Je suis

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Je suis le vent glacé automnal, le ciel ombrageux, les feuilles tombées

Je suis l’étranger indésirable, l’inverse de l’an droit, l’épine dans la chair

Je suis l’oiseau rabattu, le corbeau aux ailes d’Échyrée, la menace tue

Je suis l’arbre sauvage épargné des haches et du feu, fier, risible, esseulé

Je suis le mascaret remontant le fleuve des préjugés, le ras-le-bol-de-marée

Je suis l’ile aux falaises tranchantes, inabordable, peuplée d’oiseaux exotiques

Je suis le pieu du prétentieux, le dénonciateur du menteur, l’ail du vampire

Je suis la pluie sournoise, le verglas briseur, la pesanteur indésirable

Je suis l’épopée oubliée, le héros méconnu, la quête avortée

Je suis l’enfer inondé, le ciel silencieux, la terre en jachère

Je suis l’innommable, l’inqualifiable, l’épouvantail

Je suis la marmite débordante, la rébellion sous couvert, l’incompréhensible

Je suis la défervescence, l’extincteur des idioties, le réaliste indésirable

Je suis les nuées noires, le symbole de la furie, le silence annonciateur

Je suis l’univers atomisé, l’immensité ratatinée, le peu anéanti

Je suis mon indomptable roi, mon irréprochable loi, ma juste foi

Je suis moi… qui suis-je

Avenir à venir

Combien de livres, combien de films, combien d’histoires parlent du destin, de la fatalité ? Comme si notre vie était toute tracée d’avance et que nous n’avions qu’à nous laisser porter par notre destinée jusqu’à un but tenu secret, mais bien réel. Plusieurs scénarios viennent instantanément à notre esprit où l’on voit des gens de toutes origines accepter de devenir meilleurs pour sauver des personnes ou des mondes dévastés par une calamité humaine ou autre. Malgré la fiction entourant ces personnages et leurs histoires, même si on est voué à jouer un rôle beaucoup plus secondaire et humble dans la vie, il est presque rassurant d’imaginer notre existence entre les mains d’un Grand Architecte.

Ainsi, plutôt que de forger notre place dans le monde, il suffirait de s’intégrer au moule préformé et d’en accepter les conséquences, positives ou affreuses. Personnellement, cette conception de la façon dont l’univers fonctionnerait, d’un Grand Patron omnipotent ayant écrit toutes nos existences avant même notre naissance, me rejoint très peu. Bien entendu, je passerai pour un mauvais croyant aux yeux des gens ayant foi en ce genre d’entité régentant nos actions, nos épreuves et nos destinées. La plupart d’entre eux croient également à l’existence d’une certaine part de liberté puisqu’il serait d’une infinie tristesse si nous n’étions que des marionnettes inconscientes de notre situation réelle. Mais voilà, ces deux conditions réunies se mêlent aussi bien que l’huile et le vinaigre. Notre existence ne peut pas être écrite et notre entité posséder un degré de liberté quelconque. Nous sommes l’écrivain d’une partie de notre biographie. L’écriture de certains passages ou chapitres de notre existence nous appartient alors que d’autres ont été ou seront rédigés par des gens de notre entourage ou par des rencontres fortuites. C’est normal, naturel et moins beaucoup moins attristant ainsi. L’écriture de notre avenir reste encore… à venir.

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