Le mystère de l’observation

En physique quantique, l’observation joue un rôle critique. Vous avez certainement entendu parler du chat de Schrödinger placé dans une boite dotée d’un mécanisme de désintégration radioactive qui, si elle survient, brise une fiole de gaz mortel. Si on laisse le chat dans la boite durant un temps équivalent à la demi-vie de l’atome radioactif, il a une chance sur deux de mourir.

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D’ailleurs, je félicite ce physicien d’avoir placé un chat dans sa boite. Il partage certainement avec moi une aversion pour ces boules de poils volatilophages.

En physique quantique, le concept du chat miaulant à moitié s’interprète légèrement différemment. Il n’est plus simplement question de statistique du genre « soit l’un, soit l’autre », mais plutôt « moitié l’un et moitié l’autre ». Ainsi, le chat se trouve simultanément dans les états vivant et mort jusqu’à ce qu’un observateur ouvre la boite pour constater lequel des deux a préséance. Mais avant ce constat, le chat partage les deux états à parts égales.

Évidemment, Schrödinger a utilisé la métaphore du chat pour expliquer des phénomènes quantiques réels. À l’échelle macroscopique, à notre échelle, les phénomènes quantiques se sont depuis longtemps résorbés et jamais on ne pourra établir qu’un chat soit simultanément mi-mort mi-vivant. Toutefois, à l’échelle microscopique, la simultanéité de deux états doit être considérée comme exacte. Il ne s’agit pas simplement d’une image, mais de la stricte vérité.

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Il faut cependant expliquer une différence fondamentale entre l’observation d’un chat et l’observation d’un photon, d’un électron ou d’un atome pour mieux comprendre la subtilité du phénomène quantique.

Dans notre monde quotidien, un bon observateur se doit de ne pas interagir avec son sujet d’étude s’il veut obtenir des données recevables. S’il perturbe le milieu observé, ses conclusions seront biaisées. En physique quantique, il est impossible d’observer sans perturber l’élément étudié. On ne peut pas connaitre les propriétés d’un photon ou d’un électron sans le faire interagir avec un instrument de mesure quelconque. Ainsi, l’observation quantique ne se contente pas d’observer à distance, elle perturbe violemment son sujet d’étude.

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En fait, si on n’interagit pas avec une particule, elle semble rester totalement intangible et son existence ne devient réelle que lorsqu’il y a une observation. Einstein avait ce principe en horreur. Il disait : « Je ne peux pas croire que la Lune n’est pas là lorsque je ne la regarde pas ».

Cette façon de voir n’est pas correcte. On devrait plutôt penser de la sorte. Même si la Lune n’existe pas véritablement lorsqu’on ne l’observe pas, les informations la concernant sont, elles, bien réelles. Ainsi, notre astre continue de générer des marées même si personne ne l’observe puisque l’espace conserve toutes les informations concernant l’ensemble de ses particules.

Ainsi, que la Lune prenne forme et couleurs uniquement lorsqu’on la regarde, ça ne change rien puisque ses informations restent bien présentes. Elles sont simplement lues, ou pas.

Je vous propose de vous référer à un autre de mes articles concernant l’univers informatif. Il est plus facile de démystifier les bizarreries de la physique quantique lorsqu’on imagine un univers où tout n’est qu’informations plutôt qu’un univers constitué à la base de matières et d’ondes. Oui, matières et énergies finissent par émerger par une interaction ou par une observation. Cependant, leurs informations restent toujours tapies au plus profond de la trame spatiotemporelle et ce sont elles qui comptent véritablement au bout du compte.

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Ouais, voilà mon cinq-centième article.

Pour l’occasion, rien du tout. Je vous donne congé de lecture et de réflexions.

Mais n’en prenez pas l’habitude! On se retrouve très bientôt et soyez en forme!

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Blogueur

Devenir blogueur est une décision pouvant paraitre simple et elle se prend souvent sans en faire plus de cas. Nous pensons être en mesure de fournir des informations intéressantes à nos lecteurs dans un domaine dans lequel nous sommes compétents ou qui nous fait plaisir, nos loisirs, nos enfants, un sujet d’intérêt ou d’inquiétude, etc.

Grand corbeau

Puis on se lance avec la ferme conviction que les lecteurs afflueront. Normal, si quelque chose nous intéresse, il devrait y en avoir tout un tas avec le désir de nous lire alors que nous possédons d’excellentes informations sur le sujet.

Nos premiers abonnés semblent confirmer notre analyse. Ça va déchirer ! On le sent ! Puis le premier pic d’abonnés s’essouffle. On redouble d’efforts, mais déjà notre esprit commence à comprendre la dure réalité. Peu importent nos énergies déployées, un nobody restera un nobody à moins de faire scandale ou de faire un tabac avec une vidéo totalement conne donc virale.

StatsWP

Bloguer vide notre sac à provisions qu’on croyait pourtant inépuisable. Chaque nouvel article nous coûte davantage que le précédent. Nous espaçons nos écrits, mais nous commençons déjà à sentir la fin de l’aventure. Trop de désavantages pour presque aucun avantage. Le nombre de lecteurs reste famélique pour tout ce temps et tous ces efforts investis… en vain.

Nos écrits resteront accessibles un certain temps jusqu’à ce que l’abonnement au site vienne à échéance et sans renouvellement cette belle aventure finira comme elle a commencé, dans l’anonymat le plus total.

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Cette aventure a été vécue par nombre de personnes aujourd’hui disparues des radars et qui gardent un souvenir mitigé d’espoirs déçus. Il faut toutefois se rendre à l’évidence, nos blogues sont des gouttes d’eau dispersées dans une mer de n’importe quoi, quelques articles sérieux originaux, beaucoup de relais d’informations préexistantes et un tas d’inepties.

Le blogue du Corbot existe depuis plus d’un an, mais j’écris un article par jour depuis une révolution terrestre complète autour du Soleil. Mes écrits sont tous totalement originaux, je me documente, je fouille dans ma mémoire et dans mes livres, je trouve de nouvelles références, j’élabore un plan en choisissant un angle d’attaque particulier et original, je rédige, révise, corrige, catégorise et étiquette avant de mettre en ligne. Tout ce processus prend du temps et énormément d’énergies quotidiennement.

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Tenir un blogue (b-log), un journal (jour-nal), requiert de la discipline et il dépasse le simple désir de parler de soi et de ses intérêts immédiats. Cet acte nous pousse à nous améliorer tant au niveau du fond que de la forme. Cet exercice quotidien m’a donné des idées nouvelles dans un florilège de domaines distincts. J’ai établi d’étonnants ponts interdisciplinaires. J’ai nuancé ma pensée en intégrant encore plus de variables dans mes équations. Je me suis laissé porter par des flots d’idées décousues que j’ai rassemblées en courtepointes étonnamment riches en couleurs et en substances. Et pour toutes ces raisons, je vais continuer à vous proposer des articles, cependant, je ne m’engage plus à maintenir le rythme d’un article original par jour.

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J’aimerais remercier tous mes lecteurs et particulièrement ceux qui déposent des commentaires. Je sais combien ces petits mots exigent encore plus de temps et d’énergies de la part des blogueurs-lecteurs. Je reçois donc chacun d’entre eux comme de précieux cadeaux. Je continuerai aussi de vous lire de façon assidue et de commenter vos articles lorsque je pense apporter une opinion alternative et originale.

Je poursuis donc mon aventure avec vous durant une autre année, pour du meilleur et du moins pire. Alors… à demain.

Les absolus

– Les livres ne sont pas dangereux, un seul livre, oui.

Cette citation dont j’ai oublié l’auteur comporte en elle le mal et son remède. S’abreuver à une seule source ne peut que mener à en devenir esclave. Diversifier ses lectures, multiplier les points de vue apporte la capacité de relativiser, l’opportunité de saisir les subtilités et la culture pour comprendre les autres. Et souvent, ce seul exercice de lecture attentive et variée finit parfois par nous démontrer l’inexistence dudit problème.

L’endoctrinement se cache dans les absolus et les superlatifs absolus. Toujours, jamais, entier, aucun, tout, rien, le meilleur, le pire, l’ultime.

Ces termes pullulent dans les écrits visant à convaincre et à endoctriner. Pourquoi ? Parce qu’un superlatif prétend des choses sans les prouver. En abreuvant les gens d’absolus, ceux-ci pensent avoir touché à une vérité essentielle. Les gens aiment bien les convictions, elles permettent de ne pas dépenser le temps et les énergies nécessaires pour comprendre par soi-même. Ne laissant aucune place aux nuances, les absolus cherchent à réfréner tout questionnement. Calquer les absolus des autres semble être une attitude raisonnable lorsqu’on croit en quelqu’un de plus intelligent que soi, qui a pris le temps de réfléchir et qui est parvenu à trouver des solutions. Et pourtant, on devrait vite s’éloigner des gens trop confiants pour être dans l’erreur, trop convaincus pour être passés à côté du problème.

Il n’existe pas de remède simple à des problèmes complexes. Quand Alexandre le Grand s’est confronté au nœud gordien, il ne l’a pas défait, il l’a tranché, rendant la corde par le fait même inutilisable. Ce n’était pas une solution au problème proposé. C’est souvent le cas avec l’intégrisme. Les solutions sont simples, simplistes même, et ne résolvent aucun soi-disant problème. Elles en créent. Il ne faut jamais oublier que les manipulateurs ont trouvé la solution bien avant de réfléchir au problème qu’il serait censé résoudre.

On ne résout pas un problème complexe en un seul traitement. Il faut planifier des phases, établir des objectifs clairs et mesurables pour chacune d’elles. Il faut constamment réviser ses processus selon les résultats obtenus. En résumé, il faut réfléchir, ne pas craindre de poser les bonnes questions et de trouver des réponses qui, parfois, ne sont pas celles qui auraient eu notre préférence.

Certains points de vue semblent parfois irréconciliables lorsqu’ils puisent leur source dans des dogmes antagonistes. De même que satisfaire l’individu et le collectif sur un point précis relève parfois du miracle. Recourir à des référendums et à des sondages permet de statuer sur l’opinion de la majorité avec une marge d’erreur plus ou moins importante. Ces deux outils présentent un portrait qui, comme tout instantané, est parfois flatteur, parfois grimaçant. L’outil idéal n’existe pas puisque « idéal » fait partie des superlatifs. Il est tout aussi dangereux de gouverner uniquement à partir des sondages et des référendums que de gouverner en les ignorant.

Les pensées individuelles et collectives évoluent. Lorsque j’ai obtenu mon permis de conduire, bien des automobilistes plaçaient encore une bouteille de bière entre leurs cuisses. Cette action ne consistait pas à rafraichir l’entrejambe à cause d’une petite amie trop entreprenante. Personne ne portait la ceinture de sécurité, y compris les enfants. Et la cigarette était bien vue, même en hiver, même avec les vitres closes. Changer les mentalités s’accompagne d’études, de statistiques et d’exemples, et pas n’importe lesquels. La méthode scientifique donne un cadre de travail. Elle ne garantit pas de découvrir la vérité, mais elle permet de comprendre les limites d’interprétation des informations ainsi obtenues. Voici mes trois phrases résumant les étapes importantes permettant de résoudre un problème.

  1. Lire suffisamment pour apprendre adéquatement
  2. Réfléchir librement pour comprendre subtilement
  3. Agir judicieusement pour se déprendre intelligemment