Courants-jets

Nous sommes tous affectés par les courants-jets (jet stream) polaire et subtropical. Ces vents de haute altitude s’écoulent confinés dans un apparent tube flexible de quelques kilomètres de diamètre, mais souvent de plusieurs milliers de kilomètres de longueur.

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Le courant-jet crée une barrière entre les climats plus au Nord et ceux plus au Sud, car les deux masses d’air ne peuvent se mélanger. Ainsi, lorsque la pression barométrique est plus élevée au Nord qu’au Sud, le courant-jet traverse les régions de l’Ouest vers l’Est à des latitudes plus basses jusqu’à rencontrer une pression équivalente. Ainsi, ce courant ne décrit pas des lignes, mais plutôt des méandres dans le ciel. C’est pourquoi on parle parfois de lui comme d’une rivière ou d’un ruban. Dans les poches formées par ces méandres, l’air chaud du Sud s’y engouffre lorsque le courant-jet ressemble à un oméga (Ω), augmentant les chaleurs aux latitudes plus nordiques. L’inverse se produit quand sa forme est plutôt celle d’un U, apportant de l’air provenant de l’Arctique aux basses latitudes.

On dénombre plusieurs types de courants-jets selon les zones qu’ils délimitent et les différentes causes qui les ont engendrés. Où je vis, on parle principalement du courant-jet arctique. Il sépare deux cellules météorologiques dites cellule Arctique au Nord et cellule de Ferrel au Sud. Parfois, ces courants aériens instables se fractionnent en plusieurs segments. Il est donc parfois difficile de les prévoir.

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La longue barrière des montagnes Rocheuses influence sa configuration, faisant régulièrement plonger le courant-jet très loin vers le Sud à l’Est de ce massif montagneux. Dans ces conditions, l’afflux d’air glacial très au Sud engendre les fameuses tornades de l’allée des tornades du Midwest et Sud-Ouest américain lorsque se percutent les masses d’air chaud provenant du Sud et d’air froid du Nord.

L’image suivante montre le courant-jet actuel (flèches rouges) au-dessus du Canada et les températures associées. On voit très bien l’air arctique suivre la configuration de ces vents en altitude faisant plonger les températures au-dessus du nord de l’Ontario et du Québec. Toutefois, sa configuration actuelle ne favorise pas les tornades.

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Puisque les courants-jets sont de vastes systèmes météorologiques, malgré leur instabilité, il est possible de se fier à leur configuration pour obtenir de bonnes prévisions météorologiques à moyen terme. Cependant, la météo est une science en constante progression et les courants-jets représentent une seule variable parmi des centaines dans un système extrêmement dynamique.

Avec les dérèglements climatiques engendrant le réchauffement de l’Arctique (fait avéré), une toute nouvelle météo verra le jour. La latitude moyenne du courant-jet polaire se rapprochera du pôle Nord, entrainant des masses d’air plus chaud dans les provinces canadiennes. Voilà pourquoi il fera plus chaud aux latitudes moyennes dans les années à venir.

Catastrophes et pensée magique.

La pensée magique existe, principalement chez ceux qui ne sont pas magiciens. Je suis toujours sidéré quoique de moins en moins avec l’âge, lorsque je constate le degré d’amateurisme, d’incompétence et de détachement qu’ont nos politiciens lorsque frappent des catastrophes comme celles ayant dernièrement dévasté les Antilles. Un ouragan, ce n’est pas une tornade ni un séisme. On le voit se développer plusieurs jours à l’avance et on sait prédire sa course et ses conséquences. Pourtant, les dirigeants semblent en perpétuel désarçonnement lorsque ce genre de malheur s’abat sur leurs concitoyens. Ils font acte de présence qu’on sent par pures obligations, les yeux virés ailleurs, rivés vers d’autres cieux moins chargés de nuages et de misères.

Ce sont pour ces raisons que je crains tant pour la survie de l’humanité durant mes jours d’optimisme et que je suis entièrement convaincu de son extinction lorsque je constate l’incapacité de nos dirigeants, et de nous-mêmes par association, à affronter adéquatement des événements d’une totale prévisibilité. Nos inutiles élus tentent ensuite de rassurer la population, alors que leur intérêt pour la chose ne dure que l’équivalent d’un vol d’avion et d’une brève déclaration sur le tarmac d’un aéroport situé en zone totalement sécuritaire à des dizaines de kilomètres des vrais miséreux, mis à part une belle mise en scène avec un poupon à demi effrayé, censé représenter notre amour et nos actes héroïques à l’égard de la population en détresse.

Les changements climatiques ne surprennent plus personne. Seuls les climatosceptiques peuvent se permettre de manifester de la surprise et, conséquemment, leur ânerie. Tous ceux qui prétendent faire partie de l’autre catégorie auraient pu préparer l’après-catastrophe… avant la catastrophe.

Mais il n’en est rien. Je suis fourbu, las de me répéter comme un grognon grincheux. Suis-je vraiment le seul capable de prévoir le prévisible? Nous sommes encore dans l’ère du Poisson et je sais pertinemment pourquoi. La prochaine ère serait celle du Verseau, signifiant les renversements. Espérons-le, pour la prospérité et la qualité de notre espèce qui en a manifestement bien besoin.