Un coup de pouce pour les écrivains

Monsieur le Premier Ministre du Québec, Madame la Ministre de la Culture, nous vous demandons de déposer un projet de loi cet automne. C’est vital pour les écrivaines et les écrivains !

Soutenez la cause de tous les écrivains et écrivaines. Choisissez parmi ces bandeaux et publiez-les dans vos réseaux sociaux. Demandez à vos contacts de faire de même.

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Signature pour vos courriels

La place de l’écrivain parmi les artistes

Depuis trente ans, l’UNEQ (L’Union des écrivaines et des écrivains Québécois) planche sur un projet visant à faire reconnaitre les écrivains comme artistes à part entière. En effet, la plupart des artistes, y compris les scénaristes, bénéficient d’une loi protégeant leurs droits en obligeant les entités désireuses de faire appel à leurs services à respecter des ententes négociées avec une union, un syndicat, une guilde.

Malheureusement, les écrivaines et les écrivains ne font pas partie de ce groupe protégé, ce qui engendre toutes les dérives imaginables et même inimaginables lorsque vient le temps de signer un contrat d’édition ou tout autre document dont ils sont partie prenante. En modifiant leur statut pour les intégrer aux autres artistes, les écrivains ne se défendraient plus seuls devant les corporations pour obtenir des cachets, ne seraient-ce que décents.

Ce prochain mardi, une campagne de sensibilisation s’amorcera pour demander au gouvernement québécois actuel de procéder dès cet automne à ce changement de statut avant la fermeture de la législation qui précèdera la prochaine élection au Québec.

Tous les acteurs ainsi que la population se montrent favorables, y compris les différents députés de tous les partis et les ministres membres du Cabinet. Si la loi actuelle n’est pas abrogée avant la fin de l’actuel mandat et advenant un changement de gouvernement ou de ministres, le processus devra être repris en entier, éloignant d’autant la date de la réussite de cet important projet.

Cette loi risque de faire boule de neige dans le monde entier. C’est pourquoi je demande à mes lecteurs de tous les pays de partager sur leurs réseaux sociaux un message de l’UNEQ que je mettrai en ligne ici-même sur mon blogue en début de semaine prochaine. Les écrivains de partout bénéficieraient de ce changement à la loi québécoise qui deviendrait un exemple à imiter.

Il s’agirait pour vous de publier sur vos réseaux sociaux un bandeau dont j’obtiendrai copie ce lundi et que je mettrai en ligne ici sur mon blogue.

Je tiens à remercier à l’avance tous ceux qui feront l’effort de donner un coup de pouce aux écrivaines et écrivains du monde entier.

La mobilisation citoyenne est-elle antidémocratique ?

Descendre dans les rues, taper sur des casseroles, déchirer en public sa camisole, manifester collectivement son ras-le-bol, ces gestes citoyens extraélectoraux sont-ils antidémocratiques?

On pourrait le croire, car dans un pays aux mœurs démocratiques, les élections font apparemment foi de tout. Chaque citoyen est égal devant l’urne et la majorité gagne le droit de procéder à des changements par le truchement des représentants ayant déclaré leurs intentions. Toutefois, ce beau principe théorique est vite mis à mal par toutes sortes d’astuces permettant de gagner sans l’avoir mérité.

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Les discoureurs ne révèlent plus grand-chose de leurs véritables intentions, préférant dénigrer leurs adversaires plutôt que de parler de leurs projets. Ils tendent des pièges, ils mentent, ils trichent en soudoyant des personnes influentes, ils reçoivent de l’argent par des entreprises et organismes afin d’acheter une machine électorale puissante. En retour, ils voteront des lois en leur faveur, ou ne voteront aucune loi afin que ces organismes puissent continuer d’abuser de tout. Et c’est sans oublier l’ultime tricherie, le paquetage des urnes, leur substitution ou leur destruction selon les possibilités du moment.

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La démocratie fonctionne lorsque personne ne triche et tout le monde se rend aux urnes, deux utopies qui ne sont pas prêtes de disparaitre. C’est pourquoi, même dans des pays dits démocratiques, les élections ne sont pas la solution ultime pour un peuple bafoué par les magouilles de tous genres. Même dans des circonstances difficiles, une bonne machine électorale parvient à faire réélire ses candidats en renversant le vote de très peu d’individus. En s’attardant prioritairement à modifier les intentions de vote d’environ 5 pour cent de la population, pas beaucoup plus, un parti politique parviendra à gagner des élections perdues d’avance.

Il reste donc la mobilisation citoyenne comme outil démocratique. Mais encore de cette façon, tricher reste l’outil utilisé par les lâches qui sont nombreux et notoires. Répression, infiltration d’agents de renseignement et de déstabilisation, corruption, menaces, tous les moyens sont utilisés pour éteindre les brasiers de la résistance et du changement au profit d’un pouvoir omniprésent et corrompu.

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J’ai donc répondu à au moins un volet de la question en titre de cet article. La mobilisation citoyenne n’est pas antidémocratique même si elle n’est pas régie par des règles électorales. De toute façon, les tricheurs se foutent éperdument des règles électorales et seuls les naïfs les respecteront et, évidemment, perdront.

Les gagnants ne sont pas toujours des tricheurs invétérés, surtout lorsqu’ils gagnent parce que leurs adversaires ont poussé la note trop haut et se sont étouffés eux-mêmes avec leur salive mêlée de fiel. Certains ont gagné parce que leur avantage était tout simplement d’être inconnus. Certains gagnent par chance, d’autres en portant un patronyme populaire et d’autres en restant eux-mêmes et sincères. Ça arrive aussi, parfois.

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Si la mobilisation citoyenne n’est pas nécessairement antidémocratique, elle n’est pas exempte de toute critique non plus, car elle reste un outil permettant de gagner sans voter, donc sans compter le nombre de gens en faveur d’un tel sujet par rapport au total. On est donc en présence d’un outil potentiellement puissant pour faire plier des gouvernements élus. Oui, il existe aussi un côté sombre à cette méthode d’influencer le cours des événements, comme pour tout le reste.

Rien n’est jamais tout blanc ou tout noir (Les pixels du bien et du mal) et rien ne s’avère plus facile que de basculer d’un côté sain à un autre plus sombre en se cachant la vérité, juste un peu à la fois, jusqu’à ce que le rideau devienne entièrement opaque. L’expression «le pouvoir corrompt» résume assez bien ce principe que j’intitule personnellement «La question du cornichon».

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Si vous me demandez de déterminer à partir de quel point un concombre est devenu un cornichon, la réponse semble impossible à savoir, pourtant, elle est d’une simplicité enfantine. Un concombre devient un cornichon à partir du moment où il est plongé dans le vinaigre. Une cellule à la fois, la transformation débute à l’instant zéro et se poursuivra aussi longtemps que subsistera du vinaigre.

Le pouvoir politique, c’est le vinaigre. Je vous laisse deviner qui sont les cornichons.

L’illusion de l’effort citoyen

Nous vivons actuellement une crise des matières recyclables et celle-ci était prévisible depuis les tout débuts de la récupération des matières post-consommation.

Je me souviens des premières cloches à récupération placées dans différents parcs. Bien que nous devions embarquer nos sacs et bacs dans l’automobile pour aller les porter et décharger leur contenu à la pièce dans les ouvertures trop hautes de ces monstres verts, en très peu de temps il aurait fallu multiplier leur nombre par mille pour satisfaire au volume de matières rapportées.

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La mise en place de cette première mesure concrète était victime de son succès et les cloches ont disparu pour raison de salubrité et aussi parce qu’on n’avait prévu aucun moyen de recycler une quantité aussi importante et aussi subite de papiers, verres, métaux et plastiques rapportés.

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Puis vint le ramassage à domicile, mais il fallait toujours trier les différentes matières. Ensuite, on a construit des centres de tri et on en est venu à cesser de trier les matières à la source.

À Montréal, nous sommes loin d’être les champions de la récupération avec un taux d’environ 70 %. Les autorités de tous les paliers de gouvernements mènent donc régulièrement des campagnes de sensibilisation pour augmenter ce taux.

Cependant, du côté des mêmes autorités, on se traine les pieds pour mettre en place de vraies infrastructures qui permettraient non seulement de récupérer correctement et efficacement l’ensemble des résidus, mais surtout à procéder à leur revalorisation localement tout en garantissant un gain économique substantiel sur l’achat de matières neuves.

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À cause du laxisme des autorités citoyennes, aujourd’hui on exporte, enfouit ou incinère presque la totalité des matières récupérées et pourtant les annonces continuent de pleuvoir pour que les gens augmentent leur efficacité de récupération.

J’aurai beau être sensibilisé au max, si ensuite tous mes efforts tombent à l’eau parce que rien n’a été fait pour avoir instauré une véritable économie du recyclage, on croulera toujours sous des montagnes de richesses laissées à l’abandon.

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Pour prendre un exemple simple, même si tous les citoyens construisent leur petit égout personnel, ça ne suffirait pas pour en faire un système efficace et propre de récupération, de traitement et de réutilisation des résidus. Les autorités sont parvenues à récupérer notre merde sans avoir à se soulager dans un bac à recyclage et à aller le porter à l’usine. Alors, peut-on aussi le faire avec les matières qui sont moins dérangeantes parce qu’elles sentent moins mauvais?

Ça prend une économie complète du recyclage, une structure globale, efficace qui deviendrait avantageuse sur tous les plans, surtout sur le plan monétaire puisque tout doit passer par là pour être enfin compris et accepté.

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Et à ce niveau, le citoyen ne sert à rien. Il est donc parfaitement illusoire de croire qu’en lui demandant plus d’efforts, ça va régler les problèmes. La population n’est pas dupe, elle voit bien que d’importants maillons manquent à la chaine. Aujourd’hui, le recyclage est une illusion bien orchestrée. On nous fait croire qu’il n’en dépend que de nous et que si nous ne continuons pas à nous améliorer, c’est peine perdue.

Toutes ces campagnes de publicité à l’intention des citoyens ne font que détourner l’argent qui serait bien plus utile pour mettre en place des infrastructures inexistantes et pour bâtir une véritable économie complète et efficace du recyclage.

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Tous les gouvernements successifs ont toujours opposé le recyclage à l’économie, voilà pourquoi aucun n’a jamais pris le taureau par les cornes. C’est toujours bien plus facile de rouler dans des ornières que de bâtir une nouvelle économie plus respectueuse de l’environnement afin de limiter l’usage de nos ressources épuisables.

Il est faux de croire que les gouvernements ne peuvent pas en faire plus que les citoyens. Ce qu’ils ont à mettre en place, aucun citoyen ne le peut, ni même un groupement de citoyens, ni même une ville, ni même une région. Il manque de lois et de règlementations, il manque d’infrastructures essentielles généralisées, il manque de volonté politique aux échelons les plus élevés, c’est la seule triste vérité.

Alors, de grâce chers veules gouvernements! Cessez de dilapider notre argent en vaines publicités, cessez de cacher vos responsabilités, cessez de pelleter le problème là où il ne peut être résolu et faites la seule chose vraiment utile, attaquez-vous une fois pour toutes au problème dans son ensemble et mettez en place de vraies solutions globales.

Clients et investisseurs, inversion des rôles

J’aurais pu accoler la catégorie bêtise humaine à cet article, car les conséquences désastreuses engendrées par l’application des mécanismes décrits ci-après dépassent simplement l’entendement. Et pourtant, nous en sommes tous conscients malgré de vains efforts pour le camoufler. Plus encore, nous constituons tous, d’une façon ou d’une autre, l’une des pièces de cet immense rouage. Je vous explique.

Oui, l’humain commet des bêtises individuelles et collectives, mais celle-ci est mûrement réfléchie, généralisée, institutionnalisée et instrumentalisée. La bêtise devient mode de vie et système économique. Quant à nos institutions politiques, elles ne sont destinées qu’à promouvoir et à soutenir l’un comme l’autre.

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Il existe des terminologies commodes et usuelles pour désigner cette sottise globale, on la nomme capitalisme moderne, néocapitalisme ou encore mondialisation ou village global, des termes destinés à nous émerveiller en réduisant notre importance à néant face au sublime. Ce modèle économique issu des requins-oligarques a tout de même réussi un fameux tour de force, celui d’inverser les rôles autrefois joués par les clients et ceux tenus par les investisseurs.

Un stratagème plutôt commode pour les grandes fortunes de ce monde, elles se sont organisées non seulement pour partager les risques liés à leurs investissements, elles ont tout bonnement réussi à s’en débarrasser. Devinez-vous qui assume aujourd’hui le pari, l’enjeu, les risques économiques autrefois dévolus aux investisseurs ? Je vous le donne en mille, c’est vous, c’est moi et toute la population. Quant à eux, ils se sauvent avec des garanties de rendement et de satisfaction. Pour résumer ce paragraphe en quelques mots : les risques appartiennent maintenant aux clients et les garanties vont aux investisseurs. N’y voyez-vous pas une étrange inversion par rapport à une économie normale basée sur une relation saine entre une entreprise et sa clientèle ?

En suivant de près cette dérive, cette inversion des rôles, des risques et des garanties, on constate que ce modèle économique a engendré un cancer quasiment impossible à éradiquer. L’oligarchie s’est intimement alliée aux politiciens qu’elle finance et contrôle de plus d’une façon. En conséquence, l’intérêt, le désir et la volonté de repenser ce modèle se sont définitivement évaporés.

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Aujourd’hui, l’investisseur, celui qui est censé prendre des risques financiers, voit tous ses rendements garantis. Quant aux fameux dangers, ils n’ont pas totalement disparu, tant s’en faut. La mondialisation le permettant, le bassin de clientèle est tellement vaste qu’une compagnie peut facilement commercialiser des produits pourris à certains endroits sans vraiment risquer sa réputation ni son volume total de ventes.

Les gens floués se découragent de demander un remboursement ou un échange pour obtenir un modèle tout aussi médiocre, car tous les produits finissent par s’équivaloir. Par trop d’expériences semblables, les clients se découragent, jettent la serviette ainsi que leur achat frelaté aux poubelles. Évidemment, les compagnies érigent de multiples barrières visant à leur faire plier l’échine plutôt que de leur donner un service après-vente adéquat. Si un client insatisfait réussit à obtenir réparation, il a réussi le parcours du combattant en ayant raison du Minotaure. Barrières technologiques, de confidentialité, de langue, de fuseau horaire, de manque flagrant de personnel, d’obsolescence des informations, de fusions et de démantèlements d’entités juridiques, de distribution complexe et tarabiscotée, de garanties appauvries ou impossibles à faire respecter, les compagnies qui possèdent quasiment un monopole usent de tous les moyens possibles pour se dégager de leurs responsabilités les plus élémentaires. « Si vous êtes insatisfait, procurez-vous un autre de nos produits médiocres. »

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Pourtant, la majorité des gens refusent de s’offusquer, se gardent de dénoncer les mauvais joueurs, et surtout de boycotter les produits de ces multinationales ? « On m’a convaincu que j’en avais besoin, j’en ai donc besoin. » Grâce à la mondialisation et à son bassin suffisamment important de victimes potentielles, les entreprises peuvent se permettre de flouer la confiance d’une partie de leurs clients pourvu que celle des investisseurs soit préservée.

Et voilà, le pont est lancé pour comprendre la seconde idiotie instaurée par les principaux acteurs de ce système économique, la fameuse croissance ininterrompue. Dans un monde conçu pour le seul bien de l’oligarchie, les entreprises ne peuvent plus se permettre de seulement perdurer, elles doivent impérativement gonfler afin d’atteindre les objectifs en perpétuelle croissance imposés tous les trois mois par leurs investisseurs. Prises en otage, elles leur payent rançon en se saignant à blanc.

Ces ballons de baudruche finissent inévitablement par atteindre leurs limites expansives, mais avant d’éclater, les compagnies auront floué tous ceux qu’ils peuvent duper et escroquer afin de répondre aux folles exigences constamment amplifiées de leurs actionnaires. Elles ne se contentent pas de mal desservir leur clientèle, elles abusent également de leurs employés et négligent toutes leurs obligations sociales en polluant eaux, airs et terres, en massacrant des espèces animales et végétales, en transférant leurs profits dans des paradis fiscaux, en exploitant des enfants et même en encourageant l’esclavagisme ou la surexploitation humaine de façon plus ou moins détournée.

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Et lorsque les sociétés rendues à bout de souffle, exsangues sont devenues incapables de satisfaire leurs bourreaux, elles rendent l’âme en emportant leurs promesses non tenues, leurs négligences et leurs mensonges dans la tombe. Bien entendu, les investisseurs professionnels connaissent bien ce cycle de vampirisme et ils se préparent en conséquence. Ils retirent leurs billes au moment le plus opportun en laissant le soin à d’autres personnes moins bien avisées de se taper la dégringolade des moribonds. Ainsi, ces profiteurs invétérés bénéficient d’un niveau de risque quasiment nul en gangrénant l’économie par la racine sans que personne ne soit en mesure ni même le désir de les empêcher.

Ensuite les requins transportent leurs méthodes cancéreuses dans un secteur de l’économie encore vierge de leurs exactions, car il s’agit bien d’un cancer qui se nourrit de la vitalité des gens et des compagnies ordinaires afin alimenter leur insatiable soif de fortune, eux qui s’avéreraient totalement incompétents pour gérer de façon pérenne une entreprise au service d’une clientèle normale.

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Voilà ce qu’est le néocapitalisme, la mondialisation et les principaux acteurs que sont les grands portefeuilles financiers dans lesquels vous souscrivez vos avoirs par vos fonds de pension et vos placements collectifs. Eh oui ! vous représentez tout autant la victime que le martyriseur anonyme dans ce système qui utilise votre propre argent pour vous escroquer.

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Lorsque votre PF (planificateur financier) vous fera signer ses prochains documents, pensez-y. Vous les parapherez quand même, car vous vivez avec et dans le système économique actuel qui vous promet une garantie de rendement, mais vous saurez comment sert votre argent et dans quels buts. Votre signature représente aussi votre assentiment personnel à tout ce qui s’ensuit. Dormez bien !

Les quatre D

La nouvelle façon de vivre, c’est de mentir impunément. Puisque personne n’est sanctionné, le mensonge devient ainsi la norme sociale. Mentir en niant même les pires évidences, en affirmant exactement le contraire de ce qu’on fait, en jetant les blâmes des conséquences de ses actes sur ses adversaires, en inventant n’importe quels faux événements pour convaincre les autres de se rallier à sa cause, en menaçant les dénonciateurs. Mentir est même devenu tout à fait acceptable. Le mensonge prouve que vous prenez tous les moyens pour gagner et les gens aiment ceux qui gagnent, peu importe comment ils y parviennent.

Autrefois utilisé avec parcimonie puisque se faire prendre à mentir coûtait presque toujours sa carrière, aujourd’hui les menteurs ne cachent même plus. Sachant pertinemment qu’une partie des auditeurs ne sont pas dupes, ils s’en foutent totalement puisqu’ils ne font face à aucune conséquence.

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Mentir permet à ses disciples et admirateurs de reprendre ces aberrations à leur compte et de les semer à tout vent. Lorsque des milliers de personnes crient un même mensonge sur tous les médias sociaux, le mensonge prend des allures de vérité. Surtout que personne (ou presque) ne s’intéresse à faire contrepoids.

Les menteurs imposent leurs règles, car aucune logique ne peut venir à bout des mensonges. La logique doit donc céder le pas à quelque chose de plus puissant et de plus draconien. Mais qui maintenant voudra mettre en place un système qui botterait le derrière aux mythomanes compulsifs lorsqu’ils sont au pouvoir ? Et ce sont des gens comme vous et moi qui les avons placés à ces postes. Vous, moi et aussi d’autres menteurs payés pour falsifier les résultats.

Voilà quelle société nous avons créée et dans laquelle nous vivons actuellement. Une société qu’il sera bien difficile de se défaire… à moins de devenir nous aussi des menteurs invétérés afin de combattre à armes égales. Mais alors, qu’est-ce qui aura changé sinon un nom sur une plaque et dans des documents ?

Une société ayant érigé le mensonge en système sera obligée d’endurer ce mode jusqu’aux quatre D, car cette abominable tolérance est le signe évident de la décadence d’un peuple qui entraine son déclin, engendre sa déchéance et enfin apporte sa destruction.

 

Brin de folie, brin de fourmi

Car le peuple n’est pas toujours aussi docile qu’ils aimeraient. Alors pour obtenir sa fidélité malgré leur cause inavouable, les Grands Manipulateurs inventent des causes et exacerbent des craintes afin d’obtenir en retour l’effort de guerre nécessaire et surtout la docilité inconditionnelle des populations qu’ils désirent faire travailler à l’atteinte de leurs objectifs.

Autrefois, les peurs inventées ou exagérées tournaient toutes autour de l’envahissement territorial. Ces craintes comportaient une matérialité dans des équations et des logiques simples à saisir. Si A survient, alors B sera sa conséquence. On pourrait résumer les conflits par le principe qu’il valait mieux envahir les autres en premier plutôt que de se faire envahir plus tard.

Aujourd’hui, ces projections simples sont devenues beaucoup plus complexes, car on parle plus rarement d’envahissement territorial, l’invasion se réalisant sans devoir occuper les lieux. Ainsi, les peurs à engendrer pour obtenir l’assentiment et les efforts de guerre de la population suivent l’évolution stratégique et technologique. Il n’y a pas encore si longtemps, les peurs carburaient aux communistes, aux socialistes, aux gauchistes et autres marxistes censés venir nous envahir. De nos jours, ces anciens ennemis se sont transformés en terroristes, en intégristes, en réfugiés, etc.

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Toutefois, les détenteurs des rênes du pouvoir, qu’ils soient d’hier ou de maintenant, n’ont pas changé leur objectif primordial, celui de poursuivre leur accumulation de richesses personnelles bien au-delà de n’importe quelle décence. Cependant, pour y parvenir, ils ont besoin de l’assentiment tacite des peuples qu’ils tiennent sous leur emprise et qui travaillent souvent à leur insu à les engraisser. La tactique toujours utilisée consiste à faire grandir leurs craintes en les gonflant artificiellement à partir de faits divers réels, mais souvent marginaux.

Demain, les Américains iront aux urnes pour les élections de mi-mandat. La dernière fois, je considère qu’il leur a fallu un brin de folie, pour ne pas dire une bulle au cerveau, pour élire un républicain de la nature de monsieur Trump. Cette fois-ci, ils auront eu deux ans pour réfléchir à leurs actes, nous saurons donc avec plus de précision ce que nos voisins ont vraiment dans la cervelle.

Autrefois un grand peuple, les Américains sont-ils devenus victimes de leur propre hégémonie qu’ils ont fait régner sur la planète? De folles fourmis aveugles au service de leur ploutocratie?

Dans quelques heures, nous en saurons un peu plus.

Le poids du pouvoir

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« Le poids du pouvoir est immense et il écrase tous ceux qui l’acceptent consciemment et à regret. Alors que penser de ceux qui le désirent au point de tout sacrifier pour s’en emparer ? »

— LeCorbot

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Un transport, ça urge !

En ces temps de réchauffements climatiques avérés et en forte hausse, voter pour un parti qui se désintéresse totalement du sujet confirme que nous ne croyons plus en notre avenir et que seul compte le fait de vivre le reste de nos jours en consentant les moindres efforts dans l’espoir ridicule de ne rien changer à notre mode de vie décadent et annihilateur.

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Les dérèglements de la mécanique climatique n’ont rien d’une sorte de grippe. Ça ne passera pas avec un peu de patience et un sac en papier sur la tête. Mais ça, même si on fait semblant du contraire, on le sait pertinemment.

Le plus étonnant, c’est la question de l’héritage. On dit vouloir le mieux pour notre progéniture alors qu’on lui lègue sans aucune gêne une planète décrépite, aux comportements de plus en plus violents, imprévisibles et destructeurs. C’est tout de même représentatif de nos valeurs morales, dont au tout premier rang, un égoïsme absolu, y compris face et à l’encontre de nos propres enfants !

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Prenez-vous conscience comme moi de cet épouvantable constat de la nature humaine ?Et on devrait garder confiance que l’humain va s’en sortir ? Les arrogants qui rejettent toutes conséquences majeures de leurs actes sur la planète représentent les plus grandioses rêveurs et utopistes alors qu’ils utilisent ces mêmes termes pour qualifier ceux qui veulent changer les choses. Étrange ? Pas vraiment. Ce phénomène se nomme de la transposition.

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Toutefois, il serait injuste de leur remettre tous les torts. Ils ne sont pas les seuls responsables puisque nous acceptons docilement nous aussi de ne rien changer.

Cette bête sauvage qualifiée injustement de sapiens ment comme elle respire y compris à elle-même, ce qui constitue à mon avis un défaut à l’origine de bien d’autres.

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J’attends toujours avec impatience le passage du prochain vaisseau en direction de ma planète d’origine. Je commence vraiment à en avoir ma claque de cet endroit, et ce malgré les jolis paysages disséminés un peu partout sur cette boule, de toute façon, en décrépitude. Il y a plus important à faire et je n’ai plus aucune utilité parmi ces indigènes indigestes. J’accepterais aussi un travail bénévole comme agent de bord. Ah et puis tant pis! Foutez-moi dans une soute à bagages si ça vous chante, mais faites quelque chose!

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Bah! Gang! Ne vous inquiétez pas. Je compte bien continuer de vous écrire, question de recevoir vos commentaires sur la façon dont vous vous débrouillez avec les catastrophes et cataclysmes. Vous ne m’en voudrez pas si je ne parais pas étonné de vos déboires avec la Nature et avec vos semblables lorsque vous vous entretuerez pour survivre. Et même si vous détestez l’entendre, je vous abreuverai sans vergogne de centaines de «je vous l’avais bien dit».

Soirée électorale au Québec

Hier, c’était jour d’élections au Québec. On a un nouveau gouvernement majoritaire, un nouveau parti au pouvoir, la CAQ (Coalition Avenir Québec) et un nouveau premier ministre, François Legault.

Le parti qui a remporté les élections est le seul parti dont le programme a, non seulement aucune mesure à présenter en matière d’environnement, mais au contraire, il veut encourager les hydrocarbures y compris la fracturation hydraulique.

Je félicite la CAQ pour leur victoire, ainsi que pour ne pas avoir cédé à la tentation de nous mentir effrontément sur le sujet. Au moins, les électeurs n’auront pas à regretter leur choix pris en connaissance de cause. Je souhaite simplement à ce parti et à son chef d’ouvrir les yeux et de gouverner en gens responsables. Ça devrait suffire pour prendre quelques bonnes décisions en rapport avec des priorités non inscrites dans leur programme.

À tous les nouveaux élus de tous les partis, je vous souhaite la clairvoyance et l’humilité. Représentez vos concitoyens de manière honnête et responsable.

Êtes-vous démocrate dans l’âme ?

Vous vous targuez d’aimer la démocratie, vous la voulez plus belle, plus pure, vécue de plus près. Cet article vous prouvera le contraire. Pour la très grande majorité d’entre vous, la démocratie restera une utopie, car vous avez choisi ou vous opterez pour un mode de fonctionnement bien différent. Commençons votre désillusion.

Vous vivez déjà ou rêvez de vivre en couple. Cependant, votre couple est-il ou deviendra-t-il une institution démocratique? Vous le croyez? Je ne vous connais pas et pourtant je sais pertinemment que ce bel objectif ne surviendra probablement jamais.

Tout d’abord, la démocratie est basée sur l’acceptation d’une proposition à majorité simple. Dans un couple, cette majorité simple se confond avec l’unanimité, qu’elle penche en faveur ou contre l’idée du projet. Dans le seul cas qui reste, la division parfaitement égale du vote, cette impasse ne s’avère qu’apparente. Dans une démocratie utopique de couple, l’impasse se transforme habituellement en dictature.

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Disons que je propose à ma tendre moitié de voyager ensemble en Inde. Après avoir discuté d’un tas de facteurs, je demeure fermement décidé à y aller, mais je n’ai pas convaincu ma partenaire de démocratie, et accessoirement ma bien-aimée, de m’accompagner. Décision partagée. Pourtant, de ce débat au résultat divisé, il en ressortira quand même un gagnant. À égalité, le non l’emporte et l’emportera toujours. Le poids du non est prépondérant sur celui du oui. Nous ne verrons pas le Taj Mahal ni les trapps du Deccan.

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Certaines personnes ont vite compris les avantages que procure le fait de voter non et son droit prépondérant se mue rapidement et très souvent en tentative de coup d’État pour instaurer une dictature à l’intérieur du noyau familial. Tant qu’à vivre dans une fausse démocratie utopique de couple, pourquoi ne pas la transformer en dictature? Un régime bien plus performant, qui exige moins de temps pour discuter, négocier, et où convaincre l’autre camp devient accessoire.

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Contrairement à la démocratie, la dictature ne constitue pas un régime utopique, ni dans un couple ni pour une nation entière. Elle s’instaure naturellement dans le but primaire d’accroitre l’efficacité décisionnelle. Ensuite, elle glisse aisément pour se transformer en totalitarisme aveugle. Le pouvoir non partagé corrompt toutes les âmes, même les plus pures. Il en va de même dans un couple lorsqu’il a dérivé vers ce côté obscur.

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Ainsi, la démocratie dans un couple ne pourrait vraiment exister que si un nombre impair de personnes le forment. Et c’est là où j’en arrive au trip à trois, au trio, ou pour piocher dans le lexique musical, au triolet.

Un triolet consiste en un groupe de trois notes jouées dans le temps normalement imparti à deux. Alors, un triolet de vie serait un groupement de trois individus composant l’équivalent d’un couple et prenant ensemble des décisions réellement à majorité simple.

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Petit problème que vous pouvez anticiper, dans la vie normale, le mot couple rime fortement avec le mot sexualité. Un triolet équilibré devrait donc laisser la place à une sexualité satisfaisante pour tous ses participants.

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Voilà, rien n’est parfait dans la vie. Pour régler un problème de vote démocratique à l’intérieur d’un couple, il faut accepter le trip à trois permanent. On comprend aisément pourquoi si peu de triolets existent, mais également pourquoi tant de couples échouent en refusant d’adopter la solution la plus performante pour la démocratie et le bien-être décisionnel de leur couple.

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Alors, chère lectrice, cher lecteur, si votre partenaire ose un jour vous proposer un triolet, ne vous offusquez pas. Il s’agit peut-être de la seule occasion que vous aurez dans votre vie de faire partie d’un vrai système démocratique pur et non utopique.

Vous vous croyiez démocrate? Prêt à vivre en vraie démocratie ? Prouvez-le maintenant!

Votre pensée est marginale ? Lisez ceci

Il est tentant de lier les esprits marginaux à des esprits de contradiction. Ne sont-ils pas toujours en train de tout critiquer? De tout virer à l’envers? De transformer les plus sûres valeurs en défauts qui, selon eux, devraient être éradiqués?

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Pour ceux qui empruntent et se font transporter par le courant principal – mainstream en swahili – sans même nager, ce rapprochement facile leur est naturel. Habitués de ne pas se poser de questions sur la valeur de leurs propres agissements pourvu que la société ne les critique pas, ne les défende pas, ne les marginalise pas, ils appartiennent au clan des bons et ceux qui osent penser différemment se retrouvent automatiquement dans celui des mauvais.

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Les suiveurs ne pensent pas, ils laissent d’autres gens penser à leur place et ils adoptent d’emblée leurs opinions, du moins celles rendues publiques. C’est là où réside l’astuce de l’élite, des élus. Leurs opinions personnelles restent un secret bien gardé. Celles qu’ils publient, qu’ils laissent filtrer dans la sphère publique sont des instruments utilisés pour orienter le flux de pensées commun dans une seule direction.

Ce processus est aussi vieux que les élections. En soi, il regorge de qualités, mais également de défauts. Que tout le peuple marche d’un même pas s’avère un objectif essentiel pour générer et conserver la cohésion des actions. Que tous les gens avancent toujours à l’unisson deviendra une stratégie très néfaste, car une fois la cadence et la direction adoptées, la nation s’échouera sur n’importe quel obstacle sans même se douter des dangers environnants.

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C’est dans ce contexte où les vertus de la marginalité doivent entrer en ligne de compte. Comparons les marginaux à des vigies. Elles ne tiendront jamais la barre, elles ne commanderont jamais l’équipage, mais elles possèdent un pouvoir immense, celui de voir au loin et ainsi d’aider à éviter les naufrages.

Mais la tentation de les traiter d’oiseaux de malheur s’avère trop grande. On préfère ignorer leurs avertissements, on brouille leurs transmissions, on les dépouille de leurs jumelles, on cherche à les ramener au niveau du pont et parfois même on les enferme dans la cale, un bâillon dans la bouche et un bandeau sur les yeux sous celui bienveillant du capitaine, certainement plus heureux et fier de commander une bande de marionnettes qu’à éviter les échecs. Après tout, c’est lui qui est au pouvoir, pas ce foutu prétendant prétentieux croyant tout savoir de ce qu’on trouve au loin!

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Le marginal n’est pas une menace, sauf envers les aveugles idiots désireux par-dessus tout de s’en passer. Décidément, ça fait pas mal de gens au compteur.

Mais d’où vient le problème avec les marginaux? Pourquoi les personnes les détestent-elles tant?

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Le problème réside toujours aux deux mêmes endroits, dans l’usurpation et dans l’abus. Un marginal ne possède pas un titre régi par l’Ordre des professionnels en marginalité. Ainsi, ce rôle essentiel de vigie est laissé sans surveillance. Des tas de zigotos grimpent alors au grand mât afin d’occuper la minuscule plateforme. Dépourvus de tout instrument d’observation et d’analyse fiable, ils n’utilisent pas cette position pour mieux voir les alentours, mais plutôt pour mieux faire entendre leurs opinions, déjà toutes bien ficelées, sans égards aux réalités de la mer environnante, au plus grand nombre de gens possible.

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Ainsi, départager les vraies vigies des usurpateurs s’avère souvent une tâche délicate et difficile à accomplir avec justesse. La solution la plus simple consiste alors à entasser tous les prétendants à ce poste dans un coffre, à bien le lester avec du plomb et à le laisser couler au fond de l’océan. Puisque se fier à de fausses ou à de mauvaises vigies comporte autant de risques que de s’en passer, la stratégie commandée et utilisée par l’élite dirigeante revient à tous les dénigrer en bloc.

Et voici la preuve que cette élite peut également se montrer idiote, car il existe un moyen de résoudre ce dilemme des fausses vigies, mais elle entraine certaines contraintes essentielles qui sont généralement rejetées d’emblée par ignorance.trouver-electricien-web-solution.jpg

Pour trier le grain de l’ivraie, ça prend un tamis et une technique appropriés. Il faut passer au crible les assertions des marginaux afin d’en analyser la teneur et la valeur. Mais pour ce faire, l’élite doit vouloir y consacrer des ressources en temps et en matière grise, ce que très peu acceptent, imbues de leurs pouvoirs et convaincues de leur infaillibilité.

Et voilà comment les libres penseurs avant-gardistes visionnaires se retrouvent dans la même marmite que les gens munis d’un simple esprit de contradiction. Parce que ceux qui gouvernent ne prennent pas le temps et l’énergie nécessaires pour accomplir ce tri, préférant se passer de conseils avisés.

Voici le destin quasi certain de tous les marginaux, celui d’être comparés à des simplets illuminés criant bien trop souvent au loup. Ils seront ainsi traités en conséquence.

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Faire connaitre sa marginalité n’amène aucun confort, ne comporte aucun avantage et n’apportera aucune reconnaissance des élites au pouvoir. Bien au contraire, l’ostracisme attendra toute personne suffisamment inconsciente pour monter au grand mât afin d’exécuter minutieusement les tâches dévolues à une vigie dans la société. Car le peuple a décidé qu’il est trop compliqué de prendre quelques moyens simples et efficaces pour reconnaitre les vraies vigies des fausses.

Mais quels sont ces moyens simples dont je parle? Ce sont des analyses professionnelles réalisées en bonne et due forme. Préparer des questions pertinentes et les utiliser adéquatement. Analyser correctement les réponses et en tirer les conclusions qui s’imposent. Enfin et surtout, s’y fier afin de prendre les dispositions nécessaires. Mais plus personne ne se donne la peine d’apprendre ces techniques essentielles.

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Peu importe le sujet, son ignorance engendre presque toujours la même réaction. On considérera qu’il n’a donc aucun intérêt. Et voilà comment les nations préfèrent voguer sans vigies sur les flots agités et remplis d’écueils plutôt que se prémunir des dangers en recrutant des gens marginaux compétents afin de leur servir de vigie.

2449223399_1Un rôle de marginal vous tient-il toujours à cœur? Si oui, alors vous en avez, mais on fera tout pour vous l’écraser. Sachez-le.

 

Discrimination (dite) positive

Depuis le premier jour où j’ai entendu cette formule, elle n’a cessé de me faire hérisser tous les poils de mon corps. Bon, certains prétendront qu’il n’en reste plus beaucoup à redresser sur mon caillou, mais les cheveux qui continuent de vaillamment s’y accrocher s’horrifient pour tous ceux qui manquent à l’appel.

J’étais jeune lorsque cette bêtise innommable a fait son apparition dans le cercle politique que je fréquentais à l’époque. J’ai tout de suite été pris d’un grand malaise devant ces personnes apparemment toutes saines d’esprit et même brillantes qui péroraient sérieusement sur la mise en place de ce système. Les pavillons de mes oreilles tentaient d’obturer mes canaux auditifs toutes les fois qu’ils entendaient ces deux mots accolés.

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Mon dilemme à l’époque consistait à savoir si je dénonçais haut et fort cette aberration ou si je la jouais plus finement. Puisque j’étais en politique, eh bien à Rome on agit en Romains, j’ai donc décidé de commencer par me taire et d’observer la suite.

Bien entendu, cette volonté de favoriser une certaine discrimination (que je ne qualifierai jamais de positive) avait pour but de corriger de graves injustices faites dans le passé contre les femmes, les autochtones, les handicapés et les gens dont leur foi ne correspondait pas à celle de la majorité.

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Toutefois, le moyen choisi pour corriger ces injustices est totalement inapproprié et tout aussi immoral que les anciennes discriminations dénoncées. Cette mauvaise solution consiste à «favoriser» les gens appartenant à des groupes anciennement victimes de discrimination lors de l’embauche ou d’autres concours comparables.

Ne vous y trompez pas, toutes les discriminations basées sur les origines, la religion, les caractéristiques physiques non incapacitantes pour les tâches à accomplir, le sexe et les orientations sexuelles doivent être proscrites. Personnellement, je rajoute à cette liste la discrimination faite sur la base d’anciennes discriminations.

La seule façon saine et morale de corriger ces injustices passées est de cesser de les commettre, un point c’est tout. Tenter d’accélérer un rééquilibrage en renversant les discriminations ne fait que changer la face des coupables d’un acte odieux.

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Ce processus apparemment juste pour l’ensemble de la communauté crée de nouvelles victimes. La question est donc de savoir si l’inversion du favoritisme est réellement nécessaire. À celle-ci, l’analyse est formelle, elle n’est pas du tout nécessaire puisque si toute forme de discrimination cesse, l’équilibre finira inévitablement par survenir.

Cette mesure se veut un coup d’accélérateur permettant de corriger plus rapidement des fautes commises sur des humains en faisant subir la même chose à d’autres humains. Si, une première fois, nous avons été scandalisés par de la discrimination, nous devons rester tout aussi scandalisés pour toutes les autres perpétrées dans des circonstances semblables.

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La discrimination (dite) positive, c’est punir des personnes innocentes pour des exactions commises par d’autres personnes. Belle parodie de justice. On ne peut pas s’en prendre aux bonzes du passé, on va faire payer des quidams à leur place.

Les programmes de discrimination dite positive ont fini par exister et perdurent encore aujourd’hui.

Abus de mensonges

L’outil de démocratisation par l’information que fut l’internet s’ébrèche. Comme toujours, la faute revient aux abuseurs du système, mais également aux autorités en place qui y voient, à juste titre, une menace. Les fausses nouvelles pullulent de tous côtés.

Quand elles émanent des gouvernements, la cause est apparemment justifiée par la sacrosainte sécurité nationale. Toutefois, ces actions répressives empêchent les mensonges d’être connus et les gouvernements corrompus de tomber.

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Quand elles proviennent de la population, elles minent la confiance qu’a celle-ci dans les outils indépendants d’informations libres. Les abuseurs idiots embarquent dans le jeu des gouvernements qu’ils croient combattre, chaque fausse nouvelle se retournant contre eux, contre leur apparente cause et en fin de compte contre la population en général.

Dans le terme «liberté d’expression», le mot liberté sous-entend des obligations de la part de celui qui veut s’en prévaloir, car aucune n’est libre de toute exigence préalable.

Dans cette liberté d’expression, la vérité, ou ce qui s’en rapproche le plus, devrait impérativement figurer en tête de liste des obligations. Abuser de ce droit en prétendant simplement utiliser des mêmes outils que ses adversaires ne constitue pas une raison valable et encore moins une défense acceptable.

Devenir identique à ce qu’on dénonce revient à corrompre son idéal et la population ne devrait jamais croire ces leaders autodénaturés. Cela engendre des gouvernements semblables en tout point aux précédents. On passe d’un mal de prémolaire à celui d’une molaire, les nouveaux dirigeants s’avérant seulement jaloux du pouvoir que détenaient les anciens.

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Les gens restent conscients de ce carrousel tournant sur lui-même, causant ce désabusement généralisé envers la question politique. Bonnet blanc, blanc bonnet. Toutefois, totalement se désintéresser à la chose politique à cause de cette apparente inutilité de notre vote à changer quoi que ce soit ne représente pas la bonne stratégie à adopter.

Les systèmes politiques actuels engendrent leurs propres défauts, dont la corruption, le mensonge et la culture du secret. Certains dirigeants en abuseront plus que d’autres. On ne peut choisir qu’entre des niveaux plus ou moins grands de ces excès, car il en existera toujours. Aucun gouvernement n’en sera exempt. Cependant, le changement conserve certains avantages.

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Dans le système démocratique où la population peut renverser un gouvernement en place, cela permet de remettre le compteur à zéro pour un certain temps. Cette action n’est pas totalement inutile, mais elle ne devrait pas constituer une illusion de changement radical. Elle équilibre en quelque sorte le système en donnant alternativement le pouvoir à des factions différentes qui amèneront leurs propres supporters.

Mais une lutte reste prioritaire, peu importe les gouvernements en fonction, c’est la répression du mensonge. Un puissant dirigeant actuel l’a tellement banalisé que sa population considère cette tactique comme étant légitime. Ces déclarations mensongères à l’emporte-pièce s’avèrent non seulement scandaleuses et immorales, elles représentent la déchéance sociale totale de ce peuple autrefois adulé. Ces gens, par l’entremise de ce dirigeant, ont atteint le dernier stade du déclin, de la dégradation et de la décadence.

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Parfois, les luttes ne restent pas des actions inutiles. S’allier contre des menteurs invétérés et des abuseurs hégémoniques permettent de mettre un terme à leurs prétentions infondées.

J’en appelle à la population de ce pays. Ne croyez jamais qu’un menteur vous apportera le bien et le bon, car tout menteur le sera tout autant envers vous et vos aspirations légitimes. Certains individus pensent mieux tirer avantage du chaos que les autres, c’est simplement mal le connaitre. Ces leaders l’apprendront à leur dépens, mais pire encore, vous-mêmes en serez les premières et les plus importantes victimes.

La stratégie consistant à traiter ses ennemis en amis et ses amis en ennemis engendrera de nouvelles alliances et celles-ci excluront ce pays apparemment tout-puissant. Et quand il ne lui restera que ses ennemis auxquels s’allier, ceux-ci lui réserveront les derniers clous dans son cercueil.

Voilà le prix des mensonges, des bris d’alliances et de promesses, des insultes envers ses amis et des piètres illusions lancées à la face de tous.

Croissances et exigences

Il est faux de croire que les Puissants de ce monde peuvent tout obtenir grâce à leur colossale fortune. Ils ne peuvent se payer deux éléments essentiels qui leur permettent de maintenir leur mode opératoire.

Le premier élément, les oligarques ont besoin d’une population mondiale croissante, sinon le système économique mondial capitaliste meurt étouffé puisqu’il est essentiellement basé sur le principe de la croissance ininterrompue des profits. Après avoir économisé en ayant coupé tous les gras possibles, après avoir acheté ou s’être autrement débarrassé de la plupart de leurs compétiteurs pour récupérer leur clientèle, le seul autre moyen d’augmenter les profits passe par la croissance des ventes. Ils doivent donc vendre plus d’unités à chaque consommateur tout en additionnant de nouveaux consommateurs.

Le graphique suivant montre l’irréversibilité du processus et la diminution généralisée. Notez que l’élite subsiste plus longtemps à l’effondrement et celle-ci compte bien en profiter pour changer de paradygme une fois que les autres bulles se seront effondrées. C’est pourquoi, pour l’instant, elle s’en fout encore de la croissance idiote puisqu’elle s’en nourrit et elle sera la dernière à y survivre. Cependant, leur mutisme pour le cacher ou leurs efforts pour tenter de nous convaincre du contraire ne saurait inverser ce processus.

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Même les adolescents comprennent qu’une croissance continue infinie est impossible, sinon qu’adviendrait-il de leurs boutons d’acné et de leur moral ? Pourtant, le système capitaliste global nie catégoriquement cette évidence puisque toute sa stratégie repose sur une croissance continue ininterrompue. Vous avez entendu parler des dérives liées aux techniques de Ponzi. Pourtant, le système capitaliste mondial est construit sur ce principe de pyramide qui doit accroitre continuellement les dimensions de sa base. Autrement, tout le système flanche, implose et disparait.

Le deuxième élément essentiel dont les dirigeants de l’ombre ne peuvent se passer, ce sont nos bras pour faire leurs besognes. Afin de conserver leur hégémonie, ils doivent écraser les compétiteurs actuels et potentiels, détourner des ressources de tous types, affaiblir les pays inamicaux à leurs désirs. Pour ce faire, ça prend des guerres et des populations qui les soutiennent en désirs et en actes.

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Des guerres sont alors inventées en utilisant toutes sortes d’excuses et de magouilles pour soutenir la croissance des consommateurs et des profits. Les économies des autres pays sont détruites et remplacées pour les contrôler afin de s’approprier toutes les ressources. Bon, on connait la suite.

Voilà pourquoi la population mondiale croît sans cesse et elle le fera jusqu’à l’effondrement de sa bulle, associée à celle qu’elle nourrit, le capitalisme d’entreprise et d’état, car il ne faut pas se bercer d’illusions, toutes les bulles finissent inexorablement par péter. Ce sont les mathématiques qui le disent. Ensuite, libre à nous tous d’y croire.

Nous sommes utilisés, non seulement comme consommateurs, mais également comme souteneurs des régimes politiques et financiers basés sur des croissances absolues.

Cet article ne cherche pas à critiquer ou à soutenir un système économique plus qu’un autre. Je ne désire pas non plus vous convertir à une idéologie quelconque. Je mets sur la table une équation dotée d’un point d’inflexion, au mieux une asymptote. En termes moins mathématiques, la population de la Terre finira par décliner. Dans le meilleur des cas, elle cessera de croitre. Cependant, cette deuxième possibilité ne peut pas s’obtenir avec un régime économique mondial basé sur la croissance perpétuelle.

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Vous pouvez encore dormir sur vos deux oreilles, l’hécatombe ne surviendra probablement pas de notre vivant, mais tous les signes avant-coureurs ont commencé à apparaitre et certains même depuis longtemps. Remarquez les dérives financières de plus en plus répétées causées par la recherche « créative » de nouveaux profits. Voyez comment la majorité des marchés sont de plus en plus monopolistiques. Observez les méthodes et les arguments de plus en plus tordus et mensongers pour créer des guerres. Constatez l’essoufflement de la terre nourricière par les monocultures afin de maximiser les profits. Notez la destruction irréfrénée des habitats non agricoles pour les convertir en terres arables. Un consommateur mort de faim est un consommateur en moins donc une source de profit disparue.

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Bientôt, la terre ne pourra plus nourrir que les humains, mais sans le reste du biotope, notre bulle explosera. C’est absolument impossible d’arriver à un autre résultat si la population humaine croit constamment.

Photos : diversifiedtrust.com ; delibere.frafriqueinside.compszczolyimy.pl

Nous devons aller au cinéma

Autrefois on disait que la première chose qu’on perd en temps de guerre, c’est la vérité. Les médias devaient servir l’effort de guerre et les gens comprenaient que la vérité devait attendre que le conflit soit terminé. Les médias devenaient propagande et outil de désinformation pour le clan ennemi le temps que le conflit se termine. Le problème c’est que maintenant, la guerre est permanente puisque les médias appartiennent à des conglomérats qui font de la vie courante une guerre permanente contre la véritable information qui pourrait nuire à l’un des oligarques.

Une façon de connaitre la vérité, c’est d’aller au cinéma. Les œuvres de fiction contiennent aujourd’hui plus de vérité que les médias traditionnels. Il suffit de transposer des noms différents sur les personnages et le tour est joué. La vérité trouve toujours un chemin, mais c’est à nous de trouver le bon. Pas facile puisque la fiction, par essence, c’est de la fiction. Mais justement parce que les films font dans la fiction, ils réussissent encore à outrepasser la censure dans une certaine limite. Mais on doit dégrossir le scénario, le rendre plausible. Bref, il faut savoir interpréter ce que l’on voit. Même chose avec les médias, nous devons lire entre les lignes. Le problème c’est qu’aujourd’hui, même les lignes ont disparu afin de s’assurer qu’aucune information vraie non contrôlée ne fuite vers le peuple.

Tous ces stratagèmes abusifs de l’oligarchie trouveront un jour leur aboutissement. Cela a toujours été le cas par le passé et ça surviendra encore. Quand ? Impossible à savoir, mais il faut être idiot pour ne pas voir que des germes de révolte sont quotidiennement semés et un jour ils porteront ses fruits. Je ne serai plus là et fort probablement vous non plus. C’est pourquoi je vais au cinéma. Ça me tient bien informé et de plus cette activité est plaisante. Alors bon cinéma tout le monde !

Déplacer le problème

En politique, l’image est importante et même essentielle. Pour donner une image positive à tout, on utilise à outrance la transposition comme arme de destruction massive de la réalité. La première réalité à éliminer des discours et des déclarations publiques est le mot « problème ».

Ce mot ne me rebute pas comme bien d’autres qui tentent de rayer ce mot de leur dictionnaire. Généralement, j’appelle un chat un chat et je m’oppose à toute tentative de changer les mots dans le but d’édulcorer une situation. Apporter de bonnes solutions commence par prendre le pouls exact et pour ce faire, on ne peut appeler un problème autrement. Toutefois, ce qui constitue un problème pour certains n’en fait pas un pour tout le monde.

La définition première d’un problème dans le Grand Robert est la suivante. « Question à résoudre, point obscur que l’on se propose d’éclaircir, qui prête à discussion, dans un domaine quelconque de la connaissance. » À bien y regarder, je ne vois aucun aspect négatif dans cette définition.

Lisons donc la deuxième définition du mot problème. « Difficulté qu’il faut résoudre pour obtenir un résultat ; situation instable ou dangereuse exigeant une décision. » Ce qui me frappe dans celle-ci est que dans les deux parties de la phrase, le problème exige une solution, une résolution, une décision. Et c’est certainement pourquoi on cherche à faire disparaitre le mot « problème » lorsqu’on ne veut rien déplacer, rien changer.

D’autre part, en inversant la lorgnette, je suis parfaitement conscient que ce mot serve parfois l’opposition ou la presse en engendrant un problème là où l’on veut en faire surgir un. L’usage d’un mot crée une réalité s’il n’est pas corrigé et remplacé par un autre plus « précis » et plus « conforme » à la réalité.

Voici quelques synonymes du mot « problème » : affaire, complication, difficulté, ennui, histoire, incident, os, question, situation, souci, sujet.

Cependant, un vrai problème vécu par un individu n’est pas nécessairement un problème exigeant une résolution par la classe politique. Celle-ci ne peut prendre à sa charge toutes les situations, tous les problèmes de tout le monde. Dans la deuxième définition, un problème est une question à résoudre, mais par qui ?

En politique, compatir ne suffit pas toujours à garder une image propre et positive. Les politiciens doivent constamment faire des choix déchirants puisque leur portefeuille global reste limité et bien souvent leur marge de manœuvre réelle s’avère très mince. Alors, faire disparaitre le problème en faisant disparaitre ce mot semble une approche plus avantageuse que d’expliquer pourquoi le gouvernement ne peut s’attaquer à celui-ci, soit parce qu’il ne lui appartient pas de s’en occuper, soit parce qu’il doit s’en tenir à utiliser ses ressources pour réaliser ses promesses électorales. Je m’oppose à cette suppression afin d’éviter l’explication.

L’inaction politique engendre parfois des situations de crise dont leur résolution coûte une fortune à la société. On se demande alors pourquoi nos politiciens n’ont rien fait pour éviter cette crise. Poser la question à savoir si la situation était évitable ne suffit pas. Il faut aussi se demander si elle était du ressort du gouvernement, si elle était prévisible, raisonnablement plausible, si son existence avait été portée à la connaissance des décideurs avec clarté et précision, si la société avait les moyens de l’éviter et si des ressources étaient disponibles. La négligence, c’est d’avoir répondu par l’affirmative à ces six questions et de n’avoir jamais rien fait. Chaque politicien devrait comprendre ce principe et également tous les citoyens. On devrait juger nos élus sur ce genre de bilan.

Il existera toujours des zones d’ombres où ni le oui ni le non n’aurait été la meilleure réponse, car rien n’est jamais entièrement tranché. Cela fait partie du sel de la vie et de la complexité des problèmes que nous avons tous à résoudre.

Des vœux et des prédictions

Tout d’abord, mes vœux pour 2018. Je souhaite au monde entier une prise en main sans équivoque de solutions concrètes permettant d’amoindrir les bouleversements climatiques. C’est mon vœu, car on a bien le droit de rêver. Ce n’est pas une prédiction, car je crois son avènement impossible.

Bon. Qu’est-il advenu de mes prédictions de 2017 ? Ce sera mon bilan de fin d’année.

J’avais prédit que le club de hockey Les Canadiens ferait des séries courtes et c’est exactement ce qui s’est produit avec son élimination dès le premier tour des séries éliminatoires. Bravo, Mathis, tu reçois 100 % pour celle-ci. Le hockey au Québec, c’est pire qu’une religion. Qu’on le veuille ou non, il façonne le Québec comme aucun autre sujet d’intérêt. Pour ma part, je m’en contrefiche, mais ignorer notre club de hockey, c’est pire que contracter la lèpre. Alors, faire une prédiction sur ce sujet très sensible m’immunise contre le bannissement social et probablement même contre l’exil. Heureusement, la peine de mort a été abolie. Quand je vous dis qu’au Québec on ne niaise pas avec le hockey, c’est un euphémisme. Vous retrouverez donc ma prédiction pour 2018 un peu plus loin dans le texte.

J’avais aussi prédit la confirmation de l’existence de vie extraterrestre et à ce chapitre, j’ai presque eu raison lorsque le Pentagone a rendu publique en fin d’année la vidéo d’un ovni poursuivi par un avion de chasse. De plus, le pilote de cet avion a ensuite été interviewé, confirmant que cette vidéo était authentique. L’objet ne possédait ni ailes ni moteur apparent et pourtant, il se maintenait parfaitement dans les airs et a ensuite disparu à une vitesse bien au-delà de celles atteintes par des aéronefs de conception humaine.

On a également eu droit à la visite d’un objet allongé très étrange nommé `Oumuamua qui a frôlé la Terre et qui provenait de l’extérieur de notre système solaire. Ne ressemblant en rien à un astéroïde, une nature potentiellement artificielle a été évoquée par de nombreux scientifiques.

À cause de ces deux événements jamais survenus auparavant, je me donne la note de 50 % pour cette prédiction presque réalisée.

J’avais prédit que Trump se ferait démettre de ses fonctions, démissionnerait ou serait mis hors d’état de nuire s’il parvenait à se faire élire. Sur ce thème, j’obtiens 0 %, mais je reprends cette prédiction pour cette année. Oui, c’est ainsi que procèdent les grands prophètes. À force de toujours reprendre les mêmes prédictions d’année en année, elles finissent bien souvent par se réaliser. Ce n’est qu’une question de patience. De toute façon, les grands prophètes ont tous le même don, celui de faire oublier leurs prédictions non réalisées, mais de faire tout un chahut avec celles qui ont fini par s’avérer. Désirant moi aussi devenir un grand prophète, je leur pique leurs meilleurs trucs.

Et nous voilà en 2018. Je vais immédiatement me débarrasser de ma prédiction concernant le club de hockey Les Canadiens. Cette année, le club ne se rendra même pas en séries éliminatoires. Bon, c’est fini, on n’en reparle plus. Et surtout, ne me crucifiez pas comme le fut un autre grand prophète né en l’an 1 qui avait prédit qu’un messie viendrait nous sauver. Il jouait avec des dés pipés puisque c’était lui, apparemment, le fameux messie en question. Il y a des maudites limites à me considérer comme un vrai prophète ! Je n’y peux rien si l’équipe est pourrie, gangrenée, composée de tire-au-flanc et d’une équipe de repêchage incapable de faire la différence entre un joueur de hockey et une truite. Prédire une coupe Stanley à cette équipe, c’est comme prédire que le Soleil se lèvera à l’ouest pour se coucher à l’est. En tant que prophète, je ne peux pas dépasser ce niveau d’absurdité juste pour mousser ma popularité.

Oui, je sais, ma position est ambiguë. Est-ce que je veux ou pas devenir un vrai prophète ? Je dirais que je veux même devenir un très grand prophète, mais avec une tête toujours vissée sur ses épaules. Vous voyez le genre ? Faire beaucoup de fric de mon vivant et vivre suffisamment vieux pour tout le dépenser avec des filles sexy. Quoi ? C’est le vœu de tous les prophètes. Vous les preniez pour qui ? Des angelots ? Des saints ? Pfff ! À quoi ça sert d’être prophète sinon à convaincre les femmes d’acquiescer à mes avances en les convainquant qu’un prophète connait mieux leurs intentions qu’elles même ?

Pour les autres prédictions, je reprends intégralement les deux de l’an passé. Trump qui ne finit pas son premier mandat et la confirmation de vie extraterrestre sous n’importe quelle forme, soit bactérienne, primitive, évoluée ou carrément beaucoup plus évoluée que l’humain.

Et enfin une toute dernière prédiction inédite. Je prédis un cataclysme majeur durant l’année 2018. Un tremblement de terre hors du commun ou la colère phénoménale d’un volcan ou un tsunami dévastateur ou un mélange de tout cela. Le dérèglement climatique possède des effets insoupçonnés et inattendus – pas pour tout le monde, certains scientifiques les avaient prévus – sur les volcans et le relâchement des tensions des croûtes continentales.

J’en ai déjà parlé, le super volcan souterrain du parc de Yellowstone risque à tout moment de se fâcher. Ce serait un cataclysme planétaire comme l’homme n’en a jamais connu. Mais il existe beaucoup d’autres volcans qui pourraient être amenés à déclencher un hiver pouvant durer plusieurs années.

Quant au tsunami, il pourrait émaner d’un séisme majeur comme cela s’est produit en 2004, mais également d’un décrochement et d’un glissement soudain d’une montagne qui s’échouerait dans l’océan. À ce sujet, le volcan Cumbre Vieja à La Palma menace de générer un tsunami de 500 mètres de hauteur qui ravagerait la totalité de la côte est des deux Amériques si jamais la montagne qui l’héberge venait à se rompre et à glisser dans l’océan Atlantique. Et de fait, la montagne montre une fissure démentielle qui grandit sans cesse. Un jour, cette montagne finira par se scinder, c’est certain. Seuls la date et le nombre de victimes restent à être écrits dans le grand livre des cataclysmes les plus meurtriers.

Je rajoute aux catastrophes la chute d’une météorite. Même si on répertorie la plupart des menaces potentielles depuis quelques années, certains bolides spatiaux ayant touché terre nous sont déjà passés sous le nez. Ça pourrait très bien se reproduire avec un objet ayant déjà été détecté ou pas. Quatre facteurs rentrent en ligne de compte pour qualifier l’importance de la chute d’une météorite. Sa masse, sa vitesse, son angle d’attaque, ainsi que l’endroit où il touche terre.

Ce ne sont là que quelques exemples et j’ai même failli omettre le duel de cons entre les dirigeants de la Corée du Nord et des USA. Ma prédiction n’est pas rattachée à eux seuls, mais à tout autre cataclysme d’envergure rarement atteinte. Il ne faut pas toujours rattacher un nombre de victimes ou le coût engendré par une catastrophe à son importance. Un séisme de magnitude 9,5 ne s’est produit qu’une seule fois de mémoire d’homme. Aucun n’a atteint une plus grande magnitude.

Et voilà les prédictions du Corbot pour cette année 2018. Portez-vous bien, mais ne prenez pas de risque, inscrivez immédiatement mon nom dans votre testament comme héritier de vos biens. On ignore quand le destin nous frappera. Sauf mon grand-oncle qui savait exactement quand il partirait, à la minute précise, même. Le juge le lui avait dit.

Êtes-vous préparé à recevoir une IEM ?

Je me suis préparé à recevoir un tas de gens durant les Fêtes de fin d’année, mais une IEM, c’est qui au juste ?

Une IEM ou en anglais EMP est une impulsion électromagnétique brève mais très puissante. Elle rend HS la plupart sinon la totalité de notre matériel informatique. De fait, toute impulsion ou train d’impulsions est l’équivalent d’une tension alternative qui lorsqu’elle traverse des éléments conducteurs leur induit une tension d’autant plus forte que l’IEM est puissante.

La plupart des circuits électroniques sont protégés en interne par différents systèmes, mais ils ne sont fonctionnels que pour des puissances limitées d’IEM. Au-delà d’une certaine valeur, l’IEM atteint la tension de claquage des équipements de protection et brûle ensuite les composantes de vos appareils. Une panne générale est garantie. Nous sommes aujourd’hui incapables d’autonomie sans électronique. Ce n’est pas une question d’e dépendance, mais du substrat même de l’ensemble de notre système économique.

L’IEM n’est pas une arme du futur. Elle existe et est prête à servir. Le problème est qu’elle grille les électroniques ennemies et alliées, sans distinction. Seules la distance et une certaine qualité de blindage permettent de neutraliser ses effets. Une bombe IEM met un pays tout entier à genoux et renvoie ses citoyens à l’ère des arcs et des flèches. Le problème est que presque plus personne ne possède d’armes dites traditionnelles. Même les armes à feu deviendraient surannées lorsque les munitions viendraient à manquer. Sauriez-vous quoi faire en pleine nature avec vos seuls vêtements et vos outils à main ? Lorsqu’une panne de courant survient, il ne se passe pas une minute entre deux tentatives d’utiliser un quelconque bidule fonctionnant à l’électricité. En général, on va se coucher, faute de trouver une seule activité exempte d’électronique ou de lumière. C’est pourquoi neuf mois plus tard, survient toujours un baby-boom.

On croit que si des extraterrestres venaient à nous envahir, ils utiliseraient des IEM comme principal moyen de nous asservir. S’ils désirent faire tabula rasa, on pense plutôt à des bombes bactériologiques. Mais bien avant ces hypothétiques menaces venues de l’espace, celles de nos semblables, elles, sont véritables.

L’explosion d’une bombe nucléaire émet de fortes impulsions électromagnétiques. Donc, toutes les bombes nucléaires détenues par les quelques dizaines de pays sont aussi des bombes IEM. Les effets les plus dévastateurs se produiraient lorsque la détonation a lieu à une altitude d’une trentaine de kilomètres. Il existe quelques types de bombes IEM non nucléaires avec des rendements variés. Contrairement aux bombes nucléaires, ces bombes électromagnétiques préservent les structures mécaniques, car elles sont exemptes de souffle, de chaleur et de rayonnement ionisant. On les dit « propres ». Politiquement, l’usage de ce genre de gadget serait mieux accepté que celui des nukes.

Quoi qu’il en soit, des bombes IEM auraient pour conséquence de nous ramener loin dans le passé et quasiment personne n’est préparé à défendre sa vie, celle de ses proches et ses possessions armé d’un couteau de cuisine, d’un lance-pierres fabriqué avec l’arbre du jardin et d’un bouclier issu d’un couvercle de poubelle. Mais si ça devenait réel, vous êtes-vous déjà demandé comment vous pourriez faire pour y survivre ? De quoi auriez-vous besoin ? Pensez-vous pouvoir vous procurer le matériel nécessaire à votre survie le jour ou l’IEM vous tombera dessus ? Nous achetons des assurances de toutes sortes, mais rien de concret pour nous prémunir contre les effets des IEM. Est-ce bien sage de ne rien faire ? Non, ce n’est pas sage du tout. Nous vivons avec l’espoir qu’aucun fou sur la planète n’a le pouvoir de déclencher ce type de conflit alors que nous connaissons plusieurs fous possédant justement ce pouvoir.

Alors ce soir, endormez-vous paisiblement au son de votre iPod…

Illustration : theblackvault.com

Valérie Plante à la mairie de Montréal

Dans le monde municipal, élire une femme maire n’a rien de bien surprenant. Pourtant, à Montréal, ce poste n’avait jamais encore été accordé à une une personne de sexe féminin et plutôt jeune de surcroit. À quarante-trois ans, Valérie Plante devient ainsi la quarante-cinquième personne à détenir le titre de maire de Montréal. Peut-être un concours de circonstances a retardé cette arrivée. Peut-être que les autres candidates avant madame Plante n’avaient pas l’étoffe nécessaire. Ou peut-être que les Montréalais affichaient jusqu’à présent une préférence pour des maires aux anciennes méthodes politiques. C’est probablement un mélange bien dosé de toutes ces possibilités qui a retardé la venue d’une maire à l’Hôtel de ville de Montréal.

J’ai eu terriblement honte de certains maires précédents, même si le maire sortant, monsieur Denis Coderre, a partiellement réussi à renverser la vapeur par rapport à ses prédécesseurs en ce qui concerne la corruption systémique. Mais ce dernier était encore de l’ancienne école des politiciens, une bête très bien entrainée à gagner et qui pouvait compter sur une machine très bien organisée pour le faire gagner. Les Montréalais aiment les gagnants par dessus tout, malheureusement au-delà de leurs talents et de leurs compétences à construire une ville qui saura affronter les défis de demain plutôt que de bien adresser ceux antérieurs.

Bien entendu, madame Plante devra se retrousser les manches afin de réaliser son programme politique. Il est à la fois réaliste et utopique. Faire construire une nouvelle ligne de métro dans le nord de Montréal ne pourrait se réaliser que dans le contexte où les autres administrateurs de l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) ainsi que les autres élus des paliers supérieurs le veulent eux aussi. Mais avant tout, il faudra terminer la ligne bleue dans l’est de la ville. Construire une ou plusieurs pistes cyclables express, par contre, voilà une idée que je partage depuis fort longtemps et qui demande beaucoup moins d’investissements et d’alliés provinciaux et fédéraux.

Évidemment, madame Plante devra tout apprendre et cela exigera du temps. En un seul mandat, elle n’aura pas la chance de réaliser beaucoup de ses promesses électorales. Les Montréalais auront-ils la patience nécessaire ? Pour cela, elle devra choisir des priorités réalistes et réalisables en un temps relativement court. Tous les projets requérant des subsides hors de son contrôle sont aussi très importants, mais les électeurs ne voient pratiquement jamais l’évolution de ces dossiers. Ils voient seulement l’annonce du début des travaux lorsque le financement est enfin bouclé.

Un des points les plus graves consiste à savoir ce que fera son équipe face à la corruption systémique et la collusion des fonctionnaires avec certains entrepreneurs qui risquent, dans le premier cas, de voir s’envoler les juteux cadeaux, et dans le second, de perdre leurs alléchants contrats.

Quoi qu’il en soit, ce vent de fraicheur et de jeunesse aura tôt fait de déstabiliser et, espérons, de désencroûter les BVH. Oui, les bonnes vieilles habitudes surannées qui font passer les intérêts des citoyens montréalais au dernier rang des priorités.

Je souhaite sincèrement que madame Valérie Plante insuffle une énergie nouvelle à l’Hôtel de ville de Montréal. Et dans la même foulée, j’espère surtout que tous les autres acteurs de l’arène municipale rament dans la même direction que notre nouvelle maire.

Photo: Radio-Canada.ca