Vénus Atlantide

Vénus est la planète la plus semblable à la Terre. À peu de choses près, elles partagent les mêmes dimensions, la même masse et la même gravité. Alors, pourquoi s’acharner à toujours aller sur Mars, une planète beaucoup plus petite avec une atmosphère quasi inexistante et bien plus éloignée ?

Je peux lister quelques bonnes raisons, dont la température de surface avoisinant la température de fusion du plomb, une pression atmosphérique cent fois plus élevée que celle sur Terre et une atmosphère saturée d’acide sulfurique et de CO2. Durée de vie d’un humain à sa surface : nulle, même en scaphandre, même à l’abri dans un vaisseau.

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Toutefois, cette jumelle de la Terre n’a pas toujours connu cet enfer. Née aux mêmes instants et dans les mêmes conditions que notre planète, elle a déjà abrité des océans dans sa prime jeunesse. La vie a probablement éclos et a atteint un certain degré d’évolution. Mais quel degré d’évolution ?

Dépendant de plusieurs facteurs favorables ou non, la vie aurait pu atteindre un certain niveau de complexité. Beaucoup de scientifiques pensent que la vie intelligente exige beaucoup de temps avant d’émerger. Vénus n’aurait probablement pas connu une période saine suffisamment longue pour engendrer des êtres ayant notre niveau de complexité.

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Le problème est que nous ne connaissons pas l’histoire d’autres peuples, à part le nôtre, pour tirer cette conclusion qu’on peut très certainement qualifier de hâtive. L’humain a une fâcheuse tendance à tout ramener à lui. Il aime croire que s’il a connu une certaine histoire, tous les autres peuples dans l’univers devraient avoir vécu une histoire à peu près semblable. S’il a fallu plus de 4,5 milliards d’années avant que notre planète accouche de l’humain, de facto il considère impossible d’obtenir le même résultat en 1 milliard d’années.

Si nous observons une roulette de casino une seule fois alors que la bille s’arrête sur le 10, ça ne nous apprend rien sur les autres résultats, antérieurs ou postérieurs. Il est toutefois absurde de penser qu’à tous les coups, elle s’arrêtera sur le 10.

La vie sur Terre a évolué à travers vingt phases d’extinctions de différents degrés d’importance parmi lesquelles cinq se sont avérées quasiment totales. Toujours recommencer presque du début ne s’avère pas très productif. Imaginons un instant que Vénus n’a pas connu autant d’extinctions massives à répétition, à quelle vitesse la vie aurait pu progresser à sa surface ?

La possibilité que notre sœur ait connu assez tôt dans son histoire une forme de vie intelligente n’est pas nulle. Il est même possible que cette intelligence ait agi comme nous le faisons actuellement, qu’elle ait voyagé à travers l’espace pour venir se poser sur d’autres planètes du système solaire, y compris sur sa jumelle, la Terre. Si des Vénusiens ont visité la Terre en des temps immémoriaux, qu’ont-ils fait ? Qu’ont-ils vu ? Qu’ont-ils laissé sur place et qu’ont-ils rapporté ? Au moment où ils auraient réussi cet exploit, la vie sur Terre devait encore se trouver à des stades peu avancés, mais elle existait très certainement. Pas de panspermie à envisager. Les effets dévastateurs de la tectonique des plaques ainsi que l’érosion continue ont très certainement effacé toutes traces de leur présence. Peu d’espoir de trouver des vestiges. Ils seraient repartis en abandonnant tout projet de colonisation si les conditions de vie ici ne concordaient pas à leurs besoins physiologiques différents de ce que nous pensons toujours être les seules conditions favorables. 

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Il est également possible que plus tard les Vénusiens aient ensuite causé l’emballement thermique de leur planète, tout comme nous le faisons actuellement avec notre Terre. Il est même possible que des Vénusiens aient trouvé refuge dans les entrailles de leur planète en attendant des conditions extérieures meilleures. Certains s’y trouvent peut-être même encore !

Quoi qu’il en soit, je ne repousse pas cette possibilité du revers de la main même si les chances sont des plus minces. Les surprises surviennent lorsqu’on a négligé certaines hypothèses parce qu’elles s’avéraient trop exotiques ou trop improbables pour être retenues.

L’Univers se fout de nos raisons et de nos désirs. Il n’a pas vécu dans le passé en fonction de nous faire plaisir le jour où on étudierait certains aspects de son histoire. L’Univers n’a jamais eu le mandat de s’arranger pour qu’un jour nos hypothèses trouvent de l’exactitude.

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Alors, j’aime bien imaginer que Vénus, notre planète sœur, la guide du berger, ait un jour abrité la vie. Peut-être qu’à cette époque reculée y trouvait-on des beautés incomparables, des coquillages, des fabricants de rasoirs ou des apothicaires concoctant des potions aphrodisiaques ? Vénus serait ensuite morte étouffée, engloutie sous une épaisse couche de nuages, cuite sous pression à 450 °C. Une Atlantide céleste. Vénus Atlantide.

Spectacle Lost Souls de Loreena McKennitt

Ce mercredi, j’ai été invité par une amie à voir un spectacle de Loreena McKennitt (merci encore, Isa). J’aimerais vous faire part de mes impressions après quelques jours de silence musical. Étant déjà un amoureux de ses œuvres, j’abordais ce spectacle avec énormément de flammes dans les yeux et dans le cœur.

Commençons par les faits. Auteure-compositrice-interprète et pluri-instrumentiste canadienne de grands talents, elle manie avec brio les claviers, la harpe et l’accordéon. Entourée de cinq musiciens, dont un batteur, une violoncelliste, un guitariste, un bassiste et un violoniste, ils offrent ensemble un spectacle musical sans faute.

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Si vous ne la connaissez pas, son style tourne autour de la musique celtique, parfois arabisée, de musique à caractère spirituel, sentimental, de musique d’atmosphères. Sa musique et ses chansons font du bien à l’âme, si vous comprenez ce que j’entends par là.

Piochant à travers son impressionnant catalogue de succès, elle sait varier les styles afin de nous transporter tantôt au cœur de l’Irlande, tantôt en Arabie, tantôt dans son Manitoba natal et tantôt au cœur de nous-mêmes.

Sa voix unique et généreuse est à son reflet. Dès les portes de la salle franchie, nous recevions tous un CD double contenant plus de 20 plages. Possédant encore tous les droits sur ses œuvres, Loreena s’est permis de nous l’offrir à même le prix du billet.

Le décor et l’éclairage de son spectacle sont minimalistes puisque la musique trône d’abord et avant tout. Il faut dire que je la vois plus à l’aise assise au piano dans son salon à composer de la musique que devant des foules. Ses musiciens partagent une complicité de plusieurs dizaines d’années avec elle et la facilité avec laquelle ils enchainent les chansons en fait foi.

Loreena McKennitt est maintenant âgée de 62 ans et pourtant sa voix continue d’être d’une limpidité cristalline. Elle termine très bientôt sa tournée mondiale ayant pour titre celui de son dixième album studio.

Un astéroïde porte le nom de Loreena en son honneur. Ainsi, le ciel retiendra l’existence d’une personne que j’ai qualifiée de phénomène à mes voisins de rangée dans la salle Wilfrid-Pelletier de la Place-des-Arts de Montréal.

Je compte trois véritables amis dans ma vie actuelle et deux étaient présentes à ce spectacle ce soir-là. Je ne crois pas que ce fut un hasard.

Une soirée parfaite, ça existe.

Vie intelligente ailleurs, à quoi s’attendre ?

Ce qui nous apparaît aujourd’hui comme une hypothèse quasi farfelue deviendra réalité dans un bref avenir. Si vous pensez que nous devrons attendre des décennies, voire des siècles avant de bénéficier des moyens technologiques qui nous permettront de déceler de la vie intelligente ailleurs dans la Galaxie, détrompez-vous.

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En fait, ces moyens, nous les possédons déjà. Ils ne nécessitent aucunement de devoir se déplacer jusque là-bas. En restant bien assis devant les écrans de nos ordinateurs, ils nous révèleront bientôt cette vérité. Pour ce faire, oubliez les sondes en orbite, les fioles d’échantillonnage, oubliez même l’écoute de signaux radio. Pour trouver de la vie intelligente, il suffit de capter la lumière d’une étoile une fois qu’elle a traversé l’atmosphère de ses planètes en orbite.

Une société technologique comme la nôtre crée des molécules que la nature ne créera jamais. En détectant des produits de ce type dans l’atmosphère d’une exoplanète, nous serons absolument certains que des extraterrestres intelligents et technologiques y résident.

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En observant les différences entre le spectre lumineux de l’étoile et le spectre lorsque cette lumière a traversé l’atmosphère de l’exoplanète, il est possible de déterminer les molécules présentes dans cet air, car elles absorbent certaines fréquences. 

Aujourd’hui, nous découvrons des planètes possédant une atmosphère et celles-ci contiennent du dioxyde de carbone, de la vapeur d’eau, du méthane, des molécules intéressantes, mais ne prouvant pas la présence de vie et encore moins celle de vie intelligente. Toutefois, si on détectait du CFC, la conclusion deviendrait immédiate. La présence de cette molécule artificielle apporterait la preuve qu’il existe une espèce technologique vivant sur cette planète.

Voilà comment se fera l’annonce de l’existence de vie extraterrestre intelligente. Cette primeur tombera dans un très proche avenir sans qu’il soit question d’ovnis au-dessus de nos têtes ni de Petits-Gris marchant sur des pelouses présidentielles.

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Faut-il encore que la vie extraterrestre intelligente existe. Sur ce point, voici ma réponse. Les statistiques sur les très grands nombres ne mentent jamais. Avec 200 milliards d’étoiles dans notre Galaxie, avec plusieurs planètes par étoile, la probabilité que la vie extraterrestre intelligente existe frôle le cent pour cent, tout simplement parce que nous, nous existons. Il ne peut y avoir de vie ici sans vie ailleurs.

Le défi n’est pas d’y croire, le défi est de la dénicher et si ce moment reste à venir, une fois encore, c’est une question de grand nombre, pas d’absence. S’il existe une grande quantité de planètes propres à engendrer de la vie, ce n’est rien à comparer au nombre qui n’en portent pas. Scruter le ciel reste le plus grand défi.

Nos instruments se perfectionnent. Bientôt, nous serons en mesure d’analyser des millions d’atmosphères lointaines. Les planètes abritant de l’intelligence deviendront aussi communes que les exoplanètes aujourd’hui. 

Ça semble presque trop facile, direz-vous. Pas tout à fait. Tout d’abord, la capture des signaux lumineux doit s’effectuer depuis l’espace. Nous télescopes terrestres ne sont presque d’aucune utilité pour ce genre de travail puisque les constituants de notre propre atmosphère viennent chambouler les résultats. On découvrirait qu’il existe de la vie intelligente… sur Terre. Ouais, intelligente mais idiote, je vous l’accorde.

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Le ciel est si vaste et nous ne possédons que très peu de télescopes spatiaux capables d’effectuer cette tâche avec l’acuité requise. Imaginez-vous sur une plage et vous devez trouver des grains de sable ayant une forme pyramidale. Même s’il en existe beaucoup, la tâche ne sera pas de tout repos. Multiplier les paires d’yeux est un bon début. Les équiper du bon système optique l’est tout autant. Et enfin, il suffit d’y mettre du temps, de la patience, de la rigueur et, pourquoi pas, de bénéficier également un peu de chance.

Météorologie malade

Je pars travailler le matin, je lis la météo du jour afin de décider si je laisse quelques fenêtres ouvertes pour aérer la maison. Le site de la météo du gouvernement tapisse la journée d’un magnifique soleil mur à mur, d’une température clémente et de vents faibles. Ensuite viendra un ennuagement graduel au cours de la soirée et de la faible pluie durant la nuit. Voilà les prévisions pour les 24 prochaines heures.

Puisque mon retour du boulot s’effectuera au plus tard à 18 h, je n’ai pas à m’inquiéter de laisser la brise printanière changer l’air dans les pièces. Mais sur le pas de la porte, je me ravise pour finalement tout fermer. À 15 h, un violent orage accompagné de forts vents envoie tout valser dans la ville. J’aurais laissé les fenêtres ouvertes et j’aurais retrouvé des litres d’eau dans le salon et les chambres. Moins de neuf heures après la mise à jour de 6 h, la température se moquait éperdument des prévisions des météorologues. Ce cas est loin d’être unique.

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Une débauche de moyens mis en œuvre. Décuplement des stations terrestres d’observation, radars Doppler longue distance dernier cri, imagerie satellite de très haute précision, lancement de ballons-sondes à profusion, caméras et observateurs sur le terrain, on n’a jamais possédé autant de données précises et les moyens de les traiter efficacement.

Cette branche des sciences accapare le temps de calcul des plus puissants ordinateurs au monde. Génération après génération, nous les harnachons à la difficile tâche de prévoir le temps qu’il fera. Plus grande est leur puissance de calcul, plus petites sont les mailles spatiales et plus précises sont les prévisions territoriales. La prévisibilité à plus long terme bénéficie également des téraflops additionnels. Prévoir plusieurs jours à l’avance avec une assez bonne précision en ajustant les prévisions locales à de plus petits territoires apparait comme un mandat parfaitement réalisable.

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Mais force est de constater que dans les faits, ces promesses ne sont pas du tout tenues. Bien au contraire, jour après jour, les bulletins météo montrent leur incapacité à donner un aperçu relativement fiable du temps qu’il fera, et ce même pour la journée en cours. À moins de 24 heures, le nombre de fois que les bulletins sont drastiquement modifiés devrait lever un signal d’alerte.

Pourtant, les météorologues répètent leurs mêmes erreurs du passé en refusant d’associer les écarts entre leurs prévisions et la réalité sur le terrain à une cause sous-jacente grave. Quelques-uns utilisent un mot passe-partout qui veut tout et ne rien dire, le mot instabilité pour expliquer la volatilité de la météo. Parlons plutôt d’une tautologie, pas d’une explication valable.

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La météorologie est une science basée sur deux éléments importants: des modèles mathématiques et des statistiques. Munis de données prises en temps réel, les météorologues les injectent avec d’autres données antérieures dans de très complexes formules mathématiques censées produire un aperçu de l’évolution de la situation. D’autre part, il est possible de contre-vérifier ces prévisions avec des résultats compatibles antérieurs et comparer certaines courbes. Ce faisant, les modèles mathématiques peuvent évoluer et gagner en précision.

Alors pourquoi, plus le temps passe, plus les prévisions semblent perdre du terrain plutôt qu’en gagner? La réponse est simple et complexe à la fois. Nos modèles mathématiques ont fonctionné relativement bien pendant une centaine d’années grâce à l’accroissement exponentiel de nos capacités technologiques. Aucune raison n’explique la dégradation des prévisions plutôt que leur amélioration qui aurait dû être phénoménale.

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Ce qui fonctionnait encore relativement bien dans un passé pas si antérieur n’est plus adéquat aujourd’hui. Les modèles mathématiques s’éloignent du comportement réel de la Terre et ce constat devrait être suffisant pour donner des sueurs froides à tout le monde et surtout aux météorologues. La cause, les comportements de la Terre changent rapidement, beaucoup plus rapidement que nos modèles statistiques et dynamiques.

Le mot instabilité pour parler des écarts entre les prévisions et la réalité n’est pas faux, mais il n’explique rien. En revanche, il démontre clairement que les météorologues sont dépassés par les événements. Alors, que se cache-t-il réellement sous ce terme généraliste?

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Les dérèglements climatiques, évidemment. La montée fulgurante de la concentration du CO2 et également celle du méthane (CH4) dérègle fortement le comportement des masses d’air dans les différentes strates de notre atmosphère. Nos modèles sont devenus incapables de bien analyser leur évolution dans des situations jamais vécues auparavant.

Alors, oubliez les prévisions météorologiques pour décider de votre habillement, de l’état de vos fenêtres et de vos activités de la journée. Munissez-vous de plusieurs kits dont un pour la pluie forte, un pour les chaleurs intenses et un pour des coups de froid subits. Fermez portes et fenêtres si vous vous éloignez de la maison et surtout, ne tentez pas d’ajuster vos activités aux prévisions météorologiques. Ne laissez pas la météo gâcher votre vie, organisez tout ce que vous désirez et prenez plutôt des précautions advenant un changement de température, sinon vous ne ferez plus rien.

Peuples galactiques

En raison de l’exploration de notre seul système solaire, nous savons que les exoplanètes telluriques ne sont pas toutes susceptibles d’abriter la vie. Tout d’abord, les planètes doivent se retrouver dans l’anneau d’habitabilité, là où la température de l’eau à la surface peut se maintenir autour des 25 °C.

Il existe aussi une question de gravité. Une planète trop petite et trop peu dense ne pourra pas retenir son atmosphère et sans elle, l’eau s’évapore. De plus, les rayons cosmiques et stellaires bombardent sa surface, la rendant carrément stérile.

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Mais une planète trop grosse possède d’autres désavantages qui se rapportent à sa vitesse de libération ou, autrement dit, sa vitesse d’échappement. Cela correspond à la vitesse d’un véhicule spatial se libérant de l’attraction gravitationnelle de son astre. Cette vitesse dépend de la masse et du rayon de la planète.

La Terre possède une vitesse de libération d’environ 40 000 km/h. Pour une densité comparable à celle de la Terre, mais d’un rayon deux fois plus important, la vitesse de libération double également. Si l’exoplanète possède une plus forte densité, soit un rapport plus important de sa masse sur son volume, sa vitesse de libération augmentera d’autant.

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Pour atteindre la vitesse de libération, cela exige de consommer du carburant. Plus cette vitesse est importante, plus le carburant à embarquer à bord de la fusée doit être important. Le problème est qu’avec du poids supplémentaire, ça prend encore plus de carburant et la fusée pèsera encore plus lourd.

Ce cercle vicieux occasionne qu’avec une propulsion chimique, il existe une limite de vitesse de libération au-delà de laquelle, il devient impossible de lancer une fusée dans l’espace.

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Cela signifie que les peuples extraterrestres ne sont pas tous en mesure de visiter l’espace. Certains restent prisonniers de leur planète jusqu’à ce qu’ils puissent bénéficier d’une propulsion beaucoup plus efficace que les réactions chimiques.

On pourrait penser à des réactions nucléaires ou de la production d’énergie grâce à l’interaction matière-antimatière. Toutefois, le temps permettant de contrôler ces énergies plus exotiques empêcherait ces peuples d’envoyer des satellites et des sondes en orbite comme les humains le font depuis soixante ans uniquement grâce à des réactions chimiques bien ordinaires.

La planète Mars fait partie de celles ayant des dimensions trop petites pour préserver leur atmosphère. Dans l’autre extrême, les superterres actuellement connues risquent de piéger leurs habitants à leur surface tellement la vitesse de libération risque d’être trop importante.

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Le graphique montre les masses des exoplanètes connues par rapport à leur distance à leur étoile, le tout par rapport à la masse et à la distance de la Terre au Soleil. Les points bleus représentent les planètes de notre système solaire. Les points rouges, les exoplanètes connues à ce jour. Comme on peut le constater, la Terre, sa sœur Vénus et Mars semblent des exceptions dans la Galaxie, mais c’est seulement parce que détecter des planètes leur ressemblant s’avère bien plus difficile que de trouver des géantes gazeuses comme Jupiter ou Saturne. Nos moyens se raffinant et nos instruments scientifiques gagnant en précision et en acuité, bientôt les points rouges inonderont la région de ce graphique où les planètes rocheuses de notre système solaire se situent.

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Nous pouvons néanmoins nous féliciter de vivre sur une Terre suffisamment grosse pour retenir son atmosphère et ses océans sans toutefois souffrir d’embonpoint, une Terre au cœur de la zone habitable du Soleil, une Terre permettant aux fusées à propulsion chimique de lancer des satellites et des sondes partout dans son système solaire, une Terre à la mesure de notre curiosité et de nos ambitions présentes.

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Lorsque nous maitriserons d’autres types de propulsions beaucoup plus efficaces, nous aurons déjà plus d’un siècle d’expérience spatiale, d’envois de télescopes scrutateurs, de robots fouineurs, de sondes détectrices et d’humains déterminés. Nous serons prêts à entamer une nouvelle phase de notre parcours spatial, devenir un peuple galactique.

 

 

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C’est le doux nom d’un astéroïde géocroiseur qui s’est invité sans l’avoir détecté avant qu’il nous frôle. Il a été le plus gros et le plus proche jamais répertorié « après coup ».

Bon, ce n’est quand même pas un tueur de dinosaures. D’un diamètre de seulement 65 mètres, mais propulsé à une vitesse impressionnante de 29,6 kilomètres par seconde, ça vous aurait défrisé un afro en un rien de temps. Ce joli bolide est passé à moins d’une demi-fois la distance Terre-Lune, ce qui est considéré comme une menace sérieuse.

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La preuve est faite, une fois encore, que malgré toutes nos précautions, les astéroïdes dangereux peuvent survenir sans se faire annoncer. Comment font-ils pour ne pas être détectés par nos instruments ? Tout d’abord, sa vitesse équivaut à celle de la Terre lorsqu’elle orbite autour du Soleil, mais tout dépend de quelle direction vient le géocroiseur. De l’un ou l’autre des pôles, il y a très peu de chance qu’on le voit s’approcher. S’il se rapproche de nous alors qu’il a le Soleil dans le dos, il restera totalement invisible puisque les rayons solaires nous aveugleront.

Bien que les géocroiseurs soient maintenant répertoriés et suivis à la trace, de nouveaux bolides restent une menace permanente comme nous l’a prouvé 2018 GE3 encore une fois et comme ce fut le cas le matin du 15 février 2013 à environ 9 h 20 locales avec le superbolide de Tcheliabinsk en Russie dont je vous convie à regarder une édifiante compilation vidéo montrant la rentrée du météore dans l’atmosphère terrestre, ainsi que ses conséquences vraiment non négligeables causées par les multiples ondes de choc trahies par les dizaines d’explosions entendues lors de quelques séquences. Et ce caillou ne mesurait que le quart du diamètre de 2018 GE3. Il transportait tout de même l’énergie de 30 bombes d’Hiroshima dont la majorité a heureusement été consumée en frottement dans notre atmosphère.

Bon visionnement !

Explosion d’un météore

Le 15 janvier dernier, un météore s’est invité dans notre atmosphère au-dessus de certains états du centre-nord des USA et plus particulièrement du Michigan ainsi qu’en Ontario au Canada. Il aurait explosé avant de toucher terre en créant une onde de choc et un tremblement de terre de faible amplitude. Il serait surprenant qu’on retrouve des météorites au sol. Il s’est récemment produit le même phénomène en Russie. Ce sont en soi des événements plutôt anodins même s’il existe un danger réel de bris de vitres pouvant nous causer des blessures, mais là n’est pas le vrai problème.

L’International Astronomical Union (IAU) répertorie les cailloux célestes pouvant potentiellement devenir une menace, les Potentially Hasardous Asteroids (PHA). Voici l’adresse vous permettant de voir cette liste. Par contre, les vraies menaces sont rares et actuellement, aucun des astéroïdes recensés ne représente une réelle menace pour nous. C’est-à-dire qu’aucun n’a plus de cent mètres de diamètre et en même temps une trajectoire qui l’amènera à moins 7,5 millions de km de la Terre.

Cependant, des astéroïdes non répertoriés continuent de nous pleuvoir sur la tête sans n’avoir jamais été détectés. Le plus médiatisé est certainement le météore de Tcheliabinsk qui a explosé dans le ciel de la Russie le 15 février 2013, faisant plusieurs blessés. Ainsi, la liste des 1 882 astéroïdes potentiellement dangereux actuels n’est rien à comparer à la vraie quantité rôdant au-dessus de nos têtes et risquant une incursion dans notre atmosphère.

Il s’est produit un événement de ce genre en 1908 en Russie (coudonc !) appelé « l’événement de la Toungouska ». Un astéroïde aurait explosé à haute altitude au-dessus de ce territoire, couchant d’un seul souffle soixante millions d’arbres sur une superficie de 1 200 kilomètres carrés et causant des dégâts sur plus de 30 000 kmfaisant de cet événement la pire catastrophe recensée impliquant un météore. Heureusement, ce territoire était inhabité et à ce que l’on sait il n’y eut aucune perte de vie. Le souffle de cette explosion équivaut à plusieurs centaines de fois le souffle des bombes nucléaires d’Hiroshima et de Nagasaki. Une telle catastrophe survenant aujourd’hui au-dessus d’une grande ville ferait des centaines de milliers de victimes.

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L’origine météorique est contestée à cause de l’absence d’astroblème et de résidus d’origine cométaire ou d’astéroïde. Plus récemment, des résidus auraient été retrouvés piégés dans la résine des arbres et dans la tourbe bien qu’aucune météorite n’ait été retrouvée au sol. Les autres possibilités impliquent des objets plus exotiques, donc bien plus hypothétiques, tels un trou noir, une boule de matière noire ou d’antimatière. Étant un adepte du rasoir d’Occam, je penche pour la raison la plus probable et la plus probante, soit un météore.

Aujourd’hui, on doit rajouter une autre possibilité qui n’existait pas en 1908, la chute d’un débris spatial.

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Ce phénomène est bien plus courant qu’il n’y parait et certaines parties de fusées conçues pour être d’une solidité à toute épreuve réussissent à tomber sur terre sans se désagréger. Sachant combien ces débris sont nombreux, attendez-vous à entendre parler régulièrement d’explosions de ce genre.