Savoirs anciens, les dimensions de la Terre et le mètre

Dans un article précédent, j’ai prouvé au pharaon Khéops que la Terre était sphérique en utilisant des instruments de mesure disponibles à cette époque. Dans celui-ci, je poursuis mon récit et j’obtiens les dimensions de notre planète, toujours en utilisant une méthode des plus simple. J’en déduis également le mètre que je nommerai « la valeur sacrée ».

Coordonnées géographiques modernes de Gizeh et d’Assiout.
Gizeh :     30° 00’ N – 31° 10’ E
Assiout:  27° 00’ N – 31° 10’ E

Ces deux villes partagent le même méridien (31° 10’ E) et sont à 3 degrés de latitude de différence qui correspond au 1/30e d’un quart de la Terre.

Ces 3° d’angle mesurés sont ensuite utilisés pour déterminer les dimensions de la Terre.

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— Alors, très pharaonique Australopithecus Khéops, comme je disais, les deux mesures différentes des ombres à la même date-heure à des endroits éloignés le long d’un même méridien terrestre permettent de prouver facilement que la Terre est ronde. En connaissant la distance entre les deux villes et en le calculant pour 90°, j’ai mesuré le quart de la circonférence terrestre.

— Et cela donne quelle longueur, croustillant Corbot cornélien ?

— 24 millions de coudées populaires, c’est la distance du pôle Nord à l’Équateur, un quart de la circonférence totale de la Terre, oh Grand Acétominophène !

Preuve-Terre-Ronde

— Et qu’avez-vous fait ensuite pour déterminer la coudée royale de mon père ?

— J’ai décidé de diviser ce nombre pour obtenir un chiffre valant 10 millions d’une unité que j’ai appelée la « valeur sacrée » (4 500 ans plus tard, à partir de la même méthode, quelques scientifiques utiliseront le même chiffre et lui donneront le nom de « mètre »).

— Donc, la coudée royale serait le dix millionième de la distance pôle-équateur ?

— Non, car cette longueur s’avère trop grande pour une coudée, même royale. Elle équivaut à la hauteur de votre nombril par rapport au sol.

— Ouais, je vois le problème. Cette mesure sacrée ne peut pas s’appeler coudée, même royale, même pharaonique. On peut exagérer, mais là, ce serait vraiment de l’abus. Qu’avez-vous alors fait ?

— Cette valeur sacrée équivaut à 2,4 coudées populaires. Il faut donc la diviser pour créer une coudée royale qui sera plus grande que la coudée populaire, mais pas trop.

— Divisez-la simplement par deux !

— J’y avais pensé, mais cette simple division m’agaçait puisque je la voulais toute aussi sacrée afin de conserver le statut exceptionnel de cette nouvelle mesure. Diviser une valeur sacrée par le nombre le plus commun qui soit aurait représenté une sorte de sacrilège.

— Évidemment, je ne vous l’aurais jamais pardonné, avisé et prudent Corbot !

— Puisque je venais de prouver que la Terre est ronde, rien ne peut être plus sacré que cette figure géométrique. En m’inspirant des cercles, j’ai donc préservé tout le caractère sacré de sa nouvelle mesure.

— En faisant quoi ?

— J’ai dessiné un cercle dont le diamètre vaut cette « mesure sacrée ». J’ai ensuite dessiné un hexagone inscrit dans ce cercle, car les côtés de cette figure mesurent précisément le rayon du cercle. Les 6 pointes de l’hexagone définissent 6 arcs de cercle. J’en mesure la longueur et je la compare à celle de la coudée populaire. Elle est environ un quart de fois supérieure. C’est parfait, me dis-je ! La coudée royale était née.

Roue-Hex-Coudee-2

— Une coudée royale issue de la forme et des dimensions de la Terre. Une coudée parfaite qui cache une « valeur sacrée » cryptée au centre d’un cercle dont le périmètre mesure 6 de ces coudées royales. Bravo rusé Corbot noctiluque !

— Vous noterez un élément intéressant dans tout cet exercice, Mirifique Paradichlorobenzène. Les chiffres 6 et 60 ainsi que plusieurs de leurs multiples reviennent constamment dans mes ouvrages, ils se retrouvent littéralement partout. La base sexagésimale (60) est le multiple des chiffres 6 et 10. Les 360 degrés d’un cercle proviennent de cette base (6 x 60). Les 60 minutes et 60 secondes le sont également. Quant aux 24 heures, lorsqu’on divise la Terre en 4 quarts, le Soleil balaye chaque quart-de-cercle en 6 heures.

— Sauf que la base sexagésimale n’est pas utilisée dans le chiffre de dix millions que vous avez choisi pour créer la « valeur sacrée ».

— C’est exact, car cette valeur est si sacrée qu’elle représentera la seule base de travail dans un futur lointain. Elle portera le nom de « mètre » et sera utilisée par l’ensemble de l’humanité à la grandeur de toute la planète, sauf pour quelques peuples barbares qui rechigneront avant de l’adopter quand même, surtout en sciences.

— Une longueur maitre utilisée par tous et partout dans le monde. Une longueur valable pour tous les habitants, car tirée de la Terre et utilisée pour la première fois par nous, les Égyptiens. Je ne peux être plus heureux du choix de vos calculs.

— Pour les effectuer, j’ai choisi deux villes relativement proches l’une de l’autre et seulement séparées par 3°. J’aurais pu choisir des villes bien plus éloignées, mais le nombre précis de foulées en ligne droite serait devenu bien plus difficile à garantir. D’autre part, puisque le Nil serpente, il y a très peu d’endroits le long de son cours où la longitude est la même qu’à Gizeh, ce qui est le cas pour Assiout.

Terre-Gizeh-Assiout

— Expliquez-moi le terme « longitude ».

— Imaginez la Terre comme une orange tournant sur elle-même autour d’une paille passant par sa queue et son nombril.

— Je la vois très bien.

— Chacun des espaces entre ses différentes tranches est appelé un méridien et le chiffre servant à les distinguer est la longitude.

— Ah ! Donc, vous vous êtes déplacé le long du Nil en restant le plus possible le long du même méridien.

Méridien-Gizeh-Assiout

— C’est exact. Gizeh et Assiout partagent un même méridien et ces villes sont suffisamment éloignées pour commencer à distinguer les dimensions des ombres entre les deux endroits. Il existe un autre point beaucoup plus éloigné, légèrement au-delà de la frontière avec la Nubie le long du Nil, qui possède la même longitude. Par contre, il est séparé de Gizeh d’une distance trop importante pour la mesurer précisément à l’aide de foulées. Le Nil possède trop de méandres entre les deux lieux pour effectuer le trajet vers le sud en ligne droite.

— Si je comprends bien, le fait que l’Égypte s’étire en longueur dans l’axe nord-sud vous a permis de mesurer la rotondité de la Terre.

— Le Nil a forgé l’Égypte à plus d’un titre, cher Pharaon ?

Informations supplémentaires

J’ai évidemment procédé à quelques petites approximations afin de faciliter les calculs et la compréhension, mais dans l’ensemble, tout est rigoureusement plausible et exact.

J’ai utilisé des degrés, des foulées et des coudées, des unités de mesure existantes à cette époque, mais puisque tout n’est que rapports (fractions), on peut utiliser n’importe quelles unités et on obtiendrait les mêmes dimensions terrestres. Il n’est donc pas nécessaire de travailler en degrés, en foulées et en coudées. Dans mes calculs, j’ai défini que la coudée populaire vaudrait aujourd’hui approximativement 41,67 cm. Ainsi, une foulée équivaut à un facteur réaliste de 4/3 coudées.

La base sexagésimale (60) a été inventée voilà 5 000 ans par les Sumériens, donc avant l’ère des grands bâtisseurs de l’Égypte (4 500 ans).

Dans mon récit, je postule que Khéops et sa dynastie sont les bâtisseurs des grandes pyramides. Ce n’est pas une affirmation de ma part, mais simplement un moyen d’imager la méthode employée pour mesurer la Terre. Au besoin, remplacez Khéops par le nom de votre choix.

Cette méthode était parfaitement accessible aux premières dynasties d’Égyptiens et même à ceux qui auraient pu les précéder. En fait, n’importe quel individu sachant observer et réfléchir, peu importe son lieu sur Terre et son époque pouvait obtenir les mêmes résultats. Elle n’a rien de magique et elle ne nécessite aucun extraterrestre ni aucun voyage dans l’espace pour prouver que notre planète est une sphère. Avis aux négationnistes en la matière, vous êtes 5 000 ans en retard. Rendu là, on peut vous qualifier d’attardés sans que cela constitue une insulte, mais simplement une vérité.

Nous possédons la preuve que le grec Eratosthène a utilisé la même méthode voilà 2 200 ans pour mesurer la circonférence de la Terre. Oui, les érudits de cette époque reculée et tous ceux qui les ont succédé savaient que la Terre était ronde. Que les Égyptiens aient pu le savoir avant les Grecs ne pose aucun problème puisque les maths utilisées restent rudimentaires.

Une rotondité niée et camouflée

La rotondité de la Terre fut cachée pendant les 1 800 ans qui suivirent Eratosthène. Il convient de dire que ce fut le plus long et le plus grand complot de tous les temps. Ce savoir faisait également partie des connaissances de certaines sociétés secrètes dont celle des « Bâtisseurs » qu’on peut faire remonter à plus de trois mille ans et qui s’est par la suite appelée « franc-maçonnerie ».

Le problème consistait à expliquer que, malgré cette rotondité, les choses ne glissaient pas vers un abîme quelconque. Et il était impensable que les autorités (religieuses) ne puissent pas tout expliquer, sauf les mystères religieux, bien entendu.

Une Terre plate ne nécessitait aucune explication… sauf les éléphants géants ou la méga tortue pour la soutenir. Et sur quoi reposaient ces créatures géantes ? C’est à ce moment qu’on vous enfermait pour hérésie si vous osiez poser la question.

Le fait de questionner en utilisant une pensée logique est devenu le péché originel du judaïsme. Il a servi à empêcher les autorités religieuses de perdre la face et leur hégémonique influence sur les gens et les rois s’ils avaient dû avouer leur ignorance.

Alors si vous entendez dire que les complots n’existent pas, notez bien le déclarant et rajoutez son nom sur la liste de ceux qui les fomentent. Les complots existent depuis qu’une quelconque autorité a refusé pour la première fois de voir s’étioler son influence, ses pouvoirs et surtout les avantages matériels y découlant.

Alors, soyez assuré que les conspirations et les complots ont toujours existé ne cesseront pas de sitôt.

La science et la vérité

Les férus de sciences, je m’inclus dans ce groupe, sont indifférents, sourient, rient ou se moquent carrément, selon leur niveau de raillerie et du sujet abordé, de certaines théories véhiculées encore aujourd’hui au XXIe siècle par des gens qu’on pourrait qualifier soit de naïfs, d’ignorants, de mauvaise foi, de provocateurs ou de rigolos. Une certaine part de tout ça est également possible. Je pense à une bêtise en particulier que je croyais disparue depuis au moins cinq siècles, la théorie de la Terre plate. Si nous étions encore à l’époque de Copernic, je comprendrais que certains puissent encore douter qu’elle soit sphérique. Mais aujourd’hui, en 2017, à l’ère des milliers de satellites artificiels qui « orbitent » autour d’une « boule » qu’on appelle la Terre, des GPS, des stations spatiales, des sondes en voyage interstellaire, des télescopes spatiaux scrutant les moindres recoins de notre Univers, des voyages sur la Lune et sur Mars, qu’on puisse encore remettre cette réalité en question relève de la loufoquerie la plus… pathétique qui soit.

Il existe au moins un milliard d’explications, d’exemples et de calculs prouvant la rotondité de notre planète. Il n’existe aucune preuve du contraire. Dessiner une droite sur une photo de la Terre vue à basse altitude, supposer que l’horizon suit cette ligne droite et tirer la conclusion que la Terre est donc plate, ce n’est certainement pas une preuve. Une ligne courbe « paraitra » presque droite à un œil humain tant et aussi longtemps que l’arc (de cercle) décrit est petit.

Bon, ceci étant dit, je ne m’attarderai pas plus longtemps sur ce genre de sujet, car je voulais parler exactement du contraire, c’est-à-dire de la science qui n’est pas toujours à la hauteur de ses principes, la science dogmatique, la science frauduleuse. Car, oui, celle qui se veut chaste et pure peut parfois être corrompue par des dogmes aussi indécrottables que la platitude de la Terre avant « De revolutionibus orbium coelestium » (Des révolutions des sphères célestes) de Nicolas Copernic imprimé en 1543. Bon, voilà le lien avec le début de cet article sur lequel je ne reviendrai plus, par manque de larmes.

La science corrompue et frauduleuse existe. Elle existe au-delà de certains de ses chercheurs en mal d’attention, de renommée ou de financement qui inventent, truquent et falsifient des résultats. Ces nombreux cas de tromperies sont attribuables à des gens peu scrupuleux qui transforment « leur » science en matière molle. Depuis que la méthode scientifique existe, ce comportement déviant a toujours existé et existera malheureusement toujours. Mais une science qui se corrompt par ses plus illustres spécialistes, ça prend une signification bien plus inquiétante.

Prenons l’exemple de l’aluminium. Ce matériau a été découvert au début du XIXe siècle puis peu à peu raffiné jusqu’à obtenir une forme relativement pure une cinquantaine d’années plus tard. C’est donc depuis 1850 que l’aluminium industriel est censé exister. Ainsi, si vous êtes un géologue ou un anthropologue et que vous découvrez de l’aluminium relativement pur dans une couche sédimentaire datant d’avant 1850, votre trouvaille ne sera pas reconnue, prétextant une corruption des sédiments par un enfoncement de cet aluminium jusqu’à atteindre une profondeur parfois impossible à croire.

Il est donc plus approprié d’inventer de toute pièce une aberration inexplicable pour réfuter sa présence dans un lieu contredisant l’histoire humaine liée à ce matériau que de déboulonner cette même histoire. Ainsi, la science ne peut plus être contredite ou même seulement critiquée, ce qui contrevient aux principes fondateurs mêmes de la science.

Bien entendu, une couche géologique brassée, mélangée, corrompue, ça peut exister. Mais, utiliser cet argument à l’aveuglette, sans avancer une seule explication comment tout cela aurait pu survenir, ce n’est plus de la science, c’est du dogmatisme, c’est une forme primitive de religion et ce n’est certainement pas digne de faire partie des meilleures pratiques scientifiques. Évidemment, si la forme découverte ressemble à s’y méprendre à une cannette de bière et que les mots « Bud » et « ser » sont encore légèrement lisibles dessus, on peut raisonnablement parler de brassage et de corruption de la couche sédimentaire. Alors, si vous découvrez de l’aluminium dans une couche géologique ancienne et, en toute apparence, elle semble exempte de brassage, si ce matériau montre des signes de raffinage, il n’y a aucune chance que votre trouvaille puisse être scientifiquement homologuée, quitte à trouver plus tard une explication rationnelle à sa présence en ces lieux. Et peu importe s’il y a dix ou cent de ces découvertes, elles seront globalement rejetées sans autre forme de procès. De plus, on vous qualifiera certainement de fraudeur. Voilà un côté obscur et hideux de la science moderne. Une science obnubilée par le scandale de l’homme de Piltdown. Mais cela est une autre histoire.

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