Mitraille de forts séismes

Le nord de la plaque océanique Juan de Fuca a tremblé treize fois en une seule journée, dont trois importants séismes de 6,5, 6,6 et 6,8.

Seisme-vancouver

Cette mitraille est survenue à l’ouest de l’ile de Vancouver dans l’océan Pacifique au Canada à la jonction des plaques Juan de Fuca et pacifique. Malgré l’ampleur des séismes, aucun tsunami n’est survenu, car la course de ces deux plaques est heureusement divergente, donc elles ont tendance à s’écarter.

Juan de Fuca

Je vous ai déjà parlé de cette plaque qui glisse sous le continent nord-américain et qui cause le volcanisme de cette région. Les géologues prévoient un séisme de magnitude 9+ lorsque la plaque nord-américaine laissera échapper sa tension accumulée par le télescopage de la plaque Juan de Fuca. Ainsi, tout séisme d’importance survenant à cette plaque pourrait la déstabiliser et causer le fameux séisme appelé la catastrophe Cascadia.

Une histoire à suivre de près, mais pas de trop près, comme l’apprendront à leur dépend les gens de l’Ouest étatsunien et canadien.

La catastrophe Cascadia

On pourrait croire à une rumeur, comme il en existe des milliers sur internet provenant de gens en mal de célébrité ou de revenus provenant d’une vidéo mal foutue mise sur YouTube.

Pourtant, ce dont je vais vous parler n’est pas du tout une farce ou une rumeur infondée et elle concerne une catastrophe naturelle encore plus importante que celle ayant engendré un tsunami dévastateur en Indonésie en 2004, mais cette fois-ci, le malheur frappera l’ouest du Canada et des É.-U.

Pâtiront de ce cataclysme, les villes populeuses de Vancouver, Seattle, Portland et Tacoma. Cependant, des dégâts majeurs et des pertes de vies par dizaines de milliers se produiront sur une longueur de 700 km le long de la côte ouest-nord-américaine. Les autorités des deux pays sont au courant depuis un bon bout de temps, mais on n’évacue pas des millions de personnes réparties dans une région aussi grande que la France sans raison évidente à très court terme.

seisme

Je parle d’un séisme comme nous en avons peu connu. Les experts évaluent la magnitude du séisme déjà nommé Cascadia à 9,2 sur l’échelle Richter. En comparaison, le méga séisme de 2004 avait une magnitude de 9,0. Le cataclysme Cascadia correspondrait au troisième plus important séisme enregistré de notre histoire.

Pourquoi cette prévision n’est-elle pas une rumeur? Voici les faits. En l’an 1700, un terrible tsunami a dévasté le Japon ainsi que la côte ouest-américaine. Des légendes amérindiennes et des écrits japonais en ont attesté. Les géologues ont pu relier ces deux événements à un seul cataclysme de magnitude approximative de 9,0 survenu près des côtes américaines. D’autres cataclysmes d’amplitudes comparables se sont produits au même endroit à des époques plus lointaines. Ces séismes de très grandes amplitudes attestées par des preuves géologiques laissées par les tsunamis ont une récurrence d’environ 240 ans.

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Ainsi, autour des années 1940, un autre séisme de cette nature aurait dû se produire, mais ce ne fut pas le cas. Ce retard de 78 ans augure très mal puisque l’énergie continuant de s’accumuler à un rythme constant, lors de sa libération, elle en sera d’autant plus importante, de là l’évaluation du 9,2, une prévision très réaliste vu la longueur importante de 700 km de la rupture qui l’engendrera.

De fait, la cause de ces séismes de grande amplitude est bien connue. Le restant d’une vieille plaque tectonique nommée Juan de Fuca plonge sous la plaque nord-américaine qui se déforme sous l’énorme pression occasionnée par le frottement des plaques l’une sur l’autre. Lorsque l’élasticité de la plaque nord-américaine atteindra son point de rupture, elle décrochera en libérant toute l’énergie qu’elle aura accumulée durant ces 318 années le long des 700 km que mesure la plaque Juan de Fuca (ligne rouge).

Cascadia1.pngLa Colombie-Britannique et les états américains de Washington et de l’Oregon seront les premiers touchés par ce séisme, mais aussi par le tsunami dévastateur qui frappera les côtes seulement une quinzaine de minutes après le méga tremblement de terre. Bien peu de gens des basses altitudes auront le temps et l’opportunité de fuir vers des lieux surs à hauteur suffisante pour éviter les flux et reflux meurtriers.

Les organismes comme l’USGS (US Geological Survey)) et le FEMA (Federal Emergency Management Agency) ne peuvent rien faire pour éviter cette catastrophe. Ils installent des pancartes le long des côtes pour indiquer aux gens vers où s’enfuir. Ils organisent les futurs secours, mais s’ils voulaient réduire de façon importante les victimes, il faudrait évacuer les habitants de la côte ouest-nord-américaine sans connaitre pour combien de temps. On parle donc d’un déménagement permanent et non d’une simple évacuation. Puisque cela ne se produira pas et que le séisme frappera sans prévenir, le nombre de victimes sera conséquent.

Photos : geide.asso.frsciencealert.comexpress.co.uk

Quelques précisions sur la… précision des infos sur les séismes

Aux nouvelles, on parle souvent de l’épicentre d’un séisme qui situe celui-ci par rapport à des coordonnées géographiques ou à des distances par rapport à des noms de villes ou villages. Pourtant, les dégâts les plus importants ne sont pas toujours situés à l’épicentre d’un séisme et voici pourquoi.

Lorsque les spécialistes déterminent l’origine géographique d’un séisme, ils le localisent dans les trois dimensions terrestres. Sa latitude, sa longitude, ainsi que sa profondeur. Un séisme survient généralement aux alentours des dix kilomètres de profondeur, rarement moins, parfois à des profondeurs plus grandes ou beaucoup plus grandes.

Les géologues tirent un trait vertical à partir du foyer du séisme jusqu’à la surface terrestre. Ce point en surface correspondant à des coordonnées géographiques connues, c’est l’épicentre du séisme, c’est-à-dire la projection au sol du lieu où en profondeur le séisme a eu lieu. Ce point peut très bien se situer à bonne distance des dégâts les plus importants puisqu’il est parfois très éloigné des failles géologiques qui ont coulissé et causé les dommages en surface.

Mais cette façon de déterminer l’origine d’un point dans un volume est standard puisqu’elle ne peut correspondre qu’à un seul lieu précis, ce qui n’est pas le cas des conséquences d’un séisme qui peuvent couvrir une grande surface et même des endroits géographiquement dissociés.

On doit se rappeler que l’épicentre n’est qu’une coordonnée, pas nécessairement le lieu où les ravages ont été les plus graves, même si parfois, et même assez souvent, les deux se confondent. La figure donne un exemple pour lequel l’épicentre et le lieu des dégâts de surface d’un séisme sont dissociés.

Le foyer situé en profondeur d’où émane un séisme se nomme l’hypocentre. La racine grecque « hypo » signifie « au-dessous », « en deçà ». Quant à l’épicentre, c’est le point en surface à l’exacte verticale de l’hypocentre, et pas nécessairement le lieu où les pires dégâts en surface sont survenus.

Donc, ne vous surprenez plus si dans des bulletins de nouvelles, on vous donne d’abord le lieu de l’épicentre d’un séisme et plus tard un autre endroit où sont survenus les ravages les plus notoires. Ce n’est pas une erreur d’estimation initiale. L’hypocentre est très précisément triangulé grâce à une panoplie de sismomètres répartis aux quatre coins de la planète et son alter ego en surface, l’épicentre, ne souffre d’aucune mésestimation importante.

Par contre, on révise parfois à la hausse ou à la baisse l’énergie dégagée par un séisme, la fameuse valeur sur l’échelle Richter. Afin d’accélérer le processus d’alerte, un séisme majeur sera immédiatement déclaré, quitte à n’avoir pas encore obtenu suffisamment de données des sismomètres éloignés pour lui attribuer une valeur d’énergie dégagée très précise. Mais qu’il soit de magnitude 8,9 ou 9,1, un séisme d’aussi grande importance doit être déclaré le plus rapidement possible afin de sauver le maximum de vies. La précision du nombre est améliorée plus tard.

Dernier détail concernant la mesure de l’ampleur des séismes sur l’échelle Richter. On reporte l’énergie dégagée par un séisme sur cette échelle qui est logarithmique et ouverte. Ceci signifie que chaque accroissement d’environ 0,3 point sur l’échelle Richter correspond au double de l’énergie du séisme. Par exemple, entre les deux magnitudes 5,0 et 8,0, l’énergie libérée est mille fois plus grande !

On dit de l’échelle Richter qu’elle est ouverte. Cela signifie qu’il n’y a pas de limite théorique à l’ampleur d’un séisme. Toutefois, le plus important séisme jamais estimé faisait 9,5. C’était au Pérou en 1960. On pense qu’un jour, un séisme causé par la tectonique des plaques pourrait atteindre la magnitude 10, mais pas beaucoup plus. Cependant, si un astéroïde monstre venait à frapper la Terre de plein fouet, il n’est pas exclu que des séismes de magnitude 11 ou 12 nous secouent.

Personne ne tient vraiment à vivre cette journée apocalyptique. Aucune construction ne résisterait à d’aussi puissants cataclysmes. Des incendies feraient rage sur l’ensemble des continents. Les victimes se compteraient par milliards et les survivants périraient à leur tour de l’un ou de l’autre des effets engendrés par cette collision cosmique ayant causé le séisme le plus monstrueux jamais ressenti.