Une recette éculée

Ce qu’on appelle la civilisation humaine a réellement commencé à exister lorsque des peuplades se sont sédentarisées en adoptant un changement radical de comportement par rapport à leur nourriture.

Lorsque nous étions des chasseurs-cueilleurs, nous ressemblions aux autres animaux, cherchant perpétuellement notre nourriture. Nous la trouvions, l’amassions durant la manne, l’entassions un petit moment et la consommions presque au fur et à mesure. La recherche de nourriture était constante et pour ce faire, nous suivions les migrations d’animaux, ratissions d’autres parcelles abritant des denrées mûres et pêchions en des lieux différents selon les espèces et la saison.

Chasseurs-cueilleurs

La vie à cette époque se résume essentiellement à quérir la nourriture là où la nature la dépose. Peu de réserves sont possibles, la recherche est donc perpétuelle et les affres du climat mettent gravement en péril la survie des petites communautés. Cette pression pour la survie en des lieux non délimités engendre des guerres territoriales afin de repousser un clan osant s’aventurer dans le garde-manger des autres. Chasser l’animal ou l’humain s’effectue avec les mêmes armes, seules les techniques varient un peu. La vie est rude, car elle ne laisse aucun répit. Il faut trouver de la nourriture ou crever.

Cette précarité a forcé nos ancêtres à inventer des solutions afin d’aménager un peu de répit dans leur vie. L’élevage s’est imposé comme étant une solution pleine de bon sens. On ne court plus après les animaux, on les accompagne, mais aussi on les dirige vers les bons pâturages. On crée des enclos pour les protéger des prédateurs, on les aide à mettre bas, bref on prend soin de son cheptel. Ainsi, devenir éleveur permet d’éviter les longues, complexes et dangereuses migrations de troupeaux. Nos réserves à portée de main ne sont plus mortes, mais vivantes. En transformant localement et paisiblement de l’herbe en viande, les animaux d’élevage apportent un apaisement dans les tensions entre les clans. Les lances restent affutées tandis que les habiletés des chasseurs s’émoussent.

Transhumance

L’agriculture répond aux mêmes besoins que l’élevage. Faire pousser localement et en sécurité ce dont on a besoin plutôt que de parcourir de grands territoires potentiellement dangereux.

Ainsi, le problème quotidien de trouver de la nourriture est devenu moins critique. Une famille d’agriculteurs-éleveurs parvient assez aisément à nourrir plusieurs familles. C’est alors qu’elle prend des ententes avec des voisins. Elle leur fournira la nourriture, en retour elle recevra la protection des guerriers, de l’aide pour la construction de sa cabane, on l’aidera à s’approvisionner en eau, on lui construira des outils plus performants pour atteler ses animaux, creuser sa terre ou transporter sa production. Et voilà comment les métiers spécialisés se sont créés, ainsi que l’économie basée sur une évaluation de la valeur des travaux de chacun. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui la civilisation.

Vieux-outils

Toutefois, quelque chose d’important a basculé. Lorsque les richesses étaient éphémères parce que périssables, les individus ne restaient pas riches très longtemps. Mais un outil en bois, ça se conserve. Il est donc possible d’accumuler des biens sans perdre leur valeur avec le temps.

Avec le talent et l’imagination, les techniques des artisans se raffinent. Ils deviennent plus productifs et ils échangent une plus grande quantité de biens qui, personnellement, ne leur serviraient absolument à rien. Que faire de 42 haches lorsqu’on n’a que deux bras, sinon de les échanger pour des biens diversifiés ? Une plus grande hutte, un atelier plus fonctionnel, plus de nourriture, plus d’aides, etc. Le troc, l’asymétrie des échanges a finalement favorisé la création des monnaies et devises et conséquemment leur accumulation.

Vous pouvez le constater, rien n’a vraiment changé depuis ce temps. Nous en sommes encore à la case 2 d’un grand jeu qui pourrait en contenir bien d’autres. Nous agissons encore aujourd’hui comme nos lointains ancêtres qui se sont affranchis de la chasse-cueillette pour adopter un style d’économie basé sur la spécialisation des tâches et l’accumulation de richesses impérissables.

Nous agissons depuis plus de dix mille ans à complexifier un système économique basé sur la croissance continue sans vraiment le transformer à cause de l’abondance des territoires et des ressources.

Ce système est resté fonctionnel tant que la Terre parvenait à offrir de nouveaux endroits à conquérir. On comprend donc la frénésie engendrée par la découverte du Nouveau Monde.

Ce n’est plus le cas. La planète ne suffit plus à la tâche. Pourtant, on ne voit aucun changement notable à l’horizon, car rien n’est plus difficile à oublier qu’une vieille recette gagnante datant de dix mille ans, même lorsqu’elle nous fait perdre. La solution inventée pour l’occasion est honteuse. On dissimule les pertes et l’on rend les gains ostentatoires.

Bilan

Nous refusons de regarder tous les effets de nos actions. Nous calculons tous les revenus en omettant de comptabiliser plusieurs dépenses. Les effets négatifs des industries sur la nature n’ont jamais été pris en compte ou ne le sont que depuis très récemment et de façon très parcellaire. La compétition encourage les industries des pays aux lois environnementales laxistes, pourtant la pollution est mondiale. En polluant son air, un pays comme la Chine pollue le nôtre et pourtant nous ne lui imposons aucun tarif. Nous préférons ne pas adopter de nouvelles lois environnementales plus contraignantes plutôt que d’exiger de tous les pays qu’ils se mettent à niveau s’ils veulent continuer d’exporter leur production.

En donnant une valeur au carbone via sa bourse, nous fixons un prix à la pollution afin de comptabiliser toutes les dépenses entrant dans la réalisation des biens de consommation. Les activités industrielles contractent une dette auprès de l’environnement, car elles le dégradent. Il est tout à fait naturel de rajouter cette dépense dans les rapports financiers des entreprises. 

Nous avons vécu et agi d’une certaine manière durant dix mille ans et celle-ci nous a apporté la prospérité. C’est difficile à accepter de changer sa façon de voir le succès, mais est-ce si difficile à comprendre que cette méthode a vidé le frigo et rempli la poubelle ?

Dans les faits, le statu quo n’apparait même pas sur le bulletin de vote relatif à notre avenir. Il ne reste qu’à se demander si on place son crochet dans la seule case présente ou si on s’abstient de voter. Que vous l’acceptiez ou pas, c’est un fait, il ne reste qu’une seule option.

Seul-Choix

Il reste à savoir si nous disposons encore de temps pour mettre des changements en application. Personnellement, je crains que nous l’ayons épuisé. Alors, pourquoi s’efforcer d’infléchir le cours des événements ? Un père de famille ne se rue-t-il pas dans sa maison en flammes pour sauver les siens même s’il a conscience de l’inutilité de son geste ? Mourir piteusement ou mourir courageusement, là encore, votre vote est requis. Et qui sait ? Parfois survient l’impossible.

Quelques précisions à propos de l’Humain orphelin

Cet article se veut une suite inattendue du précédent, grâce en particulier au commentaire pertinent de M. Serge-André Guay. Voyant la longueur de ma réponse, j’ai donc préféré la publier sous la forme plus appropriée d’un article en bonne et due forme.

Je vous remercie, M. Guay, pour votre opinion franche et ne soyez pas surpris si je dis que je la partage sur certains points. Nous divergeons peut-être à l’occasion pour des raisons sémantiques et j’essayerai d’apporter de l’éclairage sur mes propres définitions, dont celle de l’humain et de l’humanité. D’autre part, les raisons pour lesquelles vous me considérez pessimiste et ayant perdu espoir ne vous sont peut-être pas connues.

Je vous recommande un de mes articles antérieurs « Respecter le pessimisme ». Il pourra aider à mieux me cerner sans devoir le réécrire. D’autres articles vous seront proposés au cours de ma réponse que voici.

Il y a de cela 40 ans et même 30 ans, j’étais prêt à croire encore en l’humanité, plus maintenant. Plus après avoir vu et revu ce que sa cupidité engendre comme décisions dans des situations critiques. Si vous me dites que l’humain diminuera drastiquement sa cupidité dans peu de temps, je vous promets d’afficher un rayon d’optimisme. Permettez-moi toutefois de fortement en douter.

J’aimerais également vous inviter à lire mes articles traitant de la courbe d’hystérésis qui explique scientifiquement pourquoi il est trop tard dans notre piètre lutte contre les changements climatiques, même si on ne le perçoit pas encore. Je n’ai pas perdu espoir en l’humain, je sais que la guerre est déjà perdue avec ou sans lui. Les scientifiques qui le savent n’osent le déclarer pour différentes raisons. Je n’ai pas cette pudeur, je n’ai pas de faux amis à perdre, je n’ai pas de réputation à protéger et je n’ai simplement pas envie de faire comme les autres et de me taire pour éviter de faire peur aux autres oiseaux de la volière.

Les bonnes nouvelles existent et plusieurs blogueurs les couvrent amplement. Pour ma part, oui je me concentre sur les mauvaises nouvelles, car plusieurs d’entre elles sont très mauvaises et personne ne veut les aborder, les fuient comme la peste, les font disparaitre sous le tapis. Je réagis aux mauvaises nouvelles, mais surtout, et c’est là où je dérange le plus, j’écris avant d’attendre que ces mauvaises nouvelles deviennent notre réalité quotidienne.

Si on laisse un chaudron d’huile sur un feu au maximum et l’on quitte la maison, elle ne brûle pas immédiatement, mais il n’est pas nécessaire d’être ferré dans les arts divinatoires pour comprendre le futur.

Prévoir n’est pas bien difficile, c’est presque à la portée de tout le monde, mais ça prend une bonne dose de courage pour publier ses prévisions avant de les voir se transformer en faits. La plupart des gens attendent de voir la réalité avant de s’exprimer pour éviter de se faire reprocher une erreur. Ensuite ils montrent comment c’était facile de tout voir, de tout comprendre à l’avance. 

La peur de l’erreur les garde coincés jusqu’au jour où il devient impossible de se tromper. Ils jouent à la roulette en misant une fois la bille arrêtée. L’erreur est humaine, je peux me tromper et je sais me les pardonner lorsque j’en commets. Sans les prendre à la légère, je n’en meurs pas.

Voici comment je vois l’avenir selon l’état actuel de la situation et les lois de la thermodynamique. Nous ne reverrons plus jamais la Terre telle qu’elle se présente aujourd’hui — la suite de cette déclaration est d’une importance primordiale pour la compréhension de mon opinion — même si les sept milliards d’humains cessaient immédiatement toutes les activités anthropiques ayant un effet sur le climat.

Je suis convaincu que la boucle de rétroaction est passée en mode amplification. Cela signifie que la hausse actuelle des températures exacerbe des hausses encore plus grandes des températures dans un cycle autogénérateur, c’est-à-dire qu’il s’entretient de lui-même sans nul besoin d’apports externes. Ce charabia n’est pas une lubie issue d’une imagination trop fertile, mais un véritable effet technique causé par des accumulateurs en rupture dans un système de régulation en boucle fermée, exactement comme la Terre actuelle. Les articles scientifiques de plus en plus alarmants (je bannis l’adjectif « alarmiste », une arme de dénigrement massif) et de plus en plus fréquents devraient vous convaincre que le patient n’est pas simplement mal en point. Le GIEC s’est montré jusqu’à présent très timoré dans ses conclusions afin de ne pas être dissout. Ainsi, de plus en plus de comités élargis de scientifiques se forment afin de se faire entendre sans passer par ces filtres politico-économiques chargés de ménager la susceptibilité des dirigeants.

Vous pouvez ne pas y croire, vous pouvez garder espoir, vous pouvez penser qu’il n’est pas trop tard, moi je n’y crois plus et c’est mon droit le plus strict. L’humain pourra peut-être s’en sortir au bout du compte comme il s’en est sorti il y a 75 000 ans lorsque Toba l’a presque effacé de la surface de la Terre. Un enfant montre souvent des qualités plus grandes que les adultes. Je n’insulte pas l’humanité en la voyant comme une enfant, je trouve cette comparaison raisonnable et je la verrais même touchante si elle ne tenait pas les rênes de notre éradication.

Il est bien difficile de parler de l’humanité sans généraliser puisqu’il n’en existe qu’une. L’humanité est une entité construite de milliards d’individus dont il en ressort des comportements dominants. Je ne m’attaque pas à chacun des humains formant l’humanité et si j’en ai laissé l’impression, je m’excuse sincèrement auprès de ceux qui ont pu se sentir blessés dans leur attitude responsable et débordante d’humanisme et d’optimisme. Lorsqu’on parle pour la moyenne, on omet malheureusement de s’adresser aux autres, j’en conviens.

Tout un chacun, nous ne ressemblons pas à l’humanité puisque nous ne sommes pas une espèce clonée. En faire partie devient parfois un poids difficile à porter lorsqu’on ne ressemble pas à la majorité ou à ses têtes d’affiche. Mais c’est alors qu’il faut s’exprimer le plus fort, le plus clairement et le plus souvent possible.

Lorsque je compare l’humain, le digne représentant moyen de l’humanité, pas les humains individuels, à un enfant gâté, cette façon de le définir n’est pas vraiment exagérée. Il suffit de regarder les crises déclenchées par les bonzes lorsqu’on tente de leur faire comprendre qu’ils doivent changer de comportement, de politiques ! C’est la crise du bacon frétillant sur le plancher du salon. La démagogie dans son plus grand art sort du placard pour nous plaquer au sol. On peut rétorquer que les grandes gueules qui prennent le crachoir ne représentent pas l’humanité. C’est vrai et faux. Si on les laisse parler en notre nom sans broncher, si on reste silencieux lorsqu’ils nous embobinent en poussant leur opinion dans nos gosiers pour nous étouffer, on abandonne la nôtre au profit de la leur. Mes pierres ne visent pas spécifiquement l’humain moyen comme vous pourrez le lire dans l’article sur l’illusion de l’effort citoyen.

Mes conclusions dérangent les gens qui voudraient une fin heureuse, mais ce serait leur mentir. J’assume donc d’être considéré comme l’oiseau des mauvais augures.

S’il est vraiment trop tard, peut-être vaudrait-il mieux ne rien dire du tout ? C’est possible. On fera alors tous semblant d’être étonnés lorsque la machine climatique s’emballera pour de bon. Ainsi, on s’affranchira du poids de la culpabilité en accusant le mauvais sort, le manque d’informations fiables et le silence des lanceurs d’alerte. Très peu pour moi. Et si je dois être haï pour répéter trop souvent les horreurs à survenir avec, en toile de fond, « je vous l’avais bien dit », la difficulté morale qu’auront les gens à se regarder dans la glace m’indiffère totalement puisque ce sentiment, ils y font déjà face quotidiennement. Ils auront amplement mérité la honte consciente pour être restés silencieux et inactifs. Beaucoup trop peu, beaucoup trop tard. Voilà ce que diront les survivants. Et s’il s’avère que j’avais tort, les gens n’auront qu’à se réjouir et à lapider mon effigie.

On peut penser qu’en parlant de l’humanité de la sorte, je sape les efforts de ceux qui croient encore qu’elle est vouée à un bel et grand avenir pour peu qu’elle s’y mette pour de bon. Voilà peut-être une raison de m’en vouloir. Pour ma part, ce sont des lunettes roses qui ne font qu’éloigner les gens de la triste et crue réalité. Lorsque la forêt brûle, espérer le contraire ne sera jamais le gage que le feu se maitrisera de lui-même et que rien n’y paraitra par après. Retirer ses lunettes roses est le commencement d’une vie adulte.

Dans ma vie professionnelle, lorsque je me suis engagé, lorsque je m’engage encore à réaliser un mandat, je m’y emploie, quoi qu’il en coûte, car je prends les moyens qu’il faut pour y parvenir. Mais ce combat-là, il vise à dégommer simultanément tous les magnats qui freinent depuis toujours un changement radical de nos pires habitudes. L’humain ordinaire est mené par un autre type d’humain et la plupart de mes reproches exprimés envers « l’humain » visent principalement cette dernière catégorie, mais pas toujours.

En supposant le fait que le combat ne soit pas encore perdu, connaissez-vous les moyens appropriés pour contrer ces gens de pouvoir qui, s’ils ne sont pas l’humanité, la dirigent toutefois d’une main de fer ? Il faut bien comprendre que ces dirigeants ne se présentent jamais aux élections, ils payent des gens pour le faire, eux restent bien tapis dans l’ombre à accumuler l’argent. La démocratie ne nous sauvera pas d’eux.

Eh bien ! Vous avez dit vrai dans votre commentaire, M. Guay. Je suis incapable de prendre les moyens draconiens requis pour nous débarrasser de la vraie source de nos problèmes. Je ne fonde donc aucun espoir sur moi-même pour appliquer les solutions requises, comme je ne fonde aucun espoir sur personne pour faire changer les paradigmes actuels aussi rapidement qu’il serait nécessaire de le faire, que ce soit par la force de la persuasion ou autrement.

Et pourquoi ces dirigeants de l’économie mondiale s’ils se sentaient acculés au pied du mur ne changeraient-ils pas les bases sur lesquelles le monde tourne ? Tout simplement parce que l’Afrique tout entière reste à conquérir. Mais avant que chaque Africain ne roule en automobile le téléphone à la main en cherchant le Starbuck le plus près avant de se rendre au Walmart, la planète aura déjà cessé de nous endurer.

Je ne suis ni pessimiste ni défaitiste ni névrosé ni dépressif. Je suis le plus lucide possible, je sais extrapoler, une technique utilisée par tous les scientifiques pour prévoir les comportements à venir à partir de lois connues et de données réelles. Si ces extrapolations nuisent au moral des troupes, il existe tout un tas de vidéos de chatons sur YouTube ou des matchs de foot ou de hockey à la télé pour aider à le conserver. C’est bien ce que font actuellement les gens ordinaires pour oublier leurs soucis et le sort de la planète. Et l’humanité ne vit pas puérilement ? Peut-être plus souvent qu’il ne faudrait, tout de même !

La pyramide

Le principe sur lequel toute l’économie mondiale est basée est celui de la pyramide.

Elle commence à la base par les plus petits salariés des pays émergents, ensuite viennent les travailleurs à salaire minimum des autres pays, puis les travailleurs non spécialisés, les travailleurs spécialisés, les professionnels, les entrepreneurs, les financiers et enfin les financiers des financiers tout au sommet.

Admettons qu’il existe 8 niveaux au total. Ça ne semble pas beaucoup pour une pyramide, mais attendez la suite. Disons qu’au sommet trônent environ 700 personnes, les plus riches de la planète. À chaque niveau inférieur, on multiplie par 10. Ce sont les souteneurs des gens trônant au sommet. Au plus bas niveau, on trouve donc 7 milliards d’individus qui soutiennent le style de vie de tous les autres niveaux supérieurs.

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La forme pyramidale apparait bien à travers ces chiffres. La question est de savoir combien d’individus sont nécessaires aux niveaux inférieurs pour rajouter une seule personne au sommet?

Le calcul est simple, cela prendra 10 + 100 + 1000 + 10000 + 100000 + 1000000 + 10000000, soit une somme de 11111110 têtes de pipe. Ouais, le tabac n’est plus vraiment à la mode et il tue, alors utilisons plutôt le terme «enclavés».

Ainsi, pour soutenir la mégalomanie d’un seul nouvel hyper riche, il faut rajouter plus de onze millions d’enclavés à la pyramide.

ponzi

Voilà comment notre système économique est organisé. Un système pyramidal à la Ponzi, non seulement parfaitement légal, mais pensé de telle façon qu’il devient impossible à changer. Oui, car la qualité première d’une pyramide est de garantir la stabilité de tous ses étages en les construisant sur les niveaux inférieurs beaucoup plus vastes que les niveaux supérieurs. Ainsi, les riches, les super riches, les mégas riches et les hyper riches n’ont rien à craindre. Personne ne viendra les faire tomber de leur piédestal puisqu’une pyramide est insensible aux séismes et aux éboulis économiques. Même si quelques blocs de la base s’effritent ou disparaissent, il en existe tellement d’autres que la structure globale restera solide.

On pourrait croire, et on y croit, qu’il est bien de vivre dans un contexte où le système économique est aussi stable et insensible aux intempéries. Il permet même aux gens de gravir les échelons grâce à leurs efforts, à la chance, à leur opportunisme, et aux crimes qu’ils peuvent commettre en toute impunité. La pyramide semble offrir bien des avantages et c’est parfaitement vrai lorsque le nombre de niveaux est faible. Retour en arrière, voici comment le système pyramidal a commencé.

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Comme toute bonne évolution, celle-ci débute avec le minimum de niveaux. Une tribu et son chef constituaient une bien petite mais très belle pyramide qui déjà démontrait une bonne stabilité si le chef était fort et avisé. Puis vinrent trois niveaux, le chef de la tribu, contre protection, devait rapporter des offrandes à un seigneur. Et ensuite, il y eut un quatrième niveau. Les seigneurs se regroupèrent autour d’un roi afin de sécuriser leurs frontières, pour envahir d’autres terres, bref pour consolider leur pyramide avant que d’autres que la leur deviennent plus grosses et plus solides.

Voilà où aurait dû cesser le système pyramidal. Quatre niveaux, on peut dire que c’était déjà un de trop. En construire plus de quatre relevaient de la pure folie, mais l’humain applique ses bonnes vieilles méthodes jusqu’à en perdre totalement le contrôle. Il ignore tous les avertissements et les signes avant-coureurs lui montrant qu’il n’aurait jamais dû franchir certaines limites.

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Mais surtout, ceux qui auraient le pouvoir de changer le système sont les mêmes individus qui en profitent le plus. C’est mal barré pour espérer toute transformation. La pyramide est ce qu’il y a de plus solide, Khéops en savait quelque chose! Quarante-cinq siècles plus tard, elle demeure vaillante.

La solidité de la pyramide possède ses avantages et aussi ses inconvénients. Tout d’abord, elle est inadaptable. Elle ne montre aucune souplesse, aucun moyen de modifier à peu de frais un quelconque élément de sa structure. Le plus grand défaut d’une pyramide est son potentiel d’inflation exponentiel. Lorsque le nombre de niveaux croît, comme dans le cas de l’économie mondiale actuelle, le système pyramidal exerce de la pression sur le surpeuplement.

L’arrivée des peuples chinois, indiens, africains, russes dans l’agrandissement de la pyramide mondiale en est la preuve. Les rois de l’ère moderne devaient trouver une solution pour devenir encore plus riches, pour créer plusieurs niveaux supplémentaires à la pyramide. Pour ce faire, il fallait agrandir de façon substantielle sa base. Et, justement, les pays énumérés ci-devant représentaient un bassin fantastique de blocs toujours inutilisés. Il suffisait de les rendre politiquement disponibles à l’enclavement.

Village-global

Le concept économique du «village global» est alors apparu. Le plus grand succès des pharaons des années 1980 fut d’embrigader la Chine et ses 1,3 milliard d’individus. En relocalisant la production manufacturière dans ce pays, ils ont réussi à rajouter tout un étage supplémentaire à leur pyramide. À leur décharge, il est vrai que ces innombrables Chinois existaient déjà, qu’ils les ont simplement rassemblés autour de la seule pyramide aujourd’hui existante, celle de l’économie mondiale. Toutefois, cet exemple démontre parfaitement combien d’individus il faut rajouter à la base d’une construction pyramidale pour faire croitre son sommet d’un ou de deux niveaux sur lesquels une infime minorité de gens s’ébattront.

Lorsque tous les pays de la planète auront prêté allégeance au système économique mondial actuel, la Chine a très bien compris qu’elle doit harnacher les Africains pour se hisser d’échelon, il ne restera plus aucun bassin de population à la disposition des tout-puissants pour continuer de croitre. Le nombre de niveaux à la pyramide aura atteint sa limite extrême, mais la fin n’est pas encore là.

Les gens veulent poursuivre leur ascension et un seul individu cherchant à se hisser de l’avant-dernier jusqu’au niveau le plus élevé a besoin d’entrainer une quantité phénoménale de gens dans sa foulée.

Pour limiter la population mondiale, il faudrait tout d’abord que personne ne veuille plus atteindre le sommet de la pyramide ou qu’ils attendent pendant de longues années que l’un d’eux meure. Il faudrait aussi que plus personne de tous les niveaux inférieurs ne veuille améliorer son sort, sauf pour prendre la place au niveau supérieur d’une personne disparue.

Bien entendu, la vie ne fonctionne pas ainsi et la pyramide continuera de chercher à croitre par tous les moyens. Croyez-vous toujours au contrôle de la surpopulation alors que personne n’a d’intérêt personnel à la limiter?

Évidemment, rien n’est éternel et malgré la belle endurance de la pyramide, elle finira aussi par atteindre ses limites. Que la catastrophe soit causée par son surpoids ou par un agent externe comme un virus incontrôlable, une météorite géante ou une guerre nucléaire qui décimerait une grande partie de la population mondiale, la pyramide ne résistera pas à la disparition subite de la majorité des éléments occupant les niveaux inférieurs.

Il en résultera un retour aux sources. Tout d’abord on verra apparaitre des tribus, puis des seigneuries, ensuite des royaumes… le reste de cette histoire, vous la connaissez bien, c’est actuellement la vôtre.

Photo entête : Journal Métro – Montréal

Serons-nous envahis sous peu ?

Pourquoi les extraterrestres ne nous envahissent-ils pas? Nous avons une planète extraordinaire et nous leur démontrons que nous sommes absolument incapables d’en prendre soin. C’est fantastique! Toutes les conditions sont réunies pour se faire irrémédiablement évincer. Exit du paradis terrestre! Étrange comment certaines écritures millénaires décrivent le certain passé alors qu’ils pourraient parfaitement correspondre au futur, un futur proche.

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Nous nous retrouvons une fois de plus à la limite de nos folies. Ce fut le cas durant les années soixante où les bombes nucléaires faisaient planer la menace réaliste d’une élimination radicale et instantanée de l’espèce humaine. Si j’avais fait partie d’une civilisation extraterrestre à cette époque, je me serais empressé d’activer la guerre totale par la ruse afin de m’emparer de la Terre une fois exempte de son pire fléau. C’était certes le moment le plus propice et réaliser ce coup d’État pour des entités venant des confins du cosmos ne devait pas poser de grands défis.

Or, à l’évidence, ce scénario ne s’est pas matérialisé et l’humain continue sa détérioration systématique du milieu qui l’a vu naitre. Mais si l’envahisseur s’est autrefois tenu à carreau, le fera-t-il une seconde fois? Oui, je sais, je postule leur existence. Ce n’est qu’une question statistique. Il est mathématiquement quasi impossible qu’ils n’existent pas. Il y a trop d’exoplanètes beaucoup plus vieilles et possédant de meilleures conditions de vie que la Terre pour croire que les extraterrestres ne sont qu’imaginaires. Et si certains peuples ont vécu des millions d’années plus que nous, il est raisonnable de penser que leurs connaissances et leurs technologies se situent bien au-delà des nôtres.

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Il est donc logique d’imaginer une grande quantité de peuples extraterrestres en train de nous observer, nous et plusieurs autres espèces scientifiquement évolutives comparables. Ils savent donc à quoi s’attendre d’un peuple belliqueux tel que le nôtre. Nous n’avons probablement pas encore touché le fond du baril galactique sinon les extraterrestres se seraient ouvertement manifestés. Tout comme dans Star Trek, leur directive (primordiale) les empêche peut-être d’agir et d’interagir. Si nous sommes voués à nous détruire, ils attendent probablement que nous le fassions par nos propres moyens sans qu’aucune société extraterrestre intervienne dans un sens ou dans l’autre.

Donc, la Terre ne sera probablement pas envahie par une horde d’étrangers avant que nous ayons pris le soin de nous effacer en quasi-totalité. Nous pouvons dormir sur nos deux oreilles, la cohabitation n’aura probablement jamais lieu. Ils n’envahiront pas la Terre avec des humains au sommet.

Il est possible toutefois qu’une petite partie de notre population survive à l’apocalypse et que les futurs maitres de la Terre l’épargne en cloisonnant les individus dans un lieu duquel ils ne s’échapperont pas. Y voir un zoo, récompense bien connue des humains pour leur faune en voie d’extinction.

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Méritons-nous toujours la Terre? En tant qu’espèce dominatrice et hégémonique, nous devrions prendre tous les moyens possibles pour la bichonner. Puisque nos actes vont dans une direction diamétralement opposée, je considère que nous n’en sommes absolument pas dignes.

On connaitra bientôt les répercussions de nos actions et inactions. Entretemps, rien ne nous empêche de les imaginer. J’y consacre beaucoup de temps et dans tous les cas je ne parviens pas à voir l’humain s’en tirer à bon compte. Sois je manque cruellement d’imagination, soit je suis trop réaliste pour inventer des histoires abracadabrantes censées remonter le moral. Entre les deux suppositions, je connais la réponse.

Ne nous faites pas confiance !

Plusieurs personnes croient aux Ummites, de prétendus individus provenant de la planète Ummo qui seraient venus s’installer sur Terre en 1950 après avoir entendu les premières transmissions électromagnétiques d’origine humaine au début des années 1930.

Je ne commenterai pas cette croyance, car je n’ai aucune opinion, n’ayant jamais lu aucun des nombreux écrits qu’ils auraient composés et envoyés depuis 1965 sous forme de lettres à des individus disséminés un peu partout sur la planète.

Si cette histoire est véridique, leur planète étant située d’après leurs dires à 14,4 années-lumière de la Terre, ils bénéficieraient donc de moyens de transport aux capacités fantastiques dont la vitesse friserait ou dépasserait même la vitesse de la lumière.

Si Einstein vivait, il ferait évidemment partie des sceptiques. Pour lui, rien de très massif ne peut s’approcher de la vitesse de la lumière sans une débauche d’énergie impossible à embarquer à bord d’un vaisseau spatial. Quant à carrément dépasser la vitesse limite, le mot limite devrait être suffisamment explicite pour rejeter cette hypothèse.

Pourtant, sans contredire la physique relativiste, il semblerait possible de créer des conditions qui permettraient de se déplacer d’un point à l’autre de l’espace en créant l’illusion d’avoir dépassé la vitesse de la lumière sans passer par un écrabouilleur et létal trou de ver.

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En tordant l’espace, en le déformant, en le pliant ou en sautant à travers une quatrième dimension spatiale, il serait théoriquement possible de se déplacer entre Ummo et la Terre sans vraiment parcourir l’entière distance au sens classique du terme. Le voyage serait ainsi écourté et il suffirait d’une énergie et d’un temps raisonnables pour parvenir à destination.

En supposant qu’il soit possible de générer une distorsion spatiale de manière énergétiquement acceptable, voudrions-nous utiliser ce moyen pour aller coloniser d’autres planètes ?

Certes, nous sauterions sur l’occasion de s’accaparer cette technologie. Ayant dévasté la Terre, il est évident que nous voudrions trouver d’autres planètes susceptibles de posséder des ressources vierges et abondantes afin de les piller à notre guise sans gouvernement pour nous restreindre à suivre de multiples règles.

On peut d’ores et déjà connaitre le résultat de ces colonies, un recommencement des erreurs ayant mené à la ruine du milieu dans lequel on vit encore. L’humain est trop vorace pour faire attention à quoi que ce soit. Il est trop cupide et même trop idiot pour apprendre de ses erreurs.

J’en appelle donc aux Ummites ou à toute autre race extraterrestre grenouillant dans nos parages. Tenez les humains loin des technologies qui leur permettraient de partir à la conquête d’autres systèmes planétaires. L’espace a beau être vaste, faut-il vraiment que d’autres mondes supportent nos ravages ? 

Par contre et à tout hasard, n’auriez-vous pas un bidule très puissant à me prêter ? Non, pas le truc pour plier l’espace, l’autre machin plus utile encore, celui pouvant ramener la population de la Terre à l’Âge de pierre. Je vous le rends dès que j’en aurai fait bon usage !

La paix du Corbot

Ça devrait en surprendre plus d’un à la lecture de certains des articles de ce blogue, mais le noir volatile atteste qu’il a enfin trouvé la paix. Difficile de le croire ?

Ouais, bon ! Je vous l’accorde, ce n’est pas la paix totale ni béate ni heureusement la paix éternelle. Certainement pas la paix amoureuse, celle-là ne surviendra probablement jamais, mais j’ai quand même atteint une forme de paix, la paix d’esprit entourant mon rôle social.

Lorsque je voyais la planète se déglinguer, aucun individu sensé ne pouvait laisser ce massacre s’accomplir sans lutter. Le problème est que la guerre était perdue d’avance puisque personne ne voulait combattre. Seule une lutte victorieuse aurait permis à l’humain de survivre et tout le monde s’en est foutu.

Après l’inévitable ahurissement, la déprime tout aussi inévitable m’attendait de pied ferme. Chacun d’entre nous avait le devoir de collaborer à la hauteur de ses moyens et de ses talents. Rien n’a été fait, sauf se donner bonne conscience pour s’en être désintéressé en triant ses recyclables. Wow ! Quel merveilleux accomplissement ! Quels actes héroïques dignes des plus grands champions ! Jeter des « jenveuxpu » dans un bac vert en plastique plutôt qu’une poubelle grise en métal pour qu’ils se retrouvent quand même dans un dépotoir ici ou en Malaisie. Tout un exploit ! Et après on se demande pourquoi on va crever ! L’histoire n’est même pas pathétique, elle est loufoque.

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Être pris entre les mâchoires de l’étau qui se resserrait incessamment me tuait à petit feu. Le maxillaire fixe du froid outil, les humains indolents, imperturbables, inactifs. Et la mandibule, notre système, les industriels, les politiciens qui rapprochent les deux pièces de métal l’une contre l’autre en écrasant tous ceux qui osent se placer entre les deux.

Même les esprits les plus fins, les plus respectés, les plus populaires n’ont pas tenu le coup. Al Gore, David Suzuki et mon compatriote Hubert Reeves, ils ont tous baissé les bras et pavillon. Ils ont jeté l’éponge, la serviette et les armes. Ils ont plié bagage et l’échine. Ils ont mis le genou par terre. Ils ont consciemment ou inconsciemment abandonné leur lutte, car inutile, car impossible. Aucune victoire, aucun progrès, aucun désir perçu, aucun plan valable mis en œuvre, aucun accord respecté, c’est l’échec le plus cuisant de toute l’histoire de l’humanité.

Et malgré cette décrépitude, ou peut-être à cause de celle-ci, j’ai atteint un moment d’intense compréhension du rôle de l’humain sur terre et dans l’univers. Cela m’a suffi pour cesser de me préoccuper de son avenir. D’une certaine façon, une illumination comme j’en ai eu peu dans ma vie. J’ai compris le véritable rôle dévolu à l’humain et il n’a rien en commun avec nos prétentions, nos désirs, nos espoirs ou nos ambitions, j’oserais dire heureusement.

On rêve de conquête spatiale alors qu’il nous est impossible de supporter la microgravité, le vide, le froid spatial, les tempêtes solaires, les particules cosmiques, le temps. On rêve de voyages intersidéraux qui nécessiteraient un recyclage de 100% de toutes nos ressources, y compris nos déjections et nos dépouilles alors qu’on est incapables de mettre le plus petit système fonctionnel ici sur le plancher des vaches où nous possédons tout pour réussir. Il faudrait vivre en vase clos dans un espace restreint et exigu durant des milliers d’années alors qu’il nous est absolument impossible de supporter un voisin à trois maisons de la nôtre.

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On renverra des gens sur la Lune et on plantera même des drapeaux sur Mars. Mais après, on fera quoi ? Où ira-t-on ? Voudrons-nous toujours nous étendre au-delà des limites de la Terre lorsque les astronautes mourront comme des mouches et les survivants développeront des maladies incurables, qu’ils deviendront aveugles, que leurs os se casseront comme du verre, que leur cœur fera patate, que leur cerveau se mettra à leur jouer de très mauvais tours ? Continuerons-nous d’envoyer des équipages dans l’espace lorsque nous perdrons tout contact avec ceux qui s’y seront déjà aventurés ? Continuerons-nous de nous préoccuper des astronautes partis depuis des siècles alors qu’on oublie de visiter nos parents ?

La conquête de l’espace au-delà de notre petit système solaire n’est pas de notre ressort. Nous ne sommes pas constitués pour ce genre de mission, quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse. Le transhumanisme ne nous sauvera pas, car viendront rapidement d’autres solutions bien plus intelligentes et efficaces. Par contre, et voilà comment la situation devient ironique, ces solutions viendront de nous-mêmes, les humains. Elles ne consisteront pas à développer des techniques et des équipements pour nous aider à voyager loin dans l’espace. À cause de notre biologie, notre véritable place ne peut être que sur Terre.

Cependant, si nous sommes incapables de prendre soin de nous-mêmes ici et maintenant, la situation actuelle le prouve, nous risquons fort également de rater cet ultime objectif.

Le calme dans ma tête se préparait depuis un certain temps. Ma paix intérieure découle de différents constats. J’ai compris qu’il était inutile de stresser à propos du sort de l’humanité. Qu’elle réussisse ou non à respecter son ultime engagement, qu’elle disparaisse parce qu’elle a failli à ses devoirs essentiels envers elle-même, envers les autres espèces et envers la planète, qu’elle gagne ou perde, qu’elle agisse en idiote ou en sage, notre sort ne fait simplement pas partie de l’équation finale. Se faire disparaitre ne serait pas si pathétique si nous n’entrainions pas des milliers d’autres espèces dans la foulée. Elles ne méritent pas de s’éteindre alors que nous, nous méritons bien pire que l’extinction.

Je sais, tout ceci reste ambigu si vous ignorez quel est ce fameux ultime mandat. Je l’ai récemment écrit, je vous invite donc à le lire en suivant cet hyperlien ainsi les deux articles qui le précèdent (partie1 et partie 2). En substance, sachez qu’en ayant synthétisé des décennies d’informations en une seule fonction logique, mon esprit s’est enfin apaisé.

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Imaginez un jongleur jouant avec des centaines de quilles toutes différentes. Tant qu’il jongle, il est incapable de se reposer et il continue de jongler, car il lui manque la réponse à l’ultime question qui est de savoir quoi faire avec les quilles. Comment s’agencent-elles ? Puis, vient l’illumination. Tout se clarifie, l’acrobate sait maintenant comment les organiser. Il les place par taille, par matériaux, par couleurs, par symboles gravés sur leur ventre. Le jongleur peut cesser de penser, il rattrape chacune des quilles, il les place au sol pour enfin contempler son œuvre. Bien sûr, d’autres combinaisons pourraient exister et l’acrobate en est pleinement conscient, mais celle-ci lui plait suffisamment pour le convaincre de cesser sa quête, de se reposer avant d’entamer un nouveau défi d’une tout autre nature.

Voilà où j’en suis. Je n’ai plus à me préoccuper d’informer la population, d’éduquer mes proches, d’alerter l’humanité, de la défendre contre les bonzes et aussi contre elle-même, de m’en inquiéter outre mesure, de hurler l’urgence d’agir. Tout ce qui me tuait à petit feu a disparu. Et tout ce stress existait parce que j’étais resté anthropocentrique. J’avais considéré l’humain comme la pièce maitresse de l’échiquier alors qu’il n’est que le fou. L’univers peut donc le sacrifier afin d’obtenir sa victoire, une victoire qui, lorsque la partie se termine, que le fou soit resté sur l’échiquier ou qu’il ait été bouffé au cours du combat, qui s’en soucie ?

Certains d’entre vous penseront qu’un tel article vise justement à vous alerter, contrairement à ce que j’affirme. D’autres diront que j’abandonne en cherchant à me justifier. J’essayerai de répondre à ces muettes questions et aux commentaires que vous voudrez bien me laisser dans un prochain article.

Collapsologue

J’ai appris que j’étais collapsologue. Rassurez-vous, je ne souffre pas de collapsite ou pire, de collapsose.

Être collapsologue, c’est tout d’abord croire que le monde tel qu’on le connait va s’effondrer. Ah! Là, vous me reconnaissez. Ouais, pour un gars qui a écrit des dizaines de nouvelles sur la fin du monde, il ne pourrait en être autrement.

En théologie, il existe le terme « eschatologie » pour signifier l’étude de la fin des humains et du monde. Il serait synonyme à collapsologie s’il ne regardait pas tout à travers des lunettes où un quelconque dieu nous punit pour nos actes. L’humain n’a pas besoin d’une entité bien-mal-veillante pour être puni, il le fait très bien tout seul. Mais parce qu’il applique son châtiment à ses voisins, il ignore sciemment qu’eux-mêmes font claquer leur fouet sur son propre dos. Et c’est la ronde stupide des châtieurs châtiés.

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Le collapsologue croit à l’effondrement de notre mode de vie et s’il s’y prépare adéquatement, il devient un survivaliste. J’ai déjà abordé le sujet ici même. Il s’y prépare, tout d’abord, psychologiquement. S’il possède des tendances de pédagogue, il en parle autour de lui, et si en plus il s’avère être un blogueur, il parvient peut-être à sensibiliser un public éloigné et élargi.

Ensuite, il acquiert des kits de survie, des vêtements appropriés et du matériel facilitant son autonomie. Il se monte des plans d’urgence. Comme outil, il ignore toute forme de technologie au-delà de celle intégrée dans une bonne vieille hache. Bon, ici j’exagère un peu, des allumettes, c’est sacrément pratique, mais vous comprenez le principe. Et d’ailleurs, je possède aussi du matériel pour allumer un feu sans allumette. Faque (ça fait que)…

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Le collapsologue est le dernier à vouloir l’effondrement de la civilisation, mais il le sait inévitable et surtout, il ne (se) le cache pas. Pour ceux qui en sont tout aussi convaincus et qui agissent comme si l’implosion ne surviendrait jamais, on a déjà inventé les mots autruche, jovialiste et niais dépendant de leur degré de négation et de la pauvreté de leur argumentation.

Pour les autres, les optimistes, ceux qui sont convaincus du contraire, il existe plusieurs catégories. J’en connais qui croient en l’humain, qui pensent sincèrement qu’il va finir par prendre les choses en main afin d’éviter les pires crises. Ils sont convaincus que les gens finiront par se lever et s’élever au-dessus de leur état bestial actuel. Que l’amour, la compassion, le partage, la sincérité et la bonté finiront par rassembler les humains autour d’un projet sérieux et réaliste. À eux, je lève mon chapeau, car mes facultés ne me permettent pas de penser ainsi, et j’espère de tout cœur qu’ils aient raison, même si je suis convaincu du contraire.

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Une autre catégorie est celle du genre monsieur Jemefousdetout, les dépensiers compulsifs, les pollueurs invétérés, les gaspilleurs éhontés, ceux pour qui le recyclage n’est qu’une perte de temps, la parcimonie un signe de pauvreté, qui croient que tout leur est dû, qu’ils possèdent tout en étant en manque de tout, que les autres personnes valent juste d’être à leur service, qui vivent sans remords de leurs abus les plus intolérables.

Vous les connaissez, ce sont eux qui nous ont amenés au bord du précipice et qui vous demanderont de vous y précipiter avant eux afin d’amortir leur chute. Ce sont eux qui ne veulent rien changer. Ils se reconnaissent facilement puisqu’ils se montrent comme des paons. On les retrouve dans chaque famille, dans chaque rue, dans chaque cercle d’amis, dans chaque bureau et usine et surtout, on les retrouve au sommet puisque ce sont des gens de pouvoir, ce sont nos dirigeants.

Solstice et obliquité

Le solstice d’été s’avère un moment propice pour aborder le sujet de l’obliquité de la Terre.

Dans l’hémisphère nord où vit 90 % de la population mondiale, l’été survient autour du 21 juin de chaque année au moment appelé le solstice. Ce mot dérivé du latin solstitium signifie que le soleil (sol) semble s’arrêter (stare). Pas que le Soleil cesse de bouger dans le ciel, mais il semble cesser de modifier sa trajectoire ascendante.

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Évidemment, le Soleil ne bouge pas vraiment. C’est la Terre qui, au cours de sa révolution autour de lui, présente à ce moment de l’année l’inclinaison de son axe de rotation dans une position telle que la clarté diurne dure plus longtemps, les nuits sont donc les plus courtes. Sans l’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre, ce phénomène annuel n’existerait pas, les nuits et les jours seraient toujours identiques et d’égales durées et il n’y aurait qu’une seule saison.

On peut donc considérer l’inclinaison de l’axe de rotation de notre planète comme la grande responsable des variations climatiques annuelles. Je vais donc «me pencher» un peu plus sur cette fameuse inclinaison pour mieux la comprendre.

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Les planètes et les étoiles se forment par l’agrégation (accrétion) d’un nuage de gaz et de poussières tournant dans un plan de rotation quelconque. Ce plan est appelé l’écliptique et toutes les futures planètes non perturbées partageront à peu de chose près ce même plan. Le nuage de poussières et de gaz se fragmente en créant des tourbillons internes en forte rotation sans toutefois cesser de faire le tour de l’astre central qui deviendra l’étoile. Si rien ne vient déranger ce scénario, l’axe de rotation des tourbillons sur eux-mêmes qui deviennent graduellement des planètes et l’axe de l’écliptique se confondent parfaitement puisqu’ils émanent du même phénomène qui est la rotation du nuage originel.

Dans ces circonstances idéales, les planètes n’ont aucune obliquité. En réalité, toutes les planètes du système solaire possèdent un penchant plus ou moins important, sauf Mercure en première approximation. Si Jupiter ne penche que de 3°, Saturne, Mars, Neptune et la Terre s’inclinent entre 20° et 30°. L’obliquité de notre planète est actuellement de 23°26’14’’ et c’est loin d’être la plus prononcée. Uranus roule sur le côté, quasiment comme une boule de bowling, faisant un angle impressionnant de 98°. Toutefois, la palme revient à notre sœur Vénus qui se retrouve à 177°. C’est-à-dire que son ancien pôle Nord se retrouve aujourd’hui au sud, elle a complètement basculé. On le sait puisque sa rotation est rétrograde.

L’obliquité des planètes peut avoir été causée par d’anciennes collisions cosmiques de grande envergure. Au commencement, notre système solaire comptait bien plus de planètes qu’aujourd’hui. Plusieurs protoplanètes se sont heurtées en créant de plus gros corps célestes et ces collisions surviennent rarement à un angle nul entre les deux objets. Ce faisant, l’axe de rotation est nécessairement perturbé et c’est ainsi que les planètes résultantes peuvent se retrouver avec une obliquité plus ou moins prononcée.

La Terre n’a pas échappé à ce genre de cataclysme. Une planète de la taille de Mars l’aurait heurtée très tôt dans son histoire. On a donné le nom de Théia à celle qui est venue nous embrasser. Aujourd’hui, on est pas mal certain que la Lune aurait émané de ce terrible choc par l’accrétion des débris projetés dans l’espace. L’obliquité de la Terre viendrait peut-être de cette collision.

La présence rapprochée de notre Lune stabilise l’axe de rotation de la Terre qui sinon aurait tendance à devenir beaucoup plus instable. Moins de conditions changeantes favorisent l’évolution des êtres vivants vers plus de complexité.

L’obliquité de la Terre n’est pas constante, en fait rien n’est vraiment stable dans la nature et encore moins la mécanique céleste. L’inclinaison varie à cause de deux phénomènes que sont la précession et la nutation. La précession est le changement de position de l’axe de rotation. Il tourne lentement sur lui-même, mais si cette rotation était parfaitement circulaire, l’obliquité ne varierait pas. Le fait qu’il décrive une ellipse cause un changement de valeur de l’angle. La nutation, quant à elle, se présente comme une légère oscillation de l’axe de rotation. Le rebord de l’ellipse est crénelé, un peu comme une dentelle. Ces deux mouvements conjugués de la Terre modifient légèrement l’inclinaison de son axe de 2,5° au total sur une période d’environ 41000 ans.

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L’obliquité est une bénédiction, car elle permet à la chaleur solaire de se distribuer un peu plus équitablement sur la planète. En plus de donner plusieurs saisons distinctes dans les deux hémisphères, elle permet d’amenuiser les écarts de température entre les pôles et l’équateur. Avec une obliquité nulle, il ferait beaucoup trop chaud aux basses latitudes et beaucoup trop froid aux latitudes élevées. Il ne resterait que deux bandes où l’humain pourrait vivre plus ou moins confortablement. L’une d’entre elles serait située dans l’hémisphère sud, là où il n’y a presque pas de terres, il ne resterait en tout et partout que la bande située au nord pour pouvoir s’émanciper.

L’humain n’aurait probablement jamais vu le jour, mais qui sait? Les parasites ont toujours plus d’un tour dans leur sac. Notre planète pourrait être aux prises avec nous, essayant de modifier l’obliquité afin d’augmenter la surface des territoires habitables. Je n’ose pas penser aux solutions imaginées pour parvenir à cette fin.

L’obliquité de la Terre nous évite donc de faire les idiots. Bah! Faut pas trop s’en faire, il reste tellement de façons de lui causer des torts, au bout du compte, une de moins ne fera pas grande différence.

Faire des enfants

D’emblée, je préviens le lecteur, cet article est écrit à la deuxième personne, il se veut passablement accusateur. Si le ton vous incommode, il y a de fortes chances que je l’aie écrit spécifiquement pour vous. Toutefois, je doute que vous ayez le courage de le lire en entier, car vous vous reconnaitriez à trop d’endroits. Le contraire me surprendrait, mais je n’y compte pas trop. Pour les autres lecteurs, ceux qui voudront lire l’article dans son intégralité, je prêche à des convertis. L’univers est ainsi fait, raison pour laquelle on ne parvient pas à le changer.

Il n’a jamais été aussi pertinent de se poser la question si des enfants doivent être mis au monde. Pour la grande majorité des gens, celle-ci ne se pose même pas. Les hormones leur font perdre le moindre sens de la réflexion. Ils forniquent à qui mieux mieux et s’étonnent lorsque l’une ou l’autre avoue être enceinte. Youhou! Faire des bébés, ça commence par laisser tremper son engin là où il est le plus confortable, juste au cas où vous ne le sauriez pas encore!

Pour ceux qui portent la moindre attention à la chose avant que leurs déclinants spermatozoïdes rejoignent de peine et de misère le gros ovule flasque et maladif, vous avez le temps de réfléchir avec votre cerveau. Alors, quel est l’état de la situation? Vous avez un plan basé sur l’âge? Sur votre situation économique? Sur votre carrière? Sur la rencontre du bon ou de la bonne partenaire? Vous attendez de tomber en amour? Vous attendez un peu tout cela dans l’ordre ou dans le désordre?

Désolé, vous avez tout faux! La seule bonne question vous a échappé! Aucune petite pensée pour les enfants? Vous êtes alors du genre à faire des mioches pour vous-même, sans penser à quoi que ce soit les concernant.

Avez-vous au moins pensé dans quelle sorte de monde vous allez un jour abandonner votre progéniture? Quel que soit leur héritage, leur degré d’éducation, leur emploi, leur entourage que vous pouvez en partie contrôler de votre vivant, il restera la planète que vous leur léguerez et sur laquelle vous ne pouvez plus rien, étant donné que vous avez abandonné votre rôle de protection à son égard, et tout cela pour faire tourner des ballons sur votre nez.

Ceci étant fait, ça ne vous dérange aucunement de surpeupler la planète? De générer un ou, pire, plusieurs pollueurs dépensiers surconsommateurs? Non, bien sûr que non, car ils auront la possibilité de naitre dans un pays qui se débarrasse de ses déchets en les envoyant par conteneurs dans des pays pauvres. Vous feignez ignorer l’effet boomerang parce que la planète, si vous ne l’aviez par encore remarqué, eh bien elle est ronde et que tout abus finit toujours par revenir en pleine figure de celui qui l’a commis… ou dans la face de ses héritiers, c’est selon la vitesse de propagation de sa bêtise.

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Vous allez mettre au monde des enfants qui boufferont du plastique dans toute nourriture qu’ils ingéreront, dans l’eau qu’ils boiront et dans l’air qu’ils respireront. Ils seront envahis par des hordes de réfugiés dont les autorités seront bien incapables de résorber les flots continus, poussés hors de chez eux par la faim, la maladie, la montée des eaux, quand ce ne sera pas par les dictateurs despotes ou par leurs voisins trop religieux pour comprendre le mot paix. Vous allez engendrer des humains qui jalouseront les rats et les coquerelles tellement ils seront entassés les uns sur les autres.

Vous les laisserez aux prises avec les inondations récurrentes, l’érosion des berges et de toutes les routes construites en bordure des cours d’eau. Vous en ferez des naufragés climatiques ou des gens obligés de partager leur petite place avec vingt réfugiés climatiques. Vous leur léguerez la subsidence des lieux où vous avez construit votre vie, vous leur donnerez ce lopin de terre qui disparaitra dans un immense trou creusé par votre surexploitation des sous-sols. Vous leur transmettrez le cancer de la peau parce que vous avez tué la couche d’ozone avec vos gaz réfrigérants et vos contenants en styromousse. Vous leur offrirez votre résistance à tous les antibiotiques connus parce que vous en avez abusé sur les cheptels sains en guise de prévention. Vous leur transmettrez votre bonhomie maladive en leur montrant comment fermer les yeux sur tout ce qu’ils voient de stupide. Vous leur fournirez une carte de citoyen modèle, docile, soumis, emphatique, embrigadé à soutenir les abuseurs du système en échange d’un peu de pain et de jeux. Vous leur apprendrez à ne pas se poser de questions, mais surtout à ne pas chercher de réponses. Vous les intéresserez au divertissement plutôt qu’à la pensée critique. Vous leur donnerez les derniers gadgets afin qu’ils puissent suivre en direct l’évolution de leur décadence jusqu’à l’effondrement de leur civilisation. Vous les torcherez, emmitouflerez, surprotégerez en omettant sciemment de leur apprendre à affronter la vie dure et rude. Vous en ferez de très bons dandys et de très mauvais survivalistes. Vous les plaindrez à la moindre de leurs frustrations afin qu’ils n’apprennent qu’à geindre pour obtenir tout ce qu’ils veulent. Vous penserez faire des bâtons de vieillesse, mais votre progéniture vous laissera tomber comme une vieille chaussette à la première occasion.

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Vous voulez générer quel genre d’humain vivant dans quel genre de monde? La planète n’a aucun avenir si vous ne cessez pas de vous multiplier et personne n’a d’avenir si la planète n’en a pas. Quelle partie de cette affirmation vous ne comprenez pas? Ah! vous vous en foutez! Peu importe, vous aurez des enfants, c’est votre droit. Ça fait partie des raisons pour lesquelles je déteste l’humanité majoritairement composée de gens de votre acabit, qui ne pense qu’à eux, qui ne voient pas plus loin que demain, qui croient à l’immobilité de l’univers et qui surtout, qui croient à la magie ou aux miracles, et plus probablement aux deux.

Faites des enfants, plus il y en aura et plus il deviendra facile pour la Terre de tous les faire disparaitre jusqu’au dernier avec, évidemment, leur inestimable et indéfectible concours.

Sourire

J’écris occasionnellement à propos des dérèglements climatiques. Selon moi, ils sont inéluctables, et ce depuis un bon bout de temps.

Je me souviens de ces années avant que les climatologues l’avouent. On battait record sur record et pourtant ces spécialistes refusaient catégoriquement de prononcer le terme « dérèglement », car la moyenne des températures était globalement respectée, malgré d’importantes  fluctuations en yoyo. Comme quoi la langue de bois n’est pas l’apanage des politiciens.

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Aujourd’hui la cause est entendue, trente ans trop tard. À cette époque, ce sujet me tenait grandement à cœur. Maintenant j’ai jeté la serviette et je me prépare plutôt à subir les intempéries. J’ai acheté un véhicule capable d’affronter des conditions rudes. Bien sûr, il est plus gourmand que mes économes véhicules précédents, mais puisque le mal est déjà fait, je ne ressens aucune culpabilité. Je me suis placé en mode survie et mon véhicule en fait partie.

Ces dernières phrases sont lourdes de sens. Même si la planète entière cessait demain de brûler des énergies fossiles, même si nous changions tous subitement notre façon de vivre, les dérèglements climatiques surviendront quand même. À cause de l’effet hystérésis, changer nos comportements dès maintenant ne renversera pas la vapeur. La Terre a tout absorbé presque sans broncher, mais elle a atteint sa capacité maximale de rétention. Elle va basculer d’un état stable vers un autre état stable. Et croyez moi, on n’aimera pas du tout sa nouvelle température moyenne et les conséquences environnementales qui y seront rattachées. Il nous reste à vivre avec les effets occasionnés par nos décisions passés.

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Alors que j’espérais encore, j’ai vécu une très mauvaise période causée par l’indifférence générale. Ça me tuait de connaitre les conséquences certaines de l’usage immodéré des hydrocarbures, du gaspillage indécent de toutes nos ressources et des efforts timorés, pour ne pas dire inexistants, en ce qui concerne la récupération-réutilisation-recyclage. Je craignais et je crains encore les effets conjugués de la croissance de l’humanité sur la planète. Toujours accroitre notre nombre sans rien dérégler d’important, qui peut croire à cette stupidité ? Ce temps où je gardais encore un certain espoir, où j’anticipais la prise en charge de notre avenir par les politiciens, le temps de cette belle utopie est bien révolu.

Aujourd’hui je constate nos stupidités encore bien présentes et je souris. Je souris aux gens surpris par les effets qui commencent à devenir dévastateurs. Je souris de leur naïveté pathétique. Je souris en sachant que ce n’est que le début. Je souris en les voyant encore confiants de pouvoir continuer leur petite vie sans rien changer, comme si la terre n’a qu’un rhume passager. Je souris à leurs malheurs subits et imprévisibles alors qu’ils étaient tellement prévisibles. Je souris de les voir se justifier bêtement pour leurs inactions. Je souris en imaginant leur tête lorsque la suite sera tellement pire. Je souris de leurs pleurs coupables. Je souris de leur désarroi niais. Et je sourirai lorsqu’ils perdront tout.

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Je ne rirai pas vraiment de leurs malheurs, mais je serai insensible aux pertes qu’ils subiront. Je ne me moquerai pas d’eux, mais je les laisserai pleurer sans broncher. Je sourirai en pensant que tout cela était évitable, que chaque humain avait la capacité de comprendre depuis longtemps les conséquences actuelles et futures. Je sourirai en empruntant un rictus mi-désabusé mi-accusateur. Je sourirai de ce fiasco global. On peut s’émouvoir du malheur de quelques individus, on ne peut pas s’émouvoir de milliards de cas semblables. Il ne reste plus qu’à sourire pour se donner le courage de traverser les pires événements en latence. Sourire pour éviter de sombrer dans la folie.

L’avenir sera courage et inhumanité

Nous avons trop longtemps cru, à tort, que l’humain pouvait avoir le dessus sur la Nature. Depuis les débuts de l’ère industrielle, nous avons vécu avec le sentiment que nous pouvions harnacher les éléments à notre profit. La Nature nous dérangeait, nous l’avons tassée, ignorée et maltraitée. Nous avons cru prendre le dessus sur celle qui nous empêchait de réaliser nos rêves les plus fous.

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En bon parent patient, elle a subi nos frasques, nous a enduré autant qu’elle a pu, mais aujourd’hui ces moments calmes sont terminés. La Nature n’est pas revancharde, elle en a juste plein le c… Son vase est rempli et il ne fait que commencer à déborder.

Imaginez la Terre comme un immense réservoir possédant une très grande capacité de rétention. Elle peut absorber une quantité phénoménale de gaz à effets de serre tout en laissant une partie du dioxyde de carbone et du méthane dans l’atmosphère afin de retenir un peu de la chaleur reçue du Soleil. L’équilibre atteint est parfait pour obtenir des températures moyennes favorisant la vie telle que nous la connaissons, c’est-à-dire à base d’eau liquide.

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Mais voilà, durant les deux derniers siècles, l’humain a exploité les ressources pétrolières et charbonnières enfouies dans le sous-sol afin de produire de l’énergie utilisée par ses machines et pour son confort. Avec une totale insouciance, il est parvenu à atteindre la capacité maximale de rétention des gaz à effets de serre de sa planète.

Cette limite dépassée, la Terre refusera les prochains excédents. Cependant, son véritable comportement ne se contentera pas d’être aussi simple. Si c’était le cas, nous aurions le temps de changer nos habitudes de vie et nous pourrions retrouver un équilibre légèrement différent de celui du passé, mais toujours acceptable. Ce qui surviendra ne s’apparentera pas, même de loin, à ce sage scénario optimiste, pour ne pas dire totalement irréaliste.

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Pensez plutôt à la Terre comme un immense réservoir derrière un barrage hydroélectrique où les excédents d’eau sont évacués en aval. Mais que se passe-t-il lorsque la pression d’eau devient plus grande que la résistance de la structure? Le barrage tout entier s’effondre et l’eau accumulée derrière lui se déverse en emportant tout sur son passage. Afin de mieux représenter ce qui surviendra plus précisément, considérons une désagrégation graduelle plutôt qu’un effondrement instantané. Quoi qu’il en soit, le réservoir se videra de toute l’eau accumulée de manière artificielle.

La Terre est déjà entrée dans une boucle de rétroaction positive et rien ne pourra changer cette situation qui s’avérera bien plus grave que nous le pensons, que nous voulons le croire, que nous l’espérons.

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Anciennement, l’humain avait de la compassion pour ses proches, ses voisins, ses connaissances puisque ces dernières se limitaient à un environnement plutôt immédiat. Aujourd’hui, on suit en direct sur tous nos écrans des sauvetages héroïques d’inconnus situés à l’autre bout de la Terre. Nous pleurons des victimes d’actes insensés perpétrés partout sur la planète. Nous vivons dans des mégalopoles impersonnelles et pourtant notre capacité à nous émouvoir reste toujours bien présente, vestige d’un passé où notre univers se limitait à notre entourage environnant.

À la vue des événements à venir, au mieux nous serons des témoins impuissants d’hécatombes, au pire nous ferons partie des nombreuses victimes. L’ère de l’insouciance est bien terminée et la prochaine sera celle de l’indifférence. Nous ne pourrons plus nous soucier de tous les événements catastrophiques violents tant ils seront nombreux et leurs victimes légion.

Nous nous préoccuperons tout d’abord de notre propre sécurité, car la Nature pourra venir nous frapper partout sur Terre. Aucun lieu ne sera totalement sûr. Nous utiliserons les événements climatiques survenant aux autres, non plus pour nous émouvoir de leur sort, mais comme sources d’information pour nous préparer nous-mêmes au pire.

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Nous retournerons à une ère où nos pensées seront essentiellement centrées sur nos proches et nos voisins. La vie redeviendra survie avec tout son beau courage, mais également avec sa si laide inhumanité.

Cataclysme du Dryas récent, une autre preuve

Dans de récents articles, je donnais des précisions sur l’épisode météoritique survenu voilà 12900 ans qui a laissé un formidable astroblème de 31 km de diamètre au Groenland et qui a causé tout un tas de dérèglements climatiques apportant la décimation totale et radicale de la mégafaune en Amérique. Je reliais également les inondations causées par l’apport subit d’une quantité titanesque d’eau douce dans les océans au mythe de Noé et aux autres histoires semblables à travers le monde.

Enfin, des preuves solides étayent ce que bien des gens savaient déjà, tout en fermant définitivement le clapet aux fervents détracteurs qui continuent de parler de légendes sans fondements pour éviter de perdre la face.

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Mais voilà que d’autres scientifiques en remettent. Comme c’est souvent le cas en science, une découverte en déclenche une autre, ou à tout le moins elle permet d’attirer l’attention sur d’autres études venant appuyer la même hypothèse. Et c’est exactement ce qui survient avec l’histoire que j’ai racontée dans mes récents articles sur «la comète de Noé».

Cette fois-ci, la découverte se situe dans l’hémisphère Sud, là où peu de terres peuvent accumuler des traces de cataclysmes. Cependant, il existe un site géologique au Chili qui est une des références mondiales pour étudier l’époque du Dryas récent, ce moment peu éloigné dans le temps constituant la fin et la sortie du dernier épisode glaciaire, une période s’étirant sur 1300 ans commençant justement lors de la chute de la météorite groenlandaise 12900 ans dans le passé.

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En Patagonie chilienne près de la ville d’Osorno située juste à l’ouest de la chaine volcanique, un site du nom de Pilauco a accumulé des preuves troublantes d’un cataclysme contemporain à celui du Groenland! Les couches sédimentaires datées du Dryas récent retracent un épisode d’incendies majeurs de la biomasse, de changements climatiques drastiques et d’extinctions massives.

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Ces résultats ont été publiés dans un article paru dans la revue Scientific Reports du 19 mars 2019. Il est signé par 16 scientifiques qui font état, eux aussi, de changements climatiques catastrophiques. L’article a toutefois été proposé en 2018 et il a fallu un an à la revue pour accepter de le publier et s’exécuter. Les découvertes, quant à elles, datent de plusieurs années et l’on peut croire leurs auteurs d’avoir manqué d’ardeur pour affronter la meute de vieilles barbes prêtes à les traiter d’hérétiques.

Les mêmes évidences sédimentaires que dans l’hémisphère Nord sont répertoriées, mais ce qui est surprenant est l’absence d’un cratère d’impact à proximité. On sait qu’une comète ou un astéroïde est fortement susceptible de se fragmenter lors de la traversée de l’atmosphère terrestre, causant des impacts multiples simultanés. La probabilité qu’il y ait eu plus d’un fragment à toucher terre reste élevée. On est donc en droit de s’attendre à de nouvelles découvertes.

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Dans ce cas précis, il semblerait toutefois que les conséquences de la seule chute de la météorite groenlandaise furent mondiales et pas seulement en ce qui concerne les inondations, mais également au niveau des incendies, des extinctions animales, tout comme la disparition subite d’artéfacts d’origine humaine.

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Des sphérules microscopiques déposées sur le site prouvent que des roches ont fondu lors d’un violent impact, ces sphérules sont caractéristiques de conséquences de la chute d’une météorite. Jusqu’ici, tout se tient, mais les sédiments de Pilauco possèdent une étrange particularité, ils sont anormalement riches en chrome, une anomalie absente des sites comparables d’Amérique du Nord. Par contre, les terres chiliennes environnantes regorgent de chrome, mais pour qu’il se retrouve dans les sédiments, il aurait fallu un impact météoritique régional que personne n’a encore découvert.

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Les graines et les pollens recensés dans les couches sédimentaires avant et après la rupture montrent clairement qu’un changement climatique drastique est survenu. Les températures ont réagi exactement en sens inverse de celle de l’hémisphère Nord, elles sont devenues beaucoup plus chaudes et sèches alors qu’au même moment, elles se refroidissaient et devenaient plus humides en Europe, en Asie et en Amérique du Nord à cause de l’apport massif d’eau douce froide provenant de la fonte partielle mais subite de la calotte glaciaire nordique.

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Bien qu’il reste encore plusieurs mystères à éclaircir autour de cet épisode charnière dans la vie de l’humain sur Terre, quelques pans importants de notre histoire se révèlent enfin et ils pointent tous dans une même direction. La Terre a connu des civilisations qui ont subitement disparu voilà près de 13000 ans à la suite d’un cataclysme mondial qui a causé des ravages sans précédent, dont des inondations, des incendies, des extinctions et des changements climatiques radicaux.

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Ce petit pas dans cette direction fait naitre d’autres espoirs de découvertes significatives chez ceux qui ont toujours cru que des civilisations avancées auraient peuplé la Terre autour de cette époque, les Atlantes en tête de liste. Pour ma part, les constructions mégalithiques incompréhensibles partout dans le monde sont des preuves bien suffisantes, mais leur datation pose et posera probablement toujours un certain problème.

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Quoi qu’il en soit, sans faire un mauvais jeu de mots, la glace est maintenant rompue. Nous ne reviendrons plus en arrière sur cette question. Il reste maintenant à savoir jusqu’où nous parviendrons à remonter le fil du temps et de notre histoire que plusieurs ont désespérément tenté de nous cacher.

Je prédis que les langues vont maintenant se délier, mettant en lumière des études tenues depuis toujours sous silence par peur de déplaire et de perdre les crédits de recherche. La vérité finit toujours par se faire connaitre, mais parfois nous l’attendons beaucoup trop longtemps.