, j’entre dans la nouvelle rame venue remplacer celle que j’avais ratée. J’attends ensuite patiemment la fermeture des portes lorsque j’aperçois un contrôleur déchainé sauter d’un wagon à l’autre avec l’allure et l’air de chercher un trésor. Je comprends immédiatement qu’il recherche le fameux portefeuille oublié et qui serait maintenant en route pour la prochaine station si je ne l’avais pas récupéré à temps. Je me lève pour le héler en le questionnant à savoir s’il n’est pas à la recherche d’un portefeuille. Il acquiesce, l’air mi-inquiet, mi-surpris. Je l’aiguille rapidement vers le guichet, juste à temps pour ne pas rater mon second départ.

Le train se met alors lentement en branle et là, je vois la propriétaire du portefeuille récupérer son bien des mains du contrôleur. Ce dernier me pointe du doigt et j’aperçois la dame regarder en ma direction avec un air totalement ébahi de récupérer intact l’objet de sa distraction.

Mon sentiment à cet instant a été de ressentir une grande fierté d’avoir rendu un bien inestimable de manière incognito. Cette personne prendra au moins une heure à faire l’inventaire de son portefeuille et elle réalisera alors qu’il contient l’intégralité de son contenu d’origine. Elle remerciera son ange gardien ou son dieu ou les deux. Pour moi, je me suis justement senti comme son ange gardien pendant quelques secondes lorsque la rame nous éloignait l’un de l’autre et que son regard cherchait anxieusement le mien. Je suis certain qu’elle aurait voulu me remercier et probablement me récompenser, mais je doute que j’aie pu me sentir aussi fier si je m’étais retrouvé en sa compagnie en train de repousser une offrande.

Elle pensera qu’il existe encore des gens honnêtes en ce bas monde. Elle pensera qu’elle est bénie des dieux. Elle pensera qu’elle l’a échappé belle. Durant les moments séparant sa prise de conscience de sa distraction jusqu’à la récupération de son portefeuille, elle aura subi un incroyable stress en imaginant le pire et tout ce qu’elle aurait dû entreprendre pour annuler ses cartes, en récupérer des nouvelles, sans compter l’argent perdu, les photos souvenirs envolées, les reçus disparus et tout le reste.

C’est durant ces moments pénibles qu’on se rend compte de l’importance que revêt ce petit objet dans notre vie. Il nous rend donc vulnérables et c’est justement cette vulnérabilité qui est la plus émouvante. Une personne qui aurait décidé de dépecer le portefeuille ne ressentira aucune fierté, car elle profite d’une femme vulnérable. Elle se débarrassera de l’objet dans une poubelle ou dans un conteneur après l’avoir soulagé de l’argent et des cartes utiles. Elle aura peut-être gagné malhonnêtement quelques centaines de dollars en faisant subir des jours de tourments à la distraite qui s’inquiétera également d’un vol d’identité potentiel et de se retrouver nue devant un inconnu fouillant sans vergogne dans sa vie.

On n’a pas tous les jours l’occasion de jouer au bon samaritain. Il ne faut donc jamais rater sa chance de sauter sur l’occasion, car au lieu de chercher à oublier un vol qu’on aurait commis, on cherchera à se rappeler longtemps cet événement qui nous aura transformés, pour quelques instants, en ange gardien et ça aussi, ça vaut tout son pesant d’or.

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Le vrai sel de la vie

Un coup de cœur, puis un coup au cœur. Encore une autre peine d’amour. Pouvez-vous espérer devenir plus sage en amour avec l’âge ? L’amour et la raison vivent en dedans de vous comme deux colocataires mal assortis, l’un noceur et l’autre casanier. D’une part, faire vœu de sagesse vous rend nauséeux, juste d’y penser. D’autre part, vous commencez à croire que votre santé mentale finira par exiger plus de calme, plus de stabilité et moins de passion. Jusqu’à maintenant, vous avez été allergique à toute forme de sagesse. Vous ne pouviez absolument pas imaginer vivre de l’amour drabe. C’était tout ou rien. Votre implication à fond, vos désirs en tête de peloton et vos blessures… on s’en préoccupera plus tard !

Mais là, vous en avez plus que marre de refaire le même bout de chemin pour toujours vous retrouver dans le même cul-de-sac en repansant les mêmes blessures qui ne font que se rouvrir fois après fois. Vous n’êtes pas sans savoir que vos amis soupçonnent de la dépendance affective. Ils ne vous en parlent qu’à mots couverts, car ils sont pleutres, mais leur regard les trahit. Jusqu’à présent, vous évitiez d’y réfléchir, préférant sauter d’un rocher à l’autre au milieu de la rivière. Mais après plusieurs plongeons involontaires, vous commencez à penser que regarder un peu plus loin devant vous éviterait peut-être de constamment perdre pied pour vous retrouver le bec à l’eau.

Pourtant, une impression de trahison envers vous-même vous assaille. À quoi bon vivre autrement si c’est pour se retrouver dans la peau d’un d’autre ? Le succès en amour vaut-il ce prix, mais surtout est-ce vraiment nécessaire ? N’y aurait-il pas une autre solution moins extrême que cette apparente obligation de se travestir pour remporter une hypothétique victoire amoureuse ?

Votre dilemme reste entier malgré un effort sincère pour briser le cercle vicieux. Une fois la transformation complétée, la rétroaction s’avérera-t-elle impossible ? C’est pourquoi vous nagez encore dans le doute, incertain de vouloir ou de pouvoir payer ce prix. Au bout du compte, ce tribut semble trop important pour obtenir un bonheur éminemment simple et probablement dépourvu de ses feux d’artifice.

Quelle est la bonne réponse ? Quel est le bon choix ? Est-ce bien, comme vous avez tendance à le croire, une profanation de vous-même? Ceux qui vous jugent vous demandent de changer vos valeurs pour d’autres qui ne vous ressemblent pas, en prétendant d’emblée qu’elles seront meilleures. Mais faut-il vraiment devenir quelqu’un d’autre ?

Être en harmonie avec soi-même est souvent une quête difficile et chaotique, mais c’est la seule qui soit pleine de sens et importante à réaliser. S’accepter au-delà du regard des autres mérite les efforts à entreprendre et ça commence par une profonde compréhension de ce que l’on est vraiment. Le jugement des autres deviendra alors moins lourd à porter. Lorsque vous vous promenez avec un grand sourire sincère, l’avis des autres sur votre compte change drastiquement. Peu importe si votre parcours est atypique, votre bonheur le sera aussi. Et puis après ! C’est souvent la peur de décevoir qui rend malheureux. S’affranchir de cette fausse exigence ramène les yeux devant les bons trous.

Lorsque vous êtes fier de vous, les gens lâchent prise, car ils comprennent qu’ils ne peuvent plus vous influencer durablement dans le sens qu’ils voudraient pour vous. Vous tracez vous-même votre route et cette voie vous appartient. Puis vous croiserez plein d’autres routes et c’est là que vous prendrez d’autres décisions. Celle de poursuivre votre aventure dans une voie différente ou garder la vôtre. La vie n’est qu’une succession de choix qui finissent par former un long fleuve aux mille bras et ramifications possibles dont quelques-uns seulement seront explorés. Ça deviendra votre vie, une vie parmi des milliers que vous auriez pu vivre. Mais qu’importe, puisque revenir en arrière et choisir une autre bifurcation est impossible. Par contre, la bonne nouvelle est que toutes celles que vous croiserez devant vous sont accessibles. Reste à savoir si vous aurez la sagesse ou le culot d’éviter ou de tenter une incursion en terra incognita. Après tout, n’est-ce pas là le vrai sel de la vie ?

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Bêtise humaine N° 1

Après un triptyque sur l’amour et les peines d’amour, je sentais le besoin de changer de registre sans toutefois trop m’éloigner du sujet principal. Je veux un texte plus léger, plus guilleret, plus osé peut-être ou, oui, une montée de lait sur la bêtise humaine ! Et quoi de mieux pour parler de cet art en constante progression que de s’attarder quelques secondes sur l’une des plus horribles créations inhumaines imaginables, je parle bien évidemment de la Saint-Valentin, la fête la plus poche de tout l’Univers connu et inconnu, créée ex nihilo par l’amant le plus poche de l’Univers connu et inconnu et qui aurait mieux fait de le rester, lui aussi, inconnu.

Pas besoin de chercher bien loin le coupable ou, en fait, les vrais coupables. Ce sont, eh oui, les Anglo-saxons. Après ça, on tergiverse encore sur le mythe de la froideur de ce peuple. (Ici, je m’adresse directement à eux) Si vous aviez fait plus souvent l’amour à votre partenaire, vous n’auriez jamais inventé cette horrible chose que vous osez appeler une fête ! Parlez plutôt de la célébration de l’oubli amoureux, de la déchéance amoureuse ou de l’inconvenance amoureuse, ce serait un plus juste titre. En passant, chers conquérants sans cœur, si vous l’ignoriez encore, Adam et Ève se sont fait expulser de l’Eden pour nous donner la chance d’honorer notre compagne à d’autres occasions que le seul rut. Et c’est comme ça que vous les remerciez de leur abnégation ? De grâce, transformez cette célébration en un hommage à nos aïeux qui ont tout sacrifié pour nous donner la possibilité de forniquer à souhait !

Toutefois, force est de reconnaitre que les Brits sont conséquents. Ils ont choisi un faux saint pour fêter faussement de faux amoureux. Même l’Église ne reconnait plus ce cul pis don à la con. Et pour rendre cette fête encore plus imbuvable, ce sont des angelots grassouillets en couches qui tirent des flèches chocolatées en direction des désolantes délaissées. Voyons, tout le monde le sait, les femmes compensent le manque d’amour par du chocolat. Et que donnent ces disciples de la chasteté à leur partenaire pour célébrer cet événement ? Du chocolat ! Certainement pour leur signifier que même durant ce seul jour de l’année où le chérubin essaye de titiller leur fibre amoureuse, le gars envoie à sa blonde un message lui disant : « je te remercie de savoir te passer de moi le reste de l’année et pour le souligner, je te donne une compensation qui te permettra de te passer encore de moi aujourd’hui ».

Petit fait intéressant qui m’est réellement arrivé. J’ai une nouvelle blonde. On est plus très loin de la date de cette fête maudite. Connaissant mon opinion sur le sujet, vous vous doutez bien que j’appréhende grandement l’arrivée de ce 14 février. Je tente le grand coup avec ma nouvelle flamme et je lui propose un marché : « tu me fous la paix avec la Saint-Valentin et je te promets de célébrer notre amour les 364 autres jours de l’année. Admettez que ce pacte était largement en faveur de ma douce. Et devinez maintenant sa réponse… Ah, j’entends au loin des femmes répondre la même chose… Effectivement, elle m’a répondu qu’elle voulait que je célèbre aussi la Saint-Valentin.

J’ai vite compris sur quel bord seraient tirées toutes les couvertures du lit. Notre couple ne s’est jamais rendu à la Saint-Valentin. Heureusement, car je savais exactement le présent que je lui aurais offert. Une boite de chocolat dans laquelle j’aurais glissé un billet aller simple pour les Îles britanniques.

Vous croyez qu’il est un peu tôt pour parler du 14 février ? Allez dire ça aux gérants de tous ces magasins qui nous inondent de rouge depuis le 2 janvier. À croire qu’on y tient une clinique permanente de don de sang.

Et pour ceux qui se posent la question sur le titre de cet article, je vous rassure immédiatement. C’est effectivement la première d’une suite d’articles consacrés aux bêtises humaines. Ce sont des sujets inépuisables, tout comme mes textes traitant des fins du monde (cliquer sur SFM-1 ou Projet SFM pour en savoir davantage).

De grâce, ceux et celles qui lisent cet article, référez-le à tous vos amis et connaissances. Un jour, peut-être, serons-nous débarrassés de cette fête insidieuse. On pourrait faire comme l’Église catholique et la récupérer à d’autres fins tout en évitant de brusquer ceux qui la trouvent pertinente. Je propose donc immédiatement un sujet de remplacement. La fête du trip à trois. Ça se situe un peu plus dans la lignée du geste d’Adam et Ève qui n’auraient certainement pas dédaigné l’expérience. Mais puisqu’ils n’avaient personne d’autre à leur disposition, ils ont dû se contenter d’une baise conventionnelle. Ensuite, Ève s’est bien reprise. Je tais sciemment sa méthode, mais de son union avec Adam, elle n’eut que deux fils dont le cadet a été trucidé par l’ainé pour quelque raison obscure. Elle n’est pourtant pas très difficile à découvrir lorsqu’on sait que nous sommes tous les descendants de… de qui exactement ?

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L’OSM OSE

Vous reconnaissez ce sigle ? Non, ce n’est pas l’Organisation mondiale de la Santé. L’ordre des lettres diffère. Pas l’osmose, mais l’OSM ose. On touche maintenant au but. Oui, car l’OSM (l’Orchestre Symphonique de Montréal) ose nous présenter des concerts absolument divins. Et surtout, dans une salle exceptionnelle, extraordinaire, la Maison Symphonique de Montréal à la Place-des-Arts.

La musique classique a ses adeptes et ses détracteurs, je n’en ferai pas le sujet de cet article. Mais sachez qu’on retrouve régulièrement des artistes populaires de chez nous venus s’exercer à jouer avec l’Orchestre ou présenter des textes accompagnés de musique de circonstance. Que vous préfériez le rock, le métal, le hip-hop, le country ou… le classique, vous devez vivre au moins une fois l’expérience d’une matinée ou d’une soirée à la Maison Symphonique. Vous verrez, elle sera non seulement étonnante, mais absolument délirante.

Imaginez n’avoir mangé que des patates depuis toujours et soudainement, on vous convie à un festin gastronomique. La comparaison n’est pas si éloignée de la vérité. Vous n’aurez jamais entendu la musique être restituée de façon aussi divine et poignante. Sans aucun artifice technologique autre que celui des instruments, de la salle et de la virtuosité des musiciens, peu importe l’endroit où l’on se situe, les harmonies nous enveloppent, nous transportent et nous émeuvent au plus profond de notre âme.

Choisissez un concert, n’importe lequel, mais de grâce ne boudez surtout pas votre plaisir de ressentir la musique comme vous ne l’avez jamais vécue. Et si, par-dessus le marché, vous choisissez une œuvre mettant en scène l’incroyable orgue Casavant comprenant 6489 tuyaux, un tout petit peu plus qu’une flûte de Pan, alors là, vous vivrez la totale.

Si je vous ai convaincu d’aller y faire un tour, arrivez tôt et attardez-vous à admirer la beauté de la salle, la sobre douceur de son bois, ses proportions parfaites, ses formes invitant à l’épouser le temps de laisser les notes, même les plus délicates, vous envahir totalement. Elles persisteront longtemps après la fin du concert et certaines ne vous quitteront plus jamais. Le seul aspect moins plaisant, je l’avoue, c’est l’irrépressible sentiment d’avoir beaucoup trop attendu avant d’y avoir mis les pieds. Je prends donc maintenant les bouchées doubles. De fabuleuses soirées m’attendent et vous attendent tout autant. Allez-y hardiment et vous vous découvrirez un tout nouveau sens, celui de l’écoute, celui qui n’a jamais vraiment bien écouté, celui qui saura maintenant apprécier l’art musical dans ses formes les plus symphoniques.

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