L’avenir sera courage et inhumanité

Nous avons trop longtemps cru, à tort, que l’humain pouvait avoir le dessus sur la Nature. Depuis les débuts de l’ère industrielle, nous avons vécu avec le sentiment que nous pouvions harnacher les éléments à notre profit. La Nature nous dérangeait, nous l’avons tassée, ignorée et maltraitée. Nous avons cru prendre le dessus sur celle qui nous empêchait de réaliser nos rêves les plus fous.

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En bon parent patient, elle a subi nos frasques, nous a enduré autant qu’elle a pu, mais aujourd’hui ces moments calmes sont terminés. La Nature n’est pas revancharde, elle en a juste plein le c… Son vase est rempli et il ne fait que commencer à déborder.

Imaginez la Terre comme un immense réservoir possédant une très grande capacité de rétention. Elle peut absorber une quantité phénoménale de gaz à effets de serre tout en laissant une partie du dioxyde de carbone et du méthane dans l’atmosphère afin de retenir un peu de la chaleur reçue du Soleil. L’équilibre atteint est parfait pour obtenir des températures moyennes favorisant la vie telle que nous la connaissons, c’est-à-dire à base d’eau liquide.

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Mais voilà, durant les deux derniers siècles, l’humain a exploité les ressources pétrolières et charbonnières enfouies dans le sous-sol afin de produire de l’énergie utilisée par ses machines et pour son confort. Avec une totale insouciance, il est parvenu à atteindre la capacité maximale de rétention des gaz à effets de serre de sa planète.

Cette limite dépassée, la Terre refusera les prochains excédents. Cependant, son véritable comportement ne se contentera pas d’être aussi simple. Si c’était le cas, nous aurions le temps de changer nos habitudes de vie et nous pourrions retrouver un équilibre légèrement différent de celui du passé, mais toujours acceptable. Ce qui surviendra ne s’apparentera pas, même de loin, à ce sage scénario optimiste, pour ne pas dire totalement irréaliste.

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Pensez plutôt à la Terre comme un immense réservoir derrière un barrage hydroélectrique où les excédents d’eau sont évacués en aval. Mais que se passe-t-il lorsque la pression d’eau devient plus grande que la résistance de la structure? Le barrage tout entier s’effondre et l’eau accumulée derrière lui se déverse en emportant tout sur son passage. Afin de mieux représenter ce qui surviendra plus précisément, considérons une désagrégation graduelle plutôt qu’un effondrement instantané. Quoi qu’il en soit, le réservoir se videra de toute l’eau accumulée de manière artificielle.

La Terre est déjà entrée dans une boucle de rétroaction positive et rien ne pourra changer cette situation qui s’avérera bien plus grave que nous le pensons, que nous voulons le croire, que nous l’espérons.

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Anciennement, l’humain avait de la compassion pour ses proches, ses voisins, ses connaissances puisque ces dernières se limitaient à un environnement plutôt immédiat. Aujourd’hui, on suit en direct sur tous nos écrans des sauvetages héroïques d’inconnus situés à l’autre bout de la Terre. Nous pleurons des victimes d’actes insensés perpétrés partout sur la planète. Nous vivons dans des mégalopoles impersonnelles et pourtant notre capacité à nous émouvoir reste toujours bien présente, vestige d’un passé où notre univers se limitait à notre entourage environnant.

À la vue des événements à venir, au mieux nous serons des témoins impuissants d’hécatombes, au pire nous ferons partie des nombreuses victimes. L’ère de l’insouciance est bien terminée et la prochaine sera celle de l’indifférence. Nous ne pourrons plus nous soucier de tous les événements catastrophiques violents tant ils seront nombreux et leurs victimes légion.

Nous nous préoccuperons tout d’abord de notre propre sécurité, car la Nature pourra venir nous frapper partout sur Terre. Aucun lieu ne sera totalement sûr. Nous utiliserons les événements climatiques survenant aux autres, non plus pour nous émouvoir de leur sort, mais comme sources d’information pour nous préparer nous-mêmes au pire.

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Nous retournerons à une ère où nos pensées seront essentiellement centrées sur nos proches et nos voisins. La vie redeviendra survie avec tout son beau courage, mais également avec sa si laide inhumanité.

Il faut d’abord savoir mourir

Le Québec et quelques états du centre-nord-ouest des É.U.A. ont été les seuls endroits sur la planète à subir une «anomalie» climatique à la baisse cet hiver. J’utilise le terme « anomalie », puisque la norme est maintenant au réchauffement, ce qui s’est produit de façon très marquée un peu partout et surtout en Sibérie où les records de clémence se sont succédé quotidiennement durant des mois.

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Ce n’est pas la première année que le Québec se retrouve à l’opposé de la tendance mondiale. J’en ai parlé l’an dernier et aussi en 2017. Ça commence donc à devenir une réalité annuelle et j’essaye de comprendre les causes derrière cette bulle de froid stationnaire au-dessus de notre territoire durant la saison blanche.

Tout d’abord, elle suit étrangement bien nos frontières et ce n’est certainement pas dû au hasard. Puisque l’est des É.U.A. est fortement peuplé, l’air plus chaud engendré par la très grande activité humaine empêche l’air froid arctique de pénétrer profondément les états de la Nouvelle-Angleterre. Lorsqu’on regarde l’est de l’Amérique du Nord la nuit à bord de la Station Spatiale, les lumières tracent très bien cette barrière sud.

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Lorsque la baie d’Hudson n’est pas entièrement gelée en surface, l’eau agit également comme une barrière thermique poussant l’air froid plus à l’est, donc au-dessus des terres québécoises. L’océan Atlantique qui borde la frontière est agit de même. Voilà comment le Québec se retrouve avec trois frontières thermiques qui emprisonnent l’air froid arctique qui s’engouffre allègrement par la quatrième et qui se retrouve sans porte de sortie. L’air arctique peut stagner longtemps, engendrant des précipitations abondantes, surtout sous forme de neige ou de verglas.

Oui, la glace s’est aussi mise de la partie pour nous faire vivre un hiver compliqué. Des épisodes de verglas alternant avec des chutes de neige importantes, les toits des édifices se sont retrouvés avec de lourds mille-feuilles difficiles à pelleter. Plusieurs toits se sont effondrés. Ici, chez moi, ma porte d’entrée pivotait avec grandes difficultés, signe évident d’un surpoids au-dessus de nos têtes. Heureusement, des pluies abondantes ont eu raison des blocs de glace avant qu’ils ne causent des dégâts.

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On peut s’estimer chanceux d’être épargnés par le réchauffement global. Un jour viendra où on le subira comme partout ailleurs dans le monde, mais en attendant, les sports d’hiver restent encore possibles sur notre territoire, plus pour très longtemps, je le crains. Lorsque l’Arctique se sera suffisamment réchauffé, il n’existera plus d’air glacial nordique pour venir occuper le territoire québécois en hiver.

On remplacera nos sapins par des cocotiers et nos épinettes noires par des palétuviers. On glissera sur des dunes, on jouera à la crosse plutôt qu’au hockey, on pourra oublier sa bouteille d’eau dans l’auto sans risque de gel. On saura que notre vie a suivi un cours différent lorsqu’en janvier, les gars se promèneront avec des chemises fleuries plutôt qu’à carreaux et des bermudas au lieu de combinaisons à grandes manches.

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Une saison me manquera particulièrement et ce n’est pas l’hiver, mais sa fin, le printemps. Quels étourdissements je vis lorsque je retrouve toutes ces jolies femmes dans leurs accoutrements printaniers après la saison sage! Non, rien ne vaut ces moments magiques, pas même trois degrés supplémentaires, pas même les ananas, pas même un été permanent.

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Le printemps, le prime temps, la renaissance, mais pour enfin renaitre, il faut d’abord savoir mourir.

La comète de Noé

Cet article compose la première partie d’un triptyque.

Les scientifiques sérieux, je parle de ceux qui se foutent de déplaire à leurs prédécesseurs trop séniles, bornés et têtus pour accepter des preuves allant à l’encontre de leur idéologie, s’entendent pour situer un événement climatologique planétaire aux environs de 13 000 ans dans le passé.

Un cataclysme aurait bouleversé de façon radicale le climat et les conditions régnant sur Terre à ce moment. Dans la foulée, un nombre incommensurable d’humains auraient péri, sans compter l’extinction subite de nombreuses espèces animales, mammouths, tigres à dents de sabre, ours à face plate, etc., la faune géante de l’époque s’est mystérieusement et radicalement éteinte.

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Les humains survivant à cet événement sans précédent ont voulu transmettre le récit de cette catastrophe exceptionnelle, mais son ampleur épouvantable dépassait l’entendement humain et sa cause véritable demeurait totalement inconnue. Pour comprendre ce qui survint voilà treize millénaires, reportons-nous à cette époque reculée.

La Terre traverse une période glaciaire, ce n’est pas sa première et ce ne sera pas sa dernière. Différentes causes astronomiques cycliques déclenchent ces épisodes où la Terre se refroidit de façon importante. Il ressort clairement des graphiques un cycle d’environ 100000 ans où la Terre passe du froid au chaud pour revenir au froid.

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Pour les fins de cet article, je n’aborderai pas les causes probables de ces périodes glaciaires, elles surviennent et voilà 12 900 ans, nous étions au cœur de l’une d’entre elles. Le niveau de l’océan se situait 120 mètres plus bas, car toute cette eau s’était accumulée sous forme de glaciers sur une grande partie de l’hémisphère nord de la planète. 2 à 3 kilomètres de glace recouvraient le Canada en entier, l’Europe jusqu’à Berlin et une bonne portion de l’Asie. Les plateaux continentaux aujourd’hui submergés se retrouvaient à l’air libre et peuplés d’on ignore combien d’humains et d’animaux.

Puis quelque chose de cataclysmique et subit est survenu. Une comète s’est écrasée sur la Terre. J’utilise le mot comète, mais le terme astéroïde pourrait aussi bien faire l’affaire, car on n’en est pas vraiment certain. Un corps céleste quelconque s’est abattu quelque part dans le Nord et a causé un ravage incommensurable.

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On aurait récemment découvert sous le glacier groenlandais Hiawatha situé à l’extrême nord-ouest de ces terres un astroblème datant de 12900 ans, prouvant hors de tout doute cette hypothèse. Une cicatrice de 31 km de diamètre et de 300 mètres de profondeur, caractéristique d’un impact avec un corps céleste, a été mise au jour par une équipe de chercheurs allemands de l’institut Alfred Wegener.

Tiens donc! Ce non vous dit-il quelque chose? N’est-ce pas ce météorologue qui a inventé l’hypothèse de la dérive des continents et qui a été la risée de la communauté des géologues durant plus de 50 ans alors qu’il avait tout bon? Hé oui! Curieux hasard!

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La forme caractéristique du terrain à cet endroit ne laisse aucun doute sur sa nature, surtout que voilà plusieurs décennies on a retrouvé une météorite non loin de là, probablement un fragment détaché de celle qui a causé la dépression ayant mesuré au minimum un kilomètre de diamètre.

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Dans cette région, la glace est très jeune et aussi très différente des autres glaces environnantes. De minuscules cailloux transportés par des cours d’eau sous-glaciaires montrent clairement des traces d’un important impact qui les ont fait fondre puis recristalliser.

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La datation du site porte encore à controverse, mais celle-ci devrait bientôt se raffiner. Selon certaines données, il n’aurait que 12900 ans, un moment charnière dans la saga humaine, car à ce moment précis, la Terre aurait vécu un subit refroidissement connu sous le nom de Dryas récent. Celui-ci proviendrait d’une importante et subite arrivée d’eau froide dans l’Atlantique-Nord qui aurait causé un dérèglement des courants marins et un gel encore plus prononcé des régions nordiques.

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Mais toute cette eau froide devait provenir d’un cataclysme et voilà comment une équipe internationale du musée d’histoire naturelle de Copenhague en a déduit l’hypothèse de la météorite tombée au Groenland et aujourd’hui confirmée par l’équipe allemande.

Et où est le lien avec Noé dans toute cette histoire? J’y arrive. Demain, vous saurez.

Géologie

La recherche de pétrole et autres hydrocarbures reste l’une des occupations les plus populaires des géologues. Apprendre les couches géologiques dans cet unique but m’a toujours très peu intéressé, pour ne pas dire rebuté.

Je n’ai jamais étudié dans ce champ d’expertise et pourtant ce sujet m’habite énormément pour d’autres raisons que d’y découvrir des pseudo-richesses aux dessous catastrophiques. Le plus intéressant est de remonter le cours du temps, de jouer au détective, de chercher des indices, des preuves d’un passé disparu depuis des millénaires, des millions voire des milliards d’années.

Retrouver l’histoire de notre planète, de ses différents continents et de ses régions après tant de temps peut paraitre impossible tellement tout a bougé, tout s’est érodé et a finalement disparu au plus profond du manteau terrestre ou sous le pic des excavateurs. Mais il reste encore beaucoup de lieux préservés, encore vierges, où des yeux exercés et des analyses poussées parviennent à faire parler certains témoins de ces temps immémoriaux.

À l’instar des strates qu’ils étudient, les géologues sont parvenus à subdiviser l’histoire de notre planète en une série de couches temporelles distinctes appelées âges, eux-mêmes groupés en époques, puis en périodes, en ères, éons et superéon. Chaque groupe possède des éléments communs et distinctifs. C’est ainsi que le turbulent passé de notre planète nous est révélé depuis ses origines hadéennes jusqu’au Meghalayen actuel.

Des surprises de taille ont émergé des études du sol et du sous-sol terrestre. Tout d’abord, l’âge de notre Terre. Décrété par les interprètes des saintes Écritures à environ 6000 ans, celui-ci a bondi pour atteindre une fourchette entre 24 et 400 millions d’années grâce aux travaux de Lord Kelvin. Mais ce dernier ignorait alors le rôle et donc l’importance de la radioactivité souterraine dans son échauffement. La Terre a atteint son âge actuel estimé à 4,54 milliards d’années lorsque les géologues ont analysé et recoupé les résultats des désintégrations d’uranium, de thorium, de potassium et d’iode.

La géologie met en lumière et explique l’apparition et la disparition d’espèces végétales et animales. Elle établit une carte précise des climats locaux et global du passé. Elle explique tous les désastres naturels et les raisons pour lesquelles les volcans, les séismes et les tsunamis ont sévi et continuent constamment de le faire.

Elle donne un sens et un âge aux grandes chaines de montagnes et jusqu’aux plus petites formations terrestres. Elle explique la formation des roches sédimentaires, des cristaux de tous genres, y compris toutes les gemmes. Elle retrouve la latitude des continents à travers les âges, leurs télescopages et leurs séparations. Elle établit la chronologie de la série d’inversions des pôles magnétiques à travers le temps.

Elle retrouve les traces de cataclysmes sidéraux, de notre Soleil, mais aussi de supernovæ et autres tempêtes venues des confins de notre Univers. Elle met en évidence les astroblèmes créés par des météorites dont certaines ont changé de façon définitive l’avenir de notre monde et par incidence le nôtre.

La géologie s’intéresse aux cycles de l’eau et des vents, elle retrace les érosions, les périodes glaciaires, les retraits des glaciers, les rebonds glaciaires, les inondations monstrueuses et les sécheresses. Elle confirme des légendes qui, sans elle, ne seraient restées que des histoires mythiques.

Elle explique les vallées, les falaises, les mornes, les moraines, les veines de métaux dans la roche, les chapelets d’iles ou de collines, les canyons, les fosses abyssales, les dérives des continents, la subduction et les failles géologiques.

La géologie continue pourtant de transporter des cadavres dans ses placards. Elle garde de lourds secrets, dont certains impacts de l’humain sur sa planète. L’exploitation des gaz de schistes à partir de la fracturation hydraulique engendre des effets géologiques qui sont systématiquement dissimulés. Des apparitions subites de dolines et de cénotes (sinkholes) obtiennent des explications bancales qui puent la dissimulation des vraies raisons pour des considérations économiques et politiques.

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La géologie est fortement subventionnée par le public. Quant au privé, il enferme ses propres conclusions défavorables dans des voûtes bien gardées. Lorsque le pouvoir possède également celui de taire la vérité, la science obtient le même traitement que les fausses nouvelles.

Faire de la géologie constitue une superbe aventure qui permet également de profiter de la nature, de se promener dans des lieux jamais explorés, de voyager à travers le monde, de trouver des beautés naturelles inconnues. Pour les amoureux de plein air, de la Nature, des énigmes à la CSI et des voyages exotiques, la géologie est l’une des plus belles branches scientifiques à laquelle des jeunes peuvent s’adonner.

Épisode pluvial du Carnien

Le Carnien est un étage géologique datant entre -237 et -227 millions d’années. Il fait partie du Trias, un système géologique faisant lui-même partie de l’ère Mésozoïque. Petit avertissement, les datations varient énormément au fur et à mesure que les techniques s’affinent. J’utilise la datation de la Geological Society of America v5.0 mise à jour en 2018. Ne vous surprenez pas si des références plus anciennes situent le Carnien à des moments différents.

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Durant cette période, un événement climatologique inhabituel s’est produit aux environs de -230 millions d’années, on le nomme « l’épisode pluvial du Carnien » (il porte également plusieurs autres noms).

Cet événement fut précédé d’une longue période de sécheresse qui se termina avec un réchauffement climatique de +3 ou +4°C. La pluviométrie, l’érosion et les sédiments se sont grandement accrus. Toutefois, ce phénomène fut régulièrement interrompu par de courts épisodes d’aridité plus prononcée.

Cependant, ces variations climatiques apportèrent des changements majeurs à la biodiversité, la Terre vécut des d’importantes extinctions ou raréfactions. Parmi les extinctions les plus notables, notons plusieurs types d’algues vertes, de multiples coraux ainsi que les plus anciens dinosaures connus, les eoraptors, une bête de seulement une dizaine de kilogrammes. On peut constater que le gigantisme n’avait pas encore atteint ces futurs dominateurs du règne animal.

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Comme c’est souvent le cas, on attribue ces importants changements à une période de volcanisme intense. Cette fois-ci, il est question du Wrangellia, une très abondante effusion de basalte survenue en Alaska, au Yukon et en Colombie-Britannique exactement à cette époque où l’on vit les taux de CO2 et SO2 grimper en flèche. Cet épisode contribua à l’avènement des dinosaures géants.

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Les émissions actuelles des gaz à effets de serre se rapprochent beaucoup du dégazage des volcans en période de forte intensité. Les extinctions actuelles dont celles des coraux, le réchauffement de l’atmosphère et des océans, la pluviométrie en hausse, cela ressemble presque en tous points à cette période charnière du passé de la Terre. On peut donc anticiper quelques effets sur notre écosystème actuel en constatant comment celui du Carnien a évolué. En résumé, ça ne présage vraiment rien de bon pour l’humain !

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Les leçons ignorées du passé

Connaissez-vous le PETM? Non? Ce n’est pas un événement techno ni une nouvelle maladie. On désigne sous cet acronyme un ancien passage climatique appelé «maximum thermique du Paléocène-Éocène».

On aurait pu apprendre du passé pour anticiper l’impact de nos émissions de dioxyde de carbone. Non seulement on s’est bien gardé de regarder derrière, on continue toujours d’ignorer l’histoire de la Terre alors que des changements dramatiques sont présentement en train de survenir. Voici donc quelques détails concernant cet épisode plutôt révélateur du passé de notre planète.

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Après l’extinction de la faune géante survenue voilà 66 millions d’années, la Terre a vécu un étrange épisode de réchauffement climatique daté de 55 millions d’années qui a laissé des traces géologiques claires et précises, c’est le passage du Paléocène à l’Éocène. Cette transition nommée PETM a été marquée par l’accroissement dramatique des températures à la surface de la terre et des océans.

Avec 8 à 13 °C supplémentaires, la vie dans les océans devenus très acides a connu l’une de ses pires crises. Les coraux ont disparu, la faune marine s’est réduite jusqu’à presque être anéantie, la plupart des espèces restantes s’étant réfugiées dans les océans boréal et austral. Avec 36 °C à l’équateur, l’eau en haute mer était aussi chaude que celle d’un spa. En Arctique, l’eau atteignait 18 à 23 °C.

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Au sol, la Sibérie, le Grand Nord canadien, le Groenland et l’Antarctique ont totalement fondu. La flore s’y est installée et on retrouvait dans ces lieux polaires des plantes tropicales. Les autres lieux à plus basse latitude sur la planète ont souffert de forte surchauffe, exterminant une grande partie de la vie et déplaçant le reste vers des latitudes plus clémentes. Il va sans dire que le niveau des océans a grimpé à son maximum et que rien n’a subsisté des côtes actuelles où s’entasse actuellement plus de la moitié de la population mondiale.

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On s’entend pour dire que cette période de transition entre les deux époques géologiques aurait été causée par un dérèglement dans le cycle du dioxyde de carbone. Pour des raisons encore imparfaitement comprises, la Terre s’est mise à dégazer en grande quantité cette molécule à effet de serre durant environ 20000 ans. Au cours de ce réchauffement, la fonte du pergélisol et les fonds océaniques ont libéré des quantités phénoménales de méthane, amplifiant d’autant l’effet de serre.

À cette époque, la libération du CO2 se produisait à une vitesse dix fois moins grande qu’avec les activités anthropiques actuelles. Heureusement, la Terre s’en est finalement remise à partir du moment où les émissions anormales de dioxyde de carbone et de méthane ont cessé. En revanche, ça lui a pris au bas mot 150000 ans pour faire disparaitre le surplus des gaz responsable de ce sauna global.

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Voilà un aperçu réaliste, non extrapolé, basé sur des mesures sédimentaires concrètes de ce qui attend notre Terre dans un avenir beaucoup plus proche qu’il n’y parait. Mais rien ne garantit que vous pourrez vous prélasser au soleil le cul dans l’eau turquoise à Ivujivik. Les émissions anthropiques actuelles sont tellement plus importantes et soutenues qu’à cette époque reculée que rien ne laisse supposer que la Terre se limitera à accroitre sa température de seulement 8 à 13 °C.

Et on fait tout un plat autour de la possibilité d’une augmentation de 1,5 °C et ce que nous devrions faire maintenant pour éviter d’atteindre ce niveau considéré comme limite. Quelle risible mauvaise pièce de théâtre! J’ai l’impression de voir un gars tombé d’un bateau en plein océan et qui se demande s’il devrait se départir de sa chaussette gauche ou droite pour éviter de couler! Vous, comme moi, nous savons ce qui surviendra à ce gars peu importe sa décision, n’est-ce pas?

Armistice climatique

Vous, climatosceptiques, vos magouilles ont atteint leur but. Vous avez muselé toutes les générations de politiciens depuis cinquante ans, sinon plus.

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Je vous concède la victoire. Personne n’a encore levé le petit doigt, personne ne s’apprête à le faire et personne ne s’en donnera la peine. Alors, ayez maintenant au moins la décence de vous fermer le clapet et commencez à admirer les résultats de vos efforts et à assumer les conséquences de vos actes et de votre réussite.

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Vu la tournure du climat, tout combat entre les deux factions est devenu inutile. Je vous propose donc plus qu’une trêve, je suggère un armistice à instaurer entre nos deux clans. Je voudrais maintenant passer le reste du temps qui m’est imparti à discuter d’autre chose. Je ne veux plus vous entendre, ni vous lire, ni même savoir que vous existez. Écrasez-vous dans un coin, trinquez à votre victoire avec vos semblables en vivant naïvement vos derniers moments dans le monde actuel au seuil du basculement que vous niez encore si énergiquement alors que ses ancrages ont tous cédé.

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Je souris parce que les puissants de ce monde qui vous ont utilisé comme de bons vassaux pour véhiculer leurs mensonges finiront comme nous, comme vous, comme tout le reste de la population. Ils auront beau se payer tous les moyens de fuir la chaleur, ils vivront dans des aquariums sans possibilité de s’en échapper au risque de frire.

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Leur univers chimérique qu’ils ont si chèrement défendu ne leur fera aucune faveur. Enterrés pour le reste de leurs jours, ils regarderont des albums souvenirs en se demandant pourquoi personne n’a rien fait, oubliant pour le bien de leur santé mentale restante qu’ils ont été les instigateurs, les architectes et les promoteurs du gâchis.

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Vous croyez que je plaisante? Vous croyez que j’exagère comme tout bon adepte du dérèglement climatique? Vous auriez le cul profondément incrusté dans l’élément du poêle que vous continueriez de nier l’évidence de la chaleur qui s’en dégage. Vous auriez beaucoup trop mal si vous constatiez la réalité que vous avez si hargneusement niée.

Je suggère donc à tous ceux qui ont partagé mes opinions de signer l’armistice. Chers amis, n’oubliez pas qu’avoir raison n’a jamais été l’enjeu de cette guerre. La raison étant absente chez nos ennemis, nous avons cherché à les convaincre avec des arguments rationnels. Ce fut une grave erreur stratégique. Une erreur dont une armée ne se relève pas. Nous avons tout misé sur une fausse hypothèse, celle de l’existence d’un minimum de bon sens chez les membres de la partie adverse.

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Rentrons chez nous et embrassons nos proches, nos êtres chers. Partageons de beaux moments avec eux, loin des invectives, pansons nos plaies que de tels débats stériles ont créées dans nos esprits visionnaires passionnés.

Lorsque les évidences deviendront indéniables pour les serviles du clan des climatosceptiques, je ne voudrais pas que les gens les lynchent en guise de défoulement pour avoir continué de nier avec toutes les preuves inverses sous le nez. Seul un vrai armistice les protégera des abus potentiels de ceux qui ne leur pardonneront pas.

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On pourrait me rétorquer qu’ils mériteraient bien de passer au hachoir, mais ma morale me dicte de rester humain avec tous les humains, même avec ceux qui se comportent en esclaves amadoués au service d’une certaine caste dirigeante cherchant par tous les moyens à fixer leur bateau comme s’il se trouvait en cale sèche alors qu’il navigue sur des océans imprévisibles.

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Les climatosceptiques comprendront trop tard que l’argent et le pouvoir des gens puissants ne prouvent aucunement qu’ils possédaient une intelligence supérieure. Les apôtres vivront l’amère déception de s’être acoquinés à des géants aux pieds d’argile qui vouaient un culte sans bornes à l’argent et que celui-ci, comme la pire des drogues, leur avait brouillé l’esprit et le jugement depuis des lustres.

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Cherchant à obtenir une part inexistante d’un illusoire gâteau, ils se verront jeter par leurs maitres dans les oubliettes de leurs châteaux en ruines en guise de remerciement pour leur dévouement aveugle. Pour ma part, ce rejet dédaigneux des gens à qui ils ont léché les bottes sera suffisant pour me sentir vengé de leur traitrise. Je n’irai pas les tirer de ces donjons nauséabonds, mais je garderai quand même pour eux une petite pensée.

Cette pensée pour mes anciens ennemis, l’armistice, comme le temps, n’y changera rien. Elle survivra intacte et non édulcorée. Ils n’auront été qu’une «bande d’imbéciles». Puissent ces mots devenir mes dernières paroles et j’autorise leur gravure sur ma tombe au cas où il resterait quelques humains pour les lire et pour se rappeler leur incommensurable bêtise.

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Ilopango

Dans l’article d’hier, j’abordais la chute des empires causée par leurs promesses et précipitée bien souvent par des catastrophes naturelles. Aujourd’hui, je vais parler de l’une d’elles causée par l’Ilopango.

Voici la photo du volcan Ilopango, un destructeur d’empire régional. Mais ne vous y méprenez pas, le monstre n’est probablement pas celui que vous pensez. Ce magnifique stratovolcan (cône) n’est pas l’Ilopango, regardez plutôt ce lac en avant-plan, voilà l’Ilopango.

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Sur cette carte, vous pouvez comparer la taille du cratère du volcan San Vicente (cercle rouge) avec la caldeira de l’Ilopango qui correspond à la totalité du lac pour vous donner la mesure du monstre souterrain.

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D’une dimension de 8 par 11 kilomètres, la bouche de l’Ilopango se situe à la limite est de la ville de San Salvador, la capitale de la République du Salvador, le plus petit pays d’Amérique centrale.

Cette caldeira, surnommée El Megavolcán de la Muerte par ses habitants, résulte de quatre éruptions de type plinien (vésuvien) survenues au cours des 12000 dernières années. La plus récente de ces explosions cataclysmiques s’est produite aux environs de la moitié du cinquième siècle de notre ère (an 450).

Cette éruption s’avère bien plus importante que celle du Krakatoa de 1883 et probablement comparable à celle du Tambora de 1815 avec une cote estimée à VEI 6-7. Il expulsa pas moins de 70 kmde téphrites, des cendres volcaniques brûlantes, ce qui correspond à un tapis de 50 cm sur un rayon d’une centaine de kilomètres autour de lui.

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Bien sûr, cette éruption engendra des impacts locaux très sévères, dont la disparition de la culture maya de l’époque, en forçant l’évacuation des rescapés de ces hautes terres vers les basses terres des pays modernes du Guatemala et du Belize. Le contrôle du réseau commercial fut déplacé vers la ville de Tikal au Guatemala actuel.

Cela prit des siècles avant que cette vaste zone puisse récupérer de ce désastre. Toutefois, la fertilité accrue des sols ramena ensuite les habitants à se concentrer de nouveau autour de lui.

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Cette éruption créa un impact majeur sur le climat global avec pour conséquences la chute importante des températures et des récoltes fragilisées et appauvries.

Les conséquences de la dernière éruption majeure de l’Ilopango ne sont pas responsables à elles seules de la fin des empires romains et byzantins de cette époque, mais elles ont contribué à affaiblir leurs structures économiques et leur influence.

La météo actuarielle

Enfin ! Les actuaires canadiens se sont jetés à l’eau dans le débat sur les changements climatiques. Ils espèrent montrer une image neutre et factuelle des tendances. En utilisant les données de la NOAA, ils ont tout particulièrement remarqué que depuis 1990 le climat a une tendance marquée à excéder les normales. Ils ont développé un indice qu’ils nomment « indice actuariel climatique » et depuis 2016, celui-ci démontre clairement une augmentation graduelle de la météo extrême.

Je vous en parlais dans deux de mes articles précédents, « Dérèglement climatique – vers le pire » et « Le silence pour contrer les dérèglements climatiques ». On ne peut pas constamment battre des records de températures, même si les normales restent à peu près les mêmes sans qu’il y ait dérèglement du climat. Les actuaires me donnent enfin raison et je les encourage vivement à poursuivre leurs études puisque leur expertise avec les chiffres finira peut-être enfin à enfoncer le dernier clou dans le cercueil des climatosceptiques.

Photo : ici-radio-canada.ca

Dérèglement climatique – vers le pire

Des chercheurs de l’université Stanford prévoient que les scénarios les plus pessimistes du GIEC, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, prévaudront sur les autres prévisions moins alarmistes.

Rappelons que le GIEC ne fait aucune recherche scientifique, par contre il collige toutes les études publiées sur l’évolution du climat. Il tente ensuite d’en tirer plusieurs tendances suivant divers scénarios allant du plus optimiste au plus pessimiste.

Le GIEC est important puisque personne n’a le goût ni le temps de lire ces études une à une et de faire le travail de synthèse qui s’impose pour comprendre où va la planète.

Ce que les chercheurs de Stanford ont publié tend à se rapprocher des conclusions les moins favorables du GIEC, mais je ne suis pas surpris et voilà pourquoi.

Au début de son mandat, Le GIEC a été fustigé et insulté d’être alarmiste et irréaliste. Il a ensuite été soumis à d’intenses pressions qui l’ont fait reculer. Ils ont alors ajusté leurs courbes d’évolution du climat en avalant des antidépresseurs et en enfilant des lunettes roses. Ils ont ainsi obtenu des courbes prédictives entièrement décalées vers le côté joyeux des axes. Il est donc normal de retrouver in fine des courbes de mesures réelles parfaitement alignées avec celles du GIEC qui prévoient le pire. Ces scénarios aujourd’hui anticipés par Stanford auraient dû se situer en plein cœur des courbes du GIEC.

Le GIEC s’est-il comporté comme un bon scientifique? nous a-t-il menti? Quelle est sa position aujourd’hui? Ces trois questions sont parfaitement légitimes. À l’évidence, il ne s’est pas comporté en bon scientifique puisqu’il a éliminé de son bilan les études les moins favorables, mais a conservé la plupart de celles prévoyant des changements moins importants et moins alarmistes. Dans le contexte où l’on collige une grande quantité d’études scientifiques, il est normal et même nécessaire d’en écarter une certaine quantité, car les études situées aux deux extrémités du spectre sont souvent biaisées par un protocole de recherche inadéquat, des données insuffisantes ou préalablement filtrées, ainsi que de la triche. En éliminant les extrêmes des deux côtés, le cumul des études restantes et la réalité devraient mieux concorder.

Toutefois, les études aux deux extrêmes n’ont pas reçu le même traitement. Au bout du compte, il est resté beaucoup plus d’études optimistes que pessimistes, ce qui engendre un important biais dans les conclusions tirées de toute cette manip antiscientifique.

Ce filtrage asymétrique a engendré des conclusions mitigées préjudiciables. De fait, les gens au pouvoir se fient généralement aux conclusions les moins contraignantes. En déplaçant artificiellement la moyenne dans cette direction, l’inaction devient presque acceptable alors qu’avec des résultats non biaisés, l’inaction aurait été critiquable. Les lobbyistes favorisant le statu quo ont donc obtenu une victoire éclatante sur la vérité.

Alors pourquoi ce groupe de travail, le GIEC, a-t-il agi ainsi, lui qui est composé de scientifiques aguerris? Les conséquences d’être resté neutre et franc l’auraient menacé d’extinction ou de remplacement de leurs membres clés, occasionnant un déplacement des prévisions encore plus important vers l’allégresse et un retard significatif dans l’émission des rapports. Mentir et tricher jusqu’à une limite «tolérable» nuisait moins à la cause du climat que d’être resté honnête et réaliste. Ce fut un geste de désespoir qui sera un jour décrié pour n’avoir pu tirer l’alarme à temps. Je suis certain que les auteurs du GIEC en sont pleinement conscients. Ils doivent être déchirés puisqu’ils ont sciemment enfreint leur code d’honneur en retranchant des poids de l’un des plateaux de la balance tout en laissant intact le second.

Les résultats de l’étude de Stanford apportent d’une certaine façon la preuve que le GIEC a été manipulé. D’autre part, on observe que ce dernier n’a pas outrepassé une certaine limite en pliant aux pressions et aux jeux de coulisses puisque les données de l’étude de Stanford concordent tout de même avec l’un des scénarios prévus par le GIEC, le pire. L’étude de Stanford n’est pas un cas isolé. D’autres études confirment la tendance réelle des changements climatiques à frôler et même à dépasser les scénarios les plus pessimistes du GIEC.

Sachant cet état de fait, il est important d’interpréter les rapports du GIEC en se focalisant sur les courbes les moins optimistes en imaginant que l’avenir leur ressemblera.

Photo : davidsuzuki.org

Voilà, il neige

Lorsqu’on vit au Québec, la première neige de l’année nous avise que nous nous apprêtons à vivre quelques mois de froid, parfois même, intense. Mais cette prévision ne gâche pas le spectacle de ces flocons virevoltant gracieusement sous le vent en faisant disparaitre les surfaces sur lesquelles elles se déposent sous un silence monacal.

Ici, nous avons la fabuleuse chance de connaitre quatre saisons bien distinctes. Malheureusement, cet état de fait ne durera probablement plus bien longtemps. Les deux derniers hivers furent, heureusement, conformes à ceux de mon enfance. Je me souviens que mes potes et moi arpentions les rues du quartier en quête de voitures enlisées. On aidait les conducteurs à s’extraire des congères qu’on nomme ici « bancs de neige » en mettant nos nouveaux muscles au défi.

Il neige en ce moment à pleins ciels, mais ces jolis flocons blancs comme des boules de coton ne résisteront pas à la clémence actuelle des températures, car la politesse exige que la neige nous avertisse avant de nous ensevelir. Toutefois, je me souviens de certaines années où elle a manqué à ses obligations de courtoisie. Pas cette année.

Lorsqu’on consulte les cartes météorologiques des températures moyennes mondiales des deux derniers hivers, seul le Québec a été épargné par les hausses catastrophiques des températures. Cette année, je crains fortement que nous écopions comme la Sibérie, comme les pays nordiques européens et comme le Grand Nord qui, tous, se réchauffent à grande vitesse. Dans l’hémisphère nord, nous n’aurons plus bientôt que des souvenirs de ce temps où la Nature prenait quelques mois de repos.

La Planète a déjà connu de bien pires conditions et en soi, ce réchauffement peut être considéré comme de bon augure s’il permet d’accroitre le nombre de semaines par année de cultures locales. Durant ce temps, les pays nordiques seront moins dépendants des fruits et légumes provenant des basses latitudes, ce qui permettra d’accroitre l’offre mondiale. Mais, car il existe toujours une contrepartie, en brisant l’équilibre que la Terre avait atteint après le Grand Dégel, l’humain a propulsé sa planète vers un nouveau point d’équilibre totalement inconnu. Sera-t-il, comme certains météorologues le prévoient, suffisamment important pour causer la fonte de toutes les calottes glaciaires restantes ? C’est possible et même très possible, car un emballement des températures est de plus en plus envisageable.

Mais actuellement, cette neige est belle et je profite de ce spectacle aux antipodes des jeux de sons et lumières post-modernes étourdissants. Ici, seuls le silence et la monochromie ont droit de scène. Mes pneus d’hiver sont posés et j’ai placé mes pelles et mes balais à neige dans l’auto afin qu’ils me prêtent main-forte le temps venu. J’ai sorti mes parkas, bottes, foulards, tuques, gants et mitaines de leur coffre comme en prévision d’un rude hiver d’antan. Je sais toutefois qu’un jour ils vieilliront, totalement inutiles, comme des vieillards mis au rancart dans des hospices ternes et insipides. À l’instar de ces pauvres personnes mal aimées, mes outils hivernaux perdront leur raison d’exister. Certains d’entre eux seront envoyés au musée afin que l’humain se souvienne de ces temps où la neige avait modelé leur vie autrement. J’espère, sans trop y croire, que la Terre saura stopper l’emballement thermique catastrophique qui la fera ressembler à sa sœur Vénus où l’on ne fait pas frire des œufs à sa surface, mais bien, fondre du plomb.

Heureusement, cette année encore, la neige reprend du service. Notre planète se bat une fois de plus pour contrer nos stupides agissements posés en pleine connaissance de cause. Combien de temps lui reste-t-il  ? Jusqu’à ce qu’Elle en ait plein le dos. Mais qui veut vraiment savoir quand cela surviendra alors que nous pouvons sans contraintes vivre béatement notre imbécillité ?

Photo : lenavet.ca

Réchauffement ou refroidissement ?

Je ne veux surtout pas ouvrir ou alimenter un débat sur notre futur proche concernant la température moyenne à la surface de la Terre à savoir si elle croitra, baissera ou restera stable. Je me fie aux rapports du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) qui a pour tâche de rassembler et de colliger toutes les études scientifiques concernant ce sujet effectuées à travers le monde.

Plusieurs ignorent toutefois que ce groupe est fortement influencé pour que leurs conclusions soient mitigées. En résumé, ce groupe revoit systématiquement à la baisse la tendance au réchauffement observée et analysée par la très grande majorité de scientifiques dans tous les domaines touchés par les changements climatiques afin de ne pas alarmer la population. En résumé, la hausse des températures sera très certainement pire que leurs pires pronostics publiés par le GIEC.

Cependant, il se pourrait bien que les climatosceptiques obtiennent un allié de taille dans cette bataille. Cet allié, c’est la prochaine période glaciaire prévue pour la Terre. De fait, des cycles de réchauffement et refroidissement se succèdent sur une base régulière. Ceci est causé par la précession des équinoxes, un changement d’orientation de l’axe de rotation de la Terre. Ce mouvement circulaire dure un peu moins de 26 000 ans, puis recommence. Ainsi, les continents situés dans l’hémisphère Nord reçoivent moins d’ensoleillement, engendrant la croissance de glaciers gigantesques. Plusieurs milliers d’années plus tard, l’axe de rotation entame la seconde partie de son cycle, les températures moyennes se réchauffent peu à peu, faisant fondre les calottes glacées.

Nous sommes actuellement à peu près au sommet de la courbe des températures moyennes, laissant présager que ces températures recommenceront à décroitre dans un avenir pas si lointain. Voilà pourquoi certains pensent que le fameux réchauffement climatique pourrait être freiné ou à tout le moins passablement atténué.

Toutefois, cet allié opère très lentement et risque d’arriver beaucoup trop tard puisque nous sommes probablement au seuil d’un emballement thermique. Un emballement est causé par un effet de rétroaction trop faible (capture insuffisante du CO2 et du méthane) par rapport au gain, c’est-à-dire à la quantité de ces mêmes gaz émis dans l’atmosphère terrestre par le dégazage du pergélisol, des arbres et des fonds océaniques. L’emballement se produit lorsqu’un point de rupture est atteint et que la libération des gaz stockés est suffisamment importante pour libérer encore plus de gaz stockés, malgré l’arrêt complet de l’apport anthropique (causé par l’humain).

Oui, il est fort probable que la prochaine période glaciaire n’ait pas lieu grâce aux rejets dans l’atmosphère de nos gaz à effet de serre. Dit ainsi, ce résultat semble positif. Ce qu’il faut y comprendre, toutefois, c’est qu’à cause de l’emballement thermique, nous ne vivrions pas dans un congélateur, mais dans un four crématoire.

Nous savons que l’humain a déjà survécu à plusieurs cycles de glaciation en migrant à des latitudes plus basses. Mais si un emballement thermique devait survenir, nous n’aurions nulle place sur terre où se cacher. Il nous resterait peut-être sous terre ou quelque part dans l’immensité de l’espace. Et nous ignorons totalement comment survivre longtemps dans ces deux milieux inhospitaliers.

En ce qui me concerne, je mise tout sur un réchauffement brutal et catastrophique. Il faut bien assumer la réputation d’oiseau de malheur rattaché à mon nom.