Qui gagne perd

Oui, vous ne m’apprenez rien, j’ai inversé le dicton, mais pas sans raisons qu’une partie d’entre vous n’aimera probablement pas. Mais ne suis-je pas LeCorbot?

Dans sa forme originale, ces trois petits mots veulent signaler que nous devrions conserver un esprit positif face à l’adversité ou dans la défaite. Voir le bon côté d’une situation, tirer des leçons d’une expérience pour mieux rebondir. Malgré son côté «youpélaïe», je souscris à cet adage pourvu qu’il ne reste pas une coquille vide, qu’il ne serve pas à camoufler la réalité, qu’il ne serve pas de machine à amnésie.

En le renversant, je veux attirer l’attention sur un mécanisme souvent absent de nos analyses et surtout des discours et promesses faites par tous les acteurs dans nos sociétés. Que cache l’usage des mots «gagner», «progrès», «prospérité»? Quel est l’envers de la médaille?

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Le jeu naturel des promoteurs d’un projet consiste à passer ses conséquences négatives sous silence. Mais nous qui entendons ce qu’ils nous disent, nous devrions instinctivement nous répéter le titre de cet article afin de découvrir les aspects moins reluisants et camouflés d’un projet ou d’une idée. Qui gagne perd.

Tout comme le principe de la conservation de l’énergie, on ne progresse pas sans délaisser quelque chose d’équivalent. Reste à savoir quoi. Plus l’information contradictoire reste secrète, inconnue, plus le doute sur les vertus dudit projet devrait grimper en flèche.

Il est triste de constater que nous aimons nous faire emplir de mensonges éhontés, ayant tous été bercés au son des histoires aux fins heureuses. Nous oublions volontairement le principe fondamental que l’univers ne fonctionne jamais que dans un seul sens. Chaque hausse de quelque chose est obligatoirement accompagnée d’une baisse d’autre chose, sinon son équilibre global serait rompu.

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Pour leurs promoteurs, éluder les aspects les moins reluisants d’un projet peut se comprendre. Mais notre naïveté face à ces omissions, elle, demeure indéfendable. Nous avons le devoir de débusquer les conséquences enterrées du côté obscur.

Évidemment, vous comme moi sommes incapables de devenir ces enquêteurs à moins de s’y consacrer entièrement. Il existe, ou du moins il existait encore récemment, des journalistes, des organes d’information dédiés à cette importante et essentielle tâche de regarder de l’autre côté du médaillon, d’y découvrir la vérité cachée et de déchiffrer son contenu.

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Malheureusement, toutes les fois que certaines personnes relayent intégralement leurs nouvelles, elles les privent des moyens nécessaires pour qu’ils puissent effectuer leur travail correctement. En voulant démocratiser l’information, au contraire, elles affaiblissent le seul système vraiment en mesure de contrebalancer le poids de ceux qui cachent la partie abjecte des informations. Qui gagne perd.

Lire une douzaine de fois le même texte ne me rendra pas mieux informé puisque de façon générale, ces copies n’ont pas été commentées, bonifiées, critiquées. Pas plus qu’elles n’ont été assemblées, comparées, analysées, synthétisées avec d’autres articles sur le même sujet. Elles ont tout bonnement été récupérées à des fins personnelles au nom d’un accroissement inexistant de la démocratisation et même à son détriment certain. Les vertus démocratiques des copistes des âges sombres existaient avant Gütenberg et avant internet, plus maintenant. Qui gagne perd.

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Toutes nos actions, même en apparence les plus positives, possèdent une contrepartie obscure. Aurons-nous le courage de chercher à connaitre à quoi et à qui nous nuisons? Qui gagne perd.

Sincérité du questionnement

Quand on pose une question à une personne qu’on connait ou même à un étranger, on doit pouvoir accepter n’importe quelle réponse. Malheureusement, le désir inhérent des humains de tout contrôler pervertit cette supposée liberté donnée à l’autre de disposer de sa réponse, et ce malgré l’apparente ouverture de l’interrogation.

Poser une question n’est souvent qu’une façon de suggérer la réponse voulant être entendue, celle considérée comme représentant la meilleure, la plus pertinente, la plus sage. Remarquez comment certaines personnes s’empressent d’escamoter la réponse qui leur est offerte en coupant la parole de leur interlocuteur pour leur faire part de leur propre opinion sur le sujet discuté.

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Malheureusement, plusieurs croient détenir une solution pour chaque problème comme si chacun d’eux s’était construit dans la simplicité tout en ne possédant aucune variable, ou une seule. Leur question ne sert qu’à camoufler leur intention de contrôler l’argumentation dans l’inexorable direction privilégiée. Toute bifurcation les rendra mal à l’aise puisque leur raisonnement n’est resté que superficiel, sans nuances, absolutiste.

En tant qu’individus interagissant avec d’autres, nous devons nous abstenir de poser des questions dans le but de transmettre notre propre réponse. Questionner une personne n’exige pas d’en posséder une toute prête à lui fournir en complément. Une question ne représente souvent que le début d’un long processus.

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Tomber dans le travers décrit dans cet article constitue un manque flagrant de respect de la personne interrogée. Alors il vaut mieux ne rien lui dire. En revanche, si les rôles s’inversent et que vous reconnaissez cette tentative de manipulation à votre égard, n’ayez aucune pudeur ou gêne à faire savoir à votre interlocuteur que vous comprenez parfaitement ses intentions et qu’il peut mettre fin à son petit manège.

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Vous perdrez probablement une connaissance ou un ami, mais vous vous éviterez une forme d’esclavage intellectuel. Ne craignez pas ces conséquences, quoi qu’il arrive, n’y voyez pas un appauvrissement de votre vie sociale, mais un échange qui restera toujours à votre avantage.