Gamines pensées, société puérile

La pensée humaine moderne reste tributaire de celle de nos ancêtres, c’est-à-dire les chasseurs-cueilleurs, puis des agriculteurs-éleveurs. Malgré toute notre évolution technologique et scientifique, nous continuons de penser comme eux, de placer nos priorités aux mêmes endroits et de prendre les mêmes moyens qu’eux pour réaliser nos projets. Voilà probablement la raison profonde de nos échecs actuels.

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La société a technologiquement évolué sans progresser dans ses paradigmes. Ceux-ci se sont avérés valables à d’autres époques et pour d’autres conditions, mais maintenant ils plombent nos projets d’avenir en nous ramenant constamment à ne regarder qu’à court terme, jusqu’au prochain repas, jusqu’à la prochaine chasse, jusqu’à la prochaine saison des semailles ou des récoltes.

Aujourd’hui, nous devons nous donner des défis indépendants des politiciens et de leurs considérations presque uniquement centrées sur leur réélection. La société a besoin de projets vus, prévus, planifiés et réalisés sur le long terme.

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Tous les quatre ans, on change la couleur des fusées et leur destination, bien plus pour des considérations d’héritage politique que pour atteindre des objectifs scientifiques et sociologiques.

Les oligarques imposent leurs vues et leurs objectifs à l’ensemble des citoyens. S’ils détestent l’épeautre, gagez que nous ne verrons jamais de pains composés d’épeautre sur les rayons des marchés. S’ils détestent l’énergie solaire, il végètera au fond des labos désœuvrés. S’ils aiment les armes, le monde vivra en guerre permanente, peu importe les efforts adverses. S’ils se foutent de l’environnement parce qu’ils se montrent incapables de comprendre comment ils peuvent en tirer profit, nous resterons tous et toujours des pollueurs exemplaires.

Force est de constater que nos vrais dirigeants, les oligarques, nous prouvent jour après jour leur incapacité à regarder au-delà du prochain trimestre et nous les laissons nous diriger, nous dire ce que nous devons faire, nous dire quoi penser, nous dire quoi aimer, nous dire comment vivre et comment mourir. Nous pensons et agissons comme des gamins, alors nous en sommes.

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Voilà où en est rendue la société humaine. En fait, elle est rendue nulle part puisqu’elle n’a pas progressé d’un seul pas depuis l’Antiquité, depuis les grottes et même depuis les savanes. Nous avons donné nos sociétés sans rien recevoir en échange à une bande d’enfants gâtés, égoïstes, totalement imbus de leur rang, incapables de la moindre empathie, du moindre projet rassembleur, des moindres pensées progressistes et nous les suivons comme s’ils pouvaient nous apporter le bonheur alors qu’ils nous enlisent dans la mouise la plus débilitante et la noirceur la plus totale.

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Nous ne reconnaitrons jamais nos erreurs, tout d’abord celle qui consiste à se laisser diriger par une bande de junkies à l’argent, et ensuite celle de continuer à les suivre docilement jusqu’au précipice où ils nous laisseront nous bousculer jusqu’à tous s’y précipiter de gré ou de force.

Ce dernier constat est pour moi le pire à accepter. Reconnaitre ses erreurs, ses gaffes, ses faiblesses est une étape essentielle dans un processus d’évolution et la société humaine actuelle reste totalement imperméable à l’autocritique et absolument incapable de choisir de nouvelles directions.

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Bien que les dinosaures aient dominé sur Terre pendant 165 millions d’années, ils n’ont pas pu s’adapter suffisamment rapidement aux nouvelles conditions, sauf une petite branche pourtant bien plus fragile, les espèces aviaires qui nous ont donné tous nos oiseaux actuels.

L’humain agit en prédateur suprême. Toutes les espèces ayant porté cette étiquette, leurs os ont terminé entre deux couches géologiques, sauf le requin ! Nous sommes les prochains sur la liste. L’Anthropocène, ou si l’on préfère le Meghalayen, aura été de très courte durée, quelques centaines d’années tout au plus.

À moins que nos sociétés se dotent d’outils pour briser leur dépendance absolue face à cette bande de caïds juste bonne à répéter la même recette ad nauseam. Cette recette, évidemment, est celle qui les avantage tout particulièrement, raison de leur collage à l’époxy sur leur siège rembourré au papier-monnaie. Que croyez-vous réellement? Qu’ils décolleront d’eux-mêmes de leur confortable siège? Qu’ils amèneront la société quelque part ailleurs où il fait meilleur? Qu’ils possèdent une vision cohérente et perspicace du futur? Votre réveil s’avérera méchamment brutal si vous croyez à ces âneries.

Notre naïveté ne peut pas durer éternellement. Notre dépendance aux décisions d’une minorité confirme notre statut de gamins. Agissons en vrais adultes, relevons nos manches et attaquons les problèmes à la racine. Enfin, donnons-nous des objectifs clairs et indépendants des classes politiques et oligarchiques. Déterminons ensemble des objectifs de société et réalisons-les, pour le bien de notre société et de tous ses citoyens.

Lorsque nous renverserons la vapeur et que ce sera la société qui dira aux oligarques et aux politiciens quoi faire et comment le faire, nous commencerons à vivre dans une société adulte. En attendant, nous ne faisons que jouer aux billes !

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Une histoire d’univers parallèles

Aujourd’hui je vous présente une histoire maintes fois reprise sur la toile tendant à prouver que des univers parallèles existent. À la fin de cet article, je vous donne mes raisons pour lesquelles cette histoire devrait être crue ou, au contraire, être considérée comme un canular.

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L’inconnu venu de… de… ?

Aéroport de Haneda, Tokyo, 1954. Un homme caucasien d’âge moyen portant des vêtements élégants se présente aux douanes après son vol en provenance d’Europe. Il explique en être à son troisième voyage d’affaires à Tokyo cette année. Sa langue maternelle est le français, mais il parle correctement le japonais et plusieurs autres langues. Son sac de voyage contient des billets de banque de plusieurs pays, confirmant ses habitudes de grand voyageur.

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Jusqu’ici, rien de bien étrange jusqu’à ce qu’il réponde à la question sur son pays d’origine et présente son passeport. Il affirme provenir d’un pays appelé Taured, ce que son passeport maintes fois estampé de visas variés semble confirmer. Les agents lui répondent qu’aucun pays au monde ne porte ce nom. L’individu situe pourtant Taured entre la France et l’Espagne.

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Il dit avoir un rendez-vous d’affaires avec une compagnie dont le nom n’apparait nulle part dans les différents registres japonais. Par contre l’hôtel où il devait résider existe bien, mais celui-ci ne retrouve aucune trace d’une réservation au nom du monsieur. Le nom de la banque nippone apparaissant dans son calepin n’a jamais existé.

L’homme croit avoir affaire à une farce élaborée et se moque des agents qui lui pointent sur la carte la Principauté d’Andorre, le lieu probable du pays qu’il s’entête à nommer Taured. Il jure n’avoir jamais entendu parler d’un pays nommé Andorre. D’après lui, Taured correspond bien à l’actuelle Principauté d’Andorre, mais le pays se nomme Taured depuis plus d’un millier d’années.

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Les douaniers décontenancés le logent pour la nuit sous bonne garde dans un hôtel proche tout en conservant ses papiers dans une salle sécurisée de l’aéroport, le temps de savoir quoi faire avec cet énergumène venant d’un pays inconnu, mais muni d’un passeport et d’un permis de conduire prouvant le contraire.

Le matin suivant, l’homme s’est volatilisé alors qu’il n’a pas pu quitter sa chambre fortement gardée. Pire, tous ses effets personnels et même ses papiers laissés en sécurité à l’aéroport ont subi le même sort. C’est comme si toute cette affaire n’avait jamais existé.

Les douaniers n’ont écrit aucun rapport officiel sur cet événement, ce qui rend sa véracité suspecte. Toutefois, il aurait été surprenant qu’ils fassent exprès pour faire des fous d’eux-mêmes. Cependant, cette histoire remontant à 1954 semble avoir été oubliée jusqu’en 1981 où elle apparait dans le livre The Directory of Possibilities. Ni le nom de l’individu, ni la compagnie aérienne, ni le numéro du vol, aucune information permettant des recherches ne semblent avoir remonté jusqu’à nous.

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Preuve d’univers parallèles ou tentative pour nous y faire croire?

Cette histoire est reprise des tas de fois sur internet, principalement sur des sites ésotériques où l’existence d’univers parallèles est défendue avec convictions.

Je n’ai rien contre le concept d’univers évoluant dans des dimensions parallèles, j’en ai contre le parallélisme des histoires de ces mondes. Dans tous les exemples répertoriés, on nous présente des mondes quasi identiques mis à part quelques détails. Je vais expliquer pourquoi cet élément constitue le talon d’Achille de ces histoires.

La divergence

Il faut savoir distinguer des univers parallèles et des histoires d’univers parallèles.

Dans cette histoire, Taured existe depuis plus de 1000 ans. L’univers parallèle serait donc au moins aussi vieux. Cela signifie que les deux mondes, le nôtre et celui du voyageur, ont eu le temps de diverger depuis autant d’années. Puisque le hasard ne peut s’appliquer de manière identique dans deux univers et que nous sommes sous l’emprise des lois du hasard, de légères différences seraient apparues dès l’apparition de l’univers parallèle. Celles-ci auraient entrainé quelques changements qui se seraient additionnés à de nouvelles variations pour créer des réalités de plus en plus divergentes.

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Tous les systèmes cumulatifs créent des divergences exponentielles entre eux. En mille ans, les différences accumulées auraient créé un monde si différent qu’on ne reconnaitrait plus qu’il provient du nôtre. Ce ne sont donc pas quelques différences superficielles, mais bien des univers totalement différents qui nous apparaitraient après mille ans de divergences.

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Le saut interunivers

Je ne réfute pas la probabilité de sauter d’un univers à un autre. Par contre, le fait qu’un seul individu voyageant en avion en compagnie de centaines d’autres se soit retrouvé aspiré par le nôtre m’apparait pour le moins suspect. Qui plus est, ses bagages l’auraient miraculeusement suivi dans ce saut. Pour un heureux hasard, c’en est tout un! À croire que l’inanimé possèderait une conscience capable de suivre son maitre. Avoir su, je n’aurais jamais perdu un seul bagage lors mes voyages en avion. J’avais juste à leur demander gentiment de me suivre partout où j’irais.

La disparition

D’autre part, comment interpréter sa disparition de la chambre d’hôtel et celle de ses papiers à l’aéroport? Un nouveau saut parfaitement bien synchronisé qui l’aurait ramené dans son monde, lui, ses bagages et ses papiers? Peut-être ont-ils subi un anéantissement pur et simple à cause d’une incapacité de subsister ici? Pourquoi alors cette disparition serait survenue durant la nuit et pas avant à l’aéroport?

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1954 et 1981

Les 27 ans séparant les faits de leur publication me rendent suspicieux. On ne peut remonter dans les archives des compagnies aériennes de l’année 1954 où le transport aérien était bien différent d’aujourd’hui et les ordinateurs quasi inexistants. Cette histoire manque cruellement de détails et on ignore par qui et comment elle a pu avoir été transmise durant ces 27 ans.

Taured vs Andorre

La création d’Andorre date de l’année 780 et son paréage a eu lieu en l’an 1278 grâce à Charlemagne. Les origines présumées de Taured concordent donc avec celles d’Andorre. Cependant ce millénaire de divergence pose le problème inverse, celui de la trop grande ressemblance. Le terme Taured pourrait provenir de l’arabe [t’awr] signifiant montagne, parfaitement compatible avec le paysage de cette plus petite principauté d’Europe nichée dans les Pyrénées.

Cette divergence somme toute mineure paraitra plausible aux yeux des gens. Petit territoire, petite histoire, petite divergence qui ne remettent pas en cause les ressemblances conservées entre les deux univers. Mêmes pays mis à part le nom Taured, mêmes monnaies, mêmes langues, mêmes types de transport, tout est semblable à quelques exceptions près. Andorre recyclée en Taured ne choquera pas la sensibilité de la majorité des lecteurs. Pourtant, c’est justement cette trop petite différence entre les deux mondes qui rend cette histoire plus que suspecte.

Mon verdict

Pour ces raisons, je considère cette histoire inventée de toute pièce, son auteur commettant la même gaffe que presque tous les autres créateurs de mondes parallèles (Fringe, Sliders) qui s’entêtent à engendrer des mondes trop semblables, trop crédibles pour être véridiques. Mais aux yeux des spectateurs et des lecteurs, les histoires trop divergentes perdraient tout intérêt.

Et comment réussir à nous faire croire à l’existence d’univers parallèles sinon en nous présentant des histoires quasi parallèles? Certainement pas avec une probabilité bien plus réaliste, celle d’univers très divergents! Comme quoi, il est facile de se faire duper si on omet d’analyser tous les détails d’une histoire.

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À trop vouloir une histoire crédible…

Ici, l’erreur est récurrente et commune à presque toutes ces prétendues preuves, les auteurs créant des histoires trop parallèles pour des univers parallèles, car ils se fourvoient entre le parallélisme d’existence et le parallélisme événementiel impossible à préserver, car il est en partie mu par le hasard et rapidement l’histoire divergera exponentiellement avec le temps qui passe.

Après la sixième extinction massive

Après une grande extinction comme l’une des 26 importantes qui ont frappé la Terre depuis sa naissance vient une explosion de nouvelles espèces qui conquièrent les niches écologiques laissées vacantes par les précédentes.

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Aucun cataclysme planétaire n’a encore signé l’extinction de toute vie sur Terre. Il serait peu probable que cela survienne, à moins que la planète tout entière soit disloquée, avalée, annihilée par un trou noir, une étoile à neutrons ou par une collision avec une autre planète qui ramènerait notre monde au stade de l’Hadéen (premier éon de l’histoire de la Terre).

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L’exemple du Cambrien

Lorsque la vie trouve des opportunités de foisonnement, les nouvelles espèces bourgeonnent de manière plutôt échevelée. Confinée à un certain territoire dépourvu de prédation sérieuse, la vie teste de nouvelles façons d’exister. Lorsque nous observons les fossiles de la faune de l’explosion cambrienne, plusieurs espèces seraient facilement qualifiables de nature extraterrestre tellement leurs caractères nous apparaissent exubérants.

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Cette période géologique débute voilà 541 millions d’années avec l’extinction de l’Ediacarien, la dernière période précambrienne, et s’étire sur 56 millions d’années au-delà.

Chaque environnement développe ses propres solutions qui seront mises à l’épreuve. Ainsi, il nous sera impossible de connaitre la majorité des espèces cambriennes, seules les plus mobiles et les plus aptes à survivre ont conquis de plus grands espaces permettant un nombre plus important de fossiles. Quelques espèces auront une descendance qui se perpétuera jusqu’à aujourd’hui, dont plusieurs arthropodes (corps segmentés articulés munis de pattes).

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Des traces permanentes confirment une nouvelle période géologique. L’Holocène s’est terminé pour laisser la place au Meghalayen, nommé officieusement Anthropocène durant plusieurs années. Extinction massive d’espèces, importants résidus des combustibles fossiles dont les plastiques, la Terre s’est transformée et les changements continuent de s’accélérer.

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La grande extinction actuelle causée par l’humain laisse elle aussi des niches vides qui se remplissent par des espèces existantes indigènes ou migratoires. Mais l’histoire nous montre qu’apparaitront également de nouvelles espèces issues de mutations de caractères plus favorables que ceux existants. Elles profiteront de toutes les faiblesses engendrées par les changements environnementaux pour s’imposer devant leurs semblables. Meilleure adaptabilité à la chaleur, à la sécheresse, aux vents, aux inondations, aux insectes, des plantes quasi indestructibles et des animaux supportant les extrêmes finiront par proliférer au profit d’une flore trop fragile et d’une faune trop spécialisée.

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Mutations

Certaines mutations paraitront légères tandis que d’autres afficheront des changements drastiques. Par exemple, avec la hausse moyenne des températures, le gigantisme pourrait facilement et rapidement redevenir à la mode. Mais l’inquiétude vient de ce que nous ignorons. Naitra-t-il des hybrides du style «alien», «the thing» ou «predator» apparaitre? Le prédateur parfait, l’ennemi idéal de l’humain verra-t-il le jour?

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À ce jeu de hasard génétique, de conditions environnementales encore inconnues et d’opportunités ratées ou profitées, il s’avère impossible de deviner ce que la Nature nous concoctera. Toutefois, le déséquilibre environnemental actuel risque d’engendrer de bien mauvaises surprises. Ce sera à découvrir, mais d’ici là, mes os m’auront depuis longtemps foutu la paix. Mais en suis-je bien certain? Les nouvelles sur le sujet pourraient s’avérer bien pires et survenir bien plus tôt qu’on pourrait le croire!

L’humain

Pour terminer, une autre nouvelle probablement pas très réjouissante, l’humain aussi s’adaptera ou il disparaitra. À quoi ressembleront les futures générations d’humains? Porteront-ils toujours la dénomination homo sapiens ou devrons-nous parler d’une nouvelle espèce?

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Ce pourrait être homo gigantis (homme gigantesque), homo troglodytis (homme vivant sous terre), homo coriaceus (homme à cuirasse) ou même homo pteryx (homme ailé). Si certains dinosaures ont su se transformer en bête volante, pourquoi pas notre espèce?

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On pourrait au moins affirmer que la sixième extinction de masse nous aurait élevés à des hauteurs insoupçonnées. Ça camouflerait peut-être un peu la sombreur de notre méfait!

Armistice climatique

Vous, climatosceptiques, vos magouilles ont atteint leur but. Vous avez muselé toutes les générations de politiciens depuis cinquante ans, sinon plus.

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Je vous concède la victoire. Personne n’a encore levé le petit doigt, personne ne s’apprête à le faire et personne ne s’en donnera la peine. Alors, ayez maintenant au moins la décence de vous fermer le clapet et commencez à admirer les résultats de vos efforts et à assumer les conséquences de vos actes et de votre réussite.

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Vu la tournure du climat, tout combat entre les deux factions est devenu inutile. Je vous propose donc plus qu’une trêve, je suggère un armistice à instaurer entre nos deux clans. Je voudrais maintenant passer le reste du temps qui m’est imparti à discuter d’autre chose. Je ne veux plus vous entendre, ni vous lire, ni même savoir que vous existez. Écrasez-vous dans un coin, trinquez à votre victoire avec vos semblables en vivant naïvement vos derniers moments dans le monde actuel au seuil du basculement que vous niez encore si énergiquement alors que ses ancrages ont tous cédé.

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Je souris parce que les puissants de ce monde qui vous ont utilisé comme de bons vassaux pour véhiculer leurs mensonges finiront comme nous, comme vous, comme tout le reste de la population. Ils auront beau se payer tous les moyens de fuir la chaleur, ils vivront dans des aquariums sans possibilité de s’en échapper au risque de frire.

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Leur univers chimérique qu’ils ont si chèrement défendu ne leur fera aucune faveur. Enterrés pour le reste de leurs jours, ils regarderont des albums souvenirs en se demandant pourquoi personne n’a rien fait, oubliant pour le bien de leur santé mentale restante qu’ils ont été les instigateurs, les architectes et les promoteurs du gâchis.

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Vous croyez que je plaisante? Vous croyez que j’exagère comme tout bon adepte du dérèglement climatique? Vous auriez le cul profondément incrusté dans l’élément du poêle que vous continueriez de nier l’évidence de la chaleur qui s’en dégage. Vous auriez beaucoup trop mal si vous constatiez la réalité que vous avez si hargneusement niée.

Je suggère donc à tous ceux qui ont partagé mes opinions de signer l’armistice. Chers amis, n’oubliez pas qu’avoir raison n’a jamais été l’enjeu de cette guerre. La raison étant absente chez nos ennemis, nous avons cherché à les convaincre avec des arguments rationnels. Ce fut une grave erreur stratégique. Une erreur dont une armée ne se relève pas. Nous avons tout misé sur une fausse hypothèse, celle de l’existence d’un minimum de bon sens chez les membres de la partie adverse.

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Rentrons chez nous et embrassons nos proches, nos êtres chers. Partageons de beaux moments avec eux, loin des invectives, pansons nos plaies que de tels débats stériles ont créées dans nos esprits visionnaires passionnés.

Lorsque les évidences deviendront indéniables pour les serviles du clan des climatosceptiques, je ne voudrais pas que les gens les lynchent en guise de défoulement pour avoir continué de nier avec toutes les preuves inverses sous le nez. Seul un vrai armistice les protégera des abus potentiels de ceux qui ne leur pardonneront pas.

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On pourrait me rétorquer qu’ils mériteraient bien de passer au hachoir, mais ma morale me dicte de rester humain avec tous les humains, même avec ceux qui se comportent en esclaves amadoués au service d’une certaine caste dirigeante cherchant par tous les moyens à fixer leur bateau comme s’il se trouvait en cale sèche alors qu’il navigue sur des océans imprévisibles.

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Les climatosceptiques comprendront trop tard que l’argent et le pouvoir des gens puissants ne prouvent aucunement qu’ils possédaient une intelligence supérieure. Les apôtres vivront l’amère déception de s’être acoquinés à des géants aux pieds d’argile qui vouaient un culte sans bornes à l’argent et que celui-ci, comme la pire des drogues, leur avait brouillé l’esprit et le jugement depuis des lustres.

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Cherchant à obtenir une part inexistante d’un illusoire gâteau, ils se verront jeter par leurs maitres dans les oubliettes de leurs châteaux en ruines en guise de remerciement pour leur dévouement aveugle. Pour ma part, ce rejet dédaigneux des gens à qui ils ont léché les bottes sera suffisant pour me sentir vengé de leur traitrise. Je n’irai pas les tirer de ces donjons nauséabonds, mais je garderai quand même pour eux une petite pensée.

Cette pensée pour mes anciens ennemis, l’armistice, comme le temps, n’y changera rien. Elle survivra intacte et non édulcorée. Ils n’auront été qu’une «bande d’imbéciles». Puissent ces mots devenir mes dernières paroles et j’autorise leur gravure sur ma tombe au cas où il resterait quelques humains pour les lire et pour se rappeler leur incommensurable bêtise.

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Fous de la lessive

Un fléau quasiment jamais évoqué est celui de la lessive excessive. On porte un vêtement une fois, on le lave même s’il est toujours propre et inodore. Prêter une attention particulière à ne pas laver les vêtements qui n’en nécessitent pas réduit considérablement notre trace environnementale.

La facilité avec laquelle nos machines traitent cette tâche ménagère nous a amenés à l’excès. Si nous devions retourner à la planche, à la savonnette, à la corde à linge et aux épingles, il est certain que nous laverions uniquement les vêtements vraiment sales ou nauséabonds.

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La surconsommation de lessive et de nettoyage à sec existe parce qu’on peut se le permettre, du moins le croit-on. Toutefois, la réalité s’avère bien moins jolie. En camouflant les conséquences de nos actes sur l’environnement, nous refilons simplement cette dette à des dizaines de générations futures.

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Si nous devions payer maintenant le vrai prix de nos excès de lessive, nous changerions immédiatement nos habitudes et reviendrions à un mode de fonctionnement plus rationnel.

Si l’humain parvient à survivre à ses massacres envers l’environnement, il regardera son passé avec effroi et horreur. Notre lignée évaluera les mécanismes soutenant nos sociétés modernes. Ils les trouveront abusifs, destructeurs, dévastateurs et ravageurs. Quant à nous, ils nous qualifieront à juste titre d’odieux vandales. Notre descendance aura honte de ses origines, car elle ne comprendra pas pourquoi, tout en le sachant pertinemment, nous avons continué de tout ravager sans même sourciller. Faire autant de lessives inutiles sera pour eux le signe que nous étions de parfaits imbéciles.

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Alors la prochaine fois que vous voudrez lancer un vêtement toujours propre dans le panier destiné à la lessive, posez-vous la question de la pertinence d’un tel geste. Et si vous ne le raccrochez pas dans la penderie, votre descendance aura parfaitement compris ce que vous êtes en réalité.

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Votre pensée est marginale ? Lisez ceci

Il est tentant de lier les esprits marginaux à des esprits de contradiction. Ne sont-ils pas toujours en train de tout critiquer? De tout virer à l’envers? De transformer les plus sûres valeurs en défauts qui, selon eux, devraient être éradiqués?

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Pour ceux qui empruntent et se font transporter par le courant principal – mainstream en swahili – sans même nager, ce rapprochement facile leur est naturel. Habitués de ne pas se poser de questions sur la valeur de leurs propres agissements pourvu que la société ne les critique pas, ne les défende pas, ne les marginalise pas, ils appartiennent au clan des bons et ceux qui osent penser différemment se retrouvent automatiquement dans celui des mauvais.

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Les suiveurs ne pensent pas, ils laissent d’autres gens penser à leur place et ils adoptent d’emblée leurs opinions, du moins celles rendues publiques. C’est là où réside l’astuce de l’élite, des élus. Leurs opinions personnelles restent un secret bien gardé. Celles qu’ils publient, qu’ils laissent filtrer dans la sphère publique sont des instruments utilisés pour orienter le flux de pensées commun dans une seule direction.

Ce processus est aussi vieux que les élections. En soi, il regorge de qualités, mais également de défauts. Que tout le peuple marche d’un même pas s’avère un objectif essentiel pour générer et conserver la cohésion des actions. Que tous les gens avancent toujours à l’unisson deviendra une stratégie très néfaste, car une fois la cadence et la direction adoptées, la nation s’échouera sur n’importe quel obstacle sans même se douter des dangers environnants.

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C’est dans ce contexte où les vertus de la marginalité doivent entrer en ligne de compte. Comparons les marginaux à des vigies. Elles ne tiendront jamais la barre, elles ne commanderont jamais l’équipage, mais elles possèdent un pouvoir immense, celui de voir au loin et ainsi d’aider à éviter les naufrages.

Mais la tentation de les traiter d’oiseaux de malheur s’avère trop grande. On préfère ignorer leurs avertissements, on brouille leurs transmissions, on les dépouille de leurs jumelles, on cherche à les ramener au niveau du pont et parfois même on les enferme dans la cale, un bâillon dans la bouche et un bandeau sur les yeux sous celui bienveillant du capitaine, certainement plus heureux et fier de commander une bande de marionnettes qu’à éviter les échecs. Après tout, c’est lui qui est au pouvoir, pas ce foutu prétendant prétentieux croyant tout savoir de ce qu’on trouve au loin!

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Le marginal n’est pas une menace, sauf envers les aveugles idiots désireux par-dessus tout de s’en passer. Décidément, ça fait pas mal de gens au compteur.

Mais d’où vient le problème avec les marginaux? Pourquoi les personnes les détestent-elles tant?

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Le problème réside toujours aux deux mêmes endroits, dans l’usurpation et dans l’abus. Un marginal ne possède pas un titre régi par l’Ordre des professionnels en marginalité. Ainsi, ce rôle essentiel de vigie est laissé sans surveillance. Des tas de zigotos grimpent alors au grand mât afin d’occuper la minuscule plateforme. Dépourvus de tout instrument d’observation et d’analyse fiable, ils n’utilisent pas cette position pour mieux voir les alentours, mais plutôt pour mieux faire entendre leurs opinions, déjà toutes bien ficelées, sans égards aux réalités de la mer environnante, au plus grand nombre de gens possible.

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Ainsi, départager les vraies vigies des usurpateurs s’avère souvent une tâche délicate et difficile à accomplir avec justesse. La solution la plus simple consiste alors à entasser tous les prétendants à ce poste dans un coffre, à bien le lester avec du plomb et à le laisser couler au fond de l’océan. Puisque se fier à de fausses ou à de mauvaises vigies comporte autant de risques que de s’en passer, la stratégie commandée et utilisée par l’élite dirigeante revient à tous les dénigrer en bloc.

Et voici la preuve que cette élite peut également se montrer idiote, car il existe un moyen de résoudre ce dilemme des fausses vigies, mais elle entraine certaines contraintes essentielles qui sont généralement rejetées d’emblée par ignorance.trouver-electricien-web-solution.jpg

Pour trier le grain de l’ivraie, ça prend un tamis et une technique appropriés. Il faut passer au crible les assertions des marginaux afin d’en analyser la teneur et la valeur. Mais pour ce faire, l’élite doit vouloir y consacrer des ressources en temps et en matière grise, ce que très peu acceptent, imbues de leurs pouvoirs et convaincues de leur infaillibilité.

Et voilà comment les libres penseurs avant-gardistes visionnaires se retrouvent dans la même marmite que les gens munis d’un simple esprit de contradiction. Parce que ceux qui gouvernent ne prennent pas le temps et l’énergie nécessaires pour accomplir ce tri, préférant se passer de conseils avisés.

Voici le destin quasi certain de tous les marginaux, celui d’être comparés à des simplets illuminés criant bien trop souvent au loup. Ils seront ainsi traités en conséquence.

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Faire connaitre sa marginalité n’amène aucun confort, ne comporte aucun avantage et n’apportera aucune reconnaissance des élites au pouvoir. Bien au contraire, l’ostracisme attendra toute personne suffisamment inconsciente pour monter au grand mât afin d’exécuter minutieusement les tâches dévolues à une vigie dans la société. Car le peuple a décidé qu’il est trop compliqué de prendre quelques moyens simples et efficaces pour reconnaitre les vraies vigies des fausses.

Mais quels sont ces moyens simples dont je parle? Ce sont des analyses professionnelles réalisées en bonne et due forme. Préparer des questions pertinentes et les utiliser adéquatement. Analyser correctement les réponses et en tirer les conclusions qui s’imposent. Enfin et surtout, s’y fier afin de prendre les dispositions nécessaires. Mais plus personne ne se donne la peine d’apprendre ces techniques essentielles.

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Peu importe le sujet, son ignorance engendre presque toujours la même réaction. On considérera qu’il n’a donc aucun intérêt. Et voilà comment les nations préfèrent voguer sans vigies sur les flots agités et remplis d’écueils plutôt que se prémunir des dangers en recrutant des gens marginaux compétents afin de leur servir de vigie.

2449223399_1Un rôle de marginal vous tient-il toujours à cœur? Si oui, alors vous en avez, mais on fera tout pour vous l’écraser. Sachez-le.

 

Cascades, confluents et boules de neige

Les trois termes tirés du vocabulaire aquatique illustreront des types d’événements cataclysmiques déjà survenus. Ils reviendront éventuellement nous frapper sous l’une ou l’autre de ces formes.

Notez que j’utilise ces termes de façon métaphorique et non scientifique. Ils ne me servent qu’à imager des phénomènes en les distinguant. Je m’attarde tout particulièrement à présenter des ensembles d’événements apparus simultanément ou quasiment au même moment et dont les effets furent cumulatifs.

La cascade

La catastrophe en cascade tire son origine d’une seule cause. Celle-ci dérègle un système qui en influence un autre et encore un autre et ainsi de suite. Si les effets s’accumulent, par contre les systèmes impactés en aval n’influencent pas ceux en amont. L’eau ne remonte pas la chute.

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Le confluent

J’appelle une catastrophe un confluent lorsque plusieurs événements surviennent quasiment simultanément, mais n’ont aucune origine commune. Cette rencontre fortuite ne se reproduira pas de façon semblable puisque rien ne relie les différentes causes. Un malheureux concours de circonstances viendront à bout de systèmes fragilisés par un événement primaire qui seront ensuite terrassés par le ou les suivants.

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La boule de neige

L’effet boule de neige est pernicieux, car il fonctionne sur le concept de la boucle de rétroaction positive. Un premier événement en entraine un deuxième qui amplifie les effets du premier qui amplifie les effets du second et ainsi de suite. Le cataclysme se nourrit d’énergies accumulées qui sont libérées sans aucun frein pour ralentir le processus. Sans contrôle, les conséquences globales restent méconnues, car difficilement calculables. On peut seulement présumer que celles-ci se retrouveront à l’intérieur d’une fourchette souvent très peu précise.

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Exemple possible d’une ancienne catastrophe en cascade

Le débat fait toujours rage au sein de la communauté scientifique à savoir si la crise du Crétacé-Tertiaire (K-T), celle qui a vu disparaitre les dinosaures voilà 66 millions d’années, est une catastrophe en cascade ou un confluent. Effectivement, on connait tous la principale cause, la chute de la météorite de Chicxulub. Cependant, à cette même époque, un événement géologique sans précédent est également survenu, la formation des trapps du Deccan en Inde dont j’abordais le sujet dans un autre article. Imaginez l’actuelle éruption du Kilauea, mais en milliards de fois plus importante. La masse de soufre éjectée dans l’atmosphère fut si grande qu’elle a éradiqué pratiquement toute la vie (restante).

Ces deux événements sont-ils survenus de manière indépendante ou l’un a-t-il engendré l’autre? Personnellement, dans ce cas précis, je ne crois pas au hasard, je pense au contraire au principe du tube de dentifrice. En comprimant un bout du tube, la pâte sort à l’autre extrémité. En s’écrasant au Mexique, la météorite a fait réagir la Terre à un endroit situé à l’opposé où sa croûte possédait une faiblesse qui a laissé fuir le magma mis sous tension. Ainsi, l’extinction massive K-T survenue voilà 66 millions d’années aurait deux causes, mais un seul événement aurait enclenché cette cascade.

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Exemple d’un cataclysme confluent survenu voilà 252 millions d’années

Un exemple de confluent serait l’extinction massive du Permien-Trias (P-Tr), la plus importante de toutes les extinctions ayant affecté la Terre et ses organismes vivants. Une fois encore, les scientifiques se chamaillent, mais il semblerait qu’au moins deux sinon trois événements indépendants se seraient ligués pour éradiquer presque toute la vie marine et terrestre. Des chaleurs atmosphériques infernales associées une fois de plus à un volcanisme débridé ayant créé les trapps de Sibérie auraient engendré une série d’effets absolument dévastateurs pour la biologie.

 

L’effet boule de neige surviendra-t-il instamment?

Le plus effrayant d’entre tous les types de catastrophes est probablement l’emballement, l’effet boule de neige. Il est fort possible que l’humain soit en train d’en modeler une qui prendra des proportions dantesques lorsqu’elle déboulera de la montagne.

La combustion des matières fossiles accroit le niveau de dioxyde de carbone dans l’air. Ce gaz augmente l’effet de serre qui hausse les températures terrestres et océaniques. Ça, nous le savons tous. En revanche, ce que nous ignorons ou ce que nous préférons ignorer c’est l’emballement très probable de l’effet de serre qui suivra (runaway greenhouse).

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Les chaleurs engendreront des feux de forêt planétaires alors que les arbres sont des puits à CO2 qui sera libéré en très grande quantité. Toutefois, il existe pire encore. Les pergélisols saturés de méthane fondront et laisseront fuir ce terrible gaz à effet de serre dix fois plus important que celui du dioxyde de carbone.

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Ce n’est pas la fin des conséquences. Les fonds océaniques jonchés de clathrates de méthane se réchaufferont suffisamment pour dégeler ces boulettes inflammables. En fondant, les clathrates projetteront dans l’atmosphère des milliards de tonnes de ce gaz infernal qui en profitera pour surélever encore plus les températures atmosphériques. Le CO2 et le CH4 se disputeront la prévalence des extinctions qui surviendront de cet emballement.

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Si la surchauffe thermique survient, rien ne l’exclut, notre espèce ne pourra pas y survivre, malgré toute notre technologie actuelle. L’humain étant optimiste de nature, pour ma part je le qualifierais plutôt d’irresponsable, au lieu de se préparer au pire préfère poursuivre sa route comme si elle se déroulait indéfiniment dans la même direction. Lorsque surviendra l’inévitable, il fera semblant d’être surpris, ça le disculpera à ses yeux. Mais qu’il fût idiot, innocent ou irresponsable, il sera mort dans tous les cas.  

Ce scénario est une des réponses possibles à la fameuse question posée par Fermi, mais là, j’empiète sur un autre article.

Bombe à retardement : la subsidence

L’humain a construit la plupart de ses grandes métropoles à l’embouchure des fleuves, sur ses deltas. Profitant de terres arables riches, de dénivelés nuls, d’eau potable, de ports de mer accessibles et de superficies disponibles importantes et faciles à construire, ces lieux semblaient idéaux pour assurer la prospérité. Mais aujourd’hui, cette solution d’un autre siècle se retourne contre tous ceux qui l’ont privilégiée, c’est-à-dire la moitié de la population urbaine du globe.

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Au Moyen Âge, l’art de la guerre exigeait la construction des agglomérations autour de châteaux eux-mêmes construits la plupart du temps au sommet de pics rocheux. Les cités fortifiées ainsi créées se retrouvaient habituellement loin des océans et le grand défi à relever à l’époque consistait à les approvisionner en eau potable.

Aujourd’hui, les villes modernes ont apparemment résolu le défi de l’eau en se positionnant sur des deltas, mais la réalité les rattrapera toutes bientôt. Cette «bonne idée» a peut-être réglé quelques problèmes liés à l’eau potable et à l’accès à la mer et à ses ressources, mais elle en a engendré bien d’autres qui commencent à devenir évidents pour les 136 agglomérations côtières de plus d’un million d’habitants réparties partout sur les pourtours des continents.

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Le premier constat négatif vient de la subsidence naturelle des deltas. C’est l’affaissement lent du sous-sol sous le poids des sédiments. Cependant, la présence humaine dans les parages des deltas accélère fortement ce phénomène naturel puisque les villes et ses usines pompent les eaux de la nappe phréatique sous-jacente. Le sol s’enfonce partout à vitesse grand V et ce résultat est permanent et irréversible.

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Plusieurs métropoles comme Tokyo, Osaka, Shanghai, La Nouvelle-Orléans et Jakarta ont toutes perdu de trois à quatre mètres de hauteur par rapport à l’océan tout près. La plupart des cités ont limité sinon interdit tout pompage d’eau de leur sous-sol, mais la subsidence naturelle ne cesse tout de même de se poursuivre et un sol affaissé ne retrouvera plus jamais sa hauteur d’origine.

Les sédiments du sous-sol se tassent graduellement sous leur propre poids, mais également sous la masse des gratte-ciels et d’autres méga- constructions bétonnées. À Shanghai, les autorités nient catégoriquement cet effet anthropique, et ce malgré l’avis officiel de son propre centre d’études qui mesure et rapporte les résultats scientifiques sur le phénomène.

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Le danger le plus évident de ces affaissements de terrains à proximité des océans est l’envahissement par l’eau de mer lors de typhons. Partout, les inondations sont rendues inévitables.

Mais voilà que d’autres conséquences d’ordre anthropique se conjugueront pour amplifier les effets des inondations, car non seulement les sols s’enfoncent, mais le niveau des océans grimpe.

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La température plus élevée de l’eau de mer augmente son volume. La fonte des glaciers et des masses de glace en Antarctique et au Groenland fait remonter le seuil océanique. Depuis un siècle, ce niveau s’est déjà accru de 20 cm et le phénomène s’accélère.

À cela, il faut rajouter la violence plus importante des grandes dépressions dont leurs ondes de tempête s’élèvent de plus en plus haut, ravageant les structures humaines toujours plus profondément dans les terres.

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Certaines grandes métropoles disparaitront très certainement et ces événements ne se produiront pas dans un avenir si lointain, car toutes les causes néfastes ne cessent de croitre en importance. L’ouragan Sandy qui a mis New York à genoux n’est qu’un hors-d’œuvre parmi un banquet de catastrophes à survenir. Bien sûr, la mégalopole s’est maintenant remise, mais imaginez d’autres cités plus vulnérables frappées à répétition par des inondations monstrueuses.

Un jour, les autorités décrèteront plusieurs secteurs inaptes à être reconstruits et ces villes perdront leur influence au profit de d’autres, mieux situées, plus sûres à long terme, moins susceptibles d’être victimes des colères océaniques et à d’autres cataclysmes, dont je m’évertue à en faire régulièrement étalage dans ce blogue.

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Reviendrons-nous aux solutions moyenâgeuses? Construire nos nouvelles villes au sommet de collines, de montagnes non volcaniques, de pitons de granit quasiment indestructibles? Les défis reliés à l’eau resteront toujours nombreux, peu importe le lieu choisi. Toutefois, est-il vraiment nécessaire de faire vivre les individus si près des océans? Ça n’a jamais été une nécessité, seulement plus simple, regardée à court terme sur la durée de vie d’une ville.

Le survivalisme

Êtes-vous un ou une survivaliste?

Si vous ignorez ce terme, il y a de fortes chances pour que vous ne le soyez pas, mais ce n’est pas certain. La définition ratisse large et se module d’un pays à l’autre, d’une région à l’autre, toutefois, il existe une constante. Un survivaliste se prépare pour des futurs difficiles avec toutes les variantes qu’il est possible d’imaginer.

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Le survivaliste sédentaire

Pendant la guerre froide aux É.U.A., certaines personnes se sont fait construire des bunkers antinucléaires et les ont équipés de matériel et de vivres pour subvenir à tous les besoins durant quelques mois. Cet exemple représente le summum du survivaliste, un individu convaincu qu’il faut se préparer au pire et prendre tous les moyens modernes pour y faire face: armes et munitions, systèmes multiples de communication, de recyclage de l’air et de l’eau, de chauffage et de climatisation, génératrice, outils, meubles, bouffe, boissons, mazout, vêtements, loisirs, la totale. Tout est prévu pour s’enfermer dans un endroit réduit, mais entièrement autonome durant une période variant en fonction de l’état initial des réserves.

Toutefois, il n’est pas donné à tout le monde de devenir un survivaliste sédentaire opérant dans ces extrêmes puisque ça prend un espace approprié, des moyens financiers importants et des connaissances techniques développées. Il est possible d’être un adepte de cette philosophie de vie tout en restant réaliste et économe en privilégiant certains choix.

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La mentalité de base du survivaliste

Un survivaliste ne fait pas confiance aux autres et surtout pas aux différentes autorités gouvernementales pour lui venir en aide. En cas de petit désastre localisé, il aurait tort. Par contre, si une méga catastrophe survenait, l’avenir lui donnerait raison. Un survivaliste n’est aucunement une personne déconnectée ou extrémiste, pessimiste ou loufoque. Il croit simplement que des cataclysmes engendrant de multiples horreurs sont arrivés dans le passé, qu’il en surviendra d’autres dans le futur, et les chances qu’un d’entre eux survienne de son vivant sont suffisamment grandes pour prendre des dispositions adéquates. On ne trouve donc rien de stupide ou d’illogique dans la mentalité du survivaliste.

Par ailleurs, ces adeptes pensent qu’il est totalement irresponsable de ne pas se préparer au pire. Ils savent pertinemment que les cigales viendront lui quémander aide et soutien lorsque le monde s’effondrera. Cette éventualité est considérée tellement sérieusement que les survivalistes craignent tout autant les attitudes humaines post-apocalyptiques que les désastres eux-mêmes, sinon plus. Et une fois encore, ils ont parfaitement raison. Les non prévoyants iront les voler, ils les attaqueront pour s’emparer de ses réserves et de ses équipements, c’est indéniable.

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Pourquoi ne sommes-nous pas tous des survivalistes?

Pour certains, ce serait exister dans une peur continuelle, mais ces mêmes personnes souscrivent toutes à des assurances qui constituent, en quelque sorte, des mesures survivalistes de première instance. Ils pensent probablement que c’est mieux de vivre dans l’insouciance, de manière irresponsable et surtout en se moquant de ceux qui agissent en fourmi afin de camoufler leur propre attentisme. Les chances de catastrophes restent trop faibles pour en faire une fixation, disent-ils. Mieux vaut se faire plaisir aujourd’hui que de dépenser tout son argent dans un projet qui risque fort de ne jamais servir.

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Préparer sa fuite

Toutefois, rien n’empêche de prendre un minimum de précautions, dont une préparation adéquate pour fuir un lieu devenu dangereux. Réserves de nourriture non périssables pour plusieurs jours, réserve équivalente d’eau potable dans des contenants légers et incassables, vêtements chauds et imperméables, multioutils et lampes de poche, batteries, radio, chandelles, allumettes et briquet, poêle portatif et son carburant, divers contenants et sacs hermétiques, ustensiles et gamelles, bottines de marche, boussole, couteau de survie et hachette, des rouleaux de cordes diverses, des mousquetons, un sifflet, un kit pour purifier l’eau, des masques chirurgicaux et une trousse de premiers soins, un stylo ou un marqueur. Pour les vêtements de rechange, un seul ensemble suffit puisqu’on parle d’un mode survie, pas d’une mode à suivre. Gardez votre tête au chaud sous une casquette ou un béret et apportez deux mouchoirs en tissu pour usages divers.

Pensez à vos lunettes et peut-être à de petites jumelles ou à un monoculaire plus léger. Terminez avec vos essentiels d’hygiène. J’ai dit «essentiels». Remplacez régulièrement vos médicaments pour des produits non périmés. N’oubliez pas vos papiers d’identité, y compris votre passeport. Pour la saison froide, préparez un sac supplémentaire contenant les vêtements chauds appropriés. Rajoutez-le au besoin. Éliminez les pochettes lourdes pour privilégier des filets. Utilisez des sacs plastiques à glissière légers, hermétiques et très polyvalents.

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Tout ceci entre dans le fond et dans les poches d’un sac à dos. Complétez-le avec un sac de couchage et un matelas de sol compacts ainsi qu’une mini tente et votre survie sera bien mieux assurée que celle de la plupart des gens. Si vous possédez une moto, vérifiez son bon état de marche et n’hésitez pas à vous en servir. Maintenez un bidon d’essence plein à proximité. Évitez d’utiliser l’automobile si possible. Si elle reste votre seul moyen de transport, n’y engouffrez-y rien qui risquerait de vous faire hésiter à l’abandonner. Le vélo constitue aussi une excellente option, car il ne requiert aucun carburant. Gardez-le toujours prêt à l’usage.

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Le mot magique: «rapidité»

L’important est de privilégier la rapidité d’exécution. Ramasser un seul sac déjà préparé peut vous sauver la vie. L’équiper coûte peu cher et prend juste un peu de temps pour l’organiser et le remplir. Si vous devez rajouter des éléments de dernière minute, assurez-vous d’en avoir fait une liste en indiquant où les trouver et laissez-la sur le dessus du sac.

En cas de coup dur, et cela peut survenir n’importe où dans le monde puisque aucun endroit n’est à l’abri de tout désastre, vous pourrez vous enfuir un rien de temps afin de vous réfugier là où vous trouverez la sécurité. Vous aurez apporté tout ce dont vous aurez besoin pour survivre quelques jours de manière autonome, un mois si vous savez y faire. Ça vous laissera la possibilité de rejoindre un lieu épargné par la catastrophe.

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Composer un plan d’urgence et s’en tenir

Évitez de tergiverser et de perdre du temps à discuter. Si vous ne vivez pas seul, réglez ces possibles litiges dès à présent. Ne vous demandez pas si vous faites la bonne affaire. Agissez selon votre plan d’urgence et cessez d’en douter. Planifiez différentes destinations vers plusieurs directions et divers itinéraires pour les rejoindre. Les premiers individus à quitter les lieux dangereux seront les plus susceptibles de survivre. Ceux qui devront tout organiser et tout préparer au moment de la catastrophe risqueront de faire les mauvais choix ou de rester prisonniers. Demeurez bien informé jusqu’au moment du départ afin de prendre la meilleure option possible.

User de son intelligence

Survivre, ce n’est pas que dans l’action que ça se passe, car nous ne sommes plus des animaux. Contrairement à eux, nous dépendons de nos outils, de nos vêtements et de notre capacité de nous nourrir et de boire sans trop devoir en chercher. Notre intelligence nous a rendus vulnérables face à la nature. Nous devons donc user de cette même intelligence pour être en mesure de l’affronter le cas échéant.

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Une attitude avant une économie

Tout mouvement finit par trouver des gens cherchant à en profiter, le survivalisme ne fait pas exception. Si survivre exige des outils, dépenser une fortune en gadgets de toutes sortes ne règlera rien si vous ne pouvez pas les transporter sur votre dos. La simplicité reste une des clés du succès. Utilisez le même objet pour effectuer plusieurs fonctions, éliminez la redondance. Réduisez la taille et le poids de vos équipements. Choisissez des matériaux et des matériels légers et performants. Apportez des quantités en conformité avec votre plan d’urgence. Tout gramme excédentaire est à proscrire, alors évitez de sortir votre porte-feuille et utilisez plutôt votre imagination.

Votre téléphone

Quant au fameux téléphone intelligent, si vous l’apportez, gardez-le éteint et ouvrez-le seulement au besoin, c’est-à-dire pour vous informer en rapport avec votre plan d’urgence ou pour laisser de brèves nouvelles par textos à vos proches. Débarrassez-vous de tout objet rendu inutilisable, y compris votre cher téléphone.

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Votre moral

Le moral joue pour beaucoup dans la survie. Alors, munissez-vous d’un petit supplément pas du tout essentiel, pas trop lourd, comme un jeu de cartes, un livret de sudokus ou de mots croisés, quelques photos souvenirs, un grigri. Évitez cependant de porter des bijoux ou tout accessoire de valeur. Plus vous aurez l’air pauvre, plus vous serez en sécurité.

N’hésitez pas à apporter de l’aide selon vos moyens et vos capacités à ceux qui croiseraient votre chemin. Dites-vous que tous vos gestes positifs nourriront votre sentiment de bonté et d’utilité.

Gardez le moral en toutes circonstances, car la vie demeure un jeu dangereux qui se termine toujours mal, alors mieux vaut la prendre avec philosophie, peu importe les événements auxquels elle vous confronte. Même si faire de votre mieux n’aura pas suffi à vous sauver, vous resterez fier de vos accomplissements et terminerez votre séjour avec le sentiment d’avoir utilisé le maximum de vos ressources.

Les promesses impériales

Tous les empires se créent et se développent autour de promesses faites aux gens qu’ils désirent intégrer, enrôler, embrigader. Parfois, pas très souvent, les promesses restaient modestes, réalistes et tenues durant longtemps. D’autres ne furent qu’un tissu de mensonges rapidement consumé, des étoiles filantes. La plupart des empires ont entretenu des illusions par l’usage de croyances religieuses d’autant plus indiscutables qu’elles étaient imbéciles. Les promesses attirent les esprits et les religions les incarcèrent.

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Aujourd’hui, ce processus demeure valide et les deux garanties essentielles données par les empires à leurs citoyens n’ont pas changé. Sécurité et prospérité sont les deux mamelles impériales primordiales auxquelles s’abreuve le peuple captivé, mais captif.

Pour respecter la seconde promesse faite à leurs citoyens, celle de la prospérité, les empires ont besoin de s’étendre. Pour l’obtenir, les guerres représentent le moyen privilégié de toujours. Cependant, elles fragilisent la promesse de sécurité, puisqu’elles créent de nombreux ennemis prêts à tout pour récupérer les spoliations.

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Ainsi, les empires transportent les germes de leur propre fatalité en se bâtissant sur deux oppositions irréconciliables. Voilà pourquoi tous les empires ont fini et finiront par mourir malgré leur puissance et leur hégémonie. L’illusion pourra durer, elle ne persistera jamais.

L’histoire neutre met en lumière ces lentes descentes, celles des Grecs, des Romains, des Mongols, des Teotihuacanais, des Espagnols, des Français, des Anglais, des Japonais, des États-Uniens, etc. et elles se ressemblent toutes plus ou moins. Elles sont dues aux dilutions des forces, parfois retardées par des moyens technologiques supérieurs à ceux des adversaires, mais jamais entièrement suffisants pour éviter l’affaiblissement systémique.

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Mais si les empires titubent bien avant leur chute, le coup de grâce a souvent été assené par une cause non humaine. Dans bien des cas, ce fut l’œuvre d’une catastrophe naturelle qui a brisé définitivement certaines promesses impériales et par conséquent la confiance du peuple envers leur protecteur.

Volcanisme, séismes, météorisme et inondations ont apporté destructions globales, famines, maladies épidémiques, périodes prolongées de gel, invasions d’insectes, déchirures du tissu social et déchéances. L’histoire est remplie de ces corrélations entre disparitions d’empires et cataclysmes puisque l’illusion de sécurité nourrie par l’apaisement des dieux ne persiste toujours qu’un certain temps. La Nature agit sans notre consentement, sans se préoccuper de nos prières ni de nos implorations.

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Aujourd’hui, rien n’a changé et les empires actuels sont en voie d’être remplacés par d’autres plus primitifs encore, faisant miroiter les mêmes idioties séculaires.

La durée d’une vie humaine est passablement courte, c’est bien connu. Les empires resteront donc toujours attractifs, car les gens pensent pour les prochaines dizaines d’années, jamais bien au-delà. Alors, vaut-il mieux croire aux avantages des empires ou non? Les empires ne représentent que des trains, pas des destinations. Simplement, ne pas se bercer de leurs illusions et s’estimer chanceux si leur destruction ne survient qu’après notre mort, cette seule et vraie destination.

Croissances et exigences

Il est faux de croire que les Puissants de ce monde peuvent tout obtenir grâce à leur colossale fortune. Ils ne peuvent se payer deux éléments essentiels qui leur permettent de maintenir leur mode opératoire.

Le premier élément, les oligarques ont besoin d’une population mondiale croissante, sinon le système économique mondial capitaliste meurt étouffé puisqu’il est essentiellement basé sur le principe de la croissance ininterrompue des profits. Après avoir économisé en ayant coupé tous les gras possibles, après avoir acheté ou s’être autrement débarrassé de la plupart de leurs compétiteurs pour récupérer leur clientèle, le seul autre moyen d’augmenter les profits passe par la croissance des ventes. Ils doivent donc vendre plus d’unités à chaque consommateur tout en additionnant de nouveaux consommateurs.

Le graphique suivant montre l’irréversibilité du processus et la diminution généralisée. Notez que l’élite subsiste plus longtemps à l’effondrement et celle-ci compte bien en profiter pour changer de paradygme une fois que les autres bulles se seront effondrées. C’est pourquoi, pour l’instant, elle s’en fout encore de la croissance idiote puisqu’elle s’en nourrit et elle sera la dernière à y survivre. Cependant, leur mutisme pour le cacher ou leurs efforts pour tenter de nous convaincre du contraire ne saurait inverser ce processus.

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Même les adolescents comprennent qu’une croissance continue infinie est impossible, sinon qu’adviendrait-il de leurs boutons d’acné et de leur moral ? Pourtant, le système capitaliste global nie catégoriquement cette évidence puisque toute sa stratégie repose sur une croissance continue ininterrompue. Vous avez entendu parler des dérives liées aux techniques de Ponzi. Pourtant, le système capitaliste mondial est construit sur ce principe de pyramide qui doit accroitre continuellement les dimensions de sa base. Autrement, tout le système flanche, implose et disparait.

Le deuxième élément essentiel dont les dirigeants de l’ombre ne peuvent se passer, ce sont nos bras pour faire leurs besognes. Afin de conserver leur hégémonie, ils doivent écraser les compétiteurs actuels et potentiels, détourner des ressources de tous types, affaiblir les pays inamicaux à leurs désirs. Pour ce faire, ça prend des guerres et des populations qui les soutiennent en désirs et en actes.

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Des guerres sont alors inventées en utilisant toutes sortes d’excuses et de magouilles pour soutenir la croissance des consommateurs et des profits. Les économies des autres pays sont détruites et remplacées pour les contrôler afin de s’approprier toutes les ressources. Bon, on connait la suite.

Voilà pourquoi la population mondiale croît sans cesse et elle le fera jusqu’à l’effondrement de sa bulle, associée à celle qu’elle nourrit, le capitalisme d’entreprise et d’état, car il ne faut pas se bercer d’illusions, toutes les bulles finissent inexorablement par péter. Ce sont les mathématiques qui le disent. Ensuite, libre à nous tous d’y croire.

Nous sommes utilisés, non seulement comme consommateurs, mais également comme souteneurs des régimes politiques et financiers basés sur des croissances absolues.

Cet article ne cherche pas à critiquer ou à soutenir un système économique plus qu’un autre. Je ne désire pas non plus vous convertir à une idéologie quelconque. Je mets sur la table une équation dotée d’un point d’inflexion, au mieux une asymptote. En termes moins mathématiques, la population de la Terre finira par décliner. Dans le meilleur des cas, elle cessera de croitre. Cependant, cette deuxième possibilité ne peut pas s’obtenir avec un régime économique mondial basé sur la croissance perpétuelle.

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Vous pouvez encore dormir sur vos deux oreilles, l’hécatombe ne surviendra probablement pas de notre vivant, mais tous les signes avant-coureurs ont commencé à apparaitre et certains même depuis longtemps. Remarquez les dérives financières de plus en plus répétées causées par la recherche « créative » de nouveaux profits. Voyez comment la majorité des marchés sont de plus en plus monopolistiques. Observez les méthodes et les arguments de plus en plus tordus et mensongers pour créer des guerres. Constatez l’essoufflement de la terre nourricière par les monocultures afin de maximiser les profits. Notez la destruction irréfrénée des habitats non agricoles pour les convertir en terres arables. Un consommateur mort de faim est un consommateur en moins donc une source de profit disparue.

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Bientôt, la terre ne pourra plus nourrir que les humains, mais sans le reste du biotope, notre bulle explosera. C’est absolument impossible d’arriver à un autre résultat si la population humaine croit constamment.

Photos : diversifiedtrust.com ; delibere.frafriqueinside.compszczolyimy.pl

Construire puis disparaitre

Les matériaux de construction des Anciens étaient bien plus durables que les nôtres, en particulier nos bétons.

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Les exemples foisonnent de ces constructions antiques toujours debout après des millénaires. Les pyramides d’Égypte et d’Amérique, la grande muraille de Chine, le Colisée de Rome, le pont du Gard, Cusco, Machu Picchu, etc.

Pour conserver le mortier en bon état, les Chinois rajoutaient du riz collant à leurs préparations, mais surtout, ils évitaient d’utiliser des matériaux ferreux.

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Avec les tiges métalliques incluses dans nos bétons, nous parvenons à allonger les poutres, mais celles-ci finissent par être détruites par l’acier qui se corrode, gonfle et détruit les ciments. La plupart de nos constructions ne tiendront pas plusieurs siècles.

L’humain construit comme s’il ne resterait pas sur Terre bien longtemps. Les termites construisent mieux que lui. Ses constructions éphémères sont peut-être le résultat d’une prise de conscience plus profonde. Le destin de l’humanité est-il de ressembler à ses bâtiments ? Tomber rapidement en ruines ou au mieux, en désuétude.

Photos :  wikipédia.org ; a-contresens.net