Géologie

La recherche de pétrole et autres hydrocarbures reste l’une des occupations les plus populaires des géologues. Apprendre les couches géologiques dans cet unique but m’a toujours très peu intéressé, pour ne pas dire rebuté.

Je n’ai jamais étudié dans ce champ d’expertise et pourtant ce sujet m’habite énormément pour d’autres raisons que d’y découvrir des pseudo-richesses aux dessous catastrophiques. Le plus intéressant est de remonter le cours du temps, de jouer au détective, de chercher des indices, des preuves d’un passé disparu depuis des millénaires, des millions voire des milliards d’années.

Retrouver l’histoire de notre planète, de ses différents continents et de ses régions après tant de temps peut paraitre impossible tellement tout a bougé, tout s’est érodé et a finalement disparu au plus profond du manteau terrestre ou sous le pic des excavateurs. Mais il reste encore beaucoup de lieux préservés, encore vierges, où des yeux exercés et des analyses poussées parviennent à faire parler certains témoins de ces temps immémoriaux.

À l’instar des strates qu’ils étudient, les géologues sont parvenus à subdiviser l’histoire de notre planète en une série de couches temporelles distinctes appelées âges, eux-mêmes groupés en époques, puis en périodes, en ères, éons et superéon. Chaque groupe possède des éléments communs et distinctifs. C’est ainsi que le turbulent passé de notre planète nous est révélé depuis ses origines hadéennes jusqu’au Meghalayen actuel.

Des surprises de taille ont émergé des études du sol et du sous-sol terrestre. Tout d’abord, l’âge de notre Terre. Décrété par les interprètes des saintes Écritures à environ 6000 ans, celui-ci a bondi pour atteindre une fourchette entre 24 et 400 millions d’années grâce aux travaux de Lord Kelvin. Mais ce dernier ignorait alors le rôle et donc l’importance de la radioactivité souterraine dans son échauffement. La Terre a atteint son âge actuel estimé à 4,54 milliards d’années lorsque les géologues ont analysé et recoupé les résultats des désintégrations d’uranium, de thorium, de potassium et d’iode.

La géologie met en lumière et explique l’apparition et la disparition d’espèces végétales et animales. Elle établit une carte précise des climats locaux et global du passé. Elle explique tous les désastres naturels et les raisons pour lesquelles les volcans, les séismes et les tsunamis ont sévi et continuent constamment de le faire.

Elle donne un sens et un âge aux grandes chaines de montagnes et jusqu’aux plus petites formations terrestres. Elle explique la formation des roches sédimentaires, des cristaux de tous genres, y compris toutes les gemmes. Elle retrouve la latitude des continents à travers les âges, leurs télescopages et leurs séparations. Elle établit la chronologie de la série d’inversions des pôles magnétiques à travers le temps.

Elle retrouve les traces de cataclysmes sidéraux, de notre Soleil, mais aussi de supernovæ et autres tempêtes venues des confins de notre Univers. Elle met en évidence les astroblèmes créés par des météorites dont certaines ont changé de façon définitive l’avenir de notre monde et par incidence le nôtre.

La géologie s’intéresse aux cycles de l’eau et des vents, elle retrace les érosions, les périodes glaciaires, les retraits des glaciers, les rebonds glaciaires, les inondations monstrueuses et les sécheresses. Elle confirme des légendes qui, sans elle, ne seraient restées que des histoires mythiques.

Elle explique les vallées, les falaises, les mornes, les moraines, les veines de métaux dans la roche, les chapelets d’iles ou de collines, les canyons, les fosses abyssales, les dérives des continents, la subduction et les failles géologiques.

La géologie continue pourtant de transporter des cadavres dans ses placards. Elle garde de lourds secrets, dont certains impacts de l’humain sur sa planète. L’exploitation des gaz de schistes à partir de la fracturation hydraulique engendre des effets géologiques qui sont systématiquement dissimulés. Des apparitions subites de dolines et de cénotes (sinkholes) obtiennent des explications bancales qui puent la dissimulation des vraies raisons pour des considérations économiques et politiques.

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La géologie est fortement subventionnée par le public. Quant au privé, il enferme ses propres conclusions défavorables dans des voûtes bien gardées. Lorsque le pouvoir possède également celui de taire la vérité, la science obtient le même traitement que les fausses nouvelles.

Faire de la géologie constitue une superbe aventure qui permet également de profiter de la nature, de se promener dans des lieux jamais explorés, de voyager à travers le monde, de trouver des beautés naturelles inconnues. Pour les amoureux de plein air, de la Nature, des énigmes à la CSI et des voyages exotiques, la géologie est l’une des plus belles branches scientifiques à laquelle des jeunes peuvent s’adonner.

Esclaves de la technologie

Sommes-nous devenus esclaves de la technologie? Cette question divise le public pour certaines raisons relevant tout d’abord de la sémantique.

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Dans ce genre de phrase, l’esclavage est généralement considéré dans son sens figuré. Il serait alors plus juste de parler de dépendance plutôt que d’esclavage, car un esclave ne s’appartient pas. Si toutefois nous remplaçons le mot esclave par le mot dépendant, le résultat obtiendrait la quasi-unanimité et la question perdrait de son intérêt.

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Ainsi, en posant cette question, il faut situer son contexte entre la dépendance évidente et l’esclavage apparent. Agissons-nous comme si nous étions des esclaves de la technologie?

La technologie a-t-elle une emprise si grande sur nous, sur notre quotidien, que nous semblons lui appartenir? Notre jugement lui est-il cédé?

Pour bien voir le présent, un retour dans le passé peut nous aider à y voir plus clair, car nous le connaissons et nous pouvons comprendre son futur qui relève une fois de plus de notre passé. Alors, remontons le temps jusqu’à la maitrise du feu par l’humain.

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Le feu constitue l’élément technologique primaire et toujours primordial. Sa récolte, sa sauvegarde, son transport et ensuite sa création ont représenté des étapes successives d’une importance sans bornes.

Ce faisant, nous nous sommes rendus vulnérables à son absence, car nous avons appris à cuire nos aliments pour les assimiler plus facilement et nous avons choisi de vivre dans des lieux trop hostiles pour notre frêle constitution en nous réchauffant à son contact. La dépendance à son égard et aux sources de combustibles ne pose aucun doute.

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Mais qui aurait voulu s’en passer pour éliminer cette dépendance? Ses avantages ne dépassent-ils pas largement les inconvénients d’être devenus plus fragiles sans lui?

La dépendance à une quelconque technologie ne représente pas le cœur du problème. La vraie question consiste donc à savoir ce que nous pourrions faire si nous la perdions. Jusqu’à quel point sommes-nous fragiles en fonction de nos aptitudes à survivre en son absence?

Nos ancêtres qui ont maitrisé le feu et qui vivaient dans un habitat riche en combustible, en aliments variés et dont les températures demeuraient annuellement clémentes possédaient une fragilité moindre à son absence que ceux d’entre eux qui ont pris racine dans des lieux très hostiles et pauvres en ressources.

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Sans toute notre technologie, nous n’aurions jamais atteint les 7,6 milliards d’humains sur Terre. Dit autrement, il serait impossible de faire vivre 7,6 milliards d’individus si notre technologie venait à manquer. Il en résulterait une hécatombe dont l’ampleur ne s’imagine presque pas. Nous frôlerions l’extinction.

Plusieurs experts pensent que la population déclinerait jusqu’à un milliard. Je crois qu’elle diminuerait bien en deçà de ce nombre si toute la technologie s’effaçait. J’ose avancer le chiffre de dix millions de personnes seulement.

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Même si bien plus de gens pouvaient survivre uniquement de leur environnement immédiat en mettant à profit leurs connaissances et leur débrouillardise, il faut compter sur les guerres et les épidémies pour les décimer pratiquement jusqu’au dernier.

Quelques poches disséminées sur une certaine bande critique de la Terre résisteront à toutes les affres. Elles constitueront l’avenir de l’humanité et celle-ci créera des légendes autour de ce passé technologique. Les générations futures parleront d’histoires inventées, absurdes, auxquelles il est stupide de croire.

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Tiens, tout ça me fait penser à quelque chose de bien connu!

Et la question primaire, sommes-nous esclaves de la technologie ? J’y répondrai de la façon suivante. Nous ne sommes pas esclaves de la technologie malgré notre grande dépendance à son égard. Toutefois l’humain peut très bien devenir son propre esclave. Il se cherchera alors un bouc émissaire et ses dépendances l’orienteront à en pointer une du doigt. La technologie se prête merveilleusement bien à ce jeu de la déculpabilisation par transposition.

Moonwalk scripturaire

Tout d’abord, définissons ce qu’est le moonwalk (retour en arrière) pour ceux qui ne connaissent pas le terme, mais qui reconnaissent certainement ce mouvement dedansepopularisé par Michael Jackson. Vous savez lorsque l’on voit son corps reculer, mais ses pieds donnent l’impression qu’il marche vers l’avant! Paradoxe visuel assez génial, merci.

Je n’ai pas inventé le moonwalk, mais j’ai inventé le terme «moonwalk scripturaire». Je crois que ça vaut une définition.

J’écris des nouvelles, des poèmes, des romans et toutes sortes de textes dans lesquels j’invente la plupart des histoires. Ce ne sont pas des récits ni des biographies ni de l’autofiction. J’invente des personnages, des situations, des histoires, des lieux, des époques, des décors, des actions, tout est fictif. J’aime inventer, créer à partir du néant.

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Ce néant commence à se dissoudre de façon qui me surprend toujours, même si j’en suis l’auteur. Ce qu’on oublie ou ce qu’on ignore quand on n’invente pas des histoires, c’est qu’on ne fait pas naitre nos personnages à zéro jour, tout nus, en braillant de ne plus sentir l’intérieur de leur mère. Je veux dire qu’on ne leur invente pas nécessairement un passé avant un présent.

Un personnage nait souvent à un certain âge avec un passé que l’auteur ignore encore totalement ou presque totalement. Comme le lecteur, il va apprendre à connaitre son personnage. Mais l’histoire écrite va plutôt vers l’avant, du présent vers le futur, c’est la vie en cours et le sens normal de l’écriture. Ce premier personnage reste rarement seul bien longtemps. Donc il interagit avec d’autres personnages qui naissent eux aussi du néant et qui ont un passé tout aussi inconnu et nébuleux.

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Ainsi, l’histoire dans le livre commence à un point «A» et évolue vers un point «B». Toutefois, certaines raisons contenues dans le passé des personnages expliquent et justifient des paroles ou des actes. Ces raisons sont antérieures au point «A» et font donc partie d’un néant à découvrir et parfois à écrire à titre justificatif ou informatif. Crédibiliser ses personnages est essentiel pour garder les lecteurs bien en selle. Lorsque l’auteur a besoin de donner des références tirées du passé de ses personnages qui n’existent pas encore, il part à la découverte de ses propres créations.

J’utilise le terme découverte plutôt qu’invention en connaissance de cause. Puisque les personnages ont commencé à vivre, à évoluer, l’auteur ne peut plus leur donner le passé qu’il veut, un passé qui adonne tellement bien, mais qui ferait grincer les dents du lecteur. Son histoire doit rester logique en inversant la flèche du temps et en projetant son personnage dans son passé, de la même façon qu’il le fait évoluer vers le futur, en préservant la cohérence avec les premières phrases écrites à son sujet. Ainsi, l’auteur conçoit avec des contraintes des événements passés, des lieux passés, des activités passées et des interactions passées.

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Multipliez les personnages et le nombre d’interactions possibles entre eux, les possibilités augmentent d’une façon passablement folle. Et le script doit rester homogène, tant dans le passé que dans le présent et le futur en conservant intacte la psychologie de chaque individu ancrée par les premières phrases écrites. Bien sûr, il reste de la marge de manœuvre, mais chaque incartade devra être justifiée dans les trois temps, le passé, le présent et le futur des personnages influencés par cet événement imprévu ou imprévisible si vous ne voulez pas créer une histoire sans queue ni tête. Et bien sûr, ce sont ces incartades qui apportent le piquant aux histoires qui ont pour effet de réjouir le lecteur friand de surprises intelligentes.

Où se situe le moonwalk scripturaire dans ce processus? L’écriture, la composition doit répondre à quelques critères précis.

Le premier critère est trivial mais essentiel, le texte doit être de la fiction véritable. Réarranger certains faits véridiques n’est pas de la fiction véritable. Trop d’éléments ont réellement existé, ça devient trop facile d’écrire une histoire cohérente.

Deuxième critère, l’écriture ne doit pas s’être déroulée selon une trame temporelle linéaire. Si l’auteur statue sur le point A et se rend ensuite jusqu’au point B sans retour dans le passé, le moonwalk scripturaire est inexistant.

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Troisième critère, l’histoire doit posséder un bon degré de complexité, soit à cause du nombre de personnages, du nombre d’interactions différentes entre les personnages, du nombre d’événements qui surviennent ou qui sont survenus, d’une complexité psychologique, d’une étendue temporelle importante ou d’un fabuleux mélange de tous ces ingrédients. Dans de la fiction, l’auteur ne peut pas faire appel à de vrais souvenirs pour s’aider à ne pas s’y perdre et à rester cohérent. La complexité détruit assez facilement le moonwalk scripturaire.

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Quatrième critère, les lignes temporelles des différents personnages doivent se croiser aux bons endroits lors des projections dans le futur. C’est comme si vous aviez su les punchs avant même d’avoir écrit les prémices de ces punchs. Des attracteurs étranges font converger toutes les lignes du synopsis vers eux. L’auteur a l’impression de ne plus inventer grand-chose. Pourtant on parle toujours de fiction véritable. Il a l’impression de découvrir une histoire préexistante. Sa composition semble soudain se transformer  en description.

Cinquième critère, probablement le plus difficile à respecter, tout se justifie après coup. Imaginez les pièces prédécoupées d’un immense puzzle finissant par s’emboiter sans utiliser un marteau ou une lame (sauf des points mineurs n’ayant aucune conséquence structurelle). En rembobinant les films de tous les personnages, l’auteur découvre des explications parfaitement logiques, totalement crédibles à des événements inventés et décrits, pour lesquels aucune explication n’avait encore été imaginée. L’auteur écrit le prologue après tout le reste, après l’épilogue, et tout se tient, tout s’explique, tout se justifie.

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Un sentiment étrange habite alors l’auteur. Est-il le créateur ou simplement le rapporteur d’une histoire préexistante? Son inconscient avait-il déjà créé cette histoire depuis les tout premiers instants, même si l’écriture, elle, a louvoyé entre le futur et le passé?

Pour moi, c’est ça du moonwalk scripturaire et comme pour Michael Jackson, l’auteur se dit: «Est-ce que j’ai avancé l’histoire ou si je l’ai reculée?»

Déboulonner les voyages dans le passé

En science, il existe une technique appelée «la preuve par l’absurde» qui permet de tester une hypothèse en la considérant comme étant exacte et en notant ce qu’elle engendre comme effets. Si ses conséquences sont absurdes, c’est-à-dire inverses à ce qu’on connait, l’hypothèse initiale ne tient pas la route.

Je vais donc appliquer cet exercice de pensée en considérant les voyages dans le passé comme étant possibles. Ensemble, nous allons me suivre à travers mon périple qui sera, vous verrez, passablement révélateur. 

Je me prépare donc à reculer dans le temps grâce à une machine qui dépasse la vitesse de la lumière. J’ajuste sur mon écran le bond que j’ai l’intention d’effectuer dans le passé.

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Petite parenthèse avant le grand plongeon, dès le moment où je retourne dans le passé, peu importe l’époque, j’apparais dans un continuum-temps qui ne m’appartient pas. Ce faisant, je me matérialise dans ce passé, quel qu’il soit. Ainsi, je peux serrer la main de Gengis Khan, participer au meurtre de Jules César, souffler à l’oreille de Marie Curie qu’un élément chimique portera un jour son nom. Je peux même assister à la dernière explosion du supervolcan de Yellowstone. Mais je peux également retourner dans un passé récent et me rencontrer en personne. C’est donc ça que je m’apprête à faire.

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J’ajuste ma machine pour voyager dans mon passé récent, très récent, vraiment très récent, une seule seconde de décalage par rapport à mon temps présent. Je me rencontre alors que mon double n’est plus jeune que d’une seconde. Oui, oui, si je peux côtoyer Jules César, je peux me côtoyer moi-même, peu importe le temps dans le passé. C’est la même logique, la même machine, le même principe physique. Tout les principes sont rigoureusement identiques.

Mais pourquoi se contenter d’un seul double, me dis-je alors? Et vous aussi, j’en suis certain. Je me prends (ça semble passablement narcissique) et je nous embarque dans ma machine à remonter le temps pour recommencer le processus. Une seconde avant le précédent saut. Moi et moi-même, nous rencontrons alors notre autre double et nous l’embarquons dans la machine à remonter le temps.

En reculant de 24 heures, seconde après seconde, je viens de créer 86400 copies de moi-même. En reculant d’un an, j’aurai créé plus de 31 millions de copies n’ayant pas plus d’un an de différence avec le moi d’origine. Et si j’ajuste le voyage dans le temps à seulement 1 milliseconde plutôt que 1 seconde, en un an je me serai créé 31 milliards de copies de moi-même. Je serais donc en mesure de peupler un Univers entier presque exclusivement composé de moi.

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Je crois que je n’ai plus besoin d’en rajouter. Si un être quelconque dans l’Univers avait déjà eu la possibilité de reculer dans le temps, on vivrait déjà dans un Univers peuplé à l’infini de ses clones. Ses alliés indéfectibles n’auraient qu’un but, celui de couvrir toutes les sphères possibles et évidemment finir par tout contrôler, le passé, le présent et le futur. Ouais, c’est mon petit côté mégalomane qui parle, là.

Et puisque cet événement n’est jamais survenu… vous connaissez la suite et la conclusion de mon raisonnement par l’absurde pour prouver que les voyages dans le passé n’existent pas. CQFD.

Certains scientifiques croient que si on pouvait voyager dans le passé, on ne pourrait pas interagir avec celui-ci, un peu comme si on regardait une vidéo, donc, pas de clonage à grande échelle possible.Histoire-ComparaisonToutefois, c’est certain qu’on verrait une vague sans précédent de suicide d’historiens, soit parce qu’ils seraient devenus totalement inutiles, soit par honte d’avoir raconté autant de bobards et d’avoir si sciemment et fréquemment omis les véritables faits. Malheureusement, ils continueront de sévir encore longtemps puisque les voyages vers hier, c’est pas pour demain !

Photos :
thedailybeast.com ;
biography.com ;
dreamcatcherreality.com ;
wccftech.com ;
blogs.histoireglobale.com

Andromède, une galaxie perturbée

La galaxie d’Andromède est un objet intéressant à plus d’un titre. Tout d’abord, c’est l’objet le plus éloigné que nous pouvons voir à l’œil nu, soit 2,5 millions d’années-lumière. C’est aussi la seule galaxie visible à l’œil nu, si nous excluons, bien entendu, la Voie lactée, notre Galaxie.

L’autre point intéressant est que les deux galaxies, la Voie lactée et Andromède, se percuteront dans environ 4 milliards d’années. Lorsqu’on sait que la Terre s’est formée voilà 4,5 milliards d’années, ça semble loin, mais le résultat de cette collision sera plutôt impressionnant.

Andromède contient un peu plus d’étoiles que notre Galaxie. Toutefois, les astronomes ont noté un fait étrange concernant les étoiles plus vieilles de 2 milliards d’années dans la galaxie d’Andromède. Leur mouvement individuel est chaotique contrairement aux étoiles de la Voie lactée qui tournent bien sagement toutes ensemble autour du noyau. L’explication de ce chaos vient du fait qu’Andromède a subi une collision avec une autre galaxie et pour le prouver, quoi de mieux qu’une bonne simulation numérique.

Dans cette vidéo, vous voyez le résultat simulé de cette collision. On peut s’imaginer qu’un scénario semblable nous attend dans 4 milliards d’années. Chaque petit point jaune est une étoile. Notre Soleil serait éventuellement l’un d’eux.

Place au ballet cosmique !

Programmer des voyages dans le temps

En deux articles, j’aborderai une fois de plus ce sujet, mais cette fois du point de vue de voyages qu’on pourrait programmer dans une machine à remonter le temps. Ce premier article abordera deux concepts fondamentaux qu’il faut absolument connaitre pour programmer adéquatement ce type de machine.

Je regarde actuellement des épisodes de la série télévisée Dark produite en Allemagne par Netflix. L’intrigue est basée sur les voyages temporaux et plus spécifiquement sur le temps cyclique. Comme je l’écrivais dans un article précédent, l’industrie du cinéma et des séries télé adore apprêter ce sujet à toutes les sauces. Les producteurs ne craignent pas les paradoxes et certains d’entre eux auraient dû s’en méfier, car les aberrations de scénarios inondent quelques fois les spectateurs d’inepties carabinées ininterrompues. Mais bon, faut croire qu’au nom du divertissement, on puisse oublier tout sens commun. La série Dark, faut-il le souligner, n’est pas désagréable. Le dédoublement des personnages est pleinement assumé, mais ils ont oublié, comme la plupart des autres scénarios sur le sujet, un élément fondamental et essentiel lié aux voyages temporaux.

Depuis Einstein, nous savons que l’espace et le temps sont intimement liés dans une construction indissociable. Si nous partons du principe que les voyages dans le passé sont possibles, il est plutôt aisé de calculer le nombre d’années, de jours, d’heures et de minutes d’un voyage dans le passé et de donner à la machine cette quantité de temps à rebours. La difficulté ne réside pas dans ce calcul, le problème est que cette donnée est insuffisante pour réussir un voyage temporel puisque Einstein l’a bien compris, le temps et l’espace forment une seule et même entité indissociable appelée espace-temps.

Donc, pour les voyages temporels programmés, les coordonnées d’espace sont des données aussi essentielles que celle de la valeur du temps à rebours. Il faut nourrir notre machine avec deux séries de données complètes. Celle du moment et du lieu de départ et aussi celle du moment et du lieu d’arrivée. Cette exigence est tout aussi valable même si les lieux de départ et d’arrivée sont identiques pour les deux dates. L’espace-temps ne constitue qu’une seule et même donnée composite constituée de trois valeurs spatiales et une de temps. Et il en faut deux de ces données composites pour programmer un voyage spatiotemporel. Un voyage seulement temporel, ça n’existe pas.

Voyons maintenant le second concept essentiel, celui de valeur de référence. Une valeur de référence est une donnée statique permettant de donner un point de comparaison commun à un groupe de données variables. L’exemple le plus simple est celui d’un individu se rendant chaque jour sur les lieux d’attraits touristiques différents à partir de sa chambre d’hôtel. Son emploi du temps dessiné sur une carte ressemble à des rayons émanant d’un seul et même lieu, son hôtel.

Mais si on élimine ce point de référence, le lieu de départ quotidien, il ne reste sur la carte que des points n’ayant aucune relation entre eux et la carte ne nous renseigne pas sur les itinéraires à parcourir. Programmer le lieu de départ est donc essentiel, car il constitue le point de référence commun à chaque itinéraire quotidien.

Dans un même souffle, on doit inscrire une date et une heure de départ et d’arrivée pour chaque rayon dessiné sur la carte afin d’avoir le portrait complet du programme spatiotemporel du voyageur.

Voilà pour les deux concepts fondamentaux qu’il faut absolument comprendre avant d’aborder la programmation de voyages spatiotemporels.

Dans le prochain article, j’aborderai la question de la différence importante existant entre les données de nature temporelle et celles de nature spatiale dans le but de programmer une machine à voyager dans l’espace-temps.