Faire des enfants

D’emblée, je préviens le lecteur, cet article est écrit à la deuxième personne, il se veut passablement accusateur. Si le ton vous incommode, il y a de fortes chances que je l’aie écrit spécifiquement pour vous. Toutefois, je doute que vous ayez le courage de le lire en entier, car vous vous reconnaitriez à trop d’endroits. Le contraire me surprendrait, mais je n’y compte pas trop. Pour les autres lecteurs, ceux qui voudront lire l’article dans son intégralité, je prêche à des convertis. L’univers est ainsi fait, raison pour laquelle on ne parvient pas à le changer.

Il n’a jamais été aussi pertinent de se poser la question si des enfants doivent être mis au monde. Pour la grande majorité des gens, celle-ci ne se pose même pas. Les hormones leur font perdre le moindre sens de la réflexion. Ils forniquent à qui mieux mieux et s’étonnent lorsque l’une ou l’autre avoue être enceinte. Youhou! Faire des bébés, ça commence par laisser tremper son engin là où il est le plus confortable, juste au cas où vous ne le sauriez pas encore!

Pour ceux qui portent la moindre attention à la chose avant que leurs déclinants spermatozoïdes rejoignent de peine et de misère le gros ovule flasque et maladif, vous avez le temps de réfléchir avec votre cerveau. Alors, quel est l’état de la situation? Vous avez un plan basé sur l’âge? Sur votre situation économique? Sur votre carrière? Sur la rencontre du bon ou de la bonne partenaire? Vous attendez de tomber en amour? Vous attendez un peu tout cela dans l’ordre ou dans le désordre?

Désolé, vous avez tout faux! La seule bonne question vous a échappé! Aucune petite pensée pour les enfants? Vous êtes alors du genre à faire des mioches pour vous-même, sans penser à quoi que ce soit les concernant.

Avez-vous au moins pensé dans quelle sorte de monde vous allez un jour abandonner votre progéniture? Quel que soit leur héritage, leur degré d’éducation, leur emploi, leur entourage que vous pouvez en partie contrôler de votre vivant, il restera la planète que vous leur léguerez et sur laquelle vous ne pouvez plus rien, étant donné que vous avez abandonné votre rôle de protection à son égard, et tout cela pour faire tourner des ballons sur votre nez.

Ceci étant fait, ça ne vous dérange aucunement de surpeupler la planète? De générer un ou, pire, plusieurs pollueurs dépensiers surconsommateurs? Non, bien sûr que non, car ils auront la possibilité de naitre dans un pays qui se débarrasse de ses déchets en les envoyant par conteneurs dans des pays pauvres. Vous feignez ignorer l’effet boomerang parce que la planète, si vous ne l’aviez par encore remarqué, eh bien elle est ronde et que tout abus finit toujours par revenir en pleine figure de celui qui l’a commis… ou dans la face de ses héritiers, c’est selon la vitesse de propagation de sa bêtise.

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Vous allez mettre au monde des enfants qui boufferont du plastique dans toute nourriture qu’ils ingéreront, dans l’eau qu’ils boiront et dans l’air qu’ils respireront. Ils seront envahis par des hordes de réfugiés dont les autorités seront bien incapables de résorber les flots continus, poussés hors de chez eux par la faim, la maladie, la montée des eaux, quand ce ne sera pas par les dictateurs despotes ou par leurs voisins trop religieux pour comprendre le mot paix. Vous allez engendrer des humains qui jalouseront les rats et les coquerelles tellement ils seront entassés les uns sur les autres.

Vous les laisserez aux prises avec les inondations récurrentes, l’érosion des berges et de toutes les routes construites en bordure des cours d’eau. Vous en ferez des naufragés climatiques ou des gens obligés de partager leur petite place avec vingt réfugiés climatiques. Vous leur léguerez la subsidence des lieux où vous avez construit votre vie, vous leur donnerez ce lopin de terre qui disparaitra dans un immense trou creusé par votre surexploitation des sous-sols. Vous leur transmettrez le cancer de la peau parce que vous avez tué la couche d’ozone avec vos gaz réfrigérants et vos contenants en styromousse. Vous leur offrirez votre résistance à tous les antibiotiques connus parce que vous en avez abusé sur les cheptels sains en guise de prévention. Vous leur transmettrez votre bonhomie maladive en leur montrant comment fermer les yeux sur tout ce qu’ils voient de stupide. Vous leur fournirez une carte de citoyen modèle, docile, soumis, emphatique, embrigadé à soutenir les abuseurs du système en échange d’un peu de pain et de jeux. Vous leur apprendrez à ne pas se poser de questions, mais surtout à ne pas chercher de réponses. Vous les intéresserez au divertissement plutôt qu’à la pensée critique. Vous leur donnerez les derniers gadgets afin qu’ils puissent suivre en direct l’évolution de leur décadence jusqu’à l’effondrement de leur civilisation. Vous les torcherez, emmitouflerez, surprotégerez en omettant sciemment de leur apprendre à affronter la vie dure et rude. Vous en ferez de très bons dandys et de très mauvais survivalistes. Vous les plaindrez à la moindre de leurs frustrations afin qu’ils n’apprennent qu’à geindre pour obtenir tout ce qu’ils veulent. Vous penserez faire des bâtons de vieillesse, mais votre progéniture vous laissera tomber comme une vieille chaussette à la première occasion.

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Vous voulez générer quel genre d’humain vivant dans quel genre de monde? La planète n’a aucun avenir si vous ne cessez pas de vous multiplier et personne n’a d’avenir si la planète n’en a pas. Quelle partie de cette affirmation vous ne comprenez pas? Ah! vous vous en foutez! Peu importe, vous aurez des enfants, c’est votre droit. Ça fait partie des raisons pour lesquelles je déteste l’humanité majoritairement composée de gens de votre acabit, qui ne pense qu’à eux, qui ne voient pas plus loin que demain, qui croient à l’immobilité de l’univers et qui surtout, qui croient à la magie ou aux miracles, et plus probablement aux deux.

Faites des enfants, plus il y en aura et plus il deviendra facile pour la Terre de tous les faire disparaitre jusqu’au dernier avec, évidemment, leur inestimable et indéfectible concours.

9 commentaires sur “Faire des enfants

    1. Oui, j’ai vu le film. Une possibilité parmi une panoplie. Ça rassemble aussi à mes récents écrits sur l’IA. Je suis content de ne pas me retrouver seul du côté de cette façon de penser. Un film n’est pas qu’un divertissement utilisant des histoires abracadabrantes. Un film est aussi un questionnement social dont le sujet est jugé trop grave pour être discuté ouvertement. En le présentant comme une œuvre de fiction et en nous gardant passif puisque nous ne sommes que des spectateurs, la transmission du message se fait quand même. Une amorce à un dialogue qui finira un jour par se faire lorsqu’il sera rendu impossible de l’esquiver.

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  1. J’ai envie de répondre, soyons tous gay, une partie du problème sera comblée!
    Quatre filles qui sont heureuses d’avoir été conçu par amour, il n’y a que ça qui compte…
    Désolé pour la planète et tout le reste . 😀

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    1. Il y a longtemps, j’ai lu un livre où le temps relatif d’Einstein était intégré à sa trame sous forme de soldats allant combattre à des années-lumières puis revenaient quelques siècles plus tard sur Terre, eux n’ayant vieilli que de quelques années. Après l’un de ces retours, un soldat retrouve la planète virée gay afin de contrôler sa surpopulation et l’hétérosexualité s’était retrouvée à l’index et condidérée comme un comportement socialement déviant. On vivra peut-être ce genre d’épisode dans un certain avenir.
      Individuellement, chaque famille est un bijou. Collectivement, globalement, universellement elles perdent cette beauté pour prendre une forme bien plus pernicieuse, pas pour la planète, mais pour elles-mêmes.
      La planète se relèvera de toutes les monstruosités qu’on lui fera subir. Par contre, elle nous rendra tout ce qu’on a cru lui passer en douce. Ce sont nos belles petites familles qui deviendront bien moins jolies lorsqu’elles seront obligées de vivre et de se nourrir dans les dépotoirs qu’elles ont mis tant d’ardeur à remplir. Et elle auront de la chance de pouvoir compter sur ces poubelles, car elles seront aussi grandement prisées par tous les étrangers venus de lieux encore plus dévastés.
      Aucune famille ne sera plus une noisette munie d’une écale solide et intouchable, un mignon petit trésor. Les paradigmes changent et ceux qui ne le voient pas s’étonneront de tout et ne comprendront rien. C’est ainsi que les espèces animales les moins bien adaptées aux conditions de leur environnement changeant finissent par disparaitre en laissant place aux individus les mieux préparés. Tout dépend dans quel camp on désire se positionner.

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  2. Faire des enfants est dans l’absolu le plus naturel qu’il soit de la vie, que ce soit la faune ou la flore, tout naît pour faire revivre, toute entité à besoin de procréer pour « survivre ». Cependant, trop de « parents » dérogent aux règles primordiales de l’apprentissage, celui de préserver et respecter son environnement afin d’y vivre sereinement Dans ce cas, autant prendre aussi compte de l’acharnement à garder des « morts » même plus vivants.
    Géant ce texte
    Jo

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    1. Merci Jo. Oui, c’est vrai, rien de plus naturel que la reproduction. Dans le monde animal et végétal, il existe des systèmes de régulation empêchant la surpopulation des espèces. L’humain a éliminé tous ces systèmes en ce qui le concerne et ce geste va à l’encontre des lois de la nature. La loi naturelle de la reproduction ne peut plus être considérée comme sacrée si les autres sont bafouées. L’équilibre est rompu et on voit les résultats de cette rupture dans les atrocités commises contre la nature sans retenue aucune.

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      1. Sincèrement, je pense que c’est la nature elle-même qui va s’en charger, du moins pour la plupart. Pour d’autre, leur fin prématurée est déjà programmé par vagues de maladies « nouvelles » créées par des humains eux-mêmes, avec toute l’injustice envers ceux qui ne pourront se soigner, faute…. et sans hésitation, de moyens financiers. Bien que très « discret » pour ne pas affoler toute la population, mais assez pour en éliminer quelques uns, petit à petit, sans compter bien sûr des inventions que tout le monde trouve génial et que trente, quarante, cinquante ans plus tard, s’avèrent mortels. Oui, un grand sujet…

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    1. Je suis conscient du côté sensible de cette question. Je suis cependant prêt à changer d’opinion quand on m’expliquera le plan qui sera mis en place pour faire grossir la surface de la planète au même rythme que la population. Je le jugerai à son mérite et à sa faisabilité. Tiens ! Quelque chose me laisse croire que je ne recevrai pas beaucoup de propositions réalistes.

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