Survivre à l’ile aux fesses

Les lacs fourmillent tellement au Québec qu’il semble impossible d’en donner un nombre précis. Tout dépend de la définition de « lac » donnée par les différents auteurs. Disons que les valeurs varient entre cinq-cent-mille et un million.

Certains de ces lacs abritent une ou plusieurs iles. Lorsque l’une d’elles est suffisamment en retrait pour que sa plage reste à l’abri des regards indiscrets, il n’est pas rare qu’elle soit surnommée « l’ile aux fesses ». Vous retrouverez rarement ce toponyme officiel, bien évidemment. Seuls les gens du coin connaissent l’ile en question et généralement sa réputation n’est pas surfaite. On peut imaginer sans peine l’activité favorite des gens qui utilisent une embarcation quelconque pour fouler ses rives.

En haute saison, par contre, si l’intimité est recherchée, il est préférable d’éviter ces endroits. Même mise en garde concernant les enfants, à moins de vouloir leur montrer les choses de la vie.

La météo peut se révéler très capricieuse en territoire montagneux. Un superbe ciel entièrement bleu se transforme rapidement et sans crier gare en un amoncèlement de nuées grises et noires. À cause de l’effet Venturi, les vents se déchainent, les vagues s’empilent, clouant sur place les adeptes de l’aventure extra-conjugale ou de la titillante exploration juvénile.

Un grain ne dure jamais bien longtemps sauf s’il s’agit d’un résidu d’ouragan et dans ce cas, la météo l’a certainement annoncé haut et fort longtemps d’avance. Donc, généralement, il suffit de se mettre à l’abri le mieux possible et d’attendre que le grain soit passé.

Mais avec les cellulaires, il est maintenant facile d’appeler les secours et d’exprimer sa panique alors qu’il suffirait de prendre son mal en patience. Je fus amené à quelques reprises à secourir des gens bloqués sur une ile aux fesses dont leur courte mèche les rendait à risque. Ce faisant, un de mes collègues et moi partions à leur rencontre pour les ramener en pleine tempête. Sans notre intervention, ils auraient essayé de revenir en usant de moyens et de compétences limités plutôt que d’attendre sagement la fin du mauvais temps.

J’ai toujours eu de la difficulté à comprendre les gens qui n’ont aucune capacité à évaluer les différents degrés de danger. Ils bradent les solutions les plus avantageuses pour adopter celles qui leur feront courir les plus grands risques. En me mettant personnellement en péril pour leur venir en aide, j’acceptais ce triste constat. L’humain moyen a perdu ses anciennes facultés de survivre qui le préservait autrefois de la plupart des aléas ou, s’ils survenaient, d’éviter de les aggraver inutilement.

Agir avec étourderie n’est plus un comportement risible, c’est devenu la norme. Et lorsque la situation devient grave, presser le bouton « panique » sans préalablement réfléchir aux meilleures options ramène l’adulte à agir comme un jeune enfant. Ensuite, les imprudents ou les impatients supplient ou exigent d’être secourus en blâmant les événements et tout le monde, sauf eux-mêmes.

De par son mode de vie aisé, l’humain s’est considérablement ramolli. Le jour où sa survie redevient indispensable, le temps n’est pas à l’apprentissage, mais à la débrouillardise intelligente.

Espérons que les quelques individus qui resteront bloqués sur l’une ou l’autre des iles aux fesses cet été finiront par comprendre qu’il suffit de patienter. Et dans l’attente, le mieux qui leur reste à faire s’avère certainement d’honorer le surnom donné à ces iles.

D’ailleurs, « survivre à l’ile aux fesses » consiste aussi à s’y reproduire, pas seulement à s’en extirper.

Une ile aux fesses est présente sur cette photo

Big One, Big Two ou Big Three ?

Tout le monde connait la faille de San Andreas grâce à la fabuleuse machine médiatique étatsunienne. Tout le monde connait le concept du Big One, le non hypothétique futur mégaséisme qui sera causé par le décrochage de cette faille et qui détruira une partie de la Californie, potentiellement du nord au sud.

Peu de gens connaissent la catastrophe Cascadia, le non hypothétique futur cataclysme qui secouera, une fois de plus, la pauvre Californie, mais aussi l’Oregon, l’état de Washington et la Colombie-Britannique. Pour savoir ce dont je parle, lire mon article sur le sujet.

Presque personne ne connait la faille Rodgers Creek. J’écrivais à son sujet qu’elle pourrait bien constituer la prochaine catastrophe géologique à ébranler… hé oui, la sempiternelle Californie. Vous aimeriez vous établir en ce pays ? Moi, sûrement pas. J’étais présent quelques jours après le séisme de magnitude 6,9 de 1989 à toucher San Francisco. Ce ne fut qu’un léger aperçu du futur.

Ouais, l’ouest du continent nord-américain est bien mal barré, car toutes ces failles terrestres ont accumulé suffisamment d’énergie jusqu’à présent pour engendrer, l’une comme l’autre, des dégâts d’ampleurs incommensurables d’ici quelques décennies. Le problème sera amplifié par une grande partie des constructions bâties avant la connaissance de l’existence de la pire des trois failles, celle de Cascadia. Ainsi, du nord au sud de cette vaste région de près de 1 000 km de long, tous les bâtiments érigés avant 1995 ne sont pas conçus pour résister à la puissance dévastatrice d’un séisme de magnitude supérieure à 7,5.

Mais voilà, les géologues redoutent que lorsque l’un des trois cataclysmes se déclenchera, il puisse bien mettre le feu aux poudres des autres, tellement la pression est élevée dans les trois systèmes de failles et qu’elles sont toutes reliées.

Ainsi, le Big One pourrait bien se transformer en Big Two et même en Big Three en ravageant tout l’Ouest nord-américain. Les sismomètres enregistreraient des secousses de magnitude supérieure à 7, probablement 8 et même 9 selon la faille. La palme reviendrait à Cascadia qui pourrait même atteindre 9,2 selon les calculs de l’énergie accumulée en son sein. Ce séisme engendrerait un tsunami d’ampleur sans précédent qui frappera les rives occidentales sur une étendue côtière de 900 km avant de ravager celles de l’Alaska, du Japon, d’Hawaii, de l’Australie et ailleurs dans le Pacifique. Si la catastrophe survenait en rafale de trois, les conséquences seraient tellement cataclysmiques qu’il serait bien hasardeux de prédire le nombre de pertes humaines et la valeur des dégâts matériels qui risquent d’être encourus.

Les deux derniers grands séismes mondiaux, celui de 2004 et de 2011 qui ont tous deux franchi la barre du 9 à l’échelle Richter auraient très bien pu se déclencher en synchronisme si la première faille à décrocher avait suffisamment fragilisé l’autre. Et qui sait si ce scénario ne s’est pas réellement produit avec un peu de retard ? Sept ans en géologie, c’est l’équivalent d’une seconde à notre échelle. Les géologues prennent cette hypothèse très au sérieux.

Voici les probabilités calculées, pas vraiment récentes, pour les trois systèmes de faille. Ainsi, les probabilités actuelles se situent certainement à des valeurs supérieures.

1. San Andreas : 62 % qu’un séisme de 7,5 ou plus se produise avant 2032.
2. Cascadia : 37 % qu’un séisme de 8,0 ou plus se produise avant 50 ans
    ou 14 % qu’un de 9,0 ou plus se produise avant la même période.
3. Rodgers Creek : 51 % qu’un séisme de 7,0 ou plus se produise d’ici une vingtaine d’années.

Ces estimations comportent de grandes marges d’erreur pouvant améliorer ou empirer la situation. Si je tiens compte de la loi de Murphy qui stipule que tout ce qui risque d’aller mal ira au plus mal, les habitants de cette superbe et réputée côte Pacifique n’ont qu’à bien se tenir, car le sol tremblera bientôt fortement sous leurs pieds. Quant aux vagues de sympathie, elles ne déferleront qu’après celles du mégatsunami qui tuera un nombre affolant d’individus.

Le Grand filtre

J’ai abordé à quelques reprises le sujet du paradoxe de Fermi. Ce physicien se demandait où étaient tous les extraterrestres si des multitudes de mondes existaient dans l’Univers. Puisque celui-ci est vieux de 13,77 milliards d’années et que la Terre n’en a que 4,5 milliards, des hordes d’étrangers techniquement plus avancés que nous auraient déjà dû débarquer sur notre planète. Or, on n’en voit pas, du moins pas de manière évidente et officielle.

Des centaines de raisons ont déjà été invoquées pour expliquer leur absence, ou du moins leur invisibilité. Parmi celles-ci, l’une d’elles a particulièrement attiré mon attention. Il s’agit du Grand filtre.

Si cette théorie est juste, eh bien ! on est mal barrés. Elle expliquerait l’absence d’E.T. par le fait que toute civilisation technologiquement avancée finit inexorablement par se détruire à l’aide de ses propres inventions ou des conséquences de sa croissance et de son développement.

Le filtre agirait tôt ou tard et, dans la majorité des cas, il surviendrait avant d’acquérir les moyens de peupler d’autres lieux dans la Galaxie. L’humanité a frôlé l’extinction lors de la guerre froide à cause de l’arme atomique et cette menace n’est pas encore entièrement révolue. Il pourrait également s’agir d’une catastrophe naturelle. Ça pourrait être une arme biologique ou tout simplement d’un virus naturel virulent issu de la dégradation de l’environnement, de la surpopulation et des modes de vie irrespectueux de la Nature. Ça ne vous sonne pas quelques cloches ?

Si toutes les populations extraterrestres disparaissent avant de coloniser à grande échelle d’autres systèmes planétaires, leur existence restera à jamais une simple hypothèse. Le Grand filtre agirait rapidement après l’élévation d’une civilisation au rang de peuple technologique puisqu’il regrouperait des centaines de causes létales plausibles, toutes capables de l’anéantir. Tant de dangers et si peu de sagesse acquise pour tous les affronter feraient en sorte de réduire à néant les chances qu’une civilisation puisse évoluer vers une espèce capable de visiter et coloniser la Galaxie.

Puisque les lois de la physique et de la chimie sont semblables, peu importe le lieu où les espèces vivantes évoluent, on peut parier que les civilisations extraterrestres font face aux mêmes contraintes que nous-mêmes et qu’elles progressent de manière à peu près équivalente. L’inverse est également vrai. Si, inexorablement, les peuples des étoiles se détruisent, probablement le même fâcheux destin nous attend.

Alors, priez pour observer une panoplie de peuples extraterrestres débarquer sur Terre dans les plus brefs délais, la théorie du Grand filtre sera ainsi mise à mal, nous permettant peut-être d’espérer avoir un avenir autre que celui de sombrer dans l’oubli ou l’ignorance universelle d’avoir un jour vécu, évolué, inventé et d’être passé à un cheveu de visiter les étoiles.

Business as usual

Au milieu des années 1970, une équipe de trois chercheurs du MIT ont mathématiquement extrapolé le futur de notre civilisation en tenant compte de différents facteurs comme l’exploitation des ressources non renouvelables, l’accroissement de la population, etc. Ils ont appelé cette simulation « Business As Usual » afin de signifier qu’elle ne faisait intervenir aucun changement de comportement de notre part. Ils ont modifié leurs données en rajoutant des ressources, en diminuant le taux de natalité, en réduisant notre consommation individuelle, rien n’y faisait, une dégringolade brutale finissait toujours par survenir. Seule la date de l’inflexion de la courbe changeait.

Les résultats de leurs calculs montrent une étonnante ressemblance avec les chiffres réels rapportés durant les 50 ans ayant suivi cette étude. En fait, nous avons légèrement fait pire que leurs prédictions. Faut-il s’en étonner ? Aujourd’hui, leur conclusion alarmiste de l’époque n’étonne plus. Afin d’éviter cette catastrophe, ils recommandaient un changement immédiat de comportement de consommation si nous voulions éviter l’effondrement global anticipé aux alentours des années 2025-2050 selon le modèle.

Nous frôlons l’année 2021 et nous n’avons rien changé alors que l’alarme a été entendue depuis longtemps, toutes les preuves mathématiques à l’appui. Maintenant, l’effondrement surviendra à coup sûr. Il est bien trop tard pour croire changer quelque chose même si nous passions au neutre, même si nous mettions tous les chevaux à la renverse.

L’épisode de la COrVID-19 nous aura servi de coup de semonce. Les historiens du futur, s’il en reste, diront de l’année 2020 qu’elle aura vu poindre le premier signe évident mondial de cette bascule. Ils tenteront de nous trouver des excuses pour avoir laissé le train filer droit dans le précipice, mais leur verdict restera sans appel. Au mieux ils statueront que nous nous sommes comportés en parfaits idiots. Plus probable qu’ils arrêtent leur décision sur le fait que nous avons été de dangereux crétins égocentriques.

N’ayez aucun doute, c’est en ces termes qu’ils nous définiront et ils auront entièrement raison. Parce que nous regardions notre maison flamber et plutôt que de réagir, nous avons continué à festoyer, à faire bombance, à faire du business as usual.

Couleurs d’automne

L’intensité et la diversité du spectre des couleurs automnales se feront regretter lorsque bientôt, tout deviendra gris et blanc.

Par cette superbe journée où les feuilles s’entredéchirent pour savoir laquelle affichera la plus belle robe, les téléréalités n’ont rien inventé en ce sens, le vent frisquet les fait se détacher de leurs arbres qui les ont vues naitre.

Je me souviens que cette saison a longtemps été ma favorite. Alors planchiste, je surveillais fébrilement le vent afin de choisir judicieusement ma planche, mon mat, ma voilure, mon aileron et mes ajustements. Plus qu’avec n’importe quelle autre embarcation, ces choix définissaient mon niveau de plaisir ou de frustration. Trop voilé, c’était la débandade sinon la conduite précautionneuse ennuyante. Pas suffisamment, la planche refusait obstinément de planer, s’enfonçait dans le liquide glacé jusqu’à la hauteur des genoux avant de réussir à émerger lors du prochain coup de vent.

Mis à part la relation nautique entre l’automne et la planche à voile, on peut constater la ressemblance des couleurs. Les gréements et les planches se sont colorés de couleurs vives et intenses, voire saturées, à l’instar des couleurs des feuilles d’érable. Ces couleurs prennent encore plus d’intensité lorsque la luminosité moins aveuglante des journées qui raccourcissent noircit les eaux sur lesquelles ces embarcations sportives évoluent, planent, filent, zigzaguent et sautent les vagues, laissant durant un court instant la fabuleuse impression aux planchistes aguerris de voler.

L’eau très froide n’a jamais été un frein à mon plaisir de plancher, malgré les désagréables mais inévitables trempettes. Pourtant, j’avoue ne pas aimer l’eau. J’ai appris à l’accepter et je me suis toujours vêtu en conséquence afin d’éviter l’hypothermie.

Pour vivre pleinement au Québec, la qualité et le choix des vêtements constituent la pierre angulaire de toute activité extérieure. Et puisque nous évoluons à travers quatre vraies saisons, nos tiroirs et armoires débordent d’une panoplie de vêtements, de sous-vêtements, de survêtements, de souliers, bottes et bottines, de gants, de foulards, de mitaines et de tuques de tout acabit et de toutes les couleurs. Des couleurs empruntées à nos feuilles d’automne.

Bientôt, toutes les surfaces multicolores automnales céderont leur place à la morosité monochromatique hivernale. Seules quelques taches multicolores éparses grouilleront parmi cette blancheur infinie. Un relent, une réminiscence, un rappel de la beauté des couleurs de l’automne.

L’origine des noms de 5 éléments chimiques — 2

Ceci est le deuxième article sur l’origine des noms donnés aux éléments chimiques. Vous trouvez le numéro atomique de l’élément, son nom français et son (symbole). Pour lire le premier article, cliquer ici.

3 — Lithium (Li) : Le lithium est le plus léger des éléments chimiques solides à température ambiante, le lithium est aujourd’hui populaire pour la fabrication de batteries rechargeables. Son nom vient du mot grec « lithos » qui signifie « pierre ». Penser à notre lithosphère ou à la lithographie. J’abordais le sujet dans le premier article, notre Univers a produit très peu d’éléments chimiques différents à sa naissance. Beaucoup d’hydrogène, beaucoup moins d’hélium et il faut rajouter une infime trace de… lithium. Toutefois, l’abondance actuelle du lithium ne provient pas de la nucléosynthèse primordiale, mais du travail des étoiles. Le lithium a quand même été la première pierre de notre univers. Est-ce cela qu’on pourrait appeler la « pierre philosophale » ?

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7 — Azote (N) : Selon la langue, les symboles chimiques ressemblent souvent à leur nom… ou pas. En français, N et azote n’ont rien en commun, mais en anglais, azote se dit « nitrogen ». Il provient du latin « nitrogenium ». Bizarre qu’un mot latin soit utilisé par les anglais, mais pas par les français. En français, le terme nitrogène signifie : « qui est à la naissance, à l’origine du nitre ». Le nitre (nitrate de potassium) ou encore salpêtre (sel de pierre) est un composé minéral de formule KNO3. Alors d’où vient le mot « azote » ? Antoine Lavoisier l’a inventé à partir du préfixe « a » signifiant la privation et le mot grec ζωτ (zot) signifiant « vivant ». Azote signifie donc « privé de vie ». Alors que la Terre abrite tant de vie, son atmosphère est ironiquement composée à 78 % d’azote (N2). Allez y comprendre quelque chose !

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22 — Titane (Ti) : Le titane tire évidemment son nom du mot « titan », mais sa corrélation avec ces personnages mythiques est loin d’être évident, sinon inexistant puisque celui qui le nomma ainsi ne connaissait rien de ses propriétés physico-chimiques. Ce métal de transition possède plusieurs avantages. Il est léger, résistant et anticorrosif, mais par-dessus tout, il est biocompatible. Puisque le corps humain ne le considère pas comme un corps étranger, plusieurs prothèses en titane permettent de remplacer avantageusement des os irréparables. Devenons-nous alors des Titans ? Le titane est utilisé dans la conception d’avions de haute technologie et les premiers chasseurs secrets américains qui ont utilisé ce matériau pour combattre le soviétisme ont été construits à partir de titane provenant… d’URSS. Plutôt ironique, n’est-ce pas ?

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77 — Iridium (Ir) : Intuitivement, on associe ce mot à iris, avec raison. En latin, iris signifie arc-en-ciel et l’usage d’iridium dans certains composés chimiques donnent des molécules très colorées, d’où son nom. Toutefois, sous sa forme pure, il ressemble au platine et n’a pas ou peu de coloration. L’iridium est très rare à la surface de la Terre. Il est cependant beaucoup plus abondant dans les météorites. En analysant une fine couche géologique disséminée sur toute la planète contenant un taux anormalement élevé d’iridium, les père et fils Alvarez ont imaginé qu’un tel objet céleste serait tombé sur Terre il y a de cela 66 millions d’années. Ils ont calculé les dimensions du caillou qui aurait causé la fameuse cinquième grande extinction, celle des dinosaures non aviaires. Il devait faire environ une dizaine de kilomètres de diamètre, soit plus que l’Everest. Sa chute aurait créé un astroblème d’environ 200 km de diamètre. Celui-ci a finalement été retrouvé au Yucatan et ses dimensions concordent très bien avec les calculs des deux hommes. L’iridium a servi à « faire toute la lumière » sur le coupable de cette tuerie de masse qui a fait disparaitre plus de 60 % de toutes les espèces vivant sur la planète.

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80 — Mercure (Hg) : En terminant, un facile, Mercure. Du dieu romain du même nom associé au commerce. Mercure et vif-argent furent longtemps synonymes. Aujourd’hui, ce dernier terme est tombé en désuétude, sauf dans les jeux vidéos de type médiévaux où il est réapparu. Mercure est l’un des deux seuls éléments chimiques à être liquide à température de 0 °C et pression de 1 atmosphère, l’autre étant le brome (Br). Le nom vif-argent lui correspondait bien. On aurait pu aussi dire « argent liquide », mais on a gardé cette utilisation pour de l’argent solide. Bizarre de langue ! Son symbole « Hg » provient de son nom latin « hydrargyrus » qui signifie « eau ronde ». Lorsque vous versez des gouttes de mercure, elles ne s’étalent pas comme de l’eau, elles s’arrondissent pour former des quasi-sphères.

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Terraformation en sens inverse

La terraformation se définit comme étant une technique consistant à rendre une planète plus conforme aux besoins physiologiques humains afin de pouvoir y vivre sans recourir à des scaphandres.

Terraformer Mars est régulièrement évoqué, car dans un très lointain passé, notre voisine aurait abrité des océans, des lacs, des rivières ainsi qu’une atmosphère plus épaisse protégée par un champ magnétique déviant les particules soufflées par le Soleil. Ce faisant, la planète était apte à abriter une certaine forme de vie primitive qu’on tente aujourd’hui de trouver des traces.

Cependant, elle gardera toujours sa faible gravité qui dépend de sa masse. À 38 % de celle de la Terre, après quelques générations à y vivre, les colons martiens ne seront plus en mesure de retourner sur la Terre, beaucoup trop massive pour leurs constitutions osseuse et musculaire qui auront été affaiblies. Il sera également impossible de retrouver un champ magnétique comparable à celui de la Terre puisque l’intérieur de Mars a perdu ses propriétés essentielles à la production de cette dynamo planétaire. Les ex-Terriens vivront à la merci des particules solaires et cosmiques susceptibles de les tuer assez rapidement s’ils cherchent à vivre à la surface de Mars.

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Même une fois terraformée, Mars ne sera jamais un bon endroit pour l’humain tel qu’il existe actuellement. Je doute fortement qu’il parvienne un jour à coloniser durablement cette planète, mais le cas échéant, les descendants des colons auront muté pour survivre à cet environnement très différent.

Mais laissons Mars et les autres planètes et satellites susceptibles de recevoir nos délicates attentions, je veux maintenant aborder la terraformation d’un autre angle, la terraformation de la Terre.

Hein ? Ouais, le terme n’est peut-être pas très judicieux, puisque transformer la Terre pour la rendre comme la Terre, ça ne fait pas de sens. Je modifie donc le terme pour « planéformation ». C’est-à-dire la transformation de la Terre à l’image d’une autre planète.

Imaginez que les changements climatiques actuels seraient sciemment voulus, plutôt que le simple résultat d’une incurie crasse des humains. La Terre serait en train de subir les transformations nécessaires pour en faire un lieu propice à être colonisé par des entités plus frileuses que nous.

L’usage immodéré des combustibles fossiles est le moyen idéal pour modifier rapidement le climat global d’une planète. Peut-être que la Terre suit le même cheminement que bien d’autres planètes avant elle, une planéformation dirigée et forcée.CombustiblesFossiles

Il suffirait que des aliens manipulent une poignée de dirigeants et qu’ils rendent les peuples de terriens insouciants en additionnant, disons, tiens, un certain produit apparemment inoffensif et même avantageux à certains égards, à leur eau de consommation ou à leur lait.

Si des extraterrestres ayant notre planète en ligne de mire opéraient dans l’ombre, on obtiendrait exactement les conditions actuelles. Ils s’organiseraient pour contrôler les dirigeants les plus influents afin qu’ils mettent des bâtons dans les roues à toutes les initiatives visant à bloquer la limitation et la réduction des émissions des gaz à effet de serre. 

Nous serions donc en train de planéformer notre propre planète pour la venue de colons extraterrestres préférant vivre à du 33 °C qu’à du 23 °C.

Oui, je sais, mon hypothèse fait très complotiste et je ne cherche pas à m’en cacher. Pourtant, je ne me considère pas comme faisant partie de cette « secte ». Je dis simplement que la situation actuelle pourrait parfaitement relever d’une stratégie visant à planéformer la Terre. Regardez toutes les non-décisions prises par les dirigeants mondiaux. Observez le jemenfoutisme généralisé pour la question, ou encore le sentiment profond et global d’impuissance, ce qui revient un peu au même. Ces deux états de fait s’avèrent parfaitement compatibles avec une théorie mettant en scène des extraterrestres planéformistes.

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Ce n’est qu’une hypothèse parmi tant d’autres, mais ce serait non scientifique de la rejeter d’emblée, alors je la retiens parmi les autres jusqu’à preuve du contraire. Je n’ai pas à « croire » en elle pour la rajouter dans la liste des possibilités. Il suffit qu’aucune preuve sérieuse ne vienne entièrement la contredire.

Puisqu’il existe de véritables complots et qu’il en existera toujours, les complotistes existeront eux aussi. Parfois ils se gourent royalement, mais parfois ils visent parfaitement juste. Ne soyez donc pas cynique envers eux, car aussi ridicules ou invraisemblables certaines de leurs hypothèses peuvent paraitre, l’invraisemblance est également l’arme idéale utilisée par les comploteurs pour camoufler leurs actes aux yeux des gens capables de les démasquer. 

Dans quelle catégorie mon hypothèse se retrouvera-t-elle ? Nous verrons lorsque la Terre sera devenue beaucoup plus chaude et qu’elle pourra attirer les Centauriens, les Trappistes, enfin ceux qui vivent actuellement sur une planète plus chaude et humide que la nôtre.

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Peu importe le responsable qui tient le bouton enfoncé permettant à la machine de transformer notre planète en une serre étouffante, celle-ci fonctionne maintenant à plein régime et rien ne permet de croire qu’elle s’arrêtera de sitôt.

Il faut quand même poser la question connue de tout bon policier, et surtout oser y répondre : « À qui profite un réchauffement climatique majeur ? » Vue sous cet angle, mon hypothèse n’a plus rien de farfelue, puisqu’elle semble la réponse la plus plausible.

Le volcan Taal s’ébroue

Le 12 janvier 2020, un autre volcan actif des Philippines a fait parler de lui. On en dénombre tellement dans ce pays que même Wikipédia ne les recense pas par leur nom. Taal est cependant l’un des plus dangereux d’entre eux, et même de tous les 1 670 volcans actifs de la planète.

Situé au sud de l’ile de Luçon, à seulement une soixantaine de kilomètres de la capitale Manille où vivent dans ses environs plus de 21 millions d’individus, le volcan a projeté de la cendre volcanique, du SO2, du CO2 et de la vapeur d’eau en bonnes quantités à plus de 15 km dans l’atmosphère.

10 000 personnes ont été évacuées et l’aéroport de Manille a connu des centaines d’annulations de vols afin d’éviter d’embourber les moteurs des avions passant trop près de la colonne de cendres.

Taal n’a pas encore montré sa vraie nature et cette éruption mineure pourrait n’être qu’un préambule à quelque chose de bien plus catastrophique. De fait, lorsqu’on regarde la carte (image d’entête), on voit un petit cône volcanique avec un lac de 3 km de diamètre en son centre , un cratère du volcan, ainsi qu’une petite ile perdue dans ce lac. Mais si on prend de l’altitude, on s’aperçoit que ce cône volcanique émerge du lac Taal. Ce lac constitue une bonne partie du véritable cratère de ce volcan géant, sa caldeira estimée à 267 km2 de superficie (image ci-après).

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Fait plutôt inusité, Taal possède donc une ile dans un lac sur une ile dans un lac situé sur une ile.

Dangereux et pourtant relativement passif depuis plusieurs siècles où ses explosions n’ont pas dépassé l’indice 4 sur l’échelle VEI qui en compte 8, le Taal s’est contenté jusqu’à maintenant de faire sentir sa présence sans trop perturber la vie des humains environnants. Je ne minimise pas la valeur des pertes de vies passées en m’exprimant ainsi. Lorsque plusieurs centaines de milliers de gens vivent tout près d’un volcan géant, c’est presque un miracle qu’il n’ait pas fait plus de victimes par le passé.

Pour l’éruption en cours, les mesures préventives modernes ont permis de déplacer toutes les personnes à risque et on ne déplore aucune perte de vie. Toutefois, qu’adviendra-t-il le jour où ce ne seront plus seulement quelques petits rots que le Taal émettra, mais des projections à la mesure de sa capacité réelle ?

Il sera impossible d’évacuer Manille et tous ses environs. Taal est un volcan gris capable de submerger la mégalopole sous des mètres de cendre volcanique dont le poids est six fois plus lourd que la neige fortement mouillée. Autant dire que la plupart des toits des habitations ne résisteront pas à cette charge. De toute façon, l’air sera tellement saturé de cette poudre de roche que le respirer conduira à une mort certaine. Il n’y a pas que les moteurs d’avions à craindre la congestion de ses voies respiratoires. Vos bronches se satureront de cette poussière de roche tranchante et indécollable qui vous fera suffoquer. Elle se mélangera à vos sécrétions et ainsi, vous vous noierez dans de la boue.

À moins que les tremblements de terre précédant l’éruption principale ne se soient employés à vous écraser sous les débris. Vous pourriez également mourir d’un tsunami engendré par les plus fortes secousses, ou brûlé de l’intérieur par une vague pyroclastique composée de gaz à plusieurs centaines de degrés Celsius. Il reste bien sûr une mort plus classique si vous vous faites assommer par un caillou qui aurait été projeté à des dizaines de kilomètres d’altitude avant de vous perforer le crâne au moment de terminer sa chute.

Un autre volcan tristement célèbre situé sur la même ile, le Pinatubo, a causé en 1991 et 1992 des dérèglements climatiques à la grandeur de la planète. Ceux que causera le Taal lorsqu’il décidera à montrer sa vraie nature risquent de dépasser ce que tout être humain a connu depuis l’Antiquité.

Heureusement, les rares volcans géants actifs comme le Taal retiennent leurs pires humeurs durant très longtemps, se contentant de faire sentir leur présence et leur somnolence qu’occasionnellement. Que peut-on attendre du Taal dans les jours et les semaines à venir ?

Le petit lac de cratère a disparu. Plus de 600 secousses sismiques ont été enregistrées. Le niveau d’alerte a été rabaissé, mais le volcan n’est pas pour autant hors d’état de nuire. Si vous devez vous rendre à Manille, personne ne peut prétendre connaitre le niveau réel de danger. Ne vous fiez donc à personne et utilisez votre propre jugement pour décider d’y aller ou de rester. Ça vous évitera de jeter le blâme sur quelqu’un d’autre advenant une catastrophe.

N’oubliez pas ces quelques vérités. La vie est dangereuse et souvent imprévisible. Se couper de tout danger reste une mission impossible. Ne faire que de bons choix dépasse les capacités humaines. Vivre, c’est aussi savoir prendre des risques. Mourir en n’ayant jamais rien fait, est-ce avoir vécu ? Mourir le sourire aux lèvres est l’apanage de ceux qui ont bien vécu. Mais pour vivre longtemps, il faut savoir évaluer les risques.

Si j’étais

Aujourd’hui, je vous propose d’écouter une vieille chanson dans laquelle je me suis toujours reconnu.

L’auteur : Richard Cocciante

Le titre : Si j’étais.

https://youtu.be/bzP4AsqL7_U
L’aveugle se voulant assourdi
Ma futile colère immergée
Le Monde démantibulé
Mon amère âme engloutie

De la poudre aux yeux

On le voit dans la lutte aux changements climatiques, la moitié de la planète refuse systématiquement d’y croire, donc de faire le moindre effort pour changer quoi que ce soit. Ils veulent protéger leur mode de vie, même si celui-ci finira par faire crever leur descendance. Mais pourquoi ?

Dans un article sur la peur, j’expliquais les différentes tactiques pour se débarrasser d’un ennemi et parmi ceux-là, l’immobilisme trône au sommet des moyens qu’une bête utilise pour déjouer un prédateur. Malheureusement, l’humain a tout gardé de ses instincts animaux et parmi ceux-ci, le mimétisme reste bien présent dans son cerveau reptilien.

Mais figer lorsqu’on se fait surprendre par un chasseur et figer pour refuser de croire à l’existence d’un véritable danger ne peut pas donner les mêmes résultats. De plus, l’humain est censé réfléchir pour mieux s’adapter, ce que ne font pas les réactionnaires aux changements climatiques.

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Le refus d’accepter de changer un mode de vie représente une incapacité d’adaptation et celle-ci entraine toujours la disparition des individus impliqués et la survie de ceux de leur espèce qui ont réussi à s’adapter.

Darwin l’explique amplement dans son livre sur l’origine des espèces. Malheureusement, l’incapacité d’évolution d’une certaine partie de la population humaine entrainera quand même l’éradication des autres, de ceux qui y croient, de ceux qui voudraient changer leurs habitudes de vie, de ceux qui ont déjà évolué, mais dont la structure sociale empêche la transformation des façons de vivre.

Prenons simplement le transport en commun. Structurés, organisés comme ils sont, seuls les fous voudraient les utiliser, sauf une petite partie plus chanceuse de la population qui trouve une amélioration de leurs conditions de transport en les utilisant.

Temps de transport doublé, triplé, quadruplé et pire encore par rapport à l’automobile. Détours extravagants. Fréquences de passage trop faibles. Wagons et autobus bondés sur l’ensemble du trajet. Obligé de rester debout durant des heures. Horaire non respecté. Pannes récurrentes. Circuits d’embarquements trop longs. Trop de correspondances pour se rendre d’un point à l’autre. Les raisons de détester les transports en commun pullulent parce que les solutions proposées ne peuvent presque jamais concurrencer l’automobile.

Pas que ce soit impossible, mais simplement parce que les solutions passées et actuelles ont toujours donné priorité aux autos au détriment de tous les autres modes de transport. Le problème est que ça se répète, encore et encore.

On nous encourage à prendre les transports en commun alors que l’offre est inexistante, inadaptée, déficiente, inconfortable et attardée. On ne sauvera ni la planète ni les humains en continuant à nous prendre pour des poulets qu’on entasse comme des sardines dans des wagons à cochons.

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Tant que les autorités ne créeront pas des conditions de transport agréables et efficaces, tant que l’offre restera insuffisante, tant que le temps en transport en commun ne concurrencera pas les trajets en automobile, la clientèle ne délaissera pas son confort et son aisance pour se faire suer en restant debout parmi une centaine d’autres individus durant un trajet triplement plus long.

Et durant ce temps, la planète se meurt parce que les sociétés humaines comptent les revenus rapportés par leurs usagers actuels plutôt que d’avoir l’ambition de faire le nécessaire pour être en mesure de les multiplier par cent.

Pourtant, vivre en société sert strictement à cela, à se donner collectivement certains moyens qui s’avéreraient impossibles autrement. Ainsi, aujourd’hui, nous subissons tous les inconvénients de vivre en société et tous les inconvénients d’une société incapable de nous faire vivre efficacement en collectivité autrement qu’en prenant une automobile.

Dans toutes les grandes villes du monde, il devrait exister des milliers de projets de transport collectif et plusieurs centaines d’entre eux actuellement en chantier pour modifier adéquatement et à temps nos habitudes de vie. Ce que je vois en branle est risible. Une goutte d’eau dans un océan de besoins. Une excuse pour se donner bonne conscience d’avoir au moins tenté quelque chose.

Je ne perçois aucun véritable objectif consistant à sauvegarder l’espèce humaine et la mise en action des moyens conséquents. Je ne vois que de la poudre aux yeux et ça me fait pleurer.

Craindre la peur

L’amour n’est pas le plus puissant moteur des humains, c’est la peur. Parc qu’il faut survivre afin de pouvoir se reproduire, la peur agit en dictateur sur les émotions, et en colonel sur le plan décisionnel. Même lorsque le danger est passé, la peur continue d’œuvrer en arrière-plan.

La peur, vient toujours de l’autre. On n’a jamais peur de soi-même ou de ses propres décisions, à moins d’agir en crétin devant une caméra pour tenter d’infester internet avec un virus visuel insignifiant.

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Autrefois, la survie dépendait de la rapidité à reconnaitre le danger. Pour déclencher instantanément sa peur de l’autre, on a appris à fabriquer des étiquettes facilement reconnaissables. Aujourd’hui, nous utilisons encore et toujours cette méthode même si l’ennemi ne porte plus des crocs en forme de sabre, des cornes capables d’embrocher trois personnes à la fois ou des griffes pouvant décapiter un individu d’un seul coup.

Aujourd’hui, l’étiquette n’est pas basée sur un danger évident, mais sur une simple différence. « Il n’a pas ma couleur de peau, c’est une femme, il n’est pas né ici, elle est pauvre, il s’habille autrement ». Nous craignons des dangers inventés de toute pièce, afin de perpétuer une technique de survie millénaire, mais décalée par rapport aux défis qu’a véritablement à affronter l’humain moderne.

Paradoxalement, notre espèce néglige de voir de véritables dangers capables de l’anéantir. J’ai suffisamment parlé des changements climatiques dans mes chroniques pour ne pas être obligé de préciser davantage. La question est pourtant de savoir pourquoi cette incurie, cette négligence crasse, ce jemenfoutisme presque généralisé ?

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Pourquoi sommes-nous prêts à défendre si vaillamment une banalité et si mollement un danger extrême ?

Ma réponse est que le vrai danger émane de nous-mêmes, pas des autres. En attaquant le danger, nous devons attaquer sa cause qui s’avère n’être nulle autre que nous-mêmes.

Malgré leur ressemblance, les mots « humain » et « humilité » ne font pas bon ménage. Si vous lisez mes articles sur une base assez régulière, vous savez que je fonde peu d’espoir sur les chances de survie de notre espèce. Nous sommes trop imbus de nos réalisations et fiers du chemin accompli pour changer une recette gagnante pour une nouvelle façon de vivre non éprouvée.

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Et voilà ! Encore et toujours la peur ! La peur d’agir différemment, d’oser changer de méthodes, d’admettre nos erreurs, de regarder la réalité en pleine face, la peur de reconnaitre nos laideurs, la peur de baser notre estime personnelle sur nos futures décisions plutôt que sur nos prétendus succès du passé.

Nous ne cesserons jamais d’avoir peur, mais nous pouvons changer ses raisons. Aujourd’hui, pour survivre, nous devons craindre nos vieilles peurs, tout comme nous devons craindre nos actuelles insouciances, car le vrai danger se situe exactement là… que nous l’acceptions ou pas.

L’insomnie pour contrer la bonne conscience

Regardez attentivement les initiatives prises en faveur du climat, de la pollution, des espèces en danger. Si vous les jugez honnêtement, vous constaterez que la plupart d’entre elles n’ont jamais été sincères. Elles furent prises simplement pour nous donner bonne conscience d’avoir agi. La preuve est qu’au fil des ans, on s’aperçoit que le recyclage ne fonctionne pas, la préservation de la biodiversité ne fonctionne pas, les changements climatiques s’accélèrent et ils causeront des ravages inqualifiables.

Le passé est garant du présent. Rien de ce qu’on entreprend aujourd’hui ne fonctionnera parce qu’on ne prend pas la peine de regarder l’ensemble du problème et de mettre en place des solutions globales.

On ne fait qu’effleurer la réalité, car dès qu’on creuse un peu, le bilan complet des conséquences de nos actes est pétrifiant tellement il est négatif. On préfère se bercer d’illusions plutôt que se retrousser les manches et tout changer.

Bien entendu, il faudrait tout refaire, de la cave au grenier. Tout le monde le sait et personne ne le fera. On tape ici et là sur quelques têtes de clous qui dépassent en se donnant l’illusion qu’on a bien rénové. C’est toujours une question de se donner bonne conscience.

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Le jour viendra où nos risibles efforts ne suffiront plus à abrier l’incurie. Lorsque nos sociétés s’écrouleront, nous clamerons à l’unisson : « Nous aurions dû faire quelque chose pendant qu’il en était encore temps ». Mais une fois de plus, pour nous donner bonne conscience, nous rajouterons : « Mais comment aurions-nous pu savoir ce qui allait survenir ? »

Encore et toujours de piètres mensonges afin de se donner bonne conscience !

Je comprends et j’accepte mes insomnies. Elles s’opposent à cette tendance de me fabriquer, moi aussi, une bonne conscience artificielle. Elles me gardent lucide sur l’itinéraire funeste qu’a choisi l’humain. Elles me répètent chaque nuit que rien de ce que nous faisons n’est une solution. Elles me disent que nous allons bientôt subir le retour du balancier.

Plutôt que de dormir en paix et mourir angoissé, je préfère dormir angoissé et mourir en paix avec ma conscience pas très bonne, mais intacte. Bonne nuit !