Fous de la lessive

Un fléau quasiment jamais évoqué est celui de la lessive excessive. On porte un vêtement une fois, on le lave même s’il est toujours propre et inodore. Prêter une attention particulière à ne pas laver les vêtements qui n’en nécessitent pas réduit considérablement notre trace environnementale.

La facilité avec laquelle nos machines traitent cette tâche ménagère nous a amenés à l’excès. Si nous devions retourner à la planche, à la savonnette, à la corde à linge et aux épingles, il est certain que nous laverions uniquement les vêtements vraiment sales ou nauséabonds.

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La surconsommation de lessive et de nettoyage à sec existe parce qu’on peut se le permettre, du moins le croit-on. Toutefois, la réalité s’avère bien moins jolie. En camouflant les conséquences de nos actes sur l’environnement, nous refilons simplement cette dette à des dizaines de générations futures.

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Si nous devions payer maintenant le vrai prix de nos excès de lessive, nous changerions immédiatement nos habitudes et reviendrions à un mode de fonctionnement plus rationnel.

Si l’humain parvient à survivre à ses massacres envers l’environnement, il regardera son passé avec effroi et horreur. Notre lignée évaluera les mécanismes soutenant nos sociétés modernes. Ils les trouveront abusifs, destructeurs, dévastateurs et ravageurs. Quant à nous, ils nous qualifieront à juste titre d’odieux vandales. Notre descendance aura honte de ses origines, car elle ne comprendra pas pourquoi, tout en le sachant pertinemment, nous avons continué de tout ravager sans même sourciller. Faire autant de lessives inutiles sera pour eux le signe que nous étions de parfaits imbéciles.

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Alors la prochaine fois que vous voudrez lancer un vêtement toujours propre dans le panier destiné à la lessive, posez-vous la question de la pertinence d’un tel geste. Et si vous ne le raccrochez pas dans la penderie, votre descendance aura parfaitement compris ce que vous êtes en réalité.

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Le survivalisme

Êtes-vous un ou une survivaliste?

Si vous ignorez ce terme, il y a de fortes chances pour que vous ne le soyez pas, mais ce n’est pas certain. La définition ratisse large et se module d’un pays à l’autre, d’une région à l’autre, toutefois, il existe une constante. Un survivaliste se prépare pour des futurs difficiles avec toutes les variantes qu’il est possible d’imaginer.

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Le survivaliste sédentaire

Pendant la guerre froide aux É.U.A., certaines personnes se sont fait construire des bunkers antinucléaires et les ont équipés de matériel et de vivres pour subvenir à tous les besoins durant quelques mois. Cet exemple représente le summum du survivaliste, un individu convaincu qu’il faut se préparer au pire et prendre tous les moyens modernes pour y faire face: armes et munitions, systèmes multiples de communication, de recyclage de l’air et de l’eau, de chauffage et de climatisation, génératrice, outils, meubles, bouffe, boissons, mazout, vêtements, loisirs, la totale. Tout est prévu pour s’enfermer dans un endroit réduit, mais entièrement autonome durant une période variant en fonction de l’état initial des réserves.

Toutefois, il n’est pas donné à tout le monde de devenir un survivaliste sédentaire opérant dans ces extrêmes puisque ça prend un espace approprié, des moyens financiers importants et des connaissances techniques développées. Il est possible d’être un adepte de cette philosophie de vie tout en restant réaliste et économe en privilégiant certains choix.

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La mentalité de base du survivaliste

Un survivaliste ne fait pas confiance aux autres et surtout pas aux différentes autorités gouvernementales pour lui venir en aide. En cas de petit désastre localisé, il aurait tort. Par contre, si une méga catastrophe survenait, l’avenir lui donnerait raison. Un survivaliste n’est aucunement une personne déconnectée ou extrémiste, pessimiste ou loufoque. Il croit simplement que des cataclysmes engendrant de multiples horreurs sont arrivés dans le passé, qu’il en surviendra d’autres dans le futur, et les chances qu’un d’entre eux survienne de son vivant sont suffisamment grandes pour prendre des dispositions adéquates. On ne trouve donc rien de stupide ou d’illogique dans la mentalité du survivaliste.

Par ailleurs, ces adeptes pensent qu’il est totalement irresponsable de ne pas se préparer au pire. Ils savent pertinemment que les cigales viendront lui quémander aide et soutien lorsque le monde s’effondrera. Cette éventualité est considérée tellement sérieusement que les survivalistes craignent tout autant les attitudes humaines post-apocalyptiques que les désastres eux-mêmes, sinon plus. Et une fois encore, ils ont parfaitement raison. Les non prévoyants iront les voler, ils les attaqueront pour s’emparer de ses réserves et de ses équipements, c’est indéniable.

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Pourquoi ne sommes-nous pas tous des survivalistes?

Pour certains, ce serait exister dans une peur continuelle, mais ces mêmes personnes souscrivent toutes à des assurances qui constituent, en quelque sorte, des mesures survivalistes de première instance. Ils pensent probablement que c’est mieux de vivre dans l’insouciance, de manière irresponsable et surtout en se moquant de ceux qui agissent en fourmi afin de camoufler leur propre attentisme. Les chances de catastrophes restent trop faibles pour en faire une fixation, disent-ils. Mieux vaut se faire plaisir aujourd’hui que de dépenser tout son argent dans un projet qui risque fort de ne jamais servir.

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Préparer sa fuite

Toutefois, rien n’empêche de prendre un minimum de précautions, dont une préparation adéquate pour fuir un lieu devenu dangereux. Réserves de nourriture non périssables pour plusieurs jours, réserve équivalente d’eau potable dans des contenants légers et incassables, vêtements chauds et imperméables, multioutils et lampes de poche, batteries, radio, chandelles, allumettes et briquet, poêle portatif et son carburant, divers contenants et sacs hermétiques, ustensiles et gamelles, bottines de marche, boussole, couteau de survie et hachette, des rouleaux de cordes diverses, des mousquetons, un sifflet, un kit pour purifier l’eau, des masques chirurgicaux et une trousse de premiers soins, un stylo ou un marqueur. Pour les vêtements de rechange, un seul ensemble suffit puisqu’on parle d’un mode survie, pas d’une mode à suivre. Gardez votre tête au chaud sous une casquette ou un béret et apportez deux mouchoirs en tissu pour usages divers.

Pensez à vos lunettes et peut-être à de petites jumelles ou à un monoculaire plus léger. Terminez avec vos essentiels d’hygiène. J’ai dit «essentiels». Remplacez régulièrement vos médicaments pour des produits non périmés. N’oubliez pas vos papiers d’identité, y compris votre passeport. Pour la saison froide, préparez un sac supplémentaire contenant les vêtements chauds appropriés. Rajoutez-le au besoin. Éliminez les pochettes lourdes pour privilégier des filets. Utilisez des sacs plastiques à glissière légers, hermétiques et très polyvalents.

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Tout ceci entre dans le fond et dans les poches d’un sac à dos. Complétez-le avec un sac de couchage et un matelas de sol compacts ainsi qu’une mini tente et votre survie sera bien mieux assurée que celle de la plupart des gens. Si vous possédez une moto, vérifiez son bon état de marche et n’hésitez pas à vous en servir. Maintenez un bidon d’essence plein à proximité. Évitez d’utiliser l’automobile si possible. Si elle reste votre seul moyen de transport, n’y engouffrez-y rien qui risquerait de vous faire hésiter à l’abandonner. Le vélo constitue aussi une excellente option, car il ne requiert aucun carburant. Gardez-le toujours prêt à l’usage.

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Le mot magique: «rapidité»

L’important est de privilégier la rapidité d’exécution. Ramasser un seul sac déjà préparé peut vous sauver la vie. L’équiper coûte peu cher et prend juste un peu de temps pour l’organiser et le remplir. Si vous devez rajouter des éléments de dernière minute, assurez-vous d’en avoir fait une liste en indiquant où les trouver et laissez-la sur le dessus du sac.

En cas de coup dur, et cela peut survenir n’importe où dans le monde puisque aucun endroit n’est à l’abri de tout désastre, vous pourrez vous enfuir un rien de temps afin de vous réfugier là où vous trouverez la sécurité. Vous aurez apporté tout ce dont vous aurez besoin pour survivre quelques jours de manière autonome, un mois si vous savez y faire. Ça vous laissera la possibilité de rejoindre un lieu épargné par la catastrophe.

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Composer un plan d’urgence et s’en tenir

Évitez de tergiverser et de perdre du temps à discuter. Si vous ne vivez pas seul, réglez ces possibles litiges dès à présent. Ne vous demandez pas si vous faites la bonne affaire. Agissez selon votre plan d’urgence et cessez d’en douter. Planifiez différentes destinations vers plusieurs directions et divers itinéraires pour les rejoindre. Les premiers individus à quitter les lieux dangereux seront les plus susceptibles de survivre. Ceux qui devront tout organiser et tout préparer au moment de la catastrophe risqueront de faire les mauvais choix ou de rester prisonniers. Demeurez bien informé jusqu’au moment du départ afin de prendre la meilleure option possible.

User de son intelligence

Survivre, ce n’est pas que dans l’action que ça se passe, car nous ne sommes plus des animaux. Contrairement à eux, nous dépendons de nos outils, de nos vêtements et de notre capacité de nous nourrir et de boire sans trop devoir en chercher. Notre intelligence nous a rendus vulnérables face à la nature. Nous devons donc user de cette même intelligence pour être en mesure de l’affronter le cas échéant.

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Une attitude avant une économie

Tout mouvement finit par trouver des gens cherchant à en profiter, le survivalisme ne fait pas exception. Si survivre exige des outils, dépenser une fortune en gadgets de toutes sortes ne règlera rien si vous ne pouvez pas les transporter sur votre dos. La simplicité reste une des clés du succès. Utilisez le même objet pour effectuer plusieurs fonctions, éliminez la redondance. Réduisez la taille et le poids de vos équipements. Choisissez des matériaux et des matériels légers et performants. Apportez des quantités en conformité avec votre plan d’urgence. Tout gramme excédentaire est à proscrire, alors évitez de sortir votre porte-feuille et utilisez plutôt votre imagination.

Votre téléphone

Quant au fameux téléphone intelligent, si vous l’apportez, gardez-le éteint et ouvrez-le seulement au besoin, c’est-à-dire pour vous informer en rapport avec votre plan d’urgence ou pour laisser de brèves nouvelles par textos à vos proches. Débarrassez-vous de tout objet rendu inutilisable, y compris votre cher téléphone.

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Votre moral

Le moral joue pour beaucoup dans la survie. Alors, munissez-vous d’un petit supplément pas du tout essentiel, pas trop lourd, comme un jeu de cartes, un livret de sudokus ou de mots croisés, quelques photos souvenirs, un grigri. Évitez cependant de porter des bijoux ou tout accessoire de valeur. Plus vous aurez l’air pauvre, plus vous serez en sécurité.

N’hésitez pas à apporter de l’aide selon vos moyens et vos capacités à ceux qui croiseraient votre chemin. Dites-vous que tous vos gestes positifs nourriront votre sentiment de bonté et d’utilité.

Gardez le moral en toutes circonstances, car la vie demeure un jeu dangereux qui se termine toujours mal, alors mieux vaut la prendre avec philosophie, peu importe les événements auxquels elle vous confronte. Même si faire de votre mieux n’aura pas suffi à vous sauver, vous resterez fier de vos accomplissements et terminerez votre séjour avec le sentiment d’avoir utilisé le maximum de vos ressources.

Trois générations

La Nature s’avère économe, elle préfère les processus utilisant moins d’énergie, préfère les états stables de moindres niveaux. La Nature peut également se montrer généreuse, parfois sans raison apparente, surtout pour disséminer les aigrettes des pissenlits. Mais qui sommes-nous pour la juger alors que nous ne connaissons presque rien de ses modes opératoires ?

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Cependant, on oserait croire que certains de ses mystères aient une raison valable d’exister et que celle-ci finisse par nous être connue. Par exemple, l’existence de trois générations de particules élémentaires nous dépasse totalement. Mais commençons par le début, par la première génération de particules, celle de tous les jours.

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Toute la matière de l’Univers est composée de quatre particules fondamentales appelées fermions. On compte deux leptons et deux quarks. Nous connaissons très bien le premier lepton qui régit toutes les réactions chimiques, il s’agit de l’électron. Le second lepton est beaucoup moins connu, il est électriquement neutre, possède une masse extrêmement faible et ne réagit que très rarement avec le reste de la matière, c’est le neutrino. Quant aux deux quarks, ils se regroupent trois par trois pour composer les protons et les neutrons, ce sont les quarks up et down. On compte deux quarks up et un down dans le proton, un up et deux down dans le neutron.

Voilà, c’est tout. Vous connaissez toutes les particules élémentaires de la matière qui nous entoure. Quatre particules réellement indivisibles (à ce qu’on sait) créent tout le reste, à commencer par les 118 éléments chimiques. Selon l’état actuel de nos connaissances, la Nature aurait très bien pu s’arrêter là, mais la réalité diffère de ce scénario minimaliste et on ne se l’explique toujours pas.

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Il existe deux générations supplémentaires de particules élémentaires imitant la principale dans sa forme et sa nature. Elles se différencient par les masses qui se situent bien au-delà, des centaines, des milliers, voire des centaines de milliers de fois plus importantes, mais personne ne comprend le rôle que jouent ces deux générations supplémentaires de particules puisqu’elles ne peuvent persister à l’état naturel.

Gageons que derrière ce bestiaire plus important que prévu de particules élémentaires existe une raison fondamentale qui nous échappe encore, une raison qui engendrerait un monde bien différent sans elles, une raison qui nous enlèverait probablement toutes chances d’exister.

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Il suffit maintenant de comprendre cette Nature pour encore mieux apprécier comment elle est parfaitement réglée pour favoriser l’émergence de la vie et lui permettre d’évoluer.

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Notez que les particules présentées dans cet article se limitent aux fermions, les particules de matière. Il existe une autre série de particules nommée bosons dont le plus connu est le photon. Cependant, il n’existe pas de générations de bosons, seulement des bosons différents. Vous avez probablement entendu parler du boson de Higgs, le dernier à avoir été découvert.

 

L’Univers est une indian pale-ale

La reproduction sexuée des humains permet le mélange des gènes des deux parents engendrant des humains tous différents les uns des autres. Cette particularité possède deux effets diamétralement opposés.

Le premier effet est d’engendrer de la diversité et empêche, par exemple, une maladie d’éradiquer 100 % de la population. Des individus anormaux permettront presque toujours à notre espèce de survivre. Le second effet est que cette diversité salvatrice tue aussi. Des gens naissent trop anormaux pour survivre ou pour vivre longtemps et normalement.

J’ai été papa d’un enfant né lourdement handicapé, un truc incompréhensible produit par cette reproduction sexuée et les aléas quantiques. Aujourd’hui, mon fils est décédé des suites de ses anomalies. Je n’en ai jamais voulu à la Nature d’avoir fait son travail en devenant un peu trop créative lorsque est venu le temps de façonner mon gars. Ça survient et on doit agir en conséquence. On rêve soi-même d’être né anormal pour être muni d’un troisième bras, mais comme tout le monde, on prend ce que la Nature nous a donné et on fait au mieux.

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J’écris ce billet aujourd’hui parce que c’était la fête des Pères ce dimanche et que les souvenirs sont toujours plus concrets durant ces occasions.

Si vous êtes vous-même aux prises avec une anomalie ou si vous vivez à proximité d’une personne possédant des différences peu enviables, j’aimerais simplement dire que le bonheur reste toujours possible. Le bonheur n’est pas tributaire de la normalité ou de la simplicité de nos vies, il est tributaire de nos sentiments face à ces différences qui ornent notre quotidien un peu ou très différemment.

À la question du «pourquoi», «pourquoi ça m’arrive», je me suis répondu que c’était pour me rendre meilleur et me permettre d’atténuer mes travers. À la question «à quoi ça sert», du but qu’avait l’Univers de créer cette petite personne si différente, je me suis répondu que, comme nous, l’Univers devait expérimenter s’il n’est pas en possession d’un excellent professeur ou s’il a de la difficulté à prévoir les résultats finaux avant de mettre ses idées en pratique.

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J’en suis donc arrivé à la conclusion que l’Univers est jeune et laissé à lui-même, sans surveillance et sans éducateur pour le guider. Ce n’est pas qu’il soit mal intentionné, un garnement ou même une peste, mais il n’a rien appris d’autre que la méthode essais-erreurs.

Confucius disait qu’il existe trois moyens d’apprendre. En réfléchissant, et en étant probablement guidé en ce sens, c’est le moyen le plus noble. En imitant, c’est le moyen le plus simple, le plus rapide, le plus efficace. En expérimentant, c’est le moyen le plus amer.

Le principal intérêt de l’amertume est qu’elle met en valeur les autres goûts. Autant dire que c’est le principe du coup de marteau sur les doigts. Lorsque ça nous arrive, on peut rager ou être content que les neuf autres doigts soient saufs.

Si la pensée de Confucius s’avère exacte, alors l’Univers goûte la roquette ou l’indian pale-ale, selon le choix de se préoccuper de sa santé physique ou de son moral.

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La nature des loups

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Un loup doit-il s’en vouloir d’être un loup ? Non. Cependant, un loup n’a pas à agir en loup avec tout ce qui se trouve autour de lui. Il ne se dénature pas s’il réfrène certains comportements préférablement réservés à des adversaires. Est-il moins loup pour autant ?

Il n’est pas moins loup. Toutefois, sa vraie nature n’est jamais bien loin de la surface et la faire ressurgir s’avère facile à susciter, car il est loup.

Il choisira ou sera forcé de choisir un statut. Soit il acceptera de se tenir en meute en acceptant les compromis conséquents, soit il fera partie de la minorité d’individus vivant solitaires.

Cette solitude lui forgera des traits inexistants chez ceux qui ont préféré la meute, annihilant d’autant plus sa capacité de vivre entourés de congénères. Ainsi, deux loups n’auront pas du tout les mêmes comportements selon leur condition sociale.

Le loup grégaire, le loup solitaire.

L’un est-il plus loup que l’autre ?

Photo :  ; futura-sciences.com ;

2018, l’année de tous les séismes ?

Deux chercheurs sismologues ont fait une étrange prédiction qui ressemble plus à une mauvaise blague qu’à des travaux d’analyse sérieux. Et pourtant, il se pourrait bien que la Nature leur donne raison et que leur prédiction s’avère. Quant à savoir si la raison qu’ils avancent est la vraie cause, il faudra plus d’incidents pour le prouver sans équivoque.

La rotation de la Terre ralentit peu à peu. Les jours s’allongent donc imperceptiblement et certaines années plus que d’autres. En analysant les données des 150 dernières années, un clin d’œil sur le plan géologique, les deux chercheurs ont établi une concordance entre les années où ce ralentissement est plus accentué et celles où plusieurs séismes supérieurs à 8,4 sur l’échelle Richter sont survenus. Un décalage de 5 ans semble relier les ralentissements importants aux années de grands séismes.

Mais concordance ne signifie pas toujours corrélation. En science, des données concordantes sont fréquentes et proviennent souvent de données partielles, insuffisantes ou simplement à des coïncidences. Ainsi, trouver des concordances n’est que le début de l’enquête et elles mènent souvent à des culs-de sac. Inversement, certaines corrélations nous passent fréquemment sous le nez puisque les relations de causes à effets nous apparaissent comme trop improbables pour être véridiques.

Mais il se pourrait que les deux chercheurs aient raison, car les deux phénomènes sont liés au noyau de notre Planète. De légères asymétries mécaniques engendrent des oscillations du Globe qui se répercutent sur la durée des jours, ainsi que sur le déplacement des contraintes sur les failles des différentes couches rocheuses.

Si cette prédiction s’avère, ce serait une première dans le monde géologique, mais là encore, des coïncidences sans incidences peuvent très bien survenir. Par exemple, on sait tous que la faille de San Andreas est due pour un coulissage majeur et elle est même en retard par rapport aux analyses. Qu’il survienne en 2018 ne signifierait pas qu’il ne se serait pas produit si la durée des jours était resté similaire durant l’année 2013.

S’il existe un intérêt certain à suivre le déroulement des séismes majeurs l’an prochain, on ne peut oublier que lorsqu’ils surviendront, ils feront énormément de victimes, peu importe les lieux. Certains chanceux s’en tireront indemnes, mais plusieurs personnes subiront des blessures graves et beaucoup d’autres y perdront la vie. C’est la triste réalité que les chercheurs tentent de comprendre afin de minimiser les conséquences. Mais qu’en est-il des populations vivant à proximité des zones à hauts risques ? Iront-elles s’établir ailleurs ? C’est très peu probable. L’humain vit sans se soucier de la science, même si, elle, se soucie de lui. Alors on déplorera d’innombrables pertes, comme si personne n’avait jamais prédit ces grandes années de cataclysmes.

Photo : www.openinventor.com

Le Déluge – Noé et son Arche

Les Anciens racontaient des légendes aux gens de leur peuple lors de moments privilégiés. Un soir d’été. Un soir où la Lune était pleine. Un soir où la fraicheur exigeait d’allumer un feu. Un soir où on gardait certains jeunes éveillés afin qu’ils entendent pour la première fois le partiarche raconter des histoires venues d’un autre Âge.

La légende du Déluge se transmet oralement depuis la nuit des temps, bien avant l’invention de l’écriture. Cette légende comprend des faits. Le Déluge lui-même n’est pas une invention puisqu’il a réellement été vécu et subi par des gens en chair et en os. Les rescapés l’ont raconté. En contrepartie, la cause de ce dernier était loin d’être connue.

Mais raconter une histoire, aussi vraie puisse-t-elle être au niveau de ses effets, ne peut se raconter sans parler de ses causes et de ses raisons. Toutefois, celles-ci sont totalement inconnues. Un cataclysme universel est survenu et personne ne sait ni comment, ni pourquoi.

Le patricarche narrateur comprend qu’il n’a pas le droit de laisser des blancs dans son histoire, elle semblerait beaucoup moins crédible. De plus, il est censé en être le gardien. Quel gardien laisserait s’échapper autant d’informations importantes, voire essentielles ? Il n’a d’autre choix que de donner des causes et des raisons en plongeant dans le folklore, la mythologie et la théogonie de son peuple. Pour certains, une punition est infligée par un Dieu pour absoudre leurs péchés. Pour d’autres, ce sont des forces titanesques qui s’affrontent et les humains en sont des victimes collatérales. Pour d’autres encore, il s’agit de dieux mal intentionnés, acariâtres ou vengeurs. Chaque tribu perpétue ainsi un savoir basé sur des faits réels. Quant aux vraies causes et aux possibles raisons de cet événement unique en son genre, elles sont inventées par ignorance et par obligation afin de répondre à des questions légitimes qui ne peuvent en aucune façon êtres laissées sans réponses valables.

Dans le mythe de Noé, un dieu tue les humains, car ils avaient tous péché.  Il fallait toutefois expliquer pourquoi il reste toujours des humains sur Terre. Ainsi, la présence d’une famille d’humains plus vertueuse que les autres devenait nécessaire pour expliquer le repeuplement survenu plus tard. Et puisque cette histoire avait bien fonctionné avec Adam et Ève, il suffisait de la reprendre en changeant quelques paramètres.

D’autre part, il fallait également expliquer la présence des animaux. Sauver une famille d’humains de la noyade explique leur repeuplement, mais comment expliquer celle des animaux qui auraient dû tous périr noyés jusqu’au dernier ? Puisque Noé avait besoin d’un bateau pour flotter sur les eaux montantes, ce même bateau aurait pu servir à sauver des animaux de la noyade. Ainsi, Noé passa de vigneron à armateur et ensuite à gardien de zoo. De cette façon, le Déluge, ses causes et ses effets étaient tous décrits, expliqués et justifiés par un récit complet, compréhensible et respectueux des autres enseignements, tel que le devoir de bonne conduite.

Dans un contexte où les causes du Déluge ne pouvaient absolument pas être connues, il faut applaudir la façon dont nos ancêtres l’ont expliqué. Le récit est tellement bien ficelé que plusieurs continuent encore à y croire dans sa totalité et ce, après plus de cent siècles. En plaçant le Déluge dans son contexte et à son époque, en le vivant par procuration, si je puis dire, on peut comprendre comment le récit du Déluge et le mythe de Noé ont fini par ne former qu’une seule histoire. Le récit fournit l’événement bien réel. Le mythe fournit une cause plausible. Le dieu vengeur explique la raison du Déluge. Noé et sa famille expliquent le repeuplement humain survenu après l’éradication des autres humains. L’Arche donne le moyen d’évasion de Noé ainsi que celui des animaux embarqués par couples sur la même arche afin, eux aussi, de repeupler la Terre.

Il reste à expliquer comment Noé a su avant le Déluge qu’il fallait s’y préparer. Le même dieu qui fera survenir le cataclysme avise Noé de ses intentions. Il ne pouvait en être autrement. AInsi, toutes les questions obtiennent leur réponse.

Nous savons aujourd’hui que bien des humains et des animaux ont survécu à la grande flotte sans avoir eu recours à une Arche archibondée. La Terre a connu 5 extinctions de masse. Le Déluge ne compte même pas dans ce chiffre. Par contre, c’était la première fois que l’humain avait conscience d’une catastrophe d’une ampleur aussi subite et apparemment sans limites. Disons merci à Noé, à Gilgamesh et à beaucoup d’autres personnages d’avoir véhiculé cet événement sur autant de générations. Grâce à eux, le Déluge reste encore présent dans l’imaginaire des humains. Par contre, dans une légende, il faut savoir séparer les faits des mythes.

Ainsi, ceux qui cherchent l’Arche sur les pentes du mont Ararat perdent leur temps. Ils ignorent la façon dont les légendes se construisent, évoluent et sont transmises. Ceci dit, retrouver les restes d’un navire sur les pentes du mont Ararat et datant de cette époque n’aurait rien d’exceptionnel. Combien de barques et de navires se sont échoués un peu partout sur la planète lors de ce cataclysme ? Si nous les retrouvions tous, nous aurions alors des milliers d’Arches potentielles et le problème inverse. Celui de trouver la vraie. Je souhaite donc à tous ces enthousiastes beaucoup de… d’enthousiasme.

Photo: Wikipedia 

Aiguebelle – la marmite du géant

Cet article fait partie d’une série sur le parc Aiguebelle. Le premier s’intitule « Aiguebelle – le tracé abitibi.

Dans ce parc provincial, on peut voir une chute d’eau qui fut jadis plus imposante. À sa base, l’eau a lentement érodé la roche granitique. Des cailloux sont tombés dans cette cavité naissante et le mouvement incessant de l’eau les a forcés à adopter un mouvement circulaire, accélérant l’érosion de cette cavité tout en usant les cailloux servant d’abrasif. Une fois la cavité plus grande, des roches un peu plus grosses se sont à leur tour fait piéger, augmentant graduellement les dimensions de la cavité.

Après des temps aussi long que les roches sont dures, une énorme cavité parfaitement circulaire s’est formée au pied de la chute. La marmite du géant. À l’intérieur, on peut encore y voir des roches servir d’abrasif et celles-ci sont parfaitement sphériques.

Il existe donc bel et bien dans la nature un processus simple qui permet à des rochers plus ou moins gros de devenir tout à fait sphériques si leur composition minérale est homogène. La taille de ces rochers dépend des dimensions de la marmite qui a été créé à partir des générations précédentes de roches qui se sont érodés dans la marmite et qui ont érodé par le fait même le fond et les bords du colossal chaudron.

Une fois que les roches sont devenues sphériques, il suffit que la nature les retire du chaudron, par exemple lors d’une importante crue, et de les répartir dans la nature pour obtenir les pierres sphériques mégalithiques du Costa-Rica ou de la Nouvelle-Zélande. Il faut penser qu’une fois les roches devenues parfaitement sphériques, les répartir devient un jeu d’enfant. Il suffit d’une légère pente ou d’une pression d’eau pour qu’elles roulent et fassent beaucoup de chemin, se retrouvant ainsi très loin de leur lieu d’origine. De plus, ce procédé est entièrement effectué par la Nature sans que l’humain y fasse quoi que ce soit. La marmite du géant, le berceau de ces pierres mégalithiques, peut même avoir disparu ainsi que la chute lui ayant servi de source d’énergie.

La pierre est beaucoup plus patiente que l’humain qui voit souvent le travail de la Nature à son échelle plutôt qu’à l’échelle des millénaires, des millions et des milliards d’années. Il cherche souvent des réponses sans même écouter ce que la Nature peut lui enseigner. Nos capacités cognitives nous rendent imbu de nous-mêmes. Croyant tout savoir ou tout comprendre aisément sans devoir accumuler d’indices, la plupart du temps on se fourvoie totalement. Et on en fait des mystères qu’on résoud d’un coup de cuillère à pot en invoquant des pouvoirs venus d’ailleurs.

Lire le prochain article sur le parc Aiguebelle.

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