Troupeau fluvial

À hauteur de Montréal, les seules baleines qu’il est possible de voir sont des individus perdus et souvent malades. Ce ne sont donc pas ces mammifères marins qui ont dérangé ma concentration ce matin, mais un énorme troupeau de kayaks, dont plusieurs spécimens partageant la même carapace. Bien qu’on n’aperçoive que deux appendices au maximum, il suffit d’attendre que la bête sorte de sa carapace pour apercevoir les autres servant surtout à leur locomotion sur la terre ferme. Ces animaux sont effectivement capables de se déplacer aussi bien, sinon mieux, sur terre que sur les eaux.

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Lorsque les individus se retrouvent en groupe, les femelles poussent des cris stridents afin d’encourager les mâles à accélérer, ou à tout le moins à ne pas relâcher leurs efforts. Durant les déplacements, il est donc rare d’entendre le cri des mâles qui préfèrent attendre d’accoster pour faire les jars auprès des femelles.

Certains mâles s’affrontent dans des combats qui heureusement font peu de victimes. Leur stratégie consiste à s’emparer d’un objet cylindrique et de le frapper contre celui de son adversaire en entonnant un chant ou en criant de façon très représentative. Parfois, ils s’échangent des prises de mains qu’ils secouent jusqu’à ce que l’un des deux adversaires déclare forfait. Chacun se tourne alors pour défier un autre mâle jusqu’à ce que la joute ait vu s’affronter toutes les paires d’individus. À de rares occasions, les mâles s’affrontent en se frappant légèrement le torse, mais pas suffisamment violemment pour y voir un combat visant à blesser.

Durant la démonstration de force des mâles, les femelles se tiennent en bande en se frottant les museaux, en poussant des gloussements, tandis que quelques-unes poussent des cris stridents d’alerte. Le troupeau semble ne pas trop écouter ces vigies un peu trop inquiètes, ne sentant probablement aucun danger dans les environs.

Les individus des deux sexes se réunissent ensuite pour avaler tout ce qui se trouve dans les environs. Étant omnivores, les kayaks avalent aussi bien des fruits et des légumes que des morceaux de viande qu’ils conservent et transportent dans leur carapace. En revanche, ils ont fait la fine gueule sur les insectes environnants, probablement à cause de l’abondance d’autres sources protéinées qu’ils avaient apportées dans leur carapace.

Le troupeau est manifestement constitué de couples, mais je n’ai assisté à aucun accouplement. J’ai cependant aperçu des couples d’individus du même sexe et pourtant cela n’était pas dû à une sous-représentation de l’un des deux, puisque j’ai entrevu aussi bien deux mâles que deux femelles se frotter le museau et utiliser quelques-unes de leurs pattes pour gentiment entourer une partie quelconque du corps de leur partenaire. C’était plutôt touchant à voir, à croire qu’il y aurait une sorte d’amour entre certains individus !

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Le mâle alpha, celui menant le groupe, n’a fait aucune tentative d’ensemencer les femelles. Il s’est contenté de parader fièrement parmi les couples, comme si tous les mâles et femelles lui appartenaient.

J’ai également constaté un comportement très étonnant. Les individus les moins habiles sur l’eau recevaient l’aide d’un membre du troupeau visiblement expérimenté. Il se maintenait derrière tous les autres individus et allait apporter son aide à ceux qui se laissaient distancer. Sur terre, il a semblé poursuivre ses leçons en passant le plus clair de son temps avec les mêmes individus. Il gesticulait beaucoup en imitant les mouvements de ses pattes antérieures lorsqu’il se déplaçait sur l’eau avec sa carapace. Fascinant ! On aurait vraiment dit un professeur avec ses élèves !

Après leur repos sur la berge, le troupeau s’est remis en route. Je les ai vus retraverser la rivière à bonne cadence, tous à la queue leu leu, en direction opposée. Puisqu’ils ont utilisé leurs réserves de nourriture enfouies dans leur carapace plutôt que de manger les aliments qu’ils auraient pu trouver sur place, j’ignore totalement la raison de ce déplacement. Je crois qu’ils exercent leurs muscles, probablement pour une longue migration. Effectivement, je n’ai jamais vu un spécimen de kayak durant l’hiver, même sur la terre ferme. La gelée des eaux les incite donc à disparaitre dans des lieux plus accueillants pour satisfaire leurs habitudes nautiques.

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J’ai pu également constater que les kayaks avaient adopté un individu d’une autre espèce. Plutôt que de revêtir une carapace, la partie molle de cette bête ressortait totalement de sa partie dure flottante. Je crois qu’il fait partie de la famille des boards. Debout sur ses pattes postérieures, l’animal secouait violemment une branche dans l’eau et ce faisant, il réussissait à se mouvoir, mais avec peine à comparer aux kayaks mieux balancés et dont leur centre de gravité très bas augmente la stabilité. Cependant, l’unique représentant de cette espèce au sein de la flottille est toujours resté bien entouré, preuve de son acceptation parmi le troupeau de kayaks.

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On reconnait les kayaks à leur forme allongée et à leurs couleurs généralement très vives. Dominance marquée des rouges, des orangés et des jaunes pour leur carapace, en revanche, leur partie molle montre une étonnante palette permettant de distinguer facilement les individus les uns des autres.

Les origines du mot kayak restent nébuleuses, même si certains prétendent qu’il imite le bruit émis par un troupeau en déplacement. Personnellement, je n’ai pas perçu précisément ce son. Au mieux, j’ai entendu une femelle émettre à répétition quelque chose qui ressemblait à « sékoa yak sékoa yak » lorsqu’elle a posé le pied dans les fèces d’un animal quelconque, probablement celles d’un chien. Elle courait ensuite partout comme une poule sans tête. La bête a heureusement fini par se calmer sans se blesser.

Le nombre total d’individus de cette espèce sur notre territoire serait en augmentation constante depuis plusieurs années. Il n’y a donc pas lieu de s’inquiéter pour l’instant. Sa chasse reste tout de même interdite en toute saison. On ne lui connait aucun prédateur, son épaisse carapace le protégeant efficacement.

Un mois sismique plus conforme à la normale

Je compte 23 séismes de magnitude 6,0 ou supérieure durant le dernier mois. La normale est d’un séisme survenant aux deux jours pour ces valeurs élevées. On peut donc constater que les trente derniers jours ont été plus actifs que la moyenne. Rien d’étonnant après la grande accalmie qui l’a précédé.

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Durant le mois précédent, je n’ai répertorié aucun séisme supérieur ou égal à 6,0. L’anomalie silencieuse se répercutera sur les événements sismiques futurs, car la croûte terrestre ne cesse de bouger. Cette anomalie statistique était-elle annonciatrice d’un quelconque comportement particulier des plaques tectoniques? De récents modèles informatiques suggèrent que le réchauffement climatique cause des impacts imprévus sur la sismicité.

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Durant le dernier mois, la Terre a tremblé une fois à hauteur de 8,2, ce fut aux iles Fidji. Un séisme d’amplitude plus grande ou égale à 8,0 est attendu tous les ans. Cette moyenne a été respectée puisque le dernier séisme de telle magnitude, il fut également enregistré à 8,2, était survenu le 8 septembre 2017 au Mexique.

L’Indonésie, l’Alaska, le Japon, le Pérou, l’Iran, les États-Unis d’Amérique et le Vénézuéla ont tous ressenti un séisme majeur (> 6,0) durant ces 30 derniers jours. Une région très active qui continue pourtant de rester calme est la Nouvelle-Zélande. Même si plusieurs séismes ont frappé les iles Fidji et la Nouvelle-Calédonie, pas très éloignées du territoire néozélandais, les lignes de faille diffèrent.

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Un séisme de magnitude égale ou supérieure à 9,0 survient en moyenne tous les dix ans. Le dernier fut celui du Japon à 9,1 qui causa la catastrophe nucléaire de Fukushima le 11 mars 2011. Mais les statistiques ne signifient pas que nous sommes en présence de cycles réguliers. Le prochain d’une telle importance pourrait survenir demain matin ou bien dans dix ans.

La Terre semble donc reprendre son rythme sismique normal. Reste à voir où les prochaines catastrophes surviendront et quelles magnitudes elles atteindront.

Après la sixième extinction massive

Après une grande extinction comme l’une des 26 importantes qui ont frappé la Terre depuis sa naissance vient une explosion de nouvelles espèces qui conquièrent les niches écologiques laissées vacantes par les précédentes.

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Aucun cataclysme planétaire n’a encore signé l’extinction de toute vie sur Terre. Il serait peu probable que cela survienne, à moins que la planète tout entière soit disloquée, avalée, annihilée par un trou noir, une étoile à neutrons ou par une collision avec une autre planète qui ramènerait notre monde au stade de l’Hadéen (premier éon de l’histoire de la Terre).

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L’exemple du Cambrien

Lorsque la vie trouve des opportunités de foisonnement, les nouvelles espèces bourgeonnent de manière plutôt échevelée. Confinée à un certain territoire dépourvu de prédation sérieuse, la vie teste de nouvelles façons d’exister. Lorsque nous observons les fossiles de la faune de l’explosion cambrienne, plusieurs espèces seraient facilement qualifiables de nature extraterrestre tellement leurs caractères nous apparaissent exubérants.

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Cette période géologique débute voilà 541 millions d’années avec l’extinction de l’Ediacarien, la dernière période précambrienne, et s’étire sur 56 millions d’années au-delà.

Chaque environnement développe ses propres solutions qui seront mises à l’épreuve. Ainsi, il nous sera impossible de connaitre la majorité des espèces cambriennes, seules les plus mobiles et les plus aptes à survivre ont conquis de plus grands espaces permettant un nombre plus important de fossiles. Quelques espèces auront une descendance qui se perpétuera jusqu’à aujourd’hui, dont plusieurs arthropodes (corps segmentés articulés munis de pattes).

Sixième extinction de masse

Des traces permanentes confirment une nouvelle période géologique. L’Holocène s’est terminé pour laisser la place au Meghalayen, nommé officieusement Anthropocène durant plusieurs années. Extinction massive d’espèces, importants résidus des combustibles fossiles dont les plastiques, la Terre s’est transformée et les changements continuent de s’accélérer.

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La grande extinction actuelle causée par l’humain laisse elle aussi des niches vides qui se remplissent par des espèces existantes indigènes ou migratoires. Mais l’histoire nous montre qu’apparaitront également de nouvelles espèces issues de mutations de caractères plus favorables que ceux existants. Elles profiteront de toutes les faiblesses engendrées par les changements environnementaux pour s’imposer devant leurs semblables. Meilleure adaptabilité à la chaleur, à la sécheresse, aux vents, aux inondations, aux insectes, des plantes quasi indestructibles et des animaux supportant les extrêmes finiront par proliférer au profit d’une flore trop fragile et d’une faune trop spécialisée.

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Mutations

Certaines mutations paraitront légères tandis que d’autres afficheront des changements drastiques. Par exemple, avec la hausse moyenne des températures, le gigantisme pourrait facilement et rapidement redevenir à la mode. Mais l’inquiétude vient de ce que nous ignorons. Naitra-t-il des hybrides du style «alien», «the thing» ou «predator» apparaitre? Le prédateur parfait, l’ennemi idéal de l’humain verra-t-il le jour?

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À ce jeu de hasard génétique, de conditions environnementales encore inconnues et d’opportunités ratées ou profitées, il s’avère impossible de deviner ce que la Nature nous concoctera. Toutefois, le déséquilibre environnemental actuel risque d’engendrer de bien mauvaises surprises. Ce sera à découvrir, mais d’ici là, mes os m’auront depuis longtemps foutu la paix. Mais en suis-je bien certain? Les nouvelles sur le sujet pourraient s’avérer bien pires et survenir bien plus tôt qu’on pourrait le croire!

L’humain

Pour terminer, une autre nouvelle probablement pas très réjouissante, l’humain aussi s’adaptera ou il disparaitra. À quoi ressembleront les futures générations d’humains? Porteront-ils toujours la dénomination homo sapiens ou devrons-nous parler d’une nouvelle espèce?

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Ce pourrait être homo gigantis (homme gigantesque), homo troglodytis (homme vivant sous terre), homo coriaceus (homme à cuirasse) ou même homo pteryx (homme ailé). Si certains dinosaures ont su se transformer en bête volante, pourquoi pas notre espèce?

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On pourrait au moins affirmer que la sixième extinction de masse nous aurait élevés à des hauteurs insoupçonnées. Ça camouflerait peut-être un peu la sombreur de notre méfait!

Les récents séismes à Lombok et le Petit Âge glaciaire

À la jonction des plaques tectoniques australienne, eurasiatique et pacifique, l’Indonésie est constituée de 13466 iles et ilots et contient pas moins de 150 volcans en activité, faisant de ce pays le champion des séismes et des éruptions volcaniques.

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Récemment, l’ile de Lombok a fortement tremblé à cinq reprises. Il faut savoir que Lombok abrite un énorme volcan, le mont Rinjani, le deuxième volcan le plus élevé d’Indonésie culminant à 3726 mètres. Ce volcan gris (explosif) occupe toute la partie nord de l’ile. Les derniers séismes, tous en périphérie et à faible profondeur, pourraient indiquer une remontée importante du magma au cœur de la montagne.

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La forme particulière du mont Rinjani laisse paraitre les cicatrices de son passé mouvementé. En plus de son cratère principal situé à l’est, la montagne montre clairement un vaste affaissement à l’ouest qui se termine dans le lac Segara, lequel entoure toute la moitié ouest du sommet du volcan.

Ce lac s’avère être la caldeira du stratovolcan Samalas, l’ancêtre du Rinjani qui a explosé en l’an 1257. À l’époque, la montagne s’élevait jusqu’à 4200 mètres, tout son sommet a été littéralement pulvérisé.

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Ces derniers séismes à répétition et survenus près de la surface annoncent peut-être une prochaine éruption majeure de la poche magmatique située sous la montagne. Pour savoir à quoi cette catastrophe pourrait ressembler, rien de mieux que de comprendre les événements survenus en 1257.

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L’indice d’explosivité volcanique a atteint le niveau 7 (VEI 7), considéré comme mégacolossal. L’éruption fut la plus importante sur Terre des 100 derniers siècles. Son panache a culminé à 43 kilomètres d’altitude et ses nuées ardentes ont complètement rayé de la carte le royaume situé à ses pieds, royaume dont sa capitale se nommait Pamalan. Il s’en est échappé 40 km3 de roches et de cendres, rendant les iles de Lombok et Bali pratiquement inhabitables pour des décennies.

Mais ces conséquences locales ne disent pas tout sur les impacts de cette éruption survenue au Moyen Âge. Les cendres se sont répandues dans toute l’atmosphère de la planète. Un dégagement de dioxyde de soufre et de chlore estimé à un total de 385 millions de tonnes a occasionné d’importants effets sur le climat en apportant un assombrissement global et des années subséquentes sans été.

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D’effroyables famines ont frappé plusieurs pays durant les deux années qui ont suivi. Durant cette période, Londres a perdu le quart de sa population. Cependant, l’éruption du Samalas a peut-être amorcé un dérèglement climatique bien plus permanent, celui du Petit Âge glaciaire.

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Bien que l’activité volcanique du Samalas ne soit pas la seule responsable de cet épisode qui a duré près de 550 ans, une modification dans l’équilibre des courants océaniques aurait probablement conduit à l’enclencher pour de bon.

Imaginez quelle ironie si les hausses actuelles des températures occasionnées par les activités anthropiques finissaient par être compensées par les effets d’une possible méga éruption du mont Rinjani (ou de toute autre éruption d’importance)! Me sentirais-je obligé de remercier les climatosceptiques pour leur «prévoyance»? Après les avoir traités de bande d’imbéciles, faire amende honorable s’avèrerait passablement difficile. Ce serait bien la preuve qu’en matière de climat, tout peut arriver!

Reprise des forts séismes

Après une accalmie des séismes de moyennes et grandes ampleurs dont je m’inquiétais, ceux-ci ont recommencé à faire trembler la Terre. Un séisme de magnitude 8,2 a secoué les iles Fidji, un autre de 7,3 est survenu au Venezuela, 7,1 au Pérou et un plus modeste, mais peut-être plus évocateur a atteint 6,2 à l’ouest de l’état de l’Oregon à la jonction des plaques tectoniques Pacifique et Juan de Fuca. Les deux mêmes plaques ont également vibré aux environs de Vancouver quelques jours auparavant.

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Malgré la grande différence entre l’énergie dégagée par chacun de ces importants séismes, celui de 6,2 étant 100 fois moins énergétique que celui de 8,2, les deux tremblements à l’ouest de l’Oregon et de la Colombie-Britannique en plein océan Pacifique n’annoncent vraiment rien de bon.

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La micro plaque tectonique Juan de Fuca est poussée par une montée de magma survenant dans le Pacifique, lieu des deux séismes récents, en direction de la côte ouest-américaine. Ce faisant, elle s’enfonce sous ce continent par un phénomène appelé «subduction». Les deux plaques se frottent et se déforment sans coulisser jusqu’à leur limite de friction en emmagasinant toute l’énergie de cette pression.

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Dans mon article sur les Cascades, j’explique l’origine de cette chaine de volcans de l’Ouest américain, dont fait partie le mont St Helens, et sur le mécanisme qui les crée et les fait entrer en éruption. Une faille entre deux plaques tectoniques, la Juan de Fuca et la plaque nord-américaine n’ont pas coulissé depuis des lustres et on considère son décrochage comme hautement prévisible à court terme. Puisqu’elle s’est tenue calme depuis plus longtemps que la normale, l’énergie emmagasinée y est plus grande, ce qui se traduirait probablement par une série de séismes majeurs. On évoque régulièrement une magnitude de 9+.Il-y-a-cinq-ans-un-tsunami-devaste-le-Japon.jpg

Ce faisant, un tsunami monstrueux dévasterait les côtes et les basses terres environnantes des états de Washington, Oregon, Californie aux É.U.A. et de la Colombie-Britannique au Canada.

Est-ce un signe avant-coureur d’un monstre en train de se réveiller d’une trop longue dormance et qui fera bientôt tonner son existence longtemps oubliée?

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Pour comprendre l’épée de Damoclès, il faut remonter à l’année 1700. Quelques légendes amérindiennes font état dudit monstre qui avait frappé à cette époque. L’oiseau du tonnerre a guerroyé avec la baleine, causant les grondements, les tremblements de la terre et les inondations titanesques. Cependant, ce sont dans les annales japonaises de janvier 1700 qu’on retrouve une description précise de l’événement survenu bien loin de là !

Un tsunami modeste, mais qui a tout de même ravagé une série de villages côtiers, atteint le Japon et est répertorié. Sa moyenne amplitude peut correspondre à deux causes distinctes. Un séisme proche des côtes nippones aurait soulevé une colonne d’eau relativement faible. Ou encore, un séisme de forte ampleur a sévi de l’autre côté de l’océan Pacifique et s’est amoindri en le traversant entièrement jusqu’à rejoindre le Japon.

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Si le tsunami a bel et bien été répertorié au Japon, aucun signe d’un séisme préalable n’a été perçu. La thèse d’un fort séisme trans pacifique prend alors des galons. Des traces géologiques viendront confirmer cette hypothèse. Sa magnitude sera évaluée entre 8,7 et 9,2!

Le 26 janvier 1700 vers 9 h, la terre tremble durant plus de quatre minutes comme aucune mémoire d’homme n’a conscience. La rupture de la faille s’est produite sur une longueur de plus de 1000 kilomètres pour un décrochage de 20 mètres.

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La moyenne de 590 ans séparant des séismes majeurs dans la région est depuis longtemps dépassée. Puisque le glissement des plaques s’effectue à vitesse presque constante, soit 40 mm/an, un super séisme à venir n’est pas une hypothèse, mais une certitude.

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Contrairement à la situation survenue en 1700 où une quantité relativement faible d’Amérindiens auraient péri dans la tragédie, aujourd’hui, une bonne dizaine de millions d’individus peuplent cette même partie du monde. La sécurité civile anticipe des pertes de 3 à 4 habitants pour 1000 en considérant un séisme de 9+ et le tsunami y correspondant. Pour une population touchée de 10 millions, les pertes pourraient se chiffrer à 40000 individus.

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On est encore bien loin du bilan de 250 000 décès survenus lors de la catastrophe du 26 décembre 2004 dans l’océan Indien, toutefois, les conditions technologiques humaines entre les deux événements ne se comparent en rien. Pour l’Amérique du Nord, cette hécatombe constituerait la pire catastrophe à jamais avoir eu lieu sur tout le continent. Les pertes matérielles seraient, elles aussi, correspondantes au quantités d’éléments structuraux, industriels, commerciaux et résidentiels qui s’y trouvent.

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De l’événement de 1700 presque complètement disparu de la mémoire des humains, celui qui surviendra persistera bien au-delà de 300 ans… si notre espèce peuple encore la Terre en ces temps-là.

Une rivière et un havre

Une journée d’été magnifique, un peu trop chaude à mon goût, malgré un mercure indulgent. Le soleil bénéficie de l’air relativement pur pour mieux nous assommer. Ma casquette endure l’épreuve en silence, mais pleure tout de même quelques larmes de sueur.

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Vous voyez dans cet article des clichés que je viens de réaliser à deux pas de chez moi à Montréal. Le plan d’eau, c’est la rivière des Prairies, un bras du fleuve Saint-Laurent ceignant la rive nord de l’ile de Montréal. La largeur de la rivière à cette hauteur atteint environ un kilomètre.

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Le niveau de cette rivière et celui de son affluent demeurent très bas à cause de la chaleur et du manque de précipitations. Le débit du seul émissaire des Grands Lacs est régulé par une série de barrages contrôlant les niveaux des cinq immenses résidus d’eau douce de la dernière grande glaciation. La linéarité du fleuve exempt de méandres confirme sa jeunesse, mais aussi que son eau coule dans une faille géologique majeure, la faille Logan, séparant les Appalaches au sud du bouclier Précambrien au Nord.

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À cette hauteur, les rives sont gardées à leur état naturel et les oiseaux aquatiques viennent y nicher en grand nombre. Canards noirs, colverts, branchus, huards, pluviers, hérons et mouettes n’ont pas à se disputer le territoire beaucoup plus vaste que leurs besoins. Ça ne les empêche pas toutefois de participer à des petites sauteries en groupe où leur promiscuité contraste avec la vastitude des paysages. La grégarité se décline chez bien des espèces autres que l’humaine.

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Les bosquets environnants regorgent d’oiseaux discrets, parulines, sittelles, chardonnerets, mésanges et étourneaux, mais la chaleur les cloue sur place, les rendant invisibles puisque les prédateurs rôdent en permanence. Le parc se situe à une dizaine de mètres au-dessus du niveau d’eau actuel. Au printemps, la rivière en crue atteint sa bordure. Le boulevard Gouin tout près est parfois inondé. La différence des niveaux saisonniers est impressionnante, et ce malgré les barrages régulant les débits. Maintenant, c’est tout le contraire et la navigation de plaisance peine à éviter les hauts-fonds. Tant mieux, ça fait moins de moteurs pour la polluer.

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Le temps de rebrousser chemin est arrivé, confirmé par le niveau d’eau dans ma petite bouteille. Je dévisse mon trajet jusqu’à l’appart, heureux de la promenade, mais aussi d’une fraicheur retrouvée.

Je vois la vie comme à bord d’un voilier. Aussi plaisante que soit la navigation où le marin découvre des mers et des iles magnifiques, il n’est jamais aussi heureux que lorsqu’il jette l’ancre dans une anse qui lui servira de havre.

Héroïsme spontané

L’humain peut empêcher les catastrophes, mais il reste totalement impuissant à s’opposer aux cataclysmes. Nous vivons à la surface d’un monde né du feu des cataclysmes et toujours bâti sur ce feu qui engendrera d’autres cataclysmes. On ne parle pas de probabilités, mais de temps avant que de nouveaux monstres n’apparaissent et nous frappent.

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Séismes, explosions volcaniques, tsunamis, tous ces phénomènes partagent une origine commune. La tectonique des plaques, montrée par la dérive des continents, accuse la venue de toutes ces horribles conséquences pour l’humain et son environnement.

Malgré les systèmes d’alerte avancés, malgré la science des prédictions, malgré les précautions prises, malgré notre compréhension des mécanismes mis en œuvre, des milliers de gens périront quand même lors de prochains cataclysmes. Plusieurs individus bénéficieront d’un droit à la vie grâce à nos connaissances acquises au fil du temps. D’autres n’auront pas cette chance, certains par leur propre faute.

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Plusieurs curieux en mal de devenir célèbres sur les réseaux sociaux braveront les interdictions et les consignes d’évacuation. Certains ne voudront pas quitter leur logement afin de protéger (!) leurs biens. D’autres resteront piégés dans des bouchons en tentant de fuir. Quelques-uns attendront sereinement que la grande faucheuse vienne les cueillir. Enfin, plusieurs personnes chargées du secours des citoyens mourront en devoir.

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Des centaines de drames épouvantables seront vécus. Des actes héroïques incalculables seront également accomplis un peu partout. La grandeur et la décadence humaines s’exprimeront dans ce qu’elles ont de plus puissant. C’est toujours le cas lors des catastrophes, certains s’élèvent en risquant leur vie pour aider leurs semblables, tandis que d’autres s’élèvent en grimpant sur la tête de victimes nécessiteuses. Le sauveteur risque sa vie sans la perdre nécessairement. L’ingrat, lui, perd son âme à coup sûr. D’incroyables gestes de pure bonté côtoieront d’innommables félonies.

Des héros et héroïnes spontanés naitront pour rapidement retourner à leur vie ordinaire. Action éphémère et pourtant tout sauf futile, le samaritain opère spontanément. Il n’éclot d’aucun bouton apparent, puis il disparait sans fanage, sans laisser de traces de son altruisme et de son courage offerts gratuitement. Il ne se verra jamais comme un héros, mais plutôt comme une sorte d’opportuniste ayant eu la chance de sauver une ou plusieurs vies.

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Le héros spontané n’est pas entrainé ni fourbu aux techniques à employer dans ces circonstances. Il pense peu, car le temps compte plus que tout. Il agit, simplement. Il fait taire son propre instinct de survie pour ne pas qu’il interfère dans sa mission. Parfois, il deviendra lui-même une victime. Il aura offert le précieux pour préserver le précieux, trop conscient de la valeur de la vie pour ne pas tout tenter pour la sauver même si elle ne lui appartient pas.

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Est-ce une tautologie de parler d’héroïsme spontané? L’héroïsme relève-t-il toujours de la spontanéité? Pas nécessairement. Malgré leurs compétences en la matière, les professionnels du secourisme démontrent autant d’héroïsme lorsque leur propre survie est déposée sur la balance.

Peut-on confondre héroïsme spontané et témérité? Tous les deux consistent à agir dangereusement et même de manière inconsidérée. Toutefois, la témérité ne vise aucun objectif noble, contrairement à l’héroïsme. La différence entre les deux se situe dans le pourquoi et non dans le comment.

Connaissez-vous une personne qui a été ce genre de héros ou héroïne? L’avez-vous été vous-même? Avez-vous été rescapée par une de ces personnes anonymes issues de nulle part?

Armistice climatique

Vous, climatosceptiques, vos magouilles ont atteint leur but. Vous avez muselé toutes les générations de politiciens depuis cinquante ans, sinon plus.

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Je vous concède la victoire. Personne n’a encore levé le petit doigt, personne ne s’apprête à le faire et personne ne s’en donnera la peine. Alors, ayez maintenant au moins la décence de vous fermer le clapet et commencez à admirer les résultats de vos efforts et à assumer les conséquences de vos actes et de votre réussite.

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Vu la tournure du climat, tout combat entre les deux factions est devenu inutile. Je vous propose donc plus qu’une trêve, je suggère un armistice à instaurer entre nos deux clans. Je voudrais maintenant passer le reste du temps qui m’est imparti à discuter d’autre chose. Je ne veux plus vous entendre, ni vous lire, ni même savoir que vous existez. Écrasez-vous dans un coin, trinquez à votre victoire avec vos semblables en vivant naïvement vos derniers moments dans le monde actuel au seuil du basculement que vous niez encore si énergiquement alors que ses ancrages ont tous cédé.

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Je souris parce que les puissants de ce monde qui vous ont utilisé comme de bons vassaux pour véhiculer leurs mensonges finiront comme nous, comme vous, comme tout le reste de la population. Ils auront beau se payer tous les moyens de fuir la chaleur, ils vivront dans des aquariums sans possibilité de s’en échapper au risque de frire.

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Leur univers chimérique qu’ils ont si chèrement défendu ne leur fera aucune faveur. Enterrés pour le reste de leurs jours, ils regarderont des albums souvenirs en se demandant pourquoi personne n’a rien fait, oubliant pour le bien de leur santé mentale restante qu’ils ont été les instigateurs, les architectes et les promoteurs du gâchis.

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Vous croyez que je plaisante? Vous croyez que j’exagère comme tout bon adepte du dérèglement climatique? Vous auriez le cul profondément incrusté dans l’élément du poêle que vous continueriez de nier l’évidence de la chaleur qui s’en dégage. Vous auriez beaucoup trop mal si vous constatiez la réalité que vous avez si hargneusement niée.

Je suggère donc à tous ceux qui ont partagé mes opinions de signer l’armistice. Chers amis, n’oubliez pas qu’avoir raison n’a jamais été l’enjeu de cette guerre. La raison étant absente chez nos ennemis, nous avons cherché à les convaincre avec des arguments rationnels. Ce fut une grave erreur stratégique. Une erreur dont une armée ne se relève pas. Nous avons tout misé sur une fausse hypothèse, celle de l’existence d’un minimum de bon sens chez les membres de la partie adverse.

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Rentrons chez nous et embrassons nos proches, nos êtres chers. Partageons de beaux moments avec eux, loin des invectives, pansons nos plaies que de tels débats stériles ont créées dans nos esprits visionnaires passionnés.

Lorsque les évidences deviendront indéniables pour les serviles du clan des climatosceptiques, je ne voudrais pas que les gens les lynchent en guise de défoulement pour avoir continué de nier avec toutes les preuves inverses sous le nez. Seul un vrai armistice les protégera des abus potentiels de ceux qui ne leur pardonneront pas.

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On pourrait me rétorquer qu’ils mériteraient bien de passer au hachoir, mais ma morale me dicte de rester humain avec tous les humains, même avec ceux qui se comportent en esclaves amadoués au service d’une certaine caste dirigeante cherchant par tous les moyens à fixer leur bateau comme s’il se trouvait en cale sèche alors qu’il navigue sur des océans imprévisibles.

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Les climatosceptiques comprendront trop tard que l’argent et le pouvoir des gens puissants ne prouvent aucunement qu’ils possédaient une intelligence supérieure. Les apôtres vivront l’amère déception de s’être acoquinés à des géants aux pieds d’argile qui vouaient un culte sans bornes à l’argent et que celui-ci, comme la pire des drogues, leur avait brouillé l’esprit et le jugement depuis des lustres.

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Cherchant à obtenir une part inexistante d’un illusoire gâteau, ils se verront jeter par leurs maitres dans les oubliettes de leurs châteaux en ruines en guise de remerciement pour leur dévouement aveugle. Pour ma part, ce rejet dédaigneux des gens à qui ils ont léché les bottes sera suffisant pour me sentir vengé de leur traitrise. Je n’irai pas les tirer de ces donjons nauséabonds, mais je garderai quand même pour eux une petite pensée.

Cette pensée pour mes anciens ennemis, l’armistice, comme le temps, n’y changera rien. Elle survivra intacte et non édulcorée. Ils n’auront été qu’une «bande d’imbéciles». Puissent ces mots devenir mes dernières paroles et j’autorise leur gravure sur ma tombe au cas où il resterait quelques humains pour les lire et pour se rappeler leur incommensurable bêtise.

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Réveil dans les bois

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Tout est détrempé, la rosée s’est crue averse. La lumière matinale me force à plisser les yeux dès la sortie de la roulotte. Un ciel à la pureté virginale tire les rayons solaires à enfumer les surfaces mouillées. De microscopiques brouillards se forment un peu partout. À l’ombre, l’air reste frais, mais déjà je peux ressentir les intentions de notre étoile pour la suite de la journée. À n’en pas douter, elle nous donnera chaud.

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Les oiseaux se mettent subitement à tous se chamailler. Pire, ils s’invectivent à qui mieux mieux. Le doux concert matinal s’est transformé en foire d’empoigne. Les plus agressifs d’entre eux possèdent paradoxalement les plus beaux plumages parmi toute cette ribambelle d’ailes sautillantes en proie à de vifs énervements incompréhensibles, ce sont les geais bleus. Les quiscales bronzés ne donnent pas leur place qu’ils défendent chèrement au sommet des épinettes. Les mésanges si petites pépient sans grand effet au travers des décibels crachés par les corvidés. Elles changent prestement de branche pour ne pas les indisposer encore plus.

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Puis, tous les cris cessent aussi brusquement qu’ils sont apparus. La paix est revenue sans que je connaisse les raisons de ce conflit. Un vainqueur a-t-il été couronné? Je retrouve les pépiements plus discrets des oiseaux appelant leur compagne ou compagnon de nid. Des échanges sonores presque continuels s’établissent entre les deux individus qui, même s’ils se perdent de vue, ne se perdent jamais d’ouïe.

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— N’oublie pas de me rapporter un beau ver juteux.
— Ça fait cent fois que tu me le demandes.
— Ouais, mais je te fais moyennement confiance avec toutes ces femelles aux alentours.
— Tu sais bien que tu es la plus belle.
— Beau parleur
! Ara, va!
— Ne me compare pas à ce satané cloaque
!
— D’accord, d’accord. Rapporte un beau ver bien juteux.
— J’avais compris les cents une fois précédentes.
— Avec ta cervelle d’oiseau, je ne prends aucun risque, nos petits meurent de faim.
— En m’attendant, raconte-leur l’histoire de l’humain qui s’est transformé en oiseau. Ils aiment les histoires aux fins heureuses.
— T’en aurais pas une nouvelle à me proposer
? Celle-là, ils la connaissent par cœur. Ils la pépient sans arrêt. Ça devient énervant à la longue.
— Non, j’ai épuisé mon répertoire. Il reste bien celle avec le corbeau et le renard, mais la marmaille est bien trop jeune pour entendre des histoires d’horreur.
— Le voisin vient de retourner à son nid avec un ÉÉÉNORME ver dans le bec. Tu fais quoi, là
?
— Si tu me laissais travailler en paix quelques instants, je pourrais me concentrer et en trouver un que tu aimeras.
— Bon, j’ai compris, mais si je te prends à rôder autour de la petite jeune pimpante, je te rogne les deux ailes
!

Voilà à peu de choses près une traduction d’une des conversations aviaires qui s’est déroulée dans la forêt environnante ce matin. J’espère simplement que la menace de la femelle à l’égard de son mâle n’était que boutade.

Au sol, l’un des deux écureuils roux vient me frôler les orteils. Je me trouve sur sa menée. Il ne dévie jamais de son chemin de retour à moins d’un coup du sort et il appert que j’en suis un. Il hésite, avance, recule, perd le champignon qu’il tenait par le chapeau dans sa bouche. Horreur et consternation! Il prend son courage à quatre pattes pour le récupérer et reprendre sa route, cette fois en me contournant.

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Sa bravoure s’avérera payante. En sera-t-il toujours ainsi? L’humain ne constitue pas une menace immédiate, mais toutes les espèces le rendent nerveux. L’écureuil roux est un grand anxieux de nature. Voici sa femelle grimpée sur une branche qui me surplombe. Elle me regarde curieuse et inquiète. Finalement, sa prudence ou sa déception l’emporte, elle rebrousse chemin en causant un petit tapage au sol parmi les branches. Ne lui offrant rien, je ne vaux rien. Si elle me perçoit dépourvu de tout noir dessein à son égard, mon inutilité dans sa quête de nourriture me range dans la catégorie des créatures imposantes mais inintéressantes.

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Le couple roux partage son territoire avec un tamia presque aussi gros que la femelle écureuil et de couleur semblable, mais ils constituent deux espèces bien distinctes d’écureuils. Ils semblent s’être accordés sur les heures de travail, car je ne les vois que très rarement circuler au même moment.

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La marmotte ne s’est pas encore montrée. Trop chaud, je crois, pour son imposant pelage. Elle doit apprécier l’air frais de son terrier. Aucune nouvelle du lièvre. Je crains qu’il ait terminé en civet entre les dents d’un prédateur quelconque.

Ma musique ne semble pas vraiment déranger la faune. Je m’en étonne toujours. Évidemment, elle ne joue pas à tue-tête, mais ça reste des sons artificiels. En parlant de lièvre et de musique, ils me font penser à une anecdote de jeunesse.

J’avais une quinzaine d’années, je me trouvais seul dans les bois comme bien souvent à cet âge, je jouais de la flûte à bec lorsque tout à coup un lièvre sort d’un buisson pour venir s’asseoir juste devant moi, à pas plus loin d’un mètre, pour écouter les étranges sons émis par cette branche d’arbre coupée et percée de quelques trous. Il est resté une dizaine de minutes, bien campé sur son séant, les oreilles mobiles, avant de disparaitre tranquillement.

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Cet instant magique partagé par deux créatures que rien ne reliait fut rendu possible grâce à la musique. Les airs entendus sont-ils restés imprégnés dans sa mémoire? S’est-il endormi ce soir-là en fredonnant l’un des airs? Je pourrais certainement y croire. Nos espèces se révèlent bien plus semblables qu’on veut l’admettre. Si la musique l’a intrigué, elle l’a également retenu sur place quelques minutes. Notre mémoire musicale actuelle ne provient-elle pas des sons naturels de nos environnements entendus alors que nous étions encore des protohommes et pas si éloignés des autres créatures placentaires?

Mes souvenirs au repos, je reviens au moment présent en pensant à ce que je vais manger et surtout à me préparer un immense café dans cette bombe sous pression que j’utilise sur la cuisinière au gaz. Isabelle préfère préparer le sien en utilisant la cafetière filtre. Son air circonspect envers ma cafetière capable de pulvériser l’intérieur de la roulotte me rappelle de rester à proximité et de bien surveiller ses humeurs, y compris les siennes. Ne sont-elles pas en mesure toutes les deux d’exploser à tout instant sans avertissements? J’aime prendre des risques, faut-il croire.

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Café chaud en main, finalement il n’y avait pas matière à paniquer. La journée s’annonce sous le signe du farniente et de la somnolence, une manière de me remettre de la belle soirée passée sous le couvert des étoiles filantes. Ai-je fait un vœu, ou même plusieurs? Au moins un que je peux vous révéler, celui que vous continuiez de lire mes articles.

Fous de la lessive

Un fléau quasiment jamais évoqué est celui de la lessive excessive. On porte un vêtement une fois, on le lave même s’il est toujours propre et inodore. Prêter une attention particulière à ne pas laver les vêtements qui n’en nécessitent pas réduit considérablement notre trace environnementale.

La facilité avec laquelle nos machines traitent cette tâche ménagère nous a amenés à l’excès. Si nous devions retourner à la planche, à la savonnette, à la corde à linge et aux épingles, il est certain que nous laverions uniquement les vêtements vraiment sales ou nauséabonds.

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La surconsommation de lessive et de nettoyage à sec existe parce qu’on peut se le permettre, du moins le croit-on. Toutefois, la réalité s’avère bien moins jolie. En camouflant les conséquences de nos actes sur l’environnement, nous refilons simplement cette dette à des dizaines de générations futures.

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Si nous devions payer maintenant le vrai prix de nos excès de lessive, nous changerions immédiatement nos habitudes et reviendrions à un mode de fonctionnement plus rationnel.

Si l’humain parvient à survivre à ses massacres envers l’environnement, il regardera son passé avec effroi et horreur. Notre lignée évaluera les mécanismes soutenant nos sociétés modernes. Ils les trouveront abusifs, destructeurs, dévastateurs et ravageurs. Quant à nous, ils nous qualifieront à juste titre d’odieux vandales. Notre descendance aura honte de ses origines, car elle ne comprendra pas pourquoi, tout en le sachant pertinemment, nous avons continué de tout ravager sans même sourciller. Faire autant de lessives inutiles sera pour eux le signe que nous étions de parfaits imbéciles.

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Alors la prochaine fois que vous voudrez lancer un vêtement toujours propre dans le panier destiné à la lessive, posez-vous la question de la pertinence d’un tel geste. Et si vous ne le raccrochez pas dans la penderie, votre descendance aura parfaitement compris ce que vous êtes en réalité.

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Je vous le dis, cet endroit est dangereux !

La Terre a vu la vie naitre de ses entrailles et pourtant, elle s’ingénie à utiliser tous les moyens à sa disposition pour l’éradiquer. Séismes, volcans, glaciations, canicules, typhons, tornades, glissements de terrain, inondations, tsunamis, ondes de tempête, vagues scélérates, failles, éboulis, arcs-en-ciel, grêle, feux de forêt, et tralala.

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Si notre planète était seule à nous causer des difficultés, on pourrait presque se sentir au paradis. C’est toutefois sans compter sur ses petits amis météorites qui s’invitent sans prévenir, ainsi qu’aux colères solaires et celles bien pires de certains cousins éloignés tels les étoiles géantes, supernovæ, pulsars, quasars, magnétars, blazars, étoiles à neutrons et trous noirs. Tous ces sympathiques objets célestes fourbissent leurs armes pour un jour nous attaquer à coup de rayons X et gamma, de particules hyper véloces, qu’ils soient protons, neutrons ou noyaux d’atomes lancés à nos trousses.

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Toutefois, les dangers pour l’humain ne s’arrêtent pas là. Nous partageons la Terre avec d’autres organismes bien plus anciens que nous, dont certains préfèreraient jouir d’elle sans notre présence dans leurs parages. Virus, bactéries, champignons, levures et autres microorganismes s’attaquent à plus grands qu’eux sans ressentir aucune gêne ni démontrer aucun respect. Ils peuvent décimer des villages, des villes, des provinces et des pays entiers en moins de temps qu’il en faut pour acheter des billets pour un spectacle de Justin Bieber.

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Mais ce dernier n’est pas le seul humain à perpétrer des atrocités innommables sur la population mondiale, car notre espèce a toujours démontré une haine incommensurable envers ses propres individus. On se trucide à qui mieux mieux, on se bombarde, on s’empoisonne, on se fait disparaitre à grands coups de génocides barbares et après cela, lorsqu’il en reste, parce que certains résistent parfois, on les accuse de tous les torts pour les déshumaniser au fond d’affreux cachots secrets.

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Entre les deux, entre les microbes et les macrobes – j’invente ce mot que je trouve pertinent pour qualifier les humains – les seconds sont particuliers puisqu’ils demeurent incontestablement les pires ravageurs pour leur propre espèce. Nous polluons la terre, l’air et toutes les eaux du monde sans égards à récupérer ce que nous appelons nos déchets. En bref, nous buvons après avoir uriné dans notre écuelle, nous mélangeons nos excréments à notre bouffe et nous respirons les poisons rejetés inconsidérément dans l’atmosphère sous nos sages auspices.

Catastrophes naturelles ou anthropiques, homo sapiens a bien failli subir le même sort que ses cousins homo neanderthalensis et homo floresiensis. Il faut toutefois éviter de crier victoire, car la partie est loin d’être gagnée pour les gens de notre espèce, comme vous avez pu le lire précédemment, et ce malgré nos 7,6 milliards d’individus qui foulent les divers continents et se défoulent allègrement sur eux.

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En fait, le nombre de catastrophes potentielles ou actuellement en cours est si grand qu’il est absolument impossible que nous ne subissions pas de lourdes pertes de manière plus ou moins régulière. Pour preuve, la dernière hécatombe survenue le 26 décembre 2004. À ce moment, 250000 personnes ont perdu la vie à cause d’un tsunami dévastateur. Cependant, malgré ce nombre effarant de victimes, il a quand même représenté la disparition de seulement 0,0036 % de la population humaine. Au rythme où nous repeuplons la Terre, cette baisse subite de nos effectifs n’aura causé aucune diminution sensible.

Il en irait tout autrement avec une catastrophe de type galactique. Il n’est pas exclu qu’un tel événement ait engendré l’une des cinq grandes extinctions qu’a connues notre planète. Selon la situation, nous pourrions très bien tous disparaitre et très rapidement. Je ne parle pas d’un petit caillou de la taille de l’Everest qui nous tombe sur la tronche, non, je parle d’un tueur bien plus puissant et pourtant invisible.

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Nous pourrions être attaqués par des rayons si énergétiques que nos protections atmosphériques seraient toutes balayées, nous laissant exposés et vulnérables aux dangers toujours présents de notre propre soleil et ses copains.

Je parle de catastrophes parce que la plupart des gens préfèrent en oublier la possibilité jusqu’à ce qu’elles surviennent. Vivre en compagnie de spectres effrayants les indispose. Je les comprends, mais je ne partage pas leur opinion. Suis-je mal conçu pour être incapable de fermer mes yeux? Une chose est certaine, lorsqu’elles surviendront je ne serai aucunement surpris. Ce jour, je passerai peut-être pour un gars insensible, peu m’importe, je saurai que la vérité est ailleurs. Si je garde les yeux rivés sur la réalité des possibilités à survenir, je ne sursaute pas quand l’univers cherche à me stupéfier.

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Si une hécatombe arrive de mon vivant, je n’aurai pas à vous seriner que «je vous l’avais bien dit», car au fond de votre tête vous vous direz: «LeCorbot nous l’avait bien dit».

Toutefois, serons-nous toujours là l’un et l’autre pour tenir ces réflexions?

Cascades, confluents et boules de neige

Les trois termes tirés du vocabulaire aquatique illustreront des types d’événements cataclysmiques déjà survenus. Ils reviendront éventuellement nous frapper sous l’une ou l’autre de ces formes.

Notez que j’utilise ces termes de façon métaphorique et non scientifique. Ils ne me servent qu’à imager des phénomènes en les distinguant. Je m’attarde tout particulièrement à présenter des ensembles d’événements apparus simultanément ou quasiment au même moment et dont les effets furent cumulatifs.

La cascade

La catastrophe en cascade tire son origine d’une seule cause. Celle-ci dérègle un système qui en influence un autre et encore un autre et ainsi de suite. Si les effets s’accumulent, par contre les systèmes impactés en aval n’influencent pas ceux en amont. L’eau ne remonte pas la chute.

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Le confluent

J’appelle une catastrophe un confluent lorsque plusieurs événements surviennent quasiment simultanément, mais n’ont aucune origine commune. Cette rencontre fortuite ne se reproduira pas de façon semblable puisque rien ne relie les différentes causes. Un malheureux concours de circonstances viendront à bout de systèmes fragilisés par un événement primaire qui seront ensuite terrassés par le ou les suivants.

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La boule de neige

L’effet boule de neige est pernicieux, car il fonctionne sur le concept de la boucle de rétroaction positive. Un premier événement en entraine un deuxième qui amplifie les effets du premier qui amplifie les effets du second et ainsi de suite. Le cataclysme se nourrit d’énergies accumulées qui sont libérées sans aucun frein pour ralentir le processus. Sans contrôle, les conséquences globales restent méconnues, car difficilement calculables. On peut seulement présumer que celles-ci se retrouveront à l’intérieur d’une fourchette souvent très peu précise.

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Exemple possible d’une ancienne catastrophe en cascade

Le débat fait toujours rage au sein de la communauté scientifique à savoir si la crise du Crétacé-Tertiaire (K-T), celle qui a vu disparaitre les dinosaures voilà 66 millions d’années, est une catastrophe en cascade ou un confluent. Effectivement, on connait tous la principale cause, la chute de la météorite de Chicxulub. Cependant, à cette même époque, un événement géologique sans précédent est également survenu, la formation des trapps du Deccan en Inde dont j’abordais le sujet dans un autre article. Imaginez l’actuelle éruption du Kilauea, mais en milliards de fois plus importante. La masse de soufre éjectée dans l’atmosphère fut si grande qu’elle a éradiqué pratiquement toute la vie (restante).

Ces deux événements sont-ils survenus de manière indépendante ou l’un a-t-il engendré l’autre? Personnellement, dans ce cas précis, je ne crois pas au hasard, je pense au contraire au principe du tube de dentifrice. En comprimant un bout du tube, la pâte sort à l’autre extrémité. En s’écrasant au Mexique, la météorite a fait réagir la Terre à un endroit situé à l’opposé où sa croûte possédait une faiblesse qui a laissé fuir le magma mis sous tension. Ainsi, l’extinction massive K-T survenue voilà 66 millions d’années aurait deux causes, mais un seul événement aurait enclenché cette cascade.

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Exemple d’un cataclysme confluent survenu voilà 252 millions d’années

Un exemple de confluent serait l’extinction massive du Permien-Trias (P-Tr), la plus importante de toutes les extinctions ayant affecté la Terre et ses organismes vivants. Une fois encore, les scientifiques se chamaillent, mais il semblerait qu’au moins deux sinon trois événements indépendants se seraient ligués pour éradiquer presque toute la vie marine et terrestre. Des chaleurs atmosphériques infernales associées une fois de plus à un volcanisme débridé ayant créé les trapps de Sibérie auraient engendré une série d’effets absolument dévastateurs pour la biologie.

 

L’effet boule de neige surviendra-t-il instamment?

Le plus effrayant d’entre tous les types de catastrophes est probablement l’emballement, l’effet boule de neige. Il est fort possible que l’humain soit en train d’en modeler une qui prendra des proportions dantesques lorsqu’elle déboulera de la montagne.

La combustion des matières fossiles accroit le niveau de dioxyde de carbone dans l’air. Ce gaz augmente l’effet de serre qui hausse les températures terrestres et océaniques. Ça, nous le savons tous. En revanche, ce que nous ignorons ou ce que nous préférons ignorer c’est l’emballement très probable de l’effet de serre qui suivra (runaway greenhouse).

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Les chaleurs engendreront des feux de forêt planétaires alors que les arbres sont des puits à CO2 qui sera libéré en très grande quantité. Toutefois, il existe pire encore. Les pergélisols saturés de méthane fondront et laisseront fuir ce terrible gaz à effet de serre dix fois plus important que celui du dioxyde de carbone.

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Ce n’est pas la fin des conséquences. Les fonds océaniques jonchés de clathrates de méthane se réchaufferont suffisamment pour dégeler ces boulettes inflammables. En fondant, les clathrates projetteront dans l’atmosphère des milliards de tonnes de ce gaz infernal qui en profitera pour surélever encore plus les températures atmosphériques. Le CO2 et le CH4 se disputeront la prévalence des extinctions qui surviendront de cet emballement.

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Si la surchauffe thermique survient, rien ne l’exclut, notre espèce ne pourra pas y survivre, malgré toute notre technologie actuelle. L’humain étant optimiste de nature, pour ma part je le qualifierais plutôt d’irresponsable, au lieu de se préparer au pire préfère poursuivre sa route comme si elle se déroulait indéfiniment dans la même direction. Lorsque surviendra l’inévitable, il fera semblant d’être surpris, ça le disculpera à ses yeux. Mais qu’il fût idiot, innocent ou irresponsable, il sera mort dans tous les cas.  

Ce scénario est une des réponses possibles à la fameuse question posée par Fermi, mais là, j’empiète sur un autre article.