Expression québécoise — 8

Québécisme très usuel en ce pays, le verbe transitif « enfarger » s’utilise pour indiquer qu’on fait trébucher quelqu’un, souvent volontairement, pas absolument. Le meilleur ami de l’homme adore enfarger son pire ennemi, le postier.

Il est toutefois plus fréquent sous sa forme pronominale. S’enfarger, c’est s’accrocher les pieds dans quelque chose. La chute qui suit est optionnelle, le déséquilibre ne l’est pas. Par exemple, on peut facilement s’enfarger dans les racines d’un sentier forestier ou s’enfarger en entrant dans la chambre de son ado. Mon deuxième exemple montre plus de certitude et de dangers, mais les racines font aussi l’affaire. 

S’enfarger s’emploie probablement plus souvent au sens figuré. On peut s’enfarger dans nos mots, alors on bafouille. On peut s’enfarger dans nos idées lorsque notre discours devient des plus incohérents.

L’expression québécoise la plus utilisée avec ce verbe est « s’enfarger dans les fleurs du tapis ». C’est être si tatillon sur des détails que plus rien n’avance, ou c’est être incapable de faire face à la moindre difficulté. Personnellement, j’utilise l’expression dans le premier sens tandis que le second est inscrit dans le Grand Robert.

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Lorsqu’on s’enfarge dans nos menteries, on se perd maladroitement à travers nos mensonges. Se dédire, se rétracter de façon peu convaincante, se contredire de façon évidente, dans tous ces cas, c’est s’enfarger dans ses menteries.

Ce verbe n’a donné naissance à aucun dérivé, pas d’adverbe, pas de nom commun. J’aurais utilisé le mot enfargement pour l’action d’enfarger, mais mon vœu ne semble pas en voie de se réaliser. Par exemple, je l’utiliserais pour exprimer l’enfargement récurrent de nos hommes politiques. Ce nom commun permettrait de laisser place à l’interprétation à savoir si l’enfargement est dû à l’inexpérience, à l’incompétence ou au fait de s’être fait démasqué à parler des deux côtés de la bouche pour plaire autant à Pierre qu’à Pauline.

Comme bien des mots québécois, celui-ci provient du vieux français dont l’usage s’est perpétué grâce à notre isolement séculaire. Il provient du mot « enferger », avoir des fers aux pieds qui nous font facilement trébucher. Noter également la différence des sens au mode pronominal des verbes s’enferrer et s’enfarger. S’enferrer signifie « se passer au fil de l’épée », « s’embrocher ». Son cousin représente plus le fait de se mettre des entraves aux chevilles. 

L’intérêt d’utiliser « enfarger » vient justement de son mode pronominal, mode inexistant chez son cousin « trébucher ».

En bon québécois, plus on insiste sur le « a »  et plus l’action est accentuée. Lorsqu’on s’enfAAArge, c’est sans équivoque et la chute s’annonce spectaculaire, au sens propre comme au sens figuré.

Si vous voulez utiliser ce verbe, évitez toutefois de vous enfarger en l’utilisant à mauvais escient.

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Comme le titre de cet article le laisse croire, vous trouverez d’autres expressions purement québécoises sur ce site. Il suffit de cliquer « Thèmes » sur la première page pour découvrir les liens vers les huit autres articles. Euh, oui ! Le titre de celui-ci contient bien un « 8 », mais il est le neuvième de la série. Un Corbot ne fait pas toujours les choses selon les règles. Considérez cela comme un bonus, et si vous les lisez, vous découvrirez la raison exacte derrière cette numérotation inhabituelle. Eh ! Je ne me suis pas enfargé dans mes numéros !

Existe-t-il plusieurs vérités ?

La réponse est simple, c’est non. Il ne peut pas exister plusieurs vérités sur un même sujet. Il existe plusieurs points de vue autour de certains faits, mais la vérité est un film aux caméras infinies qui n’ont rien raté depuis toujours. Le problème est qu’il n’existe aucun moyen d’accéder à ce film pour le visionner.

On doit donc se contenter de points de vue différents et bien souvent divergents. Personne ne remettra en cause sa propre objectivité et sa sincérité devant les autres. Et pourtant, tous le monde embellit, élude, charcute la vérité pour que son point de vue soit retenu afin que la situation lui devienne favorable.

On a tous des faits à cacher, des pensées à taire, des paroles à faire oublier, des actes à enterrer et surtout des objectifs à atteindre. Comment peut-on accuser qui que ce soit de ne pas s’intéresser à la vérité alors qu’on évite soi-même de tout dévoiler sur la partie de la vérité que l’on connait ?

En ce qui concerne les journalistes et certains politiciens, la seule accusation pouvant tenir la route est celle voulant que ceux-là ne s’intéressent pas au point de vue de ceux-ci. Mais si une réputation avérée de mythomane précède les présidents et autres grosses pointures politiques, comment peut-on espérer demander aux journalistes de croire  au point de vue qu’ils cherchent à transformer en vérité forcée ? Et lorsque plus aucun journaliste n’embarque dans leurs manipulations, les politiciens utilisent Twitter ou d’autres tribunes directes pour mentir aux citoyens. 

Aujourd’hui, la vérité n’a plus aucun sens, mais en a-t-elle déjà eue puisque la seule et pure vérité restera indéfiniment inaccessible ? Les journalistes le savent. Ils recomposent donc une histoire complète à partir de bribes d’informations glanées un peu partout et lardées de ouï-dire provenant de sources d’informations de moins en moins fiables, et ce malgré de multiples recoupements puisque les quantités de sources différentes s’épuisent.

Le véritable problème de l’époque web 3.0, plus personne ne s’intéresse à se rapprocher le plus possible de la vérité. La popularité des télé-réalités est représentative de ce mouvement. Quoi de plus faux que les télé-réalités ! Si au moins ce nom transportait de l’ironie, mais non. Il signifie exactement le sens actuel qu’on donne au mot « réalité » : une fiction, une farce, une apparence, un divertissement. La réalité pseudo-véridique est devenue risible, caricaturale, un show aux décors en carton, un désir de d’emberlificoter, y compris soi-même afin que la vie soit autre que celle qui nous habite.

Les égoportraits sont représentatifs de cet état d’esprit. Les gens s’inventent une histoire bidon et ils se prennent en photos, mais surtout et voilà où la situation s’aggrave, ils les diffusent. Dans un passé pas si lointain, ces mêmes personnages auraient été internés pour avoir publié ce genre de contenu totalement irréel, signe d’une maladie mentale. Aujourd’hui, on envie ceux et celles qui excellent dans l’exercice de cette activité pathologique où le mensonge est roi et qui édicte la façon de se comporter en société pour pouvoir être vu, être connu et suivi, quitte à tout inventer, à tout déformer et surtout à taire la petite partie de vérité détenue.

Non, la vérité restera toujours inaccessible et à défaut d’avoir les moyens de s’en rapprocher, les gens préfèrent se créer une bulle d’existence aussi fausse qu’une lubie, aussi pathétique qu’une mythomanie, aussi stupide que l’époque dans laquelle on vit.

Photo : Thomas Kast

La mobilisation citoyenne est-elle antidémocratique ?

Descendre dans les rues, taper sur des casseroles, déchirer en public sa camisole, manifester collectivement son ras-le-bol, ces gestes citoyens extraélectoraux sont-ils antidémocratiques?

On pourrait le croire, car dans un pays aux mœurs démocratiques, les élections font apparemment foi de tout. Chaque citoyen est égal devant l’urne et la majorité gagne le droit de procéder à des changements par le truchement des représentants ayant déclaré leurs intentions. Toutefois, ce beau principe théorique est vite mis à mal par toutes sortes d’astuces permettant de gagner sans l’avoir mérité.

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Les discoureurs ne révèlent plus grand-chose de leurs véritables intentions, préférant dénigrer leurs adversaires plutôt que de parler de leurs projets. Ils tendent des pièges, ils mentent, ils trichent en soudoyant des personnes influentes, ils reçoivent de l’argent par des entreprises et organismes afin d’acheter une machine électorale puissante. En retour, ils voteront des lois en leur faveur, ou ne voteront aucune loi afin que ces organismes puissent continuer d’abuser de tout. Et c’est sans oublier l’ultime tricherie, le paquetage des urnes, leur substitution ou leur destruction selon les possibilités du moment.

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La démocratie fonctionne lorsque personne ne triche et tout le monde se rend aux urnes, deux utopies qui ne sont pas prêtes de disparaitre. C’est pourquoi, même dans des pays dits démocratiques, les élections ne sont pas la solution ultime pour un peuple bafoué par les magouilles de tous genres. Même dans des circonstances difficiles, une bonne machine électorale parvient à faire réélire ses candidats en renversant le vote de très peu d’individus. En s’attardant prioritairement à modifier les intentions de vote d’environ 5 pour cent de la population, pas beaucoup plus, un parti politique parviendra à gagner des élections perdues d’avance.

Il reste donc la mobilisation citoyenne comme outil démocratique. Mais encore de cette façon, tricher reste l’outil utilisé par les lâches qui sont nombreux et notoires. Répression, infiltration d’agents de renseignement et de déstabilisation, corruption, menaces, tous les moyens sont utilisés pour éteindre les brasiers de la résistance et du changement au profit d’un pouvoir omniprésent et corrompu.

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J’ai donc répondu à au moins un volet de la question en titre de cet article. La mobilisation citoyenne n’est pas antidémocratique même si elle n’est pas régie par des règles électorales. De toute façon, les tricheurs se foutent éperdument des règles électorales et seuls les naïfs les respecteront et, évidemment, perdront.

Les gagnants ne sont pas toujours des tricheurs invétérés, surtout lorsqu’ils gagnent parce que leurs adversaires ont poussé la note trop haut et se sont étouffés eux-mêmes avec leur salive mêlée de fiel. Certains ont gagné parce que leur avantage était tout simplement d’être inconnus. Certains gagnent par chance, d’autres en portant un patronyme populaire et d’autres en restant eux-mêmes et sincères. Ça arrive aussi, parfois.

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Si la mobilisation citoyenne n’est pas nécessairement antidémocratique, elle n’est pas exempte de toute critique non plus, car elle reste un outil permettant de gagner sans voter, donc sans compter le nombre de gens en faveur d’un tel sujet par rapport au total. On est donc en présence d’un outil potentiellement puissant pour faire plier des gouvernements élus. Oui, il existe aussi un côté sombre à cette méthode d’influencer le cours des événements, comme pour tout le reste.

Rien n’est jamais tout blanc ou tout noir (Les pixels du bien et du mal) et rien ne s’avère plus facile que de basculer d’un côté sain à un autre plus sombre en se cachant la vérité, juste un peu à la fois, jusqu’à ce que le rideau devienne entièrement opaque. L’expression «le pouvoir corrompt» résume assez bien ce principe que j’intitule personnellement «La question du cornichon».

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Si vous me demandez de déterminer à partir de quel point un concombre est devenu un cornichon, la réponse semble impossible à savoir, pourtant, elle est d’une simplicité enfantine. Un concombre devient un cornichon à partir du moment où il est plongé dans le vinaigre. Une cellule à la fois, la transformation débute à l’instant zéro et se poursuivra aussi longtemps que subsistera du vinaigre.

Le pouvoir politique, c’est le vinaigre. Je vous laisse deviner qui sont les cornichons.

Les quatre D

La nouvelle façon de vivre, c’est de mentir impunément. Puisque personne n’est sanctionné, le mensonge devient ainsi la norme sociale. Mentir en niant même les pires évidences, en affirmant exactement le contraire de ce qu’on fait, en jetant les blâmes des conséquences de ses actes sur ses adversaires, en inventant n’importe quels faux événements pour convaincre les autres de se rallier à sa cause, en menaçant les dénonciateurs. Mentir est même devenu tout à fait acceptable. Le mensonge prouve que vous prenez tous les moyens pour gagner et les gens aiment ceux qui gagnent, peu importe comment ils y parviennent.

Autrefois utilisé avec parcimonie puisque se faire prendre à mentir coûtait presque toujours sa carrière, aujourd’hui les menteurs ne cachent même plus. Sachant pertinemment qu’une partie des auditeurs ne sont pas dupes, ils s’en foutent totalement puisqu’ils ne font face à aucune conséquence.

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Mentir permet à ses disciples et admirateurs de reprendre ces aberrations à leur compte et de les semer à tout vent. Lorsque des milliers de personnes crient un même mensonge sur tous les médias sociaux, le mensonge prend des allures de vérité. Surtout que personne (ou presque) ne s’intéresse à faire contrepoids.

Les menteurs imposent leurs règles, car aucune logique ne peut venir à bout des mensonges. La logique doit donc céder le pas à quelque chose de plus puissant et de plus draconien. Mais qui maintenant voudra mettre en place un système qui botterait le derrière aux mythomanes compulsifs lorsqu’ils sont au pouvoir ? Et ce sont des gens comme vous et moi qui les avons placés à ces postes. Vous, moi et aussi d’autres menteurs payés pour falsifier les résultats.

Voilà quelle société nous avons créée et dans laquelle nous vivons actuellement. Une société qu’il sera bien difficile de se défaire… à moins de devenir nous aussi des menteurs invétérés afin de combattre à armes égales. Mais alors, qu’est-ce qui aura changé sinon un nom sur une plaque et dans des documents ?

Une société ayant érigé le mensonge en système sera obligée d’endurer ce mode jusqu’aux quatre D, car cette abominable tolérance est le signe évident de la décadence d’un peuple qui entraine son déclin, engendre sa déchéance et enfin apporte sa destruction.

 

Qui gagne perd

Oui, vous ne m’apprenez rien, j’ai inversé le dicton, mais pas sans raisons qu’une partie d’entre vous n’aimera probablement pas. Mais ne suis-je pas LeCorbot?

Dans sa forme originale, ces trois petits mots veulent signaler que nous devrions conserver un esprit positif face à l’adversité ou dans la défaite. Voir le bon côté d’une situation, tirer des leçons d’une expérience pour mieux rebondir. Malgré son côté «youpélaïe», je souscris à cet adage pourvu qu’il ne reste pas une coquille vide, qu’il ne serve pas à camoufler la réalité, qu’il ne serve pas de machine à amnésie.

En le renversant, je veux attirer l’attention sur un mécanisme souvent absent de nos analyses et surtout des discours et promesses faites par tous les acteurs dans nos sociétés. Que cache l’usage des mots «gagner», «progrès», «prospérité»? Quel est l’envers de la médaille?

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Le jeu naturel des promoteurs d’un projet consiste à passer ses conséquences négatives sous silence. Mais nous qui entendons ce qu’ils nous disent, nous devrions instinctivement nous répéter le titre de cet article afin de découvrir les aspects moins reluisants et camouflés d’un projet ou d’une idée. Qui gagne perd.

Tout comme le principe de la conservation de l’énergie, on ne progresse pas sans délaisser quelque chose d’équivalent. Reste à savoir quoi. Plus l’information contradictoire reste secrète, inconnue, plus le doute sur les vertus dudit projet devrait grimper en flèche.

Il est triste de constater que nous aimons nous faire emplir de mensonges éhontés, ayant tous été bercés au son des histoires aux fins heureuses. Nous oublions volontairement le principe fondamental que l’univers ne fonctionne jamais que dans un seul sens. Chaque hausse de quelque chose est obligatoirement accompagnée d’une baisse d’autre chose, sinon son équilibre global serait rompu.

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Pour leurs promoteurs, éluder les aspects les moins reluisants d’un projet peut se comprendre. Mais notre naïveté face à ces omissions, elle, demeure indéfendable. Nous avons le devoir de débusquer les conséquences enterrées du côté obscur.

Évidemment, vous comme moi sommes incapables de devenir ces enquêteurs à moins de s’y consacrer entièrement. Il existe, ou du moins il existait encore récemment, des journalistes, des organes d’information dédiés à cette importante et essentielle tâche de regarder de l’autre côté du médaillon, d’y découvrir la vérité cachée et de déchiffrer son contenu.

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Malheureusement, toutes les fois que certaines personnes relayent intégralement leurs nouvelles, elles les privent des moyens nécessaires pour qu’ils puissent effectuer leur travail correctement. En voulant démocratiser l’information, au contraire, elles affaiblissent le seul système vraiment en mesure de contrebalancer le poids de ceux qui cachent la partie abjecte des informations. Qui gagne perd.

Lire une douzaine de fois le même texte ne me rendra pas mieux informé puisque de façon générale, ces copies n’ont pas été commentées, bonifiées, critiquées. Pas plus qu’elles n’ont été assemblées, comparées, analysées, synthétisées avec d’autres articles sur le même sujet. Elles ont tout bonnement été récupérées à des fins personnelles au nom d’un accroissement inexistant de la démocratisation et même à son détriment certain. Les vertus démocratiques des copistes des âges sombres existaient avant Gütenberg et avant internet, plus maintenant. Qui gagne perd.

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Toutes nos actions, même en apparence les plus positives, possèdent une contrepartie obscure. Aurons-nous le courage de chercher à connaitre à quoi et à qui nous nuisons? Qui gagne perd.

Abus de mensonges

L’outil de démocratisation par l’information que fut l’internet s’ébrèche. Comme toujours, la faute revient aux abuseurs du système, mais également aux autorités en place qui y voient, à juste titre, une menace. Les fausses nouvelles pullulent de tous côtés.

Quand elles émanent des gouvernements, la cause est apparemment justifiée par la sacrosainte sécurité nationale. Toutefois, ces actions répressives empêchent les mensonges d’être connus et les gouvernements corrompus de tomber.

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Quand elles proviennent de la population, elles minent la confiance qu’a celle-ci dans les outils indépendants d’informations libres. Les abuseurs idiots embarquent dans le jeu des gouvernements qu’ils croient combattre, chaque fausse nouvelle se retournant contre eux, contre leur apparente cause et en fin de compte contre la population en général.

Dans le terme «liberté d’expression», le mot liberté sous-entend des obligations de la part de celui qui veut s’en prévaloir, car aucune n’est libre de toute exigence préalable.

Dans cette liberté d’expression, la vérité, ou ce qui s’en rapproche le plus, devrait impérativement figurer en tête de liste des obligations. Abuser de ce droit en prétendant simplement utiliser des mêmes outils que ses adversaires ne constitue pas une raison valable et encore moins une défense acceptable.

Devenir identique à ce qu’on dénonce revient à corrompre son idéal et la population ne devrait jamais croire ces leaders autodénaturés. Cela engendre des gouvernements semblables en tout point aux précédents. On passe d’un mal de prémolaire à celui d’une molaire, les nouveaux dirigeants s’avérant seulement jaloux du pouvoir que détenaient les anciens.

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Les gens restent conscients de ce carrousel tournant sur lui-même, causant ce désabusement généralisé envers la question politique. Bonnet blanc, blanc bonnet. Toutefois, totalement se désintéresser à la chose politique à cause de cette apparente inutilité de notre vote à changer quoi que ce soit ne représente pas la bonne stratégie à adopter.

Les systèmes politiques actuels engendrent leurs propres défauts, dont la corruption, le mensonge et la culture du secret. Certains dirigeants en abuseront plus que d’autres. On ne peut choisir qu’entre des niveaux plus ou moins grands de ces excès, car il en existera toujours. Aucun gouvernement n’en sera exempt. Cependant, le changement conserve certains avantages.

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Dans le système démocratique où la population peut renverser un gouvernement en place, cela permet de remettre le compteur à zéro pour un certain temps. Cette action n’est pas totalement inutile, mais elle ne devrait pas constituer une illusion de changement radical. Elle équilibre en quelque sorte le système en donnant alternativement le pouvoir à des factions différentes qui amèneront leurs propres supporters.

Mais une lutte reste prioritaire, peu importe les gouvernements en fonction, c’est la répression du mensonge. Un puissant dirigeant actuel l’a tellement banalisé que sa population considère cette tactique comme étant légitime. Ces déclarations mensongères à l’emporte-pièce s’avèrent non seulement scandaleuses et immorales, elles représentent la déchéance sociale totale de ce peuple autrefois adulé. Ces gens, par l’entremise de ce dirigeant, ont atteint le dernier stade du déclin, de la dégradation et de la décadence.

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Parfois, les luttes ne restent pas des actions inutiles. S’allier contre des menteurs invétérés et des abuseurs hégémoniques permettent de mettre un terme à leurs prétentions infondées.

J’en appelle à la population de ce pays. Ne croyez jamais qu’un menteur vous apportera le bien et le bon, car tout menteur le sera tout autant envers vous et vos aspirations légitimes. Certains individus pensent mieux tirer avantage du chaos que les autres, c’est simplement mal le connaitre. Ces leaders l’apprendront à leur dépens, mais pire encore, vous-mêmes en serez les premières et les plus importantes victimes.

La stratégie consistant à traiter ses ennemis en amis et ses amis en ennemis engendrera de nouvelles alliances et celles-ci excluront ce pays apparemment tout-puissant. Et quand il ne lui restera que ses ennemis auxquels s’allier, ceux-ci lui réserveront les derniers clous dans son cercueil.

Voilà le prix des mensonges, des bris d’alliances et de promesses, des insultes envers ses amis et des piètres illusions lancées à la face de tous.

Au fond, c’est de la démagogie

Existe-t-il un point critique au-delà duquel il n’existe plus de retour possible ?

La Nature nous en propose plusieurs au cours de notre vie. Du moins, ce fut mon cas. Elle nous expose à des dangers qui peuvent être évités, gérés ou impossibles à éviter et alors il nous reste à nous mesurer à ses furies, à y survivre ou à périr.

La Nature est excusée d’emblée puisqu’elle est notre maitre absolue. Mais qu’en est-il des individus ? Existe-t-il une limite infranchissable au-delà de laquelle l’acceptation devient impossible ? Ou est-ce que le point critique peut-il toujours être repoussé ?

Parfois, la bonne foi n’est plus suffisante, par exemple quand on est confronté à ne dialoguer que dans une structure à géométrie asymétrique variable, c’est le signe que le point de non-retour amenant inexorablement à un cul-de-sac a probablement déjà été franchi.

La déformation des paroles de l’autre pour lui prêter des intentions inexistantes est le scénario classique. Oublier les paroles que l’autre a prononcées parce qu’elles détruiraient notre thèse est l’autre technique. Refuser de reconnaitre les paroles qu’on vient de prononcer parce qu’elles faisaient partie d’une technique de manipulation qui a avorté ou qui a été détectée est la troisième méthode qu’utilisent ceux qui cherchent par la démagogie à détruire l’argumentation dans un dialogue qui se voudrait à la base réfléchi.

J’ai passé l’âge de jouer à ces jeux. Ils me sont devenus si évidents que cette mauvaise foi est vite détectée et automatiquement renvoyée à la face de son instigateur.

Je remercie tous les gens que j’ai côtoyés durant ma vie. Ils m’ont tous appris quelque chose d’essentiel et cette richesse n’est pas la leur, mais celle qui me revient de droit parce que j’ai fini par comprendre les vérités par moi-même. Aujourd’hui, je suis riche des expériences vécues qui m’ont demandé de réfléchir et j’ai accepté ces défis de vouloir les comprendre.

Avec les années, les diverses situations que j’ai vécues et auxquelles j’ai réfléchi me permettent de reconnaitre plus aisément, entre autres, la démagogie. Vous connaissez, c’est l’art de torturer les événements en les transformant par des arguments fallacieux pour en arriver à créer une réalité qui n’existe que dans la tête de ceux qui la désirent en maniant cet art sublime du faufilage entre les vérités et l’injection propice de mensonges.

Voilà. Ne me testez pas, ou ne me testez plus. J’ai trop vécu pour que vous puissiez escompter me prendre en défaut de compréhension. J’observe, je collige les observations, je les analyse, j’établis une théorie cohérente avec les observations, je la mets à l’épreuve, je ramasse des résultats, je les compare à ma théorie, je vérifie si je dois accumuler encore plus de résultats, dans l’affirmative je rajoute d’autres résultats et j’établis un niveau de confiance entre ma théorie et les résultats obtenus par l’expérience.

Contrairement à ce que plusieurs pensent, l’intuition n’est pas absente de ce processus, mais elle ne s’applique pas partout à toutes les étapes et surtout, elle ne remplace jamais l’ensemble d’un processus analytique. L’intuition s’applique parfaitement lorsqu’il est temps d’élaborer des théories ainsi qu’au niveau d’imaginer des expériences qui pourraient les confirmer ou les infirmer. Bien souvent, sans intuition, tout le monde tourne en rond. Mais dans les étapes de ce processus où on doit laisser la place à la méthode, l’intuition n’a plus sa place. C’est une tentative de court-circuiter la méthode et ça, je ne puis l’accepter, le tolérer et encore moins le cautionner.

Lorsque je sens que ce discours déplait, dérange et finit par déraper avec des gens incapables d’accepter la place nécessairement contingentée et pondérée (je n’ai jamais dit inexistante) que peut et que doit jouer l’intuition dans des processus décisionnels globaux et sérieux, j’ai fini de me battre. Je démissionne, parce que la discussion finit toujours par dévier comme une boule de quilles vers l’un ou l’autre des deux dalots qui, inévitablement, se rapprochent de plus en plus au fur et à mesure que mes arguments prennent de l’importance et deviennent inattaquables. Même un champion aux quilles ne peut obtenir un abat lorsque les dalots finissent par se toucher. C’est ce qu’on appelle un dialogue de sourds. Plus précisément, utiliser des dalots à géométrie variable, c’est exactement ça user de démagogie.

Mon point critique est atteint lorsque des gens se réclamant faire partie des gens intuitifs abusent plutôt de démagogie – étrangement, cette technique n’est pas du tout intuitive, mais pleinement délibérée, comprise et sciemment utilisée –  pour tenter de court-circuiter des méthodes en les remplaçant par des décisions ad hoc dénuées de tout fondement.