Perdus dans l’espace

Faut-il toujours tout voir? La nature nous a fait d’une certaine façon, notre famille nous a éduqués et nos études nous ont poussés plus loin. Le souci du détail rend-il de mauvais services aux cinéphiles ?

Lorsque je regarde des films, des séries télé, je vois des choses qui passent inaperçues à la majorité des gens. Malheureusement, ce n’est pas mon cas. Je vois la plupart des coins tournés trop ronds, des aberrations, des stupidités et ça mine mon plaisir.

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Fatigué de voir des conneries, je décroche ou je m’en fiche. Ça dépend si l’œuvre possède d’autres qualités qui peuvent compenser ces horribles défauts difficiles à passer outre.

Je réussis parfois. J’ignore si c’est bien. J’aurais peut-être dû garder mon esprit critique acéré et ma critique virulente. Par contre, j’aime un film quand le scénariste ou le spécialiste des effets spéciaux ne s’est pas emmêlé dans les fils et livre un résultat de qualité. J’ai partiellement réussi avec cette série de Netflix qui ne manque pas d’actions parallèles et de rebondissements, mais la méchante Dre Smith fait des vacheries parfois inconséquentes. Quant aux éléments scientifiques, beaucoup trop de libertés minent mon plaisir malgré, j’en suis certain, un ou deux experts consultés à l’occasion, mais pas sur tout et ça parait à plusieurs endroits dans la série.

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J’ai bien aimé le remodelage de Don West en contrebandier au grand cœur qui tente de récupérer sa cargaison de scotch Lagavulin 16 ans. Toutefois, dans ce genre de crash d’un aéronef, il n’aurait eu aucune chance de retrouver cette délicieuse boisson intacte. Ça fait partie des multiples improbabilités techniques qu’on doit, semble-t-il, éviter de s’en préoccuper au nom du plaisir. Malheureusement, mon cerveau ne fonctionne pas ainsi et malgré mes sentiments favorables pour ce nectar doré, je l’aurais déclaré mort et répandu sans possibilité de récupération.

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Si vous n’êtes pas à cheval sur les détails, cette série pourra vous plaire. Le casting est bon, le robot presque crédible et la méchante Dre Smith très machiavélique, au point même de déranger certaines personnes qui ont eu dans leur passé à se frotter à ce genre de mythomane capable de ruiner leur vie dès qu’ils s’en approchent.

Photos : Netflix

Programmer des voyages dans le temps

En deux articles, j’aborderai une fois de plus ce sujet, mais cette fois du point de vue de voyages qu’on pourrait programmer dans une machine à remonter le temps. Ce premier article abordera deux concepts fondamentaux qu’il faut absolument connaitre pour programmer adéquatement ce type de machine.

Je regarde actuellement des épisodes de la série télévisée Dark produite en Allemagne par Netflix. L’intrigue est basée sur les voyages temporaux et plus spécifiquement sur le temps cyclique. Comme je l’écrivais dans un article précédent, l’industrie du cinéma et des séries télé adore apprêter ce sujet à toutes les sauces. Les producteurs ne craignent pas les paradoxes et certains d’entre eux auraient dû s’en méfier, car les aberrations de scénarios inondent quelques fois les spectateurs d’inepties carabinées ininterrompues. Mais bon, faut croire qu’au nom du divertissement, on puisse oublier tout sens commun. La série Dark, faut-il le souligner, n’est pas désagréable. Le dédoublement des personnages est pleinement assumé, mais ils ont oublié, comme la plupart des autres scénarios sur le sujet, un élément fondamental et essentiel lié aux voyages temporaux.

Depuis Einstein, nous savons que l’espace et le temps sont intimement liés dans une construction indissociable. Si nous partons du principe que les voyages dans le passé sont possibles, il est plutôt aisé de calculer le nombre d’années, de jours, d’heures et de minutes d’un voyage dans le passé et de donner à la machine cette quantité de temps à rebours. La difficulté ne réside pas dans ce calcul, le problème est que cette donnée est insuffisante pour réussir un voyage temporel puisque Einstein l’a bien compris, le temps et l’espace forment une seule et même entité indissociable appelée espace-temps.

Donc, pour les voyages temporels programmés, les coordonnées d’espace sont des données aussi essentielles que celle de la valeur du temps à rebours. Il faut nourrir notre machine avec deux séries de données complètes. Celle du moment et du lieu de départ et aussi celle du moment et du lieu d’arrivée. Cette exigence est tout aussi valable même si les lieux de départ et d’arrivée sont identiques pour les deux dates. L’espace-temps ne constitue qu’une seule et même donnée composite constituée de trois valeurs spatiales et une de temps. Et il en faut deux de ces données composites pour programmer un voyage spatiotemporel. Un voyage seulement temporel, ça n’existe pas.

Voyons maintenant le second concept essentiel, celui de valeur de référence. Une valeur de référence est une donnée statique permettant de donner un point de comparaison commun à un groupe de données variables. L’exemple le plus simple est celui d’un individu se rendant chaque jour sur les lieux d’attraits touristiques différents à partir de sa chambre d’hôtel. Son emploi du temps dessiné sur une carte ressemble à des rayons émanant d’un seul et même lieu, son hôtel.

Mais si on élimine ce point de référence, le lieu de départ quotidien, il ne reste sur la carte que des points n’ayant aucune relation entre eux et la carte ne nous renseigne pas sur les itinéraires à parcourir. Programmer le lieu de départ est donc essentiel, car il constitue le point de référence commun à chaque itinéraire quotidien.

Dans un même souffle, on doit inscrire une date et une heure de départ et d’arrivée pour chaque rayon dessiné sur la carte afin d’avoir le portrait complet du programme spatiotemporel du voyageur.

Voilà pour les deux concepts fondamentaux qu’il faut absolument comprendre avant d’aborder la programmation de voyages spatiotemporels.

Dans le prochain article, j’aborderai la question de la différence importante existant entre les données de nature temporelle et celles de nature spatiale dans le but de programmer une machine à voyager dans l’espace-temps.