Murphologie

 

Si la loi de Murphy ne vous atteint pas, vous faites partie de cette détestable caste de gens dont rien de fâcheux ne leur arrive jamais. Vous êtes une anomalie dans l’univers, un affreux parasite capable d’éponger la chance de tous ceux qui vous entourent pour ne leur laisser que la poisse sous la forme de ce qu’on appelle « la loi de Murphy ».

Si vous croyez que l’univers vous en veut et complote contre vous. Hé bien ! Vous avez parfaitement raison.

Cette loi se décline de différentes façons, toutes voulant exprimer à peu près le même phénomène. Voici trois courtes définitions.

  • Tout ce qui risque d’aller mal ira mal.
  • Entre deux malchances, la pire surviendra.
  • Un malheur ne survient jamais seul.

La loi de Murphy s’image par le nuage noir chargé d’éclairs au dessus de votre tête qui vous suit partout où vous allez. C’est tromper votre nouvelle petite amie avec une inconnue qui s’avère être sa meilleure copine. C’est votre semelle déposée dans la chique de gomme pour être ensuite trempée dans la crotte de chien.

Je ne m’attarderai pas sur les origines de cette loi naturelle dont j’ai fait les frais plus souvent qu’à mon tour. Je vous donne quelques exemples dont plusieurs de ces cas me sont réellement arrivés en commençant par les plus classiques. Pour les autres, je ne vous dévoilerai pas lesquels m’ont véritablement fait rager, car si vous aviez une bonne opinion de moi, ça pourrait l’entacher et tout le monde sait qu’un Corbot aime bien garder ses plumes lisses.

Les classiques

  • Une tartine tombera toujours du mauvais côté sur le sol.
  • Vous ne déposez jamais un verre de jus ou un gobelet de café près de votre ordinateur, sauf les fois où vous le renversez.
  • À la caisse du marché, vous choisissez la file la plus courte ou celle dont les paniers semblent les moins remplis, mais au bout du compte, un des clients retardera votre file en argumentant interminablement avec la caissière.

La nourriture

  • Plus le sac de café moulu est gros, plus son contenu risque de finir dans celui de l’aspirateur.
  • À l’épicerie, votre main finit toujours par agripper le fruit le plus blet dans l’étalage.
  • Vous oubliez de vérifier l’état des d’œufs seulement lorsque certains sont cassés.

La température

  • Vous apportez toujours votre parapluie, sauf les jours où il va pleuvoir. 
  • Lorsqu’il pleut deux jours d’affilée, c’est certain que le prochain jour, ce sera un lundi.
  • Si un jour vous oubliez de fermer le toit ouvrant de votre véhicule, cette nuit-là une effroyable tempête de neige s’abattra sur la ville.

Les objets du quotidien

  • À l’intérieur, laissez tomber une pièce de monnaie et elle ira se loger derrière le meuble le plus lourd. À l’extérieur, oubliez-la, elle tombera inévitablement par la bouche d’égout.
  • Lorsque vous êtes pressé de partir, évidemment il vous est impossible de mettre la main sur votre téléphone. Si vous finissez par le retrouver, il sera dans un endroit des plus improbables.
  • La fois suivante, vous commencez par chercher votre téléphone dans tous les endroits improbables et vous finissez beaucoup plus tard par le retrouver bien installé sur son socle.
  • Vous portez un vêtement neuf ? Soyez certain que vous le tacherez ou vous lui ferez un accroc avant la fin de la journée.

Votre copine

  • Durant les ébats, vous appelez votre copine par le mauvais prénom et vous avez malencontreusement utilisé celui de sa pire ennemie.
  • Afin de vous faire pardonner cette bourde, vous désirez acheter des billets de spectacle avec son idole, mais il ne reste que ses sièges non contigus.
  • Déterminé à vous rattraper, vous choisissez alors un autre spectacle et lui faites la surprise. Il s’avérera qu’elle déteste copieusement l’artiste que vous avez choisi.

Papiers-mouchoirs

  • Vous ne portez plus de gants parce que vous les oubliez partout. Vous ne portez plus de foulards parce que vous les égarez partout. Vous ne portez plus de chapeaux, casquettes, bérets parce que vous les perdez tous. Vous avez perdu une quantité phénoménale de lunettes. Cependant, vous ne perdez jamais vos vieux papiers-mouchoirs qui s’accumulent dans le fond de vos poches.
  • Ces papiers-mouchoirs oubliés au fond de vos poches finiront inévitablement au lavage.
  • À chaque fois que vous avez une envie irrépressible d’éternuer, soit la boite de papier-mouchoir est désespérément vide, soit vous l’avez changée de place.
  • À court de temps pour vous rapprocher de la boite, vous éternuez dans vos mains, c’est alors que quelqu’un veut vous la serrer.
  • La fois suivante, vous parez à l’imprévu en éternuant dans le creux de votre coude. Inévitablement, vous venez d’expulser un lac de morve sur votre manche.

Au resto

  • Si vous désirez le plat de poisson, il ne restera que le poulet et quand vous avez envie du poulet, vous devrez vous contenter du poisson.
  • Lorsque vous amenez une personne au resto pour lui faire goûter à votre plat fétiche, le chef vient tout juste de le retirer de la carte.
  • Vous donnez rendez-vous à une candidate amoureuse et vous l’invitez à votre resto préféré. Lorsque vous arrivez à la porte, il vient tout juste de déclarer faillite et votre flamme s’est envolée, croyant s’être fait poser un lapin.
  • Vêtue de votre plus belle blouse blanche, vous oubliez qu’il ne faut pas manger votre spaghetti sauce tomate par succion. Et si vous y pensez, le rebord taché de votre assiette finira de toute façon par la maculer.
  • Vous allez au resto pour discuter d’un point important et sensible. Inexorablement, les deux tables autour de la vôtre seront occupées par des petites pestes mal élevées qui se chamaillent, crient à qui mieux mieux dans vos oreilles et couraillent incessamment autour de vous.

Les cabinets d’aisances 

  • C’est quand l’envie se fait la plus pressante que tous les constipés se sont donné rendez-vous en même temps, juste avant que vous arriviez et ils occupent tous les cabinets.
  • Quand il n’y a que deux cabinets, vous entrez dans le premier pour vous rendre compte qu’il ne reste plus de papier. Vous en sortez pour utiliser l’autre, mais une personne vous précède d’un pas.
  • Lorsque cette personne ressort du cabinet, elle ne vous a laissé que le dernier petit carré de papier autour du rouleau.
  • C’est toujours dans des toilettes publiques que vos intestins font le plus de bruit et que vos odeurs sont les plus nauséabondes.
  • Et lorsque vous n’avez jamais été aussi bruyant et pué autant, c’est votre patron qui occupe le cabinet contigu au vôtre.

L’univers renouvelle constamment sa liste de malheurs afin de toujours vous surprendre. Alors, à l’affût ou pas, la guigne vous attendra aux moments les plus impertinents. C’est ainsi que fonctionne la murphologie.

N’hésitez pas à me faire part de vos pires murphises en écrivant un commentaire. Mieux vaut en rigoler tous ensemble, c’est bon pour le moral de ceux qui en font les frais !

Savoirs anciens, les dimensions de la Terre et le mètre

Dans un article précédent, j’ai prouvé au pharaon Khéops que la Terre était sphérique en utilisant des instruments de mesure disponibles à cette époque. Dans celui-ci, je poursuis mon récit et j’obtiens les dimensions de notre planète, toujours en utilisant une méthode des plus simple. J’en déduis également le mètre que je nommerai « la valeur sacrée ».

Coordonnées géographiques modernes de Gizeh et d’Assiout.
Gizeh :     30° 00’ N – 31° 10’ E
Assiout:  27° 00’ N – 31° 10’ E

Ces deux villes partagent le même méridien (31° 10’ E) et sont à 3 degrés de latitude de différence qui correspond au 1/30e d’un quart de la Terre.

Ces 3° d’angle mesurés sont ensuite utilisés pour déterminer les dimensions de la Terre.

*****

— Alors, très pharaonique Australopithecus Khéops, comme je disais, les deux mesures différentes des ombres à la même date-heure à des endroits éloignés le long d’un même méridien terrestre permettent de prouver facilement que la Terre est ronde. En connaissant la distance entre les deux villes et en le calculant pour 90°, j’ai mesuré le quart de la circonférence terrestre.

— Et cela donne quelle longueur, croustillant Corbot cornélien ?

— 24 millions de coudées populaires, c’est la distance du pôle Nord à l’Équateur, un quart de la circonférence totale de la Terre, oh Grand Acétominophène !

Preuve-Terre-Ronde

— Et qu’avez-vous fait ensuite pour déterminer la coudée royale de mon père ?

— J’ai décidé de diviser ce nombre pour obtenir un chiffre valant 10 millions d’une unité que j’ai appelée la « valeur sacrée » (4 500 ans plus tard, à partir de la même méthode, quelques scientifiques utiliseront le même chiffre et lui donneront le nom de « mètre »).

— Donc, la coudée royale serait le dix millionième de la distance pôle-équateur ?

— Non, car cette longueur s’avère trop grande pour une coudée, même royale. Elle équivaut à la hauteur de votre nombril par rapport au sol.

— Ouais, je vois le problème. Cette mesure sacrée ne peut pas s’appeler coudée, même royale, même pharaonique. On peut exagérer, mais là, ce serait vraiment de l’abus. Qu’avez-vous alors fait ?

— Cette valeur sacrée équivaut à 2,4 coudées populaires. Il faut donc la diviser pour créer une coudée royale qui sera plus grande que la coudée populaire, mais pas trop.

— Divisez-la simplement par deux !

— J’y avais pensé, mais cette simple division m’agaçait puisque je la voulais toute aussi sacrée afin de conserver le statut exceptionnel de cette nouvelle mesure. Diviser une valeur sacrée par le nombre le plus commun qui soit aurait représenté une sorte de sacrilège.

— Évidemment, je ne vous l’aurais jamais pardonné, avisé et prudent Corbot !

— Puisque je venais de prouver que la Terre est ronde, rien ne peut être plus sacré que cette figure géométrique. En m’inspirant des cercles, j’ai donc préservé tout le caractère sacré de sa nouvelle mesure.

— En faisant quoi ?

— J’ai dessiné un cercle dont le diamètre vaut cette « mesure sacrée ». J’ai ensuite dessiné un hexagone inscrit dans ce cercle, car les côtés de cette figure mesurent précisément le rayon du cercle. Les 6 pointes de l’hexagone définissent 6 arcs de cercle. J’en mesure la longueur et je la compare à celle de la coudée populaire. Elle est environ un quart de fois supérieure. C’est parfait, me dis-je ! La coudée royale était née.

Roue-Hex-Coudee-2

— Une coudée royale issue de la forme et des dimensions de la Terre. Une coudée parfaite qui cache une « valeur sacrée » cryptée au centre d’un cercle dont le périmètre mesure 6 de ces coudées royales. Bravo rusé Corbot noctiluque !

— Vous noterez un élément intéressant dans tout cet exercice, Mirifique Paradichlorobenzène. Les chiffres 6 et 60 ainsi que plusieurs de leurs multiples reviennent constamment dans mes ouvrages, ils se retrouvent littéralement partout. La base sexagésimale (60) est le multiple des chiffres 6 et 10. Les 360 degrés d’un cercle proviennent de cette base (6 x 60). Les 60 minutes et 60 secondes le sont également. Quant aux 24 heures, lorsqu’on divise la Terre en 4 quarts, le Soleil balaye chaque quart-de-cercle en 6 heures.

— Sauf que la base sexagésimale n’est pas utilisée dans le chiffre de dix millions que vous avez choisi pour créer la « valeur sacrée ».

— C’est exact, car cette valeur est si sacrée qu’elle représentera la seule base de travail dans un futur lointain. Elle portera le nom de « mètre » et sera utilisée par l’ensemble de l’humanité à la grandeur de toute la planète, sauf pour quelques peuples barbares qui rechigneront avant de l’adopter quand même, surtout en sciences.

— Une longueur maitre utilisée par tous et partout dans le monde. Une longueur valable pour tous les habitants, car tirée de la Terre et utilisée pour la première fois par nous, les Égyptiens. Je ne peux être plus heureux du choix de vos calculs.

— Pour les effectuer, j’ai choisi deux villes relativement proches l’une de l’autre et seulement séparées par 3°. J’aurais pu choisir des villes bien plus éloignées, mais le nombre précis de foulées en ligne droite serait devenu bien plus difficile à garantir. D’autre part, puisque le Nil serpente, il y a très peu d’endroits le long de son cours où la longitude est la même qu’à Gizeh, ce qui est le cas pour Assiout.

Terre-Gizeh-Assiout

— Expliquez-moi le terme « longitude ».

— Imaginez la Terre comme une orange tournant sur elle-même autour d’une paille passant par sa queue et son nombril.

— Je la vois très bien.

— Chacun des espaces entre ses différentes tranches est appelé un méridien et le chiffre servant à les distinguer est la longitude.

— Ah ! Donc, vous vous êtes déplacé le long du Nil en restant le plus possible le long du même méridien.

Méridien-Gizeh-Assiout

— C’est exact. Gizeh et Assiout partagent un même méridien et ces villes sont suffisamment éloignées pour commencer à distinguer les dimensions des ombres entre les deux endroits. Il existe un autre point beaucoup plus éloigné, légèrement au-delà de la frontière avec la Nubie le long du Nil, qui possède la même longitude. Par contre, il est séparé de Gizeh d’une distance trop importante pour la mesurer précisément à l’aide de foulées. Le Nil possède trop de méandres entre les deux lieux pour effectuer le trajet vers le sud en ligne droite.

— Si je comprends bien, le fait que l’Égypte s’étire en longueur dans l’axe nord-sud vous a permis de mesurer la rotondité de la Terre.

— Le Nil a forgé l’Égypte à plus d’un titre, cher Pharaon ?

Informations supplémentaires

J’ai évidemment procédé à quelques petites approximations afin de faciliter les calculs et la compréhension, mais dans l’ensemble, tout est rigoureusement plausible et exact.

J’ai utilisé des degrés, des foulées et des coudées, des unités de mesure existantes à cette époque, mais puisque tout n’est que rapports (fractions), on peut utiliser n’importe quelles unités et on obtiendrait les mêmes dimensions terrestres. Il n’est donc pas nécessaire de travailler en degrés, en foulées et en coudées. Dans mes calculs, j’ai défini que la coudée populaire vaudrait aujourd’hui approximativement 41,67 cm. Ainsi, une foulée équivaut à un facteur réaliste de 4/3 coudées.

La base sexagésimale (60) a été inventée voilà 5 000 ans par les Sumériens, donc avant l’ère des grands bâtisseurs de l’Égypte (4 500 ans).

Dans mon récit, je postule que Khéops et sa dynastie sont les bâtisseurs des grandes pyramides. Ce n’est pas une affirmation de ma part, mais simplement un moyen d’imager la méthode employée pour mesurer la Terre. Au besoin, remplacez Khéops par le nom de votre choix.

Cette méthode était parfaitement accessible aux premières dynasties d’Égyptiens et même à ceux qui auraient pu les précéder. En fait, n’importe quel individu sachant observer et réfléchir, peu importe son lieu sur Terre et son époque pouvait obtenir les mêmes résultats. Elle n’a rien de magique et elle ne nécessite aucun extraterrestre ni aucun voyage dans l’espace pour prouver que notre planète est une sphère. Avis aux négationnistes en la matière, vous êtes 5 000 ans en retard. Rendu là, on peut vous qualifier d’attardés sans que cela constitue une insulte, mais simplement une vérité.

Nous possédons la preuve que le grec Eratosthène a utilisé la même méthode voilà 2 200 ans pour mesurer la circonférence de la Terre. Oui, les érudits de cette époque reculée et tous ceux qui les ont succédé savaient que la Terre était ronde. Que les Égyptiens aient pu le savoir avant les Grecs ne pose aucun problème puisque les maths utilisées restent rudimentaires.

Une rotondité niée et camouflée

La rotondité de la Terre fut cachée pendant les 1 800 ans qui suivirent Eratosthène. Il convient de dire que ce fut le plus long et le plus grand complot de tous les temps. Ce savoir faisait également partie des connaissances de certaines sociétés secrètes dont celle des « Bâtisseurs » qu’on peut faire remonter à plus de trois mille ans et qui s’est par la suite appelée « franc-maçonnerie ».

Le problème consistait à expliquer que, malgré cette rotondité, les choses ne glissaient pas vers un abîme quelconque. Et il était impensable que les autorités (religieuses) ne puissent pas tout expliquer, sauf les mystères religieux, bien entendu.

Une Terre plate ne nécessitait aucune explication… sauf les éléphants géants ou la méga tortue pour la soutenir. Et sur quoi reposaient ces créatures géantes ? C’est à ce moment qu’on vous enfermait pour hérésie si vous osiez poser la question.

Le fait de questionner en utilisant une pensée logique est devenu le péché originel du judaïsme. Il a servi à empêcher les autorités religieuses de perdre la face et leur hégémonique influence sur les gens et les rois s’ils avaient dû avouer leur ignorance.

Alors si vous entendez dire que les complots n’existent pas, notez bien le déclarant et rajoutez son nom sur la liste de ceux qui les fomentent. Les complots existent depuis qu’une quelconque autorité a refusé pour la première fois de voir s’étioler son influence, ses pouvoirs et surtout les avantages matériels y découlant.

Alors, soyez assuré que les conspirations et les complots ont toujours existé ne cesseront pas de sitôt.