La catastrophe Cascadia

On pourrait croire à une rumeur, comme il en existe des milliers sur internet provenant de gens en mal de célébrité ou de revenus provenant d’une vidéo mal foutue mise sur YouTube.

Pourtant, ce dont je vais vous parler n’est pas du tout une farce ou une rumeur infondée et elle concerne une catastrophe naturelle encore plus importante que celle ayant engendré un tsunami dévastateur en Indonésie en 2004, mais cette fois-ci, le malheur frappera l’ouest du Canada et des É.-U.

Pâtiront de ce cataclysme, les villes populeuses de Vancouver, Seattle, Portland et Tacoma. Cependant, des dégâts majeurs et des pertes de vies par dizaines de milliers se produiront sur une longueur de 700 km le long de la côte ouest-nord-américaine. Les autorités des deux pays sont au courant depuis un bon bout de temps, mais on n’évacue pas des millions de personnes réparties dans une région aussi grande que la France sans raison évidente à très court terme.

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Je parle d’un séisme comme nous en avons peu connu. Les experts évaluent la magnitude du séisme déjà nommé Cascadia à 9,2 sur l’échelle Richter. En comparaison, le méga séisme de 2004 avait une magnitude de 9,0. Le cataclysme Cascadia correspondrait au troisième plus important séisme enregistré de notre histoire.

Pourquoi cette prévision n’est-elle pas une rumeur? Voici les faits. En l’an 1700, un terrible tsunami a dévasté le Japon ainsi que la côte ouest-américaine. Des légendes amérindiennes et des écrits japonais en ont attesté. Les géologues ont pu relier ces deux événements à un seul cataclysme de magnitude approximative de 9,0 survenu près des côtes américaines. D’autres cataclysmes d’amplitudes comparables se sont produits au même endroit à des époques plus lointaines. Ces séismes de très grandes amplitudes attestées par des preuves géologiques laissées par les tsunamis ont une récurrence d’environ 240 ans.

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Ainsi, autour des années 1940, un autre séisme de cette nature aurait dû se produire, mais ce ne fut pas le cas. Ce retard de 78 ans augure très mal puisque l’énergie continuant de s’accumuler à un rythme constant, lors de sa libération, elle en sera d’autant plus importante, de là l’évaluation du 9,2, une prévision très réaliste vu la longueur importante de 700 km de la rupture qui l’engendrera.

De fait, la cause de ces séismes de grande amplitude est bien connue. Le restant d’une vieille plaque tectonique nommée Juan de Fuca plonge sous la plaque nord-américaine qui se déforme sous l’énorme pression occasionnée par le frottement des plaques l’une sur l’autre. Lorsque l’élasticité de la plaque nord-américaine atteindra son point de rupture, elle décrochera en libérant toute l’énergie qu’elle aura accumulée durant ces 318 années le long des 700 km que mesure la plaque Juan de Fuca (ligne rouge).

Cascadia1.pngLa Colombie-Britannique et les états américains de Washington et de l’Oregon seront les premiers touchés par ce séisme, mais aussi par le tsunami dévastateur qui frappera les côtes seulement une quinzaine de minutes après le méga tremblement de terre. Bien peu de gens des basses altitudes auront le temps et l’opportunité de fuir vers des lieux surs à hauteur suffisante pour éviter les flux et reflux meurtriers.

Les organismes comme l’USGS (US Geological Survey)) et le FEMA (Federal Emergency Management Agency) ne peuvent rien faire pour éviter cette catastrophe. Ils installent des pancartes le long des côtes pour indiquer aux gens vers où s’enfuir. Ils organisent les futurs secours, mais s’ils voulaient réduire de façon importante les victimes, il faudrait évacuer les habitants de la côte ouest-nord-américaine sans connaitre pour combien de temps. On parle donc d’un déménagement permanent et non d’une simple évacuation. Puisque cela ne se produira pas et que le séisme frappera sans prévenir, le nombre de victimes sera conséquent.

Photos : geide.asso.frsciencealert.comexpress.co.uk

Inversion des pôles

D’entrée de jeu, une précision très importante. Lorsqu’il est question d’inversion des pôles dans l’actualité, il est toujours question des pôles magnétiques de la Terre, jamais des pôles géographiques. Certains JeConnaisTout semblent incapables de faire la différence entre les deux types. Ils font ainsi toutes sortes de prédictions stupides à partir d’une fausse hypothèse. Les pôles géographiques ne peuvent pas s’inverser à cause de la présence de la Lune, entre autres choses. L’impact de la Terre avec un astéroïde géant pourrait les inverser, mais on crèverait pour une autre raison que l’inversion des pôles géographiques.

Ceci étant clarifié, les pôles magnétiques, eux, certainement qu’ils peuvent s’inverser et ils l’ont fait très souvent dans le passé. La dernière inversion s’est produite voilà 780 000 ans. Comment est-ce possible de savoir ces choses alors qu’il n’y avait personne pour s’en rendre compte ?

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Les planchers océaniques se renouvellent à partir des dorsales qui rejettent de la lave. Les particules ferromagnétiques de cette lave sont sensibles au champ magnétique terrestre et s’orientent selon ce dernier. Lorsque la lave durcit, les particules figent en conservant pour toujours leur orientation magnétique. Il ne reste qu’à lire cette orientation et à mesurer le temps géologique déterminé par la distance séparant les particules aimantées de la dorsale. Connaissant la vitesse à laquelle le plancher océanique se régénère, on obtient le temps. Voilà comment on parvient à mesurer le moment où la dernière inversion et toutes les précédentes se sont produites.

Depuis quelques années, le nord magnétique s’affole. Il se déplace très rapidement du Canada vers la Sibérie. C’est l’un des signes précurseurs d’une inversion, ou à tout le moins d’une excursion si le pôle magnétique se déplace, mais ne bascule pas. Il y a eu 7 excursions depuis le dernier basculement. Les inversions ne semblent pas suivre de périodicité. Certaines inversions furent très rapides, alors que d’autres ont pris encore plus de temps que la dernière dans laquelle nous vivons aujourd’hui. On ne peut donc pas les prédire à partir d’un cycle stable.

Mais le problème ne vient pas de l’inversion des pôles si on exclut l’obsolescence des boussoles. Il vient de l’affaiblissement du champ magnétique avant et après l’inversion. La force du champ magnétique diminue actuellement de 5 % par décennie, 10 fois plus vite qu’avant 1980. De plus, le pôle Nord magnétique se déplace actuellement de 90 km par année du Canada vers la Sibérie. Tous ces signes sont précurseurs d’une inversion qui semble survenir beaucoup plus rapidement qu’imaginée auparavant. La Terre pourrait aussi adopter plusieurs pôles magnétiques Nord et Sud durant l’inversion comme on le voit ici sur la simulation numérique.

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Un champ magnétique plus faible nous protège moins bien des rayons cosmiques et des tempêtes solaires. En haute altitude, comme en avion, nous serons laissés pratiquement sans aucune protection. Et même sur le plancher des vaches, cette protection moindre ouvrira la voie à de multiples conséquences au niveau de notre santé, dont de multiples cas de cancers.

Images : le-veilleur.com; maxicours.com; sites.google.com