Maigrir durablement – 6 – Diète, régime, jeûne

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D’entrée de jeu, distinguons les trois termes en donnant leurs définitions exactes liées à l’alimentation. Elles ont toutes été tirées du Grand Robert.

Chopin : Nocturnes, Op 32 No 1

Diète

(1) Régime alimentaire particulier, prescrit par le médecin, soit limitant ou excluant, soit comprenant un apport enrichi de certains aliments.

(2) Abstention momentanée et plus ou moins complète d’aliments, sur prescription médicale.

Régime

(1) Alimentation raisonnée.

(2) Un régime de vie, conduite, règle.

Jeûne

(1) Privation volontaire de toute nourriture. Abstinence.

(2) Privation forcée d’aliments.

Il est donc maintenant clair que mes articles portent sur un régime (de vie) et non sur une diète qui, soit dit en passant, devrait toujours avoir été prescrite par un médecin, et ce dans le but de traiter une pathologie, pas pour maigrir en l’absence de pathologie.

À moins qu’elle n’ait été prescrite par un médecin et liée à un problème de santé autre que le poids, aucune diète n’est bénéfique pour perdre des kilos de manière durable. Oui, elles vous permettront peut-être de maigrir, mais en général le prix à payer est la reprise complète, sinon plus, du poids perdu lorsque la diète prend fin, ce qui doit absolument survenir afin d’éviter de graves problèmes de santé.

Seul un régime basé sur une alimentation complète permet de perdre du poids de façon durable sans occasionner de carences ou de surplus, tous les deux néfastes. Seule une diminution rationnelle et limitée de l’apport calorique permet avec de la volonté et de la patience de rencontrer une nouvelle marque et ensuite de la maintenir sans trop d’efforts.

Et le jeûne dans tout cela ? Le jeûne total ou partiel (moins de trois repas par jour) est totalement à proscrire en période de perte contrôlée de poids. Le corps ne saura plus sur quel pied danser et considérera le jeûne comme une disette (manque de vivres, famine). Dès que le jeûne se terminera, le corps se remettra immédiatement en mode d’accumulation maximale.

Seule une alimentation rationnelle permanente et constante permet au corps de comprendre ce qu’on attend de lui, c’est-à-dire qu’il doit se contenter du nouvel apport calorique. En revanche, il n’a aucunement à craindre de vivre une disette, il peut donc se permettre de stocker beaucoup moins de graisse.

Jeûner lorsque votre poids cible est atteint et stabilisé peut s’avérer bénéfique à quelques niveaux, mais certainement pas lorsque vous désirez maigrir.

Dans le prochain article, j’aborderai le sujet des aliments.

Maigrir durablement – 5 – La satiété

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En temps de perte de poids et surtout au début, ressentir la satiété devient un sentiment quasi inexistant puisque le corps tente de conserver le même surplus d’apport calorique.

Chopin : Nocturnes, Op 27 No 2

Plus vous augmenterez le nombre de repas par jour, plus vous éloignerez le retour du sentiment de satiété. Ce dernier n’est pas toujours nécessaire, mais sur le long terme il aide à mieux gérer les quantités consommées.

C’est pourquoi se nourrir trois fois par jour (et pas moins) aide à réactiver plus rapidement cette délicieuse sensation qui, très souvent, a disparu, ce qui a amené à la prise de poids excédentaire. De fait, l’excès de poids fait disparaitre la satiété et cette perte encourage la prise d’excédent de nourriture. Vous vous retrouvez dans une boucle de rétroaction positive, positive dans le sens d’un emballement et non pas d’une situation avantageuse.

En mangeant rapidement, vous outrepassez la satiété, ce qui vous amène à franchir le seuil menant à l’excédent de nourriture, simplement parce que la satiété n’a pas eu le temps de s’instaurer. Mangez le plus lentement possible et restez à l’écoute de votre corps. Vous retrouvez graduellement cette sensation indiquant que vous êtes rassasié. Malheureusement, en temps de régime d’amaigrissement, la satiété risque de réapparaitre uniquement lorsque votre nouveau poids sera proche d’être atteint.

Si vous êtes plus sujet à succomber à des rages, il vaut peut-être mieux ne pas viser immédiatement à retrouver la satiété. Augmentez le nombre d’ingestions quotidiennes plus faiblement caloriques. En temps de régime, ne vous fiez jamais au sentiment de satiété pour définir vos quantités. Celles-ci doivent toujours être définies préalablement et surtout respectées, peu importe le sentiment de faim causé. Un article à venir est entièrement consacré à la définition de ces quantités.

Chose certaine, l’objectif est bien de récupérer un jour cette satiété afin de s’y conformer. Malheureusement, tant que le poids n’est pas fixe, elle risque de ne pas souvent montrer le bout de son nez. Vous ai-je déjà dit que la patience était de mise ? Traquez-la quand même. Le jour où, avec des quantités moindres, la satiété réapparaitra, la victoire est alors à portée.

Dans le prochain article, diète ou régime ?

Maigrir durablement – 4 – Le corps humain

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Le corps est un formidable réservoir qui a été habitué depuis des millions d’années à accumuler des graisses en vue de survivre à des jours plus difficiles lorsque la nourriture se fait rare ou inexistante.

Chopin : Nocturnes, Op 27 No 1

Plus le corps a l’impression qu’il est en disette, plus il a tendance à accumuler tout ce qui lui est donné. C’est la raison pour laquelle il est absolument essentiel de rejeter toutes les techniques draconiennes, incluant le jeune, même partiel.

Même en excédent de poids, le corps cherche constamment à maintenir un certain niveau de graisse, qu’il soit minimal ou très important. Une fois un certain niveau stabilisé, il le conserve coûte que coûte. C’est en soi une bonne nouvelle puisque la sensation de faim constante est ainsi vouée à disparaitre lorsque le nouveau niveau de graisse sera atteint et surtout stabilisé. Mais il faut se rendre à ce nouveau poids pour que la faim constante finisse par nous quitter.

Afin de limiter le fabuleux pouvoir du corps humain à accumuler de l’énergie sous forme de graisses, il n’existe que très peu de solutions. La meilleure façon consiste à éduquer l’organisme. Il doit comprendre qu’il ne manquera jamais de nourriture, et pour ce faire vous devez toujours le nourrir de manière constante. Le corps finira par accepter d’être nourri moins qu’avant, mais uniquement s’il est nourri régulièrement et suffisamment.

Que vous adoptiez une fréquence de seulement trois repas normaux par jour et pas moins, ou que vous préfériez vous nourrir plus fréquemment en divisant les quantités totales, il est important de faire comprendre à votre corps qu’il aura toujours accès à une source énergétique à très court terme. Le nombre d’ingestions quotidiennes est une question de préférence. Le corps est constitué pour être nourri pas moins de trois fois par jour. En revanche, si à ce rythme la faim vous tenaille trop, vous pouvez prendre un ou des encas. Toutefois, la totalité des aliments consommés doit rester la même, ce qui vous empêchera probablement de ressentir la satiété.

Dans le prochain article, justement, j’aborderai cette sensation de satiété.

Maigrir durablement – 3 – La bonne technique

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Je vous dévoile immédiatement le secret du succès qui ne vous surprendra pas. Vous serez même probablement déçu, frustré ou incrédule, mais il n’en reste pas moins vrai pour autant. Pour maigrir durablement, il faut simplement manger moins. C’est tout. Et le plus important est de conserver la plus grande régularité possible dans l’apport calorique.

Chopin : Nocturnes, Op 15 No 2

Diminuer votre poids sans l’aide d’aucun autre moyen que celui de réduire ses calories apporte des désagréments évidents. Pendant plusieurs jours, voire durant plusieurs semaines, ressentir la faim vous paraitra un état sans fin. Ce damné appétit tentera sans rarement fléchir de vous obliger à ingérer davantage de nourritures. Le voilà le vrai défi. Alors, équipez-vous d’une volonté de fer si vous voulez contrecarrer cette désagréable sensation constante de sous-nutrition.

L’autre qualité essentielle à se doter est la patience. J’expliquerai dans un autre article pourquoi sans elle, aucun espoir n’est permis.

Que vous ayez 5 kg ou 50 kg à perdre, dans tous les cas, commencez par l’essentiel, devenez très sérieux dans votre démarche, prenez votre mal en patience, et surtout, surtout, visez la constance.

Bien sûr, il existe des moyens d’aider à garder le cap. Mais avant de les aborder, il faut comprendre la mécanique biologique pour éviter d’adopter des moyens inappropriés dans l’atteinte de l’objectif ultime qui est de maintenir durablement un poids inférieur.

La bonne technique s’accompagne essentiellement d’outils mathématiques qui vous seront fournis tout au long de cette série d’articles. Sans eux, peu d’espoirs de réussir puisqu’il ne suffit pas de se peser et de comparer cette valeur à celle du départ ou à celle de l’objectif à atteindre. C’est beaucoup plus complexe que ça. Vous devez également comprendre la mécanique humaine afin de choisir les bons comportements qui vous aideront à régulariser votre perte de poids et ensuite de le maintenir à la valeur désirée.

Dans le prochain article, justement j’aborde le sujet du corps humain.

Maigrir durablement – 2 – La mesure

Dans cet article, vous trouverez des tableurs permettant d’inscrire la date et votre poids. J’y ai ajouté des formules mathématiques permettant une facilité d’utilisation non négligeable. De plus, ces tableurs seront grandement bonifiés dans d’autres articles. Il est donc recommandé de les utiliser dès le début pour maintenir la compatibilité globale.

Objet repoussant mais essentiel, le pèse-personne doit être utilisé en permanence, c’est-à-dire tous les jours, mais attention, pas n’importe comment.

Chopin : Nocturnes, Op 15 No 1

Il n’est pas important de connaitre votre poids exact, seule compte la précision de la mesure, disons sa fluctuation quotidienne, car l’objectif sera de perdre une certaine quantité de kilos. Afin de garantir la précision de la mesure, il faut se peser dans des conditions les plus identiques possibles. Pour ce faire :

1. L’appareil. Utilisez toujours le même pèse-personne, électronique de préférence. Il vaut mieux ne pas vous peser que d’utiliser un autre appareil. Nous verrons plus tard pourquoi. Emportez votre pèse-personne si vous quittez votre domicile pour plusieurs jours et que vous voulez continuer à vous peser.

2. Les piles. S’il est électronique (très recommandé), ses piles doivent toujours être d’excellente qualité et évitez les batteries rechargeables sujettes à avoir une tension moins fiable.

3. La fréquence. Pesez-vous chaque jour, une fois par jour, pas plus.

4. Le moment. Pesez-vous dès votre lever et ne modifiez jamais cette condition. L’heure exacte importe peu pourvu que ce soit toujours au lever.

5. Le lieu. Pesez-vous au même endroit, sur un plancher dur et à niveau, les quatre appuis de l’appareil bien calés au sol. Pressez sur ses coins, si le pèse-personne branle, changez d’endroit.

6. Les vêtements. Pesez-vous toujours nu ou toujours en sous-vêtements, jamais autrement.

7. L’honnêteté. Acceptez le poids que l’appareil vous affiche. Ne l’interprétez jamais en prétextant d’autres changements de conditions, par exemple une constipation ou avoir bu trop de liquides. Votre poids variera constamment, c’est normal, et ce que vous n’aurez pas évacué un jour le sera les jours suivants. L’objectif se situe dans le long terme et même si la mesure quotidienne est essentielle pour suivre le type progression, elle ne doit jamais être différente du poids inscrit sur l’appareil.

8. La colligation. Inscrire quotidiennement les données est un acte essentiel et fait partie intégrante de la technique de perte de poids. Si vous désirez utiliser Excel sur Mac ou Windows, téléchargez le document ci-dessous intitulé « Poids.xlsx ». Si vous préférez travailler avec Numbers sur Mac, téléchargez le document « Poids.xls ». Une fois fait, modifiez l’extension « .xls » pour « .numbers » afin de l’ouvrir avec l’application Numbers d’Apple. De fait, WordPress n’accepte pas le téléversement de documents en format « .numbers ». J’ai donc usé d’une astuce pour pouvoir vous le fournir quand même. N’ouvrez pas le document .xlsx directement avec Numbers même si l’opération est possible. Les formules mathématiques que j’ai utilisées dans les deux applis ne sont pas les mêmes.

Ouvrez maintenant le tableur. Au jour zéro, modifiez la date du début de votre programme. Les dates suivantes s’ajusteront automatiquement. Inscrivez maintenant votre vrai poids de départ.

9. Les colonnes. La date est préformatée en format ISO (AAAA-MM-JJ). Conservez ce format. Le poids en kg a un format de type « Nombre » à deux décimales. Vous pouvez inscrire votre poids en « livres » si vous préférez. Dans ce cas modifiez l’entête « kg » pour « lb » afin d’éviter toute confusion.

10. Les rangées. Pour rajouter une rangée avec une nouvelle date à la fin du tableau, dans l’appli Excel, placez-vous sur la dernière rangée (foncée) et  choisissez « Insertion » dans le menu contextuel (clic droit ou clic secondaire). Une nouvelle ligne vide est créée. Tirez la poignée des cases de la dernière rangée avec des données vers la rangée vide. La nouvelle date ainsi que le nouveau nombre de jours seront automatiquement incrémentés. Dans l’appli Numbers, sélectionnez la dernière ligne blanche ayant des données. Avec le menu contextuel (secondaire), choisissez « Insérer une rangée en dessous ». La nouvelle date ainsi que le numéro du jour s’inscrivent automatiquement. Il ne vous reste plus qu’à vous peser et à noter la valeur dans la colonne « kg ».

Si une journée vous ratez la pesée, éliminez cette ligne du tableau. Ne conservez que les jours où vous avez une donnée réelle à inscrire. N’oubliez pas que toute journée sans donnée influencera négativement la valeur des statistiques. Donc, ne sautez aucune journée ou le moins possible.

Comme vous pouvez le constater, je base l’essentiel de ma technique sur la qualité de la mesure. Viendront dans d’autres articles plusieurs façons d’interpréter adéquatement les données recueillies.

Dans le prochain article, vous trouverez la technique préconisée pour perdre du poids sans le reprendre.

Maigrir durablement – 1 – Une série d’articles

Il n’est pas facile de maigrir et encore moins de conserver durablement un nouveau poids. Cette série d’articles ne vous fournira pas des diètes miracles ou une liste d’aliments à éviter ou à préconiser.

Chopin : Nocturnes Do mineur Op. Posthume

Oubliez les diètes miracles, les exercices épuisants inhumains, les jeûnes épisodiques ou les pieux mantras, tous ces moyens relèvent de la pensée magique lorsqu’il est question de perdre pour de bon un pneu ou de la chaire de poire. La vraie façon de maigrir sans reprendre le poids perdu est d’immédiatement adopter pour ensuite conserver avec régularité de nouvelles habitudes alimentaires et de vie. Pourtant, la plupart des gens préfèrent encore s’en remettre à des changements drastiques ponctuels, raison de leurs constants échecs et à l’inverse, du succès des ventes d’antidépresseurs.

Voici une série d’articles qui vous donneront, eh oui, gratuitement, l’information pertinente ainsi que quelques moyens techniques à utiliser pour perdre du poids sans le reprendre. Chacun de ces articles traite d’un sujet précis, mais ne vous attendez pas à des conseils nutritionnels. Vous devez déjà connaitre la valeur des aliments que vous ingérez. Si vous devez porter attention au sucre ou au sel, vous connaissez également les aliments à proscrire et ceux à préconiser.

Alors, que vous apportera la lecture de ces articles ? Elle vous apprendra principalement certains principes de base que tout le monde devrait connaitre et qui pourtant restent méconnus ou ignorés par la plupart des gens. Elle ne vous fera pas de grandes promesses ni vous fera miroiter des techniques miracles. Bien au contraire, vous devrez fournir les éléments quotidiens requis. En revanche, ils vous apporteront des outils non seulement pratiques, mais essentiels pour bien comprendre et interpréter la progression vers votre objectif. Si vous avez le sérieux de vouloir maigrir, vous aurez le sérieux de bien faire les choses.

Voici donc le programme des vingt prochains articles sur le thème de maigrir durablement.

Maigrir durablement – 2 – La mesure
Maigrir durablement – 3 – La bonne technique
Maigrir durablement – 4 – Le corps humain
Maigrir durablement – 5 – La satiété
Maigrir durablement – 6 – Diète, régime, jeûne
Maigrir durablement – 7 – Les aliments
Maigrir durablement – 8 – Tricher
Maigrir durablement – 9 – L’objectif du poids final
Maigrir durablement – 10 – L’objectif de la pente
Maigrir durablement – 11 – Calcul du nombre de grammes par jour
Maigrir durablement – 12 – Les nouvelles quantités
Maigrir durablement – 13 – La rétention d’eau
Maigrir durablement – 14 – Les oscillations
Maigrir durablement – 15 – L’exercice physique
Maigrir durablement – 16 – Trois courbes théoriques
Maigrir durablement – 17 – Le tableau des poids
Maigrir durablement – 18 – Le graphique des poids
Maigrir durablement – 19 – Le graphique de la pente
Maigrir durablement – 20 – Le graphique des grammes par jour
Maigrir durablement – 21 – Le graphique du coefficient de corrélation

Dans le prochain article, je traiterai de la mesure.

La journée la plus chaude jamais enregistrée

Ça y est, nous avons battu le record absolu de chaleur au niveau de la Terre entière. Attention ! notre planète a bien entendu connu pire, mais pas depuis qu’Homo sapiens mesure cette température.

Kyne’s Peace

Lundi elle s’est établie à 17,01 °C et mardi à 17,18 °C. Non seulement c’est énorme, c’est même catastrophique puisqu’elle devrait osciller dans les alentours de 15 °C.

La température de la Terre s’emballe-t-elle ? Eh bien, tout montre que ça pourrait bien être le cas. Après avoir subi nos assauts répétés, un nouveau point d’équilibre cherche à être atteint et celui-ci ne sera pas seulement de deux degrés supérieurs au 15 °C normaux. Il pourrait se situer bien au-delà, mettant en danger notre propre existence en tant qu’espèce vulnérable.

Bien sûr, on dira que j’exagère alors que la réalité se situe juste à l’opposé. Tous ceux qui tentent encore d’édulcorer la vérité, qui exagèrent la futilité de la hausse mondiale des températures et de ses effets néfastes, voire délétères, ceux-là même qui ont gagné le combat en empêchant l’humain d’agir autrement, ce sont eux qui ont totalement tort et qui nous tuent à petits feux.

Une hécatombe est non seulement envisageable, mais fortement probable. Et je ne pense pas à toutes ces espèces végétales et animales déjà disparues ou à bientôt disparaitre à cause de l’apport anthropique, mais à l’hécatombe de notre propre espèce.

Vous ne voulez pas le savoir ? Sachez bien que votre aveuglement et votre silence n’éviteront pas la catastrophe de survenir. Se fermer les yeux n’empêche pas quelqu’un d’être frappé de plein fouet par la foudre ni d’être emporté par le tsunami.

Pour ma part, j’ai les yeux grands ouverts depuis plusieurs décennies. Aujourd’hui, je souris à ce que je vois. Je ne souris pas de bonheur, mais par dépit. Je regarde nos dirigeants se préoccuper presque uniquement de leur réélection ou à des futilités alors que notre maison est en train de brûler, et ce dans le sens littéral du terme.

Nous avons eu des centaines d’opportunités d’adopter de nouveaux comportements et nous les avons toutes rejetées. Il ne nous reste plus maintenant qu’à payer pour nos choix et le prix, soyez-en assuré, il sera évidemment à la hauteur de nos abus qui ont été et sont encore incommensurablement gigantesques.

Féliciter son vélo

Au début juin de chaque année à Montréal se tient le Tour de l’ile, une balade à vélo d’une soixantaine de kilomètres dans les rues fermées pour l’occasion à toute circulation automobile.

Where times collide

Ce n’est pas vraiment le tour complet de l’ile qui nécessiterait de pédaler près de 250 km. Le circuit varie d’une année à l’autre afin éventuellement de visiter tous les quartiers.

J’y ai participé à quelques reprises, surtout à ses débuts. Je m’en suis lassé depuis pour de multiples raisons. L’événement se veut familial. Les jeunes en âge de soutenir cette distance pour la première fois apprennent à persévérer et à dépasser ce qu’ils croyaient être leur limite. Quant aux parents qui n’ont pas pédalé depuis plusieurs années, eux réapprennent entre autres choses le sens du terme « mal au cul ».

Cette année, les innombrables troupeaux à deux roues passaient près de chez moi et lorsque je me suis rendu à pied au bord de la rivière, je les ai croisés une fois sur l’aller dans leur boucle et une autre fois sur le retour. Et à ces occasions, quelque chose a violemment attiré mon attention. Une forte proportion de cyclistes possédaient l’assistance électrique, à vue d’œil, pas loin du quart ou du tiers des participants.

Autrefois, on se congratulait pour avoir parcouru la distance, on était fiers de l’accomplissement. On partageait une victoire avec les autres cyclistes, car tout du long, on avait aidé les enfants et les autres cyclistes novices prêts à abandonner. On pédalait pendant un segment du circuit à côté d’eux, histoire de les encourager. On leur donnait des conseils. Durant l’heure du lunch, on ajustait la hauteur de leur selle ou de leur guidon qui étaient bien souvent trop bas, réduisant de beaucoup l’efficacité de la moulinette.

Mais quel est maintenant l’intérêt de participer à un tel événement si c’est pour l’effectuer en se faisant tracter ? Au bout du circuit et du compte, il ne reste plus maintenant qu’à féliciter notre vélo de ne pas nous avoir lâchés en cours de route.

Un mot français à la fois

« J’ai débunké un slide du speaker venu faire un speech sur le redshift ».

Et à ce qui parait, on parle encore français !

« J’ai déboulonné une diapo du conférencier venu parler du décalage vers le rouge. »

Oreste

Bien entendu, j’ai mis dans la même phrase plusieurs termes anglais entendus dans des conférences scientifiques sur YouTube. On peut facilement comprendre qu’avec l’hégémonie de l’anglais, celui-ci s’immisce partout.

En revanche, il est désolant de voir comment nous le laissons faire sans réagir. Nous acceptons et utilisons les termes anglais alors que nous avons l’équivalent français. Pour faire comme tout le monde, on préfère utiliser débunker plutôt que déboulonner, slide plutôt que diapo et redshift au lieu de décalage vers le rouge.

Adopter un mot anglais n’est pas un problème si le français n’a aucun terme équivalent. Mais choisir volontairement d’ignorer une expression française qui existe, c’est mépriser sa propre langue.

De plus, on ne francise plus les termes. Par exemple, bien des gens préfèrent utiliser la graphie « bug » plutôt que « bogue ». En français, le u dans « bug » devrait se prononcer comme dans « but » et pas comme un o comme dans « bogue ».

Lorsque nous parlons, lorsque nous écrivons, forçons-nous un peu. Choisissons de le faire en utilisant des termes en français. Respectons notre langue, ses mots, ses termes et ses règles de prononciation.

Un mot français à la fois, nous préserverons notre langue, car un mot anglais à la fois, nous la perdrons à coup sûr.

L’espoir d’un monde meilleur

J’ai souvent écrit des articles mentionnant les bernaches qui viennent nicher sur le bord de la Rivière-des-Prairies dans le nord de Montréal.

Tears are eternal

Il y a quelques semaines, plus aucune activité, les bernaches restaient invisibles, on était dans le dernier droit vers l’éclosion des œufs. Et voilà que la semaine dernière, toute la marmaille était présente pour un pique-nique préestival. Les oisons, tous groupés et entourés par les adultes goûtaient à l’herbe tendre. Aujourd’hui, les petits ont déjà pris du poids et du volume comme le montre la photo suivante.

Je fus subitement stoppé par le troupeau qui occupait la totalité de la largeur du sentier et bien plus encore. Je devais décider entre attendre qu’elles le traversent, continuer en les faisant un peu fuir ou les contourner. J’ai décidé de prendre vers la droite et longer la rivière, là où il y avait le moins de volatiles.

Soudain, je vois un oison couché sur le dos, les pattes branlantes, comme s’il trépassait. Deux bernaches adultes sont près du petit, elles ne font rien que de le regarder. Puis elles s’en détachent, comme si rien n’avait d’importance. Elles poursuivent leur marche vers les autres jeunes. J’ai pensé que le petit était encore vivant, alors j’ai attendu, juste au cas, il pourrait être malade ou blessé. Mais l’oison ne bouge plus.

Subitement, ses pattes se remettent à gigoter. Il est couché sur le dos et enfin je comprends ce qui lui arrive. Il est tombé dans une toute petite dépression de terrain, juste à ses dimensions, suffisante pour l’empêcher de se remettre sur le ventre. Il se débattait peut-être depuis un bon bout de temps et son immobilité devait être due à son épuisement.

Je me rapproche, il reprend son immobilité, la tête projetée vers l’arrière, il parait vraiment mort ou à l’article de la mort. Je ne veux pas y toucher avec mes mains au cas où il serait malade. Je me saisis d’une branche au sol et je le pousse en tentant de le faire rouler sur le ventre. Deux bernaches mécontentes se rapprochent de moi en me lançant de petits cris étouffés. Elles ne sont pas vraiment agressives, mais elles me préviennent de faire gaffe. Je leur parle en leur disant que je dois aider le petit. Elles finissent par me tourner le dos et me laisser faire sans plus intervenir. Je refais une tentative pour faire sortir l’oison de son trou. Et, ça y est ! Je réussis. Le petit se remet enfin sur ses pattes.

Je suis content, je reprends ma promenade. Je remarque qu’un passant a tout filmé tandis que moi, trop préoccupé par le bien-être de l’oison, je n’ai rien de tout cela à vous montrer. Qu’importe, puisque le petit s’en est sorti.

Je n’ai pas pu m’empêcher d’essayer de comprendre les oies adultes qui semblaient très peu enclines à aider le petit. Elles semblaient toutes prêtes à l’abandonner à son triste sort. Bien qu’il m’ait semblé plus maigrichon que les autres, était-ce la réalité ? Peut-être qu’il s’agit du dernier à avoir éclos. Peut-être qu’il est toujours empêtré quelque part. Peut-être qu’il ne verra pas l’automne. Je n’en sais strictement rien. Je sais simplement qu’il était un bébé en détresse et que je devais faire quelque chose pour l’aider, comme pour n’importe lequel des bébés sur cette Terre, puisqu’ils représentent tous l’espoir d’un monde meilleur.