Équilibre ou stabilité

Si le progressiste recherche l’équilibre, le conservateur vise principalement la stabilité.

Greensleeves

L’équilibre est difficile à atteindre et il est éphémère tandis que la stabilité n’existe qu’en pensée puisque tout est constamment en mouvance. Parlez-en à un fildefériste où son trajet est un grossissement, une caricature des aléas de la vie. S’il parvient à se maintenir sur son câble, il ne le doit pas à sa stabilité, mais bien à son équilibre, une moyenne nulle de l’ensemble de ses déséquilibres tridimensionnels.

Si rien dans la nature n’est vraiment statique, doit-on pour autant accepter immédiatement tous les changements qui se présentent à nous ? Courir sur son fil de fer permet d’atteindre plus rapidement l’autre extrémité, mais les probabilités de tomber en chemin croissent en conséquence, et pas seulement qu’un peu ! Avec le changement, la prudence est donc de mise. Il faut savoir bouger, mais ni trop vite ni trop lentement. Une fois de plus, un juste « équilibre » doit exister entre embrasser les transformations sans retenue et l’immobilité morbide.

En général, ce qui distingue les gens de bonne foi, les progressistes modérés des conservateurs également modérés, est justement cette vitesse avec laquelle les changements doivent être acceptés et ensuite assimilés. Le fossé n’est pas si important entre les uns et les autres. En revanche, il devient infranchissable entre les radicaux des deux camps. Tous deux possèdent d’excellents arguments et des besaces remplies d’exemples patents tirés du passé pour étayer leurs convictions. Sur ce terrain, personne ne convainc l’adversaire et un dialogue de sourds s’installe à demeure.

Vivre trop dans le passé ou constamment dans le futur n’accorde personne. Un clivage s’installe dans la société et lorsqu’il a pris ses aises, il devient très difficile de l’en chasser. Par dépit, car ils perçoivent qu’aucune autre option n’est envisageable, les modérés rejoignent les rangs des radicaux puisque les seuls discours galvaudés sont les leurs, remplis de préjugés et de haine pour les opinions adverses.

L’acrobate vacille trop fortement, l’équilibre se rompt. Les ailes radicales écartèlent la même société qui les a vues naitre et prospérer. Sans corps pour les relier, elles disparaissent toutes deux dans la mer des cuisants échecs. Non seulement personne n’a gagné, mais tous ont perdu.

Avantages et inconvénients du classement

Depuis quelques jours, je m’attaque avec un certain déplaisir au classement de mes articles de blogue. Pour écrire de nouveaux articles originaux, j’ai besoin de me référer rapidement aux textes précédemment publiés afin d’éviter d’ennuyeuses redondances. J’associe alors à chacun son hyperlien pour ne pas devoir le rechercher parmi la panoplie.

J’ai donc créé une dizaine de catégories et une bonne trentaine de sous-catégories afin de mieux m’y retrouver. Toutefois, le travail de classement nécessite beaucoup de temps et de zénitude puisque mes titres ne me dévoilent pas souvent la nature exacte du contenu. Je dois donc relire la plupart des articles afin de bien les cerner, ma mémoire n’étant pas conçue pour retenir l’information comprise entre le titre et la chute de chacun.

Autre problème, la grande majorité des articles peuvent très bien correspondre à plusieurs catégories ou sous-catégories. Alors comment découper l’intrication ? Je pourrais multiplier les entrées autant de fois qu’elles correspondent à l’une ou l’autre des matières, mais je préfère m’en tenir à un système de classement simple.

Je dois donc choisir la variété dominante, celle qui soutient toutes les autres, en bref la catégorie-excuse. Durant la relecture de beaucoup d’articles, une technique d’écriture utilisée m’a sauté au visage. J’en étais conscient, mais peut-être pas totalement. J’aborde et j’explique un sujet pour ensuite l’associer à autre chose, parfois à un autre sujet, souvent à un comportement humain relatif.

Et ce lien imprévu devient souvent plus important que l’excuse originelle. Expliquer un concept complexe par un autre concept plus accessible ou plus populaire consiste en une technique pédagogique bien connue. Le cerveau humain aime les comparaisons de ressemblance ou d’opposition. La bipolarité restera toujours attractive, car simple à appréhender et à retenir.

Effectuer du classement par catégorie-excuse s’est rapidement avéré insatisfaisant. J’ai donc opté pour une hybridité. Parfois le classement s’effectue en utilisant le sujet évident de l’article et parfois je ne peux faire autrement que de sélectionner le sujet apparemment secondaire du texte. La difficulté s’accroit lorsque ces sujets secondaires pullulent au sein d’un même article. Aucun classement n’est optimal, car cela revient à coller une unique étiquette au sommet de chaque article bien souvent conçu d’un empilement de couches disparates.

Pour nous simplifier l’existence, nous catégorisons nos relations, nos connaissances et les acteurs publics. Nous les séparons et les plaçons dans des cases distinctes sans égards à leur complexité. Nous les agglutinons autour de l’un des deux pôles d’influence. Nous réduisons leur nature à une simple expression.

Et malgré les énormes défauts occasionnés par cette injuste technique de simplification, nous nous en tenons à elle pour des raisons énergétiques. Personne ne possède un bassin d’énergie incommensurable. Et justement, l’étiquetage minimaliste des gens permet d’économiser un tas d’efforts, de temps et d’énergies.

L’injustice est une action émergente impossible à refréner. Elle est générée naturellement à partir des simplifications et ellipses conscientes ou inconscientes de nos analyses. On peut cependant atténuer les pires effets de ces injustices en taisant les libellés de nos étiquettes et surtout les noms de leurs récipiendaires.

Vous reconnaitrez ici l’inverse de cette décence dans le comportement indigne des trolls. Croyant en leur intelligence supérieure parce qu’ils ont enfoncé une étiquette quelconque dans le front d’une personnalité, ils s’empressent de partager leur élémentaire conclusion en vociférant des crachats d’imbécillités. Pourtant, les seules preuves qu’ils apportent sont celles de leur simplicité d’esprit, de leur ignorance crasse en matière de complexité de la nature humaine et, bien entendu, de leur manque total de savoir-vivre.

Ça y est ! Voilà encore un article inclassable puisqu’il contient deux parties très différentes, retenues entre elles par un subtil lien particulier de cause à effet. Mais maintenant que vous y êtes habitué, je souffrirai seul d’avoir mélangé deux catégories puisqu’évidemment je me pose la question fatidique : « Dans quelle foutue colonne vais-je maintenant classer cet article ? »

Définitions autour d’un thème commun, les croyances

Je vous rassure, je n’aborde aucune croyance religieuse puisque je préfère m’en tenir à ce que je connais. Eh, en passant ! C’est dimanche, mon jour pour faire un peu d’humour.

Mythes

Vérité : Concept utilisé par les menteurs pour laisser croire qu’une certitude existe, surtout celles émanant de leur bouche. 

Destination : Lieu mythique programmé sur une appli par une femme, voué à laisser croire à l’homme qu’il existe une mission plus importante que de regarder la prochaine partie télévisée de son sport favori.

Saint-Valentin : Moment mythique programmé sur une appli par une femme, voué à laisser croire à l’homme qu’il existe une mission plus importante que de regarder la prochaine partie télévisée de son sport favori.

Objets

BMW : Acronyme allemand pouvant se traduire par « J’emmerde les gens ».

aggression on the road

Roue de secours : Leurre servant à laisser croire qu’il existe une solution autonome en cas de coup dur.

Téléphone intelligent : Appareil servant à déplacer le cerveau de la tête à la poche.

Pénis : Appareil servant à déplacer le cerveau de la tête à la poche.

Miroir : Objet destiné à laisser croire aux femmes qu’elles sont moins belles qu’en réalité. Peut-être une invention masculine, mais cette hypothèse reste controversée. Si l’homme l’a inventé, il s’en serait vite lassé. L’objet aurait pu alors être récupéré par la femme de laquelle l’homme s’était vite lassé.

Clé : Objet laissant croire à son détenteur qu’il est le seul à pouvoir ouvrir la serrure et que s’il la perd, il est foutu, alors que n’importe quel ado s’étant informé sur internet peut ouvrir cette même serrure sans la clé en quelques secondes.

Dans la monarchie

Égalité des sexes : terme inventé par les femmes sans se douter qu’il effacerait le terme « princesse » du dictionnaire.

Roi des cons : celui qui croit encore que le terme « princesse » existe dans le dictionnaire.

Valets : Revanche silencieuse d’une reine lorsque le roi fait le con avec une princesse.

Trilogie

Désir : Mot destiné à laisser croire que les impossibilités sont réalisables.

Miracle : Mot destiné à imaginer que, par lui, un désir peut se réaliser.

Réalité : Concept tombé en désuétude et hors de la compréhension humaine depuis que le mot désir a usurpé son sens.