Zéro ou vingt-quatre

Aujourd’hui, une petite bizarrerie apparemment sans grande conséquence… et pourtant.

Tout le monde connait le nombre d’heures dans une journée, on en compte vingt-quatre. Pourtant, les horloges ne devraient jamais afficher ce chiffre. Après 23:59:59, il faudrait toujours voir 00:00:00.

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Le changement de la date du jour doit survenir lors de cette remise à zéro. Ainsi, minuit fait officiellement partie du lendemain. Si vous naissez exactement à minuit, votre date de naissance est le jour suivant, pas le précédent. Et si cet heureux événement survient dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, même l’année de votre naissance change à minuit.

La norme ISO 8601 stipule qu’il faut annoter ainsi ce moment de transition quotidien, car les heures commencent à 0 et finissent à 23, les minutes sont annotées de 0 à 59 et les secondes de 0 à 59, elles aussi.

Vous croyez que tout a été dit sur le sujet ? Bien sûr que non puisque jamais rien n’est simple dans la vie.

Afin de pallier l’erreur de nos horloges avec la rotation terrestre, nous devons parfois intercaler une seconde supplémentaire. Nous accomplissons cette tâche à la fin calendaire de l’année ou encore le 30 juin. Alors quelle est l’estampille des horodateurs électroniques ? Nous rajoutons cette seconde à la fin de la journée et non au début de la suivante. Ainsi, les horloges montrant les secondes devraient afficher 23:59:59 puis 23:59:60 et ensuite 00:00:00 avec le changement de date à cet instant précis seulement. Voilà comment nos journées ont 24 heures et parfois une seconde de plus sans jamais afficher ce nombre.

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Ça semble anodin, mais des conséquences très graves surviendraient si les horloges terrestres ne fonctionnent pas toutes de la même manière en utilisant une annotation identique… et c’est malheureusement le cas. La date doit impérativement changer à minuit (00:00:00), pas à 23:59:60, sinon les systèmes qui calculent l’écart de temps entre deux événements pourraient faussement détecter une année complète de différence (365 jours) et ainsi enclencher des processus aux conséquences absolument catastrophiques. Des centrales nucléaires pourraient exploser, des avions tomber, des trains se percuter, etc., sans compter les échanges commerciaux automatisés qui videraient les portefeuilles d’actions.

Ce cas n’est pas qu’hypothétique. La norme POSIX toujours utilisée par nombre de systèmes interconnectés exige des jous tous identiques contenant exactement 86 400 secondes et sont donc incapables d’indiquer correctement le temps universel coordonné (UTC) utilisant les secondes intercalaires.

Tous les systèmes informatiques non conformes à la norme ISO 8601 en matière d’horodatage doivent être dotés d’une interface de transposition de leur estampille à cette norme avant de s’interconnecter en UTC. Il est très hasardeux d’utiliser autre chose et pourtant ce standard n’est toujours pas généralisé. Un jour surviendra une terrible catastrophe dont la véritable cause sera tue tellement elle semblera idiote, une incompatibilité entre des horloges. Idiotie de la cause ou idiotie des gens qui auront pris ce cas trop à la légère ?

Le vide et l’information

Ce n’est pas la première fois que j’en parle, on y arrive tranquillement, graduellement, une brique à la fois. À quoi, demandez-vous? À la preuve que nous vivons dans un monde informatique, que l’Univers est une simulation numérique, à lire dans Pour la Science ainsi que dans Esprit Science Métaphysiques et sur Radio-Canada. Les liens suivants vous amènent vers mes deux précédents articles dans lesquels j’abordais ce sujet. Univers et simulation et L’utilité véritable d’un trou noir.

Au début du XXe siècle, un pas de géant s’effectue en science avec l’élaboration de la physique quantique, l’une des deux théories qui après un siècle gardent encore toute leur pertinence. La seconde est la physique relativiste.

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Depuis ce temps, on sait qu’il existe des dimensions limites indivisibles, comme des atomes d’espace. Un cube d’espace fondamental appelé «espace de Planck» mesure environ 10-105 mètre cube.

Il existe également des atomes de temps qu’on nomme «ère de Planck» et qui valent 10-43 seconde. Il est donc impossible de savoir ce qui s’est passé au plus près du Big Bang sous cet atome temporel.

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On sait également, preuves expérimentales à l’appui que le vide n’est pas vide. J’en ai déjà parlé dans un autre article. Ce qu’on appelle le vide n’est pas le néant. S’il existe de l’espace, ce n’est pas rien. Ce faux vide est plein d’énergie et s’il possède de l’énergie, il possède de la matière qui se crée spontanément à partir de cette énergie.

Et voilà la dernière brique que la science fondamentale vient de rajouter dans l’équation, le vide serait constitué, non seulement d’énergie, mais aussi d’information.

On pouvait émettre cette hypothèse depuis les travaux de Ludwig Boltzmann, dont j’ai également brièvement parlé sur ce blogue, en y ajoutant le concept des unités de mesure fondamentales de Planck.

L’Univers, même vide de toute matière, serait quand même constitué de briques fondamentales d’information et on peut facilement imaginer qu’elle s’alimente à partir de l’énergie du vide.

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Tout ceci constitue un puzzle dont toutes les pièces se mettent en place les unes après les autres pour finalement apporter la preuve que nous sommes des constituants calculés, mais ayant de multiples degrés de liberté. Il ne faut pas croire que les programmes informatiques amènent des résultats nécessairement prédéterminés qui feraient que tout l’avenir serait décidé à partir du moment où l’ordinateur Universel commence à exécuter lesdits programmes, en l’occurrence à partir du Big Bang.

Ce qu’il faut surtout retenir, c’est le principe que l’Univers est information au sens informatique du terme, c’est-à-dire une information ayant des constituants de base indivisibles, comme le bit est celui de notre société technologique actuelle.

Je cite le scientifique Trhnh Xuan Thuan « Le vide est la matrice de tout » à lire dans Science et Avenir.

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