Tasmanie, l’ile oubliée

Situation géographique, géologie et surprises.

Le nom de Tasmanie évoque une terre éloignée, sauvage et vierge, mais à part ça, je n’aurais pas pu situer ce pays avec précision. Pour moi, nord-américain, je la plaçais à l’autre bout de la planète. J’avais raison sur ce point. Par contre, la Tasmanie n’est pas un pays, mais un état de l’Australie. C’est un groupe d’iles du plateau continental australien situé à 200 km au sud-est de l’ile-continent au niveau des quarantièmes rugissants (les 40e parallèles de l’hémisphère Sud). Cette position fait en sorte que la plus proche terre située à l’ouest aux mêmes lattitudes est l’Amérique du Sud. Ainsi, les vents d’ouest qui frappent sa côte ne subissent aucune entrave sur près de 20 000 kilomètres. Enfin, en canotant sur 1 900 km en direction opposée, vers l’Est, on atteint la Nouvelle-Zélande.

Il y a 200 millions d’années, la Tasmanie et sa grande sœur, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Nouvelle-Guinée, l’Amérique du Sud, l’Afrique, l’Arabie et Madagascar, l’Afghanistan, l’Inde et l’Antarctique formaient le Gondwana, un supercontinent dont ses parties sont aujourd’hui dispersées sur une grande superficie de la Planète. À cette époque reculée, l’Antarctique était verdoyant et touchait à la Tasmanie, partageant ainsi une flore commune.

La majeure partie de la Tasmanie est composée de dolérite, une roche dure et dense. On la trouve au centre et à l’est de l’ile. Au nord-est, c’est surtout du granite. À l’Ouest, le sol est plus varié, malgré une abondance de quartzite, une autre roche très dure. Il va sans dire que la Tasmanie possède un sol passablement pauvre. C’est peut-être la raison pour laquelle certaines plantes et arbres sont des fossiles vivants. On peut effectivement trouver dans certaines régions sauvages une flore datant d’avant la fracture du Gondwana. Des espèces végétales vieilles de 250 millions d’années ! D’ailleurs, le tiers de sa superficie est une « zone de nature sauvage » protégée et reconnue par l’UNESCO comme faisant partie du patrimoine mondial.

Ne serait-ce que, pour cette raison, la Tasmanie est un endroit vraiment exceptionnel oublié par le temps et l’évolution. Toutefois, elle recèle d’autres secrets et étrangetés comme on peut s’en douter en évoquant… son diable, par exemple.

À suivre.

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Pauvre Charles Darwin !

Les détracteurs de la théorie de l’origine et de l’évolution des espèces de Darwin sont nombreux. Les créationnistes sont probablement les mieux connus, mais il en existe plein d’autres, dont plusieurs théologiens et les néo-évhéméristes qui considèrent les progrès fulgurants de l’espèce humaine comme étant dus à des manipulations génétiques opérées par des extraterrestres en vue d’accélérer notre évolution plutôt qu’à des changements dus uniquement à la façon dont la Nature fonctionne et à nos activités parmi celle-ci.

On tente également de réfuter Darwin à partir de l’évolution de notre pilosité. D’après ces penseurs, perdre sa fourrure ne constitue pas une évolution puisqu’elle nous aurait obligé à nous vêtir, ce qui constitue une mésadaptation dans le cadre d’une nature où règnent généralement le trop froid ou le trop chaud. Les poils isolent bien la peau des sévices causés par ces deux extrêmes. Un autre exemple bien connu est le fait que le grand naturaliste aurait dit que l’humain descend du singe.

Je dois dire à tous ces gens qu’ils auraient dû lire « L’origine des espèces » et le lire en entier, et le lire pour le comprendre, parce que Darwin n’a jamais dit l’une ou l’autre de ces faussetés. Je suis certain qu’ils ne se basent pas sur leur propre lecture, mais sur des interprétations de gens désirant à tout prix démolir cette théorie à coups d’arguments fallacieux et de propos tirés de leur seule imagination plutôt que des écrits réels de Darwin.

Pour ceux qui croient que la vitesse de l’évolution de l’humain ne peut pas avoir été naturelle, j’aimerais qu’ils me fournissent une liste des autres espèces aussi évoluées que nous, ou plus, qui habitent sur d’autres planètes et qui ont connu une évolution beaucoup plus lente que la nôtre, prouvant que nous n’aurions pas pu évoluer aussi rapidement sans un coup de pouce (ou peu importe le nom que les extraterrestres lui donne) de créatures extra planétaires. Il me faudrait également la liste des espèces ayant reçu ce coup de pouce pour comparer les vitesses d’évolution des deux groupes témoins à la nôtre. Nous pourrions ainsi douter, sans encore toutefois en être totalement certains, que notre évolution ressemble plus à celle du premier ou du second groupe témoin et ainsi en tirer une hypothèse réaliste. Malheureusement, seules des archives permettraient de déterminer, sans conteste possible, si nous avons évolué seuls ou en étant aidés d’une quelconque façon. Conclusion, sans posséder aucun point de comparaison scientifique réellement comparable et dénué d’arguments démagogiques, on ne peut absolument rien déclarer sur la vitesse de notre évolution, peu importe qu’on la trouve rapide ou même époustouflante.

En ce qui concerne notre pilosité ainsi que d’autres exemples du même acabit, Darwin a insisté plusieurs fois dans son livre sur le fait qu’évoluer ne signifie en rien s’améliorer. L’évolution est aléatoire. Certaines espèces en bénéficient, d’autres y perdent au change et plusieurs en sont indépendantes. Perdre nos poils n’a pas été un avantage face à une nature inclémente. Il peut toutefois avoir accéléré nos besoins de trouver rapidement une parade et notre recouvrement par la peau d’un animal mort aurait été notre réponse. Ce faisant, l’obligation de se promener avec une fourrure naturelle serait devenue moins importante, ce qui aurait permis aux partiellement glabres et ensuite aux glabres de continuer à se reproduire et ainsi de transmettre ce caractère génétique à leur descendance. Les détracteurs omettent également le fait que l’humain a pratiquement été exterminé de la surface de la terre à quelques reprises. Mais ça ferait tache parmi leurs arguments déjà pauvres en quantité et nuls en qualité.

Et enfin, pour en finir avec le fait que Darwin nous aurait comparés à des singes en nous plaçant dans leur filiation, c’est un autre mensonge éhonté. Les singes et l’humain sont des branches bien distinctes dans un immense arbre dont le tronc est un organisme unicellulaire vivant il y a 4 milliards d’années. Alors, tant qu’à faire, en utilisant leur même logique défaillante, je les compare à une éponge, à une amibe ainsi qu’à une algue puisque ces trois organismes partagent également des ancêtres communs avec nous. Peut-être trouveront-ils ainsi le singe plus acceptable après tout. Quoique le plaisir que je ressens à les associer à une éponge ou à une algue est trop grand. Je pense que je vais écrire un livre pour parler d’eux. Je l’intitulerai « L’origine des espèces… ignares et fières de le rester ».

Dans un autre article, j’aborderai une erreur commise par Darwin et elle ne concerne pas ce dont je viens de parler. Une erreur qui semble lui avoir passé sous le nez. C’est tout de même encourageant pour nous. Elle permet de constater que personne n’est à l’abri d’en commettre.